Aquitaine décroissance

vers une démocratie générale

Journée internationale sans viande


Viande? Non merci. Pour adopter un régime sans cruauté envers les animaux et aux multiples avantages.

La journée internationale sans viande existe depuis 1985.Elle a une origine américaine puisque promulguée par l’association FARM qui milite pour une alimentation sans viande et se propose de lutter pour le respect des animaux, la préservation de la planète et l’amélioration de la santé humaine.Ses actions sont relayées en France par International campaigns, qui n’est autre que la plate-forme militante contre la vivisection et pour les droits des animaux.

Droits des animaux

En France, chaque jour, plus de 3 millions d’animaux, soit plus d’un milliard par ansont abattus pour la consommation humaine. Soit environ 65 milliards par an à travers le monde. Êtres sensibles, tous ces animaux réduits à l’état de marchandise sont drogués et élevés dans des conditions concentrationnaires avant d’être transportés  vers l’abattoir .

Santé

La viande favorise  le diabète, l’obésité, certains cancers et les infarctus. La consommation de produits animaux n’est non seulement pas nécessaire, mais bien souvent à éviter. Rappelons que le désormais fameux rapport de l’Association Américaine de Diététique (ADA), la plus grande association de nutritionnistes avec près de 72 000 membres, approuve que « les alimentations végétariennes bien conçues (y compris végétaliennes) sont bonnes pour la santé, adéquates sur le plan nutritionnel et peuvent être bénéfiques pour la prévention et le traitement de certaines maladies« .

Écologie

   l’élevage est responsable de la plus importante émission de gaz à effet de serre dans le monde.          

Un bœuf « fournira » 1500 repas alors que les céréales consommées durant sa courte vie auraient pu en fournir 18000.

Pour  1 kg de bœuf, 7 à 10 kg de céréales sont utilisés ainsi que 15 500 litres d’eau .

à visiter :

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:

20 mars 2014 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME | , , , | 4 commentaires

Eaux profondes vers un boycott des consommateurs contre les lobbies industriels?


Boycott des Consommateurs contre les lobbies industriels?

peche-en-eaux-profondes

La pêche en eau profonde est un type de pêche extrêmement destructeur pour la faune et la flore des fonds marins, mais comme ça ne se voit pas on continue… Les députés européens, par l’intermédiaire du Parlement, ont en effet votés le maintien cette pratique…

 

 

 

 

 

 

 

 

Une « déforestation marine » d’envergure

Seulement 3% des poissons collecté sont conservés les autres rejetés. La population de certaines espèces chute dramatiquement de 90% en 15 ans. Les coraux sont détruits.

Cette  exploitation n’est rentable économiquement que grâce à nos impôts . Intermarché (propriétaire de la flotte de chalut équipés pour ce type de pêche est l’enseigne qui profite le plus de nos « aides ».

Très peu d’emplois sont concernés par ce type de pêche industrielle. L’activité ne dégageant que 0,5% d’emplois.

La pétition appelant a son interdiction avait eue un grand succès grâce notamment à une BD  de la dessinatrice Pénélope Bagieu, qui avait permis de recueillir quelque 750.000 signatures . Nos « représentants » n’ont pas jugés bon d’écouter la voie de la raison.

Que faire ?

S’informer sur le mouvement de boycott citoyen qui se met en place sur les réseau sociaux par exemple:

  • Mettre en place des groupes et des actions locales.
  • Pétition devant Intermarché, lettre aux députés…

Cette mobilisation pourraient faire très mal à l’enseigne des Mousquetaires juste avant Noël. Le choix des consommateurs pourrait être grandement simplifié par les annonces récentes des groupes Casino et Carrefour de cesser toute vente d’espèces pêchées en eaux profondes.

L’association Bloom, principal fer de lance contre le chalutage n’a, de son côté, pas appelé au boycott du groupe de la grande distribution pour des raisons juridiques mais Claire Nouvian, directrice de Bloom appelle » les citoyens à boycotter partout les trois espèces concernées par le chalutage profond : le grenadier, le lingue bleu et le sabre noir ».

Les votes député par député

Les votes député par député

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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sur le même sujet: Intermarché: les retombées du bad buzz sur les euro députés

12 décembre 2013 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME, DECROISSANCE | , , , , | Un commentaire

Action anti corrida Landes


Implanté dans les Landes (40), Cléah- Collectif Libertaire pour l’Égalité Animale et Humaine. lance une campagne d ’affichage contre une barbarie légalisée qui tue chaque année des dizaines de bêtes pour le seul plaisir sadique d ’une foule assoiffée de sang. Aucun argument ne peut justifier de tels actes : ni la tradition (la corrida n ’a même pas 150 ans en France!), ni un art (l ’art étant quelque chose d ’esthétique, alors que là, c ’est juste une pitoyable mise en scène d ’une agonie écœurante !). Des actions seront organisée dans ce cadre ! Vive les Landes ! Honte à la corrida !

http://cléah.org/campagne-landaise-anti-corrida/

6 juillet 2012 Posted by | ANTI SPECISME | , , , | Un commentaire

Conférence à Bordeaux de Yves Bonnardel sur la question animale


Lundi 4 Juin, Yves Bonnardel sera présent sur Bordeaux et tiendra une conférence à cette occasion sur la question animale.

La conférence aura lieu au Samovar, 18 rue Camille Sauvageau, à 18h30. Possibilité de se restaurer, assiettes de tapas végétale.

La question animale, une question politique cruciale : Les êtres sensibles non humains sont de loin les premières victimes de notre société, de par leur nombre et l’intensité de l’exploitation qu’ils subissent. Nous sommes peu solidaires à leur égard, nous les dominons et considérons que leur exploitation n’est pas un problème social, ni un problème éthique, ni un problème politique. C’est une vision du monde, une idéologie, qui nous permet de mettre la « question animale » de côté : les animaux ne sont pas « comme nous » ; ce sont des êtres de « nature », d’instinct, etc. Cette idéologie, depuis qu’elle a commencé à être dénoncée, a reçu un nom : spécisme. Quelles perspectives ouvre la critique du spécisme ? Quels basculements de notre vision du monde, quelle révolution des rapports sociaux, du rapport aux identités, et finalement de la politique ?

Voir le ste d’Acta -Gironde

31 mai 2012 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME, DECROISSANCE | , , , , , | Laisser un commentaire

Mobilisation pour la liberté de refuser la viande !


Appel à mobilisation

Luttons pour la liberté de refuser la viande!

Un décret vient d’être publié ce mois, qui rend obligatoire la consommation des produits issus de l’exploitation animale dans la restauration collective.
Il était déjà très difficile d’obtenir des repas végétariens, voire impossible de demander des repas végétaliens.
Aujourd’hui c’est illégal.
Illustration Insolente Veggie
Si nous ne faisons rien, nous laissons se refermer la porte sur l’éthique végétarienne, végétalienne ou végane en France.
Passons en mode action !

Qu’est-ce que ce délire ?

La loi n°2010-874 du 27 juillet 2010 dite « loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche » contraint les services de restauration à respecter des « règles nutritionnelles » édictées par décret.
Le décret et l’arrêté publiés le 2 octobre 2011 réglementent la restauration scolaire.

Des décrets et arrêtés analogues sont en préparation pour la quasi-totalité de la restauration collective en France, depuis la maternelle jusqu’aux établissements pour personnes âgées, en passant par les restaurants universitaires, les hôpitaux et les prisons.

Une intox nutritionnelle

Alors que la presse reprend ingénument le communiqué du gouvernement et se réjouit de voir moins de frites à la cantine dans les assiettes des enfants, il apparaît très clairement que cet arrêté est une intox ! Il laisse entendre que le calcium, le fer, les oligoéléments tout comme les protéines se trouvent exclusivement dans les produits animaux. En omettant toute alternative végétale cet arrêté impose des produits animaux et des sous produits animaux à tous les repas et dans la quasi totalité des plats (entrée, plat principal, dessert).

En édictant de telles règles alimentaires comme seul modèle alimentaire possible, le gouvernement confirme les préjugés bien français selon lesquels les alimentations sans produits animaux sont « restrictives », compliquées et dangereuses, préjugés que le corps médical, les professionnels de la restauration, de l’éducation, de l’information, les assistantes sociales, les juges, etc. relayeront.

Alors que des millions de personnes sont végétariennes de par le monde, on continue de nier notre existence !

L’influence de l’agro-business

Les lobbies de l’élevage et de l’agro-business (Centre d’Information des viandes, Syndicat des industries de la viande, Nestlé, etc.) font partie du GEMRCN [1], à l’origine des recommandations en matière de restauration collective.
Dès janvier 2010 le Ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire avait annoncé la mise en place d’un programme national pour l’alimentation avec pour objectif prioritaire de défendre le secteur de l’élevage [2], précisant : « Ces batailles contre la viande ne sont pas acceptables. [3] »
Les Français consomment de moins en moins de viande pour des raisons éthiques, ou tout simplement pour leur santé : l’industrie agro-alimentaire réagit avec force et prend des mesures dictatoriales.
Nous devons désormais consommer « aux ordres » !
Toute alternative est désormais illégale

Les enfants végétariens sont désormais contraints de consommer des animaux et des sous produits animaux ou bien réduits à manger des repas carencés, voire du pain et de l’eau selon les repas. C’est intolérable ! Leurs parents n’ont pas tous les moyens de les faire manger avec eux ou de payer une nounou. Nous devons nous battre pour que ces enfants aient le droit de manger dans les établissements scolaires et pour qu’ils puissent, eux aussi, se sentir en cohérence avec leurs idées – pour qu’eux aussi puissent refuser de participer à l’exploitation animale.

Après les enfants, ce seront d’autres publics captifs, comme les personnes âgées en maisons de retraite, les détenus en prison, etc. qui seront forcés de manger des produits animaux. C’est tout aussi inacceptable !

Une atteinte aux libertés de conviction

Nous sommes rarement végétar-liens pour rien, nous avons au contraire tous des raisons altruistes de l’être et il est illégitime de nous interdire de mettre en pratique notre éthique !
Ce décret porte atteinte aux libertés individuelles fondamentales en restreignant le libre exercice des convictions personnelles.
Cela nous concerne tous, non seulement les végétariens, mais au final tout le monde.
Défendons nos droits fondamentaux !
Opposons-nous à ce coup de force !

Refusons toute réglementation de la restauration collective imposant des normes de consommation de produits d’origine animale. Les considérations éthiques, mais aussi environnementales ou de santé publique, devraient plutôt généraliser la mise a disposition de menus végétaliens dans la restauration collective.

Le collectif  «Liberté de refuser l’exploitation animale !» regroupant actuellement plus de 30 organisations, travaille à alerter l’opinion publique et plusieurs associations (L214, l’Association Végétarienne de France, L’Initiative citoyenne pour les droits des végétariens, Aquitaine décroissance, etc.) étudient les voies de recours contre cet arrêté et ce décret. Une mobilisation internationale s’organise également.
Rejoignez-nous !
Utilisez vos contacts et vos réseaux sociaux pour faire passer l’info et organiser des actions de protestation ! Si on laisse passer un tel décret, on laissera toujours tout passer !

Des pages facebook en français et en anglais ont été créées pour aider à la diffusion de l’information :
http://tinyurl.com/facebook-decret-fr (en français)

et http://tinyurl.com/facebook-decret-en (en anglais)

Une pétition contre ces textes législatifs peut être signée ici :

http://petition.icdv.info/ (en français)
http://petition.icdv.info/en (en anglais)

Des tracts, des communiqués de presse sont disponibles ci-dessous :
http://www.icdv.info/
http://www.vegetarisme.fr/_pdfs/cp/CP%20loi%20collectivits%20.pdf
http://www.vegetarisme.fr/_pdfs/cp/CP_cantines.pdf
http://www.l214.com/communications/20110902-restauration-collective-GEMRCN-produits-animaux
http://www.l214.com/restauration-collective-scolaire
http://www.l214.com/manifestation-restauration-scolaire

Il faut absolument nous rendre visible sur la place publique. Contactez-nous pour nous faire part de vos idées d’action et/ou de votre mobilisation !

Une première vague d’actions est prévue à partir du 26 octobre : à Paris, Marseille, Lyon… D’autres villes vont également participer. Lancez aussi la mobilisation par chez vous !
Ensemble, végétariens, végétaliennes, vegan, nous serons plus forts pour défendre nos droits et faire connaître le bien fondé de nos choix alimentaires !!!
Signé : Collectif  «Liberté de refuser l’exploitation animale !»
Contact :
Mail : contact@icdv.info
Site : http://www.icdv.info/
Pour infos sur les décrets et arrêtés : Brigitte 06 20 03 32 66
Pour organiser les actions : Charlotte 06 14 18 73 89
Si vous souhaitez organiser des actions, envoyez par texto la date de l’action, votre nom et un numéro de téléphone, afin que Charlotte puisse les communiquer aux personnes susceptibles de se joindre à vous.
notes :
[1] Groupement d’étude des marchés, restauration collective et nutrition, qui dépend du ministère… des finances !
[2] Dépêche AFP du 21/01/2010.
[3] Cf. G. Launay, « La filière viande sur le grill », Libération du 6 mars 2010.

23 octobre 2011 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME, DECROISSANCE | , , , , , | Laisser un commentaire

Contre le décret rendant obligatoires les protéines d’origine animale à la cantine.


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– Cet article est une mise à jour de celui paru en 2011 au moment du vote du décret. Il est plus que jamais d’actualité malheureusement.

Les végétariens défendent leur liberté de conviction

Contre le décret rendant obligatoires les protéines d’origine animale.

Ces règles de composition des repas concernent l’ensemble de la restauration scolaire publique comme privée.

Elles imposent à six millions d’enfants en âge scolaire la consommation de la viande, du poisson, des produits laitiers et des œufs.

Des décrets analogues sont en préparation pour la quasi-totalité de la restauration collective en France, depuis la maternelle jusqu’aux établissements pour personnes âgées, en passant par les restaurants universitaires, les hôpitaux et les prisons.

C’est ainsi que la loi française, sous couvert d’une mesure de santé publique, interdit l’expression concrète d’une conviction.

Les citoyens végétariens se mobilisent pour défendre leur droit au choix alimentaire.

Un décret excluant

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Un décret et un arrêté publiés au Journal officiel du 2 octobre dernier 2011 [1] imposent aux cantines scolaires le respect d’un ensemble de normes censées garantir l’équilibre nutritionnel des repas. Chaque repas doit obligatoirement comporter un «plat protidique» dont les protéines sont exclusivement d’origine animale (viande, poisson, œufs ou fromage), en ignorance de l’existence de sources abondantes de protéines végétales, et un produit laitier supposé représenter le seul moyen de couvrir les besoins en calcium, en ignorance de l’existence d’alternatives végétales et minérales. Une fréquence minimum obligatoire de viande et de poisson est spécifiée.

