Aquitaine décroissance

vers une démocratie générale

Lettre à l’éléphant de Romain Gary


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Lettre à l’éléphant de Romain Gary.
Monsieur et cher éléphant,
Vous vous demanderez sans doute en lisant cette lettre ce qui a pu inciter à l’écrire un spécimen zoologique si profondément soucieux de l’avenir de sa propre espèce. L’instinct de conservation, tel est, bien sûr ce motif. Depuis fort longtemps déjà, j’ai le sentiment que nos destins sont liés. En ces jours périlleux « d’équilibre par la terreur », de massacres et de calculs savants sur le nombre d’humains qui survivront à un holocauste nucléaire, il n’est que trop naturel que mes pensées se tournent vers vous.

À mes yeux, monsieur et cher éléphant, vous représentez à la perfection tout ce qui est aujourd’hui menacé d’extinction au nom du progrès, de l’efficacité, du matérialisme intégral, d’une idéologie ou même de la raison car un certain usage abstrait et inhumain de la raison et de la logique se fait de plus en plus le complice de notre folie meurtrière. Il semble évident aujourd’hui que nous nous sommes comportés tout simplement envers d’autres espèces, et la vôtre en particulier, comme nous sommes sur le point de le faire envers nous-mêmes.

C’est dans une chambre d’enfant, il y a près d’un demi-siècle, que nous nous sommes rencontrés pour la première fois. Nous avons pendant des années partagé le même lit et je ne m’endormais jamais sans embrasser votre trompe, sans ensuite vous serrer fort dans mes bras jusqu’au jour où ma mère vous emporta en disant, non sans un certain manque de logique, que j’étais désormais un trop grand garçon pour jouer avec un éléphant. Il se trouvera sans doute des psychologues pour prétendre que ma « fixation » sur les éléphants remonte à cette pénible séparation, et que mon désir de partager votre compagnie est en fait une forme de nostalgie à l’égard de mon enfance et de mon innocence perdues. Et il est bien vrai que vous représentez à mes yeux un symbole de pureté et un rêve naïf, celui d’un monde où l’homme et la bête vivraient pacifiquement ensemble.

Des années plus tard, quelque part au Soudan, nous nous sommes de nouveau rencontrés. Je revenais d’une mission de bombardement au-dessus de l’Ethiopie et fis atterrir mon avion en piteux état au sud de Khartoum, sur la rive occidentale du Nil. J’ai marché pendant trois jours avant de trouver de l’eau et de boire, ce que j’ai payé ensuite par une typhoïde qui a failli me coûter la vie. Vous m’êtes apparu au travers de quelques maigres caroubiers et je me suis d’abord cru victime d’une hallucination. Car vous étiez rouge, d’un rouge sombre, de la trompe à la queue, et la vue d’un éléphant rouge en train de ronronner assis sur son postérieur, me fit dresser les cheveux sur la tête. Hé oui ! vous ronronniez, j’ai appris depuis lors que ce grondement profond est chez vous un signe de satisfaction, ce qui me laisse supposer que l’écorce de l’arbre que vous mangiez était particulièrement délicieuse.

Il me fallut quelque temps pour comprendre que si vous étiez rouge, c’est parce que vous vous étiez vautré dans la boue, ce qui voulait dire qu’il y avait de l’eau à proximité. J’avançai doucement et à ce moment vous vous êtes aperçu de ma présence. Vous avez redressé vos oreilles et votre tête parut alors tripler de volume, tandis que votre corps, semblable à une montagne disparaissait derrière cette voilure soudain hissée. Entre vous et moi, la distance n’excédait pas vingt mètres, et non seulement je pus voir vos yeux, mais je fus très sensible à votre regard qui m’atteignit si je puis dire, comme un direct à l’estomac. Il était trop tard pour songer à fuir. Et puis, dans l’état d’épuisement où je me trouvais, la fièvre et la soif l’emportèrent sur ma peur. Je renonçai à la lutte. Cela m’est arrivé à plusieurs reprises pendant la guerre : je fermais tes yeux, attendant la mort, ce qui m’a valu chaque fois une décoration et une réputation de courage.

