Aquitaine décroissance

vers une démocratie générale

La grève des électeurs


 
mirbeaug,

Octave Mirbeau 1888.

Une chose m’étonne prodigieusement ‹j’oserai dire qu’elle me stupéfie) c’est qu’à l’heure scientifique où j’écris, après les innombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse exister encore dans notre chère France (comme ils disent à la Commission du budget) un électeur, un seul électeur, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu’un ou de quelque chose.
Quand on réfléchit un seul instant, ce surprenant phénomène n’est-il pas fait pour dérouter les philosophies les plus subtiles et confondre la raison ? Où est-il le Balzac qui nous donnera la physiologie de l’électeur moderne ? Et le Charcot qui nous expliquera l’anatomie et les mentalités de cet incurable dément ? Nous l’attendons.

Je comprends qu’un escroc trouve toujours des actionnaires, la Censure des défenseurs, l’Opéra-Comique des dilettanti, le Constitutionnel des abonnés, M. Carnot des peintres qui célèbrent sa triomphale et rigide entrée dans une cité languedocienne; je comprends M. Chantavoine s’obstinant à chercher des rimes; je comprends tout.
Mais qu’un député, ou un sénateur, ou un président de République, ou n’importe lequel, parmi tous les étranges farceurs qui réclament une fonction élective, quelle qu’elle soit, trouve un électeur, c’est-à-dire l’être irrêvé, le martyr improbable qui vous nourrit de son pain, vous vêt de sa laine, vous engraisse de sa chair, vous enrichit de son argent, avec la seule perspective de recevoir, en échange de ces prodigalités, des coups de trique sur la nuque, des coups de pied au derrière quand ce n’est pas des coups de fusil dans la poitrine, en vérité, cela dépasse les notions déjà pas mal pessimistes que je m’étais faites jusqu’ici de la sottise humaine, en général, et de la sottise française en particulier, notre chère et immortelle sottise, ô chauvin !

 

Il est bien entendu que je parle ici de l’électeur averti, convaincu, de l’électeur théoricien, de celui qui s’imagine, le pauvre diable, faire acte de citoyen libre, étaler sa souveraineté, exprimer ses opinions, imposer ‹ô folie admirable et déconcertante) des programmes politiques et des revendications sociales ; et non point de l’électeur « qui la connaît » et qui s’en moque, de celui qui ne voit dans « les résultats de sa toute-puissance » qu’une rigolade à la charcuterie monarchiste, ou une ribote au vin républicain. Sa souveraineté à celui-là, c’est de se pocharder aux frais du suffrage universel. Il est dans le vrai, car cela seul lui importe, et il n’a cure du reste. Il sait ce qu’il fait. Mais les autres ?

Ah! oui, les autres ! Les sérieux, les austères, les peuple souverain, ceux-là qui sentent une ivresse les gagner lorsqu’ils se regardent et se disent : « Je suis électeur ! Rien ne se fait que par moi. Je suis la base de la société moderne. Par ma volonté, Floquet fait des lois auxquelles sont astreints trente-six millions d’hommes, et Baudry d’Asson aussi et Pierre Alype également. »
Comment y en a-t-il encore de cet acabit ? Comment, si entêtés, si orgueilleux, si paradoxaux qu’ils soient, n’ont-ils pas été, depuis longtemps, découragés et honteux de leur œuvre ? Comment peut-il arriver qu’il se rencontre quelque part, même dans le fond des landes perdues de Bretagne, même dans les inaccessibles cavernes des Cévennes et des Pyrénées, un bonhomme assez stupide, assez déraisonnable, assez aveugle à ce qui se voit, assez sourd à ce qui se dit, pour voter bleu, blanc ou rouge, sans que rien l’y oblige, sans qu’on le paye ou sans qu’on le saoule ?

A quel sentiment baroque, à quelle mystérieuse suggestion peut bien obéir ce bipède pensant, doué d’une volonté, à ce qu’on prétend, et qui s’en va, fier de son droit, assuré qu’il accomplit un devoir, déposer dans une boîte électorale quelconque un quelconque bulletin, peu importe le nom qu’il ait écrit dessus ?…
Qu’est-ce qu’il doit bien se dire, en dedans de soi, qui justifie ou seulement qui explique cet acte extravagant ? Qu’est-ce qu’il espère ? Car enfin, pour consentir à se donner des maîtres avides qui le grugent et qui l’assomment, il faut qu’il se dise et qu’il espère quelque chose d’extraordinaire que nous ne soupçonnons pas. Il faut que, par de puissantes déviations cérébrales, les idées de député correspondent en lui à des idées de science, de justice, de dévouement, de travail et de probité; il faut que dans les noms seuls de Barbe et de Baïhaut, non moins que dans ceux de Rouvier et de Wilson, il découvre une magie spéciale et qu’il voie, au travers d’un mirage, fleurir et s’épanouir dans Vergoin et dans Hubbard des promesses de bonheur futur et de soulagement immédiat.
Et c’est cela qui est véritablement effrayant. Rien ne lui sert de leçon, ni les comédies les plus burlesques, ni les plus sinistres tragédies.

Voilà pourtant de longs siècles que le monde dure, que les sociétés se déroulent et se succèdent, pareilles les unes aux autres, qu’un fait unique domine toutes les histoires: la protection aux grands, l’écrasement aux petits. Il ne peut arriver à comprendre qu’il n’a qu’une raison d’être historique, c’est de payer pour un tas de choses dont il ne jouira jamais, et de mourir pour des combinaisons politiques qui ne le regardent point.

Que lui importe que ce soit Pierre ou Jean qui lui demande son argent et qui lui prenne la vie, puisqu’il est obligé de se dépouiller de l’un, et donner l’autre ?
Eh bien ! non. Entre ses voleurs et ses bourreaux, il a des préférences, et il vote pour les plus rapaces et les plus féroces. Il a voté hier, il votera demain, il votera toujours.
Les moutons vont à l’abattoir. Ils ne se disent rien, eux, et ils n’espèrent rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera, et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l’électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des Révolutions pour conquérir ce droit.

Ô bon électeur, inexprimable imbécile, pauvre hère, si, au lieu de te laisser prendre aux rengaines absurdes que te débitent chaque matin, pour deux sous, les journaux grands ou petits, bleus ou noirs, blancs ou rouges, et qui sont payés pour avoir ta peau; si, au lieu de croire aux chimériques flatteries dont on caresse ta vanité, dont on entoure ta lamentable souveraineté en guenilles, si, au lieu de t’arrêter, éternel badaud, devant les lourdes duperies des programmes; si tu lisais parfois, au coin de ton feu, Schopenhauer et Max Nordau, deux philosophes qui en savent long sur tes maîtres et sur toi, peut-être apprendrais-tu des choses étonnantes et utiles. Peut-être aussi, après les avoir lus serais-tu moins empressé à revêtir ton air grave et ta belle redingote, à courir ensuite vers les urnes homicides où, quelque nom que tu mettes, tu mets d’avance le nom de ton plus mortel ennemi. Ils te diraient, en connaisseurs d’humanité, que la politique est un abominable mensonge, que tout y est à l’envers du bon sens, de la justice et du droit, et que tu n’as rien à y voir, toi dont le compte est réglé au grand livre des destinées humaines.

Rêve après cela, si tu veux, des paradis de lumières et de parfums, des fraternités impossibles, des bonheurs irréels. C’est bon de rêver, et cela calme la souffrance.
Mais ne mêle jamais l’homme à ton rêve, car là où est l’homme, là sont la douleur, la haine et le meurtre.
Surtout, souviens-toi que l’homme qui sollicite tes suffrages est, de ce fait, un malhonnête homme, parce qu’en échange de la situation et de la fortune où tu le pousses, il te promet un tas de choses merveilleuses qu’il ne te donnera pas et qu’il n’est pas, d’ailleurs, en son pouvoir de te donner. L’homme que tu élèves ne représente ni ta misère, ni tes aspirations, ni rien de toi; il ne représente que ses propres passions et ses propres intérêts, lesquels sont contraires aux tiens. Pour te réconforter et ranimer des espérances qui seraient vite déçues, ne vas pas t’imaginer que le spectacle navrant auquel tu assistes aujourd’hui est particulier à une époque ou à un régime, et que cela passera. Toutes les époques se valent, et aussi tous les régimes, c’est-à-dire qu’ils ne valent rien.
Donc, rentre chez toi, bonhomme, et fais la grève du suffrage universel. Tu n’as rien à y perdre, je t’en réponds; et cela pourra t’amuser quelque temps. Sur le seuil de ta porte, fermée aux quémandeurs d’aumônes politiques, tu regarderas défiler la bagarre, en fumant silencieusement ta pipe.

Et s’il existe, en un endroit ignoré, un honnête homme capable de te gouverner et de t’aimer, ne le regrette pas. Il serait trop jaloux de sa dignité pour se mêler à la lutte fangeuse des partis, trop fier pour tenir de toi un mandat que tu n’accordes jamais qu’à l’audace cynique, à l’insulte et au mensonge.

Je te l’ai dit, bonhomme, rentre chez toi et fais la grève.

11 décembre 2015 Posted by | Désobéissance civile | , , | Laisser un commentaire

Lettre à l’éléphant de Romain Gary


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Lettre à l’éléphant de Romain Gary.
Monsieur et cher éléphant,
Vous vous demanderez sans doute en lisant cette lettre ce qui a pu inciter à l’écrire un spécimen zoologique si profondément soucieux de l’avenir de sa propre espèce. L’instinct de conservation, tel est, bien sûr ce motif. Depuis fort longtemps déjà, j’ai le sentiment que nos destins sont liés. En ces jours périlleux « d’équilibre par la terreur », de massacres et de calculs savants sur le nombre d’humains qui survivront à un holocauste nucléaire, il n’est que trop naturel que mes pensées se tournent vers vous.

À mes yeux, monsieur et cher éléphant, vous représentez à la perfection tout ce qui est aujourd’hui menacé d’extinction au nom du progrès, de l’efficacité, du matérialisme intégral, d’une idéologie ou même de la raison car un certain usage abstrait et inhumain de la raison et de la logique se fait de plus en plus le complice de notre folie meurtrière. Il semble évident aujourd’hui que nous nous sommes comportés tout simplement envers d’autres espèces, et la vôtre en particulier, comme nous sommes sur le point de le faire envers nous-mêmes.

C’est dans une chambre d’enfant, il y a près d’un demi-siècle, que nous nous sommes rencontrés pour la première fois. Nous avons pendant des années partagé le même lit et je ne m’endormais jamais sans embrasser votre trompe, sans ensuite vous serrer fort dans mes bras jusqu’au jour où ma mère vous emporta en disant, non sans un certain manque de logique, que j’étais désormais un trop grand garçon pour jouer avec un éléphant. Il se trouvera sans doute des psychologues pour prétendre que ma « fixation » sur les éléphants remonte à cette pénible séparation, et que mon désir de partager votre compagnie est en fait une forme de nostalgie à l’égard de mon enfance et de mon innocence perdues. Et il est bien vrai que vous représentez à mes yeux un symbole de pureté et un rêve naïf, celui d’un monde où l’homme et la bête vivraient pacifiquement ensemble.

Des années plus tard, quelque part au Soudan, nous nous sommes de nouveau rencontrés. Je revenais d’une mission de bombardement au-dessus de l’Ethiopie et fis atterrir mon avion en piteux état au sud de Khartoum, sur la rive occidentale du Nil. J’ai marché pendant trois jours avant de trouver de l’eau et de boire, ce que j’ai payé ensuite par une typhoïde qui a failli me coûter la vie. Vous m’êtes apparu au travers de quelques maigres caroubiers et je me suis d’abord cru victime d’une hallucination. Car vous étiez rouge, d’un rouge sombre, de la trompe à la queue, et la vue d’un éléphant rouge en train de ronronner assis sur son postérieur, me fit dresser les cheveux sur la tête. Hé oui ! vous ronronniez, j’ai appris depuis lors que ce grondement profond est chez vous un signe de satisfaction, ce qui me laisse supposer que l’écorce de l’arbre que vous mangiez était particulièrement délicieuse.

Il me fallut quelque temps pour comprendre que si vous étiez rouge, c’est parce que vous vous étiez vautré dans la boue, ce qui voulait dire qu’il y avait de l’eau à proximité. J’avançai doucement et à ce moment vous vous êtes aperçu de ma présence. Vous avez redressé vos oreilles et votre tête parut alors tripler de volume, tandis que votre corps, semblable à une montagne disparaissait derrière cette voilure soudain hissée. Entre vous et moi, la distance n’excédait pas vingt mètres, et non seulement je pus voir vos yeux, mais je fus très sensible à votre regard qui m’atteignit si je puis dire, comme un direct à l’estomac. Il était trop tard pour songer à fuir. Et puis, dans l’état d’épuisement où je me trouvais, la fièvre et la soif l’emportèrent sur ma peur. Je renonçai à la lutte. Cela m’est arrivé à plusieurs reprises pendant la guerre : je fermais tes yeux, attendant la mort, ce qui m’a valu chaque fois une décoration et une réputation de courage.

Quand j’ouvris de nouveau les yeux, vous dormiez. J’imagine que vous ne m’aviez pas vu ou pire vous m’aviez accordé un simple coup d’oeil avant d’être gagné par le sommeil. Quoi qu’il en soit, vous étiez là ; la trompe molle, les oreilles affaissées, les paupières abaissées et, je m’en souviens, mes yeux s’emplirent de larmes. Je fus saisi du désir presque irrésistible de m’approcher de vous, de presser votre trompe contre moi, de me serrer contre le cuir de votre peau et puis là, bien à l’abri, de m’endormir paisiblement. Une impression des plus étranges m’envahit. C’était ma mère, je le savais, qui vous avait envoyé. Elle s’était enfin laissée fléchir et vous m’étiez restitué. Je fis un pas dans votre direction, puis un autre… Pour un homme aussi profondément épuisé que j’étais en ce moment-là, il se dégageait de votre masse énorme, pareille à un roc, quelque chose d’étrangement rassurant. J’étais convaincu que si je parvenais à vous toucher, à vous caresser, à m’appuyer contre vous, vous alliez me communiquer un peu de votre force vitale. C’était l’une de ces heures où un homme a besoin de tant d’énergie, de tant de force qu’il lui arrive même de faire appel à Dieu. Je n’ai jamais été capable de lever mon regard aussi haut, je me suis toujours arrêté aux éléphants. J’étais tout près de vous quand je fis un faux pas et tombai. C’est alors que la terre trembla sous moi et le boucan le plus effroyable que produiraient mille ânes en train de braire à l’unisson réduisit mon coeur à l’état de sauterelle captive. En fait, je hurlais, moi aussi et dans mes rugissements il y avait toute la force terrible d’un bébé de deux mois. Aussitôt après, je dus battre sans cesser de glapir de terreur, tous les records des lapins de course. Il semblait bel et bien qu’une partie de votre puissance se fût infusée en moi, car jamais homme à demi-mort n’est revenu plus rapidement à la vie pour détaler aussi vite En fait, nous fuyions tous les deux mais en sens contraires. Nous nous éloignions l’un de l’autre, vous en barrissant, moi en glapissant, et comme j’avais besoin de toute mon énergie, il n’était pas question pour moi de chercher à contrôler tous mes muscles. mais passons là-dessus, si vous le voulez bien. Et puis, quoi, un acte de bravoure a parfois de ces petites répercussions physiologiques. Après tout, n’avais-je pas fait peur à un éléphant ?

Nous ne nous sommes plus jamais rencontrés et pourtant dans notre existence frustrée, limitée, contrôlée, répertoriée, comprimée, l’écho de votre marche irrésistible, foudroyante, à travers les vastes espaces de l’Afrique, ne cesse de me parvenir et il éveille en moi un besoin confus. Il résonne triomphalement comme la fin de la soumission et de la servitude, comme un écho de cette liberté infinie qui hante notre âme depuis qu’elle fut opprimée pour la première fois. J’espère que vous n’y verrez pas un manque de respect si je vous avoue que votre taille, votre force et votre ardente aspiration à une existence sans entrave vous rendent évidemment tout à fait anachronique. Aussi vous considère-t-on comme incompatible avec l’époque actuelle. Mais à tous ceux parmi nous qu’éc¦urent nos villes polluées et nos pensées plus polluées encore, votre colossale présence, votre survie, contre vents et marées, agissent comme un message rassurant. Tout n’est pas encore perdu, le dernier espoir de liberté ne s’est pas encore complètement évanoui de cette terre, et qui sait ? si nous cessons de détruire les éléphants et les empêchons de disparaître, peut-être réussirons-nous également à protéger notre propre espèce contre nos entreprises d’extermination.

Si l’homme se montre capable de respect envers la vie sous la forme la plus formidable et la plus encombrante – allons, allons, ne secouez pas vos oreilles et ne levez pas votre trompe avec colère, je n’avais pas l’intention de vous froisser – alors demeure une chance pour que la Chine ne soit pas l’annonce de l’avenir qui nous attend, mais pour que l’individu, cet autre monstre préhistorique encombrant et maladroit, parvienne d’une manière ou d’une autre à survivre.

Il y a des années, j’ai rencontré un Français qui s’était consacré, corps et âme, à la sauvegarde de l’éléphant d’Afrique. Quelque part, sur la mer verdoyante, houleuse, de ce qui portait alors le nom de territoire du Tchad, sous les étoiles qui semblent toujours briller avec plus d’éclat lorsque la voix d’un homme parvient à s’élever plus haut que sa solitude, il me dit : « Les chiens, ce n’est plus suffisant. Les gens ne se sont jamais sentis plus perdus, plus solitaires qu’aujourd’hui, il leur faut de la compagnie, une amitié plus puissante, plus sûre que toutes celles que nous avons connues. Quelque chose qui puisse réellement tenir le coup. Les chiens, ce n’est plus assez. Ce qu’il nous faut, ce sont les éléphants ». Et qui sait ? Il nous faudra peut-être chercher un compagnonnage infiniment plus important, plus puissant encore…

Je devine presque une lueur ironique dans vos yeux à la lecture de ma lettre. Et sans doute dressez-vous les oreilles par méfiance profonde envers toute rumeur qui vient de l’homme. Vous a-t-on jamais dit que votre oreille a presque exactement la forme du continent africain ? Votre masse grise semblable à un roc possède jusqu’à la couleur et l’aspect de la terre, notre mère. Vos cils ont quelque chose d’inconnu qui fait presque penser à ceux d’une fillette, tandis que votre postérieur ressemble à celui d’un chiot monstrueux. Au cours de milliers d’années, on vous a chassé pour votre viande et. votre ivoire, mais c’est l’homme civilisé qui a eu l’idée de vous tuer pour son plaisir et faire de vous un trophée. Tout ce qu’il y a en nous d’effroi, de frustration, de faiblesse et d’incertitude semble trouver quelque réconfort névrotique à tuer la plus puissante de toutes les créatures terrestres. Cet acte gratuit nous procure ce genre d’assurance « virile » qui jette une lumière étrange sur la nature de notre virilité.

Il y a des gens qui, bien sûr, affirment que vous ne servez à rien, que vous ruinez les récoltes dans un pays où sévit la famine, que l’humanité a déjà assez de problèmes de survie dont elle doit s’occuper sans aller encore se charger de celui des éléphants. En fait, ils soutiennent que vous êtes un luxe que nous ne pouvons plus nous permettre.

C’est exactement le genre d’ arguments qu’utilisent les régimes totalitaires, de Staline à Mao, en passant par Hitler, pour démontrer qu’une société vraiment rationnelle ne peut se permettre le luxe de la liberté individuelle. Les droits de l’homme sont, eux aussi, des espèces d’éléphants. Le droit d’être d’un avis contraire, de penser librement, le droit de résister au pouvoir et de le contester, ce sont là des valeurs qu’on peut très facilement juguler et réprimer au nom du rendement, de l’efficacité, des « intérêts supérieurs » et du rationalisme intégral.

Dans un camp de concentration en Allemagne, au cours de la dernière guerre mondiale, vous avez joués, monsieur et cher éléphant, un rôle de sauveteur. Bouclés derrière les barbelés, mes amis pensaient aux troupeaux d’éléphants qui parcouraient avec un bruit de tonnerre les plaines sans fin de l’Afrique et l’image de cette liberté vivante et irrésistible aida ces concentrationnaires à survivre. Si le monde ne peut plus s’offrir le luxe de cette beauté naturelle, c’est qu’il ne tardera pas à succomber à sa propre laideur et qu’elle le détruira… Pour moi, je sens profondément que le sort de l’homme, et sa dignité, sont en jeu chaque fois que nos splendeurs naturelles, océans, forêts ou éléphants, sont menacées de destruction.

Demeurer humain semble parfois une tache presque accablante ; et pourtant, il nous faut prendre sur nos épaules an cours de notre marche éreintante vers l’inconnu un poids supplémentaire : celui des éléphants. Il n’est pas douteux qu’au nom d’un rationalisme absolu il faudrait vous détruire, afin de nous permettre d’occuper toute la place sur cette planète surpeuplée. Il n’est pas douteux non plus que votre disparition signifiera le commencement d’un monde entièrement fait pour l’homme. Mais laissez-moi vous dire ceci, mon vieil ami : dans un monde entièrement fait pour l’homme, il se pourrait bien qu’il n’y eût pas non plus place pour l’homme. Tout ce qui restera de nous, ce seront des robots. Nous ne réussirons jamais à faire de nous entièrement notre propre oeuvre. Nous sommes condamnés pour toujours à dépendre d’un mystère que ni la logique ni l’imagination ne peuvent pénétrer et votre présence parmi nous évoque une puissance créatrice dont on ne peut rendre compte en des termes scientifiques ou rationnels, mais seulement en termes où entrent teneur, espoir et nostalgie. Vous êtes notre dernière innocence.

Je ne sais que trop bien qu’en prenant votre parti – mais n’est-ce pas tout simplement le mien ? – je serai immanquablement qualifié de conservateur, voire de réactionnaire, « monstre » appartenant à une autre évoque préhistorique : celle du libéralisme. J’accepte volontiers cette étiquette en un temps où le nouveau maître à penser de la jeunesse française, le philosophe Michel Foucault, annonce que ce n’est pas seulement Dieu qui est mort disparu à jamais, mais l’Homme lui-même, l’Homme et l’Humanisme.

C’est ainsi, monsieur et cher éléphant, que nous nous trouvons, vous et moi, sur le même bateau, poussé vers l’oubli par le même vent puissant du rationalisme absolu. Dans une société, vraiment matérialiste et réaliste, poètes, écrivains, artistes, rêveurs et éléphants ne sont plus que des gêneurs. Je me souviens d’une vieille mélopée que chantaient des piroguiers du fleuve Chari en Afrique centrale.

Nous tuerons le grand éléphant
Nous mangerons le grand éléphant
Nous entrerons dans son ventre
Mangerons son coeur et son foie…
(..) Croyez-moi votre ami bien dévoué.

Romain Gary – Le figaro Littéraire, Mars 1968.

10 décembre 2015 Posted by | Non classé | , | Laisser un commentaire

Mobilisation et organisation d’une contre-Cop21


Rassemblement des différents articles publiés autour de la COP21 et infos utiles.

Agenda COP21 :

  • du 25 octobre au 27 novembre : convoi d’Agen vers la COP21
  • du 21 novembre au 28 novembre : convoi de l’Est vers la COP21
  • du 21 novembre au 28 novembre : tracto-vélo NDDL-Paris
  • du 26 novembre au 6 décembre : la bike block, convoi du Nord vers la COP21
  • du 30 novembre au 11 décembre : COP21 et journées d’actions du 29 nov au 12 décembre

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Marches vers la COP21 :

Appel depuis les zads et autres espaces en résistance. Pour que des convois convergent jusqu’à la COP 21

Le blog des marches : Marche sur la cop

  • Depuis la ZAD de Notre-Dame-des-Landes :

Organisation d’un convoi depuis Notre-Dame-des-Landes jusqu’à Saclay : Tracto-vélo. Le départ du convoi est prévu le 21 novembre à 8h30, à la Vache-Rit et passera par : Ancenis, Angers, La Flèche, Le Mans, Nogent-le-retrou, Chartres, Saclay et Paris.

Appel initial du convoi NDDL – Paris : ici.

  • Convoi de l’Est :

Convoi de l’Est ver la COP21, du 21 au 28 novembre, qui patira du quartier libre des Lentillères (Dijon) pour rejoindre Paris, via Buissière s/Ouche, Montbard, Tonnerre, Sens, Montigny-Lencoup, Saclay.

Appel publié chez Rebellyon.

  • Convoi Forcalquier – COP21 :

Convoi à partir de Forcalquier jusqu’à Paris (Saclay), à partir du 25 octobre, qui passera par la Drôme et par Lyon.Pour plus d’info la dessus, allez voir che Rebellyon.

  • Convoi à partir de la ZAD d’Agen :

Marche sur la COP21 de la ZAD d’Agen, en passant par la case tribunal, après être passé par la future LGV en construction. Pour les infos sur cette marche, c’est sur le site de la zad d’Agen que ça se passe.

  • Convoi de la cyclo climatique du Nord :

Départ de Mouscron (Belgique) le 28 novembre pour ensuite rejoindre à Lille le « Bike-Block » du Nord. Sinon, la Bike-Block part de Dunkerque, le 26 novembre. Pour les infos sur le convoi du Nord et de la Belgique, c’est sur Indymedia Bruxelles, ou sur le site Cyclopaysan-ne-s du Nord-Pas-de-Calais.

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Anti-Répression :

Pour préparer l’antiCOP21, un appel à été publié pour la création d’un comité de soutien aux manifestant-e-s interpellé-e-s pendant la COP 21 (initialement publié chez anticop21).

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Calendrier de la COP21 :

  • Samedi 28 Novembre : Convergence des convois des ZAD sur Paris.
  • Dimanche 29 Novembre : Manifestation
  • Du 29 Novembre au 12 Décembre : Journées d’action.
  • Samedi 12 Décembre : Clôture et journée d’action

Contre la COP21, appel international.

Appel depuis les zad et autres espaces de résistance : pour que les convois convergent vers la COP21.

La COP sera sociale ou ne sera pas (de Paris luttes info)

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Pour un suivi des actions :

Un 1er appel Vengeance ou nihilisme (trouvé chez lundi matin).

Blocus lycéen et étudiants contre la COP21 : ici ou directement sur anticop21.

A Grenoble, « Nous sommes le vent » : organisation d’un cycle sur l’écologie politique au 38 rue d’Alembert.

« Ils nous cachent le Soleil » Appel de l’Assemblée parisienne contre la COP21 à une présence anticapitaliste le 29 nov à République

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Les sites ressources sur la COP21 :

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Mis a jour : le jeudi 19 novembre 2015 à 12:08

20 novembre 2015 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE | , , , , | Laisser un commentaire

Contre la #COP21 : auto organisation


Appel international contre la COP21 :

Un appel international a été rédigé dans le cadre de l’assemblée générale contre la COP21 !

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Diffusez-le et traduisez-le le plus largement possible !

Du 28 Novembre au 12 Décembre, nous nous mobiliserons à Paris contre la COP21.

195 chefs d’État, et un nombre incalculable d’industriels se réuniront pour décider de mesures inutiles afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre. En fait, il s’agira de statuer sur la quantité de pollution raisonnable que les industriels pourront rejeter dans l’atmosphère. Les nouveaux quotas de CO2 ne sont qu’un nouveau moyen pour les pays riches de continuer à s’octroyer le droit de polluer impunément.
Nous ne laisserons pas ceux qui sont les seuls responsables du réchauffement climatique et de la marchandisation du vivant tenir leur énième mascarade tranquillement !

La seule solution pour régler ce problème est la fin du système capitaliste et productiviste, pas un sommet dans une zone militarisée.
Que toutes celles et ceux qui n’en peuvent plus de ce système mortifère, d’Europe et du monde, convergent vers Paris contre la COP21 !
De multiples manifestations et des rencontres auront lieu pendant la conférence. Venez avec vos propositions et votre volonté, pour créer ensemble, d’autres formes de vie en commun loin des diktats économiques.

Des lieux d’hébergement et d’accueil seront prévus, ainsi que les
actions suivantes :

  • Dimanche 29 Novembre : Manifestation
  • Du 29 Novembre au 12 Décembre : Diverses journées d’action.
  • Samedi 12 Décembre : Clôture et journée d’action.

via Assemblée parisienne contre la COP21

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Contacts:

tweeter: @cop21mascarade

COP21@riseup.net
Sur Facebook : Anticop21

6 octobre 2015 Posted by | DECROISSANCE | , , | Laisser un commentaire

La GRATUITÉ des TRANSPORTS EN COMMUN, c’est possible et souhaitable!


Une mesure simple qui profiterait à l’ensemble de la société et qui peut être portée par tous les mouvements citoyens et partis progressistes au-delà des clivages d’idées: La gratuité des TRANSPORTS EN COMMUN .

La confiance dans l’efficacité des mesures éventuellement prises lors de la  cop21 par les gouvernements est au plus bas chez les citoyens qui ne supportent plus les doubles discours et les bonnes intentions de façade.

Une mesure simple qui profiterait à l’ensemble de la société

Les objectifs de la gratuité des transports en commun : des objectifs sociaux, économiques et environnementaux.

La ministre de l’écologie ne veut pas d’écologie punitive ? Qu’à cela ne tienne !

Les mesure gouvernementales d’aides à l’achat de voiture électriques , qui peuvent se monter à 10 000 euros sont avant tout une prime aux constructeurs automobiles, qui ont amassés les plus grosses fortunes du CAC 40 du pays.

Bien sûr certain/es diront qu’il faut soutenir les « fleurons «  de l’économie française or , justement , la remise en état de nos réseaux de transports en communs accompagnée de leur développement serait un formidable levier d’une économie repolitisée, au service des citoyen.nes et de leur environnement.

Plutôt que de financer la voiture au bénéfice de quelques privilégiés, nous exigeons que nos impôts servent à financer la gratuité des transports en commun ainsi que leur développement.

On souffre tou.te.s par exemple des prix démesurés du train et du démantèlement du réseau ferroviaire , pourquoi ?

On nous propose à la place des lignes de bus, pourquoi ?

Des voitures individuelles électriques ou hybrides qui n’ont rien d’écologique, pourquoi ?

L'évolution du réseau ferroviaire en France.

L’évolution du réseau ferroviaire en France.

 

Comment financer ?

On n’hésite pas à taxer les entreprises du tabac ou de l’alcool pour, en théorie, financer une partie des frais de santé que ces consommations génèrent pour la société . Pourquoi ne pas en faire autant avec les fournisseurs de transports polluants, dégradants nos conditions de vie et notre santé. Rappelons que des entreprises comme Total , malgré des profits records, ne paient pas d’impôts !! www.latribune.fr/malgre-ses-profits-records-total-ne-paie-pas-d-impots-en-france.

La pollution atmosphérique tue chaque année et nous, habitants ou usagers des grandes métropoles françaises constatons de nous-même ses conséquences sur notre santé :

« la pollution de l’air coûte de 0,7 à 1, 7 milliard d’euros par an au système de soins en France, selon un document daté d’octobre du Commissariat général au développement durable (CGDD). »
www.lemonde.fr/la-pollution-de-l-air-coute-cher-au-systeme-de-sante-francais

Une utopie ?

La gratuité des transports en commun n’est pas une nouveauté et est déjà pratiquée avec succès par plusieurs agglomérations.

De nombreuses villes européennes de taille moyenne et de nombreuses petites villes à travers le monde ont instauré la gratuité totale des transports en commun, que ce soit à l’échelle communale ou à l’échelle d’une agglomération.

En France, en 2012, 23 réseaux sur 290 appliquent la gratuité intégrale, essentiellement des petites villes. Selon le Groupement des autorités responsables de transport (GART), l’association française regroupant la quasi-totalité des autorités organisatrices de transports, si la gratuité des transports publics en France « reste […] minoritaire, elle séduit un nombre croissant d’agglomérations, majoritairement de moins de 50 000 habitants »3.

Sur la période récente, des villes de taille moyenne à grande sont passées à la gratuité totale de leur réseau de transports publics, comme Aubagne en France avec plus de 45 000 habitants ou Tallinn, la capitale de l’Estonie, avec plus de 420 000 habitants .

wikipedia.org/wiki/Gratuite_des_transports_en_commun

Plus on utilise les transports en commun , plus leur coût diminue :

Ainsi: « L’agglomération d’Aubagne, qui a fait le choix de la gratuité pour ses 100 000 habitants, est parvenue à le diviser par deux ! » carfree.fr/imaginez-des-transports-en-commun-gratuits-pour-tous/

« La gratuité du transport permet de réduire les coûts d’équipement et les frais de personnel, car certaines tâches comme la perception ou le contrôle des voyageurs ne sont plus nécessaires. L’augmentation de la demande qui résulte de la gratuité conduit par ailleurs à une augmentation de la fréquence des passages à condition que l’instauration de la gratuité s’inscrive dans un projet d’amélioration du transport public porté par la municipalité ou l’agglomération. » Wikipedia

« la gratuité n’est pas une absence de valeur, bien au contraire c’est redonner de la valeur aux communs »

Rassemblons nous autour d’une exigence commune , pour notre bien à tou.te.s !

Exigeons la gratuité des transports en commun !

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14 septembre 2015 Posted by | DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE | , , , | Un commentaire

Démocratie de manipulation ? Les éléments de langage de LA BATAILLE DE NOTRE DAME-DES -LANDES.


Un livre si clair sur les méthodes de manipulation étatiques qu’il ne faudrait pas qu’il tombe entre les mains du plus grand nombre...

La Bataille de Notre-Dame-des-Landes, Éléments de langage,

de Jean Petit, éd. harmattan

9782343064277f

………………………………………………………………………………….

Cet essai aborde les éléments de langage mis en place par le pouvoir lorsqu’il est confronté comme c’est le cas à Notre-Dame-Des-Landes à une opposition massive. Cette analyse de Jean Petit , membre d’un comité de lutte créé en 2012 lors de l’opération César* à Notre Dame Des Landes, est remarquable à plus d’ un titre.

Il s’agit d’un exposé magistral sur les méthodes d’ingénierie sociale de l’état, sur la façon de faire de « la politique de l’acceptabilité », sur les mécanismes de propagande.Sa lecture en est d’autant plus jubilatoire que dans le cas étudié ici (la construction d’un nouvel aéroport à NDDl) ces méthodes, cette rhétorique n’aboutissent pas. Le projet contesté aura finalement fédéré et conforté de nombreuses voix de défenseurs de l’environnement, de naturalistes, d’ anti-capitalistes, de décroissant.es, de démocrates réels, d’ indigné.es …

Patiemment, avec une rigueur scientifique, tous les arguments rhétoriques sont démontés et les méthodes mises à jour :

La communication visant à faire accepter le projet d’aéroport est analysée en 3 points :

Séduire

Pour séduire l’opinion les promoteurs du projet auront utilisé :

La croissance économique régionale, la « haute qualité environnementale » du projet, le chantage à l’emploi, la légitimité démocratique des défenseurs institutionnels du projet, et enfin le respect de la loi et de l’ordre. « C’est la position dominante des élus et du patronat qui est menacée si la légitimité de leur position était remise en cause. »

Diviser

Les « bons opposants » et les « méchants squatteurs »

« Diviser pour régner »

« … il leur faut briser l’unité du mouvement en faisant passer certains opposants pour violents et dangereux. »

Les bons citoyens contre les mauvais, les illégitimes, les dangereux, les casseurs, les « guérilleros » voire … les étrangers à la région ou à la nation.

Sans oublier ainsi de flatter la fibre « souverainiste » des autochtones.

Tromper

L’exagération des enjeux grâce à l’utilisation d’un vocabulaire de guerre.

Ce n’est pas plus compliqué qu’au Mali !” s’exclame l’inénarrable Jacques Auxiette **

L’opération César avait pour finalité l’expulsion des occupants et la destruction des lieux de vie sur la Zad. Soit près de 2 200 hommes »

« un hélicoptère EC 135, des équipes cynophiles, des brigades motorisées, le service des SIC, la cellule d’appui à la mobilité, le véhicule Œil et 2 véhicules blindés à roues gendarmerie ».

Dans l’ensemble, au plus fort de la crise, il y avait deux fois plus d’hommes mobilisés à Notre-Dame-des-Landes qu’en Afghanistan !

C’est qu’il y a urgence en la demeure : il faut juguler la radicalisation des classes moyennes sensibilisées à la protection de l’environnement et au manque de concertation dans les prises de décision d’aménagement du territoire.

Vieilles ficelles de la propagande d’état que cette utilisation de la « Stratégie du choc » :

«Pour être efficace, explique le sociologue Mathieu Rigouste, un montage doit théoriquement être basé sur un « choc » émotionnel, qui fait régresser le spectateur et le prépare à digérer la propagande »

Mais « ces différentes manipulations révèlent en creux les points faibles du dossier, et ce que les partisans du projet souhaiteraient « faire entrer » dans les têtes des citoyens. »

Si comme l’affirme le sociologue Mathieu Rigouste : « Même la terreur d’État industrielle ne peut rien contre un peuple uni et résolu »***

Jean Petit tempère l’apparente grossièreté des moyens utilisés en nous appelant à la vigilance et au décryptage :

« Ne soyons pas naïfs, aussi rudimentaires que peuvent être ces manipulations, elles s’adressent d’abord aux gens qui ne connaissent pas le dossier et peuvent donc porter. Le pouvoir ne cherche pas nécessairement à «faire mouche » d’un seul coup, mais bien plutôt à distiller dans les têtes telle ou telle notion pour renverser l’opinion à son avantage. »

Cette « bataille » de notre dame des landes : bataille idéologique et culturelle comme nous l’avons vu reste un magnifique exemple d’irruption et de réappropriation du débat démocratique face à un projet monté par et pour les tenants et bénéficiaires d’un système productiviste, marchand, bien loin des préoccupations réelles des citoyens .

« Ce qui est remarquable ici, c’est que les citoyens peuvent faire barrage à une entreprise internationale aussi puissante que Vinci, elle-même soutenue par l’État et tous les échelons des pouvoirs territoriaux! C’est la démonstration qu’une opposition structurée et déterminée peut faire échouer n’importe quel projet inutile et imposé. Nous sommes in fine les artisans de la société dans laquelle nous vivons. Les promoteurs du projet le savent parfaitement. Au- delà du cas NDDL, les tenants du pouvoir cherchent à empêcher toute percée de l’auto-détermination par la société civile. »

Il ne s’agit pas seulement de la contestation d’un simple aéroport de plus, le conflit porte sur « la subordination de l’économie à l’écologie »

Nous sommes contre le projet d’aéroport … et du monde qui va avec : un monde dirigé par les bénéfices de quelques actionnaires au détriment de notre environnement au sens le plus large.

ZAD partout !

AD

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 *S’il exista une Opération Caesar fin 1944 qui fut une mission secrète de l’Allemagne nazi, l’ opération César dont nous parlons ici est le nom choisi par le gouvernement pour la tentative d’évacuation de la zad de Notre Dame des Landes lancée en octobre 2012.

**les forces françaises sont alors officiellement envoyées au Mali pour « contrer le terrorisme »

Jacques Auxiette est président PS de la région des Pays de la Loire

*** dans Article 11 (29.11.2011)

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-Article dans les Inrocks: “La Bataille de Notre-Dame-des-Landes” dissèque les abus de langage du pouvoir

-Article de Jean Petit sur ADecroissance A propos du vote obligatoire

 

 

Plan de l’ouvrage

Introduction………………………………………………….9
Le rôle de l’opinion……………………………………….12
La propagande…………………………………………….15
La propagande, comment ça marche ?…………….18
I : Séduire…………………………………………………..21
L’emploi…………………………………………………….21
Légitimité démocratique………………………………24
Le respect de la loi………………………………………27
Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage…….33
Transfert……………………………………………………36
Un aéroport HQE………………………………………..39
II : Diviser………………………………………………….41
César 44 (Opération)…………………………………….41
Le bon grain de l’ivraie…………………………………44
Mouvement armé ?………………………………………48
Du régionalisme jacobin……………………………….51
III : Tromper………………………………………………55
Acipran………………………………………………………55
Dramatisation des enjeux……………………………..59
Faux et usage de faux…………………………………..62
Trop tard ?………………………………………………….65
Viabilité économique…………………………………..68
Conclusion………………………………………………….72
Quelques points de repères historiques…………..74

 

12 juin 2015 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE | , , , , , , | Un commentaire

Barcelone indignée se réapproprie le pouvoir !


Ada Colau. crédit photo: alencontre.org

Ada Colau. crédit photo: alencontre.org

Oui l’élection d’Ada Colau à Barcelone est bien un tsunami politique !

Plus proches des zadistes et des décroissants que de nos « fronts de gauche » productivistes et centralisateurs , les Indignés sont de retour avec des listes militantes hors partis. Suite a l’expérience fantastique de réappropriation populaire de la démocratie avec le mouvement du 15 Mayo , Ada Colau s’investit dans la plateforme contre les expulsions immobilières (PAH). Cette mobilisation stoppera 550 processus d’expulsion .

Le pays en proie à la crise voit de plus en plus de personnes expulsées par les banques de leurs logements . Chaque jours les militants de l’association vont se confronter aux forces de police et bloquer des expulsions . C’est dans cet engagement radical que va se consolider la volonté de changements concrets , la volonté d’une alternative à un système politique coupé de la population , de ses réels besoins et aspirations , à une « caste » qui ne représente que ses propres intérêts .

Cette fois-ci les stratégies de fabrique de l’insécurité, les politiques de la peur ont échouées.

« Le désir de changement a vaincu la campagne de la peur, de la résignation, et avec ça, c’est nous tous qui gagnons, surtout Barcelone. »

Contre la politique de l’angoisse et de la peur : l’espoir et l’engagement de chacun.e
« Le message le plus important du PAH’S est que les petites gens (le peuple), s’ils sont organisés et s’aident, déplacent des montagnes et réalisent les choses qui  semblaient impossibles. »
La politique n’est pas une affaire d’experts , ni d’hommes (ou de femme) providentielles , contrairement à ce que ce système veut que nous pensions , c’est une question d’organisation et d’actions communes au jour le jour.
Ainsi , refusant toute affiliation à un parti, mais se fédérant en une plateforme, «Barcelona en comú», cette militante contre les expulsions , qui a ouvert et vécu dans des squats, a refusé de laisser des logements vides alors que de nombreuses personnes se retrouvaient à la rue.
Ce qui est légal n’est pas forcement légitime … et inversement.
CF10k5yWMAAXVGV

Ce qui est légal n’est pas forcement légitime et inversement

Un  changement « irréversible ».

« Nous aurions aimé que l’usure des vieux partis soit plus rapide, » a avoué Pablo Iglesias, mais cette victoire de « Davis contre Goliath  » ouvre des champs nouveaux à la pratique d’une politique citoyenne de terrain .

La fin du bipartisme …

« Qu’ils s’en aillent tous! » ,« Ils ne nous représentent pas! » entendait-on sur la place de Catalogne, au cœur de Barcelone, il a 4 ans .

La liste «Barcelone en commun», qui regroupe plusieurs formations de la gauche radicale sort de l’impasse des ambitions de partis et reprend la voix que ceux-ci ont confisqué pour la rendre aux « sans » (-emploi, -papiers,- logements,- dents? ) .

« Sans pouvoir médiatique, économique, judiciaire, nous avons démontré que l’on peut faire les choses autrement et (…) que le rêve et l’espoir peuvent l’emporter, » déclare Ada Colau,

Les habitant.es des quartiers populaires sont retourné.es aux urnes, jusqu’alors méprisées, voyant dans cette coalition de militants de terrain une réelle alternative aux partis traditionnels, « la CASTE » comme on les nomment ici .

D’où cette très forte hausse de la participation dans les quartiers populaires de Madrid et Barcelone.

…et  de la politique « comme papa « : changer les règles du jeu
« Une révolution démocratique balaie le pays qui vise, non seulement donner un coup de pied à la mafia de nos institutions, mais aussi à changer les règles du jeu pour que ceci ne puisse jamais arriver de nouveau.
Guanyem Barcelona a approuvé un code d’éthique politique qui limite des salaires, mais il traite aussi de beaucoup d’autres questions.
Il inclut 25 mesures concrètes groupées dans trois domaines  » :
  • l’audit et la responsabilité,
  • le financement et la transparence 
  • des mesures pour aborder la corruption et la professionnalisation excessive de politique.

http://adacolau.cat/en/post/making-democratic-revolution-happen

Refus du consumérisme , pragmatisme et décroissance
La décroissance est à l’ordre du jour de partis politiques comme Equo (les verts) et le parti Candidatura d’Unitat Popular (CUP), ainsi que de Podemos.
« Je vis de peu , je ne considère pas ça comme un renoncement : je ne possède ni voiture , ni propriétés , ni d’envies de luxe .
J’ai réalisé que moins c’est mieux. Ce qui me satisfait , c’est le partage d’expériences avec les autres notamment grâce à l’association. C’est mille fois plus satisfaisant de vivre avec moins que de faire partie de cette société de consommation qui promet le bonheur et en fin de compte vous fait vous sentir solitaire, faible et malheureuse. »
Ada Colau
Les premières mesures:

– stopper les expulsions dans la ville ;

-convertir les appartements vides en logements sociaux ;

-réduire les prix de l’eau, du gaz, de l’électricité ;

– lancer un revenu mensuel minimal de 600 euros pour les familles pauvres.

Ne comptons que sur nous même, chacun.e compte !

Les partis de la gauche française ne feront peut être pas de grandes déclarations sur cette victoire hautement symbolique et pour cause , ils sont violemment remis en cause .

Les défenseurs des droits sociaux ne sont pas des politiciens professionnels mais bel et bien les citoyens eux même .

Barcelone vient de nous expliquer que la politique est une chose bien trop quotidienne pour être confiées à des partis.

Oui , nous pouvons, nous avons le pouvoir ! Vive la démocratie réelle à l’œuvre et à venir!

Liens :

WZ/A.Décroissance

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Articles liés :

 

 

25 mai 2015 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE, Notre démocratie | , , , , | Laisser un commentaire

Carte de la pollution mondiale de l’air en temps réel


Un nouveau service en ligne permet de voir en temps réel la pollution de l’air à n’importe quel point du globe .

En collectant les données de nombreuses stations d’observation , la carte permet de connaitre la qualité de l’air  de chaque villes .

L’indice de la Qualité de l’Air  (‘Air quality index’ ) est utilisé pour enregistrer le niveau de pollution atmosphérique et déterminer si il est dangereux de le respirer .

Les donnée sont actualisée toutes les heures:

Capture d’écran 2015-08-14 à 12.06.10

On peut également connaitre la qualité de l’air d’une ville précise en cliquant dessus.