Il sera donc désormais impossible pour les usagers réguliers des cantines d’être végétariens, c’est-à-dire de l’être tous les jours. Quant à être végétalien, ce ne sera pas possible ne serait-ce que le temps d’un seul repas.

L’enfant végétarien qui parviendrait malgré tout à laisser la viande sur le bord de l’assiette serait contraint de consommer des repas carencés, aucune alternative équilibrée n’étant proposée.

Une attaque contre la liberté de conviction

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De nombreuses personnes dans le monde ont la conviction profonde que la consommation des animaux et des produits de leur exploitation n’est pas légitime. Le végétarisme et le végétalisme sont l’expression concrète incontournable de cette conviction.

Le décret gouvernemental porte atteinte aux libertés individuelles fondamentales en restreignant le libre exercice des convictions personnelles tel qu’il est proclamé par les Nations Unies:

Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Ce droit implique la liberté d’avoir une religion ou n’importe quelle conviction de son choix, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, individuellement ou en commun, tant en public qu’en privé, par le culte et l’accomplissement des rites, les pratiques et l’enseignement [2].

Le traitement des animaux fait l’objet d’un débat d’opinion croissant en France même, comme en témoigne la parution de plusieurs ouvrages récents mettant en cause, ou au contraire défendant, la légitimité de la consommation de la viande [3].

La volonté du gouvernement d’imposer dans ce contexte ses propres choix idéologiques et économiques est ouvertement admise:

Le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, a annoncé la mise en place d’un programme national pour l’alimentation [qui] vise aussi à freiner l’impact de certains discours, comme celui de l’ex-Beatle Paul McCartney qui a appelé en décembre, en marge du sommet de Copenhague, à une journée hebdomadaire sans viande pour lutter contre le réchauffement climatique. Cet appel avait suscité une levée de boucliers chez les éleveurs […] [4].

La poursuite d’un mensonge nutritionnel institutionnel

Depuis plusieurs années, à travers notamment des éditions successives du Plan National Nutrition Santé (PNNS) et son visage public mangerbouger.fr, les pouvoirs publics diffament le végétarisme et le végétalisme.

Il est au contraire reconnu par de nombreuses autorités médicales et sanitaires dans le monde que l’on peut vivre, et bien, sans consommer la viande et les produits animaux. Par exemple:

La position de l’Association Américaine de Diététique est que les alimentations végétariennes (y compris végétaliennes) bien conçues sont bonnes pour la santé, adéquates sur le plan nutritionnel et peuvent être bénéfiques pour la prévention et le traitement de certaines maladies. Les alimentations végétariennes bien conçues sont appropriées à tous les âges de la vie, y compris pendant la grossesse, l’allaitement, la petite enfance, l’enfance et l’adolescence, ainsi que pour les sportifs [5].

Le débat sur la légitimité de l’exploitation des animaux est de nature philosophique, éthique et politique et doit pouvoir se poursuivre. Il n’est pas acceptable que l’État français, sous couvert d’une mesure de santé publique fondée sur des contre-vérités nutritionnelles, veuille interdire ce débat par la mise hors-la-loi de l’expression concrète d’une conviction.

Les végétariens se mobilisent

Des collectifs et associations végétariens s’organisent partout en France pour exprimer leur indignation face à ce décret, alerter l’opinion publique et contester les affirmations nutritionnelles diffusées par les pouvoirs publics. Des actions vont être organisées de manière imminente dans toutes les régions de France.

Ils appellent toutes les personnes et organisations soucieuses de défendre la liberté de conviction, quelles que soient leurs propres positions concernant l’exploitation animale, à joindre leur voix à ces protestations.

L’Initiative Citoyenne pour les Droits des Végétariens a déjà contacté les Nations Unies en mai dernier pour signaler des épisodes concrets de discrimination à l’encontre de personnes végétariennes en France[6]. Si le décret n’est pas retiré, l’ICDV annonce une nouvelle plainte contre la France pour violation de la liberté de conviction.

Signé par :

ACTA, ALARM, Animalsace, Animavie, Aquitaine décroissance, Association pour un homme plus humain, Avis, CABle, CLEDA, CLAM, Convention Vie et Nature, ICDV, One Voice, Nea, Revégez-vous, Veggie Pride, VegFest, VG56, Vivants, etc.

notes :

[1] Décret n° 2011-1227 du 30 septembre 2011 et arrêté du 30 septembre 2011. Ces textes font suite à la loi n°2010-874 du 27 juillet 2010 dite «loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche», qui dispose que : « Les gestionnaires, publics et privés, des services de restauration scolaire et universitaire ainsi que des services de restauration des établissements d’accueil des enfants de moins de six ans, des établissements de santé, des établissements sociaux et médico-sociaux et des établissements pénitentiaires sont tenus de respecter des règles, déterminées par décret, relatives à la qualité nutritionnelle des repas qu’ils proposent […]. »

[2] Déclaration sur l’élimination de toutes formes d’intolérance et de discrimination fondées sur la religion ou la conviction, proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 25 novembre 1981 (http://www2.ohchr.org/french/law/religion.htm), art. 1.1.

[3] En particulier Jonathan Safran Foer, Faut-il manger les animaux ? (Éd. de l’olivier, janvier 2011) ; Marcela Iacub, Confessions d’une mangeuse de viande – Pourquoi je ne suis plus carnivore (Fayard, mars 2011) ; Dominique Lestel, Apologie du carnivore (Fayard, avril 2011).

[4] Dépêche AFP du 21/01/2010.

[5] Position officielle de l’Association Américaine de Diététique.

[6] Voir sur le blog de l’ICDV, http://www.icdv.info/.

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Signez la pétition contre ce décret:
Pétition contre l’obligation de manger de la viande à l’école

> http://petition.icdv.info/

> http://petition.icdv.info/accueil

> et en anglais : http://petition.icdv.info/en

6 octobre 2011 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME, DECROISSANCE | , , , , | 4 commentaires

Semaine Mondiale pour l’Abolition de la Viande (SMAV) : 23-30 septembre 2011


Semaine Mondiale pour l’Abolition de la Viande (SMAV) : 23-30 septembre 2011
Pour la troisième fois cette année est organisée une Semaine Mondiale d’actions pour l’Abolition de la Viande (SMAV), du 23 au 30 septembre 2011.
L’élevage, la pêche et la chasse occasionnent en permanence un préjudice immense à un nombre incalculable d’êtres sentients qui souffrent et sont tués pour fournir de la viande.
Plus de 60 milliards d’animaux terrestres sont tués chaque année dans le monde pour être mangés. Infiniment supérieur encore, le nombre de poissons pêchés ou élevés pour finir dans les assiettes.
Les personnes qui refusent de cautionner l’exploitation des animaux pour leur chair sont de plus en plus nombreuses de par le monde. Néanmoins, le nombre de victimes de l’exploitation croît de façon exponentielle : toujours plus d’animaux sont élevés en batterie, toujours plus de poissons sont pêchés…
crédit photo : Colin Gildas/SIPA
Ces Semaines Mondiales d’actions pour l’Abolition de la Viande sont l’occasion d’affirmer publiquement que la consommation de produits animaux n’est pas un choix personnel : la question de la souffrance et de la mort que nous infligeons à des myriades d’autres êtres sentients engage évidemment les valeurs de notre société.
La légitimité morale de l’exploitation des animaux élevés, chassés et pêchés doit faire l’objet d’un débat de société.
Nous affirmons qu’aucun argument convaincant ne justifie ce massacre permanent : le plus grand carnage ayant jamais existé à la surface de notre planète doit cesser au plus vite.
Nous agirons sans relâche jusqu’à ce que le débat devienne possible et que nos sociétés en tirent les conséquences politiques.
Nous parions que le XXIème siècle sera celui de l’abolition de « la viande », c’est-à-dire de l’interdiction des produits de la chasse, de la pêche et de l’élevage.
Source: Communiqué de Presse

Pour de plus amples informations sur la démarche de la revendication de l’abolition de la viande :
http://meat-abolition.org/
http://abolir-la-viande.org/
http://abolitionblog.blogspot.com/

20 septembre 2011 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME, DECROISSANCE | , , , | 3 commentaires

20 mars : Journée Sans Viande (International Campaigns)


 

Une alimentation insoutenable

Ce texte propose une réflexion sur les raisons écologiques pouvant mener à adopter une alimentation végétalienne, et sur quelques questions qu’un-e écologiste radical-e peut se poser au sujet de l’exploitation animale.

Selon l’argumentation environnementaliste classique des végétalienNEs, l’alimentation à base animale est trop peu efficace, car elle consomme beaucoup plus de ressources et génère beaucoup plus de pollution que l’alimentation végétalienne. On peut définir l’efficacité de la production alimentaire comme le rapport entre les quantités de nourriture que mange l’humainE et ce qui est mis en œuvre pour que la nourriture arrive dans son assiette : agriculture, élevage, industries, transports, … La production alimentaire animale est d’une efficacité très faible, car elle se place au sommet d’une chaîne alimentaire à plusieurs étages, selon une hiérarchie humain/animal/végétal. Alors qu’une alimentation totalement végétale comporte un étage de moins : humain/végétal seulement, ce qui implique une base végétale environ 10 fois moins importante pour nourrir un être humain, car le rendement de l’élevage (par rapport aux végétaux de fourrage qui y entrent) dépasse rarement 10%.

La consommation de produits animaux implique donc non seulement une production végétale beaucoup plus importante qu’une alimentation végétale directe, mais la multiplication des étapes de production (élevage, boucherie, fromagerie, transports, congélation, conditionnement, emballage…) multiplie aussi les déchets, les sous-produits potentiellement polluants. Les conséquences de notre alimentation carnée et lactée sont dramatiques pour les sols, les eaux souterraines et de surface, les forêts et l’atmosphère.

La réponse des végétalienNEs à ces problèmes est de diminuer toutes ces pressions sur l’environnement en supprimant leur demande en élevage, ce qui diminue aussi leur demande indirecte en végétaux.

La nourriture :

La consommation d’animaux, eux-mêmes nourris de végétaux, est pour les humains une forme d’alimentation indirecte. En conséquence, pour obtenir la même quantité de calories ou de protéines dans l’assiette, il aura fallu cultiver 5 à 10 fois plus de végétaux pour de la viande que pour du pain. Dans les années 1990, 50% des céréales cultivées en Suisse (70% aux USA) étaient destinées à l’alimentation des animaux. Vous avez dit gaspillage ?

Les sols et les forêts :

Nourrir des animaux d’élevage demande plus de surface à cultiver pour faire pousser des céréales et autres végétaux. Comme il y a concurrence dans le monde entier entre l’agriculture et la forêt, et que les intérêts des humains priment sur ceux des autres espèces, ce sont les forêts qui trinquent ! La déforestation de la forêt amazonienne est en bonne partie destinée aux grands propriétaires terriens qui font de l’élevage et de la culture de soja pour l’exportation dans les pays riches. Comme les arbres maintiennent le sol grâce à leurs racines et diminuent le ruissellement de l’eau, le passage d’une forêt à une surface agricole se traduit souvent par une destruction des sols à court ou moyen terme. L’intérêt des humains est donc de minimiser leurs besoins en surface agricole, car l’épuisement des sols va bon train.

Pour ce qui est des terres trop pauvres pour l’agriculture et utilisées pour le pâturage, elles sont souvent surexploitées, notamment à cause de la misère de nombreuses communautés pastorales qui les pousse à user leurs terres au maximum, causant ainsi un appauvrissement des sols et une désertification progressive.

L’eau :

Le gaspillage devient encore plus criant lorsqu’on observe les conséquences de l’élevage sur les eaux, qui sont de plus en plus rares et/ou polluées dans de nombreux endroits de la planète. D’une part on consomme une grande quantité d’eau propre : alors que la production d’un kg de céréales nécessite environ 100 l d’eau, celle de viande nécessite 2000 à 15000 l d’eau ; d’autre part on rejette dans l’environnement des eaux fortement polluées.

Les surfaces agricoles destinées au fourrage nécessitent de l’irrigation, et sont largement cultivées de manière intensive, avec moult nitrates et produits biocides, et la pollution des nappes phréatiques que cela implique.

A cela s’ajoutent bien sûr les eaux usées issues de l’élevage, qui sont fortement chargées en ammoniac, ce qui est une des causes majeures (avec les nitrates et les phosphates) d’eutrophisation des eaux de surface. L’eutrophisation est une sur-fertilisation des écosystèmes aquatiques qui amène une prolifération d’algues, jusqu’à priver le fond de lumière et d’oxygène, ce qui fait d’abord disparaître presque toute la biodiversité puis crée des conditions anaérobies nauséabondes et polluantes.

Environ 50% de la pollution des eaux en Europe est due aux élevages massifs d’animaux. En Bretagne, la pollution des eaux due aux élevages porcins est une catastrophe majeure. Aux USA, la part de pollution des eaux due à l’agriculture est plus importante que celle due aux villes et aux industries réunies. En Suisse centrale, plusieurs petits lacs comme ceux de Sempach et de Baldegg sont si eutrophes (à cause de l’élevage bovin) qu’on a dû les oxygéner artificiellement à l’aide de pompes.

La biodiversité :

La destruction des forêts et le sur-pâturage, la pollution des eaux et le dérèglement climatique détruisent l’habitat d’innombrables espèces, ce qui ne manque pas de causer la disparition définitive de nombre d’entre elles.

De plus, les animaux que les humains utilisent pour se nourrir sont le fruit d’une très étroite sélection des espèces et races les plus rentables, que l’on reproduit à volonté au détriment de l’immense variété existant à l’état sauvage. Ce processus atteint actuellement son paroxysme avec les OGM qui sont en train d’être expérimentés tant sur les végétaux que sur les animaux.

L’effet de serre :

On a vu les problèmes de déforestation causées par l’élevage et le pâturage, et on peut facilement en déduire les conséquences en terme de larguage de dioxide de carbone (CO2) dans l’atmosphère, donc d’augmentation de l’effet de serre.

On sait moins que la production de méthane par les pets des vaches suisses augmente plus l’effet de serre que nos transports ! En effet, le méthane (CH4), gaz produit dans les processus de dégradation anaérobie (sans oxygène) de la matière organique, est environ 20 fois plus efficace que le CO2 en terme d’effet de serre. Or, les intestins des ruminants en produisent beaucoup, d’autant plus s’ils sont nourris de manière intensive avec des céréales. Résultat : la quantité de méthane dans l’atmosphère a augmenté de 150% en moins de deux siècles (les ruminants n’en sont pas la seule cause, mais une des principales).