Quand j’ouvris de nouveau les yeux, vous dormiez. J’imagine que vous ne m’aviez pas vu ou pire vous m’aviez accordé un simple coup d’oeil avant d’être gagné par le sommeil. Quoi qu’il en soit, vous étiez là ; la trompe molle, les oreilles affaissées, les paupières abaissées et, je m’en souviens, mes yeux s’emplirent de larmes. Je fus saisi du désir presque irrésistible de m’approcher de vous, de presser votre trompe contre moi, de me serrer contre le cuir de votre peau et puis là, bien à l’abri, de m’endormir paisiblement. Une impression des plus étranges m’envahit. C’était ma mère, je le savais, qui vous avait envoyé. Elle s’était enfin laissée fléchir et vous m’étiez restitué. Je fis un pas dans votre direction, puis un autre… Pour un homme aussi profondément épuisé que j’étais en ce moment-là, il se dégageait de votre masse énorme, pareille à un roc, quelque chose d’étrangement rassurant. J’étais convaincu que si je parvenais à vous toucher, à vous caresser, à m’appuyer contre vous, vous alliez me communiquer un peu de votre force vitale. C’était l’une de ces heures où un homme a besoin de tant d’énergie, de tant de force qu’il lui arrive même de faire appel à Dieu. Je n’ai jamais été capable de lever mon regard aussi haut, je me suis toujours arrêté aux éléphants. J’étais tout près de vous quand je fis un faux pas et tombai. C’est alors que la terre trembla sous moi et le boucan le plus effroyable que produiraient mille ânes en train de braire à l’unisson réduisit mon coeur à l’état de sauterelle captive. En fait, je hurlais, moi aussi et dans mes rugissements il y avait toute la force terrible d’un bébé de deux mois. Aussitôt après, je dus battre sans cesser de glapir de terreur, tous les records des lapins de course. Il semblait bel et bien qu’une partie de votre puissance se fût infusée en moi, car jamais homme à demi-mort n’est revenu plus rapidement à la vie pour détaler aussi vite En fait, nous fuyions tous les deux mais en sens contraires. Nous nous éloignions l’un de l’autre, vous en barrissant, moi en glapissant, et comme j’avais besoin de toute mon énergie, il n’était pas question pour moi de chercher à contrôler tous mes muscles. mais passons là-dessus, si vous le voulez bien. Et puis, quoi, un acte de bravoure a parfois de ces petites répercussions physiologiques. Après tout, n’avais-je pas fait peur à un éléphant ?

Nous ne nous sommes plus jamais rencontrés et pourtant dans notre existence frustrée, limitée, contrôlée, répertoriée, comprimée, l’écho de votre marche irrésistible, foudroyante, à travers les vastes espaces de l’Afrique, ne cesse de me parvenir et il éveille en moi un besoin confus. Il résonne triomphalement comme la fin de la soumission et de la servitude, comme un écho de cette liberté infinie qui hante notre âme depuis qu’elle fut opprimée pour la première fois. J’espère que vous n’y verrez pas un manque de respect si je vous avoue que votre taille, votre force et votre ardente aspiration à une existence sans entrave vous rendent évidemment tout à fait anachronique. Aussi vous considère-t-on comme incompatible avec l’époque actuelle. Mais à tous ceux parmi nous qu’éc¦urent nos villes polluées et nos pensées plus polluées encore, votre colossale présence, votre survie, contre vents et marées, agissent comme un message rassurant. Tout n’est pas encore perdu, le dernier espoir de liberté ne s’est pas encore complètement évanoui de cette terre, et qui sait ? si nous cessons de détruire les éléphants et les empêchons de disparaître, peut-être réussirons-nous également à protéger notre propre espèce contre nos entreprises d’extermination.

Si l’homme se montre capable de respect envers la vie sous la forme la plus formidable et la plus encombrante – allons, allons, ne secouez pas vos oreilles et ne levez pas votre trompe avec colère, je n’avais pas l’intention de vous froisser – alors demeure une chance pour que la Chine ne soit pas l’annonce de l’avenir qui nous attend, mais pour que l’individu, cet autre monstre préhistorique encombrant et maladroit, parvienne d’une manière ou d’une autre à survivre.

Il y a des années, j’ai rencontré un Français qui s’était consacré, corps et âme, à la sauvegarde de l’éléphant d’Afrique. Quelque part, sur la mer verdoyante, houleuse, de ce qui portait alors le nom de territoire du Tchad, sous les étoiles qui semblent toujours briller avec plus d’éclat lorsque la voix d’un homme parvient à s’élever plus haut que sa solitude, il me dit : « Les chiens, ce n’est plus suffisant. Les gens ne se sont jamais sentis plus perdus, plus solitaires qu’aujourd’hui, il leur faut de la compagnie, une amitié plus puissante, plus sûre que toutes celles que nous avons connues. Quelque chose qui puisse réellement tenir le coup. Les chiens, ce n’est plus assez. Ce qu’il nous faut, ce sont les éléphants ». Et qui sait ? Il nous faudra peut-être chercher un compagnonnage infiniment plus important, plus puissant encore…