En vert les régions où l’air n’a pas d’impact sur la santé

en jaune les régions où l’air peut affecter les personnes sensibles

en orange : les enfants et les adultes doivent éviter les efforts physiques et prolongés à l’air libre .

et en rouge  des problèmes de santé dus à la pollution sont probables

le violet indique la pire situation d’alarme pour la santé.

4 mai 2015 Posted by | DECROISSANCE | , , | Laisser un commentaire

A propos du vote obligatoire (par Jean Petit)


Le 15 avril dernier, Monsieur Claude Bartolone, président « socialiste » de l’Assemblée Nationale révélait à la presse le rapport, commandité par le président Hollande, « Engagement citoyen et appartenance républicaine »1. Parmi les éléments de proposition figure la possibilité de rendre le vote obligatoire à toutes les élections.

Et pour cause, les faits sont là : 56,5 % d’abstention aux Européennes de mai 2014, 53,64 % aux élections régionales de mars 2010, 39 % d’abstention encore aux municipales de 2014. Seule l’élection présidentielle de 2012 tire son épingle du jeu avec un taux d’abstention à 20 %. Précisons que ces chiffres ne prennent pas en compte les personnes non-inscrites sur les listes électorales, qui représentent 7 % du corps électoral potentiel.

Autrement dit, la légitimité des « représentants » est très faible.

Le modèle représentatif menace de s’écrouler définitivement, et par là même, les pouvoirs et les positions dominantes des élus actuellement en place.

Face à ce désaveu, certains dirigeants préfèrent stigmatiser une partie de la population pour son manque supposé de « conscience citoyenne », plutôt que se remettre en cause. Car la disgrâce électorale est la conséquence logique d’un système au service des puissances financières, bien plus que de l’intérêt général.

Ainsi, pour prendre quelques exemples, François Hollande se fait élire pour combattre la finance puis il conduit une politique exactement inverse ; le résultat du référendum sur le TCE (2005) a été piétiné sous la présidence Sarkozy ; l’Union Européenne autorise l’importation et la commercialisation de 19 OGM tandis que les populations y sont hostiles ; le gouvernement met en place un système de surveillance généralisé tandis qu’il peine à tenir ses promesses de campagne, comme la fermeture de Fessenheim. Pour reprendre les mots de Claude Bartolone, « la démocratie, ça s’entretient ».

En outre, le comportement du président et de son premier ministre sont un appel permanent à l’abstention. Après plusieurs défaites électorales très lourdes, ils répètent à l’envie qu’ils ne changeront pas de politique. Dès lors, à quoi bon aller voter, si cela ne change rien. Pourquoi prendre la peine de se déplacer pour exprimer son désaccord sachant, par avance, qu’il ne sera pas entendu. Il faut donc s’armer d’une bonne dose de cynisme et de mépris pour faire la morale au bon peuple pour son manque de « conscience civique ».

Pour « refonder le lien civique », il existe de nombreuses possibilités qui, curieusement, ne sont pas évoquées dans le rapport Bartolone. Que l’on pense à la révocabilité des mandats, procédure permettant de défaire un élu conduisant une politique inverse à celle qui l’a porté aux responsabilités. Pourquoi, par ailleurs, ne pas interdire le cumul des mandats ? En 2008, d’après le New York Times, 85 % des parlementaires français exerçaient un second mandat électif, contre moins de 20 % en Allemagne, en Italie ou au Royaume-Uni2. Cela créerait des espaces et permettrait à de nombreux citoyens de s’investir dans les affaires publiques. On pourrait également instaurer le vote à la proportionnelle intégrale. Ainsi, les différents conseils représentatifs seraient fidèles aux choix réels de l’électorat. Mais ces hypothèses supposent que les élus en poste votent des lois qui restreignent leur pouvoir. On mesure ici les limites de la démocratie « représentative ».

le problème n’est pas de relégitimer les institutions existantes, mais de les modifier.

La proposition du vote obligatoire vise, précisément, à masquer ces limites en opérant une mystification. Car derrière les notions qui rassemblent une grande partie de l’opinion (« engagement citoyen », « appartenance républicaine », « civisme », « démocratie », etc.), le rapport Bartolone ambitionne de redonner de la légitimité aux élus. Or, le problème n’est pas de relégitimer les institutions existantes, mais de les modifier. Il faut instaurer des dispositifs de médiation permettant au peuple d’exercer réellement sa souveraineté, sur le plan local comme national. En définitive, la volonté de rendre le vote obligatoire traduit le souhait des dirigeants de mener les mêmes « réformes » libérales et productivistes avec, en plus, la bénédiction artificielle de la population.

2 mai 2015 Posted by | Notre démocratie | , , , | 3 commentaires

Réussir ses semis comme un pro (pdf)


E-Book « Réussis ses semis comme un pro ! » – Editions : De Vecchi

semons !

semons !

Tous les jardiniers, aguerris ou amateurs, le disent : faire ses propres semis procure une satisfaction intense, mais c’est un art délicat.
Aldo Colombo, horticulteur passionné, vous guidera dans l’apprentissage, si technique, de l’ensemencement.
Il procède, étape par étape : comment choisir les graines, quand et comment opérer, quelle partie de la plante prélever, quel mélange terreux préparer pour l’enracinement, quels soins apporter aux semis…
Et, parce que faire des semis c’est aussi connaître les plantes et leur classification et choisir parmi les différentes techniques de multiplication, l’auteur aborde ces points incontournables de façon claire et pédagogique.
Pratique et technique, ce manuel, qui vous apprendra les termes spécifiques, vous accompagnera tout au long de cette phase si réjouissante du jardinage où l’on observe s’épanouir jour après jour le fruit de son travail.

Réussir_ses_Semis_Comme_Un_Pro.pdf

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Articles liés:

-Manuel pratique de la culture maraîchère de Paris.

-Le Manuel des jardiniers sans moyens

-Produire ses propres semences

-Introduction à la permaculture pour les agriculteurs

-La permaculture: principes de design écologique

-Le compost des templiers

19 avril 2015 Posted by | Agriculture vivrière, DECROISSANCE, ebook | , , | 10 commentaires

Solidarité avec les médias libres du Chiapas


Communiqué en solidarité avec les médias libres du Chiapas et les compañer@s en lutte.

Aux médias libres du Chiapas,
Aux adhérent-e-s de la Sexta,
A nos frères et sœurs qui luttent pour proposer une autre information,

La pancarte indique en espagnol : « Vous vous trouvez en territoire rebelle zapatiste. Ici le peuple commande et le gouvernement obéit. Zone nord. Conseil de bon gouvernement. Le trafic d'armes, la production et la consommation de drogues, de boissons alcoolisées et les ventes illégales d'essences d'arbres sont strictement interdites. Non à la destruction de la Nature. » (Photo prise en 2005 sur l'autoroute 307, au Chiapas)

La pancarte indique en espagnol : « Vous vous trouvez en territoire rebelle zapatiste. Ici le peuple commande et le gouvernement obéit.
Zone nord. Conseil de bon gouvernement. Le trafic d’armes, la production et la consommation de drogues, de boissons alcoolisées et les ventes illégales d’essences d’arbres sont strictement interdites. Non à la destruction de la Nature. »
(Photo prise en 2005 sur l’autoroute 307, au Chiapas)

Nous avons été informé-e-s qu’au Chiapas, Mexique, nos compañer@s, nos frères et sœurs de lutte, travaillant dans les médias libres, de manière bénévole, et accompagnant le mouvement des peuples organisés en lutte contre l’installation d’un méga projet touristiques et d’une autoroute sur leur terre, ont été agressé-e-s par des groupes armés pro-gouvernementaux sous l’œil bienveillant des forces de l’ordre. L’agression s’est terminée par la rétention illégale de leurs outils de travail : un appareil photo Canon 70D et un téléphone portable contenant de nombreuses informations personnelles.

Cette agression a eu lieu dans un climat d’extrême violence : dans leur rapport, nos collègues journalistes indépendants ont déclaré avoir été menacé-e-s avec une machette sous le cou et sur le ventre pour notre sœur journaliste, et par une machette sur le ventre pour notre frère journaliste. En tant que médias libres, cela nous rappelle des évènements qui se sont déroulés en France, et plus particulièrement durant la lutte contre la construction du barrage de Sivens au Testet où des journalistes indépendants avaient été menacé-e-s par une milice aux pratiques fascisantes afin de les empêcher de travailler.

Le droit d’informer est universel.

Nous n’acceptons pas et condamnons énergiquement ces actions. Le droit d’informer est universel. Si le fait de prendre des photos et de documenter leurs actions leur pose problème, c’est aux groupes paramilitaires et milices de tous les pays de stopper leurs pratiques illégales. LA PEUR DOIT CHANGER DE CAMP !

Loin de nous intimider, nous nous engageons à être plus attentif-ve-s aux futures actions qui se passeront au Chiapas comme ailleurs et à diffuser toutes menaces et agressions qui pourront se dérouler au Mexique et dans le monde entier et nous invitons chaque personne, chaque Être Humain, à devenir témoin chaque fois qu’il le faudra : les médias libres sont là pour recevoir et diffuser leurs temoignages et les protéger.

Nous nous solidarisons avec le travail de nos frères et sœurs

des médias libres du Chiapas qui, depuis des années, s’organisent et diffusent « L’Autre Information » de manière exemplaire.

SOLIDARITÉ AVEC LES MÉDIAS LIBRES DU CHIAPAS, DU MEXIQUE ET DE LA TERRE !

Depuis la France, mars 2015.

Liste des signataires (en cours) :

- Espoir Chiapas : http://espoirchiapas.blogspot.mx
- Le serpent à Plumes : http://www.le-serpent-a-plumes.antifa-net.fr
- collectif bon pied bon oeil : http://bonpiedbonoeil.net
- indymedia nantes : https://nantes.indymedia.org/
- radio zinzine : http://radiozinzine.org
- Forum civique Européen : http://www.forumcivique.org
- Contre Faits : http://www.contre-faits.org
- L’Orchestre Poétique d’Avant-guerre (O.P.A) : http://www.opa33.org
- Cocomagnanville : http://cocomagnanville.over-blog.com/
- Le sécretariat libre de la ZAD de NDDL : http://zad.nadir.org
- Radio Galère : http://www.radiogalere.org/
- Koletivo BoCa En BoCa : http://espoirchiapas.blogspot.fr/search/label/BoCa%20En%20BoCa
- Primitivi : http://www.primitivi.org/
- Aquitaine Decroissance : https://aquitainedecroissance.org/
- l’Atelier des Medias Libres : http://mediaslibres.org/
- Canal Sud : http://www.canalsud.net/
- IAATA (Information Anti Autoritaire Toulouse et Alentours) : https://iaata.info/
- Reporterre : http://www.reporterre.net/

19 avril 2015 Posted by | Non classé | , , , , , | Laisser un commentaire

Tchernobyl 29 ans plus tard.


Des images aériennes de la ville fantôme de Pripyat en Ukraine 29 ans après la catastrophe de Tchernobyl.

Source images d’AeroCine.

Les soldats ne restaient sur le toit que 20 à 40 secondes et devaient, durant ce court laps de temps, saisir des débris et les jeter dans le trou béant du réacteur no.4, éventré par l'explosion.

Les soldats ne restaient sur le toit que 20 à 40 secondes et devaient, durant ce court laps de temps, saisir des débris et les jeter dans le trou béant du réacteur no.4, éventré par l’explosion.

21 février 2015 Posted by | Non classé | | Laisser un commentaire

L’écologie des pauvres et l’extractivisme.


 » Les sots confondent la valeur et le prix  »
Antonio Machado.

Le déplacement des coûts environnementaux du Nord vers le Sud.

buen vivir et neo-extractivisme

L’exploitation croissante et brutale des ressources naturelles que notre modèle économique provoque génère non seulement de nombreux problèmes environnementaux mais également de nombreux problèmes sociaux. Lors que l’on observe les flux de matières premières, on constate que celui-ci se fait des pays pauvres vers les pays riches: le pétrole, le charbon, les minerais, l’alimentation…

Un commerce écologique inégal existe.

Les communautés se défendent, et souvent des femmes sont à l’avant poste de ces luttes. Il existe d’innombrables expériences de résistance populaire et indigène contre la progression des activités extractives des entreprises multinationales.

La défense des mangroves; la défense des droits territoriaux face aux entreprises minières; la résistance aux multinationales pétrolières…

Ce sont toutes des luttes pour la justice environnementale.

Des gens protestent parce qu’il en va de leur vie.

Par exemple, les plantations de pin, en Équateur, destinées à capturer le dioxyde de carbone européen, ne peuvent pas se manger, les populations ne peuvent ni y cultiver ni y élever du bétail.

Ou encore face à la pêche industrielle; devant la construction de gazoducs; devant la construction du barrage dans la rivière Narmada en Inde qui inondera les terres fertiles…
Dans un conflit environnemental, les enjeux sont nombreux et variés : écologiques, culturels, de subsistance des populations, économiques.

Ce sont des enjeux qui s’expriment à des niveaux distincts.

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Source : article de Joan Martínez Alier  traduit par nos soins.
El ecologismo de los pobres

viernes, agosto 22, 2014  Joan Martínez Alier
Pour en savoir plus: El ecologismo de los pobres. Joan Martínez Alier.

 

12 février 2015 Posted by | DECROISSANCE, ENERGIE | , , | 2 commentaires

Pourquoi veut-on nous faire croire que l’écologie est un truc de « bobo » ?


 » Les sots confondent la valeur et le prix  »
Antonio Machado.

ecologie des pauvres

Le déplacement des coûts environnementaux du Nord vers le Sud.

 

L’exploitation croissante et brutale des ressources naturelles que notre modèle économique provoque génère non seulement de nombreux problèmes environnementaux mais également de nombreux problèmes sociaux. Lors que l’on observe les flux de matières premières, on constate que celui-ci se fait des pays pauvres vers les pays riches: le pétrole, le charbon, les minerais, l’alimentation…

Un commerce écologique inégal existe.

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Les communautés se défendent, et souvent des femmes sont à l’avant poste de ces luttes. Il existe d’innombrables expériences de résistance populaire et indigène contre la progression des activités extractives des entreprises multinationales.

La défense des mangroves; la défense des droits territoriaux face aux entreprises minières; la résistance aux multinationales pétrolières…

La dette écologique

Le concept transparaissait déjà dans les critiques de la colonisation et de l’esclavage, mais il n’apparait associé au mot écologique vers 1990 alors que la dette extérieure des pays en développement ne cesse de s’alourdir ; Alors que le Chili a coupé presque toutes ses forêts, l’Institut d’écologie politique du Chili propose ce concept nouveau qu’il existe une dette écologique, en évoquant dans ce cas les impacts de la dégradation de la couche d’ozone sur la santé (humaine et animale) dont en Patagonie, où les taux d’U.V. avaient fortement augmenté.
Le concept est ensuite évoqué lors de la conférence de Rio dans les forums parallèles, avec les ONG notamment qui le diffuseront, en Amérique du Sud puis au Nord ((via notamment les Amis de la Terre.

Dans ce contexte, la dette écologique se mesure notamment au regard :

  • de la surexploitation (parfois irréversible) des « ressources naturelles », via des prix qui n’intègrent pas les externalités écologiques et sociales locales, régionales ou nationales ; ces ressources sont agricoles, forestières, halieutiques, cynégétiques, minérales, énergétiques, marines, génétiques et foncières ; c’est le « passif environnemental » ;
  • du gaspillage ou pillage9 ou de la dégradation des sols et eaux les plus fertiles (dont pour les cultures d’exportation) avec des impacts sociaux-environnementaux, sanitaires, alimentaires (perte d’autonomie) et politiques (spoliation de territoires, perte de souveraineté). L’érosion de la biodiversité, la déforestation, la fragmentation des territoires par les routes d’exploitation font partie des impacts de ce pillage.
  • de l’exportation vers l’océan (ex munitions immergées ou vers des zones peu habitées, ou vers des pays ou régions pauvres, et/ou vers les générations futures dans le cas de l’enfouissement sur place de déchets dangereux ou de déchets toxiques.
    La délocalisation vers des régions pauvres ou laxistes sur le plan du droit socio-environnemental d’activités polluantes ou à risque (dont essais nucléaires), avec pollutions, nuisances sanitaires, environnementales et sociales avérées ou en suspens pour l’avenir ;
  • de l’appropriation de l’espace environnemental d’autrui (avec expulsions parfois), et des puits de carbone ou capacités d’auto-épuration de la planète pour aujourd’hui et demain : l’utilisation et la saturation des puits, en particulier pour les émissions de carbone atmosphérique. La dette écologique pose donc non seulement la question de la distribution des biens et des maux environnementaux, mais aussi de la répartition des droits collectifs et individuels à polluer ;
  • de la biopiraterie par l’Agro-industrie et l’industrie pharmaceutique : la brevetisation des savoirs traditionnels. Selon Vandana Shiva, un triple pillage est opéré : des ressources biologiques, des savoirs et cultures qui les utilisaient, et des bénéfices économiques, au détriment des populations qui commercialisaient ou usaient librement des produits avant qu’ils ne soient brevetés[11] [11] V. Shiva, Protect or plunder ? Understanding intellectual…
  • des puits de carbone, avec une dette du carbone qui est la dette accumulée en raison d’une part de la destruction des puits de carbone et d’autre part de la pollution atmosphérique disproportionnée due aux grandes émissions de gaz des pays les plus industrialisés avec, pour conséquences, la détérioration de la couche d’ozone et l’augmentation de l’effet de serre. Moins à même de faire face au dérèglement climatique, les pays du Sud en sont les premières victimes.
  • de la culture et de la paix, car au préjudice socio-économique s’ajoute un préjudice culturel, puisque l’esclavage est une des formes d’appropriation, et parce que des savoirs traditionnels ont été à la fois déniés et privatisés par des firmes occidentales, ce qui nourrit un certain nombre de conflits10 juridiques (comme pour la brevetisation du riz basmati) ou aggrave les tensions ethniques ou militaires.
    La reconnaissance du pillage des savoirs est inséparable d’un combat épistémologique pour la reconnaissance de la pluralité et diversité des formes de savoir.

Ce sont toutes des luttes pour la justice environnementale.

Des gens protestent parce qu’il en va de leur vie.

Par exemple, les plantations de pin, en Équateur, destinées à capturer le dioxyde de carbone européen, ne peuvent pas se manger, les populations ne peuvent ni y cultiver ni y élever du bétail.

Ou encore face à la pêche industrielle; devant la construction de gazoducs; devant la construction du barrage dans la rivière Narmada en Inde qui inondera les terres fertiles…
Dans un conflit environnemental, les enjeux sont nombreux et variés : écologiques, culturels, de subsistance des populations, économiques.

Ce sont des enjeux qui s’expriment à des niveaux distincts.

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Sources :

Wikipedia: la dette écologique

article de Joan Martínez Alier  traduit par nos soins.
El ecologismo de los pobres

viernes, agosto 22, 2014  Joan Martínez Alier
Pour en savoir plus: El ecologismo de los pobres. Joan Martínez Alier.

 

12 février 2015 Posted by | DECROISSANCE | 7 commentaires

L’impossible référendum sur le nucléaire français.


arret nucleaire

La sortie du nucléaire c’est maintenant ou jamais !

Nous sommes en ce début d’année 2015, à un point de bascule dans l’histoire du nucléaire français. La quasi totalité des réacteurs sont en bout de course et n’ont jamais été aussi peu fiables. La société est tout à fait consciente des risques du nucléaire ( Tchernobyl , Fukushima, dangerosité à très long terme des entrepôts de déchets, catastrophes naturelles, terrorisme…) et il est évident pour tous que l’on doit les fermer d’urgence, si possible avant un accident majeur. Alors que le nucléaire est en déclin partout dans le monde, étranglé par ses coûts et des risques trop élevés

La ministre de l’écologie Mme Royale a d’ailleurs (à la suite de l’Autorité de sûreté nucléaire -ASN- ) déclaré que l’on ne pouvait plus prolonger la durée de vie de réacteurs ayant déjà dépassé leurs limites, depuis pour certains plus d’une dizaine d’années, et bien trop souvent frôlé la catastrophe comme à Bordeaux en 1999 ; où les riverains se souviennent encore du goût des comprimés d’iode: voir L’inquiétante centrale nucléaire de Blaye  et  Blaye 99: retour sur un accident nucléaire majeur.

Face à cette urgence la ministre déclare de façon autoritaire qu’il n’y a pas de polémiques possibles et que nous allons reconstruire 40? réacteurs neufs. Ségolène Royal taxant par ailleurs d’ « idéologique » la mise en place d’un âge limite pour les réacteurs.

Un bel exemple de démocratie « participative » chère à cette personne qui n’avait à la bouche que les mots « démocratie participative » en période électorale. On en conviendra: on nous prend pour des abrutis. (Ségolène Royal,  lors de la primaire socialiste en 2011 déclarait vouloir une sortie du nucléaire.)

Pas de polémiques mais une concertation citoyenne sur l’avenir de cette forme de production d’énergie en déclin.

Qu’elle se rassure, la filière nucléaire ne va pas disparaître puisque le problème des déchets n’est pas résolu et ne peut être résolu par la technique de la cocotte minute en projet à Bure, dont la ZAD ne devrait pas tarder à apparaître.

sortir du nucleaire

mais la question est :

un referendum sur le nucléaire est-il POSSIBLE en France?

En Autriche, la décision de sortie du nucléaire avait été prise par referendum en 1978, décision suivie d’une autre première mondiale, la « Loi interdisant la fission nucléaire à des fins énergétiques ».. par exemple. Les Autrichiens ont inscrit depuis (en 1999) le renoncement à l’énergie nucléaire dans leur Constitution.

En France, c’est plus compliqué. La France est un des pays de type démocratie représentative qui dispose le moins d’outils de démocratie directe ou de démocratie tout court si l’on considère que la démocratie est forcement l’expression directe de la volonté du peuple.

Le referendum en France est prévu essentiellement pour la modification de la constitution. En 2005, par exemple, les Français ont rejeté le Traité établissant une Constitution pour l’Europe proposé au référendum par le président. Malgré cela, la ratification d’un traité semblable a été autorisée par la voie parlementaire le 8 février 2008. cas d’école de « déni de démocratie »

L’initiative populaire en matière législative, régulièrement envisagée est restée lettre morte à ce jour.

Il semble donc qu’aucun outil de démocratie directe ne soit utilisable!

La réforme de 2008 n’introduit qu’un « référendum d’initiative partagée »

Le fumeux « référendum d’initiative partagée »

C’est l’article 11 de la Constitution qui indique notamment qu’« un référendum portant sur un objet mentionné au premier alinéa peut être organisé à l’initiative d’un cinquième des membres du Parlement, soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales ».

Où sont donc les démocrates ?

En 2007, S.ROYAL, après des centaines de rencontres avec les citoyens, en dressait le bilan sur son site « Désirs d’avenir »  en présentant plus de cent propositions.
On pouvait y lire cette description même du référendum d’initiative citoyenne :

« Les citoyens veulent prendre la parole plus souvent et plus directement pour décider eux-mêmes (…)  »

– En juillet 2008, lors de la discussion de la réforme de la Constitution, Delphine Batho à qui S.ROYAL avait légué sa circonscription législative, n’a pas déposé d’amendement en faveur du référendum d’initiative populaire, les autres députés PS -PC -Verts- non plus d’ailleurs.

« Nous avons maintenant en droit français un référendum d’initiative populaire »

La simple lecture de l’article 11 prouve le contraire.

On comprend bien que dans un référendum d’initiative populaire , d’une part l’initiative de la consultation appartient aux citoyens qui fixent le contenu de la proposition et que d’autre part  la proposition est soumise au peuple qui décide (si le seuil de signatures est atteint).

Or dans la procédure décrite dans l’article 11, d’une part, l’initiative n’appartient pas aux citoyens mais à 20% de Parlementaires qui doivent commencer par déposer une proposition de loi soumise ensuite au Conseil constitutionnel. Les citoyens n’interviennent qu’après.

Ils n’ont donc pas l’Initiative , ils ne sont pas les premiers et ne sont pas maîtres de la proposition.

D’autre part, même si les 4,5 millions de signatures sont réunis, la proposition de loi parlementaire n’est pas soumise aux citoyens, mais au Parlement !

Et selon l’article 11, ce n’est que :

« Si la proposition de loi n’a pas été examinée par les deux assemblées dans un délai fixé par la loi organique, le Président de la République la soumet au référendum. »

Or, on ne voit vraiment pas pourquoi le gouvernement et sa majorité ne mettraient pas la proposition à l’ordre du jour des deux chambres alors que -même sans vote- cela écarte définitivement le référendum !

On voit aujourd’hui, dans l’urgence des fermetures des réacteurs, que les décisions qui engagent la santé des citoyens, de leurs enfants, de leurs petits-enfants et de leur environnement nécessitent une démocratie réelle exprimant la volonté de la population concernée et non celle d’oligarques liés à d’obscurs lobbies ou autres agendas politiques.  Nous ne pouvons donc pas, nous peuple souverain, prendre part à une belle concertation populaire et démocratique sur l’avenir du nucléaire « civil » en France. Non, nous ne pouvons qu’écrire notre indignation sur des blogs (pour combien de temps encore ?).

Pourrions-nous compter sur un sursaut ou même une manœuvre électorale des partis EELV, FG,  PC et des « frondeurs du PS » qui lorgnent actuellement vers les résultats de la coalition keynésienne Siriza? Rien n’est moins sûr…

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22 janvier 2015 Posted by | ENERGIE, Non classé, Notre démocratie | , , , | Un commentaire

Devant, et sur les flancs. Lettre un peu péremptoire mais amicale au mouvement zadiste.


30 décembre 2014 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE, Notre démocratie | , | Un commentaire

Changeons le système, pas le climat (déclaration de Lima)


Ci-joint la déclaration des organisateurs du Sommet des Peuples à Lima, présentée au ministre de l’environnement du Pérou, président de la COP 20, le jeudi 11 décembre.

Changeons le système, pas le climat

Déclaration de Lima, Sommet des peuples face au changement climatique, Lima, 11 décembre 2014

Le sommet des peuples face au changement climatique, qui s’est tenu à Lima du 8 au 11 décembre 2014, correspond aux mobilisations et résistances actuelles d’une grande diversité d’organisations, mouvements, plateformes, réseaux et collectifs sociaux, syndicaux, femmes, paysans, indigènes, jeunes, écologistes, religieux, artistiques et culturels péruviens et internationaux . Nous nous réunissons pour poursuivre le débat et partager les nombreuses formes de luttes et de résistance pour la construction de la justice sociale contre le système capitaliste et patriarcal, raciste et homophobe, pour le respect des divers modes de vie sans exploitation ni spoliation des biens de la nature, pour que les peuples décident en commun de la gestion de leurs ressources d’énergie, pour la réduction des inégalités sociales ainsi que pour promouvoir le Buen Vivir (Bien Vivre) comme mode de vie en harmonie avec la Nature et la Terre Mère.

 

Le capital cherche à résoudre la crise systémique en imposant son emprise sur l’eau, le saccage des territoires et du patrimoine naturel, la rapacité, la production de combustibles fossiles, l’exploitation accrue des travailleurs et des travailleuses, la répression des mouvements sociaux accompagnée de violence physique et psychologique, augmentant de diverses manières la criminalisation des luttes, des peuples, la militarisation et le contrôle des territoires. Et tout cela est soutenu par les médias. A cela s’ajoute la mise sous tutelle des États et de leurs bureaucraties par le pouvoir économique, le paiement des dettes injustes et odieuses, et beaucoup de faits qui bénéficient exclusivement aux véritables détenteurs du pouvoir auxquels les États se soumettent docilement, les entreprises nationales et les multinationales avec leurs relais politiques.

 

Dans un tel contexte, le Sommet des Peuples est le porte-parole des secteurs exploités et opprimés du monde, de ceux et celles qui sont marginalisé-e-s par un système économique et culturel qui les soumet aux influences racistes, fondamentalistes, machistes et patronales qui bénéficient au modèle capitaliste. En ce moment crucial que traverse l’humanité, alors que le changement climatique très grave dont nous souffrons tous exige d’engager des actions urgentes à un niveau global, nous demandons aux gouvernements – et à l’Organisation des Nations Unies réunie pour la COP 20 – d’adopter des accords qui respectent et valorisent la vie des peuples autochtones, paysans et urbains, et qui promeuvent la préservation de la biodiversité dans son ensemble. Nous refusons tout mécanisme de marché proposé comme solution aux problèmes climatiques et environnementaux.

Nous qui nous réunissons dans ce Sommet des Peuples, nous héritons et faisons partie du processus de luttes menées au sein de nos peuples, et nous nous présentons aujourd’hui avec toute cette force et expression collective. C’est en ce nom que nous demandons :

 

– Que les gouvernements du monde respectent nos territoires, nos droits et nos modes de vie, nos cultures, nos coutumes et conceptions de la vie et du monde que nous habitons. Nous dénonçons l’exploitation de nos ressources naturelles et de nos territoires par l’industrie extractiviste, qui mettent en péril nos moyens de subsistance, notre identité et la relation harmonieuse de nos communautés avec la Terre Mère. Nous demandons la reconnaissance de la propriété territoriale des communautés qui y ont vécu jusqu’à aujourd’hui. Nous n’acceptons pas le contrôle par l’étranger des territoires, ni les processus de négociation ni les propositions de fausses solutions pour le climat.

Les gouvernements doivent garder comme principe de base le respect de nos formes de vie ancestrales et la reconnaissance au droit d’auto-détermination en tant que nation et peuples autochtones.

 

– Nous demandons aux Etats d’engager le débat avec la société civile sur le concept d’émissions nettes évitables, ce qui permettrait un accord climatique 2015 avec une compensation pour les pays non industrialisés du fait de non exploiter les énergies fossiles et permettant de financer la transformation des sources d’énergie. Nous insistons pour l’adoption d’un impôt global sur les transactions financières internationales, qui nous garantisse des fonds suffisants pour une réelle transition incluant une justice sociale.

 

– Ainsi, nous déclarons que l’ensemble des initiatives prises pour inverser la dramatique tendance climatique actuelle de la planète, doit prendre en compte les responsabilités historiques des pays développés, reconnaître la dette écologique historique qu’ils ont contracté envers les pays du Sud et la réparer. En particulier, les transnationales au capital privé situées dans les pays développés doivent être reconnues comme responsables de leurs pratiques à un niveau global. C’est pourquoi nous exigeons que Justice soit faite pour les cas de contamination de Newmont, Dorean au Pérou et de Chevron-Texaco entre autres, qui ont perpétré un des plus grands écocides de la planète en Amazonie.

 

– Nous exigeons des gouvernements et des entreprises d’accepter et de respecter notre droit humain à un travail digne, avec le plein exercice de nos droits individuels et collectifs, garantissant un processus de réelle transition vers un monde nous permettant d’améliorer notre qualité de vie. Nous demandons des garanties pour un accès universel aux systèmes de protection et de sécurité sociale, le respect de notre liberté syndicale et une répartition juste et équitable de la richesse produite par notre travail et nos connaissances.

 

– Nous considérons qu’aucune action pour faire face au changement climatique ne sera efficace ou viable si elle ne s’accompagne pas de politiques publiques en faveur de l’agriculture familiale et paysanne, d’une réforme agraire, de la souveraineté et la sécurité alimentaire de nos peuples, d’une production soutenable, à base d’agro-écologie, autochtone, sans OGM ni pesticides, produite pour l’alimentation humaine et pour la préservation de la biodiversité. Nous croyons que pour avancervers un monde juste et une économie locale, solidaire, coopérative, féministe et communale, il est fondamental de reconnaître le droit humain à l’alimentation, mais aussi l’apport fondamental de l’agriculture paysanne qui représente 70% de l’alimentation mondiale. Nous exigeons de ralentir la production et l’expansion des agro-carburants, qui engendrent déforestation, érosion des terres, contamination des sources d’eau et de l’air, et ne sont qu’une autre forme de recolonisation territoriale.

 

– Ces dernières années, une des stratégies du capital a été de renforcer les processus deprivatisation, de marchandisation et de financiarisation de la nature, à travers l’économie verte, qui nous propose de fausses solutions à la crise climatique. Parmi celles-ci, on note : le Mécanisme de Développement Propre (MDP), les projets de Réduction des Émissions liées à la Déforestation et la Dégradation des forêts (REDD), les OGM; les agro-carburants, la géo-ingéniérie, les méga projets hydroélectriques, les centrales nucléaires, la fracturation hydraulique, la smart agriculture ou agriculture intelligente.

 

– Une des stratégies du capital repose aussi sur ce qu’on appelle l’impunité des multinationales et des gouvernements, à travers les traités de libre-échange et de protection des investissements, entre autres, ceux qui veulent privatiser les services essentiels comme l’eau, l’éducation, la santé et l’habitat, et qui s’attaquent aux droits humains des travailleurs et des peuples. Le Sommet des Peuples refuse toutes ces stratégies du capital.

 

– Ainsi que nous l’avons dit plus haut, nous dénonçons le système capitaliste patriarcal qui maintient oppression et contrôle sur le corps, le travail et la vie des femmes, encourage la violence sexuelle et la traite, les exclut de secteurs de la vie sociale et des espaces publics. Il est nécessaire d’aller vers une autre division du travail, qui ne mette plus le travail féminin à un rang inférieur, qui ne rende pas invisible le travail domestique – grâce auquel la reproduction sociale est possible – ni le subordonne aux lois du marché. Nous exigeons un changement radical afin de reconnaître le travail reproductif comme base de l’humanité et des relations au sein des communautés.. Toutes les alternatives doivent prendre en compte la perspective féministe et encourager des relations plus justes entre hommes et femmes.

28 décembre 2014 Posted by | DECROISSANCE | , , , , | Laisser un commentaire

#ZAd d’Agen c’est parti !


#ZAd d’Agen c’est parti !

Suite à l’appel d’un paysan d’Agen pour empêcher la destruction de 600 hectares de terres agricoles

Joseph Bonotto et Jean-Christophe Robert
décembre 2014
Près d’Agen, la municipalité de Sainte-Colombe-en-Bruilhois veut créer une nouvelle zone d’activité économique en bordure de la Garonne. Un bétonnage insensé qui détruirait 600 hectares de terres agricoles. Un paysan, qui risque d’être exproprié, appelle à la création d’une ZAD sur son terrain le 13 décembre, pour résister à ce projet.
Lot en Action

Lot en Action


« Bonsoir la famille ça y c’est parti. Nous sommes là déterminés. Nous avançons dans notre occupation. Un premier tipi monté, des réunions, la presse s’est fendue d’un déplacement. Il fait froid mais il ne pleut pas c’est déjà ça. J’ai les pieds au chaud grâce à ma bouillotte ça fait du bien. Je vous poste des photos demain, là c’est dodo pour moi. Free hugs à vous ZAD PARTOUT! ! »

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La municipalité de Sainte-Colombe-en-Bruilhois (à dix kilomètres d’Agen) a décidé de créer une nouvelle zone d’activité économique en bordure de la Garonne. Cette zone va s’étaler sur 280 hectares de terres agricoles pour y implanter des entrepôts et des parkings.
Il faut également y rajouter 300 hectares d’infrastructures : ronds-points, rocades, échangeur d’autoroute, pont sur la Garonne, gare TGVsur la future ligne Bordeaux-Toulouse. Tout cela menace donc de détruire près de 600 hectares de terres alluviales de première catégorie situées en bordure de la Garonne sur une nappe d’eau qui a une valeur inestimable pour l’agriculture locale.
Logique suicidaire
Ce carnage est totalement délirant ! D’un côté, on construit des barrages surdimensionnés pour irriguer des zones naturellement adaptées à une agriculture pluviale. De l’autre, on bétonne des zones fertiles riches en eau et propices à l’irrigation. Cette logique de gaspillage foncier est tout simplement suicidaire dans un contexte de dérèglement climatique qui limite progressivement notre capacité de production alimentaire.
Cela provoque par ailleurs toujours plus d’inondations meurtrières par imperméabilisation de nos sols en limitant le renouvellement de nos nappes phréatiques au passage.
zad partout

zad partout

Dialogue de sourds
Tous ces grands projets inutiles pèsent également très lourd sur nos finances publiques de plus en plus précaires. Pour couronner le tout, ces grands aménagements, ces pôles d’activités, ces zones commerciales ne créent pas d’emplois nouveaux mais ne font que déplacer ces derniers en aggravant ainsi le trafic routier. Pire, ils provoquent même des disparitions nettes d’emplois dans certains secteurs d’activités (le commerce de détail notamment).
Concernant le développement économiques du pays d’Agen, d’autres solutions existent. Aucune des 29 zones d’activité du département ne sont actuellement saturées. De nombreux espaces vides et de nombreux locaux inutilisés sont ainsi disponibles à proximité.
C’est notamment le cas à l’Agropole-Estillac située à quelques kilomètres de Sainte-Colombe-en-Bruilhois. Ces solutions ont été proposées aux élus de l’Agglomération Agenaise mais ces derniers ne veulent rien entendre face aux enjeux politiques locaux qu’ils poursuivent.
Pour lutter contre cette aberration et contre les expropriations qui s’annoncent à Sainte-Colombe-en-Bruilhois, les habitants et les agriculteurs de la vallée se sont regroupés pour créer l’association TGV BA (Très Grande Vigilance du Bruilhois et de l’Agenais). Toutes les démarches et les recours qu’ils ont lancés jusque là n’ont servi à rien vu le dialogue de sourds qui règne avec les élus locaux.
13 décembre : création d’une ZAD*
Joseph Bonotto et son fils, qui cultivent une dizaine d’hectare de la commune depuis près de trente ans, risquent d’être expropriés de leurs terres à tout moment. Avec l’association TGV BA et l’association Filière Paysanne, ils proposent de créer une nouvelle ZAD au milieu de leurs champs afin de les occuper et de les cultiver de façon collective, légale et pacifique. Leur but commun est de montrer la volonté partagée de préserver cette vallée fertile.
Un premier rassemblement pour organiser la création de cette ZAD aura lieu sur place le samedi 13 décembre. L’accueil aura lieu le matin (à partir de 10h) et l’échange commencera vers midi autour d’un casse-croute partagé. Toutes les personnes qui sont intéressées par cette première rencontre sont les bienvenues (hébergement possible dans la grange de la ferme vendredi et samedi soir / prévoir le duvet).
* ZAD : « zone d’aménagement différé » pour les urbanistes ou « zone à défendre » pour le mouvement populaire de préservation des espaces naturels et agricoles.

Pour tout renseignement, vous pouvez joindre :
. Joseph Bonotto de l’association « Très Grande Vigilance du Bruilhois et de l’Agenais » : joseph.bonotto@orange.fr
. Jean-Christophe Robert de l’association « Filière Paysanne » : filiere.paysanne@gmail.com

14 décembre 2014 Posted by | Agriculture vivrière, Désobéissance civile, DECROISSANCE | , , | Laisser un commentaire

les AMAP disent NON à la Ruche qui dit oui


Le “frelon” Parisien exterminateur de la petite paysannerie continue ses ravages !

Depuis plusieurs années, des groupes de consom-acteur-actrices se sont regroupés pour aider au maintien ou à l’installation de paysans (AMAP , ACAPE , centres de réinsertion, etc…), mais depuis peu cette mouvance semble s’essouffler.

Par contre, de nouveaux moyens de distribution ont vu le jour, via internet comme “La ruche qui dit oui”.

Grâce à la médiatisation énorme dont a bénéficié cette nouvelle formule, l’engouement auprès de celle-ci a bien pris. En effet, la presse laisse supposer aux lecteurs qu’il s’agit de distribution de paniers en vente directe, alors que c’est une plate-forme logistique qui prélève près de 20 % du chiffre d’affaires aux paysans adhérents à ce système.

Un apiculteur à 90% en vente directe, distribuant dans 10 lieux d’AMAP  a dit « NON » aux sollicitations d’une « ruche qui dit oui » (1) près de chez lui ! Pourquoi ?

Tout d’abord par tromperie pour le consommateur, qui pense acheter un produit en vente directela-ruche-qui-dit-non-150x134, alors qu’il s’agit de manière très subtile d’une vente par 2 intermédiaires : le propriétaire de la ruche qui prend 10% TTC sur le CA réalisé et 10% TTC pour une start-up parisienne qui grossit à vue d’œil (40 salariés, dont les créateurs sont tous diplômés de hautes écoles de commerce).

Ensuite par éthique, car rémunérer en dividendes  les actionnaires de cette entreprise commerciale de plus de 500 ruches qui sont ni plus ni moins que Xavier Niel (Président de Free), Marc Simoncini (co-fondateur du site de rencontres meetic.fr), Christophe Duhamel (co-fondateur du site marmitton.org). Les grandes enseignes de la distribution l’ont compris avec les « drive » les consommateurs cliquent sur internet pour commander leur alimentation industrielle. Ils répondent à une réelle demande : de plus pousser le caddie, ne plus perdre de temps à faire ses courses.

Quels prix pratiqués par les producteurs qui se lancent dans cette aventure ?
– soit le même prix qu’en contrat AMAP, et faire payer le consommateur 20% plus cher, le prix à payer pour choisir ce qu’il veut quand il veut !
– soit s’aligner sur le prix du marché en vendant moins cher ses produits de 10 à 20%, c’est ce que certains producteurs en AMAP ont malheureusement  commencé à subir comme pression, c’est toujours la même histoire !
Petit rappel : les grandes et moyennes surfaces prennent une marge brute de 27% en moyenne sur un produit alimentaire (intégrant la gestion des stocks et du personnel salarié, inexistant ici)

Origines des produits : on parle proximité des produits qui viennent parfois de très loin par l’intermédiaire de transformateurs ou d’artisans (et non des paysans). La gamme des produits n’est pas qu’alimentaire (crème solaire).

Alternative possible : créer de nouvelles AMAP, alors que l’offre des paysans producteurs bio continue de croitre, la demande stagne, profitant à des intermédiaires qui se sucrent sur leur dos. Faire circuler cette information auprès des amapiens qui pourraient être séduits sans être totalement informés par ce nouveau type de « drive » préfigurant  le nouveau i-commerce du 21ème siècle, sans changer les mêmes pratiques capitalistiques du marché.

(1) La ruche qui dit oui  = Vente par internet, sans engagement, les consommateurs viennent chercher leurs victuailles chez un particulier (responsable de la ruche) très souvent sans croiser le producteur, qui n’est pas obligatoirement paysan ni bio, mais souvent transformateur ou artisan.

par AMAP Bio Devant – Courbevoie

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Petite mise à jour:

« La Ruche qui dit oui » est très hostile à ce débat et inonde les sites critiquant leur start up de « vrai-faux » commentaires et de mails.

Je vous propose donc de nouveaux documents sur cette tentative de récupération marchande du système associatif des AMAP.

  • La ruche qui dit oui…à qui? Un article sur les dangers pour la petite paysannerie du « drive paniers » par la ferme pédagogique en permaculture : www.lesdemainsdanslaterre.fr

N.B : le texte en format PDF.

la ruche qui dit oui…à qui.pdf
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  • Vous pouvez aussi lire ce très bon décorticage du mécanisme capitaliste de la ruche qui dit oui, ainsi qu’un article de la revue silence à propos de l’impact du drive sur internet sur les circuits courts.

Les deux articles se trouvant ci-dessous.

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la ruche qui dit oui_fnoc (1).pdf
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article circuits courts revue silence n°
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N.B : le texte ci-dessous en format PDF.

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la ruche qui dit oui…à qui.pdf
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Quelques repères

Si vous êtes décidés à créer une AMAP, le guide très détaillé du réseau AMAP: Créer une AMAP

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9 novembre 2014 Posted by | Alimentation, DECROISSANCE | , , , , , | 6 commentaires

La Société contre l’État (pdf) de Pierres Clastres.


Pierre Clastres
Pierres Clastres.
Philosophe de formation, anthropologue et ethnologue au CNRS puis directeur d’études à la
cinquième section de l’École Pratique des Hautes Études, spécialiste des indiens d’Amérique.
Dans son œuvre la plus reconnue,La Société contre l’État, dont nous rééditons la conclusion, Pierre
Clastres critique à la fois les notions évolutionniste, qui voudrait que l’État organisé soit la finalité de toute
société, et rousseauiste, de l’innocence naturelle de l’homme.
On retiendra sa thèse principale : les sociétés dites « primitives » ne sont pas des sociétés qui
n’auraient pas encore découvert le pouvoir et l’État, mais au contraire des
sociétés construites pour éviter que l’État n’apparaisse.
Trop souvent la société « moderne », la société industrielle et technicienne, est considérée comme l’aboutissement
de l’organisation sociale ou, pour les plus modérés, un stade plus évolué par lesquelles
devront passer les sociétés dite primitives. Il n’en est rien, et Pierre Clastres nous le démontre dans ce texte.
La société primitive n’est pas une société qui n’aurait pas encore abouti à la forme étatique.
Bien au contraire, la société primitive, sans État, est un autre choix de société,
une société qui s’organise de façon à lutter contre l’émergence de l’État et de tout pouvoir coercitif.
Un texte à lire d’urgence
enpdf ici:

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Pour approfondir on peut également lire le cours de M.Rivière

7 novembre 2014 Posted by | Désobéissance civile, Notre démocratie | , , , , | Laisser un commentaire

« Le temps des émeutes » : réactions, débats, comptes-rendus.


Vieux-Montréal_XIXè_siècle._Rue_Saint-Paul_Est._(7185093530)

Émeute près des anciennes casernes militaires. Il est dit dans l’article qui accompagne cette gravure que… »le gardien, en état de légitime défense, pointa son arme sur le manifestant et le tua en le transperçant de sa baïonnette ».Archives E. Z. Massicotte / Album de rues. Gravure.

Émeutes, silences et violences : une dimension incontournable du présent ?

CR de l’ouvrage « Le temps des émeutes » de Bertho par Elieth Eyebiyi
Elieth P. Eyebiyi est ingénieur des télécommunications et sociologue anthropologue. Doctorant en sociologie du développement à l’Université d’Abomey-Calavi (Bénin). Ses récents travaux explorent le champ théorique et empirique d’une socio-anthropologie des mouvements associatifs de lutte contre la corruption en Afrique de l’Ouest.