N’oublions pas la consommation accrue d’énergie destinée à faire parvenir les produits d’origine animale dans nos assiettes : les tracteurs roulent au Diesel ; les intrants chimiques (fertilisants, biocides) demandent de l’énergie à la fabrication ; le transport du fourrage et du bétail se font souvent sur de longues distances ; les élevages, les abattoirs, les fromageries, la pasteurisation, le conditionnement, les congélateurs consomment de l’électricité et de la chaleur.

La médecine :

L’alimentation animale augmente indiscutablement les dégâts sanitaires de la « malbouffe » dans les pays riches : cholestérol, cancers, ostéoporose… Voir la brochure « Végétalisme et santé » aux éditions T’okup.

Le coût environnemental du traitement médical de ces maladies « de civilisation » n’a probablement pas encore été évalué. On peut toutefois imaginer qu’il est très important !

Illusions des omnivores bien-pensant-e-s

Pour répondre à l’argument : « je ne mange que peu de viande », il faut bien constater que ce n’est pas le cas de tout le monde. La consommation mondiale de viande a plus que doublé depuis 1950. En 1990, la consommation de viande en Suisse avait dépassé la consommation de pain. L’alimentation de ce pays est aussi caractérisée par une consommation élevée de lait et de fromages. Une étude récente s’inquiète du fait qu’une forte proportion de la population ne mange pratiquement pas de légumes. La Suisse n’est bien sûr pas un cas isolé dans les pays industrialisés. C’est donc bien d’une alimentation basée sur la consommation d’animaux que nous parlons. Même si la tendance au cours des années 1990 a été une lente diminution de la consommation de viande et une progression des aliments végétariens « de substitution », l’ensemble de la société n’a pas changé de mode de consommation en 10 ans.

Certaines personnes, en discutant avec des végétalienNEs, justifient leur consommation d’animaux par le fait qu’ »il faut bien que les vaches et les chèvres broutent l’herbe des prairies et des alpages ». Ensuite, ces personnes en concluent que « la viande, c’est écologique ». Ceci sous-entend qu’illes ne consomment que des produits animaux issus du pâturage, ce qui est généralement faux malgré le fait qu’illes « font attention ». La réalité est que la majorité du bétail est nourri avec des aliments concentrés : céréales, soja, farines douteuses, qui doivent être cultivés à cet effet. Leur raisonnement est d’autant plus déplacé qu’il fait référence à un contexte qui n’est plus celui d’aujourd’hui, celui où la production alimentaire était intégrée dans la société paysanne. Ensuite, on peut discuter de l’impact écologique du pâturage, qui dépend fortement des conditions économiques des communautés pastorales qui ont souvent mené au surpâturage, et donc à un fort appauvrissement des écosystèmes exploités.

Posons-nous plutôt la question : quel est le rôle écologique, aujourd’hui, de notre alimentation basée sur l’exploitation des animaux ? Il faut pour cela considérer le contexte dans lequel nous vivons : une société urbaine, industrielle et marchande.

Finie l’autonomie alimentaire, bonjour l’agriculture et l’élevage intensifs, l’industrialisation tous azimuts. Même s’il existe encore des bergerEs sympas et depuis peu des éleveurEs bio, l’écrasante majorité de la production alimentaire est organisée, rationalisée à grande échelle, et représente pour l’économie capitaliste un secteur industriel comme un autre.

Urbanisation et alimentation

Un des facteurs psychologiques masquant la réalité est le suivant : les habitantEs de la campagne sont maintenant intégréEs au mode de vie urbain, mais ne veulent souvent pas l’admettre. Ce paradoxe est caricaturé par la ménagère vaudoise remplissant son caddie de viande emballée sous plastique, au supermarché de gros… Un reste de culture issue d’un mode de vie paysan, en réalité en déclin depuis plusieurs générations. La production agricole (bio y compris) passe par des grandes centrales de distribution, pour alimenter les supermarchés des villes et des campagnes. Les petites boucheries se font rares, et l’abattage « à la maison » est illégal, car non soumis à l’impôt. Pourquoi un tel système s’est-il mis en place ?

Les régions densément peuplées, les systèmes urbains en particulier, doivent importer des ressources pour s’alimenter. Ceci implique que d’autres régions doivent produire plus que ce qui est nécessaire à leur propre consommation, pour pouvoir exporter vers les villes. Pour s’assurer de leur alimentation continue, les villes doivent s’assurer de la collaboration sans faille des campagnes ou des régions qui les nourrissent, et le font en établissement sur celles-ci des rapports de domination sociale : propriété privée, étatisation, colonisation, industrialisation, guerres. Pensons au colonialisme et à son importance pour le développement des villes et des états occidentaux. Tout au cours de l’histoire, les villes ont progressivement constitué le lieu du pouvoir, menant les processus de domestication de l’humanité : agriculture, esclavage, servage et salariat. Le salariat est la forme de domestication qui correspond à la révolution industrielle, et l’exode rural forma le prolétariat industriel, dépendant de l’État bourgeois.

Parallèlement progressa aussi la domination de la nature : de la révolution néolithique à la révolution industrielle, la « nature sauvage » s’est transformée aux yeux des humains en « ressources naturelles », à mesure que les progrès techniques poussèrent de plus en plus loin les possibilités d’exploitation de la nature. La domestication des céréales permit non seulement à des plus grands groupes humains de se rassembler et créer des villes, mais aussi à des élites de se former dans ces villes autour du savoir technique et du stockage des céréales, indispensables aux populations urbaines qui en dépendaient. C’est le même schéma qui n’a cessé de se répéter depuis : la domestication d’un élément préexistant dans la nature permet à une élite de domestiquer d’autres humains.

Prenons maintenant le contexte actuel des États industrialisés. L’ancienne classe paysanne y est maintenant considérée comme un ensemble de salarié-e-s, qui sont exploité-e-s par divers groupes privés (grands propriétaires, centrales de distribution alimentaires, semenciers, industries des machines agricoles, des pesticides, des antibiotiques, etc…) mais aussi par l’Etat (TVA, impôts fonciers, impôts de succession lors de l’héritage de la ferme, …) Dans un tel rapport de domination et d’exploitation, les agriculteur-ice-s luttent pour leur survie et doivent produire à moindre coût, ce que les pouvoirs en place justifient grâce à leur idéologie productiviste.

Le végétalisme contre le productivisme ?

Selon cette idéologie, la voie du progrès est l’augmentation continue de la productivité, c’est-à-dire la diminution des coûts de production par rapport à la richesse produite. Un exemple typique de l’idéal productiviste est l’énergie nucléaire, qui était vantée à ses débuts comme une source d’énergie tellement bon marché que la mesure de sa production coûterait plus cher que la production elle-même (« too cheap to meter »). Ce qu’on voit en pratique, c’est que cette idéologie profite uniquement aux possédantEs et néglige les conséquences sociales et environnementales de la production. Le productivisme est la logique de la privatisation des profits et de la collectivisation des coûts (les fameux « coûts externes »).

Ça s’applique bien sûr au nucléaire, mais aussi à l’élevage : l’exigence de minimisation des coûts conduit à la concentration et à l’industrialisation des élevages, ce qui profite aux capitalistes énumérés précédemment (grands propriétaires, Migros, etc…) et coûte au bien-être des animaux et à la société en général. Gestion publique des pollutions, endettement de la petite paysannerie puis mise au chômage, subventions de la production de viande, de lait, etc… Il est donc faux de dire que les consommateurs et consommatrices bénéficient du faible coût des produits animaux, puisqu’en tant que contribuables, illes assument les « coûts externes ».

Le raisonnement environnementaliste de certain-e-s végétalien-ne-s comporte une dimension économiste qui ne se distancie pas clairement de l’idéal productiviste, car elle inciterait à passer à une alimentation végétalienne pour des raisons d’efficacité économique. Habituellement, cet argument est ajouté pêle-mêle à ceux qui contestent l’exploitation des animaux, et la destruction du monde en général. Un point de vue écologiste radical devrait se contenter de ces derniers arguments pour contester tant l’alimentation prédatrice que le productivisme.

Vers un élevage industriel propre ?

Les adeptes du développement durable et de l’écologie industrielle voudraient recycler systématiquement les sous-produits animaux dans des nouveaux procédés industriels, offrant du coup des débouchés aux industries animalivores. Premièrement, c’est une illusion que de vouloir tout recycler, puisque tout procédé dégrade de la matière et de l’énergie, comme le décrit le deuxième principe de la thermodynamique, donc essayer de tendre vers la production « zéro-déchet » se heurte à des problèmes croissants de coûts financiers, énergétiques et matériels. Des limites de l’écologie industrielle : les risques de contamination dans le recyclage des farines animales nécessitent qu’une partie des déchets animaux solides soit brûlée, ce qui est un recyclage entropiquement moins efficace que le recyclage de matière.

Autre exemple : considérons par exemple le problème des pets de vache. Supposons que ces émanations empêchent la Suisse de respecter le protocole de Kyoto. Les ingénieurEs se demanderont : comment valoriser ce sous-produit de l’industrie laitière, ce qui nous permettra du même coup de protéger l’environnement ? On peut imaginer de traiter l’air des étables, et il faudrait pour cela que les vaches elles-mêmes y soient confinées et ne voient jamais la lumière du jour. Outre le fait que ce soit contraire aux objectifs de la libération animale, le méthane est surtout trop dilué dans l’air des étables pour être récupéré de manière rentable. On entendra alors la plaisanterie habituelle : « Ya qu’à mettre un sac au cul des vaches ! » que les ingénieurEs risquent fort de prendre au sérieux quand on sait la sophistication qu’illes mettent déjà à concevoir des techniques adaptant la vie du bétail aux impératifs économiques. Imaginons qu’illes trouvent un moyen de fixer une prothèse aux vaches pour capter leurs bio-pets, ce que les vaches apprécieront aussi… Mal(?)heureusement, des économistes de l’environnement viendront expertiser que le coût de ces prothèses dépasse les coûts externes engendrés par l’augmentation de l’effet de serre. Finalement, la solution qui s’impose : créer des vaches génétiquement modifiées pour ne pas polluer. Il paraît que la recherche scientifique y travaille déjà… Et voilà : on saura alors apprécier ces nouvelles manipulations qui réifient (en font des choses) encore plus les animaux, si c’est encore possible, sous des prétextes environnementalistes.

Ne pas choisir entre les humains et les autres

Nous avons pu constater, vu ses conséquences environnementales et son utilisation économique, que l’alimentation prédatrice contribue à piller la terre et à créer la misère généralisée.

Au lieu de ne faire que déplacer les problèmes, il faut se rendre à l’évidence que le meilleur moyen de réduire la consommation est de ne pas consommer, et que la voie la plus simple pour réduire les déchets est de ne pas en produire.

Au niveau éthique, le végétalisme s’inscrit dans le cadre de l’antispécisme (voir dans les définitions). On peut considérer que les souffrances des animaux d’élevage sont les souffrances directes que refusent les antispécistes, alors que les dégâts environnementaux de l’alimentation actuelle causent des souffrances indirectes aux animaux en détruisant leurs habitats. C’est une dimension non négligeable des intérêts en jeu dans nos choix alimentaires.

On peut même élargir la perspective, et considérer que le végétalisme s’inscrit dans la philosophie de l’écologie profonde, qui prône notamment l’égalité morale entre toute espèce vivante, humaine, animale, végétale ou autre, et attribue aussi une valeur propre aux écosystèmes (égalitarisme biocentrique). Il s’agit selon l’écologie profonde de mettre en question non seulement la souffrance (pathocentrisme), mais globalement l’utilitarisme qui nuit au droit à l’existence de la majorité des espèces « inutiles » et condamne les autres à devenir des choses (réification), par exemple pour l’alimentation humaine. Ce point de vue serait d’autant plus cohérent pour un-e végétalien-ne que la destruction des écosystèmes comme les lacs ou les forêts à cause de nos choix alimentaires serait moralement désapprouvée en tant qu’écologiste « profond-e ».

Par contre, aucun de ces courants d’idées n’attaque implicitement les hiérarchies internes à l’espèce humaine. Il existe une tendance chez les végétalienNEs, les partisanEs de la libération animale et les écologistes profonds à considérer l’espèce humaine comme un tout indifférencié, indépendamment de la position sociale des individuEs. Ce qui n’incite guère à combattre l’injustice sociale, ni à analyser les causes internes à la société de l’écrasement de la vie non-humaine. La lutte pour la libération animale aurait tout à gagner de comprendre certaines dynamiques culturelles qui façonnent le rapport aux animaux non-humains et l’idée de « nature », pour pouvoir ensuite mieux les contrer.

Un des risques des analyses « a-sociales » est de préconiser de réduire le nombre d’êtres humains par tous les moyens, et d’encourager les épidémies, les stérilisations forcées et les génocides. Certains déclarations de ce types ont été faites dans les années 1980 par des « deep ecologists » américains. S’il faut effectivement constater d’une part que le niveau actuel de la population humaine n’est pas soutenable pour la planète, d’autre part que l’humanisme exclusif est inacceptable, il est tout aussi inacceptable de proposer des solutions négligeant la souffrance et les intérêts des humain-e-s. Il ne s’agit pas de « venger la nature », car cela reproduit l’erreur fondamentale de considérer l’humanité comme étant séparée de la nature.

Pour éviter ces lourdes erreurs idéologiques, il faut réaliser la complexité de la société, dont tou-te-s les écologistes et les végétalien-ne-s sont issu-e-s, et en tenir compte pour mettre en place des stratégies efficaces. Par exemple, la plus efficace et la plus digne des stratégies de contraception est une éducation féministe. En ce qui concerne l’alimentation, le passage du fast-food à une alimentation écologique et non-prédatrice ne se fera pas s’il manque le plaisir et la convivialité d’une bonne bouffe partagée. Dans ces deux exemples, on peut à la fois les intérêts humains et non-humains. Il faut conjuguer la libération animale et le respect de la biosphère en général avec la libération humaine.

Révolution sociale et écologique !

Il faut aussi pour cela éviter les pièges de l’environnementalisme qui ne rompt pas avec les fondements de la domination et de l’exploitation. L’idéologie du développement durable pourrait-elle récupérer le végétalisme pour sauver le capitalisme ? Le végétalisme semble pourtant en nette opposition avec l’idéologie de la croissance, ne justifiant pas l’existence d’un secteur industriel par sa contribution au PIB, mais jugeant son activité comme étant nuisible en soi.

Dans une perspective libertaire et réellement écologiste, il faut penser le végétalisme dans une perspective de décroissance économique, de réappropriation de l’alimentation. Dans le contexte actuel, être végétalienNE pousse à cuisiner soi-même, à questionner l’industrialisation, mais à partir d’un certain seuil de tension écologique et sanitaire que nous sommes en train de passer, l’industrie produira de plus en plus de produits « écologiques et sains » ainsi que végétaliens, au-delà même des bénéfices d’image pour les entreprises.