Je devine presque une lueur ironique dans vos yeux à la lecture de ma lettre. Et sans doute dressez-vous les oreilles par méfiance profonde envers toute rumeur qui vient de l’homme. Vous a-t-on jamais dit que votre oreille a presque exactement la forme du continent africain ? Votre masse grise semblable à un roc possède jusqu’à la couleur et l’aspect de la terre, notre mère. Vos cils ont quelque chose d’inconnu qui fait presque penser à ceux d’une fillette, tandis que votre postérieur ressemble à celui d’un chiot monstrueux. Au cours de milliers d’années, on vous a chassé pour votre viande et. votre ivoire, mais c’est l’homme civilisé qui a eu l’idée de vous tuer pour son plaisir et faire de vous un trophée. Tout ce qu’il y a en nous d’effroi, de frustration, de faiblesse et d’incertitude semble trouver quelque réconfort névrotique à tuer la plus puissante de toutes les créatures terrestres. Cet acte gratuit nous procure ce genre d’assurance « virile » qui jette une lumière étrange sur la nature de notre virilité.

Il y a des gens qui, bien sûr, affirment que vous ne servez à rien, que vous ruinez les récoltes dans un pays où sévit la famine, que l’humanité a déjà assez de problèmes de survie dont elle doit s’occuper sans aller encore se charger de celui des éléphants. En fait, ils soutiennent que vous êtes un luxe que nous ne pouvons plus nous permettre.

C’est exactement le genre d’ arguments qu’utilisent les régimes totalitaires, de Staline à Mao, en passant par Hitler, pour démontrer qu’une société vraiment rationnelle ne peut se permettre le luxe de la liberté individuelle. Les droits de l’homme sont, eux aussi, des espèces d’éléphants. Le droit d’être d’un avis contraire, de penser librement, le droit de résister au pouvoir et de le contester, ce sont là des valeurs qu’on peut très facilement juguler et réprimer au nom du rendement, de l’efficacité, des « intérêts supérieurs » et du rationalisme intégral.

Dans un camp de concentration en Allemagne, au cours de la dernière guerre mondiale, vous avez joués, monsieur et cher éléphant, un rôle de sauveteur. Bouclés derrière les barbelés, mes amis pensaient aux troupeaux d’éléphants qui parcouraient avec un bruit de tonnerre les plaines sans fin de l’Afrique et l’image de cette liberté vivante et irrésistible aida ces concentrationnaires à survivre. Si le monde ne peut plus s’offrir le luxe de cette beauté naturelle, c’est qu’il ne tardera pas à succomber à sa propre laideur et qu’elle le détruira… Pour moi, je sens profondément que le sort de l’homme, et sa dignité, sont en jeu chaque fois que nos splendeurs naturelles, océans, forêts ou éléphants, sont menacées de destruction.

Demeurer humain semble parfois une tache presque accablante ; et pourtant, il nous faut prendre sur nos épaules an cours de notre marche éreintante vers l’inconnu un poids supplémentaire : celui des éléphants. Il n’est pas douteux qu’au nom d’un rationalisme absolu il faudrait vous détruire, afin de nous permettre d’occuper toute la place sur cette planète surpeuplée. Il n’est pas douteux non plus que votre disparition signifiera le commencement d’un monde entièrement fait pour l’homme. Mais laissez-moi vous dire ceci, mon vieil ami : dans un monde entièrement fait pour l’homme, il se pourrait bien qu’il n’y eût pas non plus place pour l’homme. Tout ce qui restera de nous, ce seront des robots. Nous ne réussirons jamais à faire de nous entièrement notre propre oeuvre. Nous sommes condamnés pour toujours à dépendre d’un mystère que ni la logique ni l’imagination ne peuvent pénétrer et votre présence parmi nous évoque une puissance créatrice dont on ne peut rendre compte en des termes scientifiques ou rationnels, mais seulement en termes où entrent teneur, espoir et nostalgie. Vous êtes notre dernière innocence.

Je ne sais que trop bien qu’en prenant votre parti – mais n’est-ce pas tout simplement le mien ? – je serai immanquablement qualifié de conservateur, voire de réactionnaire, « monstre » appartenant à une autre évoque préhistorique : celle du libéralisme. J’accepte volontiers cette étiquette en un temps où le nouveau maître à penser de la jeunesse française, le philosophe Michel Foucault, annonce que ce n’est pas seulement Dieu qui est mort disparu à jamais, mais l’Homme lui-même, l’Homme et l’Humanisme.

C’est ainsi, monsieur et cher éléphant, que nous nous trouvons, vous et moi, sur le même bateau, poussé vers l’oubli par le même vent puissant du rationalisme absolu. Dans une société, vraiment matérialiste et réaliste, poètes, écrivains, artistes, rêveurs et éléphants ne sont plus que des gêneurs. Je me souviens d’une vieille mélopée que chantaient des piroguiers du fleuve Chari en Afrique centrale.

Nous tuerons le grand éléphant
Nous mangerons le grand éléphant
Nous entrerons dans son ventre
Mangerons son coeur et son foie…
(..) Croyez-moi votre ami bien dévoué.