Quel est le sens profond des émeutes qui éclatent dans des contextes sociopolitiques variés, mais empruntent des modalités semblables ? Partant des émeutes d’octobre-novembre 2005 dans les banlieues françaises, l’auteur montre que ces mouvements populaires témoignent d’une mutation de l’État contemporain, et ceci sur tous les continents. Le tableau qu’il dresse est fait d’affrontements, de caillassages, d’hérésies collectives envers les symboles de l’État. Convaincu que le vent de révolte qui souffle sur la planète exprime quelque chose de nouveau qu’il faut interroger, l’auteur met en œuvre une approche en rupture avec des schémas traditionnels, devenus subitement obsolètes, notamment les analyses en termes de classes sociales politiques et subjectives, et celles intégrant la transformation contemporaine de l’État, qui toutes exprimaient la continuité historique de l’émeute et non sa rupture contemporaine. On peut se référer dans cet ordre d’idées aux travaux de Hobsbawm ([1959] 1966), qui renvoie la colère des foules urbaines à l’archaïsme d’une révolte qui ne trouverait sa modernité que dans le politique (p. 15). Ou encore à Sommier (2008), qui explique la violence étudiante par des motifs politiques plutôt que par une certaine exaspération de jeunes en quête d’emplois et d’améliorations de leurs conditions de vie et d’études, alors même que les gouvernants donnent l’impression de vivre à leur aise.

L’imprévisibilité des émeutes, la défiance des codes et lexiques dominants auxquelles elles nous soumettent ainsi que leur recrudescence constituent quelques traits forts de ces événements contemporains. L’auteur pense qu’elles ne figurent « ni la résurgence de formes archaïques de révoltes, ni le prolongement de l’histoire sans fin des “émotions populaires” » (p. 14), mais une dimension incontournable du présent. Selon lui, les évènements contemporains se distinguent par leur nouveauté subjective et leur mondialité. Bien sûr, le débat sur cette mondialité demeure entier puisque, en réalité, les émeutes ont toujours existé partout, sous diverses formes, mais elles investissent aujourd’hui plus aisément et de façon spectaculaire la scène publique, par le biais des médias de masse. Retraçant l’évolution des vagues d’émeutes et des grands mouvements de contestation sur la planète au cours au 20e siècle, l’analyse de Bertho montre que leur périodicité est d’un demi-siècle : le Printemps des Peuples de 1848, la séquence révolutionnaire qui commence en 1917, ou encore celle de 1968, puis les émeutes dans les banlieues françaises en 2005 (p. 25). Les émeutes des banlieues françaises de l’automne 2005, point de départ de l’ouvrage, seraient, au sens de l’auteur, le prélude à un nouveau cycle.

La séquence mondiale des affrontements que nous vivons en ce moment se caractérise donc par une multiplicité de causes, d’actions et de justifications, et l’auteur n’a aucun mal à le prouver tant les exemples sont nombreux et ne demandent qu’à être décryptés. Si l’extension des émeutes touche tous les continents avec plus de quatre-vingts mille manifestations pour l’année 2005 (p. 23), les causes sont en nette diversification, allant des émeutes de la faim (ou contre la vie chère) aux émeutes de banlieue et s’inscrivant parfois dans des registres incataloguables (p. 33). Elles peuvent naître en raison de la mort d’un jeune, à l’issue de rencontres sportives, lors de mobilisations contre l’expropriation des terres, suite à des violences postélectorales, etc.

Si l’émeute est violente et fortement médiatisée, il est très difficile de la saisir sur le vif et encore moins d’apprécier sur le champ ses réelles causalités. Par ailleurs, Bertho relève une « amnésie publique […] massive et consensuelle » (p. 27) quant à la mise sous silence de certaines manifestations, voire une indifférence sur le plan international. La manipulation des informations aidant, même lorsque l’émeute se place sous les feux de la rampe, en l’absence d’une chronique impartiale, c’est la figure de l’émeutier qui est présentée comme le prototype de l’anarchiste.

L’émeute oscille entre ce que Bertho appelle la « discontinuité subjective » (p. 38), c’est-à-dire une rupture dans la séquence des émeutes, et sa potentialité à offrir de nouveaux espaces créatifs, sa potentialité à provoquer des changements.

Alors que les discours habituels visent à montrer la charge négative des émeutes plutôt que d’en chercher les racines profondes, et alors que le battage médiatique présente des clichés superficiels, la dévalorisation du débat sur les idées autour de l’émeute et de sa compréhension se fait évidente. En général, le débat public sur les émeutes ne prend pas en compte le point de vue des émeutiers, frappés d’une image négative et noyés dans le métadiscours. Dans le même temps, l’incapacité des politiques publiques à traiter les germes des émeutes contribue à leur laisser un champ d’expression toujours plus important.

Comme des flashes, les émeutes surviennent avec toute leur brutalité et toute leur violence. Qu’elles soient traitées avec exagération par les médias ou qu’elles soient ignorées, elles restent mal interprétées et ne sont pas questionnées dans leur profondeur. Aujourd’hui, Internet est devenu un nouveau terrain pour les émeutes, en ce sens qu’il permet leur publicisation au niveau mondial et amplifie l’écho des manifestations, les sortant du mutisme stratégique auquel les contraint parfois les pouvoirs publics. Grâce au Net, une émeute étouffée retrouve sa place dans le concert mondial et transcende les barrières répressives locales. Avec les Dailymotion et autres YouTube, le monde entier peut ainsi se retrouver « en flammes ». Parfois et bien souvent, le Net demeure le seul témoin de manifestations bridées et étouffées et leur offre une visibilité internationale qui est nécessaire à leur existence, à leur politisation.

Si la première partie de l’ouvrage s’attache à clarifier l’émeute en tant que modalité pratique de l’action inorganisée et spontanée et montre comment elle s’inscrit dans la vie sociale contemporaine, le deuxième chapitre donne à voir les émeutes dans leur pluralité causale. En effet, les lexiques de la colère sont très fournis et se conjuguent au-delà des banlieues, dans les villes devenues de nouveaux espaces stratégiques au sens de Saskia Sassen (citée par Bertho, 2009, p. 99)1, sous le couvert de stratégies urbaines multiples et de plus en plus raffinées. Les fureurs juvéniles présentent plusieurs visages et s’inscrivent dans la multiplicité causale que l’auteur a illustrée tout au long de son raisonnement, en passant d’un continent à l’autre. Les manifestations violentes auxquelles donnent lieu dans les villes l’altermondialisme (Porto Alegre, Caracas, Athènes, Malmö, etc.), la défense de l’Ungdomshuset à Copenhague, les événements de Hambourg ou de Rostock en 2008, marquent l’urbanisation des émeutes et leur externalisation hors des banlieues pour pénétrer donc au cœur des villes et trouver droit de cité. Elles sont aidées par le contentieux policier (p. 104), d’une banalité universelle, mais qui produit toujours les mêmes résultats : la réaction de la foule contre des policiers.

De plus, la mobilité urbaine devient un déclencheur d’émeutes et une aspérité des modes opératoires des émeutes, lesquelles apparaissent parfois comme une réaction anthropologique à ce qui est jugé comme des situations d’oppression instantanée. Dans les universités du Sud aussi, la violence passe souvent par l’érection de barricades et la mise à feu de pneus (et moins de voitures), le passage à tabac des manifestants et même de simples passants par la police, les arrestations injustifiées, etc.

Dans un autre sens, Bertho insiste sur la forte propension des différends fonciers à conduire à des situations de tension et de violence, car lorsque des citoyens se retrouvent en situation d’expropriation avec, pour seule richesse, le souvenir d’un lieu d’habitation occupé parfois depuis plusieurs décennies, ils n’ont souvent d’autre alternative que de descendre dans la rue et occuper l’espace public. C’est l’arme suprême (p. 124). En Afrique du Nord, la déclaration d’une guerre aux bidonvilles a donné lieu à des destructions massives des symboles institutionnels, en réponse à l’« éradication » des préfabriqués sans relogement de tous les expropriés. Le passage à l’acte apparaît sans doute comme une subjectivation d’une identité collective, inorganisée mais fortement réactive et agissante ; la ville devient alors le théâtre d’une nouvelle politique, celle de la rue en réaction à l’absence des politiques publiques, ou à leur inorganisation. Les villes sont l’antichambre de l’agitation et des émeutes.

Une nouvelle catégorie d’émeutes est apparue suite à la crise économique de la fin des années 2000 : les « émeutes de la faim » en 2008 en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Effectivement, elles sont survenues suite au renchérissement du coût de la vie, notamment au Burkina Faso, au Cameroun, au Sénégal, etc. Le Bénin par exemple était une exception dans le déclenchement de ce type d’émeutes : le choix du gouvernement a été de subventionner massivement les taxes de douane et d’installer des boutiques témoins à travers le pays. Si le résultat in fine a été mitigé, toujours est-il qu’il n’y eut pas d’émeutes de la faim. C’est vrai que l’analyse de Bertho ne prend pas en compte le Bénin, puisque ce pays n’a connu ni émeutes de la faim, ni violences urbaines à proprement parler, mais cette exception semble confirmer la règle de la contagion dans la sous-région ouest-africaine, notamment en ce qui concerne les émeutes de la vie chère. De façon plus profonde, les émeutes de la faim sont intervenues alors que le capitalisme international s’est essoufflé et a induit une crise pluridimensionnelle. L’enlisement de l’économie internationale a affecté aussi le salariat et stimulé la précarisation des populations. C’est dire que les sources de révolte se sont renforcées, augmentant la capacité émeutière des populations.

La place des jeunes dans ces fureurs urbaines est essentielle et c’est certainement ce qui nous interpelle. Les émeutes semblent s’inscrire dans une continuité générationnelle qui assure leur reproduction. On a vu les « Jeunes Patriotes » à l’œuvre en Côte d’Ivoire récemment, avec les implications de la question de l’« ivoirité » dans la crise politico-militaire que connait cet ancien pays stable de l’Ouest africain. Par ailleurs, la violence des actions étudiantes (ou juvéniles par extension) est parfois si inouïe que l’on pense à une action organisée et systématique. En Côte d’Ivoire par exemple, la résurgence du débat sur l’ivoirité a été un prétexte pour la radicalisation de certains mouvements de jeunes engagés dans l’action politique. Le discours de l’ethnie a donné lieu à des affrontements orchestrés par ces jeunes dans plusieurs villes, notamment à Abidjan.

La troisième partie de l’ouvrage est consacrée à une analyse de l’État, première « victime » de la violence émeutière. Si la mondialisation n’a finalement pas effacé d’un trait l’État, en tout cas sous sa forme d’État-nation, l’État et ses symboles apparaissent comme la cible privilégiée des révoltés, surtout dans les milieux populaires et défavorisés. La disjonction de l’État, renommée gouvernance, et sa ré-articulation avec la nation (p. 197) illustrent la substitution des rapports de négociation de l’État aux rapports d’intégration politique populaire caractérisant l’État moderne. En effet, l’auteur formule en première hypothèse que ce que l’émeute exprime ne trouve pas sémantiquement assez sa place dans le débat public, et en seconde hypothèse que la politique de l’État ne laisse pas assez de place à l’émeute. En fait, on dénie tout caractère politique à l’émeute, parce que l’on ne veut pas la reconnaître comme politique. On peut, sans risque de se tromper, penser que la démocratie n’a pas stérilisé la propension cyclique des émeutes à se déclencher pour une causalité composite et diversifiée, et sous des formes multiples allant de l’altermondialisme aux manifestations sanglantes, comme les occupations de villes en insurrection opérées par les forces militaires. La recrudescence des émeutes s’inscrit dans un renouvellement des formes de contestation/construction de l’ordre politique contemporain.

Bertho montre qu’il faut sortir des schémas explicatifs ou prescriptifs traditionnels, devenus vétustes et peu productifs, pour vivre Le temps des émeutes. Ceci passe, comme le pratique l’auteur, par une recontextualisation des analyses de l’État contemporain. Pour cause, les émeutes se donnent à voir aujourd’hui dans leur récurrence, au cœur d’une profonde crise de l’État et du politique. Arrivant à la fin de l’ouvrage, on a un sentiment d’inachevé, comme des murs en construction, auxquels il faut rajouter petit à petit des briques, des pans entiers, pour terminer l’échafaudage de l’ethnographie des émeutes contemporaines, telle que l’auteur en pose les jalons. Rechercher, par exemple, les processus de mobilisation des émeutiers ou les modalités de la construction des révoltes dans les quartiers urbains sont des pistes à explorer dans le cadre de cette ethnographie du temps présent, à laquelle s’exerce Bertho.

L’image illustrant la couverture interpelle le lecteur : une rue en flammes, un individu habillé de noir, couleur des « black blocks » qui symbolise avant tout l’anarchisme et a l’avantage de rendre les personnes difficilement identifiables et peu visibles de nuit, la fumée, un arrière-plan suggérant à la fois témérité, émotion, puissance et désordre, une foule déchaînée au loin. Bien documenté et enrichi d’une chronologie méticuleuse des émeutes et mouvements de protestation à travers le monde, le livre de Bertho s’inscrit dans l’actualité contemporaine des mobilisations violentes et urbaines et consacre l’avènement d’un nouvel acteur politique imprévu mais qui se pose (et s’impose ?) face à l’État, à sa politique et dans sa politique : la jeunesse. Bertho achève ainsi son ouvrage : « il ne s’agit pas d’empêcher l’émeute […]. Il s’agit de faire que ce qui s’y exprime trouve la voie d’une parole collective incontournable » (p. 232).

En dépit de la pertinence de l’analyse de l’auteur, qui a le mérite de proposer de nouveaux cadres d’analyse des émeutes en se distanciant des approches basées sur la continuité historique plutôt que sur la rupture contemporaine, il faut toutefois faire remarquer que la mondialité des émeutes et leur déferlement sur tous les continents ne peut faire l’objet d’interprétations globales ou totalisantes. En effet, il s’agit de rapporter, dans une posture sociologique et anthropologique, chaque soulèvement à son contexte, chaque révolte à ses causes locales, afin de mieux percer le sens dont il est porteur, ce que ne permet pas forcément la perspective de l’auteur, car on a l’impression que les émeutes sont pour lui un fait total qui s’impose de la même façon à tous et partout. Or il existe des variations de grande nature. Les émeutes de la faim ne peuvent avoir les mêmes causalités et le même impact que les soulèvements d’après matches entre supporters. La violence policière dans certains pays ne peut être expliquée avec les mêmes arguments que les mouvements de foule provoqués par des citoyens affamés. L’auteur a tendance à passer trop vite à la généralisation, alors qu’il faut tenir compte des situations locales, dans le global. Mais il faut reconnaitre que les nouvelles catégories (lexicales, mais aussi pratiques) des émeutes qui sont proposées, comme par exemple celles de la faim, sont des nouveautés dans l’analyse des émeutes et préfigurent sans doute la mutation des formes de revendications populaires, coordonnées ou non. Le projet de l’auteur de construire un cadre interprétatif global a tout sens, mais il faut garder à l’esprit que ce global n’est aucunement unifié et contient en lui-même une variété de figures d’émeutes. Oui, nous sommes face à un « nouveau temps d’émeutes », et les grilles de lectures comme celles de l’historien Hobsbawn doivent être amendées pour faire face aux nouvelles figures de l’émeute. Charles Tilly (2005) doutait, avant les violences des banlieues françaises, que le « répertoire » soit nouveau, mais l’on peut se rendre compte aujourd’hui qu’il est difficile de garder une telle position.

Source et suite du débat:
anthropologie du présent
ethnologie appliquée, recherches, enseignement, publications, séminaires

4 novembre 2014 Posted by | Désobéissance civile | Laisser un commentaire

Les effets des nouveaux compteurs « intelligents » sur la santé.


Les compteurs émetteurs de radiofréquences sont contestés partout où ils sont implantés pour des raisons de santé publique, de sécurité, de protection de l’environnement et de la vie privée.

L’association Robin des Toits a écrit une lettre au ministre de l’Industrie et de l’Energie , dans laquelle elle le met en garde contre les éventuelles conséquences sanitaires des compteurs Linky. Ces compteurs « intelligents » équiperont tous les foyers français d’ici à 2020, a récemment annoncé le gouvernement. Via des informations mises à jour en temps réel, ils sont censés permettre de mieux gérer sa consommation.

compteur intelligent

Les radiations émises par un compteur intelligent sont 30 fois plus élevées que celles émises par un cellulaire, selon les mesures de la texane Laura Pressley, docteure en chimie physique. Dans leur sommeil, elle et son mari subissaient de petites secousses des jambes aux 25 secondes, soit à chaque fois que leur compteur pulsait des radiofréquences et micro-ondes. Symptômes qui ont disparu quand les émissions du compteur ont été désactivées par leur compagnie d’électricité. Elle recommande les filtres Stetzer pour éliminer les hautes fréquences transitoires que les compteurs génèrent sur le câblage domestique.

A lire également:

Sources:

5 septembre 2014 Posted by | DECROISSANCE, SANTE | , , , | 2 commentaires

Exigeons l’abolition des armes nucléaires, mobilisons-nous partout en France du 6 au 9 août 2014


Du 6 au 9 août 2014, agissons contre le nucléaire militaire !

 

Du 6 au 9 août, entre les dates commémorant les bombardements des villes d’Hiroshima et Nagasaki, le Réseau “Sortir du nucléaire“ appelle à la mise en place d’actions contre le nucléaire militaire.

Depuis trois ans, un « jeûne-action » est organisé à Paris. En 2013, cette action a rassemblé plus d’une centaine de jeûneurs et d’activistes, jeûneurs et non-jeûneurs, pour exiger l’abolition des armes nucléaires.

Cette année encore, mobilisons‐nous afin de rappeler que le nucléaire civil s’est développé grâce aux technologies militaires : nucléaire civil et nucléaire militaire sont inséparables.

La France possède le troisième arsenal du monde avec 300 bombes nucléaires, chacune d’une puissance 10 fois supérieure à celle d’Hiroshima.

Cette industrie génère des transports incessants de matières radioactives, notamment de plutonium, qui tombent sous le secret-défense et mettent en danger les populations.

Prétendre que la bombe atomique est garante de la paix est un mensonge destiné à protéger des intérêts industriels et des volontés de pouvoirs politiques.

Par erreur, par accident ou par folie, une explosion de bombe nucléaire est possible à tout moment.

L’état d’urgence actuel est le même que pendant la guerre froide : un tir peut être décidé en quelques minutes.

Les conséquences humanitaires et environnementales qu’aurait l’explosion d’une seule bombe sont dénoncées par la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge qui demandent l’interdiction des armes nucléaires.

Exigeons l’abolition des armes nucléaires,
mobilisons-nous partout en France du 6 au 9 août 2014

28 juillet 2014 Posted by | ENERGIE | , | Laisser un commentaire

Nouvelle spéciale de Kokopelli : Avaaz, bas les masques !


ATTENTION : Kokopelli dénonce la campagne frauduleuse d’AVAAZ concernant une prétendue « bourse aux graines » mondiale
Cher(e)s ami(e)s de Kokopelli,
L’organisation américaine AVAAZ a lancé il y a quelques jours une nouvelle campagne de levée de fonds, intitulée « La meilleure manière d’arrêter Monsanto », et diffusée largement sur Internet et par mail, visant supposément à créer le « tout premier eBay pour semences à but non lucratif ».

L’association KOKOPELLI n’est absolument pas à l’origine de cette campagne et ne connaît aucune organisation française ou européenne qui y participerait.

De plus, le courriel faisant la promotion de cette campagne prétend que « une coalition de 20 groupes et personnalités de l’agriculture durable tels que le Center for Food Safety et l’activiste Vandana Shiva sont prêts à lancer le projet. » Nous ne connaissons pas ces groupes, qui ne sont pas nommés, mais nous avons contacté Vandana Shiva à ce sujet et elle nous a répondu ceci : “I am not involved in this initiative, have never been contacted or consulted about it.” (je ne suis pas engagée dans cette initiative, et n’ai jamais été contactée ou consultée à son sujet) !!! Elle a également manifesté son indignation face à la récupération de ses nom et notoriété sur son blog SeedFreedom.

Si, sur ce blog, l’organisation américaine Center for Food Safety endosse ces manœuvres grotesques et parle « d’erreur » et de « malentendu », nous n’y croyons pas du tout. De quel type d’erreur peut-il s’agir lorsqu’il est question de lancer une campagne mondiale, dans 17 langues, pour récolter plusieurs centaines de milliers de dollars, voire des millions – car les sommes globales récoltées sont soigneusement occultées, mais ce sont déjà plus de 55.000 personnes qui ont donné – ?
Nous remarquons, de plus, que le texte de présentation de la campagne est très mal rédigé ; que ses termes sont particulièrement évasifs ; qu’il n’existe aucun site Internet relatif au projet évoqué ; que les “fermiers” et “organisations” partenaires ne sont pas nommés ; que les éventuels fournisseurs et bénéficiaires des semences ne sont pas identifiés ; que les actions projetées ne tiennent aucun compte des contraintes réglementaires qui nous obèrent depuis 60 ans, etc.
Tout cela n’est pas sérieux, et il semble donc que cette campagne soit une nouvelle imposture de l’organisation AVAAZ – dont nous-même, et d’autres, avons déjà dénoncé le caractère plus que douteux par le passé – destinée seulement à récolter des fonds auprès d’internautes généreux mais bien trop crédules.
Nous demandons donc le retrait immédiat de cette campagne – ou bien le détail exact et complet du projet évoqué dans celle-ci, s’il existe – et la transparence la plus totale sur l’utilisation des sommes récoltées, ou leur restitution aux donateurs trompés !
Nous vous recommandons donc la plus grande prudence vis-à-vis de cette campagne, et, de manière générale, vis-à-vis de l’organisation AVAAZ, et vous invitons à faire circuler ce message au plus grand nombre de destinataires possible.
L’équipe de Kokopelli – le 16 juillet 2014.

source: https://kokopelli-semences.fr

17 juillet 2014 Posted by | Agriculture vivrière, DECROISSANCE | , , | 2 commentaires

Arrêt de l’unité 4 de la centrale de Blaye #bordeaux


Correctif: il ne s’agit pas de l’arrêt des 4 réacteurs mais de l’arrêt de l’unité 4Blayais #EDF

PARIS, le 15 juillet (Reuters)

l’unité 4 de la centrale de Blaye  prés de Bordeaux est stoppée depuis hier . La centrale EDF de Blaye  d’une  puissance de 900 mégawatts s’est arrêtée à 16H23 GMT  mardi 15 Juillet .
La raison de cette coupure de courant serait liée à un problème de condensation et une turbine.(RTE )

Nous n’avons pas de détails complémentaires pour l’instant.

(Rapport par Sybille Hamaide )

Cette centrale vétuste fait partie de celles qui restent en fonctionnement malgré leur vétusté et leur dangerosité (voir l’article l’inquiétante centrale nucléaire de blaye). De nombreux incidents et accidents graves , frôlant de peu l’évacuation en 1999 (voir l’article blaye 99 retour sur un accident nucléaire majeur) ont eu lieu ces dernières années

 

16 juillet 2014 Posted by | ENERGIE | , , | 3 commentaires

Déclaration commune sur l’armement de la police #NDDL


l’armement de la police et Notre Dame Des Landes

Signez avant la fin de l’été la pétition qui devra faire parler d’elle à la rentrée.
Un lien > http://27novembre2007.blogspot.fr/2014/06/lancement-de-la-petition-nationale.html

Déclaration commune sur l’armement de la police

5 juillet 2014 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE, Notre démocratie | , , | Un commentaire

Rencontres de l’écologie radicale à Montreuil


Rencontres de l’écologie radicale- dimanche 8 juin 2014 à 10h

RENCONTRES DE L’ÉCOLOGIE RADICALE

Climat social / Rencontres de l’écologie radicale

« Évoquer l’écologie, c’est comme parler du suffrage universel et du repos du dimanche : dans un premier temps, tous les bourgeois et tous les partisans de l’ordre vous disent que vous voulez leur ruine, le triomphe de l’anarchie et de l’obscurantisme.

Puis, dans un deuxième temps, quand la force des choses et la pression populaire deviennent irrésistibles, on vous accorde ce qu’on vous refusait hier et, fondamentalement, rien ne change. C’est pourquoi il faut d’emblée poser la question franchement : que voulons-nous ? Un capitalisme qui s’accommode des contraintes écologiques ou une révolution économique, sociale et culturelle qui abolit les contraintes du capitalisme et par là même, instaure un nouveau rapport des hommes à la collectivité, à leur environnement et à la nature ? Il vaut mieux tenter de définir, dès le départ, pour quoi on lutte et pas seulement contre quoi. »

André Gorz

Pour envisager en commun ce « pourquoi on lutte », les rencontres Climat Social aborderont les visions et propositions de différents courants qui se revendiquent de l’écologie radicale et qui appellent, comme André Gorz en son temps, à une révolution économique, sociale et culturelle. Seule une telle révolution peut nous sortir de la crise écologique, sociale et économique actuelle, que le capitalisme a provoquée et qu’il ne pourra résoudre.

10h-12h : Table ronde sur l’écologie radicale

Visions croisées entre décroissance, écosocialisme, écologie libertaire et sociale.

14h-16h :Comment aborder la transition écologique dans le monde du travail et de la production ?

Quelle intervention des salarié-e-s ?

Désindustrialisation, reconversions, relocalisations, antiproductivisme.

Avec : CGT-forêt, Confédération paysanne, Sud-chimie (FRALIB), Sud-Énergie.

16h30-18h30 :Écologie : comment lutter, comment agir ?

Bilan de l’écologie « politique », stratégies de lutte d’une écologie radicale aujourd’hui.

18h30 : Apéro

À l’initiative de militant-e-s de l’écologie radicale membres d’Alternative Libertaire, des Amis de la Confédération Paysanne, des Amis de la Terre, d’Ensemble, du NPA, du Mouvement des objecteurs de croissance, de Collectifs contre les gaz de schistes, contre les Grands Projets Inutiles et Imposés, et antinucléaires.

 

6 juin 2014 Posted by | DECROISSANCE, Notre démocratie | , | Laisser un commentaire

la 7ème édition de l’AlterTour se déroulera du 12 juillet au 17 août 2014.


Bonjour,

Nous avons le plaisir de vous annoncer que la 7ème édition de l’AlterTour se déroulera du 12 juillet au 17 août 2014.

Il passera par la Haute-Loire, le Puy-de-Dome, le Cantal, la Corrèze, la Haute-Vienne, la Creuse, la Dordogne, la Charente, la Vienne, les Deux-Sèvres et la Charente-Maritime.

Le thème de cette année est : « Travailler, Pour Qui ? PourQuoi ? »

Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 30 juin 2014 sur le site internet de l’AlterTour :

Accès au parcours
Accès au programme
Accès aux inscriptions
Accès au Recueil des Alternatives de l’AlterTour 2014
Accès aux Flyers et affiches 2014

Aider nous à faire connaître l’AlterTour :

. Parlez-en autour de vous.
. Transférez ce message dans vos réseaux.
. Diffusez des affiches et des flyers lors de vos manifestations, dans vos réseaux…

Le numéro de juin 2014 de la revue S!lence est consacré aux voyages lents et contiendra le recueil des Alternatives rencontrées cette année.

Venez pédaler, goûter à l’autogestion, partager une belle tranche de vie collective dans la simplicité volontaire !
L’AlterTour est un relais solidaire ouvert à tous sans exigence de performance ou de durée (inscription à la journée).

 

5 juin 2014 Posted by | DECROISSANCE | , | Laisser un commentaire

25 LIBROS SOBRE CONSTRUCCION NATURAL


Pour ceux-celles qui sont intéressé-es par la construction naturelle, l’autoconstruction et bâtiment, un cadeau… en espagnol

Creer para Crear

 25 LIBROS SOBRE CONSTRUCCION NATURAL

enero 3, 2014 por maestroviejo

Nave Tierra – Michael Reynolds
Volumen 1: (parte 1: PDF – 6mb) – (parte 2: PDF – 12,9mb)
Volumen 2: (parte 1: PDF – 20mb) – (parte 2: PDF – 24mb)
Volumen 3: (parte 1: PDF – 29,6mb) – (parte 2: PDF – 15,1mb)
Gracias al excelente trabajo de traducción de Nave Tierra MDQ, los libros de Earthship en español.

La Casa Autónoma – Brenda y Robert Vale
RAR – 6,33mb
Libro que aborda todos los aspectos a tener en cuenta para una vivienda autónoma como manejo de aguas, energías y residuos.

Manual del arquitecto descalzo – Johan Van Lengen
PDF – 22mb
Famoso libro sobre autoconstrucción.

Cantos del arquitecto descalzo – Johan Van Lengen
PDF – 62mb
Otro libro de construcción natural del conocido Johan Van Lengen

Manual…

View original post 569 mots de plus

5 juin 2014 Posted by | DECROISSANCE, ebook | , | Un commentaire

Les 12 meilleurs PDF et Ebook gratuits sur le potager


 

 

N.B: ADecroissance n’héberge pas ces fichiers.

Si un lien ne fonctionne pas, merci de nous le dire afin que nous puissions le réactualiser. Bon jardinage!

Vous pouvez suivre Aquitaine Décroissance sur Tweeter

 

19 mai 2014 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, DECROISSANCE, ebook | , , , , , | 70 commentaires

Nos déchets sont des trésors


Dans le cadre de son action d’information et de sensibilisation du public, l’association RepEyre, ressourcerie en Val de l’Eyre, invite les habitants des 5 communes du Val de L’Eyre, et tous les girondins, à une soirée rencontre
NOS DÉCHETS SONT DES TRÉSORS

Venez nombreux découvrir le film Martin Esposito « SUPER TRASH » :

Photo : Dans le cadre de son action d'information et de sensibilisation du public, l'association RepEyre, ressourcerie en Val de l'Eyre,  invite les habitants des 5 communes du Val de L'Eyre, et tous les girondins,  à une soirée rencontre

NOS DÉCHETS SONT DES TRÉSORS

Venez nombreux découvrir le film Martin Esposito "SUPER TRASH" :

SYNOPSIS : "Martin revient sur les lieux de son enfance. Ces lieux sont maintenant ensevelis par unegigantesque décharge à ciel ouvert. Il décide de s'installer et de vivre dans ce monde fait d'ordures et rythmé par le ballet, le va-et-vient incessant des camions et bulldozers qui déchargent et nivellent les déchets. Au fil des mois, il devient le témoin d'un véritable scandale écologique et fait son trou dans ce monde invivable jusqu'à sembler aller vers la folie."

Venez nombreux débattre et apprendre avec :

- Le Collectif Déchets Girondin qui nous présentera la Taxe incitative et la Pesée embarquée, 2 systèmes incitatifs au tri des déchets qui ont fait leurs preuves

- L'entreprise PENA Environnement, gestionnaire de la filière des déchets en Aquitaine et particulièrement en Val de l'Eyre, 
viendra nous présenter la filière de recyclage des ordures ménagères.

www.repeyre.fr

SYNOPSIS : « Martin revient sur les lieux de son enfance. Ces lieux sont maintenant ensevelis par unegigantesque décharge à ciel ouvert. Il décide de s’installer et de vivre dans ce monde fait d’ordures et rythmé par le ballet, le va-et-vient incessant des camions et bulldozers qui déchargent et nivellent les déchets. Au fil des mois, il devient le témoin d’un véritable scandale écologique et fait son trou dans ce monde invivable jusqu’à sembler aller vers la folie. »

Venez nombreux débattre et apprendre avec :

– Le Collectif Déchets Girondin qui nous présentera la Taxe incitative et la Pesée embarquée, 2 systèmes incitatifs au tri des déchets qui ont fait leurs preuves

– L’entreprise PENA Environnement, gestionnaire de la filière des déchets en Aquitaine et particulièrement en Val de l’Eyre,
viendra nous présenter la filière de recyclage des ordures ménagères.

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— à belin-beliet.

14 mai 2014 Posted by | DECROISSANCE | , , , | Laisser un commentaire

Lettre ouverte à M. Alain Juppé sur le Rwanda


Monsieur Alain Juppé,

Nous, habitants de Bordeaux, et citoyens attentifs au respect de la mémoire des victimes du génocide des Tutsi au Rwanda, constatons que depuis 20 ans vous tenez, concernant ce crime, un discours qui entre en contradiction avec la réalité des faits. Il suscite de graves interrogations sur votre rôle à l’époque, ainsi que sur celui de notre État, auxquelles nous vous invitons à répondre.

Vous étiez ministre des affaires étrangères d’avril 1993 à avril 1995. Au cours de cette période, au Rwanda, se mettait en place et se réalisait un génocide : en 1994, il y a 20 ans, plus de 800 000 personnes furent assassinées pour la seule raison que la mention Tutsi figurait sur leurs cartes d’identité. Les forces armées rwandaises (FAR) et les milices civiles réalisèrent les massacres. Ce crime, organisé et rapide, dura 3 mois !

L’État français, jusqu’en 1994, était particulièrement proche des autorités rwandaises. La présence militaire sur place est un des aspects les plus visibles de cette proximité : de 1990 à la fin du génocide, 3 opérations françaises se déployèrent au Rwanda, et il n’y eut que quelques mois au cours desquels notre armée ne fut pas présente en nombre sur le territoire de ce petit pays. Depuis 20 ans, des historiens, des écrivains, des journalistes, des associations, ainsi que des organisations internationales[1], accusent les autorités françaises d’avoir une responsabilité coupable dans la réalisation du génocide, ou d’avoir été complices de celui-ci.

Environ 10 ans après les faits, des responsables politiques français commencèrent à parler « d’erreur criminelle » (B. Kouchner), puis « d’aveuglement » (N. Sarkozy), pour qualifier les décisions prises par notre État à cette époque [2]. Mais votre position est toute autre. Selon vous, la France n’a rien à se reprocher, bien au contraire. Vos arguments sont clairs, vous les développez par exemple sur votre blog, dans un article mis en ligne le 1er mars 2010.

Concernant les accusations dirigées contre vous, vous vous contentez de les balayer d’un revers de la main, au seul motif qu’elles ne seraient « évidemment qu’un tissu d’allégations mensongères ». Mais lorsque vous exposez votre vision des événements, force est de constater que vous omettez et contredisez des faits avérés, afin de produire un discours dédouanant les dirigeants français de toute responsabilité.

Selon vous, M. Juppé, « le gouvernement français a tout fait pour réconcilier le gouvernement du président Habyarimana, légalement élu, et le leader du front patriotique rwandais (FPR) », « bref le processus de paix semblait bien engagé… jusqu’à l’attentat du 6 avril 1994 qui a évidemment ruiné les efforts de la diplomatie française. ».

Vous offrez, en quelques phrases, un vernis démocratique au régime de Juvénal Habyarimana, arrivé en pouvoir en 1973 par un coup d’état, et vous légitimez ainsi l’aide que lui offraient les autorités françaises. Mais vous fermez les yeux sur tous les éléments qui montraient la préparation du génocide : le massacre des Bagogwe en 1991 ; celui des Tutsi dans le Bugesera, dans la région de Kibuye et dans le nord-ouest en 1992 et 1993 ; ainsi que les nombreux rapports, français [3] et internationaux, qui en attestent. Les plus notables, publiés en 1993, sont celui de 4 ONG [4], dont la
FIDH, et celui de la commission des droits de l’Homme de l’ONU [5]. Ils interrogent déjà sur la possibilité de qualifier ces massacres de génocide. Ils démontrent également qu’ils sont encadrés par les autorités administratives et l’armée rwandaise, à une époque où les forces militaires françaises collaborent étroitement avec celles-ci.

Devant la multitude de ces voyants rouges[6], n’aurait-il pas été de votre devoir de dénoncer les crimes du régime et d’appeler à suspendre notre coopération, plutôt que de les camoufler derrière le paravent des accords d’Arusha ?

Ce processus de paix, bien engagé selon vous, était pourtant qualifié par le président Habyarimana de « chiffon de papier »[7]. Pouviez-vous réellement ignorer que l’État français enfreignait ses clauses, notamment en poursuivant les fournitures d’armes au régime raciste de Kigali bien après sa signature définitive (le 04 août 1993) : la Mission des Nations unies pour l’assistance au Rwanda (MINUAR) intercepta, sur l’aéroport de la capitale, une livraison en janvier 1994 [8]; selon Edouard Balladur, la dernière autorisation d’exportation de matériel de guerre date du 6 avril [9]? Enfin, et c’est beaucoup plus grave, Human Rights Watch révèle, après une enquête menée en 1995, qu’au moins 5 livraisons d’armes en provenance de la France et à destination des forces génocidaires ont eu lieu via l’aéroport de Goma, à la frontière zaïroise [10]. Elles s’effectuèrent après le 17 mai, alors que plus personne ne pouvait ignorer qu’un génocide était en cours, et que l’ONU venait de décréter un embargo sur les armes.

Les témoignages qui étayent ces conclusions sont-ils tous, eux aussi, mensongers ? Vous admettiez pourtant, durant le génocide, ne pas connaître les décisions de l’Élysée concernant les ventes d’armes [11]. N’est-ce pas plutôt ces dernières qui ruinèrent les efforts de la diplomatie française, si ces efforts ont existé ? Et l’État français ne doit-il pas se reprocher cette aide aux génocidaires ?

Par ailleurs, vous écrivez : « loin de se taire sur tout ce qui s’est alors passé au Rwanda, le gouvernement français a, par ma voix, solennellement dénoncé le génocide dont des centaines de milliers de Tutsis étaient les victimes. ». C’est vrai, vous avez dénoncé le génocide, et vous étiez le premier responsable politique français à le faire, à un moment où il devenait impossible de nier son existence, et où l’État devait corriger sa position. C’était le 16 mai 1994, cinq semaines après le début des massacres, alors que certains médias français employèrent le mot de génocide dès le 11 avril [12], et que l’ordre d’opération d’Amaryllis [13], daté du 8 avril, mentionnait que « les membres de la garde présidentielle ont mené […] l’arrestation et l’élimination des opposants et des Tutsis ». Les autorités françaises savaient. Elles étaient les mieux placées pour connaître exactement ce qui se passait au Rwanda, bien avant le 16 mai.

Mais quand, devant l’évidence des faits, vous dénoncez les responsables des massacres, c’est pour mieux mentir sur leur chronologie en prétendant, le 18 mai à l’assemblée nationale , qu’ils sont la conséquence d’une nouvelle attaque du FPR [14]. Or le FPR, en 1994, n’est intervenu qu’après le début du génocide15, et il était la seule force sur place à mettre fin à celui-ci. Présenter les choses comme vous le faisiez, n’était-ce pas une manière de détourner les accusations qui visaient ses véritables auteurs ?

De plus, le 16 juin, dans une tribune accordée au journal Libération [16], vous parlez des « responsables de ces génocides » au Rwanda, au pluriel, laissant entendre qu’il y aurait eu un second génocide, commis par une autre partie que vous ne nommez pas. Cette thèse, que plus personne n’ose sérieusement soutenir aujourd’hui, permettait de dédouaner les responsables des tueries, en prétendant qu’ils ne faisaient que se défendre… Vous repreniez ainsi l’argument qu’employaient les génocidaires pour exterminer la population civile Tutsi. Quels éléments pouvaient être suffisants pour vous permettre d’évoquer un second génocide, alors que le rapport de l’ONU d’août 1993 [17] ne vous avait, lui, pas alerté ? Oseriez-vous encore, M. Juppé, laisser entendre qu’en 1994 plusieurs génocides étaient commis au Rwanda ?

Nous l’avons vu, les autorités françaises connaissaient la nature et l’ampleur des massacres, dès le commencement de ceux-ci [18]. Pouviez-vous ignorer qu’un génocide était en cours lorsque vous receviez à Paris, le 27 avril, le ministre des affaires étrangères du gouvernement intérimaire rwandais, ainsi que l’idéologue extrémiste Jean-Bosco Barayagwiza ? Ce dernier est l’un des fondateurs de la RTLM, la radio appelant aux tueries, qui fut un outil fondamental du génocide [19]. Il a été condamné à 32 ans de prison par le Tribunal Pénal International pour le Rwanda. La réception de ces personnes au Quai d’Orsay, mais aussi à l’Élysée et à Matignon, « rendait le génocide respectable », pour employer les mots de l’historienne Alison Des Forges [20]. La Belgique et les USA leur avaient fermé leurs portes, la France fut le seul pays occidental à traiter avec eux.

Cette réception, M. Juppé, vous la taisez. Vous ne pouvez pas même la justifier par une condamnation verbale des responsabilités portées par vos hôtes. Celle-ci n’a pas existé…

Vous écrivez enfin « Ce que je sais, c’est que la communauté internationale a fait preuve d’une passivité, voire d’un « aveuglement » scandaleux. […] le conseil de sécurité a été incapable de prendre la moindre décision… sauf celle de ramener les effectifs de la MINUAR de 2548 à 270 hommes (21 avril 1994) » ; « Devant la carence de la communauté internationale […], la France a été la seule à avoir un sursaut de courage. J’ai longuement expliqué, à l’époque, l’initiative qui a abouti à l’opération Turquoise ».

Là encore, vous contredisez les faits. La France ne s’est nullement opposée à la passivité de la communauté internationale que vous dénoncez. Elle y a participé, en votant la résolution 912 du conseil de sécurité de l’ONU, réduisant l’effectif de la MINUAR à 270 hommes, le 21 avril 1994, 14 jours après le début du génocide. Vous avez vous même déclaré, lors du conseil des ministres restreint du 13 avril 1994, être favorable à la suspension de la MINUAR [21], à un moment où le pire pouvait encore être évité. Ce n’est que dans un second temps, au mois de juin, alors que le génocide touche à sa fin, que l’État français prend la décision d’intervenir. Ce n’est pas un moment anodin : Kigali menace de tomber aux mains du FPR, qui s’oppose militairement aux forces armées rwandaises et stoppe l’extermination des Tutsi.

Faut-il rappeler que l’opération Turquoise, qualifiée d’« humanitaire », était lourdement armée [22] et composée en grande partie de l’élite des forces spéciales [23]? Et que la France a imposé unilatéralement, sans l’accord du conseil de sécurité, une « zone humanitaire sûre » dans laquelle les tueurs ne seront pas désarmés, les responsables ne seront pas arrêtés, et depuis laquelle la RTLM, qui appelait aux massacres, pourra continuer à émettre sans souffrir de tentative de brouillage ni de neutralisation [24]?

Les forces françaises avaient pourtant le devoir d’interrompre le génocide et d’arrêter les coupables, notamment à partir du 28 juin, date de sa reconnaissance par l’ONU : la France est signataire de la Convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide, et l’opération « humanitaire », placée dans le cadre du chapitre VII [25] de la charte de l’ONU, pouvait recourir à « tous les moyens nécessaires pour atteindre les objectifs humanitaires énoncés » [26]. Mais les objectifs militaires sur place étaient tout autre, comme en témoignent des propos d’officiers [27], ainsi que l’ordre d’opération de Turquoise appelant à inciter les autorités locales à rétablir leur autorité [28]. Il s’agit bien ici des autorités qui ordonnaient et organisaient le génocide !

Si l’opération Turquoise a permis par endroits de sauver des vies, elle a ailleurs, comme à Bisesero, du 27 au 30 juin, laissé les tueurs finir librement leur besogne [29]. Elle a créé un véritable sanctuaire, défendu militairement, dans lequel les responsables du génocide ne pouvaient être inquiétés, puis elle a organisé leur fuite vers le Zaïre [30].

Continuez-vous à prétendre, M. Juppé, contre l’évidence des faits, que l’État français s’est opposé à la passivité de l’ONU devant le génocide des Tutsi ? Et que l’opération Turquoise n’était qu’une opération humanitaire, dont le but était de lutter contre ce génocide ?

Aux premiers jours du génocide, les extrémistes hutu se retrouvaient à l’ambassade de France. Les discussions devant aboutir à la formation du gouvernement génocidaire s’y tinrent en partie, avec la participation de l’ambassadeur J.-M. Marlaud, donc sous votre responsabilité directe [31]. Durant la même période, tout près de l’ambassade, Madame Agathe Uwilingiyimana, première ministre dite hutu modérée, favorable aux accords de paix, se faisait assassiner, comme beaucoup des responsables politiques partageant ses opinions. Vous n’avez jamais eu un mot pour dénoncer ces assassinats ! Mais vous avez traité, comme nous l’avons vu, avec le gouvernement génocidaire, le reconnaissant de fait et lui offrant la caution de la France.

En 1998, lors de votre audition par la mission d’information parlementaire, vous avez évoqué ces faits par un euphémisme particulièrement surprenant, parlant du « départ des hutus modérés » [32]. Plus qu’une maladresse, n’était-ce pas là, encore une fois, une manière de dédouaner les criminels avec qui vous traitiez, et de refaire le passé ?

Vingt ans après, alors que notre justice vient pour la première fois de juger, et de déclarer coupable de génocide, un Rwandais séjournant en France, n’est-il pas grandement temps d’oser regarder le passé en face? Nous souhaitons que l’État qui nous représente ait la dignité de reconnaître ses erreurs. C’est la seule attitude qui puisse nous paraître respectable, aujourd’hui, devant la souffrance immense générée par le génocide des Tutsi.

Le mandat que vous aviez à l’époque, les décisions que vous avez prises, la manière dont vous les avez défendues jusqu’à présent, font de vous un acteur majeur de la politique française au Rwanda. Les mensonges de ceux qui nous gouvernaient en 1994, concernant l’aide fournie à la réalisation du génocide des Tutsi, nous concernent au plus haut point. Votre discours, qui entre en contradiction avec les faits avérés, pourrait être qualifié de révisionniste. Il nous paraît inacceptable qu’un homme tenant des propos sur un génocide visant à tromper ses concitoyens puisse représenter la population bordelaise. C’est également notre dignité qui est en jeu ! Nous vous invitons donc, encore une fois, à répondre avec clarté et honnêteté aux questions que nous vous posons.