Mais rien ne pousse le système productif capitaliste à dépasser les conditions de production esclavagistes, que ce soit pour du bétail OGM ou des légumes bio. Rien ne le pousse à dépasser le schéma « bouffe de merde pour les prolos, diététique pour les riches ». La logique productiviste demeure si on ne renverse pas le système économique qui l’incarne. La lutte pour les intérêts humains doit être intégrée de manière cohérente dans une stratégie antispéciste.

Un des enjeux principaux est de sortir du salariat et se battre pour atteindre l’autonomie alimentaire et économique, pour l’autonomie politique (autogestion). On doit pour cela se défaire de la dépendance et de la domination de l’Occident sur le reste du monde, défier l’urbanisation/industrialisation de nos espaces, s’approprier des technologies émancipatrices, combattre la marchandisation du vivant.

Selon ce dernier objectif, on peut argumenter qu’en étant plus sain, le végétalisme nous aide aussi à une réappropriation de la santé, évitant de recourir au salaire pour rétribuer le savoir spécialisé de la médecine bourgeoise. Certain-e-s préconisent « l’exode urbain ». Pour nourrir un nombre énorme d’humain-e-s, on peut imaginer des sociétés agro-forestières communautaires, plus nourrissantes que les monocultures, en s’inspirant par exemple de la permaculture. Et si l’on ne peut pas éliminer les villes, le végétalisme peut réduire leur rapacité, et rendre plus envisageable l’autonomie alimentaire.

Mais ces stratégies sont insuffisantes, car pour éviter de se cantonner à des expériences marginales, il faut renverser le système en place. Car, comme le montre l’histoire, l’Etat capitaliste, productiviste, marchand, etc… s’oppose toujours violemment à ce qui menace sa perennité, ce à quoi il ne peut pas s’adapter. L’objectif d’une alimentation non-prédatrice, ni pour les humains ni pour les autres espèces, s’inscrit dans une rupture vis-à-vis du rapport à la « nature » qui fonde notre société de domination et d’exploitation. Il y a donc fort à craindre que sans révolution sociale, tant la libération humaine que la libération animale se feront attendre !

(Brochure éditée à l’occasion du festival Viva Vegan à l’Espace Autogéré, Lausanne, du 11 au 13 avril 2003)

Le texte en pdf sur infokiosques

Plus d’infos sur cette brochure en contactant l’infokiosque de l’Espace autogéré de Lausanne (av. César-Roux 30, http://squat.net/ea).

Lire également l’article Comment l’état veut imposer la (sur)consommation de produits d’origine animale

Quelques définitions

Ces définitions sont proposées dans le but de faciliter la compréhension de certains termes. Les types d’alimentation ne sont pas à considérer comme des catégories exclusives ; dans la pratique elles sont parfois élastiques, et chacun/e définit son alimentation de façon personnelle.

Végétarien/ne – ne consommant aucun produit issu de l’abattage des animaux, c’est-à-dire ni viande d’animaux terrestres, ni viande d’animaux marins, ni gélatine, ni présure, ni caviar.

Végétalien/ne(ou végétarien/ne strict/e) – ne consommant que des végétaux, c’est-à-dire ni viande, ni produits laitiers, ni miel.

Vegan – terme anglo-saxon, souvent traduit par végétalien/ne en français. Un/e vegan, en plus d’être végétalien/ne, n’utilise aucun produit d’origine animale, dans toutes les facettes de sa vie, c’est-à-dire ni laine, ni cuir, ni fourrure, ni cire d’abeille, ni produits testés sur les animaux, etc…

Freegan – ce terme anglo-saxon s’applique aux personnes dont le mode de consommation est vegan, mais qui acceptent de se nourrir de produits d’origine animale lorsque ceux-ci sont obtenus sans soutenir leur production. Par exemple, un/e freegan mange du fromage récupéré gratuitement auprès de qulequ’un qui s’en débarasse, mais n’en achète pas.

Frugivore / fruitarien/ne – ne se nourrissant que de fruits (frais, secs, graines) pour ne pas détruire de plantes, ce qui peut être évité dans une certaine mesure en se limitant à la cueillette de fruits.

Crudivore – ne se nourrissant que d’aliments crus. CertainEs crudivores sont aussi végétarien/nes ou végétalien/nes.

Libération animale – terme définissant la volonté que les animaux ne soient plus exploités par les humains, dans le but de leur en épargner la souffrance, que ce soit pour les manger, utiliser leur force, s’en servir pour la recherche, pour ses loisirs, ou autre.

Antispécisme – courant éthique s’opposant au spécisme, c’est-à-dire à la discrimination sur la base de l’appartenance à une espèce. Très proche de la libération animale, ce courant se fonde sur le principe que les intérêts d’un animal à ne pas souffrir et à vivre une vie satisfaisante importent autant, moralement, que les intérêts équivalents d’un être humain.

Ecologie profonde(en anglais « deep ecology ») – éthique écologique selon laquelle toute la nature a une valeur propre (biocentrisme, holisme), et pas seulement une valeur utilitaire pour les humains (anthropocentrisme, environnementalisme). Toutes les espèces vivantes, mais aussi les écosystèmes, sont des sujets moraux selon l’écologie profonde. Vu la situation actuelle, certainEs « deep ecologists » préconisent une réduction importante de la population humaine.

Ecologie sociale – ce courant de l’écologie politique propose d’analyser les causes sociales de la destruction de l’environnement, et de s’appuyer sur les luttes sociales pour créer une société écologique et libertaire.

Ecologie industrielle – approche de l’ingéniérie visant à recycler tous les déchets industriels dans d’autres procédés, en planifiant les procédés industriels de manière intégrée. Ses promoteurs prétendent s’inspirer de la nature.

Développement durable – terme utilisé pour désigner un développement économique qui concilierait la croissance économique avec le respect de l’environnement et l’équité sociale. Ses promoteur-ices ne remettent pratiquement jamais en cause l’idéologie et la symbolique du développement, ni les fondements de l’économie marchande.

Permaculture – approche de l’agriculture et de l’habitat visant l’autonomie et la stabilité à long terme et à minimiser les besoins en travail et en énergie, notamment en imitant les écosystèmes naturels par la complémentarité des espèces. L’organisation dans l’espace et dans le temps doit être planifiée de telle sorte que chaque fonction soit assurée par plusieurs éléments (plantes, animaux, eau, soleil…), et que chaque élément ait plusieurs fonctions (nourriture, protection, chauffage, épuration…), pour garantir la pérennité du système.

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Bibliographie / à lire

Renato Pichler, « Les conséquences écologiques et économiques d’une alimentation basée sur la viande », Sennwald, ASV, 1998.

Ed Ayres, « Beyond 2000 – will we still eat meat ? », Time Magazine (traduction Vegi-Info, Lausanne), 1999

André Gasser, « Ecologie et végétarisme », in Vegi Info n°8, p.8-9, 1999

Jean-Michel Jaquet, cours sur les « Ressources naturelles », Université de Genève, 2001.

« Végétarien & Végétalien, vivre sans manger les animaux », Toulouse, A.V.I.S., 1999.

« Manger est un acte politique ! », FTP n°8, 1999.

Clémentine Guyard, « Dame Nature est mythée : seconde mutation », Lyon, Carobella ex-natura, 2002.

Murray Bookchin et Dave Foreman, « Quelle écologie radicale ? Ecologie sociale et écologie profonde en débat », Lyon, Atelier de création libertaire, 1994

« Communautés, naturiens, végétariens, végétaliens et crudivégétaliens dans le mouvement anarchiste français : textes », Invariance, 1994

« Justicia animal » No1, Madrid, 2001


9 septembre 2011 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME, DECROISSANCE | , , , , , | 3 commentaires

Comment l’État veut imposer la (sur)consommation de produits d’origine animale


Aquitaine décroissance s’associe à AVF, ICDV, société végane, L214, Veggie Pride, DDA, VegFest, CLEDA, CLAM, VegFest, Paris Vegan Day, etc. pour dénoncer la préparation de décrets instituants une réglementation de la restauration collective publique fondée sur la recommandation du GEMRCN.

La restauration collective aux ordres de l’agroalimentaire

Des décrets en préparation vont réglementer la restauration collective1. Ces décrets basés sur la recommandation du Groupement d’Étude des Marchés de la Restauration Collective et de la Nutrition (GEMRCN2) imposeraient, à hautes doses, la présence de produits d’origine animale dans les menus.
Rien d’étonnant, le GEMRCN compte parmi ses membres de nombreux représentants des industries agroalimentaires comme l’Association Nationale des Industries Agro-alimentaires, le Syndicat des entreprises françaises des viandes (SNIV- SNCP), Nestlé… dont la vocation naturelle est de placer au mieux leurs produits.

Les règles régissant la restauration collective devraient prendre en compte les questions nutritionnelles et également l’ensemble des aspects liés à l’alimentation : environnement, équité dans le partage des ressources, souffrance animale, santé publique et liberté de conscience.

L’association L214, coordinatrice de viande.info, a adressé un courrier au Président de la République et au Premier Ministre leur demandant de renoncer à promulguer des décrets qui imposeraient une vision étriquée et néfaste de l’alimentation à l’opposé d’une approche globale, pourtant indispensable.

→Lire la lettre adressée à Messieurs Sarkozy et Fillon

Un sujet d’importance

  • La restauration collective s’adresse à de très nombreux usagers captifs (public scolaire, personnes hospitalisées ou en maison de retraite, détenus…).
  • Les normes édictées ont vocation à former les habitudes alimentaires des jeunes, et à servir de modèle pour l’alimentation des Français en général.

Quelles normes ?

Selon toute probabilité, les décrets en préparation reprendront la recommandation du Groupement d’Étude des Marchés de la Restauration Collective et de la Nutrition (GEMRCN), un organisme qui compte parmi ses membres de nombreux représentants des industries agroalimentaires.
Au lieu d’indiquer les apports nécessaires en divers types de nutriments et d’indiquer les divers moyens de les satisfaire, la recommandation du GEMRCN fixe des normes en termes de produits. Elle impose notamment des seuils minimum de viande de bœuf, veau et agneau, de poisson et de produits laitiers3. À de rares exceptions près, le document du GEMRCN assimile le « plat protidique » (qui doit figurer à chaque menu) à un apport de protéines animales (viande, poisson, œufs, abats, charcuterie).

Pourquoi s’alarmer ?

Une réglementation de la restauration collective publique fondée sur la recommandation du GEMRCN serait inacceptable :

  • Elle constituerait une violation de la liberté de conscience. En effet, elle interdirait aux responsables de la restauration collective publique d’offrir des repas végétariens aux usagers qui refusent l’alimentation carnée en collectivité, soit parce qu’ils sont végétariens par conviction éthique, soit parce qu’ils ne veulent pas de produits animaux non halal ou non casher par conviction religieuse.
  • Elle érigerait en norme un modèle alimentaire fondé sur la surconsommation de produits d’origine animale : un modèle égoïste qui accapare une part démesurée des ressources agricoles alors que près d’un milliard de personnes souffrent de la faim, un modèle au coût effroyable en termes de souffrance animale, un modèle désastreux pour l’environnement.

→Plus d’informations sur viande.info

Un pas de plus dans la mauvaise direction

En réalité, le mal est déjà largement fait. Le dispositif qui fait de la recommandation du GEMRCN le document de référence pour la restauration collective est déjà en place. Pour autant, l’acte politique consistant à rendre obligatoire un modèle alimentaire désastreux n’a rien d’innocent. Il importe symboliquement. Et il importe en pratique : les décrets sont un moyen de verrouiller le système en place et d’empêcher les évolutions nécessaires.

Parce que la restauration collective publique doit être exemplaire d’une alimentation responsable et solidaire, nous ne voulons pas d’une restauration collective régie par la recommandation du GEMRCN !

1. Selon une réponse à une question parlementaire publiée au J.O. le 30 août 2011, les textes sont en cours de signature. Voir également la réponse à une question parlementaire publiée au J.O. le 30 novembre 2010.

2. GEMRCN, Recommandation nutrition, version actualisée du 15 juin 2011.

3. Voir annexes 3, 4 et 5 de la recommandation précitée. Par exemple, les produits laitiers seraient obligatoires dans 18 menus sur 20 dans la restauration scolaire.

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source:

articles liés: sur aquitaine anti-speciste

7 septembre 2011 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME, Désobéissance civile | , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 commentaires

Recettes végé:


Quelques bons sites ou blog de recettes vegans

(si vous en connaissez d’autres que vous aimez, laissez un commentaire que je les rajoute)


http://mamapasta.over-blog.com/ l’excellent blog de mamapasta:
http://vegansfields.over-blog.com/
http://vg-zone.net/
Le blog d’un couple de vegans, militants pour les animaux et supers cuisiniers.
On est dans de la cuisine gastronomique là, mais ça ne veux pas dire que ce n’est pas réalisable !

http://www.veganwiz.fr/
Un site de cuisine où tout le monde peux poster (coopératif) ce qui permet d’avoir beaucoup de recettes, et de nouvelles tout les jours ! les créateurs sont italiens mais parlent français, donc en plus du reste c’est un bon site pour découvrir des recettes vegans italiennes.

http://recettes.vegan.fr/
Là aussi un site participatif, qui débute bien, à suivre de près !

http://absolutegreen.blogspot.com/
Connue pour ses articles et ses publications, Virginie Péan nous plonge dans ses découvertes culinaires originales et variées.

http://cuisinez-vegetalien.net/
Un excellent site, très bien fourni (500 recettes !) des grands classiques revisités, aux plus originales. Pour le moment il n’est pas réactualisé, mais il y a déjà de quoi faire !

http://avis.free.fr/livret_278_recettes.pdf
Un livret en PDF de 278 recettes vegan, de l’entrée au dessert, pratique !

http://animaux-et-loisirs-creatifs.over-blog.fr/categorie-10663050.html
Le blog de Quenotte, du forum

http://www.vegetalou.com/ visiblement de très bonnes recettes là aussi…
edit : recettes en pause pour l’instant, l’auteur est aux US et elle y raconte ses découvertes culinaires

http://pigut.mintyway.com/ le site de Sayang, du forum, recettes très natures

Et quelques autres…

http://plaisirvegan.blogspot.com/

http://macuisinevegetalienne.blogspot.com/

http://www.plaisirvegetal.fr/

http://www.veganquebec.net/spip.php?rubrique2

http://www.veganpeace.org/fr/recettes/recettes.htm

http://www.100vegetal.blogspot.com/

http://goinfrounet.wordpress.com/

http://adorateurs2seitan.free.fr/

http://veganmorgane.canalblog.com/

http://recettes-veganes.blogspot.com/

http://doyouspeakvegan.blogspot.com/

http://www.lacuillere.com/recettes/recherche?avec_tag=veg2 sur ce site tout n’est pas végétalien, mais il y a une recherche vegan rapide

http://vivrevegan.fr/category/manger-vegan/recettes/

http://aequoanimo.com/vegrecettes.html

http://vivezvege.blogspot.com/

http://www.jardinvegan.com/

http://saveurs-et-gourmandises-d-eugenie.over-blog.com/

http://100poursans.over-blog.com/

http://vegetalimpro.canalblog.com/

http://www.vegetarisme.fr/ressources.php?content=ressources_cuisine_recettes

http://www.metagama.com/pap/index.php/Chronique-culinaire-kecily

http://aspiringvegan.eu/

Manger végétalien:http://www.cuisinez-vegetalien.net/

Plein de recettes

 

26 avril 2011 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME | , , | 4 commentaires

Sur le livre de Paul Ariès, Libération animale ou nouveaux terroristes ? Les saboteurs de l’humanisme


La réponse des « Cahiers antispécistes »

Réflexion et action pour l’égalité animale

David Olivier

La couverture est un bon résumé du livre*. La Terre repose dans la main protectrice de l’Homme. En éclot un bébé. Mais – horreur ! – l’Antispéciste, la Barbarie Animale, sous les traits de l’Aigle – nazi ? américain ? – veut de ses doigts crochus s’emparer de l’Avenir de l’Humanité.