Signataires :
AUBRY Patrick, réalisateur, Pessac
BOURREAU Pierre, chercheur en informatique, Bordeaux
CATTIER Emmanuel, Commission d’Enquête Citoyenne pour la vérité sur l’implication française
dans le génocide des Tutsi
CLARKE Bruce, plasticien
COURTOUX Sharon, membre fondateur de l’association Survie
DELTOMBE Thomas, éditeur et journaliste
DIA Thierno I., analyste de l’image, Bordeaux
DIOP Boubacar Boris, écrivain
FANON MENDES FRANCE Mireille, membre de la Fondation Frantz Fanon
GALABERT Jean-Luc, psychologue
GAUTHIER Alain, président du CPCR
GODARD Marie Odile, maître de conférences en psychologie à Amiens
GOUTEUX Bruno, journaliste et webmaster
GRANDCHAMP Simon, ingénieur, Bordeaux
GRENIER Etienne, avocat, Bordeaux
HANNA Gilbert, syndicaliste et journaliste à la clé des ondes, Bordeaux
KAYIMAHE Vénuste (rwandais et rescapé, écrivain, employé au Centre d’échanges culturels
franco-rwandais à Kigali de 1975 à 2000)
LAINÉ Anne, cinéaste, présidente d’Appui Rwanda
DE LA PRADELLE Géraud, professeur émérite
LE COUR GRANDMAISON Olivier, universitaire
LEMOINE Benoît, président de Survie Gironde, Bordeaux
MABON Armelle, historienne
MESTRE Claire, médecin et anthropologue, Bordeaux
MOREL Jacques, auteur de La France au cœur du génocide des Tutsi
MUGICA Romain, psychologue, Gradignan
MUKANTABANA Adélaïde, Rwandaise et rescapée, Bègles
NDIAYE Abdourahmane, économiste, Bordeaux
NONORGUES Marie-Paule, avocate, Bordeaux
LES OGRES DE BARBACK, artistes
OUEDRAOGO Dragoss, anthropologue, cinéaste, réalisateur, Bordeaux
PETITDEMANGE Cécile, étudiante à Sciences Po Bordeaux
ROBERT Nicolas, infirmier, Bordeaux
DE SAINT-EXUPÉRY Patrick, auteur de L’inavouable, la France au Rwanda (Ed. des Arènes,
2004), Complices de l’inavouable, la France au Rwanda (Ed. des Arènes, 2009), La fantaisie des
Dieux, Rwanda 94 (Récit graphique en bd, avec Hippolyte, Ed. des Arenes, 2014)
SITBON Michel, éditeur et journaliste
SOW Cheikh, militant d’éducation populaire, Bordeaux
TARRIT Fabrice, président de Survie
TOBNER Odile, ancienne présidente de Survie
TOULABOR Comi, directeur de recherche à Sciences Po Bordeaux
TRYO, artistes

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1. Parmis lesquels : Marcel Kabanda, Jean-Pierre Chrétien, Alison Des Forges, Gérard Prunier, Catherine Coquery-Vidrovitch (historiens), Colette Braeckman, Patrick de Saint-Exupéry, Jean-François Dupaquier, Laure de Vulpian (journalistes), Boubacar Boris Diop, Jacques Morel (écrivains), FIDH, Human Rights Watch, Survie, etc.↩

2. Auparavant les USA, par les voix de B. Clinton et M. Albright, ont reconnu leurs erreurs et présenté des excuses, le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan a exprimé ses regrets, le Premier ministre belge G. Verhofstadt a déclaré «au nom de mon pays et de mon peuple, je demande pardon ».↩

3. Par exemple l’ambassadeur français à Kigali Georges Martres adresse, le 15 octobre 1990, au Quai d’Orsay un télégramme où il utilise les termes de « génocide » et d’« élimination totale des Tutsi » :  » [la population rwandaise d’origine tutsi] compte encore sur une victoire militaire, grâce à l’appui en hommes et en moyens venus de la diaspora. Cette victoire militaire, même partielle, lui permettrait, d’échapper au génocide. » En 1998, G. Martres déclare à la Mission d’Information Parlementaire : « Le génocide était prévisible dès cette époque [fin 1990] ». L’attaché de défense à Kigali, le colonel R. Galinié, écrit dans un message envoyé à Paris le 24 octobre 1990 l’éventualité de « l’élimination physique à l’intérieur du pays desTutsis, 500 000 à 700 000 personnes, par les Hutus, 7 millions d’individus… »↩

4. Rapport de la Commission internationale d’enquête sur les violations des Droits de l’homme au Rwanda depuis le 1er octobre 1990 ; (7-21 janvier 1993) réalisé par la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (Paris ), Africa Watch (une division de Human Rights Watch, New York ), l’Union Inter-Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, (Ouagadougou ), le Centre International des Droits de la Personne etdu Développement Démocratique (Montréal). Mars 1993. Dans ses conclusions, la Commission aborde directement la question du génocide : « Les témoignages prouvent que l’on a tué un grand nombre de personnes pour la seule raison qu’elles étaient Tutsi. La question reste de savoir si la désignation du groupe ethnique “Tutsi” comme cible à détruire relève d’une véritable intention, au sens de la Convention, de détruire ce groupe ou une part de celui-ci “comme tel. […] La Commission estime que, quoi qu’il en soit des qualifications juridiques, la réalité est tragiquement identique : de nombreux Tutsis, pour la seule raison qu’ils appartiennent à ce groupe, sont morts, disparus ou gravement blessés et mutilés ; ont été privés de leurs biens ; ont dû fuir leur lieu de vie et sont contraints de se cacher ; les survivants vivent dans laterreur. » http://cec.rwanda.free.fr/documents/doc/RapportMars93/ComIntMars93.pdf J. Carbonare, l’un des membres de cette commission déclare le 28 janvier 1993 au journal de 20h de France 2 : « Ce qui nous a beaucoup frappé au Rwanda, c’est à la fois l’ampleur, la systématisation, l’organisation même, de ces massacres. […] Il y a un mécanisme qui se met en route […] On a parlé de purification ethnique, de génocide, de crimes contre l’humanité […] nous insistons beaucoup sur ces mots ». Vidéo visible ici : http://survie.org/genocide/il-y-a-vingt-ans/article/il-y-a-20-ans-le-genocide-des↩

5. Rapport présenté par M. Waly Bacre Ndiaye, rapporteur spécial, sur la mission qu’il a effectué au Rwanda du 8 au 17 avril 1993. Août 1993. Le Rapporteur Spécial de l’ONU soulève explicitement la question de savoir si les massacres peuvent être qualifiés de génocide : « Il ressort très clairement des cas de violences intercommunautaires portés à l’attention du Rapporteur spécial que les victimes des attaques, des Tutsi dans l’écrasante majorité des cas, ont été désignés comme cible uniquement à cause de leur appartenance ethnique, et pour aucune autre raison objective. On pourrait donc considérer que les alinéas a) et b) de l’article II [qui porte définition du génocide dans la convention de 1948] sont susceptibles de s’appliquer […] » http://survie.org/IMG/pdf/rapport-Bacre-Ndiaye-Rwanda-1993.pdf↩

6. Auxquels s’ajoutent : l’article de l’historien J.-P. Chrétien dénonçant en mars 1993 dans la revue Esprit « un dévoiement tragique vers un génocide », le fax du général R. Dallaire (MINUAR) du 11 janvier 1994, transmis le lendemain à l’ambassade de France, et démontrant la préparation des massacres. ↩

7. Alison Des Forges, Aucun témoin ne doit survivre. Le génocide au Rwanda. Karthala, Human Rights Watch, Fédération internationale des Droits de l’homme, avril 1999. ↩

8. La France a livré des armes dans la nuit du 21 au 22 janvier 1994 : « Un DC-8 français transportant un chargement d’armes comprenant 90 caisses de mortiers de 60 mm, fabriqués en Belgique mais provenant de France, atterrit en secret dans la nuit. La MINUAR découvrit ce chargement qui violait les termes des accords d’Arusha, et plaça les armes sous la garde conjointe de la MINUAR et de l’armée rwandaise. » (Alison Des Forges, cf. note 7). La mission d’information parlementaire relève que «le dernier agrément délivré par la CIEEMG [Commission interministérielle d’étude des exportations de matériel de guerre, à laquelle participe le ministère des affaires étrangères] concernant des ventes de matériels de guerre au Rwanda remonte au 20 janvier 1994 ». Elle relève également 6 Autorisations d’Exportation de Matériels de Guerre en 1994, dont une de 50 mitrailleuses en date du 22 avril ! Ce sont 6 livraisons d’armes officielles en violation des accords de paix. ↩

9. Edouard Balladur, L’opération Turquoise : courage et dignité, Le Figaro, 23 août 2004. ↩

10. Rapport HRW, Rwanda/Zaire, Réarmement dans l’impunité. Le soutien international aux perpétrateurs du génocide rwandais, mai 1995 : « Certaines livraisons d’armes à Goma parmi les premières après le 17 mai étaient des envois du gouvernement français pour les FAR.  » et plus loin :  » le consul français [en réalité officiellement pro-consul] a signalé d’autres livraisons d’armes à l’aéroport de Goma pour les FAR de mai à juillet, provenant d’autres sources que le gouvernement français. ([…] Il a ajouté […] qu’elles pourraient provenir de marchands d’armes français opérant à titre privé. Les ventes d’armes, même par des sociétés privées, doivent être autorisées par le gouvernement français.) » ↩

11. Le 12 juin 1994, le président et la directrice des opérations de MSF, P. Biberson et B. Vasset, rencontrent A. Juppé et lui demandent : « On dit qu’il y a des livraisons d’armes au gouvernement rwandais ou au gouvernement intérimaire ou au gouvernement en fuite, est-ce qu’il est exact que la France continue des livraisons d’armes à Goma ? » A. Juppé répond : « Écoutez, tout ça c’est très confus, il y avait effectivement des accords de coopération ou de défense avec le gouvernement, il y a peut-être eu des reliquats, mais en ce qui concerne mes services, je peux vous dire que depuis fin mai il n’y a certainement plus aucune livraison d’armes au régime Habyarimana” » Mais en même temps, il dit en regardant de l’autre côté de la Seine, donc vers l’Élysée : « Mais ce qui peut se passer là-bas, moi je n’en sais rien. » L. Binet, Génocide des Rwandais Tutsis, Médecins sans Frontières, 2003 ↩

12. Le 11 avril 1994 J.-P. Ceppi parle dans Libération du « génocide des Tutsis de Kigali » et M. Mukabamano, journaliste à RFI, déclare au Parisien : « C’est un véritable génocide » ; le 19 avril Human Rights Watch informe le président du Conseil de sécurité que les massacres en cours au Rwanda constituent « un génocide » ; le 24 avril L’ONG Oxfam parle de « génocide », etc. ↩

13. Lors de l’opération Amaryllis du 9 au 14 avril, 1 464 militaires français du 1er, 3e, 8e RPIMa et du COS, évacuent exclusivement les ressortissants européens et des extrémistes Hutus. Les militaires ont reçu l’ordre de ne pas réagir aux massacres. L’historien Gérard Prunier écrit : « quelques Tutsi réussissent à embarquer à bord de camions en route pour l’aéroport : ils doivent descendre des véhicules au premier barrage de la milice et ils sont massacrés sous les yeux de soldats français ou belges qui, conformément aux ordres, ne réagissent pas. ». Le rapport de la Mission d’information parlementaire française de 1998 conclus : « Il semble donc […] que le traitement accordé à l’entourage de la famille Habyarimana ait été beaucoup plus favorable que celui réservé aux employés tutsis dans les postes de la représentation française – ambassade, centre culturel, Mission de coopération » ↩

14. « Face à l’offensive du front patriotique rwandais, les troupes gouvernementales rwandaises se sont livrées à l’élimination systématique de la population tutsie, ce qui a entraîné la généralisation des massacres. ». SECONDE SESSION ORDINAIRE DE 1993-1994 (4e SÉANCE) COMPTE RENDU INTÉGRAL , 2° séance du mercredi 18 mai 1994 . JO de la République Française, débats parlementaires, assemblée nationale, 19 mai 1994. ↩

15. Audition du Colonel Balis (MINUAR) : « Le 7 avril, vers 9 h 30 m et 11 h 30 m, j’ai pu convaincre le FPR de rester dans son cantonnement, mais une colonne du FPR est malgré tout sortie vers 16 h 30 m. Ils ont alors créé une zone de sécurité. » Sénat de Belgique – commission des affaires étrangères : Commission d’enquête parlementaire concernant les événements du Rwanda 1-611/(7-15) 1997/1998. Sénat belge, 6 décembre 1997. ↩

16. A. Juppé, « Point de vue » Intervenir au Rwanda, Libération, 16 juin 1994 : « La France n’aura aucune complaisance à l’égard des assassins ou de leurs commanditaires. La France, seul pays occidental représenté au niveau ministériel à la session extraordinaire de la Commission des droits de l’homme à Genève, exige que les responsables de ces génocides soient jugés ». ↩

17. Voir note 5. ↩

18. Voir notes 6 et 13.↩

19. On pouvait y entendre, entre autres appels aux massacres : « bonjour, je suis un petit garçon de huit ans. est-ce que je suis assez grand pour tuer un tutsi ? Réponse de l’animateur : comme c’est mignon ! Tout le monde peut le faire, tu sais. » J.-P. Chrétien, Rwanda, les médias du génocide. Ed. Karthala, 2002. ↩

20. Voir note 7.↩

21. A. Juppé : « Aux Nations-Unies, le Secrétaire général doit rendre demain son rapport. Trois solutions sont envisageables : le maintien de la MINUAR, sa suspension avec le maintien éventuel d’un contingent symbolique ou un retrait total. Les Belges sont favorables à une suspension et c’est aussi mon avis. » Conseil restreint du 13 avril 1994. Document disponible ici : http://www.francerwandagenocide.org/documents/ConseilRestreint13avril1994.pdf

22. Figurent sur la liste officielle déclarée à l’ONU : 8 avions Mirage, 12 automitrailleuses, 6 mortiers lourds. Auxquels s’ajoutent des avions Mirage IV-P, des hélicoptères de combat Gazelle , etc. G. Prunier, conseiller au ministère de la Défense en 1994, écrit : « la puissance de feu prévue par les forces françaises semble disproportionnée pour une mission humanitaire », Rwanda : le génocide. Dagorno, 1997. ↩

23. Turquoise est composée notamment d’officiers et soldats : du Commandement des Opérations Spéciales (qui réunit des spécialistes de l’action et du renseignement sous l’autorité directe du chef d’état-major des armées), du 1er régiment de parachutistes d’infanterie de marine (forces spéciales), du GIGN et de L’EPIGN (Escadron parachutiste de la gendarmerie nationale) , du 3e Régiment d’infanterie et de chars de marine (RICM) , du 11e Régiment d’artillerie de marine), de la Légion étrangère , du 2e Régiment étranger d’infanterie, du commando de marine , de spécialistes des opérations en « zone hostile » du 13e Régiment de Dragons Parachutistes. ↩

24. La résolution 925 du 8 juin du Conseil de sécurité exige : « que toutes les parties mettent fin immédiatement à toute incitation à la violence ou à la haine ethnique, en particulier par le biais des moyens d’information ». On peut lire le 28 juin dans le rapport de la Commission des Droits de l’homme de l’ONU que «l’intention claire et non équivoque» de commettre le génocide «se trouve bien contenue dans les appels incessants au meurtre lancés par les médias, en particulier la RTLM». Le 1er Juillet, le représentant de la France à l’ONU parle de faire cesser ces émissions : « Je voudrais insister avant de conclure sur la responsabilité particulière des médias qui incitent à la haine ethnique et à la violence. La France demande instamment aux responsables des radios concernées, et en premier lieu à la Radio Mille Collines, de mettre fin à cette propagande criminelle. La France fera tout son possible pour obtenir la cessation de ces émissions. » Mais selon le général R. Dallaire, la RTLM émet encore le 1er août en direction des camps. ↩

25. Il est important de noter que le 20 juin le représentant de la France à l’ONU fait la demande explicite d’une intervention sous chapitre VII autorisant, contrairement à la MINUAR, l’usage de la force : « nos gouvernements souhaitent disposer, comme cadre juridique de leur intervention, d’une résolution placée sous le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies ». Lettre datée du 20 juin 1994, adressée au secrétaire général par le représentant permanent de la France auprès de l’organisation des nations unies. http://www.francerwandagenocide.org/documents/S1994-734.pdf

26. ONU, S/RES/929 (1994). http://www.francerwandagenocide.org/documents/94s929.pdf On peut lire également dans l’ordre d’opérations de Turquoise (voir note 28) « mettre fin aux massacres partout où cela sera possible, éventuellement en utilisant la force » ; « tout en étant en mesure d’intervenir à tout moment, éventuellement par la force, au profit de la population menacée » ; « marquer si nécessaire par l’usage de la force la volonté française de faire cesser les massacres et de protéger les populations » ; « la légitime défense élargie comporte l’emploi de la force dans les situations suivantes : – menaces sur nos forces, – menaces dans la mission de protection des personnes, soit contre nos forces, soit contre les populations protégées, – obstruction dans l’exécution de la mission de nos forces » ↩

27. L’adjudant-chef du GIGN T. Prungnaud explique que « la mission, au départ, c’était d’intervenir sur des massacres soi-disant de Hutu qui seraient massacrés par des Tutsi » (voir note 29) ; le colonel D. Tauzin déclare dans The Guardian du 01 juillet 1994 : « Nous ne sommes pas en guerre avec le gouvernement du Rwanda ou ses forces armées. Ce sont des organisations légitimes.» ; Le général R. Dallaire (MINUAR) déjeune le 30 juin avec des officiers français et rapporte ce qu’il a entendu : « Ils refusaient d’accepter l’existence d’un génocide et le fait que les dirigeants extrémistes, les responsables et certains de leurs anciens collègues fassent partie d’une même clique. Ils ne cachaient pas leur désir de combattre le FPR » R. Dallaire, J’ai serré la main du diable – La faillite de l’humanité au Rwanda. Libre expression, 2003. ↩

28. « Affirmer auprès des autorités locales rwandaises, civiles et militaires, notre neutralité et notre détermination à faire cesser les massacres sur l’ensemble de la zone contrôlée par les forces armées rwandaises en les incitant à rétablir leur autorité ». On peut y lire également que « plusieurs centaines de milliers de personnes d’ethnies hutue et tutsie ont été exterminées ». Ordre d’opérations de Turquoise, 22 juin 1994. Document consultable à l’adresse : http://jacques.morel67.pagesperso-orange.fr/a/turquoise-ordreop.pdf↩

29. P. de Saint-Exupéry, L’inavouable – La France au Rwanda. Les Arènes, 2004. L. de Vulpian et T. Prungnaud, Silence Turquoise. Don Quichotte, 2012. ↩

30. Le mensuel de la Légion étrangère, Képi Blanc, d’octobre 1994 confirme que : « Battue sur le terrain, l’armée ruandaise se replie, en désordre, vers la « zone humanitaire sûre ». L’E.M.T. [l’état-major tactique de l’opération Turquoise] provoque et organise l’évacuation du gouvernement de transition rwandais vers le Zaïre. Le 17 juillet, le gouvernement ruandais passe au Zaïre. ». ↩

31. Auditions de l’ambassadeur Jean-Michel Marlaud par la Mission d’Information Parlementaire, Enquête sur la tragédie rwandaise 1990-1994 [140, Tome III, Auditions, Vol. 1, pp. 296-297]. ↩

32. Auditions d’Alain Juppé par la Mission d’Information Parlementaire, 21 avril 1998, Enquête sur la tragédie rwandaise 1990-1994 [140, Tome III, Auditions, vol. 1, p.91]. ↩

14 avril 2014 Posted by | Non classé | | 2 commentaires

Valls cible les écologistes radicaux.


Pour Valls, des groupes contestataires environnementalistes sont une « menace » pour la démocratie.

  Le ministre Manuel Valls a adressé, le 21 mars 2014 aux
  directeurs généraux de la police nationale et de la gendarmerie
  nationale et aux préfets, une instruction sur la réforme du
  renseignement territorial. Elle vise entre autres « certains groupes
  contestataires animalistes et environnementalistes » chez qui sont
  observées des « pratiques violentes ». Ces groupes font partie des
  « principales menaces dirigées contre une démocratie comme la nôtre et
  contre l’intégrité des institutions qui la font vivre », avec
  « l’ultra-gauche », « l’ultra-droite » ou encore certaines « minorités
  radicales qui entendent contester les institutions républicaines ».
 
  La réforme du renseignement territorial doit permettre de mieux lutter
  contre « certains groupes contestataires animalistes et
  environnementalistes » chez qui sont observées des « pratiques violentes »,
  indique Manuel Valls dans une circulaire du 21 mars qu’AEF s’est
  procurée vendredi 27 mars. Déjà en 2013, un rapport de Jean-Jacques
  Urvoas (PS, Finistère), fait au nom de la commission d’enquête sur le
  fonctionnement des services de renseignement français dans le suivi et
  la surveillance des mouvements radicaux armés, avait jugé que la France
  était « confronté [e] à la radicalisation de groupuscules qui mêlent
  revendications politiques, identitaires ou environnementalistes ».

  UNE « ÉCOLOGIE RADICALE », « S’INSPIRANT DES COURANTS ANGLO-SAXONS » ?
 
  Le député, par ailleurs président de la commission des lois, évoquait
  comme une « source d’inquiétude » « l’écologie radicale » « inspirée par des
  courants anglo-saxons particulièrement virulents comme le front de
   libération des animaux (Aminal liberation front) et le front pour la
  libération de la terre (Earth liberation front) ». Elle « pourrait
  également susciter des actions violentes par imitation des autres formes
  de subversion », avait-il écrit. « Les groupes d’ultra-gauche cherchent
  désormais à étendre leur discours contestataire à des causes connexes et
  à établir des liens avec la cause écologiste (actions communes lors des
  sommets mondiaux sur le climat, contre les convois nucléaires, camp de
  Notre-Dame-des-Landes, actions contre la ligne très haute tension
  Cotentin-Maine). »

  « Le 5 novembre 2012, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a ainsi
  souhaité une coopération internationale plus forte face ‘aux formes de
  violence provenant de l’ultra-gauche, de mouvements d’anarchistes ou
  d’autonomes’ en évoquant ‘des groupes violents’ gravitant autour de
  projets comme la ligne ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin »,
  illustre encore le rapport.

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source > http://www.aef.info/depeche/f8bbcca0-bd9a-4d05-941e-97433de9dcd6/115113/980bc5d944027e73820645ea6abc1314
Par Claire Avignon

11 avril 2014 Posted by | Désobéissance civile | , | 9 commentaires

Légumes vivaces en maraîchage bio : une approche permaculturelle


Prise de Terre

Voici le résumé d’une formation que j’ai donné au Groupement Régional d’Agriculture Biologique (GRAB) de Haute-Normandie.

Suite à mon article « tour d’horizon des légumes perpétuels et vivaces« , j’ai eu beaucoup de questions et de demandes d’approfondissements. Cette modeste formation tente donc d’aller plus loin en proposant des pistes de réflexions pour intégrer des productions pérennes en maraîchage biologique, par une approche permaculturelle.

J’ai réalisé également des fiches de culture de 15 légumes vivaces, depuis les plus connus aux plus exotiques que je laisse en téléchargement libre à la fin de l’article.

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8 avril 2014 Posted by | Non classé | Un commentaire

Journée internationale sans viande


Viande? Non merci. Pour adopter un régime sans cruauté envers les animaux et aux multiples avantages.

La journée internationale sans viande existe depuis 1985.Elle a une origine américaine puisque promulguée par l’association FARM qui milite pour une alimentation sans viande et se propose de lutter pour le respect des animaux, la préservation de la planète et l’amélioration de la santé humaine.Ses actions sont relayées en France par International campaigns, qui n’est autre que la plate-forme militante contre la vivisection et pour les droits des animaux.

Droits des animaux

En France, chaque jour, plus de 3 millions d’animaux, soit plus d’un milliard par ansont abattus pour la consommation humaine. Soit environ 65 milliards par an à travers le monde. Êtres sensibles, tous ces animaux réduits à l’état de marchandise sont drogués et élevés dans des conditions concentrationnaires avant d’être transportés  vers l’abattoir .

Santé

La viande favorise  le diabète, l’obésité, certains cancers et les infarctus. La consommation de produits animaux n’est non seulement pas nécessaire, mais bien souvent à éviter. Rappelons que le désormais fameux rapport de l’Association Américaine de Diététique (ADA), la plus grande association de nutritionnistes avec près de 72 000 membres, approuve que « les alimentations végétariennes bien conçues (y compris végétaliennes) sont bonnes pour la santé, adéquates sur le plan nutritionnel et peuvent être bénéfiques pour la prévention et le traitement de certaines maladies« .

Écologie

   l’élevage est responsable de la plus importante émission de gaz à effet de serre dans le monde.          

Un bœuf « fournira » 1500 repas alors que les céréales consommées durant sa courte vie auraient pu en fournir 18000.

Pour  1 kg de bœuf, 7 à 10 kg de céréales sont utilisés ainsi que 15 500 litres d’eau .

à visiter :

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:

20 mars 2014 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME | , , , | 4 commentaires

Communiqué de presse du Réseau euro-maghrébin contre le gaz et le pétrole non-conventionnels et l‘extractivisme


BASTA!GAZ ALES

Unis pour dénoncer en Europe et au Maghreb le développement des énergies fossiles extrêmes dangereuses pour le climat, l’environnement et la santé publique et anti-démocratiques, les participants de la rencontre Euro-Maghreb ont publié un communiqué de presse à l´issue de cette réunion qui s´est déroulée les 7,8 et 9 mars à Saint Christol lez Alès dans le Gard (France)

Télécharger le communiqué de presse CP euromaghr network_NON hydrocarbnon conv_12 03 14

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13 mars 2014 Posted by | Non classé | Laisser un commentaire

Vers un monde post-extractiviste, le 5 Mars Journée de soutien pour le #Yasuni.


Pour un monde post-extractiviste , journée de soutien au Parc national  Yasuni en Équateur mis en danger par notre appétit de pétrole.

Le parc Yasuni en Équateur est certainement l’endroit du monde où la diversité biologique est la plus grande.

Chaque hectare contient trois fois plus d’espèces que dans la totalité des États Unis US et du Canada réunis .

Les premières études faites dans la zone de l’Añangu, notamment par l’Université du Texas, ont montré une richesse écologique très élevée pour les plantes (bien que sans atteindre, pour les arbres, certains records enregistrés dans d’autres forêts tropicales de plaine ), les amphibiens (environ 150 espèces, soit plus que dans toute l’Europe ou aux États-Unis et Canada réunis) et les insectes (100 000 espèces). Cette région est peuplée de groupes indigènes qui vivent sur leurs territoires .

Pour du pétrole cet endroit à la plus grande biodiversité du monde est en danger

Pour du pétrole cet endroit à la plus grande biodiversité du monde est en danger

Malheureusement, environ un cinquième des ressources supposées en pétrole de l’Équateur repose dans le sous-sol du parc Yasuni.

En 2007, à la tribune de l’ONU, le président Correa faisait une proposition « écosocialiste »  à la communauté internationale afin de préserver la forêt amazonienne: le projet ITT YAsuni qui entendait mettre les pays du  Nord , gros consommateurs d’énergie fossile face à leurs responsabilités environnementales planétaires.

La moitié de la valeur du pétrole devait être reversée à l’Équateur qui s’engageait à ne pas l’extraire.(soit 3,6 milliards de dollars)

Les levés de fonds insuffisantes , le président Correa avait fini par déclarer mi Aout 2013 , la fin de l’initiative ITT Yasuni et donc l’autorisation d’extraction du pétrole dans cette zone extrêmement fragile . Cependant, la Constitution, interdit lextraction des ressources non renouvelables dans les zones protégées. De plus les populations locales bénéficient d’une reconnaissance de leur territoire. Une  campagne pour un referendum a lieu en ce moment en Équateur , menée par tous les opposants à ce projet écocide dont Alberto Acosta , économiste , ex-president de l’Assemblée Constituante et ex-ministre de l’énergie et des mines de l’Équateur.

La totalité des réserves de pétroles de ce site protégé , lieu d’une extraordinaire biodiversité ne fournirait au final que l’équivalent de 10 jours de consommation mondiale…

En proposant une solution  environnementale à l’échelon global et en mettant les pays riches et consommateurs face à leurs responsabilités , l’Équateur est devenu une voie de la lutte contre le réchauffement climatique…

Soutenons les initiatives du 5 Mars Journée pour le Yasuni en tweetant #yasuni et #yasuniToFirmoPorTi

parc national du Yasuni

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Pour en savoir plus :

4 mars 2014 Posted by | DECROISSANCE, ENERGIE | , , , , | 4 commentaires

Notre-Dame-des-Landes : les casseurs et les casseuses sont nos enfants !


Notre-Dame-des-Landes: les casseurs et les casseuses sont nos enfants !

Non, nous ne crierons pas avec les moutons qu’il y avait ce jour là à Nantes des bons manifestants (Pcf*, eelv, FG) les familles paisibles et « bon enfant » et les mauvais, les casseurs , les black bloc ou l’ultra gauche et bien sûr que non ces quelques vitrines cassées ne discréditent pas le mouvement.

Les occupants de la première heure (avant que les verts et autre partis en campagne qui ne s’intéressent à ce levier dans le cadre de  leur course au pouvoir) ont déjà eu affaire à la violence des policiers et on vu se faire détruire de nombreuses cabanes et maisons d’habitation au cours de l’occupation de cette zone à défendre. La violence est bien de ce coté là. Le pouvoir politique qui utilise cette ZAD à des fins électorales (distribuer des grands chantiers aux amis , cristalliser une opposition sur un point…)

Non, nous ne cracherons pas sur ces jeunes qui sont l’âme du mouvement et qui pratiquent une résistance active et courageuse!

 » Allons nous encore obéir, ou allons-nous être révoltés, et du coup désobéir, ce qui amènera forcément aux affrontements et à la violence » Milou

La pensée unique à réussi à déplacer le débat sur : faut-il dénoncer ces violences?

Et tous les acteurs suivent , la presse et les politicienNEs professionnelLEs évidement, mais également certainEs opposantEs à nddl.

Face à la force brute de l’État quelle résistance ?

Les seuls casseurs à Nantes ne sont-ils pas Vinci et Valls?

La violence n’est pas dans la destruction d’un bulldozer (mon dieu la propriété prive pour les uns , mon dieu l’outil de production  pour d’autres encore.) mais bien dans les destructions futures que réaliserons (violemment) ces bulldozers de tout un eco système fragile.

Où est-il écrit qu’il faut que dans une manif de résistance à un projet anti-démocratique la bonne humeur règne, que l’ambiance soit festive et bon enfant? Il est scandaleux de voir « les biens pensants » s’offusquer et tenter de différencier leur lutte de celle des jeunes qui renvoient ( en prenant de gros risques) aux policiers leurs propres grenades lacrymogène, qui se prennent des coups et des grenades et des balles caoutchouc .

La manif a-t-elle « dégénérée »?

L’Ukraine , dernier exemple de soulèvement, montre bien, une fois de plus que les détenteurs du « pouvoir » sont près à toutes les violences pour conserver leur « légitimité » et qu’il ne peut y avoir de changement sans résistance physique.

Mais ils ont cassés des vitrines, quand même!!!

Non, on ne va pas pleurer les vitrines de Vinci (véritable pompe à argent publique), il n’y a aucune communes mesures entre dégrader un symbole de violence (violence écologique, économique, démocratique) et la violence des destructions écologiques réelles programmées .

Messieurs , Dames les pro de la politique, les jeunes « casseurs » , ce sont nos frères et sœurs, nos fils et filles et leur engagement est sincère autant que celui de nos pères et mères qui, peut-être, manifestaient dans le cortège « officiel ».

La violence policière est-elle légitime?

Oui parlons en:

Témoignage de l’équipe médicale:

« Comme équipe medic on a vu une cinquantaine de blessés, dont 13 blessures au visage par flashball : 4 hématomes à l’œil, 2 arcades ouvertes, hémorragies faciale, saignement à l’oreille, fracture du nez, plusieurs blessures au crane . Aussi plusieurs impacts de flashball au thorax, jambes, un doigt cassé . Aussi 2 personnes avec des brulures par gaz poivrée, 3 désorientées par grenades assourdissantes et des coups de bâtons. Un enfant de 4 ans en état de choc suite à tir de grenade. Au moins 4 pris en charge par les pompiers. + le journaliste de Rennes Tv blessé par éclats de grenade dans les jambes : http://www.rennestv.fr/catalogue/info/un-journaliste-de-rennestv-blesse-par-des-eclats-de-grenade-assourdissante-a-nantes.html »

Dans le cadre de son utilisation par les forces de l’ordre, le LBD (flash ball) a déjà causé des blessures irréparables : une personne est décédée et au moins treize autres ont perdu l’usage d’un œil en France depuis 2004, après avoir été touchées au visage par un tir de LBD.

Une arme critiquée

Plusieurs groupes de défense des droits de l’homme, dont, notamment, et surtout Amnesty International, ont exprimé leur crainte que le déploiement d’armes de ce type n’amène une augmentation des violences policières.

Une proposition de loi a été enregistrée le 29 mai 2012 visant à interdire cette arme.

De plus la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) apporte une précision importante :  » Compte tenu d’une part de l’imprécision des trajectoires de tirs de flash-ball qui rendent inutiles les conseils d’utilisation théoriques et, d’autre part, de la gravité comme de l’irréversibilité des dommages collatéraux manifestement inévitables qu’ils occasionnent, la CNDS recommande de ne pas utiliser cette arme lors de manifestations sur la voie publique, or les cas très exceptionnels qu’il conviendrait de définir très strictement. »

Nous restons mobiliséEs et uniEs contre ce projet inutile et nuisible.

…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

*Le PCF de Loire-Atlantique, par l’intermédiaire de son secrétaire départemental s’est lâché : « Les groupes d’opposants violents à l’Aéroport du Grand-Ouest dont les exactions sont nombreuses depuis plusieurs années » ou encore « l’ACIPA, principale organisation d’opposants se refuse à condamner les violences, tend à les justifier et les instrumentalise même en menaçant quant à toute avancée du projet. C’est inacceptable ». On reconnait l’organe qui travaille main dans la main avec le PS, l’UMP et le MEDEF pour la promotion de l’Aéroport Grand Ouest. D’ailleurs, le PCF a Nantes fait liste commune avec le PS, pour dire la relation qu’il y a entre les deux sections.

**En dix ans, #Vinci est devenue une machine à aspirer les fonds publics http://www.politis.fr/Vinci-La-verite-sur-un-empire,25752.html

25 février 2014 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE | , , , | Laisser un commentaire

Interdiction totale de l’utilisation des armes « non-létales » (flashball, LBD40, tazer)


Les lanceurs de balles de défense de la police nationale

Que c’est-il passé ce jour là à Nantes?

nddl

en France, les consignes d’utilisation policière interdisent de viser la tête. Cependant, ces consignes ne sont pas toujours respectées, ce que relève l’IGS. De même, les policiers sont censés être formés aux soins de premier secours à effectuer après avoir tiré, mais c’est de fait rarement le cas.

Que sont les LBD?

À courte distance, « le système LBD présente des effets traumatiques dont la sévérité peut entrainer des lésions graves pouvant être irréversibles voire mortelles. ».

En France, ce type d’arme a été adopté par les forces de police puis par le reste des forces de l’ordre comme armement intermédiaire entre la matraque et l’arme de poing. 1 270 LBD-Flash-Ball ont été livrés de 2002 à 2005 à la police nationale dans le cadre de la loi d’orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (LOPSI) de 2002, pour un coût de 1,18 million d’euros. Dans le cadre de son utilisation par les forces de l’ordre, le LBD a déjà causé des blessures irréparables : une personne est décédée et au moins treize autres ont perdu l’usage d’un œil en France depuis 2004, après avoir été touchées au visage par un tir de LBD.

Selon un document de 2003 du Centre de recherche et d’études de la police nationale, « le système LBD présente des effets traumatiques dont la sévérité peut entrainer des lésions graves pouvant être irréversibles voire mortelles, lors de tirs jusqu’à cinq mètres au moins. Pour des distances de tirs comprises entre cinq et dix mètres, des lésions graves sont observées ».

Une personne est morte et dix autres ont perdu l’usage d’un œil depuis que l’utilisation de ce type d’arme par la police a été généralisée en France,

Il est temps de faire interdire ce type d’armement.

la pétition : « Interdiction totale l’utilisation des armes non-létales (flashball, LBD40, tazer) par les forces de l’ordre « 

Le site face aux armes de la police http://faceauxarmesdelapolice.wordpress.com/

24 février 2014 Posted by | Désobéissance civile | , , , | Un commentaire

Que faire en cas de garde à vue ?


 

GAV

La Garde à vue (Articles 63 à 65 du Code de Procédure Pénale

Vous avez été interpellé, ou vous vous êtes rendu à une convocation au commissariat ou à la gendarmerie, et l’on vous annonce que vous êtes placés en garde à vue.

En garde à vue, vous êtes privés de liberté pendant un certain nombre d’heures. Vous êtes soumis aux interrogatoires, perquisitions des policiers, sous le contrôle du Procureur de la République.

D’une durée de 24 heures, à compter de l’interpellation, renouvelable une fois pour le « droit commun » (soit 48 heures au total), elle peut être de 4 jours pour les affaires de stupéfiants et associations de malfaiteurs, voire même 6 jours en cas de « terrorisme ».

VIDEZ VOS POCHES !

En garde à vue, il est possible que vous subissiez des « investigations corporelles internes » (fouilles corporelles intimes) qui pourront se révéler humiliantes. Elles devront être effectuées par un médecin.

N’AVOUEZ JAMAIS QUELQUE CHOSE QUE VOUS N’AVEZ PAS FAIT !]

Restez « zen », mangez, dormez, demandez à voir médecin et avocat. Demandez à faire prévenir votre famille afin que l’on puisse vous retrouver.

VOS DROITS EN GARDE A VUE

Vous n’avez que trois droits en garde à vue. Ils doivent vous être notifiés dès le début puis à chaque renouvellement.

EXERCEZ LES !

- Demandez à faire prévenir un membre de votre famille ou votre employeur : indispensable pour que votre entourage sache dans quel commissariat vous vous trouvez. Attention : le procureur de la République peut décider de différer l’appel à votre famille
- Demandez à faire l’objet d’un examen médical : important pour faire une « pause » et parler à un médecin. Faites décrire les blessures éventuellement subies lors de l’interpellation ou pendant la garde à vue.
- Demandez à avoir un entretien avec un avocat : Vous le verrez 30 minutes dans les trois premières heures si vous êtes en garde à vue « normale », puis lors du renouvellement éventuel au bout de 24h. L’avocat n’a pas accès à votre dossier mais il peut déposer des observations qui y seront jointes.

Quel Avocat ? Celui dont vous avez les coordonnées sur vous ou l’avocat commis d’office (il y en a de très bons !)

Attention

En cas d’affaires de stupéfiants ou de « terrorisme », l’entretien avec l’avocat n’a lieu que très tardivement, au bout de la 72e heure, voire même plus tard… !

Vous devez être informés des faits qui vous sont reprochés.

La notification de la garde à vue et des droits ainsi que les auditions doivent être notifiés dans une langue que vous comprenez, et si nécessaire avec un interprète.

PUIS-JE REFUSER DE FAIRE DES DÉCLARATIONS ?

Oui, vous avez le droit de garder le silence et de ne faire aucune déclaration. Cela risque néanmoins de faire durer la garde à vue…
Parlez-en avec votre avocat.

DOIS-JE SIGNER MES PROCES-VERBAUX ?

Prenez le temps de relire vos déclarations.
Vous pouvez signer les procès-verbaux s’ils reflètent fidèlement ce que _ vous avez déclaré lors de vos auditions.

ET ENSUITE ?

Plusieurs possibilités :

1. vous sortez libre du commissariat,

2. vous sortez libre du commissariat avec une convocation devant le Tribunal,

3. vous êtes « déféré au Parquet » : après avoir été transféré au Palais de justice, vous rencontrerez le procureur de la République.
- Celui-ci pourra vous convoquer à une audience quelques jours plus tard
- Si vous avez reconnu les faits, le procureur pourra vous proposer de « plaider coupable » (CRPC). Il vous proposera une peine que vous pourrez accepter ou refuser avec votre avocat.
- Le procureur pourra également désigner un juge d’instruction. Après un entretien avec un avocat, vous serez alors présenté à ce juge d’instruction qui pourra envisager avec le Juge des libertés et de la détention (JLD), votre placement sous contrôle judiciaire ou votre placement en détention provisoire.
- Le procureur pourra enfin décider de vous faire passer en « comparution immédiate » : vous serez alors jugé dans quelques heures par le Tribunal après vous être entretenu pendant quelques minutes avec un avocat…
Vous pourrez accepter d’être jugé immédiatement ou vous pourrez demander un délai pour préparer votre défense avant d’être jugé. Dans les deux cas, vous pouvez ressortir libre ou bien être placé en détention… Parlez-en avec votre avocat.

ET SI LA GARDE A VUE EST RENOUVELEE ?

Redemandez à exercer vos trois droits : faire prévenir votre famille, être examiné par un médecin, avoir un entretien avec un avocat.
Un procès-verbal devra mentionner les heures de vos interrogatoires, de vos repos, des heures auxquelles vous aurez pu vous alimenter.

Faites respecter vos droits calmement et poliment (si possible) pour éviter toute accusation d’outrage et rebellions
Il est difficile de savoir, au moment de la garde à vue, si elle se déroule dans les conditions légales.

Comment savoir, par exemple, si le procureur de la République a effectivement été informé, si votre famille et l’avocat ont été prévenus… Seul un contrôle a posteriori par le juge, à la demande de l’intéressé et de son avocat, pourra éventuellement se faire et annuler la procédure si certaines irrégularités apparaissent.

Ligue des droits de l’Homme

Voir en ligne :

24 février 2014 Posted by | Désobéissance civile | , , , | Laisser un commentaire

[ZAD partout!] Sauvons nos haies centenaires ! Enquête sur un des désastres de la croissance verte : la filière bois bocage énergie


« … Cependant, le bétonnage toujours plus conséquent de nos territoires (un petit département disparaît sous le béton tous les cinq ans, soit l’équivalent de la Bretagne en 25 ans !), la disparition toujours plus inquiétante des petits paysans, la concentration des fermes et la standardisation des paysages continuent de plus belle !
La structuration rapide de la filière bois bocage énergie risque d’accroître ce triste constat. »….

blog du collectif de lutte contre l'aéroport de Notre Dame des Landes

 Article de camarades de lutte reçu par mail le 18/02/2014 :

L’article en format PDF mis en page avec des liens et des photos :

Enquête filière bois bocage énergie

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Enquête sur un des désastres de la croissance verte :

la filière bois bocage énergie

Insidieusement, sous des airs écologiques, la filière bois énergie s’installe durablement en France. Prétextant le remplacement des énergies pétrolifères par une énergie renouvelable, avec création d’emplois locaux à la clé, ce projet on ne peut plus consensuel ne rencontre aucune contestation prononcée (excepté au bois de Troncay, à Pierrelatte et Gardanne).

La filière bois énergie est un parfaite illustration du productivisme «écolo» (aussi nommé Développement Durable) : subventionnée par l’Europe, par l’ADEME (à hauteur de 500 millions d’euros), par les collectivités locales et soutenue par des associations écologistes, cette filière se structure et parvient à fédérer nombre de personnes et organisations…

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19 février 2014 Posted by | Non classé | Laisser un commentaire

Film intégral NE VIVONS PLUS COMME DES ESCLAVES


(septembre 2013, durée 89mn) de Yannis Youlountas

Résumé du film :
Venu des catacombes grecques de l’Europe, un murmure traverse le continent dévasté : « Ne vivons plus comme des esclaves » (prononcer « Na mi zisoumé san douli » en grec). Sur les murs des villes et sur les rochers des campagnes, sur les panneaux publicitaires vides ou détournés, dans les journaux alternatifs et sur les radios rebelles, dans les lieux d’occupation et d’autogestion qui se multiplient, tel est le slogan que la résistance grecque diffuse, jour après jour, et nous invite à reprendre en chœur sur les mélodies de ce film à ses côtés. Un grand bol d’air frais, d’enthousiasme et d’utopies en marche, venu de la mer Égée.

Yannis Youlountas  est un philosophe, poète, écrivain et réalisateur franco-grec contemporain. Formateur et intervenant auprès de publics frappés d’exclusion sociale (classes relais, détenus, migrants, sdf, handicapés), créateur de dispositifs d’éducation à l’image et de philosophie pour les enfants, il est également chroniqueur dans Siné Mensuel, Le Monde libertaire et Les Zindigné(e)s.

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Liens:

http://nevivonspluscommedesesclaves.net

http://youlountas.net/

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7 janvier 2014 Posted by | DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE, Notre démocratie | , , , | Un commentaire

Sondage : la loi COV adoptée à l’Assemblée nationale. Une loi pour quoi?


Le projet de Loi sur les certificats d’obtention végétale a été voté hier par l’Assemblée Nationale. Les députés de la majorité, au service de l’agrosemence, ont adopté sans amendements ce texte qui permettra aux douanes de poursuivre les agriculteurs pour contrefaçon s’ils  utilisent leurs propres semences.

Et vous qu’en pensez-vous?

30 décembre 2013 Posted by | Alimentation, DECROISSANCE | , , | Laisser un commentaire

Intermarché: les retombées du bad buzz sur les euro députés


Eau trouble et faute politique

peche

Une belle démonstration du déplacement des rapports de force dans une société de communication où l’information est relayée par les citoyens eux-mêmes. Il ne suffit plus de faire du lobbying à la papa (à la HEC à la Science Po …) dans les couloirs des parlements…

Un lobbying certes efficace sur nos politiciens -grands amateurs de poissons de grands fonds?- puisqu’en effet sur ce dossier (comme sur tant d’autres touchant à l’industrie agroalimentaire, l’ecotaxe n’est pas loin) nos « représentants » de droite comme de gauche ont renouvelé le droit de  pratiquer cette forme de pêche destructrice. Cette affaire, ce « badbuzz », ne touche pas uniquement Intermarché mais également ces députés qui ont voté en toute inconscience et ont commis une lourde faute politique.

Ce scandale est désormais politique

Voici la liste des député-es français-es qui ont voté ce texte dans le plus grand  mépris des considérations écologiques des citoyens:

Les votes député par député

Les votes député par député

L’image de marque d’ Intermarché  mise à mal juste avant la période des gros bénéfices des fêtes.

Scapeche la flotte d’Intermarché (85% du total des captures d’espèces profondes)  communique sur sa reculade… mais à la façon d’un négociateur de contrat :

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« ne plus cibler EN PRIORITÉ espèces profondes »

On voit ici que ni le mot poisson, ni le mot fond marin n’est utilisé, que le terme « cibler » est utilisé alors que cette technique ne « cible » justement rien en arrachant tout,  mais surtout qu’ Intermarché n’annonce absolument pas son renoncement à la pêche de fond.

Fabien Dulon, directeur général de cette entreprise, dans un communiqué de presse :

« Celles-ci pourront cependant figurer parmi les prises accessoires… » la technique n’est absolument pas remise en cause, on continu à utiliser les chaluts géants qui raclent les fonds sous marins et si, par aventure, une de ces espèces en danger se trouve prise dans les filets … et bien on la vend.

De qui se moquent-ils?

Quand bien même Scapeche Intermarché annoncerait abandonner cette forme de pêche,  quand bien même les ONG comme Greenpeace ou Bloom se montreraient conciliantes en acceptant (encore un petit coup tordu de négociateur professionnel) :

qu’ « Intermarché s’engage d’ici cinq ans à changer ses pratiques »

le scandale reste : la collusion entre ces députés et l’industrie agroalimentaire est exposée au grand jour .

Le problème du « négociateur » c’est qu’ici, il ne s’agit plus de deux parties  cherchant à établir un contrat consensuel (genre donnant-donnant) puisque les consommateurs-électeurs n’ont rien à gagner à ce contrat de dupe et même, se sentent insultés par ces tentatives.

Devons-nous rappeler que cette pêche n’est rentable que parce qu’elle est subventionnée par nos impôts?

Intermarché Scapêche a bien senti qu’il y avait un problème de communication mais même l’aide de l’agence de communication Seatosea (« Marketing et communication-Relations presse et relations publiques Conseil aux entreprises » seatosea.fr ) semble insuffisante pour sortir de ce scandale qui ne peut que retomber sur les politiques qui ont voté cette autorisation, entrainant au passage, une dégradation d’image du distributeur Intermarché.

Non seulement cette affaire va coûter cher à Intermarché en raison du boycott qui se met en place, mais elle va également coûter cher au personnel politique impliqué ainsi qu’à leurs partis…

Non messieurs-dames les politiques, l’écologie n’est pas qu’un terme marketing: c’est également un coût que vous allez payer plus tôt que vous ne l’aviez prévu.

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Sur le même sujet: Eaux profondes vers un boycott des consommateurs contre les lobbies industriels?

13 décembre 2013 Posted by | Alimentation, Désobéissance civile | , , , | Un commentaire

Eaux profondes vers un boycott des consommateurs contre les lobbies industriels?


Boycott des Consommateurs contre les lobbies industriels?

peche-en-eaux-profondes

La pêche en eau profonde est un type de pêche extrêmement destructeur pour la faune et la flore des fonds marins, mais comme ça ne se voit pas on continue… Les députés européens, par l’intermédiaire du Parlement, ont en effet votés le maintien cette pratique…

 

 

 

 

 

 

 

 

Une « déforestation marine » d’envergure

Seulement 3% des poissons collecté sont conservés les autres rejetés. La population de certaines espèces chute dramatiquement de 90% en 15 ans. Les coraux sont détruits.

Cette  exploitation n’est rentable économiquement que grâce à nos impôts . Intermarché (propriétaire de la flotte de chalut équipés pour ce type de pêche est l’enseigne qui profite le plus de nos « aides ».

Très peu d’emplois sont concernés par ce type de pêche industrielle. L’activité ne dégageant que 0,5% d’emplois.

La pétition appelant a son interdiction avait eue un grand succès grâce notamment à une BD  de la dessinatrice Pénélope Bagieu, qui avait permis de recueillir quelque 750.000 signatures . Nos « représentants » n’ont pas jugés bon d’écouter la voie de la raison.

Que faire ?

S’informer sur le mouvement de boycott citoyen qui se met en place sur les réseau sociaux par exemple:

  • Mettre en place des groupes et des actions locales.
  • Pétition devant Intermarché, lettre aux députés…

Cette mobilisation pourraient faire très mal à l’enseigne des Mousquetaires juste avant Noël. Le choix des consommateurs pourrait être grandement simplifié par les annonces récentes des groupes Casino et Carrefour de cesser toute vente d’espèces pêchées en eaux profondes.

L’association Bloom, principal fer de lance contre le chalutage n’a, de son côté, pas appelé au boycott du groupe de la grande distribution pour des raisons juridiques mais Claire Nouvian, directrice de Bloom appelle » les citoyens à boycotter partout les trois espèces concernées par le chalutage profond : le grenadier, le lingue bleu et le sabre noir ».

Les votes député par député

Les votes député par député

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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sur le même sujet: Intermarché: les retombées du bad buzz sur les euro députés

12 décembre 2013 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME, DECROISSANCE | , , , , | Un commentaire

« Les précurseurs de la décroissance » Jean Giono


Le concept de décroissance est relativement nouveau.

Le terme même de « décroissance », réactualisé en 2001 pour dénoncer l’imposture du développement durable, est volontiers provocateur.
Il s’agit de mettre l’accent sur l’urgence d’un constat : une croissance infinie de la production et de la consommation matérielles ne saurait être tenable dans
un monde fini.

La collection des Précurseurs de la décroissance dirigée par Serge Latouche donne une visibilité à cette réflexion en cours.

À travers la présentation de certaines figures de la pensée humaine et de leurs écrits, elle fait émerger une nouvelle histoire des idées susceptibles d’étayer et d’enrichir la pensée de la décroissance. Elle fournira ainsi à un large public aussi bien qu’au lecteur averti un état des lieux du travail en cours, en même temps qu’un répertoire commun
de références parfois vieilles comme l’humanité, mais exposées ici sous un nouveau jour.

Elle contribue ainsi au développement de l’un des rares courants de pensée capable de faire pièce à l’idéologie productiviste qui structure, aujourd’hui, nos sociétés.

A-Décroissance vous présentera régulièrement un ouvrage de la collection « Les précurseurs de la décroissance ».

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Jean Giono, « Pour une révolution à hauteur d’hommes »

par Édouard Schaelchli

« Les hommes ont créé une planète nouvelle : la planète de la misère et du malheur des corps.

Ils ont déserté la terre. Ils ne veulent plus ni fruits, ni blé, ni liberté, ni joie.

Ils ne veulent plus que ce qu’ils inventent et fabriquent eux-mêmes. » (Giono, 1937)

Les essais de Jean Giono ne sont guère connus.

Il s’y déploie une vision d’un « monde paysan », rempart contre la démesure industrielle et technicienne, où le travail n’est pas l’envers de la vie ni de l’économie l’autre nom de la guerre, et qui ouvre à une humanité possédée par l’argent la possibilité de se réapproprier ses savoirs-faire en même temps que la joie de vivre.

Sans chercher à masquer les oppositions entre une pensée marquée par les circonstances historiques et suspectée de passéisme et le mouvement des objecteurs de croissance, Edouard Schaelchli met en lumière les affinités profondes entre la « révolution d’hommes » voulue par Giono et la vision du monde incarnée par les luttes du Larzac naguère, de Notre-Dame-des-Landes aujourd’hui.

http://lepassagerclandestin.fr/les-precurseurs-de-la-decroissance

2 décembre 2013 Posted by | DECROISSANCE | , , , , | Laisser un commentaire

Bombe à retardement nucléaire mondiale : Des millions de milliards de becquerels reposent au fond des mers


Archives Millénaires Dissidentes

Le risque de catastrophe nucléaire ne s’arrête pas aux centrales elles-même, il persiste bien au delà sous la forme de déchets disséminés de par le monde. Alors que pour Areva qui veut nous faire croire que « tout va bien », évoquant la partie visible de l’iceberg que sont les sites de stockage officiels, nonobstant les dépots dits « sauvages » que certains d’entre vous connaissent déjà, qu’en est-il de la situation réelle ?

Pas besoin d’avoir bac +5 pour comprendre que la ressource principale des habitants de cette planète – sans laquelle aucune vie n’existerait – est l’eau. Qu’arriverait-t-il si l’eau du globe était exposée à une irradiation prolongée causée par la détérioration de containers radioactifs au fond des océans ? Je vous laisse juger par vous même de ce qui nous attend dans l’avenir, ainsi que de la gravité de la situation  ignorée du plus grand nombre…

Des fûts de déchets…

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21 octobre 2013 Posted by | Non classé | Laisser un commentaire

RENCART DE L’ESCARGOT


Samedi 26 octobre, 20h30 à Belin-Béliet (33830), l’association COURANT ALTERNATIF vous invite à la soirée-débat organisée autour du livre : Un projet de Décroissance – Manifeste pour une Dotation Inconditionelle d’Autonomie (DIA), paru aux éditions Utopia en janvier 2013, en présence de Stéphane Madelaine, l’un des quatre co-auteurs.

DecroissanceEtDotationInconditionnelleD_autonomieBelinbeliet26_10_2013

« Sans un minimum de ressources, le nouveau citoyen ne peut vivre pleinement les principes républicains de liberté, d’égalité et de fraternité »,déclarait Thomas Paine en 1792. …

Et pourtant deux siècles plus tard cette idée semble être restée lettre morte. A travers la critique radicale de la société de Croissance, La DIA (Dotation Inconditionnelle d’Autonomie), couplée à un Revenu Maximum Acceptable (RMA), est un outil pour sortir de l’impasse destructrice vers laquelle nous entraîne toujours plus vite la société de Croissance. Au-delà d’un simple correctif, la DIA vise à susciter dialogues et débats sur ce qu’est le « vivre ensemble », sur la manière de créer « plus de liens » sans pour autant créer « plus de biens ».

C’est ce que nous vous proposons à l’occasion de cette rencontre.

(source : www.projet-decroissance.net)

Nous partagerons en fin de soirée les spécialités sucrées et breuvages que chacun aura apportés, accompagnés de chansons impliquées mais pas compliquées ! Une ZONE DE GRATUITE temporaire sera établie pour l’occasion.

9 octobre 2013 Posted by | DECROISSANCE | , , , | Laisser un commentaire

Le prix 2013 de l’intrusion la plus dégoûtante décerné à…


À l’occasion de la Journée nationale « Stop pub à l’école », le vendredi 27 septembre 2013
Le prix de l’intrusion publicitaire la plus dégoûtante
est décerné aux supermarchés « E. Leclerc »

au titre de leur opération « Nettoyons la nature ».

Prix Stop Pub Ecole 2013

Le prix de « l’intrusion publicitaire la plus dégoûtante » sera décerné chaque année pour pointer du doigt les acteurs économiques qui visent l’école et les enfants. Ce coup de projecteur doit permettre de mieux dénoncer ces pratiques, souvent pernicieuses, souvent cachées par des discours « de prévention » ou des opérations « pseudo-pédagogiques ».

L’opération « Nettoyons la nature », organisée depuis plusieurs années par les supermarchés « E. Leclerc », est un exemple d’action commerciale dirigée tout particulièrement vers l’école. Sous couvert d’opération « verte » (contestée par certaines associations écologistes) le dispositif vise à la diffusion d’une image de marque flatteuse auprès des enfants : des produits alimentaires à marque de distributeur sont distribués aux participants en guise de « goûter », des T-shirts publicitaires sont offerts aux enfants, et les enseignants sont encouragés à faire venir la presse locale pour prendre les élèves en photo devant des banderoles au logo bien visible…
Réagissons à cette intrusion ! L’alerte est lancée par cette 1ère journée nationale, le 27 septembre 2013.
Enseignants, parents, associations… faisons entendre le message « Stop pub à l’école » !
Une simple recherche sur internet permet parfois de prendre conscience d’un phénomène majeur…
Recherche : Images « Nettoyons la nature école »

par: www.stop-pub-ecole

27 septembre 2013 Posted by | DECROISSANCE | , , | 3 commentaires

Leclerc explique la protection de l’environnement aux enfants, et Mac Do la nutrition…


La Publicité à l’école, ça suffit !

Cette année encore les centres E.Leclerc organise leur opération de greenwashing « Nettoyons la nature » dans nos écoles .

Quentin, 6 ans, élève de CP, rentre de l’école et raconte : « Aujourd’hui avec l’école, on a nettoyé la nature ! On avait mis un t-shirt pour ne pas se salir, et on a même eu le droit de le garder ! ». Et là, il lève à bout de bras, fièrement, un t-shirt au logo de Leclerc « NETTOYONS LA NATURE AVEC E.LECLERC ».

Certaines écoles n’hésitent pas à faire poser les élèves portant un gilet E.Leclerc dans la presse régionale.

Quentin, 6 ans, élève de CP, rentre de l’école et raconte : « Aujourd’hui avec l’école, on a nettoyé la nature ! On avait mis un t-shirt pour ne pas se salir, et on a même eu le droit de le garder ! ». Et là, il lève à bout de bras, fièrement, un t-shirt au logo de Leclerc « NETTOYONS LA NATURE AVEC E.LECLERC ».
 

Le principe de neutralité de l’école et le code de bonne conduite des interventions des entreprises en milieu scolaire.

Un immense calicot portant le même logo décore la grille de l’école. La maman de Quentin s’étonne et interroge la maitresse sur cette intrusion publicitaire. « Il ne faut pas voir le mal, c’est une occasion de sensibiliser les enfants dans le cadre de la semaine citoyenne, c’était pratique, on nous a fourni les gants, les sacs poubelles, les t-shirts… »

En effet, sur le site de Leclerc, on peut en quelques clics inscrire sa classe à cette opération de « protection de l’environnement » (sic !). Des opérations du même goût, aux vocations citoyennes plus ou moins douteuses, se rencontrent chez Danone, Nestlé, Signal, et d’autres…

Comment cela est-il possible ? La publicité n’est-elle pas interdite à l’école ?

Le principe de neutralité de l’école: « en aucun cas et en aucune manière les maitres et les élèves ne doivent servir directement ou indirectement à aucune publicité commerciale. »

Ce principe est inscrit dans la constitution. L’interdiction de la publicité à l’école, en vigueur depuis 1936, a été réaffirmée à plusieurs reprises dans plusieurs circulaires. (circ. du 8/11/1953, circ. n°II-67-290 du 3/7/1967, circ. n°76-440 du 10/12/1976). Elles rappellent notamment que « en aucun cas et en aucune manière les maitres et les élèves ne doivent servir directement ou indirectement à aucune publicité commerciale. »

Malgré cela, la publicité et les pratiques commerciales envahissent le système éducatif!

Les enfants constituent une cible de plus en plus prisée par les publicitaires, ce qui n’a rien d’étonnant quand on sait que les deux tiers des produits consommés par les enfants le seront encore à l’âge adulte, et que ceux-ci sont de plus en plus les prescripteurs des achats de leurs parents. L’école représente le lieu idéal pour diffuser des messages publicitaires à l’attention des enfants. « C’est là qu’ils se trouvent tous rassemblés », déclare une agence de conseil en marketing, « et le lieu même tend à garantir l’intérêt et la qualité des messages qui y circulent » (agence GMV Conseil, oct. 1998)

Le code de bonne conduite des interventions des entreprises en milieu scolaire.

Sous couvert d’empêcher des pratiques commerciales de plus en plus nombreuses, Jack Lang, alors ministre de l’Éducation Nationale, publie en 2001 au bulletin officiel un « code de bonne conduite » ( circ. n°2001-053 du 28/3/2001 – BO n°14 du 5/4/2001).

Or, malgré un rappel du principe de neutralité de l’école, ce texte donne aux établissements scolaires la possibilité de conclure des partenariats, officialise la présence de logos sur les mallettes pédagogiques et tolère la publicité sur les outils informatiques et certaines publications. Il remplace en outre la notion de neutralité scolaire par celle de neutralité commerciale, précaution révélatrice d’une volonté de marchandisation de l’école. Ce code ne viserait-il pas en réalité à légitimer et développer les pratiques publicitaires et commerciales ?

C’est ainsi que, loin d’empêcher l’opération « Nettoyons la nature avec E Leclerc », ce code la justifie par un « partenariat ».

Cette circulaire constitue donc une immense brèche précisément parce qu’elle remet en cause l’interdiction de la publicité à l’école.

« les enfants sont immunisés contre la pub »

Pub non merci

D’aucuns déclarent, comme la maitresse de Quentin, « qu’il ne faut pas voir le mal ». Les kits pédagogiques sont bien faits, gratuits, colorés, tout prêts à utiliser. C’est si pratique quand on sait que les budgets sont si serrés ! Naturellement, on nous jure que les intentions des publicitaires sont « pures et désintéressées » : « les consommateurs demandent aux marques d’avoir une fonction citoyenne », affirme-t-on chez l’agence de conseil EuroRSCG, « L’institut Danone est l’allié des mamans pour l’éducation alimentaire des enfants. Mais les mères se sentent de plus en plus seules. Plus personne n’incarne l’autorité, les valeurs. Les Pères ont démissionné, l’Etat est absent. Qui va donner des repères moraux aux enfants ? Les marques peuvent jouer ce rôle. »

C’est ainsi que Leclerc explique la protection de l’environnement aux enfants, et Mac Do la nutrition… On entend parfois : « la pub est partout, il faut que l’école prépare les enfants à la décoder », « les enfants sont immunisés contre la pub ».

Ces remarques font preuve pour le moins :

  •  d’une confusion des registres : est-on à l’école pour devenir un bon consommateur ? La publicité, c’est l’anti culture par excellence. L’école doit être un lieu de transmission de la culture.
  •  d’une confusion des genres : la pub, c’est du dressage et de la manipulation. L’école doit être un lieu de confiance et d’émancipation.

Résister.

Pour résister à l’intrusion grandissante de la publicité à l’école, on peut entre autres :

  •  traquer la pub à l’école et la dénoncer chaque fois que c’est possible en interpellant les enseignants de nos enfants, nos collègues, les parents d’élèves,
  •  Ne pas participer à des « partenariats », « jeu concours », refuser d’y faire participer nos élèves,
  •  « Nettoyer » les casiers, salles des profs, panneaux d’affichages, plaquettes…
  •  Revendiquer les moyens nécessaires au bon fonctionnement de l’école. C’est à l’Éducation Nationale de subvenir à ses besoins au lieu de se faire offrir ce dont elle manque par les grandes marques.
  •  Signer la pétition pour l’annulation du code de bonne conduite des entreprises en milieu scolaire.

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sources:

26 septembre 2013 Posted by | DECROISSANCE, Non classé | , , , , , , | 5 commentaires

Campagne « #Nucléaire : de la mine aux déchets, tous concernés ! »


source: groupes.sortirdunucleaire.org

30 juin 2013 Posted by | ENERGIE | , , , | 5 commentaires

AlterTour 2013


Aquitaine Décroissance soutient la 6ème édition de l’AlterTour qui se déroulera du 18 juillet au 20 août 2013.

L’AlterTour est une manifestation cycliste organisée en France depuis 2008 par l’association AlterCampagne.

Cet alter-Tour de France, pour une planète non dopée, est un relais cycliste familial et sans compétition qui parcourt les routes de France chaque été à la rencontre d’initiatives alternatives : agricoles, sociales, énergétiques, économiques, solidaires etc.

Il passera cette année par le Loiret, la Nièvre, l’Yonne, la Côte d’Or, la Saône-et-Loire, le Jura et le Doubs.

Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 15 juin 2013 sur le site internet de l’AlterTour : http://www.altertour.net

Aux Grands Projets Inutiles et Imposés s’opposent une multitude d’Alternatives concrètes qui construisent une société plus solidaire, écologiquement et socialement durable. Ce sont ces Petits Projets Grandement Utiles que l’AlterTour soutient d’année en année en leur rendant visite à vélo.

Venez pédaler, goûter à l’autogestion, partager une belle tranche de vie collective dans la simplicité volontaire ! L’AlterTour est un relais solidaire ouvert à tous sans exigence de performance ou de durée (inscriptions à la journée).

L’AlterTour résiste à l’esprit de compétition qui conduit à toutes sortes de dopage :
– dans le sport où la santé passe après les bénéfices de la société du spectacle ;
– dans l’agriculture industrielle, où pesticides et OGM portent atteinte aux paysans et à la biodiversité au seul profit d’une poignée de multinationales ;
– dans l’économie de marché, où subprimes et paradis fiscaux amplifient les inégalités ;
– dans la société de consommation, du greenwashing et de l’obsolescence programmée où l’offre conditionne la demande à grand renfort de publicité.

Faites connaître l’AlterTour

En transférant ce message dans vos réseaux.

En pièce jointe vous trouverez également l’affiche imprimable que vous pouvez la diffuser lors de vos manifestations, dans vos réseaux locaux et également auprès des AMAP, Biocoop, vélocistes, groupes de cyclistes, randonneurs, affichage municipal, commerçants etc.

Le numéro de juin 2013 de la revue S!lence consacré aux grands projets inutiles contiendra le recueil d’Alternatives de l’AlterTour et les coordonnées de tous les accueillants.


Mathieu Fromont
Coordinateur de l’AlterTour
altertour@gmail.com
Réseau REPAS: http://www.reseaurepas.free.fr/

28 mai 2013 Posted by | DECROISSANCE, TRANSPORTS | , , , | 7 commentaires

Open Source Seeds Licence : une licence pour libérer les semences


Les principes de l’Open Source s’étaient déjà propagés à des domaines relativement éloignés du logiciel, comme celui de l’Open Hardware ou de l’Open Design. Mais le projet Open Source Seeds propose un modèle de contrat pour placer des graines sous licence libre.

A première vue, l’idée peut paraître assez incongrue, car on voit assez mal ce que les semences peuvent avoir en commun avec les logiciels et pourquoi elles auraient besoin des licences libres. Mais il faut savoir que les variétés végétales peuvent faire l’objet de droits de propriété intellectuelle, que ce soit par le biais de Certificats d’obtention végétale (COV) en Europe ou de brevets aux Etats-Unis. Les Organismes génétiquement modifiés (OGM) peuvent également être protégés par des brevets, déposés par de grandes firmes comme Monsanto, dont les agissements soulèvent de plus en plus d’inquiétudes et protestations.

Une forme de copyleft « vert » est-il possible pour que les graines demeurent des biens communs ? La question mérite d’être posée !

Lutter contre l’appropriation des semences

Face à ces formes d’appropriation du vivant par la propriété intellectuelle, il existe tout un mouvement qui se bat pour que les semences demeurent « libres ». Des producteurs indépendants comme le Réseau Semences paysannes, Kokopelli ou Semailles préservent des variétés anciennes ou rares de graines, afin de favoriser la biodiversité. Mais le contexte juridique dans lequel ils oeuvrent est difficile, comme l’explique très bien cet article du site Ecoconso :

Depuis plusieurs décennies, il est obligatoire qu’une semence soit inscrite dans un catalogue officiel – européen ou national – avant d’être mise sur le marché.

L’inscription est liée à des conditions bien précises :

  • pour être inscrite, une semence doit entre autres répondre aux critères « DHS » : distinction, homogénéité, stabilité. En d’autres mots : une variété doit être facilement identifiable et bien distincte de celles déjà inscrites dans le catalogue, tous les individus doivent présenter les mêmes caractéristiques prévisibles et la variété doit rester stable dans le temps, année après année.
  • l’inscription au catalogue est payante.

Cette législation, qui avait pour but au départ de protéger l’agriculteur contre des fraudes, a un impact énorme sur la pérennité des semences de variétés locales et traditionnelles. Car il est impossible, pour la plupart des semences transmises de génération en génération, de paysan en paysan, de répondre à des critères conçus pour des variétés produites en laboratoire à partir d’un patrimoine génétique très restreint et testées dans des conditions contrôlées.

L’agriculteur, ici ou ailleurs, doit payer chaque année pour acheter ses semences et ne peut ressemer à partir de sa production ni développer son propre patrimoine de semences, qui seraient pourtant plus adaptées aux conditions locales et qui garderaient leur capacité de s’adapter plus facilement aux conditions climatiques changeantes, aux nouveaux ravageurs…

Pour ne s’être pas pliée à cette réglementation, l’association Kokopelli a été poursuivie en justice et lourdement condamnée en 2012. Cela ne l’empêche pas de continuer à dénoncer en des termes très durs l’instrumentalisation qui a été faite du Catalogue des variétés et du droit d’obtention végétale dans le sens des intérêts des grands semenciers :

les tarifs d’inscription au Catalogue sont prohibitifs (500 €en moyenne pour chaque variété, sans compter les droits annuels à payer pour les différents types d’examens obligatoires). En définitive, ce catalogue, initialement facultatif et ouvert à toutes les semences, est devenu, par une dérive administrative totalitaire, le pré carré exclusif des créations variétales issues de la recherche agronomique et protégées par un droit de propriété intellectuelle […] C’est ainsi que le catalogue est devenu un outil de promotion de ce droit de propriété particulier, et qu’il s’est progressivement fermé aux variétés, non appropriées, appartenant au domaine public.

Les semences comme biens communs ?

Il existe donc bien d’un côté des semences « propriétaires », sur lesquelles pèsent des droits de propriété intellectuelle et de l’autre des semences « libres », que l’on peut encore considérer comme des biens communs :

Les semences peuvent-elles être une marchandise comme une autre ? Est-ce acceptable qu’une petite dizaine de gros semenciers détienne plus de 80 % du patrimoine des semences, pourtant patiemment amélioré pendant des siècles par des générations de paysans ? Ne s’agit-il pas d’un patrimoine de l’humanité, d’un bien commun et collectif auquel tout un chacun devrait avoir accès ?

Il y a quelques semaines, un tribunal américain a pourtant estimé qu’un petit agriculteur américain s’était rendu coupable de contrefaçon en replantant d’une année sur l’autre les graines produites par des plats de soja brevetés par Monsanto. Cette firme a construit son business model en utilisant la propriété intellectuelle pour retirer ce droit élémentaire aux paysans, les forçant à acheter ses graines et ses herbicides chaque année.

Face à cette dérive propriétaire, certains comme l’indienne Vandana Shiva propose d’appliquer les principes de l’Open Source aux semences, en reliant cette problématique à celle des biens communs et à la préservation des Savoirs traditionnels :

D’autres, comme David Bollier, proposent d’aller plus loin encore en mettant en place un Copyleft pour les semences, comme il en existe un pour les logiciels :

Il existe un mouvement qui progresse parmi certains cercles d’agriculteurs pour créer un équivalent du copyleft pour les semences, de manière à ce que ces agriculteurs puissent produire des cultures open-source. Cette démarche sera peut-être la seule solution : développer un agriculture alternative en open source, bénéficiant de protections juridiques que le partage puisse continuer. Une manière de hacker la loi, comme l’a fait la General Public Licence avec les logiciels libres.

Une licence pour placer les graines sous copyleft

Pour concrétiser ces visions, l’initiative Open Source Seeds propose sur son site la première version d’une licence adaptant d’une manière originale les principes des licences libres aux semences, et notamment le fameux « partage à l’identique » (Share Alike) qui est le propre du copyleft

Voici une traduction en français que je propose de cette licence :

Open Source seed licence version 0.1

Vous êtes libres de :

Partager : partager, distribuer et donner ces semences
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Selon les conditions suivantes :

Attribution : Vous devez inclure une copie imprimée de cette licence lorsque vous partagez ces semences ou ds graines issues de ces semences (progeny of these seeds).

Pas de modification génétique : Vous n’êtes pas autorisé à procéder à des modifications génétiques en laboratoire de ces semences ou de graines issues de ces semences.

Partage à l’identique : Si vous recevez ces semences ou des graines issues de ces semences, suite à un don ou à un achat, vous acceptez en conséquence d’être lié par ces conditions.

Si vous récoltez à n’importe quel moment de l’année plus de 500 grammes de graines issues de ces semences, vous devez en mettre à disposition gratuitement au moins 10 grammes via le site www.open-seeds.org (les frais de port restant à la charge des demandeurs). Vous devez également enregistrer et publier les informations liées à votre pratique de culture, ainsi que les lieux dans lesquels ces semences ont été cultivées.

Si vous récoltez à n’importe quel moment de l’année plus de 100 kilos de graines issues de ces semences, vous devez en mettre à disposition gratuitement au moins 500 grammes via le site www.open-seeds.org (les frais de port restant à la charge des demandeurs). Vous devez également enregistrer et publier les informations liées à votre pratique de culture, ainsi que les lieux dans lesquels ces semences ont été cultivées.

Si vous cultivez ces semences, vous devez distribuer les semences des générations suivantes selon les termes de cette licence.

On relèvera l’effort intéressant pour adapter aux semences des notions comme celles de paternité, d’oeuvres dérivées ou de partage à l’identique.

Je trouve également très pertinent le fait de ranger dans les conditions imposées au titre du partage à l’identique le fait de devoir publier les informations liées à la culture des semences. De la même manière que les développeurs produisent de la documentation ou des manuels pour accompagner leurs logiciels, les agriculteurs Open Source devront documenter leur pratique et partager le fruit de leur expérience avec le reste de la communauté.

On voit d’ailleurs déjà une telle logique à l’oeuvre dans certains projets liés aux semences. Le projet Urbsly par exemple, actuellement en recherche de fonds par crowdfunding, propose de lutter contre l’appropriation des semences par de grosses entreprises utilisant des brevets, en créant un « Open Seed Data Catalog », qui recensera les variétés produites par des producteurs indépendants, ainsi que les données utiles aux agriculteurs pour choisir les graines les mieux appropriées à leurs cultures. Le projet vise aussi à publier en Open Access le séquençage génétique des variétés, afin d’empêcher le dépôt de brevets par de grandes marques. Cette approche est intéressante, car elle montre les ponts qui peuvent exister entre Biens communs de la nature et Biens communs de la connaissance, à travers l’Open Data et l’Open Access.

Retrouver des pratiques ancestrales de partage

Mettre en place des licences libres pour les semences risque d’être plus complexe que pour les logiciels. En effet, la législation en vigueur reconnaît un droit d’auteur aux créateurs de logiciels, qui peuvent ainsi « retourner » la logique du copyright grâce aux licences libres pour mettre leur propriété en partage.

Avec les semences, les choses sont plus complexes, car le régime spécial de propriété qui porte sur les variétés végétales est beaucoup plus adapté aux semences « propriétaires » qu’à celles des producteurs indépendants. Il en résulte que l’Open Source Seeds Licence pourrait manquer de base légale, comme l’explique les porteurs du projet qui sont conscients de cette faiblesse :

Il n’est pas certain que les conditions imposées par la licence puissent avoir une valeur juridique les rendant opposables. Il est possible qu’elles doivent être plutôt regardées comme un code de bonnes pratiques à respecter sur une base volontaire.

Les lois qui ont instauré un droit de propriété intellectuelle sur les semences sont très différentes de celles qui concernent les logiciels. Un des points essentiels à propos des droits de propriété intellectuelle sur les semences réside dans les critères deDdistinction, Homogénéité et Stabilité (DHS) qui sont nécessaires pour pouvoir bénéficier de la protection. C’est de cette manière que ces droits fonctionnent partout dans le monde, parce qu’une variété doit être suffisamment stable pour pouvoir être reconnue comme une variété. Mais les variétés les plus intéressantes pour la biodiversité sont généralement trop instables pour respecter ces critères. Or c’est précisément leur « instabilité » qui leur permet de s’adapter aux différentes conditions de culture.

On en arrive à ce paradoxe que l’absence de droit de propriété, qui est pourtant à la « racine » du problème de l’appropriation du vivant, pose ici difficulté puisque la licence libre en a quand même besoin pour être valide juridiquement. Pendant ce temps, les licences attachées aux semences produites par Monsanto peuvent s’appliquer devant les tribunaux, avec les conséquences désastreuses que l’on sait…

Il faudra suivre le développement de ces licences libres appliquées aux semences, car il s’agit d’une des pistes pour préserver des pratiques ancestrales de partage de graines, remontant sans doute à des millénaires et qui se réactivent aujourd’hui avec des associations comme Graines de troc.

Le compte Twitter d’André Le Nôtre (@Lenostre) signalait par exemple ces jours derniers que des pratiques d’échanges de plants rares existaient entre jardiniers au 17ème siècle, dont on retrouve la trace dans cet ouvrage.

« J’ay veu que quelques jardiniers curieux se fréquentoient les uns les autres amiablement, & faisoient recherche de ce qu’ils pouvoient avoir en leurs jardins, pour voir s’ils avoient quelques espèces de fleurs ou de fruicts que l’un ou l’autre n’eust point, afin de s’en entre-accommoder. C’est ce qu’il faut que les jardiniers de présent fassent, & qu’ils prennent la peine, & ne soient paresseux d’aller où ils sont advertis qu’il aura esté fait quelque beau jardin, pour voir s’il y a quelque chose de beau dont ils n’en ayent point la cognoissance, mesme, qu’il en demande au jardinier, peut-estre celuy qui demandera, aura aussy quelque fleur que l’autre n’aura point, & par ainsi feront eschange amiablement l’un à l’autre, de telle sorte que l’un et l’autre en seront fort contens. […] feu mon père avoit une quantité de fleurs de toutes sortes, c’est qu’il faisoit comme j’ay dit cy-dessus, il prenoit la peine & le plaisir en mesme temps d’aller voir les jardins qui estoient en réputation, et s’il se présentoit quelque fleur devant ses yeux dont il n’en avoit point, il en demandoit hardiment au jardinier, en luy offrant de luy en donner d’autres qu’il recognoissoit que le jardinier n’avoit pas aussi, par ce moyen ils s’accommodoient ensemble » Claude Mollet, Le théâtre des plans et jardinages, 1652, p. 185-187.

Merci à André @LeNostre pour la transcription !

Regard d’un bibliothécaire sur le droit d’auteur, le droit de l’information, le droit de l’internet et des nouvelles technologies, le droit de la culture, les libertés numériques et bien plus encore !

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Via un article de , publié le 5 mai 2013
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23 mai 2013 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, DECROISSANCE | , , , , , | 6 commentaires

1ères Assises Nationales des Monnaies Locales complémentaires


La Monnaie Locale Complémentaire l’Abeille en Lot et Garonne et le Réseau National des Monnaies Locales Complémentaires organisent les 1ères Assises Nationales des Monnaies Locales Complémentaires en France. 47 monnaies locales sont invitées à ces 1ères Assises.

Le programme des rencontres et des assises

Les 7èmes rencontres des MLC ont lieu le samedi 18 mai 2013 : elles sont plutôt destinées aux porteurs de projets de MLC et elles sont organisées comme les 6 rencontres précédentes. Elles finissent par la conférence de Jean-Michel Servet, le soir, qui sera ouverte à tous.
Les 1ères Assises des MLC ont lieu le dimanche 19 et le lundi 20 mai 2013 ; elles sont composées de tables rondes, d’ateliers et de conférences.

Sur cette page, vous trouverez :

  • le programme général sous la forme du dépliant (PDF du recto et PDF du verso)
  • une description plus précise de l’organisation des 3 journées
  • un tableau des ateliers du samedi au lundi

Le programme complet de ces 3 journées qui se tiendront à Villeneuve sur Lot au lycée l’Oustal les 18/19 et 20 mai 2013.

Ces 3 jours sont ouvert au public et l’entrée est libre et gratuite.

afficheASSISES_internet

 

Monnaies locales complémentaires

Liens:

30 avril 2013 Posted by | ECONOMIE LOCALE, résilience | , , , | Laisser un commentaire

Manuel pratique de la culture maraîchère de Paris.


Un guide écrit en 1845 de la main des maraichers qui travaillaient au alentour de Paris.

Ce guide a inspiré certains maraichers comme  Eliot Colleman ce maraicher, inventeur est l’un des pionniers du maraîchage bio aux USA.

En 45 ans de recherches il a créé un modèle de maraîchage très intensif sur buttes plates et mis au point des outils spécifiques.

Ce guide a inspiré aussi le maraicher parisien Louis Savier.

Une époque où l’agriculture n’était ni bio ni chimique.

A lire et à diffuser : 

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Merci aux paysans sans frontière pour l’archive.

 

15 avril 2013 Posted by | Agriculture vivrière, DECROISSANCE, ebook | , , , , , , | 6 commentaires

Bernard Charbonneau. La décroissance contre le totalitarisme de l’écologisme politique.


Bernard Charbonneau

Ecologie politique et totalitarisme : la décroissance politicienne est-elle le « Nouvel Ordre écologique » ?

« La protection de la nature suppose un minimum d’organisation, mais celle-ci étant l’antithèse de la nature, l’organiser équivaut le plus souvent à la détruire ».

« Nous courons d’abord le risque, non négligeable, d’une destruction de l’homme par celle de son milieu ; car une bonne prospective ne doit pas oublier qu’un siècle de société industrielle n’est rien, et qu’elle vient juste de naître. Et même si la connaissance scientifique et la maîtrise technique du milieu humain devaient progresser au même rythme géométrique que sa destruction, il n’en reste pas moins que, pour sauver l’homme d’une destruction physique, il faudra mettre sur pied une organisation totale qui risque d’atrophier cette liberté, spirituelle et charnelle, sans laquelle le nom de l’homme n’est plus qu’un mot. En dehors de l’équilibre naturel dont nous sommes issus – si les données actuelles ne changent pas -, nous n’avons qu’un autre avenir : un univers résolument artificiel, purement social. […] Mais, tels que nous sommes encore, qui de nous prétendrait sérieusement assumer un tel avenir ? Il nous faut l’infini du ciel sur la tête ; sinon nous perdrons la vue, surtout celle de la conscience. Si l’espèce humaine s’enfonçait ainsi dans les ténèbres, elle n’aurait fait qu’aboutir, un peu plus loin, à la même impasse obscure que les insectes ».

Bernard Charbonneau, Le Jardin de Babylone.

Publié pour la première fois en 1969, Le Jardin de Babylone est parmi la vingtaine de livres de Bernard Charbonneau [1] celui où il s’est plus particulièrement attaché à montrer comment, après avoir ravagé la nature, la société industrielle finissait de l’anéantir en la « protégeant », en l’organisant. Le « sentiment de la nature » et la compassion envers elle, si présents chez les professionnels de l’écologisme politique, étaient alors interprétés magistralement comme le produit même des sociétés industrielles. Et ce n’est pas le moindre mérite de cet ouvrage que d’avoir dénoncé si tôt ce que devait nécessairement devenir la « défense de la nature » dès lors qu’elle séparait sa cause de celle de la liberté. « L’indigne régression que constitue de ce point de vue l’écologisme politique écrit ainsi les éditions de l’encyclopédie des Nuisances, était ainsi jugée là par avance » [2].

Charbonneau écrivait ainsi au lendemain de la candidature de Dumont, « la rapidité avec laquelle la société industrielle a récupéré le mouvement écologique s’explique par des raisons que l’on peut ramener à deux :

1) Elle ne peut continuer quelque temps de plus à détruire la nature que si elle contrôle un peu mieux ses propres nuisances. Il est évident que si l’on ne dépollue pas les rivières, les usines s’arrêteront de tourner parce que l’eau deviendra inutilisable. Et cette dépollution est appelée à devenir la grande affaire de demain.

2) Dans la mesure ou le matériel humain, notamment la jeunesse, réagit au monde invivable que lui fait la croissance, il importe de contrôler ses réactions en lui fournissant les divers placebos intellectuels qui les détourneront dans l’imaginaire » [3]. On se demande parfois si les illusionnés de la politique parmi nos actuels objecteurs de croissance ne reproduisent pas à la lettre près les mêmes travers et mêmes ambiguïtés que Charbonneau analysait dans le « mouvement écologiste » au milieu des années soixante-dix. La comparaison est vraiment frappante.

Les « illusions politiques »

Partageant les critiques faites par son ami J. Ellul des « illusions politiques » qui meuvent les politiciens de tous bords et de trop nombreux « objecteurs de croissance » [4], Charbonneau écrivait plus encore à l’encontre de ses amis écologistes, que « si jamais, tentant de vivre ce rêve jusqu’au bout, nous faisions de l’Eden une réalité quotidienne, alors, il est probable qu’en nous réveillant enfermés dans cet univers total, nous découvrions l’enfer » [5]. En effet remarquait-il, l’intégration prochaine du projet d’auto-limitation de l’écologie politique radicale au Léviathan techno-économique, risque bien d’être la dernière pièce apportée au château fort mondial : le sauvetage de la nature par son organisation ne sera que la poursuite de la rationalisation toujours plus achevée des comportements sociaux. Le moralisme écologiste aura alors pour seul visage celui de la société totalitaire : une « organisation sociale totale ». Car lorsque la raison humaine s’applique avec les écologistes comme avec les politiciens de la décroissance, à sauver l’étant naturel qu’elle estime avoir malmené dans sa conquête technicienne, elle en reste à une attitude naturelle face à la vie. Bien que louable, cette attitude pourrait bien n’être en fait que l’ultime péripétie de la même entreprise d’arraisonnement de la nature qui a dirigé l’ère industrielle. Ainsi, « ce seront les divers responsables de la ruine de la terre qui organiseront le sauvetage du peu qui en restera, et qui après l’abondance géreront la pénurie et la survie » [6]. Voilà résumé ce qu’est au fond l’écologisme économiciste et développementiste, comme celui qui va servir demain au renforcement de la Méga-machine et qui nous affirme dès aujourd’hui que « seule l’innovation peut vaincre les réticences de ceux, majoritaires dans le monde, qui craignent que la lutte pour le climat impose des restrictions négatives pour la croissance, donc l’emploi. Il faut pouvoir les persuader qu’une croissance  » écologique « , économe, est possible, qu’elle sera positive pour l’emploi et qu’elle ne plongera pas le monde dans un malthusianisme dépressif » [7].

Le projet éco-technocratique de faire de « la planète un objet de gestion »

W. Sachs montre lui aussi fort justement que les écologistes dans leur projet éco-technocratique de faire de « la planète un objet de gestion », ne marquent en rien une rupture avec les pratiques existantes puisqu’en fin de compte ils ne font que pousser à son terme la rationalisation du monde déjà amorcée. « Puisque leur sens écologique se contente d’une cure d’efficacité pour les moyens et ne remet pas en question la croissance constante des objectifs, ils ne peuvent s’empêcher de pousser plus loin la rationalisation du monde au nom de l’écologie » [8]. « Se dessine ainsi au nom de l’écologie poursuit-il, l’occidentalisation du monde poussée plus loin, un colonialisme culturel (non intentionnel) qui finalement, se retourne contre l’objectif premier qui est de trouver la paix avec la nature ».

Ainsi écrivait de façon des plus pertinentes l’objecteur de croissance gascon à propos de l’écologisme : « réaction contre l’organisation, le sentiment de la nature aboutit à l’organisation ». Chaque nouvelles propositions écologistes la plus politicienne qui soit, consiste dans le renforcement de la Méga-machine, c’est-à-dire le suréquiment de la forme-marchandise. Ainsi, « avec la crise du pétrole on peut penser que l’énergie solaire deviendra une réalité. Mais dans le cadre du Développement elle ne remplacera pas le nucléaire, elle si ajoutera » [9].

Et il en est de même avec la fameuse « agriculture biologique » [10], les « parcs naturels » ou encore les « énergies éoliennes » industrielles que soutiennent par exemple un des innombrables magazines de l’écologie marchande comme la revue Silence [11] : « La campagne n’est campagne et le paysan, paysan, écrit Charbonneau que s’il existe une agriculture qui ne soit pas le simple prête-nom de l’industrie agrochimique. Une agriculture tout court ; nul besoin de lui ajouter le qualificatif de « biologique », c’est une tautologie puisque, lorsqu’elle mérite son nom, elle est pour l’essentiel une technique du vivant. (…) Le mythe du bio ne produit pas seulement des aliments “ naturels ” , depuis qu’il est devenu à la mode, il alimente aussi en rêves la nostalgie de nature des sociétés industrielles. Toute frustration [provoquée par le système industriel agro-chimique] entraîne deux sortes de réactions : la volonté active d’y mettre fin ou l’évasion dans l’imaginaire, bien plus facile et à effet immédiat. C’est pourquoi au totalitarisme industriel répliquent une mythologie et une idéologie naturistes qui, elle aussi, nourrissent le public d’ersatz en lui vendant de la nature trop chimiquement pure pour être naturelle » [12].

Selon Charbonneau il n’y a donc pas de critère plus sûr de la civilisation industrielle que le « sentiment de la nature » si cher aux écologistes de caserne comme aux politiciens de la décroissance.

« D’instinct poursuit-il, la société industrielle se défend de cette puissance qui la menace, elle prend les devants pour la contrôler, et dans cette entreprise d’intégration trouve la complicité de individus. Les passionnés de la nature sont en général à l’avant-garde de sa destruction ». Ainsi la société de croissance ne paie pas ses serviteurs pour rien. La politique, quand elle est réduite à de la technique de gestion comme le faisait remarquer Ellul, ou encore quand elle n’a fait que s’économiciser un peu plus, n’est qu’une formidable illusion quand elle n’est pas une véritable machine de guerre contre ce qu’il reste de la vie sur Terre. La politique n’est donc pas la solution pour la décroissance et les écologistes. Bien au contraire. Car les risques d’un totalitarisme écologiste sont certains, la politique fait donc partie intégrante du problème écologique et humain que posent les sociétés de croissance. Lorsque les scientifiques, les ingénieurs et les politiques font bloc, ça ne présage en général rien de bon… pour les humains. Voir les précédents historiques : nazisme, communisme, Inquisition (les docteurs sont des théologiens). Cela Charbonneau l’aura vu avant tout les politiciens de l’écologie. Marqué par son expérience de l’économie de guerre lors du Premier conflit mondial, il rejoint la question fondamentale que pose la philosophe Hanna Arendt au lendemain de la Seconde guerre mondiale : après l’ère de la « politisation totale », « la politique a-t-elle finalement encore un sens ? » [13]. Dans « l’expérience des formes des régimes totalitaires dans lesquelles c’est l’existence tout entière des hommes qui a été complètement politisée, ne laissant en conséquence subsister absolument aucune liberté », « le doute concernant la compatibilité de la politique et de la liberté, la question de savoir si la liberté en général ne commence pas précisément là où cesse la politique, en sorte qu’il n’y a précisément plus de liberté là où le politique ne trouve nulle part sa fin et ses limites » s’imposent désormais [14].

Et cette impérieuse nécessité de ne pas éliminer la liberté en politisant l’écologie, aura été tout le combat de Charbonneau. A contre-pied de l’ensemble des politiciens de l’écologie (y compris et surtout René Dumont), l’alliance de l’écologie et de la liberté aura été le leitmotiv de toute sa vie. Il commença alors la critique préalable du totalitarisme, et en creux de l’écologie politique étatique, dans son magnifique ouvrage intitulé L’Etat. Il rejoint encore une fois la pertinence de l’analyse d’Arendt qui écrivait que la question qu’elle posait – la politique a-t-elle encore un sens ? -, « rend toute politique suspecte, elle fait apparaître comme douteuse la comptabilité de la politique et du maintien de la vie dans les conditions modernes, et elle espère secrètement que les hommes se rendront à la raison et se débarrasseront d’une manière ou d’une autre de la politique avant qu’elle ne les fasse tous périr. Mais l’on pourrait objecter que l’espoir que tous les Etats dépérissent, à moins que ce ne soit la politique qui disparaisse d’une manière ou d’une autre, est utopique, et il est probable que la plupart des gens seraient d’accord avec cette objection. Cela ne modifie pourtant en rien poursuit Arendt, cet espoir et cette question » [15]. Plaçant son projet en dehors de toutes propositions politiques et étatiques qui ne font toujours que renforcer l’organisation de la nature et rationaliser totalitairement l’organisation écologiste et sociale de la société, Charbonneau aura été ainsi le premier et l’unique penseur écologiste anti-totalitaire.