Et au dos :

Bombes incendiaires, attaques de fermes (…) une nouvelle vague de terrorisme va-t-elle balayer le monde ? Les services spéciaux des grands États se préparent dans le plus grand secret à résister face à un adversaire inhabituel. (…) L’auteur décrit ici le fonctionnement secret de ces réseaux. Il expose les méthodes de ces activistes zoolâtres pour couler des navires, fabriquer des explosifs, allumer des incendies, empoisonner nos aliments, frapper leurs ennemis. (…) La France est le repaire de « terroristes » de la pensée. Le principal danger [est] dans la propagation de ces idées ignobles et efficaces.

Simple « accroche » ? Non, le livre entier est écrit sur le même ton creux1 et outrancier de presse à scandale. On savait déjà l’antipathie d’Ariès pour l’antispécisme, en particulier depuis la parution, chez le même éditeur chrétien « de gauche », de son Retour du Diable où il explique qu’antispécisme = satanisme car les satanistes s’accouplent avec les animaux, donc sont antispécistes2 (très généralement, Ariès voit du sexe partout). Mais ici comme dans la presse à scandale, on ne sait ce qui domine, de la haine ou de l’attirance trouble pour un sujet que l’auteur retaille à la mesure de ses fantasmes. De fait, si Ariès n’a dans sa poche ni « révélation » sur l’ALF ni argument cohérent, il sait à peu près recopier3 et remplit son livre des textes de ses adversaires, et en particulier des Cahiers, sa principale source de documentation. Malgré des coupures à répétition, souvent peu innocentes4, les idées et les argumentations restent vivantes. Ariès antispéciste inavoué ?

Ses thèses : Les antispécistes veulent donner l’égalité aux animaux, donc la retirer aux humains (car, dit-il explicitement p. 89, l’égalité ne peut se bâtir que sur l’exclusion). Les antispécistes sont antihumanistes, donc veulent tuer les humains. Les antispécistes sont utilitaristes, or l’utilitarisme est la philosophie du chacun-pour-soi et de la barbarie libérale5.

La doctrine antispéciste se veut ouvertement antihumaniste d’un point de vue théorique. Elle invite à développer des pratiques elles-mêmes antihumanistes comme l’élimination des plus faibles (handicapés profonds, enfants orphelins, comateux sans espoir, etc). Elle propulse sans le vouloir le cadre idéologique permettant de transformer certains composants de l’humain ou parties de l’humanité en matériel biologique. Elle sert ainsi (involontairement ?) le mouvement actuel de marchandisation de l’humain. (p. 107)

Ici comme ailleurs, Ariès diffame, tout en évitant de le faire au sens légal du mot, par divers dispositifs de forme (ce n’est pas telle personne, mais « la doctrine antispéciste », qui « invite à (…) l’élimination des plus faibles ») et de style (dont l’abus des questions rhétoriques). Il n’en résulte pas moins des accusations délirantes mais bien plus faciles à porter qu’à réfuter. L’antispécisme fait partie, dit-il, d’un vaste complot qui réunit le néolibéralisme, McDo, les satanistes, les néo-nazis, les homos6, les « sectes », l’utilitarisme, la civilisation anglo-saxonne protestante, les pédophiles, les pornographes, le génie génétique et j’en passe, ligués contre les valeurs de l’Europe catholique7. Comment réfuter cela ?

Il me semble pourtant utile de faire ce travail, car Ariès n’est pas seul dans sa haine. De plus, à cause justement de sa médiocrité sans retenue, il vomit à l’état brut les peurs que suscite l’antispécisme, dans un contexte de perte de nos vieilles références. J’ai été frappé des accents quasi féodalistes de son discours, face à l’« ultralibéralisme » qui dissout en une valeur unique, l’argent, le complexe tissu de rapports d’allégeance, de classifications et de valeurs qui structurent notre monde chrétien depuis près de deux millénaires. Telles étaient les angoisses qui se cristallisèrent ces derniers siècles sur cet ennemi définitionnel8 du christianisme, le Juif. De fait, dirais-je, le christanisme s’est bâti comme la religion de la haine des animaux et des Juifs. Il n’est donc pas étonnant de retrouver dans le discours anti-antispéciste d’Ariès bien des éléments structurels de l’antisémitisme, dont en première place notre volonté supposée de tuer les bébés – c’est-à-dire, dit-il clair et net9, les « fils », par haine du « père » ! Aussi, nous refusons de comprendre la « divinité de l’homme » (p. 14) et son caractère « sacré », sommes incapables d’accéder « au symbolique » (p. 105), sommes zoolâtres et idolâtres (l’or est notre but suprême, p. 182), sommes alliées à la mondialisation (cosmopolite, donc) qui veut dominer la planète. Nous fricotons avec le diable, empoisonnons les aliments et encourageons la dégénérescence de l’espèce et l’affaiblissement de la fertilité masculine (p. 85).

Ariès, chrétien et militant d’un certain anticapitalisme, nous met ainsi face à la persistance à peine voilée de mythes parmi les plus réactionnaires, aveuglants et meurtriers au sein non seulement du christianisme, mais aussi de maints anticapitalismes, c’est-à-dire d’une certaine gauche continuatrice du christianisme. Quel est par exemple le rôle du tabou chrétien de l’argent (cf. les deniers de Judas) dans notre anticapitalisme ? De l’antibiologisme chrétien dans l’opposition dite de gauche entre « nature » et « culture » ? Peut nous faire réfléchir aussi l’aveu presque explicite qu’on trouve chez lui du caractère purement artificiel et arbitraire des catégories fondamentales de l’humanisme ; mais il s’agirait de mensonges nécessaires, pour conjurer la peur qu’il a de sa propre « bestialité » : « N’est-ce pas ce que dit la parabole d’Abraham : il faut sacrifier l’animal pour que vive l’humain : sacrifier l’animal à proprement parler (mouton), mais surtout la bestialité qui est en chacun. » (p. 90)

Ariès nous rappelle que l’antispécisme fait partie de ce monde : parce qu’il élargit l’audience de nos textes, mais surtout parce qu’il nous invite à réfléchir encore plus avant à l’articulation entre l’antispécisme et le monde – celui où nous sommes et celui que nous voulons.


Notes :

*. , Libération animale ou nouveaux terroristes ? Les saboteurs de l’humanisme, éd. Golias, juin 2000, 98F.

1. Il faut lire Ariès pour croire à quel point il n’a pas d’arguments, en contraste avec la violence de ses propos. On nous signale que le texte intégral de ce livre se trouve sur le Web (http://www.geocities.com/paulariez/).

2. Cf. « Obsessions chrétiennes », CA n°15-16, 4/98.

3. À peu près seulement. La ponctuation, la typographie et l’orthographe fantaisistes des citations résultent visiblement d’une dictée. Les sources sont généralement absentes, vagues ou fausses. Le livre abonde d’erreurs matérielles de toutes sortes.

4. Voir la manière dont il transforme, p. 85, un texte antispéciste anticapitaliste, « Réflexions sur quelques destructions de MacDo », en texte pro-libéral ; sans citer les références de l’original. On lira avec profit celui-ci, et une réponse de ses auteurs à Ariès, sur le site du Cercle social (http://www.crosswinds.net/~minerval/).

5. Ariès n’est pas le seul à propager cette énormité selon laquelle l’utilitarisme serait une théorie du calcul égoïste et de l’économie de marché. Voir sur ce sujet Francisco Vergara, « Une critique d’Élie Halévy : réfutation d’une importante déformation de la philosophie britannique », dans Philosophy, 1/1998 (http://members.aol.com/vergajofra/A…).

6. Ariès n’aime pas les homos. Dans son Retour du Diable il fait de leur massacre par les nazis dans les camps de la mort une affaire… « entre « gays » » (p. 92). Car, dit-il, les nazis eux-mêmes étaient homos. CQFD.

7. Il dit : « du sud ». Cf. p. 118 et suivantes.

8. Cf. par ex. W. Nicholls, Christian Antisemitism: A History of Hate, éd. Aronson, É.-U., 1993, p. 181-182.

9. P. 76. Notons aussi le surnom de « philosophe préféré d’Hérode » donné à Peter Singer par ses adversaires.

« Le Cercle social répond à M. Paul Ariès »

D’un groupe anticapitaliste antispéciste. « Ayant savamment effacé de son texte toute allusion à notre engagement anticapitaliste, qui aurait risqué d’infirmer sa thèse, Paul Ariès nous croque comme les champions de la mondialisation néolibérale, alors que nous nous sommes sans ambiguïté opposé-e-s au capitalisme, qu’il soit libéral, mixte ou d’état. »

………………………………………………….

source: les cahiers antispécistes

20 février 2011 Posted by | ANTI SPECISME, DECROISSANCE | , , , | 3 commentaires

il faut 4 à 10 fois plus de terre pour nourrir des mangeurs de viande que des végétariens.


Dans « Diet for a small planet », France Moore Lappe nous demande de nous imaginer… assis devant un bifteck de 200 g.

« Imaginez alors la pièce remplie de 45 à 50 personnes avec des assiettes vides devant eux. Pour ‘ le coût d’alimentaire ‘ de votre bifteck, chacune de leur assiette pourrait être remplie d’une pleine tasse de céréales cuisinées. »

RÉDUISONS NOTRE CONSOMMATION DE VIANDE

33% des terres cultivables de la planète sont utilisées à produire l’alimentation des animaux d’élevage ; 26% de la surface des terres émergées non couvertes par les glaces est employée pour le pâturage.
Au total, ce sont 70% des terres à usage agricole et 30% de la surface de la terre qui, directement ou indirectement, sont consacrées à l’élevage. De plus, 35,5% du volume des céréales produites dans le monde sert à nourrir les animaux d’élevage. Soit 670 millions de tonnes au total ! Un volume qui suffirait amplement à nourrir les 850 millions d’êtres humains souffrant de malnutrition.

il faut 4 à 10 fois plus de terre pour nourrir des mangeurs de viande que des végétariens.

Par exemple, il faut 300 g de céréales pour produire 100 g de poulet, 500 g de céréales pour 100 g de bœuf. Il en faut encore plus pour produire 100 g de porc.
500 g de céréales sont donc nécessaires à la production de 100 g de bœuf. Juste une petite comparaison, 100 g de bœuf fournissent 16 g de protéines alors que 500 g de céréales fournissent 50 g de protéines. Ne pensez-vous pas que nous avons perdu des protéines en chemin? Est ce qu’il ne serait pas intelligent que les personnes qui ont les moyens et la possibilité de s’acheter un steak partagent leurs protéines avec ceux qui en ont besoin tout simplement en préférant occasionnellement des plats de végétaux ou céréales?
· Quelques chiffres intéressants

Apparemment si les Américains réduisaient leur consommation de viande de 10 %, cent million de personnes pourraient être nourries par les céréales qui étaient utilisées pour le bétail. Et si chacun d’entre nous réduisait sa consommation de viande ou même devenait végétarien? Faites-en les calculs.

Aux États-Unis 70 % des céréales vont aux animaux d’élevage. En Inde seulement 2 % des céréales vont aux animaux.

Selon la section d’« Agriculture mondiale » de la FAO, à l’heure actuelle 776 millions de personnes, soit 1 sur 6 souffrent de malnutrition et, en dépit d’une production céréalière en augmentation de près d’un milliard de tonnes depuis le milieu des années 1960, un pourcentage important de cette quantité n’est pas utilisé au bénéfice des humains. Un peu plus d’un tiers du rendement mondial en céréales est destiné aux animaux chaque année, de même qu’un quart de la production mondiale de poissons.

En 1985, pendant la famine en Éthiopie, alors que la population mourait de faim, le même pays exportait des céréales pour le bétail anglais.

Ce modèle s’étend même à la Chine qui augmente sa consommation de viande à mesure que sa population s’enrichit. Certains agriculteurs américains prévoient que dans l’avenir, l’agriculture intensive (occidentale) permettra d’alimenter la production animale en Chine.L’institut de recherche américain Earth Policy Institute soulignait, en mars dernier, que si les chinois consomment les ressources en 2031 de manière si vorace que les Américains, la consommation de grains par personne là-bas augmenterait de 291 kilos actuellement à 935 kilos. C’est-à-dire que la Chine consommera 1,352 millions de tonnes de grains, une quantité lointaine des 382 millions de tonnes usées en 2004. Cela est égal à deux tiers de la consommation totale de céréales en 2004.7

En résumé, sur une même terre, nous pouvons produire plus de céréales que de viande et les céréales sont données aux animaux. Il y a une double perte. Nous pourrions alimenter beaucoup plus de personnes si celles-ci consommaient directement les céréales. La faim dans le monde pourrait alors être largement limitée si nous réduisions ou éliminions nos habitudes carnivores

4 janvier 2011 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME, DECROISSANCE | , , , | 15 commentaires

Cyber action contre Amerijet (transport d’animaux de labos)


La compagnie Amerijet, appartenant majoritairement à H.I.G. Capital, est l’une des rares compagnies aériennes transportant encore des primates pour la vivisection. Les clients d’Amerijet sont des fournisseurs d’animaux de laboratoire comme Primate Products et Worldwide Primates.

Les animaux seront utilisés dans des expérimentations douloureuses au cours desquelles ils finiront par mourir. Les e-mails ci-dessous appartiennent aux dirigeants de H.I.G. Capital en France. Ces personnes pourront contacter leur siège social aux États Unis et lui demander de faire en sorte qu’Amerijet cesse de transporter des animaux de laboratoire.

Envoyez leur un petit mot courtois en leur demandant de mettre fin à ce trafic cruel et barbare. Un courrier personnalisé aura bien plus de valeur, mais si vous manquez d’inspiration, voici un courrier type à envoyer et à compléter avec votre nom. Faites circuler ce message à toutes vos connaissances et demandez-leur de faire la même chose !

* Olivier Boyadjian, Directeur de Management de HIG Capital France : oboyadjian@higcapital.com * Cédric Lépée, Directeur de HIG Capital France : clepee@higcapital.com * Thomas Mitard, Directeur de Management de HIG Capital France : tmitard@higcapital.com * Fredrik Sontag, Directeur de HIG Capital France : fsontag@higcapital.com * Thibaud Caulier, Principal de HIG Capital France : tcaulier@higcapital.com

Tous les e-mails : clepee@higcapital.com, oboyadjian@higcapital.com, tmitard@higcapital.com, fsontag@higcapital.com, tcaulier@higcapital.com

[LETTRE TYPE]

Messieurs,

J’ai appris que l’une de vos sociétés, Amerijet, transporte des primates pour des laboratoires.

Non seulement ces primates subissent-ils le stress et l’inconfort du voyage (d’après la USDA, Amerijet ne respecte pas toujours la Animal Welfare Act) mais ces animaux finissent par mourir dans de cruelles expérimentations.

Nous savons par exemple que des primates sont utilisés dans des tests de toxicologie. Ils sont forcés à avaler, par intubation, des médicaments ou des substances chimiques comme des désherbants ou des pesticides.

Il y a aussi des chercheurs qui prétendent pouvoir trouver des remèdes aux maladies d’Alzheimer ou Parkinson en endommageant le cerveau de ces primates. Il n’est pas rare aussi que des électrodes soient implantées dans leur cerveau afin d’en observer l’activité. Non seulement existe-t-il des moyens d’étudier le fonctionnement du cerveau de manière non invasive mais c’est avant tout le cerveau humain qu’il faut étudier.

Nul besoin d’être scientifique pour comprendre qu’une maladie neuro-dégénérative humaine, largement influencée par notre mode de vie et les centaines de substances toxiques présentes dans notre sang, ne peuvent pas être recréées sur une autre espèce.

Certaines expériences sont moins invasives mais tout aussi cruelles. Attachés dans leur siège de contention durant plusieurs jours, les primates sont privés d’eau et de nourriture pour être forcés à exécuter des procédures et des exercices.

L’expérimentation animale est une fraude scientifique rejetée par une communauté scientifique grandissante. Aucune espèce n’est un modèle biologique pour une autre (voir http://cav.asso.fr). Nous ne sommes pas contre la recherche, nous voulons simplement une science éthique, fiable et performante.

H.I.G. Capital a le pouvoir de mettre fin au trafic cruel et barbare auquel participe Amerijet. Je vous demande donc de faire le nécessaire pour qu’Amerijet ne transporte plus d’animaux de laboratoire. De nombreuses compagnies aériennes se sont déjà engagées dans cette voie, j’espère que vous les imiterez.

Vous trouverez de plus amples informations sur cette nouvelle campagne contre Amerijet sur http://airsouffrance.fr

Cordialement,

[NOM]

26 décembre 2010 Posted by | ANTI SPECISME | | Laisser un commentaire

consommation de viande et changement climatique


CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Le méthane produit par les bovins engendre un effet de serre qui correspond environ aux polluants du transport automobile global.

L’effet de serre est causé entre autres par trois gaz: le méthane, le protoxyde d’azote et le dioxyde de carbone .
  • Le méthane: il affecte la couche d’ozone dans l’atmosphère et contribue au réchauffement de la planète et aux changements climatiques globaux. Une des sources les plus importantes de production de méthane provient des ruminants: bœufs, vaches, buffles, moutons, chèvres et chameaux . Le méthane est rejeté par les animaux comme produit de la digestion. Il est exhalé au cours de la respiration, au cours d’éructations ou sous forme de flatulences. Il est également rejeté par les déchets solides produits par ces animaux, par la décomposition du fumier . Le fumier de tous les types d’animaux peut produire du méthane . Depuis 2 siècles, la concentration de méthane dans l’atmosphère a plus que doublé. Entre l5 à 20% des émissions mondiales de méthane sont liées à l’élevage des animaux. Les l.3 milliard de bovins de la planète produisent ll5 millions de tonnes de gaz de méthane annuellement . Une molécule de méthane contribue 25 fois plus à l’effet de serre qu’une molécule de dioxyde de carbone. (Jeremy Rifkin) Un boeuf produit environ 65 kg de méthane par année. Une vache laitière plus de l30 kg soit 500 litres par jour. (R. Desjardins, Agriculture et Agroalimentaire Canada)
  • Protoxyde d’azote : il représente le gaz à effet de serre le plus agressif (320 fois plus agressif que le dioxyde de carbone). Il est produit au cours du stockage du fumier ou lorsqu’il est appliqué sur le sol. C’est un décomposé stable qui se décompose difficilement et qui possède un temps de séjour dans l’atmosphère de 120 ans. Les principales sources agricoles de production de ce gaz , outre les déchets d’élevage comme le fumier, sont les engrais minéraux et la culture des aliments pour animaux.
  • Dioxyde de carbone: provient de la combustion de combustibles fossiles. La concentration atmosphérique de ce gaz a augmenté de 30% depuis les deux derniers siècles . L’industrie de la viande y contribue largement en raison de sa dépendance à la mécanisation pour produire l’énorme quantité de céréales et d’aliments servant à l’alimentation des animaux. Le déboisement – pour faire place aux pâturages et aux cultures – est une source d’émission de ce gaz. Les engrais chimiques (hydrocarbures) sont à base de pétrole ainsi que certains pesticides. De plus, les animaux sont transportés du lieu de leur naissance, vers l’encan, vers l’abattoir, chez le boucher, l’épicier et ces déplacements se font par camions , une autre source de pollution par l’essence.
    1 kg de viande de cochon équivaut à l’énergie de 4 litres d’essence (David Pimentel, Cornell University)
    1 kg de viande de boeuf engendre 50 fois plus d’émissions de gaz à effet de serre qu’un kilo de blé . (Jean-Marc Jacovi « L’avenir climatique »)
    Une auto produit 3 Kg/par jour de dioxyde de carbone. La destruction d’une forêt tropicale pour produire un hamburger produit 75 kg/par jour de dioxyde de carbone. (Steve Boyan, University of Maryland)
    Bien que ces gaz soient naturellement présents dans l’atmosphère, leur récente accumulation résulte en grande partie des activités humaines. Cette augmentation a modifié la composition de l’atmosphère terrestre et aura un impact sur le futur climat mondial . L’effet de serre est lié à la fonte des glaciers, à la montée des eaux, à une recrudescence des inondations, des tempêtes, des tornades , à une aggravation des problèmes d’eau ainsi qu’à des sécheresses. Les impacts sur l’agriculture seront considérables.

DES SOLUTIONS?

Le prix de la viande ne reflète pas les désastres environnementaux qu’elle engendre. Selon les estimations du Worldwatch Institute, le prix de la viande devrait être doublé ou triplé si on prend en considération ses coûts liés à l’utilisation de l’énergie fossile, du gaspillage de l’eau, des céréales , de la pollution des sols et des émissions de gaz à effet de serre. Et ce sans compter les coûts des nombreuses maladies humaines causées par la consommation de produits animaux. Au lieu d’être largement subventionnée par les gouvernements, la viande devrait être au contraire lourdement taxée afin d’encourager les consommateurs à se tourner vers une alimentation à base de fruits, de légumes, de céréales, une alimentation moins catastrophique pour la santé de la planète mais aussi pour les humains et les animaux. De plus, une alimentation végétale démontre une plus grande compassion envers la souffrance et l’esclavage des animaux.

Viande biologique? Certains se donnent bonne conscience en mangeant de la viande provenant d’élevages dits biologiques. Cependant, ces animaux consomment aussi de grandes quantités d’eau potable, de céréales, rejettent des tonnes d’excréments et polluent l’atmosphère par le méthane et autres gaz nuisibles . Ils sont transportés vers l’abattoir, vers l’épicier par des camions fonctionnant à l’essence . Tous ces animaux finissent dans l’horreur de l’abattoir, car même s’ils sont dits biologiques, ils ne beuglent pas de plaisir sous le couteau du boucher. Le lait et le fromage dits biologiques proviennent de vaches dont les veaux sont envoyés à l’abattoir afin de fournir l’industrie de la viande. Idem pour le lait ou le fromage de chèvre. La chair animale peut être dommageable pour la santé humaine, même si elle est dite biologique. Elle contient des résidus de la pollution industrielle venant de l’atmosphère, comme les dioxides, le cadmium ou le mercure. Sous l’effet du stress à l’abattoir, l’animal qu’il soit biologique ou pas , libère de son squelette du plomb. Nous avons tous le pouvoir d’aider à la santé de notre planète et de ses habitants en ayant une alimentation végétale, sans viande ni produits animaux.

26 décembre 2010 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME, DECROISSANCE | , , , , , , | Un commentaire

recette de Noel vegan


Marrons au fenouil

Ingrédients

2 pommes de terre coupée en dés
1 ou 2 fenouils émincés
4 tomates séchées hachée
4 tasses de marrons cuits
1 tasse de pois chiches cuits
2 tasses de blette (sans les cotes) fraîches émincés
1 càc de noix de muscade en poudre
1/2 tasse de noix hachées
1 càs de citron
1càc de miel
1 feuille de sauge
2 gousses d’ail émincées
1 oignon rouge émincée
1/2 tasse d’eau
sel, poivre

Préparation
Faire revenir l’ail et l’oignon rouge dans un peu d’huile de noix (ou d’olive). Ajouter les deux pommes de terre et les tomates séchées. Faire revenir 5 minutes. Il faut que les pomme de terre soient dorées.
Ajoutez la demie tasse d’eau, la noix de muscade, le miel, la feuille de sauge, les marrons, le fenouil et les pois chiches, salez, poivrez et laisser mijoter à feu doux pendant 20 minutes.
Une fois que l’eau est presque totalement évaporée, ajoutez les blettes et le jus de citron. Dès que les blettes fondent, dresser dans un plat. Saupoudrer de noix avant de servir.
une recette d’Aquitania

21 décembre 2010 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME | , | Laisser un commentaire

Kropotkine contre le darwinisme social


L’Entraide
Un facteur de l’évolution
Par Pierre Kropotkine
(Aden, 2009)

Et si la loi de la jungle n’était pas la loi du plus fort ? Et si la loi qui domine dans la nature était l’entraide ? Et si la nature humaine était d’abord et avant tout, à la lumière de la vie sociale, disposée à la coopération mutuelle dans l’intérêt de tous ? Rédigé il y a plus de cent ans dans le but de dénoncer le darwinisme social, interprétation fallacieuse des théories évolutionnistes qui prétend que la société est régie par les lois de l’évolution où seul le meilleur s’adapte et gagne la grande compétition de la vie sociale et économique, ce livre démontre que l’entraide et la solidarité ont davantage contribué à la création et la prospérité des sociétés humaines que la compétition de chacun contre tous.

Dans ce classique de la littérature révolutionnaire, Kropotkine accumule les données prouvant que la coopération et l’aide réciproque sont des pratiques communes et essentielles parmi les animaux mais aussi et surtout parmi les hommes. « L’Entraide » est un livre-clé de la biologie évolutive et de l’étude des sociétés, il pose les fondements mêmes d’une éthique libertaire et est, à l’orée du XXIe siècle, une formidable leçon d’optimisme.

« Dans le monde animal nous avons vu que la grande majorité des espèces vivent en société et qu’elles trouvent dans l’association leurs meilleures armes dans la lutte pour la survie : bien entendu et dans un sens largement darwinien, il ne s’agit pas simplement d’une lutte pour s’assurer des moyens de subsistance, mais d’une lutte contre les conditions naturelles défavorables aux espèces. Les espèces animales au sein desquelles la lutte individuelle a été réduite au minimum et où la pratique de l’aide mutuelle a atteint son plus grand développement sont invariablement plus nombreuses, plus prospères et les plus ouvertes au progrès. La protection mutuelle obtenue dans ce cas, la possibilité d’atteindre un âge d’or et d’accumuler de l’expérience, le plus haut développement intellectuel et l’évolution positive des habitudes sociales, assurent le maintien des espèces, leur extension et leur évolution future. Les espèces asociales, au contraire, sont condamnées à s’éteindre. »

— Pierre Kropotkine. L’Entraide, un facteur de l’évolution (1902), Conclusion.

3 décembre 2010 Posted by | ANTI SPECISME, Notre démocratie | , | Laisser un commentaire

Démanteler l’industrie de la viande


Erik Marcus

Traduit de l’américain par Antonin Chiswick

Meat Market – Animals, Ethics and Money est un livre d’Erik Marcus, paru en 2005 aux Etats-Unis, aux éditions Brio Press. L’extrait dont nous publions la traduction ici correspond aux chapitres 5 et 6 de ce livre.

Les trois mouvements existants
dans la protection animale*

L’industrie de la viande peut être comparée à un géant : trop grand et trop puissant pour être battu par une approche unique. Fort heureusement, trois mouvements différents œuvrent à protéger les animaux d’élevage : les mouvements pour le végétarisme, pour les droits des animaux, et pour le bien-être animal. Ensemble, ces trois mouvements agissent comme une équipe de lutteurs. Chacun d’entre eux s’attaque à l’élevage d’une manière unique, et se spécialise dans l’exploitation d’une vulnérabilité particulière.

Le mouvement végétarien

Le premier lutteur auquel l’industrie de la viande se voit confrontée est le mouvement végétarien. En effet, l’une des plus grandes forces de l’industrie de la viande réside dans le fait que la plupart des Américains n’ont aucune idée de la facilité avec laquelle on peut passer à un régime végétarien ou végétalien. Des publicités aux menus des restaurants, en passant par les livres de cuisine, les produits animaux sont fortement ancrés dans notre culture. Pour la plupart des Américains, le végétarisme semble réclamer des efforts considérables en termes de volonté et d’abnégation.

C’est dans ce gouffre de méconnaissance que s’introduit le mouvement végétarien, proposant des repas collectifs, diffusant des tracts d’information, organisant des conférences. Le mouvement végétarien rompt ainsi l’isolement et les inquiétudes qu’éprouve chacun face à la perspective d’un changement de régime. Les associations rendent publics les nombreux avantages d’une alimentation végétarienne, et amènent les gens à se rencontrer et à s’encourager mutuellement. Nombreux sont les végétaliens de longue date qui ont franchi le premier pas grâce à une association végétarienne locale.