Post-politique de décroissance : sortir de l’écologisme politique comme de l’économie [16].

Ainsi donc comme le remarquait déjà l’Encyclopédie des nuisances dans un texte qui a déjà aujourd’hui, dix-sept ans, et intitulé « A ceux qui ne veulent pas gérer les nuisances mais les supprimer », « la censure de la critique sociale latente dans la lutte contre les nuisances a pour principal agent l’écologisme : l’illusion selon laquelle on pourrait efficacement réfuter les résultats du travail aliéné sans s’en prendre au travail lui-même et à toute la société fondée sur l’exploitation du travail. Quand tous les hommes d’Etat deviennent écologistes, les écologistes se déclarent sans hésitation étatistes. Ils n’ont pas vraiment changé, depuis leurs velléités  » alternatives  » des années soixante-dix. Mais maintenant on leur offre partout des postes, des fonctions, des crédits, et ils ne voient aucune raison de les refuser, tant il est vrai qu’ils n’ont jamais réellement rompu avec la déraison dominante. Les écologistes sont sur le terrain de la lutte contre les nuisances ce qu’étaient, sur celui des luttes ouvrières, les syndicalistes : des intermédiaires intéressés à conserver les contradictions dont ils assurent la régulation, des négociateurs voués au marchandage (la révision des normes et des taux de nocivité remplaçant les pourcentages des hausses de salaire), des défenseurs du quantitatif au moment où le calcul économique s’étend à de nouveaux domaines (l’air, l’eau, les embryons humains ou la sociabilité de synthèse) ; bref, les nouveaux courtiers d’un assujettissement a l’économie dont le prix doit maintenant intégrer le coût d’un  » environnement de qualité « . On voit déjà se mettre en place, cogérée par les experts  » verts « , une redistribution du territoire entre zones sacrifiées et zones protégées, une division spatiale qui réglera l’accès hiérarchisé à la marchandise-nature. Quant a la radioactivité, il y en aura pour tout le monde. Dire de la pratique des écologistes qu’elle est réformiste serait encore lui faire trop d’honneur, car elle s’inscrit directement et délibérément dans la logique de la domination capitaliste, qui étend sans cesse, par ses destructions mêmes, le terrain de son exercice. Dans cette production cyclique des maux et de leurs remèdes aggravants, l’écologisme n’aura été que l’armée de réserve d’une époque de bureaucratisation, ou la rationalité est toujours définie loin des individus concernés et de toute connaissance réaliste, avec les catastrophes renouvelées que cela implique » [17].

Dans les pas de Charbonneau, la décroissance ne peut alors qu’être à l’opposé de l’actuelle régression de l’écologisme politique.

Il s’agit ainsi de sortir des faux choix immanents au système de la société de croissance et d’abord remettre en question la domination et l’aliénation politique. Faire en sorte que l’on ne puisse « programmer l’espérance » et le sauvetage de la Planète, comme l’on organiserait un défilé des Jeunesses Ecologistes marchant au pas. Seule une position résolument hors système, à la fois contre le mythe occidental de la croissance comme métaphore biologique du « développement », et contre la politique comme sphère autonome surplombant et logicialisant la société, sera à même de faire dérailler la société de la croissance de la valeur. Sans remettre en cause l’ontologie politique de la modernité, la mouvance pour la décroissance risque en effet de ne proposer que le renforcement du processus moderne de rationalisation des rapports sociaux marchands (toujours plus cohérents et efficients car toujours plus spectaculaires) en tenant compte des capacités d’auto-limitation des individus.

La politique des valeurs, de l’auto-limitation et la nécessaire responsabilisation de chacun doit-elle être posée en terme de politique instrumentale séparée d’avec notre propre vie, demandaient Charbonneau et J. Ellul ? Quelles que soient les bonnes intentions de ceux qui croient encore incarner une pseudo « écologie politique antitotalitaire » avec des instruments comme l’Etat (social), la Loi et le Droit, la pente réactionnaire ouvrant sur « l’éco-fascisme » nous attend ici au coin de la rue si nous ne posons pas de nouvelles questions, et si nous préférons par facilité et par paresse, nous replier sur le catalogue du vieux monde des idées toutes faites. Car comme le faisait encore remarquer Charbonneau, à l’Etat libéral, « l’Etat totalitaire n’est qu’une conclusion » [18]. Et il en serait de même – et surtout – pour un Etat prônant la décroissance « équitable » et « humaniste ». Cela, Catherine Tarral en a déjà fait longuement la remarque à certains des politiciens de la décroissance, en leurs disant que « l’essentiel de leurs propositions était des propositions réglementaires qui supposaient un Etat et même un Etat fort.

A aucun moment ces auteurs [Helena Norbert-Hodge, François Schneider, Vincent Cheynet, Mario Buonatti, Paul Ariès, Bruno Clémentin, etc] ne semblent se poser la question de la nature de l’Etat, de l’appareil coercitif indispensable à l’application des mesures parfois rudes qu’ils préconisent, ils n’imaginent pas non plus apparemment que l’Etat pourrait ne pas être l’instrument adéquat d’une entreprise de libération de l’humanité » [19].

Charbonneau en juillet 1974 dans La Gueule Ouverte, faisait les mêmes remarques mais à propos de nos écologistes de l’époque (René Dumont) : « Bien des mouvements d’opposition et même des révolutions sont ambigus. Autant ils détruisent une société, autant ils regénèrent le gouvernement, l’économie, la morale, l’armée et la police. L’histoire de l’U.R.S.S. en est un bon exemple. Elle a réussi un renforcement de l’Etat et de la société russes que le régime tsariste était impuissant à réaliser. Le ‘‘ mouvement écologiste ’’ n’échappe pas à cette ambiguïté, surtout en France » [20].

La décroissance ne servira-t-elle finalement qu’à repeindre en vert les guérites de l’ « économie inventée » [21] ? Sera-t-elle le nouveau gadget idéologique du système dominant pour en gérer toujours mieux les contradictions, un énième cache-misère dont la fausse rapidité spectaculaire est marquée au fer de l’effroyable lenteur de ce qui inlassablement essaie péniblement de se faire passer pour un renouvellement [22] ? L’écologisme a toujours donné l’impression depuis les années 70 qu’il était en train de nous envoyer la marchandise ultime. Et là encore dans le renouvellement des mots que le Spectacle diffuse et renouvelle par stocks trimestriels, le « mot-obus » a trop souvent été présenté par nos actuels écologistes comme la revente à l’étalage de l’antiproductivisme économiciste de leurs aînés, argutie sur ce qui continue à flotter à la surface gélatineuse du Spectacle, c’est-à-dire qui ne met jamais en cause les « catégories de base de l’économie » (A. Jappe). Pour les écologistes en effet, cette vieille énormité crevée qu’est l’économie, « reste très importante » comme écrit l’écologiste traditionnel Vincent Cheynet. Il est donc temps de liquider l’écologie quand la myopie économiciste reprend du poil de la bête. L’artificialisation et la méga-machinisation de nos vies en une sphère d’interdépendances générale et de plus en plus planétaire, où nous sommes toujours plus irresponsables à mesure que nous devenons impuissants, voilà l’ennemi à abattre ! L’autonomie du monde de la production comme les écologistes ne connaîtront plus de répits. Car le politique dans son stade moderne d’économicisation achevée, n’est que l’autre visage de la marchandise à renverser. Le dégonflement des rôles entretenus par la Séparation de la vie avec sa représentation (et la victoire de cette dernière sur la première), précipite dès lors le temps spectaculaire au profit de l’espace d’un éternel présent vivant. Le rôle (économique, politiste, social, syndical… c’est-à-dire machinal et machinique) laisse sa place à une « forme-de-vie » décroissante.

La décroissance de l’empreinte écologique de nos sociétés par une « sortie de l’économie » (S. Latouche), c’est-à-dire la sortie des conditions de possibilité de l’échange marchand, ne peut ainsi qu’impliquer derechef la sortie de l’ontologie politique de la modernité qui n’est que le suréquipement de la marchandise. A moins de verser dans un éco-totalitarisme de décroissance qui n’aura même plus le bénéfice d’avoir le « visage humain » de l’écologisation de l’économie chère au cybernétique Georgescu-Roegen.

Avec Charbonneau et pour la décroissance, la politique est ainsi très loin d’être la solution, elle est au contraire la partie intégrante du problème que posent les sociétés de croissance [23].

L’après-développement ne peut ainsi qu’ouvrir selon les termes de Robert Kurz, que sur l’horizon « post-politique » de la décroissance comme sur celui de « l’après-développement ». Car la modernité politique fait partie intégrante de la « Grande mue », parce que l’autonomie du politique et l’autonomie de l’économique sont l’avers et le revers d’une même monnaie, la mise en branle de la mégamachinisation de nos vies. Si la question politique se pose pour la décroissance, elle se pose en de tout autres termes que ceux des politiciens de la décroissance et de l’écologie politique. C’est de notre capacité pratique et intellectuelle à penser le mouvement de sortie de la croissance économique en dehors des termes de l’autonomie du politique, qu’il découlera que la décroissance renforcera ou non l’actuelle poursuite du processus totalisant. Plus que la question de la politique, dé-penser et ré-inventer le politique est ainsi bien au cœur de la décroissance [24].

Clément Homs.


[1] On se reportera à l’ouvrage désormais de référence sur Charbonneau, Daniel Cérézuelle, Bernard Charbonneau. Ecologie et Liberté, Parangon, Coll. L’après-développement, 2006.
[2] Présentation par l’Encyclopédie des Nuisances de l’ouvrage de Charbonneau, Le Jardin de Babylone, in Catalogue 2005 des éditions.
[3] B. Charbonneau, « Le mouvement écologiste mise en question ou raison sociale », in La Gueule ouverte n°21, juillet, 1974, p. 24.
[4] Jacques Ellul, L’illusion politique, La Table ronde, 2004.
[5] B. Charbonneau, Le Jardin de Babylone, Encyclopédie des nuisances, 2002, p. 18.
[6] B. Charbonneau, Le Feu vert. Auto-critique du mouvement écologiste, p. 131.
[7] Dans l’éditorial du journal Le Monde du 5 février 2007, qui depuis 5-6 mois s’est lui aussi converti à prôner aux milieux des machinistes et « propriétaires de la société » (Max Weber) comme l’ont toujours fait nos écologistes politiciens comme « alternatifs », le nouveau paradigme écologiste de la gouvernance mondiale au sein de la Méga-machine techno-économique : l’écologisme économiciste, c’est-à-dire le nouvel âge de la forme-marchandise dans son suréquipement écologique. La planète devient un nouveau objet de gestion, car il s’agit maintenant de rentabiliser le changement climatique.
[8] Wolfgang Sachs, Des ruines du développement, Ecosociété, 1996, p. 76. p73-74 pour la citation suivante.
[9] B. Charbonneau, Le Feu vert, op. cit., p. 129
[10] Bernard Charbonneau condamne fortement l’agriculture biologique, il écrit ainsi qu’elle « s’efforce de commercialiser des produits aussi naturels que possible, comme Nature et Progrès, trop soucieuse d’orthodoxie, elle ne peut fournir qu’une faible part du marché alimentaire ; et elle n’évitera pas d’être plus ou moins victime d’une pollution généralisée. Par ailleurs, ayant un complexe d’infériorité vis-à-vis de l’agronomie et de l’agrochimie officielles – quelle a le tort de qualifier de « classiques » alors qu’elles sont exactement le contraire – et se voulant crédible, elle leur emprunte, outre leur langage, leurs critères de productivité et de rentabilité. Demandant plus de travail pour des rendements ordinairement plus faibles, l’agriculture bio est obligée de vendre ses produits nettement plus cher que les autres. Elle s’enferme ainsi dans un ghetto qui écoule sa marchandise dans la bourgoisie. Cette production marginale ne concurrence donc en rien celle de l’agrochimie qui est prête à l’intégrer dans son système en lui accordant un label de « produit naturel » décerné par le service dit « des fraudes » parce qu’il sert les fraudeurs industriels du faux poulet ou du faux pain. Et un beau jour, déjà proche, les trusts-de-la-bouffe-lourde complèteront la gamme de leur production en réservant un banc à l’agriculture biologique dans leurs supermarchés. Celle-ci jouera ainsi dans l’alimentation le même rôle que le parc national dans le tourisme : la réserve alimentaire justifiera l’abandon de tout le reste à l’industrie. Comme c’est déjà le cas pour certains produits, comme le vin, elle contribuera à faire éclater le marché entre le secteur de la qualité d’appellation contrôlée pour les riches et de la quantité non-contrôlée pour les pauvres. Ce qui signifie la distinction radicale de la société en classes, la fin de la fête populaire quotidienne, réduite en pilule de survie. » in Bernard Charbonneau, Sauver nos régions. Ecologie, régionalisme et sociétés locales, Sang de la Terre, 1991, chapitre 10 « Les pieds sur Terre », p.179.
[11] On verra par exemple l’article de Bertrand Louart, « Silence, on tourne ! Lettre Ouverte à la revue écologiste Silence ! et aux admirateurs des éoliennes industrielles récement construites en France », in revue Notes et Morceaux choisis, Bulletin n°5, février 2002. Que l’on peut lire en pdf ici.
[12] Bernard Charbonneau, Sauver nos régions. Ecologie, régionalisme et sociétés locales, Sang de la Terre, 1991, chapitre 10 « Les pieds sur Terre », p.178.
[13] Hannah Arendt, Qu’est-ce que la politique ?, Seuil, 1995.
[14] H. Arendt, ibid., p. 65
[15] H. Arendt, ibid, p. 66.
[16] Pour un plus ample développement de la perspective post-politique, voir mon texte (à paraître), « Que la vie l’emporte sur sa représentation. Brèves remarques sur les illusions politiques et des moyens impolitiques de s’en débarrasser », revue Entropia, mars 2007.
[17] Encyclopédie des nuisances, « A ceux qui ne veulent pas gérer les nuisances mais les supprimer », in Revue de L’EDN, janvier 1990. Article que l’on retrouve sous forme de brochure sur le site infokiosque.net et le site decroissance.info.
[18] B. Charbonneau, L’Etat, Economica, Paris, 1987, p. 235.
[19] Catherine Tarral, « La décroissance, l’économie, l’Etat », in revue Notes et morceaux choisis, Editions de La Lenteur, décembre 2006. Une version initiale est également parue dans le Bulletin de La Ligne d’Horizon et sur le site internet decroissance.info.
[20] B. Charbonneau, « Le ‘‘ mouvement écologiste ’’ mise en question ou raison sociale », in La Gueule Ouverte, juillet 1974, n°21.
[21] Voir S. Latouche, L’invention de l’économie, Albin Michel, 2005.
[22] On peut voir par exemple l’article de Bertrand Louart, « La Décroissance, le journal de l’Ordre », paru dans la revue Notes et Morceaux choisis, n°7, op. cit.
[23] On peut voir aussi le chapitre « La politique n’est pas la solution » in Anselm Jappe, Les aventures de la marchandise. Pour une nouvelle critique de la valeur, Denoël, 2003.
[24] Cf. par exemple S. Latouche dans son livre, Le pari de la décroissance, Fayard, 2006, qui aborde ainsi la question de la relocalisation du et de la politique.

le vendredi 6 avril 2007
par Clément Homs ; Décroissance.info

Pour approfondir : La décroissance: naissance d’une pensée anti-systémique , Timothée Duverger

12 avril 2013 Posted by | DECROISSANCE, Notre démocratie | , , , , , , | 8 commentaires

Mobilité, Technique et Développement


Un séminaire d’histoire de la mobilité s’est tenu le 5 avril 2012 à Paris sur le  thème « mobilité et démocratie »,

Timothée Duverger de l’Université Bordeaux III et Bruno Clémentin du journal La Décroissance sont intervenus sur le sujet « Mobilité, technique et développement ».

Voici la vidéo de la conférence, en deux parties.

Première Partie: Histoire du développement des sociétés et de leur mobilité

Conférence Mobilité, Technique et Développement… par Master_HCEAI

Deuxième partie: Déconstruire la critique écologique de l’automobilisme.

7 avril 2013 Posted by | DECROISSANCE, TRANSPORTS | , , , | 2 commentaires

Enric Duran (le Robin des Banques) doit rester libre!


Enric Duran est le créateur du concept de Coopérative Intégrale.

Il a exproprié 492 000€ aux banques, qu’il a reversé dans les mouvements sociaux et l’édition des publications de Crisi? et Podem!, deux journaux gratuits distribués respectivement à 200 000 et 350 000 exemplaires. Dans le premier le collectif Crisi faisait l’état des lieux de cette crise systémique qui deux jours plus tard commençait (avec l’épisode Lehman Brother). Le second, se voulait être le journal des possibles.

Pour signer la pétition en soutien à Enric Duran : ICI

Juste après sa sortie, alors que la conférence de presse se terminait à l’université de Barcelone, Enric fut arrêté et emprisonné un peu plus de deux mois.
Le dispositif policier auquel il a eu droit était digne de ceux qu’on réserve au grand banditisme…
L’opinion publique n’a pour autant pas mordu à l’hameçon: cet homme présenté comme un escroc par la presse dominante, n’en était pas un, loin s’en faut. En 2 mois, on a collecté 50 000€ pour payer sa remise en liberté et depuis, vous connaissez la suite, la Coopérative Intégrale Catalane est née, les projets sont de plus en plus ambitieux et répondent de plus en plus aux nécessités des unEs et des autres. L’alternative grandit jusqu’à se faire connaître outre Pyrénées.
L’EcoRéseau du Roannais fut la première tentative (nous ignorons si elle a repris ou périclité), puis le lien entre nos régions s’est crée, et en Bretagne deux EcoRéseaux existent dans le Pays Nantais et le Pays de Questembert.

Aujourd’hui, Enric est menacé par la justice espagnole : La fiscalité et 14 des banques qu’il a exproprié réclament à son encontre 8 ans de prison. Enric résiste et désobéit car ses droits fondamentaux ne sont en rien respectés.

Fort de liens avec d’autres groupes révolutionnaires, l’activiste Catalan a entrepris de faire de ce temps fort de la lutte anticapitaliste, une tribune pour la Révolution Intégrale . Il fait écho à l’appel du Sous Commandant Insurgé Marcos « El tiempo del Si » (« le temps du oui ») et s’adresse aux camarades de la ZAD pour internationaliser le mouvement.

L’EcoRéseau est un outil pour la Révolution Intégrale. Nous voulons un changement que nous opérons depuis la base et sur un mode autogéré. En unissant nos forces, partageant nos expériences, et nous concentrant sur ce qui nous unis les unEs aux autres, plutôt que sur ce qui nous sépare, nous sommes en capacité de l’opérer ici et maintenant.

Nous devons user de nos propres moyens pour faire circuler ces informations. Nous comptons sur vous touTEs!

Source: EcoRéseau Pays nantais Par ouestecorezo Février 2013

30 mars 2013 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE | , , , , | 4 commentaires

Le Manuel des jardiniers sans moyens


Le Manuel des jardiniers sans moyens part de la conviction que tout le monde peut jardiner, malgré l’absence d’expérience, de terrain ou de moyens financiers.

Cet ouvrage est complet : Absolument tout du strict nécessaire pour se lancer dans la production de ses propres légumes, sans argent, sans expérience et sans complexe.

(téléchargement gratuit en pdf ):

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jardin

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Produire ses propres semences

Introduction à la permaculture pour les agriculteurs

-Le compost des templiers

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source: http://terredopale.fr

18 mars 2013 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, DECROISSANCE, ebook, ECONOMIE LOCALE | , , , , , | 10 commentaires

17 Avril : Journée internationale des luttes paysannes


Résistez à la commercialisation de la nature – Stop aux accaparements de terres!

Appel à la mobilisation.

Communiqué de La Via campesina
 

Les graves crises environnementales, économiques et sociales actuelles, contre toute attente, n’ont pas conduit la plus part des élites nationales et internationales à un changement radical de direction. Bien au contraire, nous observons que l’offensive s’accentue de la part des superpuissances économiques pour s’accaparer les terres et toutes les ressources encore disponibles, dans le but de faire du profit. La terre est devenue une marchandise comme une autre qui fait l’objet d’échanges spéculatifs, de même que l’eau, les semences etc. Cette hyper commercialisation des biens communs conduit à des expropriations en masse des personnes qui vivent simplement de la terre. Les paysans et paysannes en sont particulièrement affectés.

Au même moment, la résistance se manifeste partout. Dans le monde entier, des communautés urbaines et rurales, touchées par la même vague de privatisation et de destruction de la vie, résistent aux entreprises multinationales qui imposent la règle du profit au détriment des besoins et des droits des populations. Le mouvement de résistance contre les OGM a récemment mené à des victoires : des projets de cultures agro-écologiques durables ont été développés dans des villes et dans les zones rurales pour l’alimentation des populations locales.  Des milliers de personnes ont protesté contre l’absurdité de certains « projets de développement » destructeurs comme des mines, des aéroports, des centres commerciaux ou des plantations industrielles. Des paysans et paysannes, et des groupes de la société civile se sont opposés  à l’accaparement des terres partout…

Le mouvement international La Via Campesina défend et répand les pratiques et les politiques de souveraineté alimentaire dans le monde depuis 20 ans. Pour le lancement des 20 années de luttes à venir, nous appelons à une journée de mobilisation massive le 17 Avril, journée Internationale des Luttes Paysannes, pour reprendre possession de notre système alimentaire qui, de plus en plus, est pris en otage par les multinationales. Nous invitons tout le monde à organiser des activités, des manifestations, des expositions, des actions directes, des débats, des projections de film, des marchés paysans etc., dans votre village, école, lieu de travail, quartier, organisation, communauté…

Ou que vous soyez, rejoignez cette célébration collective le 17 Avril !

  • Informez nous de votre projet en envoyant un e-mail àviacampesina@viacampesina.org
  • Inscrivez-vous à notre liste spéciale de contacts e-mail en envoyant un e-mail blanc à via.17april-subscribe@viacampesina.net
  • Envoyez nous des reportages, des images et des vidéos de votre action ! Nous les publierons sur la nouvelle chaîne Via Campesina TV.
  • Nous publierons une carte des actions menées à travers le monde, sur http://www.viacampesina.org
  • Rejoignez notre évènement Facebook

13 mars 2013 Posted by | Agriculture vivrière, Désobéissance civile, ECONOMIE LOCALE | | 2 commentaires

Camarades de la Zone À Défendre (ZAD)


la zad de Notre Dame des Landes

Communiqué de Enric Duran aux Camarades de la Zone À Défendre ( #ZAD )

Je vous écris à titre personnel, en tant que membre de la Coopérative Intégrale Catalane et du groupe instigateur de l’appel pour la Révolution Intégrale.

Comme vous le savez, à la suite de la diffusion publique de mon action de désobéissance face à la justice et du récent appel à la Révolution Intégrale (http://www.integrarevolucio.net) nous avons repris contact avec des personnes actives sur la ZAD.

“Nous suivons avec beaucoup de respect et d’intérêt la lutte pour la défense et la préservation du bocage nantais, face à ce monumental aéroport que ceux-d’en-haut veulent imposer coûte que coûte.”

De notre côté, nous avons débuté et renforcé un processus accéléré de construction d’une autre société au travers de notre démarche de Coopérative Intégrale; une structure dans laquelle il est possible de vivre dans le respect du bien commun. Vous pouvez découvrir plus en détail l’évolution du projet des Coopératives Intégrales en suivant ce lien :

http://enricduran.cat/es/el-tiempo-del-si/

Depuis l’été dernier, nous travaillons à générer une proposition d’espace politique et idéologique international avec des camarades issus d’autres collectifs. Il s’agirait aussi d’un espace de soutien mutuel et de solidarité entre les mouvements d’auto-organisation provenant de la base. Nous croyons que le concept de Révolution Intégrale pourrait convenir à cette tâche, même si le plus important est d’avoir en commun ces fondements que nous partageons.

Quand nous avons appris la date de mon procès – c’est à dire très récemment – il nous a paru important de créer la connexion entre ma réponse face à l’autoritarisme judiciaire, et cet appel. Cette dernière semaine, nous avons donc fait coïncider ces deux informations; elles représentent toutes deux l’amorce d’un tournant important dans notre action.

Mardi dernier, je ne me suis pas présenté à la farce judiciaire orchestrée en mon honneur.

On requiert contre moi huit ans de prison pour m’être rapproprié une petite partie du patrimoine collectif que la banque a volé au peuple. Plus d’information sur ce sujet : http://7seizh.info/2013/02/13/catalogne-desobeissance-civile-pour-enric-duran-le-robin-des-banques-catalan/

Étant donné que nous n’accordons aucun crédit au système judiciaire de l’État – comme au reste des institutions représentant le pouvoir – nous persisterons sur cette voie [de désobéissance] jusqu’à ce qu’on laisse nos camarades en paix, tout en continuant à construire une autre société, à partir de la rébellion.

Je crois comprendre que nous sommes en phase: Vous avez généré une importante expérience d’auto-organisation et d’autonomie et, comme la nôtre, votre réalité est en train de se transformer grâce au temps de création collective que vous vivez au quotidien.

Résistance et autonomie ; désobéissance et autogestion, sont deux dimensions d’un même chemin vers le monde que nous voulons.

Les zapatistes, dont notre action s’inspire beaucoup, ont récemment formulé un appel à cet objectif constructif que de plus en plus de mouvements à travers le monde considèrent comme une manière de faire la révolution ; ils l’ont appellé “El Tiempo del Si”, “Le Temps du Oui”. Votre lutte fait aussi partie des éléments importants de cet appel à la Révolution Intégrale; elle force le respect.

Nous pensons que votre participation sera importante pour impulser ce processus de rencontre pour la Révolution Intégrale, tant à l’échelle la plus locale que dans l’ensemble de l’Europe et du monde.

Votre lutte est notre lutte : notre autonomie est la vôtre.

Enric Duran

15/ 02/2013

http://enricduran.cat/es/carta-de-enric-duran-a-la-zone-a-defendre-zad-2/

Català, Castellano

24 février 2013 Posted by | Agriculture vivrière, Désobéissance civile, DECROISSANCE | , , , | 2 commentaires

« Les enjeux des sols et de la terre arable »


terre-arable.jpeg

Ce film d’animation (en français) raconte la réalité des ressources en terre arable du monde entier.

Il couvre les questions de la dégradation des sols, de l’urbanisation, de l’accaparement des terres et leur surexploitation.

Le film offre des options pour rendre la façon dont nous gérons nos sols plus durable.

Pour plus d’informations visitez www.globalsoilweek.org

31 janvier 2013 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation | , , , , | 12 commentaires

Collectifs girondins contre tous les grands projets inutiles et imposés.


grands projets inutiles

CRÉATION D’UN COMITÉ DE SOUTIEN
BASSIN D’ARCACHON – VAL DE L’EYRE – NORD DES LANDES
À LA MOBILISATION CONTRE LE PROJET D’AEROPORT DE NOTRE DAME DES LANDES
ET CONTRE TOUS LES GRANDS PROJETS INUTILES ET IMPOSES

A l’attention de l’ensemble des citoyens,

Trois collectifs girondins sont en cours de création :

  • Bordeaux,
  • Libourne
  • Bazas-Langon.

L’idée de relocaliser les manifestations nationales ou régionales chez nous, d’organiser des rassemblements en « circuit court », prend tout son sens.

Un appel à rassemblement citoyen avait été lancé et qu’une cinquantaine de personnes se sont réunies de manière conviviale mais convaincues sur la place de la mairie de Belin-Béliet le 17 novembre 2012 (ici).
C’est pourquoi, nous lançons un appel à création d’un comité de soutien sur le Bassin d’Arcachon-Val de l’Eyre et Nord des Landes.

Les quatre comités seront en lien pour coordonner les collectes et soutiens matériels éventuels à acheminer sur la ZAD tout au long de l’hiver.

  • Pour soutenir les initiatives des occupants de la Zone À Défendre, en opposition aux expulsions de Notre Dame Des Landes
  • Pour demander une consultation systématique et démocratique des citoyens face à tous ces Grands Projets Inutiles Imposés, dont l’Ayraultport de Notre Dame Des Landes est devenu le symbole…
  • Pour réclamer des politiques responsables écologiquement et socialement, sur l’ensemble de nos territoires.

Alors que la situation économique, sociale et environnementale se dégrade chaque jour en France, la mobilisation contre Notre Dame des Landes est devenue le symbole de la lutte contre les grands projets inutiles qui :

  • Dilapident l’argent public au seul profit des multinationales
  • Détruisent des terres agricoles et des zones humides
  • Participent au saccage du modèle social issu de la résistance
  • Nie les conséquences du pic du pétrole et la déplétion des ressources en générale
  • Contribuent à la production de CO² et aux changements climatiques

Nous proposons à l’ensemble des citoyens qui se sentent concernés de se manifester afin de créer un comité de soutien et d’organiser des actions communes, et s’inscrire par mail à : soutien.nddl-bassinvaldeleyre@riseup.net

Prochain rassemblement de soutien à Belin-Béliet le samedi 15 décembre, à 11h, place de la Mairie. Venez avec votre pique-nique !

Merci de faire circuler l’information dans vos réseaux.

Plus d’infos : Notre Dame des Landes – Zone à défendre https://zad.nadir.org/?lang=fr

Pour la création du collectif,
Sophie et Cynthia
de Belin-Béliet

1 décembre 2012 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE | , , , | 3 commentaires

La crise symptome d’un manque de démocratie directe.



Préoccupé de ce qu’il estime être des dérives de nos sociétés, Jacques Testart s’affirme le défenseur têtu d’une science contenue dans les limites de la dignité humaine et de la démocratie réelle1.

Jacques Testart est chroniqueur du journal La Décroissance2 ainsi que du journal Le Sarkophage. Il a soutenu José Bové lors de l’élection présidentielle de 2007.

Il est le fondateur et le président d’honneur de la Fédération des biologistes de la fécondation et de la conservation de l’œuf (BLEFCO). Il est également fondateur ancien administrateur du Groupe d’étude de la FIV en France (GEFF) et du dossier national informatisé (FIVNAT). Il est membre de la Commission nationale de médecine et biologie de la reproduction (CNMBR) 1988-2000 et membre du Conseil pour les droits des générations futures 1993-1995. Il devient président de la Commission française du développement durable (CFDD) entre 1999 et 2003 et membre du Conseil d’évaluation et de prospective de la Commission des affaires étrangères et du plan du Sénat (depuis 2003).

Jacques Testart est aussi administrateur de Inf’OGM et président de l’association Fondation Sciences Citoyennes3, et est membre du Conseil scientifique d’Attac. Il est également très critique envers les OGM.

Jacques Testart se pose en ennemi du libéralisme économique4. Il soutient que l’eugénisme est au service du libéralisme5 et que le scientisme est l’allié naturel de ce dernier. Jacques Testart appelle à une « science citoyenne », indiquant qu’il faut « refonder notre système de recherche autour d’un nouveau contrat entre science et société, de nouvelles missions et orientations de la recherche et d’une alliance forte entre les acteurs de la recherche publique et la société civile, porteuse d’intérêts non marchands »6.

Jacques Testart a écrit plusieurs ouvrages de vulgarisation et de réflexion (voir « Ouvrages » ci-dessous) où les propositions techniques de la biomédecine sont analysées et critiquées, ainsi que de très nombreux articles dans la presse où il expose ses prises de positions scientifiques et éthiques. Il se définit lui-même comme un critique de science, expliquant que « comme le critique d’art ou le critique littéraire, le critique de science, qui n’est absolument pas un ennemi des sciences, s’autorise à porter des jugements plutôt qu’applaudir religieusement toutes les productions de laboratoire »7.

29 novembre 2012 Posted by | DECROISSANCE | , , | Laisser un commentaire


25 novembre 2012 Posted by | Non classé | Laisser un commentaire

Notre Dame Des Landes en images.


Photos et reportage vidéo sur la manif du 17 à diffuser !

Un montage photo, sur la bande son de la Rue Kétanou :

Un superbe montage photo avec une bande son bien choisi :

Un reportage vidéo qui vaut vraiment le coup d’oeil :

Et pour finir une vidéo de BastaMAG :

Notre-Dame-des-Landes from Bastamag on Vimeo.

Un autre beau montage photo ici :

http://wp.me/p1hwU8-16r
Un reportage vidéo à voir absolument :

http://wp.me/p1hwU8-15K

Un reportage de Rennes TV qui vaut aussi le coup d’oeil :

http://wp.me/p1hwU8-15G

Des vidéos en vrac de la manif du 17 :

http://wp.me/p1hwU8-15J

Et enfin, de nombreuses vidéos des semaines d’occupation militaire de la ZAD et de la résistance à cette dernière ici :

https://zad.nadir.org/spip.php?article510

…………………………………………………….

source:lutteaeroportnddl.com

24 novembre 2012 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE | , , | Laisser un commentaire

Notre Dame des Landes : Halte à la répression, stop à l’aéroport !


appel unitaire

Depuis le 16 octobre, l’agression subie par les habitants de la zone concernée par le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44), a franchi un nouveau cran.

Parce qu’ils défendaient la préservation des terres agricoles, des écosystèmes, et ont mis en place des modes de vie alternatifs, les habitants de la ZAD (Zone d’aménagement différé renommée Zone A Défendre) et leurs familles ont été chassés de leurs maisons, 15 jours avant le début de la trêve hivernale, et ces maisons détruites, parfois illégalement, par les forces de l’ordre.

Nous condamnons la violence déployée depuis la semaine dernière lors des expulsions par les gendarmes mobiles et CRS envoyés par le gouvernement, qui illustre ainsi une nouvelle fois son soutien à la multinationale Vinci, maîtresse d’œuvre du projet d’aéroport.

Depuis plusieurs années, les habitants, et les paysans de Notre-Dame-des-Landes se battent contre un projet inutile, coûteux, destructeur de la nature et des terres agricoles (1600 hectares de terres agricoles et de bocage prévus pour la construction de l’aéroport, et des milliers d’autres pour les zones commerciales et industrielles sur les 20 kilomètres qui séparent Notre-Dame-Des-Landes de Nantes). Ces terres sont indispensables pour développer une agriculture saine et de proximité, leur destruction est une signe supplémentaire que le capitalisme est un modèle de développement économique irrationnel. Quand toutes les terres agricoles seront construites comment ferons-nous pour nous nourrir, et où ira se nicher la vie végétale et animale ?

Alors que le gouvernement n’a que la réduction des déficits à la bouche, comment peut-il justifier de gaspiller des centaines de millions d’euros, voire plus, pour construire un aéroport dont il n’arrive même pas à démontrer l’utilité sociale et dont le financement va être assuré par un partenariat public privé garantissant un retour sur investissement exorbitant à Vinci ?

Depuis l’expulsion, les manifestations de soutiens et les actions entreprises un peu partout en France sont de plus en plus nombreuses et témoignent d’une résistance qui en marche

Nous dénonçons les expulsions et destructions, l’occupation de la zone par les forces de l’ordre, la répression, ainsi que l’acharnement du 1er ministre J.M Ayrault, ancien maire de Nantes, à poursuivre le projet d’aéroport. Nous soutenons les initiatives de soutien à la lutte de Notre-Dame-des-Landes et appelons à rejoindre les comités de solidarité et de résistance pour stopper ce projet.

L’heure est à la convergence de toutes les initiatives pour faire reculer le gouvernement.

Signataires :

Alter Ekolo, Alternative Libertaire, ATTAC, Fédération Anarchiste, Fédération pour une Alternative Sociale et Écologiste, Gauche Anticapitaliste, Ile-de-France Décroissance, Initiative Pour un Autre Monde (IPAM), Les Alternatifs, Les Amis de la Confédération Paysanne, Mouvement des objecteurs de Croissance, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti de Gauche, Parti Pour La Décroissance, Relocalisons, Union Syndicale Solidaires

30 octobre 2012 Posted by | Désobéissance civile, ECONOMIE LOCALE | , , | Laisser un commentaire

Guy Debord, père de la décroissance


Sortir de « la croissance des forces productives aliénées ».

par Clément Homs.

« Si l’ampleur et la réalité même des ‘‘ terreurs de l’An Mil  » sont encore des sujets controversés parmi les historiens, la terreur de l’An Deux Mille est aussi patente que bien fondée ; elle est dès à présent certitude scientifique. Cependant, ce qui se passe n’est rien de foncièrement nouveau : c’est seulement la fin forcée du processus ancien. Une société toujours plus malade, mais toujours plus puissante, a recrée partout concrètement le monde comme environnement et décor de sa maladie, en tant que planète malade. »

Guy Debord, La planète malade, 1971.

La conscience écologique n’était pas qu’un des aspects de la pensée de Guy Debord (1931-1994), car là aussi, il était en avance sur son temps. Dans La planète malade , Guy Debord affirmait déjà de très nombreux points de réflexion qui sont pour nous aujourd’hui autant de mises en perspectives précieuses pour savoir ce que nous désirons vraiment. Dans la crise écologique générale qui se déploie mondialement à mesure que la faux du « développement » coupe et couche l’herbe folle de la vie, « ce qui est nouveau écrivait-il, c’est que l’économie en soit venue à faire ouvertement la guerre aux humains ; non plus seulement aux possibilités de leur vie, mais à celles de leur survie. » Il y a bien là une continuation de son analyse de la société du spectacle dans son achèvement proprement écologique. Le système de la médiation non seulement atrophie la vie mais se déploie dès lors dans le ravage de la planète. Cependant Debord est tout, sauf un écologiste. C’est ce que nous voudrions montrer ici. Car un écologisme conséquent ne peut être que celui qui non seulement réclame la décroissance de l’empreinte écologique de nos société de croissance, mais le réalise au travers d’une sortie radicale de l’économie inventée et réalisée. On ne pourra sortir de la société de croissance illimitée qu’en sortant aussi, de l’écologisme .

Le ravage écologique de la terre et la nécessité de sortir de la croissance des forces productives aliénées.

« La ‘‘ pollution  » écrivait-il en 1971 dans une analyse d’une déroutante actualité pour nous en 2006, est aujourd’hui à la mode, exactement de la même manière que la révolution : elle s’empare de toute la vie de la société, et elle est représentée illusoirement dans le spectacle. Elle est bavardage assommant dans une pléthore d’écrits et de discours erronés et mystificateurs, et elle prend tout le monde à la gorge dans les faits. Elle s’expose partout en tant qu’idéologie, et elle gagne du terrain en tant que processus réel. Ces deux mouvements antagonistes, le stade suprême de la production marchande et le projet de sa négation totale, également riches de contradictions en eux-mêmes, grandissent ensemble. Il sont les deux côtés par lesquels se manifeste un même moment historique longtemps attendu, et souvent prévu sous des figures partielles inadéquates : l’impossibilité de la continuation du fonctionnement du capitalisme. L’époque qui a tous les moyens techniques d’altérer les bases biologiques de l’existence sur toute la Terre est également la société qui, par le même développement technico-scientifique séparé, dispose de tous les moyens de contrôle et de prévision mathématiquement indubitable pour mesurer exactement par avance à quelle décomposition du milieu humain peut aboutir – et vers quelles dates, selon un prolongement optimal ou non – la croissance des forces productives aliénées de la société de classes [Debord déjà un objecteur de croissance !] : c’est-à-dire pour mesurer la dégradation rapide des conditions mêmes de la survie, au sens le plus général et le plus trivial du terme. Tandis que des imbéciles passéistes dissertent encore sur, et contre, une critique esthétique de tout cela, et croient se montrer lucides et modernes en affectant d’épouser leur siècle, en proclamant que l’autoroute ou Sarcelles ont leur beauté que l’on devrait préférer à l’inconfort des ‘‘ pittoresques  » quartiers anciens, ou en faisant gravement remarquer que l’ensemble de la population mange mieux, en dépit des nostalgiques de la bonne cuisine, déjà le problème de la dégradation de la totalité de l’environnement naturel et humain a complètement cessé de se poser sur le plan de la prétendue qualité ancienne, esthétique ou autre, pour devenir radicalement le problème même de la possibilité matérielle d’existence du monde qui poursuit un tel mouvement. L’impossibilité est en fait déjà parfaitement démontrée par toute la connaissance scientifique séparée, {qui ne discute que de l’échéance ; et des palliatifs qui pourraient, si on les appliquait fermement, la reculer légèrement}. Une telle science [et on peut dire aussi toute écologie politique possible qui se fonde sur une telle science, et pas seulement celle attachée au développement durable…] ne peut qu’accompagner vers la destruction le monde qui l’a produite et qui la tient ; mais elle est forcée de le faire avec les yeux ouverts. Elle montre ainsi, à un degré caricatural, l’inutilité de la connaissance sans emploi » .

Scientifiques et écologistes même combat : sauver la Méga-machine spectaculaire.

Debord, visionnaire, nous décrit aussi la frénésie inutile des rapports scientifiques (aujourd’hui ceux du GIEC, de l’ONERC, etc.) qui ne cessent de tirer la sonnette d’alarme alors qu’on a déjà la tête dans le mur : « On mesure on extrapole avec une précision excellente l’augmentation rapide de la pollution chimique de l’atmosphère respirable ; de l’eau des rivières, des lacs et déjà des océans, et l’augmentation irréversible de la radioactivité accumulée par le développement pacifique de l’énergie nucléaire ; des effets du bruit ; de l’envahissement de l’espace par des produits en matières plastiques qui peuvent prétendre à une éternité de dépotoir universel ; de la natalité folle ; de la falsification insensée des aliments ; de la lèpre urbanistique qui s’étale toujours plus à la place de ce que furent la ville et la campagne ; ainsi que des maladies mentales – y compris les craintes névrotiques et les hallucinations qui ne sauraient manquer de se multiplier bientôt sur le thème de la pollution elle-même, dont on affiche partout l’image alarmante – et du suicide, dont les taux d’expansion recoupent déjà exactement celui de l’édification d’un tel environnement ».

Ainsi au travers de la connaissance sans emploi, cette décomposition du Savoir en pensée universitaire séparante qui forme autant d’« idéologies de la barbarie » que d’objets de recherche , « le spectacle ne cache pas que quelques dangers environnent l’ordre merveilleux qu’il a établi. La pollution des océans et la destruction des forêts équatoriales menacent le renouvellement de l’oxygène de la Terre ; sa couche d’ozone résiste mal au progrès industriel ; les radiations d’origine nucléaire s’accumulent irréversiblement. Le spectacle conclut seulement que c’est sans importance. Il ne veut discuter que sur les dates et les doses. Et en ceci seulement, il parvient à rassurer ; ce qu’un esprit pré-spectaculaire aurait tenu pour impossible ». La discussion sur les doses et les recettes toutes faites est aussi celle à laquelle participent les écologistes économicistes et autres politiciens de la décroissance qui pensent encore possible un replâtrage réformiste du Léviathan techno-économique (« écologiciser l’économie » comme le pense l’économiste Georgescu-Roegen), mais qui ne cherchent réellement qu’à éterniser toujours plus les catégories de base de l’économie. Cette discussion est aussi bien sûr celle de tous ceux qui voient ce bonheur dans le spectacle qu’est la société de croissance, et qui admettent qu’il n’y a pas à lésiner sur son coût ni sur son imaginaire concrètement et réellement colonisé. « Il est assurément dommage que la société humaine rencontre de si brûlants problèmes au moment où il est devenu matériellement impossible de faire entendre la moindre objection au discours marchand ; au moment où la domination, justement parce qu’elle est abritée par le spectacle de toute réponse à ses décisions et justifications fragmentaires ou délirantes, croit qu’elle n’a plus besoin de penser ; et véritablement ne sait plus penser ». Et en effet, cette « dissociation de l’intelligence et de la politique » comme disait Paul Valéry, qui est aujourd’hui la réalité même de la politique en tant bombardement d’images, est le principal souci pour les gestionnaires de la survie éternisée et ceux qui voudraient les remplacer (altermondialistes, politiciens de la décroissance, etc).

Aujourd’hui l’ensemble de la société politico-médiatique se convertit ainsi progressivement mais sûrement à l’impératif écologique. Et ce « sentiment vague qu’il s’agit d’une sorte d’invasion rapide, qui oblige les gens à mener une vie très différente, est désormais largement répandu ; mais on ressent cela [cette question écologique] plutôt comme une modification inexpliquée du climat ou d’un autre équilibre naturel, modification devant laquelle l’ignorance sait seulement qu’elle n’a rien à dire. De plus, beaucoup admettent que c’est une invasion civilisatrice, au demeurant inévitable, et ont même envie d’y collaborer. Ceux-là aiment mieux ne pas savoir à quoi sert précisément cette conquête, et comment elle chemine. »

Debord, la praxis et la transformation de la nature.

Quant à Debord, il abordait la question de l’écologie par la réinterprétation du vieux schéma de la contradiction entre les forces productives et rapports de production. Ainsi « la domination de la nature contient la question ‘‘ pour quoi faire ?  » mais cette interrogation sur la praxis surmonte forcément cette domination, ne peut se passer d’elle. Elle rejette seulement la réponse la plus grossière, ‘‘ faire comme avant en plus encombré de produits  » (…) Il faut mettre au jour la contradiction entre la positivité de la transformation de la nature, le grand projet de la bourgeoisie, et sa récupération mesquine par le pouvoir hiérarchisé qui, dans toutes ses variantes actuelles, suit le modèle unique de la ‘‘ civilisation  » bourgeoise » .

Utopisme technologique résiduel (quand même) et critique de la science, de la technique et du progrès.