Le mouvement pour les droits des animaux

Le lutteur suivant de l’équipe est tout aussi formidable. L’industrie de la viande doit sa pérennité à l’idée largement admise qu’il est acceptable d’élever des animaux pour notre alimentation. Le mouvement pour les droits des animaux s’attaque à cette croyance, armé d’une série d’arguments philosophiques redoutablement convaincants. Le mouvement moderne pour les droits des animaux est largement redevable à l’ouvrage de Peter Singer, La libération animale, qui s’est vendu à plus d’un demi million d’exemplaires à ce jour. Singer est professeur au Centre des Valeurs Humaines [Center for Human Values] à l’université de Princeton. Il a développé des arguments rationnels et saisissants sur l’immoralité de l’élevage. Ces arguments s’appuient sur le fait que, comme les humains, les animaux d’élevage sont capables de ressentir le mal-être et la douleur. Selon la philosophie utilitariste de Singer, le plaisir que nous retirons de la consommation de produits animaux se voit surpassé par la douleur et le mal-être qu’endurent les animaux qui les produisent. Ainsi, dans la mesure où une nourriture végétalienne variée et succulente est à notre disposition, Singer établit qu’il n’y a aucune raison éthique de consommer des produits animaux. Une des meilleurs choses qui puissent arriver aux animaux est que les gens se mettent à douter de la légitimité morale de s’en servir comme aliments. Le mouvement pour les droits des animaux amène de nombreuses personnes à s’interroger sur les implications éthiques de l’élevage. Il dispose pour cela d’un arsenal d’arguments merveilleusement pensés et particulièrement difficiles à réfuter.

Le mouvement pour le bien-être animal

Le troisième lutteur auquel est confronté l’élevage est le mouvement pour le bien-être animal, dont les efforts visent à éliminer les pratiques cruelles. Des progrès notables ont été obtenus par ses militants. En 1994, le regretté Henry Spira est parvenu à convaincre le ministère de l’agriculture américain (USDA) de renoncer à son exigence de marquage au visage des bovins importés du Mexique. En 2001, PETA et d’autres associations sont parvenus à convaincre les trois premières chaînes de restauration rapide d’imposer de nouvelles normes en matière de bien-être animal à leurs fournisseurs. En 2002, Farm Sanctuary et HSUS* initièrent un referendum qui conduisit à l’interdiction des stalles de gestation pour les truies en Floride.

Ces résultats ne sont que le début de ce qu’il est possible d’accomplir ; l’immense potentiel que recèle le bien-être animal demeure encore largement sous-exploité. À l’heure actuelle, en termes de préoccupation pour le bien-être animal, les consommateurs de viande américains demeurent sur le banc de touche. Il s’agit de les impliquer davantage.

Au fil des années passées à militer pour les animaux, j’ai fini par réaliser que la plupart des Américains ne sont tout simplement pas disposés à cesser de manger de la viande (et cela m’a été particulièrement désagréable). Ils écoutent souvent attentivement les arguments en faveur du végétarisme, mais refusent de changer d’alimentation. Pourtant, nombreux sont ceux qui sont sincèrement sensibles au sort des animaux et sont clairement opposés à toute forme de cruauté. On trouve peu de mangeurs de viande adhérant à des associations végétariennes ou finançant des groupes pour les droits des animaux. Mais nombreux sont ceux qui pourraient se rallier à la cause du bien-être animal, indépendamment de leur alimentation. Je pense que quiconque mange de la viande tout en refusant la maltraitance animale se trouve devant l’impératif moral de chercher à améliorer la condition des animaux d’élevage.

De nombreuses réformes de l’élevage industriel sont initiées par des organisations militant pour les droits des animaux. Le mouvement pour le bien-être animal atteindra son plein potentiel lorsqu’il sera parvenu à véritablement impliquer les consommateurs de viande dans la recherche de réformes. Lorsque le jour sera venu où les mangeurs de viande du pays exigeront de meilleures conditions d’élevage des animaux, des progrès considérables seront accomplis du jour au lendemain.

Les limites des trois mouvements

Chacun des trois mouvements que nous venons de considérer présente des atouts uniques, et chacun joue un rôle vital dans la protection des animaux. Le mouvement végétarien éveille les gens aux avantages d’une alimentation sans viande, et les aide à sauter le pas. Le mouvement pour les droits des animaux les invite à réfléchir à la légitimité éthique de l’alimentation carnée. Enfin, le mouvement pour le bien-être animal peut les inciter à lutter massivement pour mettre un terme à certaines souffrances animales induites par l’élevage.

Toutefois, l’industrie de la viande est si grande et si puissante qu’elle peut probablement survivre aux menaces que représentent pour elle ces trois mouvements. C’est pourquoi je défends ici l’idée que l’apparition d’un quatrième mouvement est nécessaire. Avec un quatrième membre dans notre équipe de lutteurs, l’industrie de la viande se verra finalement vaincue.

Je présenterai ce quatrième mouvement dans le prochain chapitre, en expliquant en quoi il est nécessaire. Mais auparavant, considérons à nouveau les mouvements végétarien, pour les droits des animaux et pour le bien-être animal. Jusqu’ici nous avons examiné les atouts de ces trois mouvements. L’examen de leurs faiblesses, que je propose maintenant, permettra de révéler en quoi l’émergence d’un quatrième mouvement est un besoin urgent.

Les limites du mouvement végétarien

Tel qu’il existe actuellement, le mouvement végétarien présente des faiblesses dans deux domaines particuliers. Si l’une de ces faiblesses peut être aisément corrigée, il n’en va pas de même de la seconde. La première faiblesse – celle à laquelle on peut aisément remédier – concerne les arguments que le mouvement emploie en faveur de l’alimentation végétarienne ou végétalienne. La majorité des ouvrages d’importance publiés depuis les années 1970 ont accordé une place égale à la santé, à l’environnement et aux animaux. De ce fait, lorsqu’elles éditent du matériel militant, les associations végétariennes accordent elles aussi généralement une importance égale à ces trois aspects. Malheureusement, un grand nombre des arguments relatifs à la santé ou à l’environnement diffusés par le mouvement dans ses écrits sont assez discutables.

Afin que le mouvement végétarien gagne en crédibilité et en force de persuasion, il faudrait que ses responsables reconsidèrent les arguments liés à la santé et à l’environnement. L’impact de nos choix alimentaires sur notre santé et sur notre environnement sont attentivement étudiés dans les appendices A à D de ce livre. J’y arrive à la conclusion que le mouvement végétarien serait bien avisé d’accorder moins d’importance aux considérations sanitaires et environnementales. Je ne prétends pas que les défenseurs du végétarisme doivent totalement renoncer à recourir à ces arguments, mais qu’ils doivent les utiliser avec prudence, en les associant à des choix alimentaires précis. Ces appendices fournissent aux végétariens un arrière-plan solide pour une argumentation gagnant en crédibilité.

Il est assez improbable que l’on puisse remédier aussi aisément à la seconde faiblesse du mouvement végétarien : je parle de sa tendance à privilégier la convivialité au détriment de l’action. L’une des grandes forces du mouvement végétarien tient à ce qu’il parvient à rendre sympathique l’idée d’éliminer les produits animaux de notre alimentation. À travers le pays, la plupart des associations végétariennes sont occupées à organiser des événements festifs : pique-niques, sorties, repas de Thanksgiving sans dinde, etc.

Assurément, il y a besoin d’une association végétarienne active et organisée dans chaque ville. La condition des animaux d’élevage s’améliore sans aucun doute chaque fois que des personnes se réunissent pour promouvoir une alimentation sans violence. Mais l’efficacité de ces réunions amicales n’en demeure pas moins limitée. Si elles font preuve d’un talent exceptionnel pour organiser des événements conviviaux, les associations végétariennes se montrent moins aptes à se tourner vers l’action. Je ne dis pas que les associations végétariennes devraient disparaître – loin s’en faut ! – mais plutôt qu’elles devraient être rejointes par des associations cherchant plus directement à affaiblir le pouvoir de l’industrie de la viande.

Les limites du mouvement pour les droits des animaux

[…] En termes d’opinion publique, la radio, la télévision et les journaux constituent le champ de bataille où le débat a véritablement lieu. Malheureusement, aucun de ces media ne constitue un terrain adapté à des débats approfondis. Lorsque les défenseurs des animaux et les représentants de l’industrie débattent en public ou sont cités dans des articles, il est rare qu’ils aient l’opportunité d’exposer une argumentation longue et cohérente. Le grand public ne retient généralement que des slogans. C’est dans ce contexte que l’étendue de la philosophie des droits des animaux devient un terrible handicap pour les défenseurs des animaux. Régulièrement, dans les débats publics, les représentants de l’industrie de la viande ont su faire dévier la discussion loin des pratiques brutales de l’élevage. Le cœur du débat se voit constamment poussé vers les recoins les plus épineux de la philosophie des droits des animaux. Les défenseurs se trouvent alors dans la position peu enviable d’avoir à expliquer pourquoi ils s’opposent à l’expérimentation animale, alors qu’elle pourrait permettre de trouver des traitements à des maladies jusqu’alors incurables.

Pourtant, ce sont les représentants de l’industrie de la viande qui devraient être constamment sur la défensive. Les défenseurs des animaux devraient saisir chaque occasion pour demander à l’industrie de la viande de rendre des comptes sur la souffrance générée par les élevages intensifs. Hélas, il est impossible de maintenir le projecteur braqué sur cette cruauté lorsque les droits des animaux s’invitent dans les débats. Les représentants de l’exploitation animale parviennent avec suffisamment de malice à détourner l’attention du public du sort des dix milliards d’animaux qui meurent chaque année, et à la réorienter vers les contradictions qui découlent de l’interprétation simpliste que se fait le public de la question des droits des animaux.

Assurément, la philosophie des droits des animaux a beaucoup à dire sur les questions éthiques soulevées lorsque des intérêts animaux et des intérêts humains entrent en conflit.. Elle s’est malheureusement avérée être un outil peu efficace s’agissant des animaux d’élevage. Ceux qui cherchent à combattre l’industrie de la viande seraient bien inspirés d’approfondir les écrits sur les droits des animaux, mais ils doivent également avoir conscience que les arguments en jeu sont souvent trop complexes pour être exposés au public. L’opposition à l’élevage industriel se doit d’être simple, facile à comprendre, et principalement axée sur la vie misérable imposée aux animaux. Les protecteurs des animaux de ferme devraient ainsi éviter de parler de philosophie en public. Au contraire, le public doit entendre le plus simple des arguments : que l’industrie de la viande est intrinsèquement cruelle, qu’elle s’oppose systématiquement à toute réforme et qu’elle doit, en conséquence, être abolie.

Quand il s’agit d’argumenter contre l’élevage, évoquer les droits des animaux se révèle souvent contre-productif. La doctrine philosophique est trop complexe pour être exposée en peu de mots, et l’ampleur de ses implications permet à ceux qui exploitent les animaux d’élevage de prendre les discussions en otage, et de remporter des débats dont ils devraient pourtant sortir perdants.

Les limites du mouvement pour le bien-être animal

Il est indéniable que, pour les animaux d’élevage, les réformes en faveur du bien-être animal ont été plus bénéfiques que les initiatives émanant du mouvement végétarien ou du mouvement pour les droits des animaux. Cependant, en dépit de son potentiel, le mouvement pour le bien-être animal souffre de sérieuses limites. Ses militants disposent de peu de moyens, et doivent concentrer leurs efforts sur les cruautés les plus indéfendables de l’élevage, négligeant ainsi les pratiques moins graves. Il est vrai que les pratiques moins cruelles finiront par être abordées, avec le temps. Mais l’élevage est une cible mouvante car il déploie sans cesse de nouvelles méthodes. S’il y a une chose dont nous pouvons être certains, c’est que ceux qui ont conçu des méthodes telles que le débecquage, les stalles de gestation ou les cages en batterie demeureront tout aussi susceptibles d’imaginer de nouvelles cruautés pour l’avenir. Ainsi, tandis que le mouvement pour le bien-être animal se focalise sur la barbarie d’aujourd’hui, l’industrie imagine rapidement les cruautés de demain. Pire encore : le développement de ces nouvelles pratiques étant graduel, il peut s’écouler un temps assez long avant qu’elles ne deviennent répandues, et attirent l’attention des militants. Le problème des campagnes réformistes est qu’elles ont toujours un temps de retard. En dépit de la capacité du mouvement réformiste à faire progressivement disparaître les cruautés existantes, il se verra toujours dans l’incapacité d’empêcher l’apparition de nouvelles formes de barbarie.

Construire un quatrième mouvement

Les trois mouvements que nous avons examinés dans ce chapitre jouent chacun un rôle indispensable dans la protection des animaux d’élevage. Par nature, chacun de ces mouvements est essentiellement défensif, visant à défaire des pratiques industrielles établies et des schémas sociaux séculaires. Le mouvement végétarien tente de sevrer les gens d’une vie entière fondée sur la consommation d’animaux. Le mouvement pour les droits des animaux cherche à bouleverser, à l’échelle de la société, les croyances sur la légitimité de leur exploitation. Et le mouvement pour le bien-être animal met un terme, l’une après l’autre, à quelques unes des pratiques les plus cruelles inhérentes à l’élevage.

Ces trois mouvements font un travail indispensable pour défendre les animaux de ferme, mais aucun ne parvient réellement à se montrer offensif. Je crois que l’émergence d’un tout nouveau mouvement, destiné à identifier et à réduire à néant les principaux atouts de l’élevage, est un besoin urgent. La manière la plus sûre d’éliminer les cruautés inhérentes à l’élevage est d’éliminer l’élevage lui-même. Afin d’y parvenir, nous avons besoin d’un nouveau mouvement conçu pour passer à l’offensive, avec l’objectif de mettre un terme définitif à l’élevage des animaux. Comme nous le verrons dans le chapitre suivant, cette visée est loin d’être hors de portée. Même si l’exploitation des animaux d’élevage ne saurait être éradiquée du jour au lendemain, il nous faut faire le premier pas en direction de cet objectif.

Un mouvement visant à affaiblir – et un jour renverser – l’industrie de la viande constituera le parfait complément au travail qu’effectuent déjà les mouvements végétarien, pour les droits et pour le bien-être des animaux. Pour la première fois, le mouvement de protection animale disposera d’une attaque aussi puissante que sa défense. Examinons à présent comment un tel mouvement peut voir le jour.

Créer un mouvement de démantèlement**

Dans le chapitre précédent, j’ai soutenu qu’il est nécessaire qu’apparaisse un tout nouveau mouvement, dédié à affaiblir et in fine à éliminer l’industrie de la viande.

J’appelle ce nouveau courant le mouvement de démantèlement, en me fondant sur un a priori audacieux : que les militants sont capables de s’unir pour affaiblir et finalement défaire toute l’industrie de la viande. Même les éléments les plus radicaux du mouvement de protection animale n’ont jamais explicitement désigné l’élimination de l’élevage comme un but à atteindre1, ce qui tient – selon moi – au souci de ne pas apparaître trop déconnecté de la réalité. Mais tant que nous ne nous fixons pas cet objectif, le sort des animaux d’élevage aux Etats-Unis demeurera scellé. Les dix milliards d’animaux abattus chaque année ont besoin que nous ayons le courage suffisant pour commencer cette tâche immense, susceptible en outre de s’étendre sur plusieurs générations.

Le terme de démantèlement recèle en lui-même la méthode permettant de venir à bout de l’exploitation des animaux en élevage. Il n’y a aucune notion de violence ou d’hystérie dans le mot « démantèlement*** ». Au contraire, il suggère que l’exploitation des animaux de ferme peut être techniquement démontée pièce par pièce, à la manière d’une machine, calmement, méticuleusement. Le lecteur trouvera dans ce livre les idées principales qui sous-tendent ce démantèlement. Croyez-le ou non, il y a de bonnes raisons de penser que des efforts concertés peuvent venir à bout de l’industrie de la viande, malgré sa force et malgré ses dimensions. Avant d’aborder ce que ce mouvement de démantèlement pourrait accomplir, je souhaite apporter une précision sur les divers aspects de la protection animale. Dans cet ouvrage, j’ai analysé jusqu’ici les trois mouvements qui la composent (pour ce qui est des animaux de ferme). Mais faut-il parler de mouvements ou de stratégies ? La question fait débat parmi les militants. Certains soutiennent par exemple que les actions menées en faveur du bien être et en faveur des droits participent en réalité d’un même mouvement. D’autres considèrent qu’il n’y a en réalité qu’un seul mouvement protégeant les animaux, et que les efforts pour promouvoir les droits des animaux, le bien-être animal ou le végétarisme constituent les différentes stratégies de ce mouvement.

Dans ce livre, j’ai présenté les militantismes végétarien, pour les droits et pour le bien-être comme trois mouvements distincts, parce que je pense qu’une description séparée est mieux comprise. Pour la même raison, je présenterai le mouvement de démantèlement comme un mouvement à part. Je suppose que certains lecteurs considèreront que le mouvement de démantèlement que je propose n’est qu’une stratégie qui prend place dans le panorama animaliste existant, et cela ne me pose aucun problème. Il importe peu, en effet, que le démantèlement soit considéré comme un mouvement ou comme une stratégie. Mon objectif premier est que ses idées et ses buts retiennent l’attention des militants, et encouragent de nouvelles personnes à s’engager dans la protection des animaux d’élevage. Cette précision étant faite, commençons l’examen du mouvement de démantèlement par l’étude de l’une de ses plus évidentes références historiques.

La comparaison avec l’abolition de l’esclavage

Vraisemblablement, les efforts actuels pour démanteler l’élevage se verront souvent comparés au mouvement pour l’abolition de l’esclavage au XIXe siècle. Cette comparaison est justifiée, car chacun de ces mouvements s’est donné pour objectif d’en finir avec une forme institutionnelle d’oppression ancrée dans la société. Il peut même être tentant de considérer le mouvement de démantèlement comme la réincarnation de l’abolitionnisme. Toutefois, les militants doivent comprendre qu’il existe des différences importantes entre les deux. Ces différences s’expriment dans les noms que se donnent ces deux mouvements. Comme son nom l’indique, le mouvement abolitionniste visait à convaincre une tierce partie – le gouvernement fédéral – d’intervenir pour abolir l’esclavage2. Les abolitionnistes pouvaient raisonnablement espérer obtenir le soutien du gouvernement. Par contre, les militants qui cherchent à faire disparaître l’élevage ne peuvent rien espérer de tel. Aux Etats-Unis, l’industrie de la viande compte parmi celles dont les intérêts sont les mieux défendus au niveau politique, et il n’y a aucune chance de voir cette industrie interdite par la loi. En conséquence, nous ne pouvons pas espérer voir le gouvernement jouer un rôle moteur dans l’élimination de l’élevage. Le démantèlement de l’industrie de la viande ne repose pas sur le gouvernement, mais sur l’action des individus et des associations.

Contrairement aux abolitionnistes, qui manquaient souvent de moyens pour s’attaquer aux racines de l’esclavage, les militants de la cause animale peuvent obtenir de nombreux résultats sans la moindre assistance du gouvernement. Il existe en effet de nombreuses possibilités d’actions légales et efficaces pour qui veut s’engager en faveur des animaux de ferme, et quiconque rejoint cette lutte peut, en réalité, être à l’origine de profonds bouleversements. Durant les années à venir, le mouvement de démantèlement viendra sans doute à bout de certains points forts de l’industrie de la viande. Si les efforts des militants sont suffisamment soutenus et organisés, l’industrie de la viande perdra ses précieux appuis politiques. À ce stade, l’industrie et toute la cruauté qu’elle engendre pourront être renversées.

Savoir renoncer à être parfait

Le mouvement de démantèlement se développera certainement différemment du mouvement abolitionniste, mais les deux mouvements ont un point commun : aucun ne se fixe pour objectif ultime d’atteindre la perfection3.

A l’issue de la guerre civile, les Noirs américains affrontèrent de nombreuses difficultés, telles que la ségrégation ou la discrimination à l’embauche. Ces injustices – et d’autres – ont perduré durant plus d’un siècle, jusqu’à l’avènement du mouvement pour les droits civiques. Les dirigeants du mouvement abolitionniste auraient certainement pu prévoir cette oppression post-esclavage. Pourquoi leur programme était-il donc si limité ?

Ces limites ne doivent pas être imputées à la paresse ou à la vanité. Elles constituent, au contraire, la pierre angulaire d’une stratégie brillante. À cette époque, l’esclavage représentait la pire forme de maltraitance de Noirs par des Blancs. Elle s’appuyait sur le fait que beaucoup d’Américains considéraient les Noirs comme des hommes de race inférieure, et n’auraient jamais accepté le principe d’une égalité sociale des Noirs et des Blancs. Le coup de maître du mouvement abolitionniste fut de comprendre que, quoi qu’on pense des races, il n’est pas nécessaire d’être terriblement progressiste pour voir que l’esclavage est une abomination.

La clef du succès a résidé dans la démarche consistant à circonscrire l’objectif à l’affaiblissement – puis à la disparition – de l’esclavage, accroissant en cela le nombre de sympathisants actifs. Exiger des Américains du XIXe siècle d’adhérer à une doctrine de l’égalité raciale aurait certainement empoisonné le mouvement. En réalité, beaucoup de ceux qui se sont battus ou sont morts pour l’abolition de l’esclavage avaient des opinions qui seraient aujourd’hui jugées racistes4. Mais, d’un point de vue abolitionniste, il n’était pas nécessaire de croire à la parfaite égalité des races. Les abolitionnistes demandaient simplement aux Américains de reconnaître que l’esclavage était une barbarie absurde, et d’agir pour y mettre fin. Une fois l’esclavage aboli, la disparition des formes d’oppression plus subtiles ne devenait qu’une question de temps. Mais avant que ces avancées puissent se produire, il fallait d’abord éliminer l’esclavage.

Donner à l’élevage la priorité qu’il mérite

Autrefois, l’esclavage constituait la violation des droits humains la plus urgente à régler. De même, aujourd’hui, il est évident que l’effort pour éliminer la cruauté envers les animaux devrait se concentrer sur l’élevage. 97 % des animaux tués par l’homme aux Etats-Unis5 le sont à cause de l’élevage. Il faut donc donner aux animaux de ferme la priorité qu’ils méritent, et les arguments en leur faveur ne doivent pas être affaiblis en y mêlant une rhétorique relative aux animaux chassés, utilisés pour la recherche ou comme compagnons.

En effet, nous vivons dans un monde où l’attitude de la majorité des gens envers les animaux est fondée sur leur exploitation. Il est donc capital de convaincre le public que l’élevage est une activité barbare et que, quoi qu’on pense des autres utilisations des animaux, la condition des animaux de ferme est intolérable. En attirant continuellement l’attention sur la brutalité de l’élevage, nous pourrons persuader un nombre croissant d’individus de se joindre à la lutte.

La guerre civile fut gagnée grâce à la participation massive d’individus aux préjugés racistes, qui n’en considéraient pourtant pas moins l’esclavage comme un affront à la dignité humaine. De la même manière, en concentrant notre discours et notre action sur les injustices inhérentes à l’élevage, nous permettrons à un vaste public de se sentir concerné et de s’investir6.

Les avantages du mouvement de démantèlement

Comme le mouvement végétarien, le mouvement de démantèlement repose sur le travail militant en direction du public : parler à nos amis, à nos proches, ou à quiconque se montre disposé à nous écouter. Le lecteur trouvera dans la suite de ce livre une multitude d’idées pour rendre l’argument végétarien plus honnête et plus attractif. Je crois cependant que la meilleure argumentation en faveur du végétarisme ne surpassera jamais en force de persuasion l’argumentation en faveur du démantèlement. La raison en est que l’argumentation végétarienne comporte un point délicat inhérent à sa structure même. Le problème est qu’elle repose sur la formule : « Vous devez changer votre alimentation, et voici pourquoi… »

Il est pratiquement impossible de promouvoir le végétarisme sans évoquer d’emblée ce qu’il implique comme bouleversements dans l’alimentation de l’auditeur, qui en retire l’impression que le passage à une nourriture sans souffrances ne peut que s’accompagner d’immenses sacrifices personnels. En conséquence, peu de gens se montrent aptes à écouter et à porter une appréciation objective sur les arguments avancés, tant ils sont préoccupés par les difficultés qu’ils imaginent en termes de régime. Au cours de ma longue expérience de militant, j’ai souvent échoué à convaincre mes interlocuteurs que ne plus manger de produits animaux est en réalité assez simple, voire très plaisant.

L’approche du démantèlement contourne cet obstacle en recourant prioritairement à l’argument de la cruauté inhérente à l’industrie de la viande. Plutôt que de promouvoir le végétarisme ou le végétalisme, le mouvement de démantèlement cherche uniquement à susciter un dégoût personnel pour l’exploitation des animaux d’élevage, et à convaincre les gens de s’engager pour en venir à bout. Finalement, le mouvement de démantèlement permet ainsi d’encourager le végétalisme d’une manière qui n’effraie pas les gens. Dès lors que le public comprend que l’industrie de la viande perpétue le confinement et la cruauté, il devient plus facile de susciter des changements de régime alimentaire. Il est presque inévitable pour quiconque adhère aux arguments en faveur du démantèlement de s’engager vers le militantisme et le végétalisme.

De plus, ceux qui adhèrent au projet de démantèlement sont bien plus susceptibles d’agir et de militer que ceux qui sont simplement végétariens. Et la plus grande menace pour l’industrie de la viande est que les gens quittent le banc de touche et s’engagent activement pour la combattre. Même si cette industrie se voit affaiblie chaque fois que quelqu’un devient végétarien ou végétalien, elle peut survivre à la perte d’un consommateur. Mais elle ne pourrait résister à un flot continu de nouveaux militants déterminés à abolir l’élevage des animaux.

La force des idées

L’industrie de la viande est un secteur immense, qui possède des ressources quasi-illimitées pour se défendre. Pourtant, en dépit de sa puissance, il s’agit d’une industrie extrêmement vulnérable. Afin de maintenir le prix de la viande, du lait et des œufs au plus bas, elle doit recourir à des pratiques d’élevage cruelles. À mesure que cette cruauté sera révélée par les militants, l’opinion publique se retournera de plus en plus contre cette industrie.

Comme nous ne pouvons nous attendre à ce que le mouvement pour l’abolition de l’élevage soit conduit par le gouvernement, il nous faut construire un mouvement capable de convaincre les individus de se joindre à la lutte pour mettre un terme à l’exploitation des animaux de ferme. La méthode clef pour y rallier le public repose sur une approche honnête et précise, qui met en lumière les problèmes éthiques que soulève l’exploitation des animaux pour la nourriture.

Ainsi, nos chances de succès reposent sur notre capacité à attirer une large variété de participants. Des personnes, parmi lesquelles beaucoup de mangeurs de viande, se rallieront pour combattre certaines pratiques spécifiques, tandis que d’autres œuvreront à affaiblir et finalement éliminer l’industrie. Mais en ralliant de nouveaux militants à la lutte, nous ne parcourrons que la moitié du chemin. Le chemin restant consiste à s’assurer qu’il existe des associations influentes capables d’exploiter ces nouveaux talents et cette nouvelle énergie.


Notes :

*. Chapitre 5 de Meat Market [NdT].

**. Chapitre 6 de Meat Market [NdT].

1. Ma conviction que l’élevage peut être éliminé est à distinguer de la position selon laquelle il doit être éliminé. Les partisans des droits des animaux – et c’est tout à leur honneur – n’ont cessé de clamer haut et fort que l’élevage devrait disparaître. Mais personne n’a sérieusement avancé l’idée que, de notre vivant, nous pouvions créer une force qui mette l’élevage sur la pente d’un inexorable déclin.

***. En anglais, le premier sens du verbe « to dismantle » est « démonter » [NdT].

2. Je parle de « tierce partie », dans le sens où trois « parties » étaient en cause : 1) les esclaves et propriétaires d’esclaves, 2) les abolitionnistes, 3) le gouvernement fédéral.

3. Les actions et méthodes du mouvement de démantèlement différeront profondément de celles utilisées dans la lutte pour l’abolition de l’esclavage. La différence la plus notable est qu’il ne faudra pas une guerre pour éliminer l’industrie de la viande ; en fait, tout devrait se passer de façon non violente, sans qu’aucun des camps ne subisse de pertes humaines.

4. Les préjugés racistes étaient communs, non seulement chez les soldats de l’Union, mais aussi parmi les abolitionnistes. Ainsi, lors du débat entre Lincoln et Douglas du 13 octobre 1858, Lincoln suggéra qu’il se pourrait que les Noirs ne possèdent pas « les facultés morales et intellectuelles » des Blancs.

5. Le nombre d’animaux tués chaque année pour la recherche, la chasse, la fourrure et en raison des euthanasies de chiens et chats pratiquées dans les refuges surpeuplés s’élève au total à moins de 300 millions […].

6. Un jour, la société s’attachera aux questions plus complexes de la vivisection, des animaux de compagnie et de la chasse. Mais tant que nous vivrons dans une société qui permet l’existence d’une activité aussi cruelle et inutile que l’élevage, on ne peut espérer un débat public constructif sur les autres sujets. En ce sens, le démantèlement est probablement le meilleur ami des animaux de laboratoire, en ce qu’il hâte la venue du jour où la société sera en état d’évaluer rationnellement tous les usages des animaux.

2 décembre 2010 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME | , , | Laisser un commentaire

   

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