Cependant il est certain que le situationnisme par de nombreux aspects se plaçait encore dans le cadre de l’utopisme technologique propre aux positions de Paul Lafargue . Même si le lettriste Asger Jorn écrivait que « l’automation ne peut se développer rapidement qu’à partir du moment où elle a établi comme but une perspective contraire à son propre établissement, et si on sait réaliser une telle perspective générale au fur et à mesure du développement de l’automation » , et malgré la nuance (heureuse), on restait encore totalement dans l’utopie de la maîtrise des usages, position qui on le sait cache très mal la thèse idéologique de la neutralité en soi de la science, qui est une formidable essentialisation du phénomène techno-scientifique. Debord lui était très ambigüe sur cette question, il avait l’intuition du renversement ontologique produit par toute automation marchande comme non marchande, cependant il ne pouvait encore faire le deuil définitif d’une certaine culture théorique. Ainsi il écrit de la manière la plus équivoque qui soit, que « la construction de situations n’est pas directement de l’énergie atomique ; et même pas de l’automation ou de la révolution sociale, puisque des expériences peuvent être entreprises en l’absence de certaines conditions que l’avenir devra sans doute réaliser » . De plus il définissait lui-même l’économie des désirs qu’il promouvait comme étant une « société technicienne avec l’imaginaire de ce qu’on peut en faire » . On reste donc toujours ici dans une certaine idéologie usagiste de la neutralité de la techno-science en elle-même (qui est déjà une manière d’ontologiser ce phénomène), et ainsi en quelque sorte dans le paradigme de Gilbert Simondon qui entendait réconciliait la culture et la technique, chose à laquelle ne pouvait croire par exemple J. Ellul . La perspective usagiste ne peut plus nous faire croire à un usage émancipateur des techniques (imaginons un instant l’usage émancipateur d’une catastrophe nucléaire ou celui des nanotechnologies), et ce pour une excellente raison que Hans Jonas a longtemps développé. L’univers spécifique des éthiques traditionnelles est restreint à l’environnement immédiat de l’action de portée étroite, dans un temps court et partagé par des contemporains, c’est-à-dire qu’elles s’attachent aux « situations répétitives et typiques de la vie privée et publique », voulant moins devenir une science théorique qu’un sens de l’expérience et un art du jugement. Les éthiques traditionnelles sont également fondées sur l’idée de réciprocité, c’est-à-dire une égalité de droits et de devoirs entre sujets libres et égaux. Et si les éthiques traditionnelles se restreignent à cet univers de l’action immédiate, c’est que nulle part avant le début de l’ère de la technique triomphante, l’agir n’a encore pris les habits d’une portée plus longue. Mais avec le phénomène technique qui n’est plus la « projection organique » du corps (comme dit Leroi-Gourahn), le domaine de l’agir humain (individuel comme collectif) est entré dans un élargissement potentiellement infini (une sortie de l’agir humain hors du cercle étroit des affaires humaines quand par exemple l’agir arraisonne dans sa totalité la nature…), l’univers restreint des affaires humaines pris en compte par les éthiques traditionnelles s’est trouvé bouleversé et inopérant. La transformation de l’agir dans l’ère de la technique, a dépassé le ressort des éthiques traditionnelles et donc toute la perspective usagiste, pour s’opérer dans le nihilisme des « terres vierges de l’éthique ».

Critique de la « communication ».

Cependant cet utopisme technologique résiduel qui est d’ailleurs plus celui de Lafargue que celui de Marx, contient aussi un immense champs critique du progrès, de l’apologétique des techniques, et des conséquences écologiques qui sont la réalisation concrète de leurs déploiements. Debord n’est pas un moderniste. C’est ainsi que l’idéologie matérialisée de la « communication » moderne aussi bien des mass-media que celle opérant au sein de la télè ou cyber-socialité informatique passe à l’orpaillage critique du moment de la vie immédiate en situation. Le « bombardement de conneries » que constitue la communication « est à sens unique, les consommateurs de communication n’ayant rien à répondre. Il y a dans la prétendue communication une rigoureuse division des tâches, qui recoupe finalement la division plus générale entre organisateurs et consommateurs du temps de la société industrielle. Celui qui n’est pas gêné par la tyrannie exercée sur sa vie à ce niveau, ne comprend rien à la société actuelle » . « Toutes les idées unilatérales sur la communication étaient évidemment les idées de la communication unilatérale. Elles correspondaient à la vision du monde et aux intérêts de la sociologie, de l’art ancien ou des états-majors de la direction politique », quand elles ne sont pas encore ce qui sert de pensée à de nombreux politiciens de la décroissance . On est là bien évidemment dans la continuation de la critique de la relation sociale spectaculaire, dont la « communication » n’est qu’un exemple parmi d’autres. Comme Walter Benjamin sur le cinéma ou Günther Anders à propos de la radio , Debord oppose à la relation sociale réifiée et à son support qu’est la « communication » entre simples choses, la réalité immédiate de la puissance instituante du ici et maintenant de la vie sans médiation : « Considérée dans toute sa richesse, à propos de l’ensemble de la praxis humaine et non à propos de l’accélération des opérations de comptes-chèques postaux par l’usage de cartes perforées, la communication n’existe jamais ailleurs que dans l’action commune » , c’est-à-dire dans ce que les phénoménologues appelleront la « communauté intersubjective » . A l’inverse de cette connaissance en première personne dans la socialité primaire, « l’Information, c’est la poésie du pouvoir (la contre-poésie du maintien de l’ordre), c’est le truquage médiatisé de ce qui est », car « sous le contrôle du pouvoir, le langage désigne toujours autre chose que le vécu authentique » . On a bien là décrite les méthodes publicitaires de la politique en tant que spectacle . Et c’est là une critique de « {l’informationnisme} » comme dit Debord qui rejoint l’analyse que fait J. Ellul de la sacro-sainte Trinité politique « Information-Participation-Exécution » qui constitue aujourd’hui « le mot d’ordre par excellence du progrès », et donc les catégories fossilisées de nos imaginaires respectifs . La presse dominante, alternative comme décroissante, est ainsi composée de très nombreux « informationnistes qui ont entrepris de combattre toutes les ‘‘ redondances  » de la liberté pour transmettre simplement des ordres » aux lecteurs, militants et sympathisants. La moindre feuille de choux est ainsi réellement réduite à être un torchon populiste permettant aux « fragments d’une critique sociale d’élevage » de flotter à la surface gélatineuse du spectacle en vue de futures tribunes politiciennes où le politiquement correct humaniste et universaliste sera bien évidemment de mise pour caresser les électeurs-spectateurs dans le bon sens du poil . A l’opposé des rapports sociaux abstraits dans la relation spectaculaire, Debord (comme J. Ellul ou Bernard Charbonneau d’ailleurs) redonne ainsi le primat ontologique à la relation intersubjective de personne à personne, à cette « communication immédiate dans le réel et modification réelle de ce réel », qui est le propre de la praxis individuelle auto-instituante . Car comme le dira finalement Walter Benjamin, « au pays de la technique, le spectacle de la réalité immédiate s’est transformé en une fleur bleue introuvable » .

La contemplation passive des machines.

Ce sont aussi les « machines idylliques » et tous les discours supportant l’utopisme technologique qui sont également dénoncés par Debord. Ce que perçoit Debord dans ce que J. Ellul appellera le « bluff technologique », cet optimisme béat du progressisme, c’est « l’attente d’un point de l’évolution sociale où la contemplation passive des machines de la production s’articulerait sans rupture sensible à la contemplation passive des machines de la consommation. Dans un Nirvâna technicisé de la pure consommation passive du temps, il n’y aurait plus qu’à regarder faire ; et ce ‘‘ faire  » étant seulement celui des machines serait à jamais celui des propriétaires de machines (la propriété juridique – droit d’user et abuser – s’effaçant toujours davantage en faveur du pouvoir des programmateurs compétents et paternels) ». Il y a donc là une critique radicale de l’automation marchande .

Critique des sciences.

Dans La logique du vivant, le prix Nobel François Jacob écrivait déjà que « l’on n’interroge plus la vie aujourd’hui dans les laboratoires. On ne cherche plus à en cerner les contours. On s’efforce seulement d’analyser des systèmes vivants, leur structure, leur fonctionnement, leur histoire » . Dans la méthodologie dite scientifique, cette mise hors jeu de la sensibilité propre à ce que Michel Henry va appeler la « vie immanente car auto-affective », pousse alors Debord a jeté sa griffe sur cette science continuellement sans attaches éthiques comme esthétiques : « Gagarine montre que l’on peut survivre plus loin dans l’espace, dans des conditions toujours plus défavorables. Mais aussi bien quand l’ensemble de l’effort médical et biochimique permet de survivre plus loin dans le temps, cette extension statistique de la survie n’est nullement liée à une amélioration qualitative de la vie. On peut survivre plus loin et plus longtemps, jamais vivre plus. Nous n’avons pas à fêter ces victoires, mais à faire vaincre la fête, dont ces avances mêmes des hommes déchaînent la possibilité infinie du quotidien » .

Le situationnisme et la critique de la pensée du lieu (l’éco-logie).

Les situationnistes ont aussi été, par définition, des théoriciens de la critique du lieu et du milieu, et donc de l’éco-logie, comme pensée du lieu. Dans un texte resté inédit et intitulé « Ecologie, psychogéographie et transformation du milieu humain » , Debord opposait explicitement l’écologie, qui ne sait penser l’ « habiter » que sur le mode d’une « population basée et enracinée », à la psychogéographie « qui se place du point de vue du passage (…) [où] son observateur-observé est le passant ». Car « la psychogéographie, en marge des relations utilitaires étudie [alors] les relations par attirance des ambiances ». « En dissociant l’habitat – au sens restreint actuel – du milieu en général, la psychogéographie introduit la notion d’ambiances inhabitables (pour le jeu, le passage, pour les contrastes nécessaires dans un complexe urbain passionant, c’est-à-dire dissocie les ambiances architecturales de la notion d’habitat-logement). L’écologie est rigoureusement prisonnière de l’habitat, et de l’univers du travail » . C’est que « les centres d’attraction, pour l’écologie, se définissent simplement par des besoins utilitaires (magasins) ou par l’exercice des loisirs dominants (cinéma, stades, etc) ». Un rapport utilitaire au lieu qui est très bien illustré par la promotion que font les écologistes des parcs naturels régionaux et nationaux, cette vaste idéologie de la conservation d’espaces séparés dont on voit la réalité nue dans les achats d’immenses territoires par des milliardaires proches de l’écologie profonde . Cette idéologie conservatrice des parcs naturels était heureusement dénoncée vigoureusement par Bernard Charbonneau, le seul écologiste non réactionnaire dont la qualité de la réflexion est toujours aujourd’hui de notoriété publique . A l’inverse de l’écologie comme pensée du lieu au travers des besoins utilitaires d’espaces clos et conservés, « les centres d’attraction spécifique de la psychogéographie sont des réalités subconscientes qui apparaissent dans l’urbanisme lui-même » , car la psychogéographie n’est que la « science-fiction d’un morceau de vie immédiate ». La théorie situationniste du lieu en situation est très bien exprimée dans ce que le sociologue d’influence situationniste Michel Maffesoli appelle « l’enracinement dynamique » dans la situation, qui se distingue nettement « l’habiter » et du milieu des écologistes. Il y a donc bien dans la pensée philosophique de la décroissance « un glissement du logocentrisme vers le lococentrisme » , où le lieu en tant que situation fait lien. Il y a là la prise en compte de ce qui est proche mais en interaction avec l’environnement global. Double nécessité incluant le réel vécu dans le vaste cadre d’une réalité totale. Comme écrit encore Maffesoli, « on retrouve là comme un écho de la notion de domus propre à la pensée antique. Importance de la maison n’étant pas limitée aus quatre murs de l’habitation, mais prenant sens en fonction de la faune, de la flore, voire de la parentèle environnante. Par une sorte de concaténation magique, ou quasiment mystique, le lien social se construit, symboliquement, par une appropriation de lieux successifs » . Le lieu dans la situation n’existe plus en soi, comme dans le panthéisme écologiste qui, fait de la nature un objet en soi, dont l’être est perçu en dehors de la subjectivité transcendantale du moi. On sait aussi que cette attitude objectiviste propre à l’écologisme qui met hors jeu le « monde-de-la-vie » (Husserl) est aussi celle de la science et du scientisme . C’est ainsi comme le remarque très bien le philosophe Marc Maesschalk dans la perspective de la phénoménologie matérielle henryenne, que « lorsque la raison humaine s’applique à sauver l’étant naturel qu’elle estime avoir malmené dans sa conquête technicienne, elle en reste à une attitude naturelle [au sens de Husserl] face à la vie. Bien que louable, cette attitude pourrait bien n’être en fait que l’ultime péripétie de la même entreprise d’arraisonnement de la nature qui a dirigé l’ère industrielle. Entendue comme volonté de rédemption et de réconciliation avec la nature, la culture de la vie prolonge ‘‘ l’évanouissement de la vie sous le regard de l’intentionnalité  » » . La psycho-géographie dans cette ouverture à la vie immédiate de la situation permettait déjà cette critique de la pensée écologique du lieu. Elle ouvrirait alors à une véritable « éthique de la situation [qui] est, plus modestement, plus humainement donc avec plus d’humilité, une juxtaposition de rituels quotidiens, créant un état d’âme collectif ». Cette éthique « est tributaire d’un lieu, qu’il soit réel ou symbolique, et serait taraudée par le souci de ce lieu. Dès lors ce sol, cette terre, ce monde deviennent par cercles successifs importants. Ils “ intéressent ” parce que l’on y est dedans (inter esse). Ainsi que le dit Merleau-Ponty, c’est « parce que je l’habite » ce monde, que je peux le prendre au sérieux. En ce sens, dans l’éthique qui se dessine ont est loin de l’intemporel et de l’universel, mais bien au coeur même d’un humanisme présent » .

Sortir l’écologie politique de l’économisme gestionnaire et politicien.

G. Debord dégageait de plus le visage d’une sortie de l’écologisme traditionnel qui ne veut que mieux gérer la Méga-machine techno-politico-économique. Car cet écologisme dont certains parmi les objecteurs de croissance se réclament encore, ne sait définir une alternative « que posée du côté de la survie même, avec les problèmes sans cesse aggravés que les maîtres de la seule survie n’arrivent pas à résoudre. Les risques des armements atomiques, de la surpopulation planétaire et du retard accru dans la misère matérielle pour la grande majorité de l’humanité sont des sujets d’angoisse officiels jusque dans la grande presse » .

Placer l’alternative sur le terrain des conditions de la survie, c’est-à-dire comme le font les altermondialistes et les politiciens de la décroissance, sur le terrain économique avec les outils d’un replâtrage réformiste redistributif qui réclame le « minumum vital » (du genre l’« allocation universelle inconditionnelle » ou encore le « revenu maximum de décroissance ») quand il faudrait prendre le minimum de la vie , ne pourra ainsi jamais faire déplacer la tectonique des lignes de tensions dans l’imaginaire colonisé par l’économisme et le progressisme. L’alternative, comme le disait Debord, est au-delà de la sphère de la survie qui ne cherche qu’à éterniser les catégories de base de l’économie pour mieux perpétuer l’infinie parthénogènese de celle-ci. « L’alternative est dans un choix entre la vraie vie et la survie qui n’a à perdre que ses chaînes modernisées » . Il faut sortir la décroissance de l’écologisme traditionnel qui ne veut et ne pourra que gérer le Léviathan techno-économique pour mieux éterniser la religion de l’économie.

Clément Homs.

source: 1libertaire.free.fr

 

1 Guy Debord, La planète malade, Gallimard, 2004. Ce texte inédit publié en 2004, avait été rédigé en 1971 pour paraître dans le numéro 13 de la revue {Internationale Situationniste}.

 

2 On peut voir, C. Homs, « Sortir de l’économie ça veut dire quoi ? La décroissance, Marx et le crépuscule de l’économie racontés aux enfants » http://www.decroissance.info/Sortir-de-l-economie-ca-veut-dire

 

3 Pour une critique de la technique et de la science sur le plan esthétique, on peut voir l’admirable analyse phénoménologique de Michel Henry dans La Barbarie, Puf, 2005 (1987), dans son chapitre « La science jugée au critère de l’art », p. 43-70. On peut voir aussi dans un style moins philosophique mais aussi très intéressant, Jean-Claude Besson-Girard, Decrescendo cantabile, Pour une décroissance harmonique, Parangon, collection « Après-développement », Parangon, 2005.

 

4 G. Debord, op.cit.

 

5 Michel Henry écrivait que « les sciences humaines, qui n’ont plus aucun objet propre, n’ont plus rien non plus sur quoi elles pourraient se guider, rien que leur dicte le mode d’approche incontournable d’une réalité propre à la subjectivité absolue de l’auto-affectivité de la vie immanente qui justement n’existe plus, à leur yeux au moins. Dès lors l’indétermination méthodologique correspondant à la carence référentielle de ces sciences, ou pour mieux dire à leur vide ontologique, a pour conséquence l’importation en elles des méthodes qui définissent les sciences de la nature. Et cela de façon presque inévitable s’il est vrai que, ignorant la subjectivité qui habite l’homme et définit son humanité, ces sciences n’ont pas à se demander qu’elle serait le mode de traitement convenable pour une réalité telle que la vie », in La Barbarie, chapitre « Les idéologies de la barbarie », op. cit., p. 136.

 

6 Guy Debord, « Domination de la nature, idéologies et classes, in Œuvres complètes, Gallimard, Quarto, 2006, p. 1034.

 

7 L’ultra-gauche a pensé pendant très longtemps (et une arrière-garde le pense toujours) la sortie du salariat grâce à l’automation accomplissant le rêve de la fin du travail, et ce à l’encontre même de la réflexion de Marx sur la technique (Axelos Kostas, 1961, Marx penseur de la technique, Editions de Miniut, Paris). Ainsi Lafargue terminait son ouvrage Le Droit à la paresse en écrivant que « nos machines au souffle de feu, aux membres d’acier, inaftigables, à la fécondité merveilleuse, inépuisable, accomplissent docielement d’elles-mêmes leur travail sacré ; et cependant le génie des grands philosophes du capitalisme reste dominé par le préjugé du salariat, le pire des esclavages. Ils ne comprennent pas encore que la machine est le rédempteur de l’humanité, le Dieu qui rachètera l’homme des sordidae artes et du travail salarié, le Dieu qui lui donnera des loisirs et la liberté. »

 

8 Asger Jorn, « Les situationnistes et l’automation », G. Debord, ibid., p. 978-979.

 

9 Revue IS n°2, décembre 1958. Je souligne.

 

10 G. Debord, « Les mauvais jours finiront », op. cit., p. 1025.

 

11 voir J. Ellul, « Peut-il exister une culture technicienne ? », in Cahiers Jacques-Ellul. Pour une critique de la société technicienne, n°2, 2004, Association internationale J. Ellul. Le dogmatisme conservateur du marxiste Maximilien Fabbri qui ne veut pas voir d’autre raison (techno-marchande) à l’oeuvre que celle de la nauséabonde raison marchande, et qui prétend qu’Ellul n’est qu’un technophobe alors que sa distinction fondamentale entre les « opérations techniques » et le « phénomène technique » a voulu rejetter tous les positionnements technophobes, peut encore compléter ce qui lui sert de culture en regardant comment Ellul transpose les analyses de Marx dans son analyse de la technique, cf. Deun, « Comprendre comment l’homme a été éliminé. Ellul lecteur de Marx. » < http://www.decroissance.info/Comprendre-comment-l-homme-a-ete > La marchandise comme le phénomène technique sont l’avers et le revers d’une même monnaie, l’objectivisme chosifiant, véritable monisme ontologique de la modernité marchande.

 

12 G. Debord, « Communication prioritaire », op. cit., p. 1029.

 

13 Ibidem, p. 1031.

 

14 Walter Benjamin, L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique, Allia, 2006.

 

15 Günther Anders, L’obsolescence de l’homme. Sur l’âme à l’époque de la deuxième révolution industrielle, Encyclopédie des Nuisances, 2002 (1956).

 

16 Guy Debord, op. cit., p. 1030.

 

17 On peut voir le magnifique texte de Michel Henry, « Pour une phénoménologie de la communauté », in Phénoménologie matérielle, Puf, 1991.

 

18 G. Debord, « All the King’s Men », op. cit., p. 1048.

 

19 Voir aussi tout le chapitre consacré à cette question par Christopher Lasch dans La Culture du narcissisme, réédité récemment chez Flammarion, collection Champs

 

20 J. Ellul, L’illusion politique, La Table ronde, 2004.

 

21 G. Debord, Commentaires sur la société du Spectacle, Gallimard, 1992, p. 101.

 

22 Debord, Oeuvres complètes, op. cit. P. 1048.

 

23 W. Benjamin, L’oeuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique, Allia, 2006, p. 52-53

 

24 G. Debord, « Domination de la nature, Idéologies et classes », ibid., p. 1036.

 

25 François Jacob, La logique du vivant. Une histoire de l’hérédité, Gallimard, Tel, 1970, p. 320-321.

 

26 G. Debord, op. cit., p. 1037.

 

27 Ce texte est formé de notes envoyées à Constant en 1959. Il est reproduit dans Œuvres complètes, op. cit. p. 457-462.

 

28 Sur la critique de l’habiter heideggérien qui en général se rapproche de ce qui est produit dans la pensée écologiste du lieu, on peut lire l’article de cet architecte situationniste, Marc Perelman, « ‘‘ Bâtir Habiter Penser  » contre Heidegger », in revue Prétentaine, n°16/17, hiver 2003/04, p. 161-188.

 

29 voir Nicola Graydon, « Un millionnaire au secours des forêts chiliennes », in L’Ecologiste, n°19, juin-août 2006, p. 16-17.

 

30 Voir B. Charbonneau, Le Jardin de Babylone, Editions de l’encyclopédie des nuisances, 2002 (1969), dans la troisième partie intitulée « Le sentiment de la nature produit de l’industrie », le chapitre « Du Jardin d’Eden au parc national », mais aussi la quatrième partie de cet ouvrage intitulée « L’échec du sentiment de la nature ». On peut dès lors s’étonner de voir un objecteur de croissance comme le politologue Paul Ariès faire l’éloge des parcs naturels régionaux et nationaux dans son ouvrage Décroissance ou barbarie. Ne verse-t-on pas là dans l’idéologie conservatrice de l’écologie profonde et des institutions internationales du  » patrimoine  » que dénonce si bien Sylvie Brunel dans son ouvrage La Disneylandisation du monde ? Ou alors en effet c’est une énième mesure de politique politicienne.

 

31 G. Debord, « Ecologie, psychogéographie et transformation du milieu humain », op. cit., p. 460.

 

32 M. Maffesoli, « De l’universel au particulier », in revue Diogène, n°215, juillet-septembre 2006, p.100

 

33 M. Maffesoli, ibid., p. 103

 

34 Edmund Husserl, La Crise des sciences européennes et la Phénoménologie transcendantale, 1936.

 

35 Marc Maesschalck, « L’attention à la vie comme forme d’une rationalité politique », in Michel Henry parole de vie, L’Harmattan, Ouverture philosophique, 2003, p. 244.

 

36 M. Maffesoli, ibid., p. 104

 

37 G. Debord, Oeuvres complètes, op. cit., p. 1038.

 

38 cf. « Le minimum de la vie » par l’Internationale lettriste, reproduit dans G. Debord, Oeuvres complètes, op.cit, p. 140

 

39 Ibidem

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La convivialité d’Ivan Illich


« La désaccoutumance de la croissance sera douloureuse. »

Dans une société riche, chacun est plus ou moins consommateur-usager ; de quelque manière, chacun joue son rôle dans la destruction du milieu. Le mythe transforme cette multiplicité de prédateurs en une majorité politique. En dépit de leur diversité individuelle, une commune adhésion à la croissance les réunit car leur satisfaction en dépend. La majorité silencieuse, gardienne des intérêts investis dans la croissance, paralyse toute action politique réelle. Les administrations croient stabiliser et harmoniser la croissance en affinant les mécanismes et les systèmes de contrôle, mais elles ne font que précipiter la méga-machine institutionnelle vers un seuil de mutation. Essayer de susciter une ère à la fois hyperindustrielle et écologiquement réalisable, c’est accélérer la dégradation des autres composantes de l’équilibre multidimensionnel de la vie, le coût de la défense du statu quo monte en flèche. Les partis soutiennent un Etat dont le but avoué est la croissance du PNB, il n’y a rien à attendre d’eux lorsque le pire arrivera.

« La crise écologique est traitée superficiellement lorsqu’on ne souligne pas que la mise en place de dispositifs antipolluants n’aura d’effets que si elle s’accompagne d’une diminution de la production globale. Autrement ces mesures transfèrent nos ordures chez nos voisins, les réservent à nos enfants, ou les déversent sur le tiers-monde. Juguler la pollution créée localement par une grande industrie exige des investissements, en matériel et énergie, qui recréent, ailleurs, le même dommage à plus large échelle. Si l’on rend obligatoires les dispositifs antipolluants, on ne fait qu’augmenter le coût unitaire de production. Certes, l’on conserve un peu d’air respirable pour la collectivité, dès lors que moins de gens peuvent s’offrir le luxe de conduire une voiture, de dormir dans une maison climatisée, ou de prendre l’avion pour aller pêcher enfin de semaine ; au lieu de dégrader l’environnement physique, on accentue les écarts sociaux.

 » Je crois que la croissance s’arrêtera d’elle-même. »

« Un événement imprévisible et probablement mineur servira de détonateur à la crise, comme la panique de Wall Street a précipité la Grande Dépression. Une coïncidence fortuite rendra manifeste la contradiction structurelle entre les fins officielles de nos institutions et leurs véritables résultats. Ce qui est déjà évident pour quelques-uns sautera tout à coup aux yeux du plus grand nombre : l’organisation de l’économie tout entière en vue du mieux-être est l’obstacle majeur au bien-être. La crise dont je décris la venue prochaine n’est pas intérieure à la société industrielle, elle concerne le mode industriel de production en lui-même. La paralysie synergique des systèmes nourriciers provoquera l’effondrement général du mode industriel de production.

« Quand un peuple perd confiance dans la productivité industrielle, tout peut arriver, l’inversion devient vraiment possible. Les forces qui tendent à limiter la production sont déjà au travail à l’intérieur du corps social, des hommes et des femmes condamnent une croissance qu’ils jugent destructrice. Gageons que leurs voix se feront mieux entendre quand la crise de la société surproductive s’aggravera. Ce sera la première crise mondiale mettant en question le système industriel en lui-même et non plus localisée au sein de ce système. Cette crise oblige l’homme à choisir entre les outils conviviaux et l’écrasement par ma méga-machine, entre la croissance indéfinie et l’acceptation de bornes multidimensionnelles. La seule réponse possible : établir, par accord politique, une autolimitation. La désaccoutumance de la croissance sera douloureuse. Elle sera douloureuse pour la génération de transition, et surtout pour les plus intoxiqués de ses membres. Puisse le souvenir de telles souffrances préserver de nos errements les générations futures.

La gestion bureaucratique de la survie humaine doit échouer

« Si, dans un très proche avenir, l’humanité ne limite pas l’impact de son outillage sur l’environnement et ne met pas en œuvre un contrôle efficace des naissances, nos descendants connaîtront l’effroyable apocalypse prédite par maint écologue. La gestion bureaucratique de la survie humaine doit échouer car une telle fantaisie suicidaire maintiendrait le système industriel au plus haut degré de productivité qui soit endurable. L’homme vivrait protégé dans une bulle de plastique qui l’obligerait à survivre comme le condamné à mort avant l’exécution. Pour garantir sa survie dans un monde rationnel et artificiel, la science et la technique s’attacheraient à outiller le psychisme de l’homme. Mais l’installation du fascisme techno-scientifique n’a qu’une alternative : un processus politique qui permette à la population de déterminer le maximum que chacun peut exiger, dans un monde aux ressources manifestement limitées ; un processus d’agrément portant sur la limitation de la croissance de l’outillage, un encouragement à la recherche de sorte qu’un nombre croissant de gens puissent faire toujours plus avec toujours moins. »

(Seuil)

11 octobre 2012 Posted by | Non classé | , , , , , , , | 5 commentaires

Megajoule: laboratoire de crimes nucléaires


RASSEMBLEMENT pour la JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA PAIX
le 21 septembre 2012 – Le Barp, Gironde

La violence exercée contre notre planète pour en tirer ses dernières ressources, la guerre économique qui met en compétition tous contre tous, les menaces terribles des changements climatiques, les manipulations du génome et le nucléaire sont porteurs de graves menaces pour la survie même de l’humanité. Notre monde est de plus en plus violent et nous en sommes indignés.

L’association Négajoule dénonce la préparation de futurs crimes contre l’humanité en préparation au laser Mégajoule.
La mise au point de nouvelles générations d’armes nucléaires et radioactives est intolérable,d’autant plus dans le contexte de Fukushima qui menace l’humanité d’une catastrophe encore pire que Tchernobyl. Nous serons donc de nouveau devant le Mégajoule pour exiger sa fermeture.

Dans la même commune, le Barp (Gironde) a été érigée une stèle en mémoire de Jean Cassin, prix Nobel de la paix 1968, co-rédacteur de la déclaration universelle de droits de l’homme et contributeur de la création de l’Unesco. C’est donc naturellement que nous y rappellerons les principes généraux de ce qui fait notre humanité et ce qui motive notre colère contre les guerres.

Jean-Marc Louvet / Négajoule

Rassemblement pacifiste devant le Mégajoule (entre Le Barp et Marcheprime) ce 21 septembre 2012 , Le Barp, Gironde à 10h30.

La finalité du Laser Mégajoule -simuler les essais nucléaires pour la mise au point de

bombes atomiques- est moralement intolérable.

En ne visant que les populations civiles, la bombe atomique bafoue la Déclaration
Universelle des droits de l’Homme.
En violant les traités internationaux de non prolifération et d’interdiction complète des
essais, la France persiste à rester hors la loi internationale et se rend responsable de la
dissémination des armes nucléaires.A midi, nous partagerons le déjeuner sur place (auberge espagnole).
 
14h00- Rassemblement à l’espace René Cassin (Le Barp centre, route d’Hostens)
(René Cassin a été co-rédacteur de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, prix Nobel
de la Paix 1968, et contributeur de la création de l’Unesco.)
Présence d’un stand « Food not Bombs »
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19 septembre 2012 Posted by | DECROISSANCE, ENERGIE | , , , , , | Un commentaire

Produire ses propres semences


Il existe plusieurs méthodes pour produire ses propres semences. La plus simple, ou quand on connaît un jardinier, est de garder les graines des légumes qu’on récolte soi-même – quand on jardine – ou qu’on a achetés ou que quelqu’un nous a donnés.

On peut ainsi récolter :

  • en laissant monter en graines : des radis, des navets…
  • à la condition de les laisser bien mûrir : des graines de tomate, de concombre, de courge, courgette, choux, melon, pastèque, phacélie, moutarde blanche ou jaune (ces trois derniers sont très bons pour comme engrais vert)… Bref, tous les fruits et légumes contenant des graines.
  • en sélectionnant des plants : des pommes de terre. On gardera des petites pommes de terre d’environ 3 cm de diamètre, au frais et à l’abri de la lumière.

Récolter des graines

Toutes les plantes ne produisent pas de graines (ou en produisent peu et/ou très peu fertiles). Les graines ne donnent pas toutes des sujets similaires à leurs parents. Ce sont les hasards de la génétique mais lorsque la génétique a été forcée comme dans le cas des hybrides (F1), les semences donneront des plantes très éloignées de la plante-mère, rarement intéressantes qui plus est… D’autres plantes ont une tendance compulsive à l’hybridation naturelle et le résultat n’est pas toujours bienvenu non plus. C’est particulièrement le cas des cucurbitacées. Moyennant quelques précautions, il est possible d’empêcher cette hybridation.

Qui dit récolte dit contenant. Les enveloppes sont une bonne solution. Il vaut mieux éviter les contenants étanches car les graines sont rarement complètement sèches et le peu d’humidité qu’elles contiennent suffira à faire moisir la récolte. Ne surtout pas ranger les enveloppes de graines dans un meuble en aggloméré, celui-ci dégage du formol pouvant inhiber le pouvoir germinatif de la graine.Enfin, il vaut mieux noter quelques indications bien utiles plus tard : la date et le lieu de la récolte, si possible le nom de la fleur (ou à défaut, une description détaillée, et si possible en prendre une photo) ainsi que certaines indications pour sa future culture (lieux très humides, très secs, etc.) Un paquet de graines sans indications ne sera jamais ressemé, inutile de récolter dans ces conditions…

Les plantes potagères

Avant toute chose, pour récolter des semences potagères, il faut cultiver des variétés non-hybrides. Les semences des hybrides F1 sont désespérantes .

Ensuite, il faut distinguer les annuelles des bisanuelles. Beaucoup de légumes sont récoltés dans leur première année et ne fleuriront que la deuxième année. Cela implique d’isoler dans un coin de potager les « porteurs de semence ».

a. légumes à floraison dans l’année

Toutes les salades, les chou-fleurs et brocolis, la claytone de Cuba, le pourpier, la ficoïde, l’arroche, l’épinard, le tétragone, etc., « montent en graines » pour peu qu’on les laisse faire… Tous les légumes-fruits donnent également une semence dans l’année : tomates, potirons, piments, aubergines, poivrons, pois, haricots, fèves, cornichons, concombres, courgettes, potirons,…

Pour les premiers, soyez vigilants car si vous laissez passer la récolte, les semis spontanés envahiront les planches et les alentours (l’arroche est une grande spécialiste de la colonisation). Pour les seconds, prenons d’abord les fruits qu’on consomment mûrs : tomates, poivrons, potirons… Pour ceux-là, il suffit de récolter les graines à l’épluchage. Un petit truc pour la tomate (valable aussi pour les poivrons et piments) : rincer les graines dans une passoire puis les étaler sur un papier essuie-tout en les espaçant bien. Laisser sécher à l’air libre, puis détacher le premier feuillet, le plier et le ranger soigneusement pour les semis de printemps. Vous venez de fabriquer un tapis de graines ;) Une autre technique consiste à enterrer une tomate mûre dans un pot de terreau bien sec, de stocker le tout à la cave et de le ressortir au printemps pour commencer à l’arroser. Le taux de germination est excellent mais il faut s’attendre à devoir énormément éclaircir (une tomate produit énormément de graines!)

Les tomates s’hybrident rarement naturellement. Le fait de récolter ses propres graines permet de sélectionner des plantes bien adaptées au terrain et au climat. La résistance des plants est déjà bien améliorée après 3 ans de culture.

Pour les fruits récoltés avant maturité, il faut sélectionner les porte-semences et les laisser mûrir. Concombres, cornichons et courgettes deviennent énormes, jaunes avec une peau coriace (et l’automne est largement arrivé). Si les premiers gels menacent, les fruits seront rentrés à l’abri et achèveront de mûrir sur l’appui de fenêtre.

Ces plantes ont en plus la désagréable habitude de s’hybrider entre elles (ainsi que les potirons, potimarrons, citrouilles, pâtissons, coloquintes). Pour pouvoir récolter des graines non-hybridées, cela demande un peu de soin et de technique. Tout d’abord, repérer une fleur femelle prête à s’ouvrir (au petit matin, c’est un sport pour lève-tôt). Les fleurs femelles ont un renflement sphérique sous la corolle, contrairement aux fleurs mâles. Dès qu’elle commence à s’entrouvrir, se munir d’un pinceau, prendre le pollen d’une fleur mâle voisine et venir en badigeonner le pistil. Ligaturer immédiatement la fleur avec un élastique. Pour plus de sûreté, on peut ajouter un cornet de papier soigneusement lié à la base de la fleur. Le but est d’éviter au moindre butineur de s’égarer par là… Marquer de manière durable la fleur car la récolte n’aura lieu qu’en automne!

Viennent enfin les légumineuses, pois, fèves et haricots. Ceux-ci sont souvent récoltés en vert, c’est-à-dire avant la maturité des graines. Pour avoir de bonnes semences, attendre que les cosses soient devenues parcheminées. L’été touchera alors à sa fin…

b. légumes à floraison bisannuelle

Radis, navets, choux, oignons, ails, poireaux, scorsonères, carottes, panais… Pour ceux-là, il sera nécessaire de leur trouver un coin de planche où ils pourront produire tranquillement leurs graines.

Les fruitiers

Peu de fruitiers peuvent se reproduire par semis. D’abord parce que la plupart sont des hybrides et ne donnent pas de rejetons fidèles mais en plus, ils sont aussi généralement greffés. Et souvent, c’est le porte-greffe qui apporte la vigueur, la résistance aux maladies, l’adaptation au climat ou au terrain…

Il y a heureusement quelques exceptions à cette limitation frustrante. Parmi les fruits à noyaux, les mirabelles et certaines prunes, les pêches et les brugnons donnent souvent des arbres fruitiers corrects. Plus la variété est de type sauvage ou ancienne, plus les chances de succès augmentent. Essayez donc la mirabelle de Nancy, la reine-claude crottée, le myrobolan… Pour les pêches, brugnons et même abricots, le mieux est de planter plusieurs noyaux et de ne conserver que les sujets qui fructifient bien. Et si vous ne savez que faire des « mauvais » sujets, pourquoi ne pas les utiliser comme porte-greffe? C’est ainsi que faisait les anciens jardiniers…

Les fruits à pépins ne donnent généralement pas de bons résultats, à l’exception du néflier (arbre proche du type sauvage), du cognassier et de la mandarine chinoise ou japonaise (de toutes petites mandarines à saveur douce).

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les petits fruitiers tels que groseilles, cassis, myrtilles, framboises ou fraises ne donnent que très rarement un bon résultat. En réalité, ils sont issus d’une très longue sélection et le type sauvage (celui qui risque de ressortir) portent des fruits plus petits, moins juteux, moins goûteux… Quand aux fraises, elles sont par essence des hybrides.

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source: wikibooks.org/wiki/Jardinage/Produire_ses_semences

Voir également:

Le Manuel des jardiniers sans moyens

Semeur (wiki) pour échanger ses graines et une jeune pousse : grainesdetroc  

26 juillet 2012 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, DECROISSANCE | , , , , , | 10 commentaires

Communiqué de Dominique Guillet, directeur de Kokopelli


Les Pétitions : les psychopathes prédateurs s’en torchent leur barbecul

Suite au jugement scandaleux de la Cour Européenne de Justice — qui prouve une fois de plus que ces institutions Européennes sont complètement corrompues et à la botte des banskters, du Cartel de la Chimie, des multinationales biocidaires et autres marionnettes politiques — certains amis de Kokopelli ont pensé qu’il était adéquat de relancer des énièmes pétitions pour la défense des semences libres.

Qu’il soit, donc, bien clair que l’Association Kokopelli ne cautionne, en aucune manière, la pétition lancée par Cyberacteurs et, cent mille fois moins, celle lancée par Avaaz. J’ai déjà exprimé — dans l’un de mes articles sur l’arnaque du réchauffement climatique anthropique — ce que je pensais de cette organisation bien ancrée dans la mouvance de l’opposition contrôlée et créée par Ricken Patel qui fut consultant pour l’ONU, la Fondation Rockefeller, la Fondation Bill Gates…

N’est-il pas évident, après tant d’années de lutte, que les pétitions, les psychopathes prédateurs s’en torchent leur barbecul sur leurs pelouses transgéniques ?

Le jugement de la Cour Européenne de Justice est totalement en phase avec les délires génocidaires de la clique criminelle du complexe militaro-industriel qui ruine les peuples par des dettes nationales générées ex-nihilo, fomente des guerres « libératrices », détruit l’intégralité de la biosphère et assassine l’humanité.

Vandana Shiva — qui sera présente lors de notre Festival Kokopelli/Pachamama au Pérou — a récemment évoqué l’offensive généralisée des multinationales de l’agro-chimie dans les pays dits « émergents ». Aux USA, Monsanto et les multinationales biotechs, tentent de faire passer, au Congrès, un décret qui les mettrait au-dessus de toutes les lois. Quant à l’Europe, elle continue de se transformer en poubelle cancérigène sous l’assaut de l’agriculture toxique et du Cartel Nucléaire.

Et pour ne pas évoquer un sujet tabou — la contamination radioactive de toute la chaine alimentaire planétaire — une première ferme bio, en Oregon, selon l’expert nucléaire Arnie Gundersen, a fermé ses portes en raison de la contamination radioactive de ses sols. Et le Japon se meurt inexorablement de Fukushima, l’oubliée des médias à la solde de la mafia. Tout comme les citoyens de la côte ouest US, tout comme les peuples de la planète…, mourront inexorablement de Fukushima le jour où son réacteur 4 s’effondrera.

Très chères Amies et Amis de Kokopelli et de la Vie, pensez-vous vraiment que nous allons neutraliser les criminels psychopathes et prédateurs avec de mignonnettes pétitions ?

Les Peuples de cette belle Planète, notre Terre-Mère, apprendront-ils un jour qu’une société qui ne peut pas discerner et éliminer, par tous les moyens possibles, la psychopathie, en son sein, n’est tout simplement pas digne de survivre ?

Il est vrai que la Rage monte, que certains Peuples se réveillent (en Islande, les banquiers mafieux sont en prison) mais il ne reste que peu de temps. L’Humanité est dans une situation critique de légitime défense car les psychopathes dégénérés ont déclaré la guerre à la Vie — une guerre totale et terminale — et ils iront jusqu’au bout de leur démence meurtrière.

Quant à Kokopelli, ce n’est ni la Cour Européenne de Justice, ni le GNIS, ni Baumaux, ni la clique génocidaire qui s’est donné comme mission d’éradiquer la Vie de notre belle Planète, qui nous empêcheront de continuer notre travail de protection de la biodiversité alimentaire : un travail de 20 années dans le non-respect total de leur illégalité mortifère.

 

Dominique Guillet. Le 22 juillet 2012.

23 juillet 2012 Posted by | Agriculture vivrière, Désobéissance civile | , , | 13 commentaires

Negajoule Le Barp mobilisation antinucléaire


MOBILISATION / 6 août 2012 au Barp (33)
A réserver sur vos agendas !
Nous comptons sur votre soutien et votre présence en nombre !
Photo : MOBILISATION / 6 août 2012 au Barp (33)<br />
A réserver sur vos agendas !<br />
Nous comptons sur votre soutien et votre présence en nombre !

L’association NEGAJOULE a pour but de promouvoir le pacifisme et le désarmement, notamment par l’arrêt du Laser Mégajoule (33)

Description

L’association Négajoule exige :
1 – l’arrêt immédiat des recherches nucléaires au Barp (Gironde)
2 – La reconversion des moyens humains, techniques et scientifiques :
a – Soins aux personnes victimes de l’utilisation du nucléaire dans les conflits ou victimes d’accidents du nucléaire civil.
b – Recherches sur les techniques de démantèlement des centrales et de l’armement nucléaires et leur application
c – Recherches sur les techniques de décontamination des zones irradiées dans le Monde et leur application

https://www.facebook.com/AssociationNegajoule

14 juillet 2012 Posted by | ENERGIE | | 2 commentaires

Action anti corrida Landes


Implanté dans les Landes (40), Cléah- Collectif Libertaire pour l’Égalité Animale et Humaine. lance une campagne d ’affichage contre une barbarie légalisée qui tue chaque année des dizaines de bêtes pour le seul plaisir sadique d ’une foule assoiffée de sang. Aucun argument ne peut justifier de tels actes : ni la tradition (la corrida n ’a même pas 150 ans en France!), ni un art (l ’art étant quelque chose d ’esthétique, alors que là, c ’est juste une pitoyable mise en scène d ’une agonie écœurante !). Des actions seront organisée dans ce cadre ! Vive les Landes ! Honte à la corrida !

http://cléah.org/campagne-landaise-anti-corrida/

6 juillet 2012 Posted by | ANTI SPECISME | , , , | Un commentaire

L’agenda des alternatives de l’été


– 22 au 24 juin 2012 : cyclo-tour à Fessenheim http://stopfessen.celeonet.fr/content/view/279/147/
– 23 et 24 juin 2012 : http://www.foire-autogestion.org/
– 6 juillet au 19 septembre 2012 : ecotopia Biketour entre Barcelone et Venise autour du thème de « vers la Décroissance » http://www.ecotopiabiketour.net/fr/
– 5 au 8 juillet 2012 : rassemblement RAGA à Istanbul http://www.alternatifs.org/spip/le-rassemblement-c-est-maintenant
– 6 au 14 juillet 2012 : festival de films Résistances à Foix en Ariège http://festival-resistances.fr/
– 7 au 11 juillet 2012 : 2ème forum européen contre les grands projets inutiles imposés à Notre-Dame-Des-Landes http://forum-gpii-2012-ndl.blogspot.fr/
– 9 au 22 juillet 2012 : rencontres des Ami-e-s de Silence à Loubières (Ariège) où seront fêtés les 30 ans de la Revue.
– du 11 juillet au 19 août 2012 : L’Alter Tour entre Foix et Bedous. Pour plus de renseignements : http://www.altertour.net
– 13-14 et juillet 2012 : vélorution universelle à Concarneau http://forum-gpii-2012-ndl.blogspot.fr/
– 13 au 22 juillet 2012 : No Border Camp 2012 à Cologne/Düsseldorf pour s’engager ensemble sous différentes formes contre les expulsions de masse, Frontex, l’antiziganisme, le racisme ordinaire et les discours d’extrême droite http://noborder.antira.info/fr/
– 22 au 26 juillet 2012 : Altervillage 2012 organisé par Attac-France à Saint-Jean de Ollières (63) http://www.france.attac.org/articles/altervillage-2012-programme
– 17 au 19 août 2012 : rencontres d’été anti-nucléaires à la Féclaz (Savoie). Pour plus de renseignements : SDN73@no-log.org
– 18 au 25 août 2012 : une Marche pour la Vie, au coeur du triangle de la mort dans le Vaucluse, le Gard et la Drôme pour demander l’arrêt immédiat des nucléaires et dire oui à la vie. Pour plus de renseignements : collectifantinucleaire84@hotmail.fr
– 24 au 26 août 2012 : les (f)estives de de l’objection de croissance à Rossignol en Belgique http://www.objecteursdecroissance.be/spip.php?article314

source:http://www.partipourladecroissance.net/

19 juin 2012 Posted by | DECROISSANCE | , , , , , , | 2 commentaires

Album jeunesse sur la surconsommation


Papa contre Trucman

Franck Prévot, Laurianne Chevalier

Éditionsl’Edune

 » Papa n’aime pas les grands magasins. Il dit que la consommation tuera les gens. Parfois, nous avons pourtant des courses à faire. Et là, c’était la rentrée.

Alors nous avions beaucoup de courses à faire.  » Une partie serrée se joue entre Papa et Trucman. Qui remportera la victoire ?

Papa contre Trucman dont le but est d’initier les enfants à d’autres modes de consommation est édité par
une petite maison d’édition indépendante installée à Andernos les bains, spécialisée en littérature jeunesse, soucieuse de traiter  de sujets peu abordés en jeunesse.

Les Éditions l’Édune ont choisi d’éditer des livres qui favorisent les échanges et le questionnement et développent chez l’enfant la vivacité d’esprit, la compréhension et l’esprit critique.
Cet album est proposé à nos lecteurs  à un prix soldé de 3€50.
Éditions l’Édune
09 77 95 18 11
06 89 53 08 82

14 juin 2012 Posted by | DECROISSANCE | , , | 2 commentaires

Foire à l’autogestion


Programme de la Foire à l’autogestion

 

 

 

Les 22, 23 et 24 juin à Paris et Montreuil

Vendredi 22 juin

Lieu : le Lycée autogéré de Paris (LAP, 393 rue de Vaugirard, métro Convention), qui fête ses 30 ans.


18h-20h : forum « Autogestion et pédagogie »

Avec, entre autres :

  • Laurent Ott (philosophe et acteur social, membre de l’Icem-Pédagogie Freinet),
  • une ou un enseignant de l’école Fernand-Labori (pédaogie Freinet) à Paris 18e,
  • une ou un enseignant du Lycée autogéré de Paris.

Mais aussi des actrices et acteurs de la tendance intersyndicale Émancipation et de SUD-Éducation.

 

Samedi 23 juin

Lieu : la Parole errante à Montreuil (9 rue François-Debergue, métro Croix-de-Chavaux).

Stands, buvette, restauration, animation musicale, cycle cinéma, vidéos, ateliers, débats… Plus d’une cinquantaine de structures participantes.


10h : Ouverture de la Foire à l’autogestion


11h-13h : forum « Autogestion, syndicalisme et luttes sociales »

Avec, entre autres :

  • Julien Gonthier (Solidaires-Industrie), qui évoquera le travail pour implanter un syndicalisme de lutte et autogestionnaire dans l’industrie ;
  • le conseiller juridique d’un syndicat du nettoyage, qui nous parlera de l’auto-organisation des luttes des travailleuses et travailleurs, souvent immigrés, parfois sans papiers ;
  • des anarchistes grecs, qui évoqueront le mouvement populaire dans leur pays ;
  • une actrice des CAFards (Montreuil), qui évoquera l’expérience de l’Assemblée générale interprofessionnelle de Montreuil en 2010, dans la lutte pour la défense des retraites.



12h-13h : Atelier : Libérer la parole

On explorera les comportements et cadres de pensée qui peuvent entraver la libération de la parole, créer des frustrations, de l’aliénation et favoriser les jeux de pouvoir dans un groupe ; et on verra ceux qui favorisent la coopération, l’entraide, la décrispation sur les enjeux de pouvoir/territoire. [organisé par AL ; max. 15 participant-e-s]

Lieu : librairie Michèle-Firk.

14h-16h : forum « Autogestion argentine »

Avec :

  • Trois camarades du Frente de Organisaciones de Lucha (FOL, Argentine) qui parleront du travail en coopérative et dans les mouvements sociaux des quartiers populaire ; aborderont les différents types de production : métallerie, menuiserie, boulangerie, couture, nettoyage… ; la situation politique (jeu de chassé-croisé avec le gouvernement Kirchner) ; la formation d’un syndicat des travailleurs en coopérative (AGTCAP) ; les luttes récentes pour défendre l’existence et le statut des coopératives autogérées ; et une expérience directe : la métallerie du FOL.
  • Frank Mintz (auteur, tendance intersyndicale Autre futur) fera le bilan des récupérations d’entreprises en Argentine.
  • Daniel Pinos apportera un éclairage à partir d’expériences chilienne, cubaine et espagnoles.


 


16 heures : cinéma : Grandpuits et petites victoires d’Olivier Azam, 80 min.
Octobre 2010. Les grévistes de la raffinerie Total de Grandpuits (Seine-e-tMarne) sont devenus malgré eux le fer de lance de la lutte pour la défense des retraites. La grève vue de l’intérieur, une  aventure humaine, un outil de réflexion pour les luttes à venir. En savoir plus sur le projet ou visionner la bande annonce.
En présence du réalisateur et d’un gréviste de Grandpuits (sous réserve).


13h-17h : Atelier : Ecriture d’un scénario de jeu de rôle grandeur nature (MAD)

Atelier d’écriture collective d’un scénario de jeu. Ou comment mettre en place une activité de loisir imaginatif autogérée à travers l’exemple de l’écriture de scénarios. Présentation et réflexion du jeu de rôle grandeur nature, de ses enjeux, et de la réappropriation de la ville comme espace de jeu. [organisé par la Mare aux diables ; 20 participant-e-s max]

Lieu : librairie Michèle-Firk.

 


15h-17h : Débat : Printemps arabe, où en est-on ?

L’actualité des luttes dix-huit mois après le Printemps arabe, avec Raouf, Marouane Taharouri et Laurent Esquerre, coordinateurs du dossier spécial d’Alternative libertaire de mars 2012.

Lieu : gradins extérieurs.

 

17h-18h : Atelier : Libérer la parole

On explorera les comportements et cadres de pensée qui peuvent entraver la libération de la parole, créer des frustrations, de l’aliénation et favoriser les jeux de pouvoir dans un groupe ; et on verra ceux qui favorisent la coopération, l’entraide, la décrispation sur les enjeux de pouvoir/territoire. [organisé par AL ; max. 15 participant-e-s]

Lieu : librairie Michèle-Firk.


18 heures : cinéma : 4 courts-métrages sur l’autogestion argentine du Colectivo audiovisual del Sur, La Galponera et Coodinadora de Organisaciones de Base, 30 min.
Quatre courts-métrages réalisés entre 2009 et 2012 par des médias alternatifs argentins sur les coopératives autogérés et les conflits qu’elles ont affronté.
Projection proposée par Pico y Pala en présence de Matias Barrio, du Frente de Organizaciones en Lucha.

17h-19h : Débat: Luttes, logement et autogestion : actualités, pratiques et perspectives

[organisé par la CGA]
Lieu : gradins extérieurs.

 

17h-19h : forum « Autogestion et production 2 : monter une production alternative »

Avec, entre autres :

  • Julie, de la ferme coopérative La Clémenterie (Ardèche) ;
  • Christian Vaillant (scop La Navette);
  • Michel Lulek (éditions du réseau REPAS);
  • Marc Bourgeois (scop Ambiance Bois), qui parleront de leurs projets et de leur parcours.

20h-23h : soirée festive

Avec, entre autres, DJ Aurélie + Iskander et DJ Kind of Red aux platines.


Dimanche 24 juin

Lieu : la Parole errante à Montreuil (9 rue François-Debergue, métro Croix-de-Chavaux).

Stands, buvette, animation musicale, vidéos, ateliers, débats… Plus d’une cinquantaine de structures participantes.


11h-13h : forum « Décroissance et autogestion »

Avec, entre autres :

  • Paul Ariès (politologue et écrivain) ;
  • Alex, syndicaliste et animateur de l’émission Les Mangeux d’terre sur Radio libertaire

 


11h-12h30 : Débat: « Produire et consommer autrement »

On échangera sur la construction d’une autonomie alimentaire pour contrer la dépendance aux centrales d’achat. Pour l’auto-organisation de circuits de production, de transformation et de distribution alternatifs : consom’acteurs, scops et coopératives alimentaires, jardins partagés…
Avec Consom’Solidaires, la scop Courts-circuits Saint-Denis, EcoBox, la scop La Conquête du pain, la scop Andines, la Commune libre d’Aligre…

Lieu : gradins extérieurs.

 

11 h 30 : cinéma : D’égal à égales de Corine Mélis et Christophe Cordier, 52 min.
Elles sont migrantes ou filles d’immigrants, et syndicalistes. Par–delà les conflits du travail, elles nous racontent une démarche d’émancipation individuelle et collective dans une société où sexisme et racisme restent d’actualité. En savoir plus sur le projet ou visionner des extraits.
En présence de la coréalisatrice et d’une syndicaliste (sous réserve).

 

12h30-13h30 : Débat : présentation du plan « Economie sociale, solidaire et écologique » par la revue coopérative L’Age de faire.

Lieu : gradins extérieurs.


13h30 : cinéma : Inventaire avant liquidation de Rémy Ricordeau, 54 min.
De jeunes travailleurs et chômeurs engagent une réflexion sur la nécessité d’initier d’autres pratiques politiques et d’autres rapports sociaux que ceux induits par le salariat et le consumérisme. S’esquissent alors des perspectives de transformations sociales où l’utopie se substitue au réalisme mortifère. En savoir plus sur le projet ou visionner la bande annonce.
En présence du réalisateur.
14h-15h: Atelier « Kit coop » : réfléchir à des outils grand public pour relocaliser l’économie.

[organisé par la scop L’Age de faire ; max. 10 participant-e-s]. Lieu : librairie Michèle-Firk.

14h-16h : forum « Autogestion et projet de société »

En cours d’élaboration. L’ambition est d’évoquer, dans les grandes lignes, ce que pourrait être une société post-capitaliste, tout en dégageant les points d’interrogation et les points de désaccord reflétant le pluralisme des structures participant à la Foire. Suspense !

 

15h30 : cinéma : DSK, Hollande, etc. d’Aurore Van Opstal, Julien Brygo et Pierre Carles, 90 min.
Les rapports médias/politique passés au crible avant la présidentielle de 2012. Ou comment la presse présélectionne les candidats compatibles avec les intérêts du pouvoir économique : DSK, puis François Hollande. En savoir plus sur le projet ou visionner des extraits.
En présence d’un des coréalisateurs.

17h-18h : Atelier « Libérer la parole »
On explorera les comportements et cadres de pensée qui peuvent entraver la libération de la parole, créer des frustrations, de l’aliénation et favoriser les jeux de pouvoir dans un groupe ; et on verra ceux qui favorisent la coopération, l’entraide, la décrispation sur les enjeux de pouvoir/territoire. [organisé par AL ; max. 15 participant-e-s]

Lieu : librairie Michèle-Firk.

by David http://www.foire-autogestion.org/

12 juin 2012 Posted by | Notre démocratie | , , | Laisser un commentaire

Vivre l’utopie (film en ligne sur l’espagne de 36)


 (Espagne 1936)

Film intégralement en ligne

Il y a 70 ans, le 19 juillet 1936, les tra­vailleurs espa­gnols des­cen­daient dans la rue, pre­naient les armes et pro­vo­quaient la grève géné­rale dans de nom­breu­ses régions d’Espagne pour répon­dre à la ten­ta­tive de coup d’Etat natio­na­liste à carac­tère fas­ciste déclen­ché la veille. Cette réac­tion, qui peut appa­raî­tre comme spon­ta­née, fut l’œuvre des orga­ni­sa­tions syndicales (CNT et dans une moindre mesure UGT) et politiques telles que la FAI (d’inspiration anarchiste) et du POUM (Parti marxiste anti-stalinien).

Ce film, d’orientation libertaire, revient sur les origines de l’anarchisme en Espagne, sa popularité dans les campagnes d’Andalousie ainsi qu’en Catalogne. Face à l’inca­pa­cité du gou­ver­ne­ment répu­bli­cain à faire face au coup d’Etat du géné­ral Franco, les mili­ces ouvriè­res ont orga­nisé la lutte anti­fas­ciste. En même temps, l’Etat étant qua­si­ment tombé en désué­tude et inca­pa­ble de gérer la situa­tion mili­taire et économique et sociale, les syn­di­cats, CNT et UGT ont pris en charge l’autoges­tion de la société et de l’économie. A Barcelone, l’indus­trie et les trans­ports sont col­lec­ti­vi­sés. Dans les cam­pa­gnes, de nom­breux vil­la­ges met­tent en place des col­lec­ti­vi­tés où la pro­priété privée comme sou­vent l’argent sont sup­pri­més, où les terres sont ras­sem­blées, tra­vaillées col­lec­ti­ve­ment et où les riches­ses pro­dui­tes sont redis­tri­buées selon la bonne vielle devise « de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins ». Ce mou­ve­ment attein­dra son plus haut point de déve­lop­pe­ment en Aragon avec la cons­ti­tu­tion du Conseil des col­lec­ti­vi­tés d’Aragon. Dans les pre­miers mois de la Révolution, malgré une situa­tion de guerre civile et tout en devant assu­rer la lutte contre le fas­cisme, le mou­ve­ment révo­lu­tion­naire a réussi le pari d’aug­men­ter la pro­duc­tion par la col­lec­ti­vi­sa­tion mais aussi de déve­lop­per les écoles, le sys­tème de santé, l’accès à la culture, ou encore la condi­tion des femmes dans la société (qui seront les pre­miè­res à obte­nir le droit à l’IVG !).

Malheureusement, un an plus tard, les conquê­tes de la Révolution étaient remi­ses en cause par les jour­nées de mai 1937 à Barcelone où s’affron­tent les mili­tant-e-s révo­lu­tion­nai­res de la CNT, de la FAI et du POUM avec les forces répu­bli­cai­nes et com­mu­nis­tes sou­hai­tant une reprise en main de la situa­tion poli­ti­que, mili­taire et économique par l’Etat cen­tral. Est-ce cette reprise en main qui explique la défaite du camp républicain ou était-elle nécessaire pour affronter le franquisme ? Voilà une question qui reste ouverte et intéresse au plus au point les historiens.

Excellent documentaire sur l’Espagne de 1936 dans lequel une trentaine d’anciens militants anarchistes témoignent de l’application concrète de l’autogestion par plusieurs millions de personnes en Catalogne et en Aragon. Intégralement disponible à partir de notre site.

Par Benoît Borrits,

Un film de Juan Gamero, Francesc Rio, Marina Roca et Mitzi Kotnik-  1h 34
Production : TVE Catalunya
Traduction et adaptation : Catherine Sine

Vivre l’utopie partie 1 par boxon64
Vivre l’utopie 2 par boxon64
vivre l’utopie 3 par boxon64
vivre l’utopie 4 par boxon64
vivre l’utopie 5 par boxon64

9 juin 2012 Posted by | webTV | , , , | Un commentaire

Contre Eurosatory


Événement contre Eurosatory. Pyramide du Louvre.
12/06. 16h


Mobilisation contre Eurosatory – salon des ventes d’armes
A 16h30, avant le dîner de Gala, Pyramide du Louvre
http://www.demosphere.eu/node/30331
Le Collectif Francilien pour la Décroissance, le Parti pour la Décroissance (PPLD), le
Mouvement des Objecteurs de croissance (MOC), les OC (franciliens rattachés au MOC) et
le parti EPOC (Ecologie Pacifisme Objection de croissance), ainsi que d’autres mouvements
pacifistes appellent à une mobilisation collective contre ce commerce inique qu’est le
commerce des armes.
Alors que le monde s’enfonce chroniquement dans une crise globale, les dépenses militaires
mondiales sont en augmentation pour atteindre aujourd’hui le record de 1630 milliards de
dollars ! Alors que des coupes sombres sont pratiquées dans les dépenses publiques (santé,
éducation, logement) les énergies (humaines, financières, matières premières) mises dans
l’armement sont de toute évidence scandaleuses : la France seule a dépensé 67 milliards d’euro
dans ce poste budgétaire en 2011. Dans ce « capitalisme du désastre », selon l’expression de
Naomi Klein, que la marchandise produite soit utile, nuisible, toxique ou criminelle n’a qu’une
importance secondaire, le but est de produire des profits. Car le commerce des armes,
atrocement criminel, est l’un des plus rentables pour les maîtres du monde.
La démilitarisation permettrait d’arrêter un gigantesque gaspillage de ressources financières et
physiques, tout en éliminant une des premières causes de destruction écologique et de
souffrance du monde moderne. La production, les essais, l’entretien et le déploiement (et
l’utilisation) des armes conventionnelles, chimiques, biologiques et nucléaires engendrent
d’énormes quantités de déchets toxiques et radioactifs. Les forces armées mondiales, dont
l’armada étatsunienne, de loin la plus écrasante, coûteuse et dominante, sont les plus grands
pollueurs et les plus grands assassins des temps modernes. Le transfert massif des dépenses
militaires vers des activités civiles permettrait tout de suite de faire face à de vrais besoins.
Par exemple, ici et maintenant, en France, rémunérer 20000 enseignants pendant 5 ans au lieu
d’entretenir un sous marin nucléaire. Ou payer 85000 enseignants ou lieu d’un laser
mégajoule.
Le Collectif Francilien pour la Décroissance, les OC, le Parti pour la Décroissance (PPLD),
le MOC ( Mouvement des Objecteurs de Croissance) et l’EPOC (Ecologie Pacifisme
Objection de Croissance) donnent donc rendez vous à touTEs les militantEs écologistes,
antimilitaristes, pacifistes et à toutTEs les personnes fort justement indignéEs par ce
commerce des armes, le mardi 12 juin à 16h30 à la Pyramide du Louvre, jour du dîner de
Gala de l’ouverture de ce salon des marchands de canons (salon qui se tient du 10 au 15 juin).
paris-decroissance@laposte.net
http://ocparis.canalblog.com/

4 juin 2012 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE | , , , , , , | Laisser un commentaire

Conférence à Bordeaux de Yves Bonnardel sur la question animale


Lundi 4 Juin, Yves Bonnardel sera présent sur Bordeaux et tiendra une conférence à cette occasion sur la question animale.

La conférence aura lieu au Samovar, 18 rue Camille Sauvageau, à 18h30. Possibilité de se restaurer, assiettes de tapas végétale.

La question animale, une question politique cruciale : Les êtres sensibles non humains sont de loin les premières victimes de notre société, de par leur nombre et l’intensité de l’exploitation qu’ils subissent. Nous sommes peu solidaires à leur égard, nous les dominons et considérons que leur exploitation n’est pas un problème social, ni un problème éthique, ni un problème politique. C’est une vision du monde, une idéologie, qui nous permet de mettre la « question animale » de côté : les animaux ne sont pas « comme nous » ; ce sont des êtres de « nature », d’instinct, etc. Cette idéologie, depuis qu’elle a commencé à être dénoncée, a reçu un nom : spécisme. Quelles perspectives ouvre la critique du spécisme ? Quels basculements de notre vision du monde, quelle révolution des rapports sociaux, du rapport aux identités, et finalement de la politique ?

Voir le ste d’Acta -Gironde

31 mai 2012 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME, DECROISSANCE | , , , , , | Laisser un commentaire

La décroissance est-elle à vendre?


La décroissance : une nouvelle forme de citoyenneté encore à inventer.

Contradiction dans la participation au jeu de la démocratie représentative capitaliste et les objectifs du mouvement décroissant

Il n’est pas suffisant de répéter comme un mantra « il faut décoloniser l’imaginaire » et d’un autre coté de participer et donc valider un système de contrôle vertical . Il ne suffit pas de croire en la démocratie, en l’auto gestion et en l’horizontalité , car il s’agit là d’une pratique et non d’une idée. Nous croyons en la force de la volonté d’auto-organisation. On ne peut pas construire de société égalitaire à partir de l’ambition de quelques petits chefs.

« Plus profondément, à la suite de L’EZLN (Armée zapatiste de libération nationale) , notre critique se porte sur la stratégie de la « prise du pouvoir » qui a inspiré depuis près d’un siècle la plupart des projets révolutionnaires. Au nom de cette finalité, il fallait faire silence sur les pratiques collectives présentes. Or ce point de vue a permis toutes les saloperies possibles, jusqu’à la création d’alliances avec les pires dictatures, au nom encore une fois d’un éventuel pouvoir futur. Comme le dit le dicton, « la fin justifie les moyens » i.

Mais cette contradiction apparente (le fait de présenter des candidats aux élections présidentielles ou législative) est-elle vraiment une contradiction ou une stratégie ?

On a pu observer , lors des dernières élections , le « putsch » mené par le Frère Ariès, qui en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, a réuni les deux mouvements, le MOC et le PPLD, avant de déclarer unilatéralement notre soutien à Mélenchon, lequel utilise la même stratégie de conquête du pouvoir (et des dissidences) au profit du parti capitaliste PS.

Nous n’omettrons pas, outre les égotismes, la question de l’argent qui se trouve (bien trop souvent) au centre des batailles politiques institutionnalisées. En effet, désormais, la loi de financement public des partis supplée aux dépenses des partis ayant obtenu au moins 1% des voix dans 50 circonscriptions ii. Voir également le fonctionnement des associations de financement ici

On voit bien que face à cela, l’argument officiel « rendre visible le mouvement » est bien court ( les AMAP par exemple, n’ont pas eu besoin de candidats aux élections pour avoir une audience) …

La décroissance, ce n’est pas uniquement consommer moins !

Il n’est pas dans notre propos de nous poser en spécialistes du comment vivre avec moins, ou comment négocier avec des maires PS de la gratuité de l’eau; la question est bien la relocalisation de la production, la prise en main des décisions politiques, économiques, écologiques, par les citoyens ; en un mot, la mise en place de décisions réellement démocratique. Or, l’horizontalité ne se décrète pas, elle se travaille chaque jour et le véritable combat de la décroissance est bien là. La participation au jeu politique capitaliste ne peut que dévoyer le mouvement et le transformer en succursale (au mieux en think tank) pour les partis dominants.

Nous ne voulons pas être un mouvement de gestion de leur crise, apprendre aux pauvres à se contenter de ce que le système moribond voudra bien leur laisser.

Face aux crises multidimensionnelles le changement doit être structurel.

« Comme l’ont souligné Starhawk et Isabelle Stengers, nous ne devons jamais oublier que les sociétés capitalistes se sont constituées sur la destruction des communautés villageoises et ont voué les sorcières au bûcher. Ce faisant, elles nous ont privées des savoirs et des manières de faire qui rendaient possible cette « vie commune ». Et ce geste de destruction, elles n’ont cessé de le répéter et le répètent encore et toujours, quand se tente ou s’expérimente un mode de vie basé sur d’autres histoires, d’autres fabulations, d’autres coordonnées, d’autres relations. »

Ce n’est pas cet avenir que nous voulons pour la décroissance .

Et nous lutterons pour que le mouvement ne se transforme pas en simples idées monnayables sur le grand marché des voix des électeurs. Nous ne voulons pas devenir un autre Parti des verts…

Bien entendu, le mouvement a besoin de liens, de se fédérer, de partager ses expériences et ses espoirs mais il nous appartient de trouver pour cela d’autres formes que celles que l’on nous proposent.

Wajeb/Aquitaine décroissance

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i L’EZLN s’est fait connaître le 1er janvier 1994 dans le sud-est Mexicain en occupant sept villes du Chiapas. Leurs revendications portent sur les droits et le maintien des cultures des peuples indigènes, et l’une de leurs pratiques est celle de l’auto-gouvernement. Voir G. Munoz Ramirez « 20 et 10, le feu et la parole », éd. Nautilus, 2004
ii La nouveauté, apportée par les lois sur le financement des partis, est le financement public des partis. Si, depuis longtemps, les dépenses électorales sont remboursées aux candidats ayant atteint un certain seuil (5 %), il n’en allait pas de même des dépenses permanentes des partis. Désormais, la loi prévoit un financement public accordé aux différents partis, en fonction de deux critères cumulatifs : les résultats aux élections législatives, pour ceux qui ont présenté des candidats ayant obtenu au moins 1% dans au moins 50 circonscriptions, et le nombre de parlementaires. voir sur le site vie-publique.fr
iv www.cst.collectifs.net
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28 mai 2012 Posted by | DECROISSANCE, Notre démocratie | , , , , | 6 commentaires

Un AlterTour de France pour une planète sans dopage


La 5ème édition de l’AlterTour se déroulera du 11 juillet au 19 août 2012 dans le grand Sud-Ouest. Il s’élancera de Foix et reliera Castres, Rodez, Périgueux, Bordeaux, Toulouse, Auch et Pau.

L’AlterTour est ouvert aux personnes qui aiment le vélo, sans exigence de performance. En relais solidaire, les altercyclistes voyagent ensemble à la rencontre d’Alternatives. C’est un tour « à la carte », en autogestion pour celles et ceux qui souhaitent partager une belle tranche de vie collective dans la simplicité volontaire, découvrir des terroirs préservés, avoir une activité physique source de santé, et dire ensemble : « Nous voulons un monde sans dopages, plus équitable et plus juste ».

L’AlterTour résiste à l’esprit de compétition qui conduit aux dopages sous toutes ses formes :
dans le sport où la santé passe après les bénéfice$ de la société du spectacle.
dans l’agriculture industrielle, où agrotoxiques et OGM portent atteinte aux paysans et à la biodiversité aux bénéfices d’une poignée de multinationales.
dans l’économie de marché, où sub-primes et autres paradis fiscaux amplifient les inégalités.
dans la société de consommation, du greenwashing et de l’obsolescence programmée où l’offre conditionne la demande à grand renfort de publicité.

Oui, une autre FAIM du monde est possible, car “le monde est assez grand pour satisfaire les besoins de tous, mais il sera toujours trop petit pour satisfaire l’avidité de quelques uns” ; nous devons “Vivre simplement pour que d’autres puissent simplement vivre” (Gandhi).

Les inscriptions sont ouvertes sur notre site internet jusqu’au 15 juin 2012.

Mathieu Fromont

http://www.altertour.net

Reportage de la Télé Libre sur l’AlterTour 2011 : http://www.youtube.com/watch?v=FH1rIWTPptU&amp;list=UUlu3x-HNbVLYta5eyHQfwWQ&amp;index=5&amp;feature=plcp

Chaine de l’AlterTour : http://www.youtube.com/watch?v=NC-yp1ti5x4&amp;list=PL306FB4A2164C5919&amp;feature=plpp_play_all

25 mai 2012 Posted by | DECROISSANCE, TRANSPORTS | , , | Laisser un commentaire

 » La démocratie de la terre  » Vandana Shiva


« Aujourd’hui, la démocratie est moribonde »

Vandana Shiva est docteur en philosophie de l’Université de Western Ontario en 1978. Elle est l’une des chefs de file des écologistes de terrain et des altermondialistes au niveau mondial, notamment pour la défense de l’agriculture paysanne et biologique face à la politique d’expansion des multinationales agro-alimentaires et aux effets pervers du génie génétique. Elle lutte contre le brevetage du vivant et la biopiraterie, c’est-à-dire l’appropriation par les firmes agro-chimiques transnationales des ressources universelles, notamment les semences.

Vandana Shiva est à l’origine de la démocratie de la terre. Elle dirige la Fondation de recherches pour les sciences, la technologie et l’écologie. Parmi ses nombreux livres, mentionnons, traduits en français, La guerre de l’eau (Parangon), Le terrorisme alimentaire (Fayard) et La biopiraterie ou le pillage de la nature et de la connaissance (Alias etc.). Elle est également rédactrice en chef adjointe de la revue The Ecologist. Vandana Shiva a dit lors d’un interview :

« Aujourd’hui, la démocratie est moribonde. La démocratie est censée être le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. Pourtant, des millions de gens ont beau manifester contre la guerre, tous les gouvernements des pays riches envoient des troupes en Irak et en Afghanistan. À travers le monde, les gens disent : « Empêchez les grandes banques de continuer à voler notre argent », mais les gouvernements se bornent à renflouer les banques, et les gens se retrouvent plus vulnérables encore. Quand des entreprises influencent chaque décision gouvernementale, quand des lobbyistes se substituent au peuple, on obtient un gouvernement des entreprises par les entreprises et pour les entreprises, et le peuple est réduit au rang de quantité négligeable. C’est cette menace qui pèse sur la démocratie. Voilà pourquoi nous devons réinventer la démocratie, et promouvoir ce que j’ai appelé la « démocratie de la Terre ».

La globalisation a changé la donne. L’agriculture s’est retrouvée exposée à l’avidité mondiale, à l’avidité de l’industrie agroalimentaire mondiale. Des multinationales comme Monsanto ont eu toute liberté de vendre des semences OGM brevetées aux agriculteurs indiens, et parallèlement des multinationales comme Cargill ont pu faire du dumping sur le marché indien, et réduire le prix du pétrole, du coton, entre autres.

La main mise de Monsanto sur les semences a de nombreuses conséquences. Les semences, qui étaient autrefois gratuites, ou que les fermiers payaient 5 ou 6 roupies le kilo (env. 0,12 €), leur coûtent maintenant 1 800 roupies les 450 grammes, ce qui revient à environ 3 600 roupies le kilo (env. 58€). Sur ces 1 800 roupies, Monsanto récupère 1 200 roupies de royalties (1). Le coton transgénique, appelé « coton BT », est censé résister aux parasites, mais comme cette technologie est violente et peu fiable, elle perturbe les mécanismes de défense propres à la plante, qui se retrouve menacée par d’autres parasites. Quant au parasite ciblé, le ver de la capsule, il a maintenant développé une résistance. En fait, les attaques parasitaires augmentent. D’après notre étude, on utilise 13 fois plus de pesticides dans les plantations de coton OGM. Le coût élevé des semences et l’emploi accru de pesticides ont provoqué l’endettement des fermiers. Ils ne se sont pas endettés auprès du gouvernement ou des banques, mais auprès des agents des multinationales. Quand ces agents viennent prendre procession de leurs terres, les fermiers boivent du pesticide pour mettre fin à leurs jours, parce que pour eux, la terre est une mère. Aucun fermier ne peut imaginer vivre sans la terre. Le jour où on vient leur confisquer leur terre à cause des dettes qu’ils sont incapables de payer, les fermiers se suppriment. Voilà l’histoire du suicide des fermiers indiens. 200 000 fermiers indiens se sont suicidés. Si l’on établit la carte des États et régions où se produisent les suicides, et la carte des régions où Monsanto vend son coton BT, on obtient la même carte. Même si Monsanto refuse d’admettre ce lien, les faits sont là, sur le terrain.

En 1984, les événements m’ont poussée à m’intéresser à l’agriculture. Dans l’État du Punjab, la Révolution verte était censée avoir été vecteur de prospérité et de paix. C’est sur ces valeurs que Norman Borlaug, son investigateur, avait reçu le prix Nobel de la paix [en 1970]. Au lieu de ça, le Punjab était déchiré par la violence. En 1984, il y a eu 30 000 morts et notre Premier ministre, Indira Gandhi, a été assassinée. Je me suis donc demandé pourquoi ce déchaînement de violence avait remplacé la paix attendue. Cette année-là, au mois de décembre, 3 000 innocents qui dormaient dans les bidonvilles de Bhopal, ont été tué par une fuite de gaz dans une usine de pesticides, propriété de Union Carbide, et maintenant de Dow Chemical. Il y a eu des milliers d’estropiés et des enfants sont nés infirmes. Je me suis alors interrogée sur l’agriculture : pourquoi ressemblait-elle à une guerre ? J’ai écrit mon livre La violence de la Révolution verte après une étude complète sur le sujet, ce qui m’a valu d’être invitée à des conférences bien que n’étant pas agronome.

En 1987, une conférence a réuni les grands noms de l’industrie : BASF, Bayer, Ciba et Sandoz [en 1996, la société Sandoz a fusionné avec Ciba-Geigy pour former Novartis]. Ils ont exposé leurs projets d’avenir : cinq multinationales contrôleraient l’alimentation et la santé, la moindre semence serait brevetée et génétiquement modifiée. Je me suis dit : « Ce contrôle de la vie sur Terre est une dictature. Que puis-je faire ? »

Navdanya est un mouvement que j’ai initié en 1987. Ça veut dire « 9 semences », c’est symbole de diversité, mais ça signifie aussi « le nouveau don ». Les semences sont au cœur même du travail de Navdanya, parce que c’est ce qui manquait aux fermiers. S’ils ont leurs propres semences, les fermiers ne s’endettent pas, parce qu’ils n’ont ni semences, ni pesticides à acheter. Nous avons donc créé des banques de semences, et nous avons aidé les fermiers à renouer avec l’agriculture biologique, et à trouver des débouchés équitables pour leur coton. La combinaison de ces trois éléments : les semences, l’agriculture biologique et le commerce équitable, permettent aux fermiers de gagner dix fois plus que ceux qui cultivent du coton BT. Notre action a porté ses fruits.
Les grandes fermes à soja et à maïs des États-Unis passent pour les formes d’agriculture les plus productives que l’humanité ait jamais inventées. Mais il n’est pas très intelligent d’insuffler dix unités d’énergie dans un système pour produire une seule unité de nourriture, ce n’est pas viable. En revanche, si on mise sur la biodiversité et ses effets induits, on peut produire quatre à dix fois plus que ces exploitations industrielles américaines qui sont exportées à travers le monde comme un modèle d’agriculture de pointe. On ne peut pas raisonner en terme de rendements. Bien sûr la monoculture qui se concentre sur une seule donnée aura une production supérieure, et la biodiversité produira moins de cette denrée donnée. Mais la biodiversité produit plus de nourriture à l’hectare que la monoculture. Nous avons des centaines de données chiffrées qui prouvent que les polycultures biologiques ont une productivité beaucoup plus élevée en terme de production de nourriture par hectare.

La société actuelle a été construite sur l’idée que la nature est morte (sans vie, inerte), d’où cette profonde crise de survie. Mais la nature n’est pas morte, elle est bien vivante dans toute sa diversité. Prenez une poignée de terre : elle contient des millions et des milliards d’organismes qui travaillent à rendre le sol fertile. Un sol vivant, voilà ce qui nous donne de la nourriture, et non pas les toxiques produits par des usines explosives [en France, l’usine chimique de fertilisants AZF a explosé à Toulouse le 21 septembre 2011, tuant 30 personnes] , pas le phosphate dont nos réserves ne sauraient excéder vingt ans, pas les combustibles fossiles déjà utilisés en quantité excessive ! Les turricules (ou excréments) de vers de terre apportent sept fois plus d’azote que les sols classiques, onze fois plus de potassium, cinq fois plus de phosphate. Un ver de terre qui, selon Darwin, est l’espèce la plus miraculeuse dont l’humanité ait jamais dépendu, est plus efficace que toutes les usines d’engrais du monde. Tâchons d’en prendre conscience. C’est formidable. Les pollinisateurs reviennent, les oiseaux aussi. Nous produisons davantage de nourriture sans utiliser de pesticides, et nous utilisons 70% moins d’eau qu’à nos débuts, parce que le sol fertilisé par les vers de terre agit comme un réservoir dans lequel l’eau est retenue.

Les réserves de semences peuvent être réduites à néant en une seule saison. Dans les régions où les fermiers se suicident, il ne reste plus de semence, ni de semence de coton, ni d’aucune culture vivrière, parce que Monsanto a lancé un programme de remplacement : on encourage les fermiers à livrer leurs stocks, Monsanto leur distribue même de l’argent contre leurs semences. Alors, les fermiers se disent : « Je leur vends les miennes, et je récupère les leurs. » Tous les fermiers, les uns après les autres, et au bout du compte, plus personne n’en a. En une saison, il y a pénurie de semences. En vingt ans, les réserves mondiales seront réduites à néant. Chacun aura beau être libre de faire ce qu’il veut, il n’y aura plus de semences. C’est pour ça qu’il faut interdire le brevetage des semences. L’humanité, dans sa grande majorité, n’a aucune envie de poursuivre sur cette voie de destruction de notre avenir. On force les gens à s’engager dans ce projet d’anéantissement pour servir la cupidité à court terme d’une toute petite minorité.

En premier lieu, l’humanité doit reconquérir sa capacité à concevoir la liberté, sa capacité à exercer une démocratie véritable et profonde. Ensuite, l’humanité doit aussi prendre conscience que l’être humain ne peut sûrement pas être sur Terre pour s’enrichir et faire des profits. Préserver la vie, la vie de notre espèce, la vie de la planète, l’écosystème qui permet toute vie sur Terre, voilà l’objectif suprême qui doit guider notre action. »

Vandana Shiva

1) Le salaire minimum indien est de 2€/jour, mais les agriculteurs gagnent moins.

Source :
http://www.maicha.free.fr/wordpress/?p=138

21 mai 2012 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE, Notre démocratie | , , , , , , , , , | Un commentaire

ciné débat à Béliet « Tous au Larzac » !


De : Courant Alternatif Association <courant-alternatif@orange.fr>

Bonjour à tous,

Le Courant Alternatif de Belin-Béliet et l’AMAP des jardins de Sillac de Salles vous convient à la projection du film Tous au Larzac le vendredi 25 mai à 21h à la salle des fêtes de Béliet.

L’entrée est libre et la projection du film sera suivie d’une discussion animée par des acteurs de la lutte du Larzac présents dans la salle.

Les échanges, les évocations passées ou perspectives futures pourront se prolonger autour d’un verre (ou deux) offert par les associations en toute convivialité et où vous pourrez apporter quelque chose à grignoter !

Vous ne connaissez pas l’histoire ? ne manquez ce film sous aucun prétexte….

Vous connaissez l’histoire : faites-vous du bien en (ré)écoutant les détails de cette lutte collective !!

A propos du film :

Marizette, Christiane, Pierre, Léon, José… sont quelques uns des acteurs, drôles et émouvants, d’une incroyable lutte, celle des paysans du Larzac contre l’Etat, affrontement du faible contre le fort, qui les a unis dans un combat sans merci pour sauver leurs terres. Un combat déterminé et joyeux, mais parfois aussi éprouvant et périlleux. Tout commence en 1971, lorsque le gouvernement, par la voix de son ministre de la Défense Michel Debré, déclare que le camp militaire du Larzac doit s’étendre. Radicale, la colère se répand comme une traînée de poudre, les paysans se mobilisent et signent un serment : jamais ils ne céderont leurs terres. Dans le face à face quotidien avec l’armée et les forces de l’ordre, ils déploieront des trésors d’imagination pour faire entendre leur voix. Bientôt des centaines de comités Larzac naitront dans toute la France… Dix ans de résistance, d’intelligence collective et de solidarité, qui les porteront vers la victoire.

Documentaire sorti le 23 novembre 2011 – Durée 1h 58min – Réalisé par Christian Rouaud


Au plaisir de vous retrouver à l’occasion de cette soirée,
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20 mai 2012 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE | , | Laisser un commentaire


Et vous n'avez encore rien vu...

Associations, revues, cercles de réflexion, collectifs éditoriaux, groupuscules politiques, communautés installées à la campagne: qu’ils revendiquent explicitement le terme d’anti-industriels ou qu’ils se reconnaissent plutôt dans les concepts d’après-développement, de décroissance ou d’écologie radicale, les mouvements de résistance à l’industrialisme qui se sont développés dans les deux dernières décennies paraissent dans l’ensemble avoir véritablement atteint un stade de maturité théorique. En puisant dans les travaux d’intellectuels francs-tireurs, en marge des schèmes idéologiques de leur temps (l’Ecole de Francfort, Mumford, Ellul, Castoriadis, Illich, Partant…), ils ont consacré de longues années à identifier les racines du mal: le despotisme de la technique moderne et de sa rationalité instrumentale s’étendant à toutes les sphères de l’existence; l’expansion des logiques de gestion, de calcul, de normalisation; l’idéologie du progrès, de la croissance et du développement, qu’ils soient techniques ou économiques; le réductionnisme d’une science moderne impérialiste, considérant la nature et le monde social comme…

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8 mai 2012 Posted by | Non classé | Laisser un commentaire

La démocratie directe est-elle possible en France ?


Comment la démocratie directe peut-elle Être obtenue en France ?
  • La déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, qui fait partie du préambule de notre Constitution, nous dit que « La loi est l’expression de la volonté générale »
    et que «
    les citoyens peuvent concourir personnellement, ou par leurs représentants,
    à sa formation
    ».
  • L’article 3 de la constitution dit ceci : « La souveraineté nationale appartient au peuple
    qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum
     ».
Tout semble être écrit pour que la démocratie fonctionne et pourtant cela ne marche pas !
  • Pourquoi ? Simplement parce que l’outil qui permet au peuple de reprendre la parole entre 2 élections, cet outil qui ouvre le droit à concourir à la formation de la loi n’a pas été donné
    au peuple. Il nous faut donc, pour corriger cet « oubli », modifier l’article 3 de notre Constitution :
« La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par
la voie du référendum
d’initiative citoyenne*, en toutes matières – notamment constitutionnelle –
et de ratification des traités ; cet article ne peut être modifié que par voie référendaire.
Si la loi organique fixant les modalités de ce référendum n’a pas été promulguée dans les 6 mois suivant l’adoption de cet article, des élections législatives anticipées seront organisées
. »
Commentaires sur la modification de l’article 3 :
Le domaine constitutionnel et la ratification des traités sont bien mentionnés pour que
les citoyens puissent imposer – s’ils le souhaitent – un référendum, par exemple, après un traité comme celui de Lisbonne fortement contesté.
Il est prévu que cet article 3 ne peut être modifié que par voie référendaire pour éviter qu’un vote des élus puisse le modifier à l’insu des citoyens.

Des élections anticipées sont prévues si la loi organique précisant les modalités n’est pas votée 6 mois après l’adoption du nouvel article 3. En effet, il est prudent de le préciser puisqu’on a vu que l’article 11 de la Constitution, voté en congrès en juillet 2008, n’était toujours pas en vigueur car la loi organique n’a toujours pas été adoptée 4 ans après !
Cette modification amènera à notre pays la part de démocratie directe que nous souhaitons tous.

Simple et efficace, le Référendum d’Initiative Citoyenne apportera au pays l’élan de changement dans la sérénité et le respect des opinions de chacun.

Qu’est-ce QUE LE Référendum d’initiative citoyenne ?


Un référendum d’initiative citoyenne permet à un citoyen, apportant la preuve d’un large soutien populaire, de provoquer l’organisation d’un vote de la population concernée, dont le résultat s’imposera à tous. Le référendum d’initiative citoyenne doit être possible à tous les niveaux territoriaux, de la Commune à l’Union européenne.

Le plus important pour les citoyens est de pouvoir, soit abroger une loi, soit en proposer de nouvelles. Nul doute, en effet, qu’avec ses 45 millions d’adultes et l’extrême diversité de ses métiers le peuple détient, pour le faire, toutes les compétences et tous les niveaux d’expertise.

avantages procurés par le Référendum d’initiative citoyenne

Nos voisins Suisses disent que les référendum d’initiative citoyenne leur permettent d’être bien informés et d’être plus compétents en matière politique ; ils mettent à son crédit des actions pionnières en matière de politique des transports, d’agriculture et de santé. Le référendum d’initiative citoyenne désamorce les tensions, les conflits potentiels en donnant la parole
à des groupes de citoyens mal représentés au Parlement.

Voici 3 exemples :
– 1996 : Refus d’une loi sur la flexibilité du travail jugée inéquitable pour les salariés.
– 2002 : Refus de la privatisation des moyens de production de l’électricité.
– 2005 : Vote d’un moratoire de 5 ans sur les OGM en agriculture.
  • Le référendum d’initiative citoyenne existe également dans 27 des États des USA,
    en Allemagne, en Italie mais abrogatif seulement.
  • Le référendum d’initiative citoyenne est un outil de contrôle préventif des décisions
    des élus qui évite bon nombre des gaspillages immenses d’argent public.
  • Le risque de voir une loi abrogée ou une décision remise en cause par référendum d’initiative citoyenne, obligera l’exécutif en place à une véritable concertation et non aux actuels simulacres après lesquels les élus font ce qu’ils avaient décidé avant la rencontre !
  • Le Gouvernement pourra ainsi – s’il en a la volonté politique – faire des réformes profondes dans un climat de paix sociale.

Le référendum d’initiative citoyenne est un outil anti-corruption. Les grandes surfaces,

  • par exemple, ne voudront plus « acheter » leur permis de construire de création
    ou d’extension, s’il pouvait être remis en cause.
  • C’est un outil égalitaire. Il n’est plus nécessaire de bloquer la France avec des trains,
    des camions ou des tracteurs et le plus souvent sans résultat !
  • Tout citoyen pourra obtenir un vote démocratique, sur une réforme s’il prouve qu’il bénéficie d’un large soutien.
  • Des propositions de loi sur des sujets de société comme les OGM, le nucléaire, l’âge
    de la retraite ou encore la vaccination, l’euthanasie etc., pourraient être soumises
    au peuple devenu Le Souverain.
Faisons de notre pays la 1ère République citoyenne

Rien n’est plus fort qu’une idée dont l’heure est venue – Victor HUGO

L’initiative citoyenne permet à un citoyen ou un groupe
de citoyens d’obtenir – en toutes matières – par pétition, l’organisation
d’une consultation sur une proposition de loi élaborée par eux ou l’abrogation d’une loi existante.
Cette forme de démocratie directe peut sans difficulté
exister au sein d’une démocratie représentative.
Elle existe notamment chez nos  voisins Suisses
source: Direction collégiale du Rassemblement pour l’Initiative Citoyenne

 

8 mai 2012 Posted by | Notre démocratie | , | Un commentaire

Débat Démocratie directe


Printemps de Politis 62

 

21 avril 2012 Posted by | Non classé, Notre démocratie | , , | Laisser un commentaire

Nous ne sommes pas en démocratie


Le philosophe Alain Badiou sur la Démocratie

« NON je ne voterai pas! »

« Les élections servent à enterrer le mouvement de démocratie. »

« Il n’y a pas de relation entre la majorité et ce qui est juste »

« Dans notre régime quel est le pouvoir du peuple? en quoi le peuple participe-t-il aux décisions les plus fondamentales (les décisions de politique étrangère,  les décisions concernant les banques , l’économie et ses orientations… »

voir également : Nous ne sommes pas en démocratie

16 avril 2012 Posted by | Désobéissance civile, webTV | , , , , , | Laisser un commentaire

Il vient de sortir : LE GUIDE LOCAL des pratiques décroissantes


 

Les Jardins de Sillac, le Courant Alternatif et les Faire Ailleurs se
sont associés pour proposer un petit guide bien concret ! Nous avons
souhaité faire connaître quelques initiatives spécifiques à notre
canton (Val de l’Eyre – Gironde 33) ;
Dans quel domaine ? Consommer moins mais mieux, cultiver le lien
social local et privilégier l’être, plus que l’avoir !

Voici donc un petit travail collectif qui pourra en inspirer bien
d’autres au niveau local… des guides altern’actifs de ce style
existent déjà dans de nombreuses villes, mais offrir ce genre de
support est véritablement intéressant pour tous ceux qui sont en
transition vers une vie plus respectueuse de l’humain et de la
planète… Voici donc notre petite contribution à faire évoluer au fur
et à mesure des initiatives !

Pour en savoir plus
:http://www.courant-alternatif.fr/index.php/actualites/389-viens-de-sortir-guide-des-pratiques-decroissantes

13 avril 2012 Posted by | DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE | , , , , | Un commentaire

Convergence entre la transition, les mouvements contre l’extractivisme et les communautés indiennes sud-américaines


QUARTIERS EN TRANSITION

Le 10 mars dernier, plusieurs associations et collectifs (Ecobox, « Non au gaz et pétrole de schiste », Relocalisons!, L’Indépendante, Parole de nature…) travaillant autour du mouvement de la transition avaient rencontré José Gualinga, Tayak Apu (Président) du Peuple Kichwa de Sarayaku à l’occasion de son passage en France. A cette occasion, était ressortie l’idée de construire sur du long terme des liens et des relations autour de luttes et d’objectifs qui convergent pour préserver nos biens communs et éviter leur marchandisation. Le tout avec en toile de fond, le mouvement de la transition et ses implications en terme énergétique, environnemental, alimentaire, agricole, démocratique, économique, sociale….

José Gualinga avait indiqué que ce qui faisait le ciment de nos initiatives, de nos collectifs et de la lutte des Sarayaku et des peuples indigènes en général (à l’image de la déclaration de Lima en novembre 2010), c’était la volonté de passer à l’action et d’expérimenter…

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