Romain Gary – Le figaro Littéraire, Mars 1968.

10 décembre 2015 Posted by | Non classé | , | Laisser un commentaire

Solidarité avec les médias libres du Chiapas


Communiqué en solidarité avec les médias libres du Chiapas et les compañer@s en lutte.

Aux médias libres du Chiapas,
Aux adhérent-e-s de la Sexta,
A nos frères et sœurs qui luttent pour proposer une autre information,

La pancarte indique en espagnol : « Vous vous trouvez en territoire rebelle zapatiste. Ici le peuple commande et le gouvernement obéit. Zone nord. Conseil de bon gouvernement. Le trafic d'armes, la production et la consommation de drogues, de boissons alcoolisées et les ventes illégales d'essences d'arbres sont strictement interdites. Non à la destruction de la Nature. » (Photo prise en 2005 sur l'autoroute 307, au Chiapas)

La pancarte indique en espagnol : « Vous vous trouvez en territoire rebelle zapatiste. Ici le peuple commande et le gouvernement obéit.
Zone nord. Conseil de bon gouvernement. Le trafic d’armes, la production et la consommation de drogues, de boissons alcoolisées et les ventes illégales d’essences d’arbres sont strictement interdites. Non à la destruction de la Nature. »
(Photo prise en 2005 sur l’autoroute 307, au Chiapas)

Nous avons été informé-e-s qu’au Chiapas, Mexique, nos compañer@s, nos frères et sœurs de lutte, travaillant dans les médias libres, de manière bénévole, et accompagnant le mouvement des peuples organisés en lutte contre l’installation d’un méga projet touristiques et d’une autoroute sur leur terre, ont été agressé-e-s par des groupes armés pro-gouvernementaux sous l’œil bienveillant des forces de l’ordre. L’agression s’est terminée par la rétention illégale de leurs outils de travail : un appareil photo Canon 70D et un téléphone portable contenant de nombreuses informations personnelles.

Cette agression a eu lieu dans un climat d’extrême violence : dans leur rapport, nos collègues journalistes indépendants ont déclaré avoir été menacé-e-s avec une machette sous le cou et sur le ventre pour notre sœur journaliste, et par une machette sur le ventre pour notre frère journaliste. En tant que médias libres, cela nous rappelle des évènements qui se sont déroulés en France, et plus particulièrement durant la lutte contre la construction du barrage de Sivens au Testet où des journalistes indépendants avaient été menacé-e-s par une milice aux pratiques fascisantes afin de les empêcher de travailler.

Le droit d’informer est universel.

Nous n’acceptons pas et condamnons énergiquement ces actions. Le droit d’informer est universel. Si le fait de prendre des photos et de documenter leurs actions leur pose problème, c’est aux groupes paramilitaires et milices de tous les pays de stopper leurs pratiques illégales. LA PEUR DOIT CHANGER DE CAMP !

Loin de nous intimider, nous nous engageons à être plus attentif-ve-s aux futures actions qui se passeront au Chiapas comme ailleurs et à diffuser toutes menaces et agressions qui pourront se dérouler au Mexique et dans le monde entier et nous invitons chaque personne, chaque Être Humain, à devenir témoin chaque fois qu’il le faudra : les médias libres sont là pour recevoir et diffuser leurs temoignages et les protéger.

Nous nous solidarisons avec le travail de nos frères et sœurs

des médias libres du Chiapas qui, depuis des années, s’organisent et diffusent « L’Autre Information » de manière exemplaire.

SOLIDARITÉ AVEC LES MÉDIAS LIBRES DU CHIAPAS, DU MEXIQUE ET DE LA TERRE !

Depuis la France, mars 2015.

Liste des signataires (en cours) :

- Espoir Chiapas : http://espoirchiapas.blogspot.mx
- Le serpent à Plumes : http://www.le-serpent-a-plumes.antifa-net.fr
- collectif bon pied bon oeil : http://bonpiedbonoeil.net
- indymedia nantes : https://nantes.indymedia.org/
- radio zinzine : http://radiozinzine.org
- Forum civique Européen : http://www.forumcivique.org
- Contre Faits : http://www.contre-faits.org
- L’Orchestre Poétique d’Avant-guerre (O.P.A) : http://www.opa33.org
- Cocomagnanville : http://cocomagnanville.over-blog.com/
- Le sécretariat libre de la ZAD de NDDL : http://zad.nadir.org
- Radio Galère : http://www.radiogalere.org/
- Koletivo BoCa En BoCa : http://espoirchiapas.blogspot.fr/search/label/BoCa%20En%20BoCa
- Primitivi : http://www.primitivi.org/
- Aquitaine Decroissance : https://aquitainedecroissance.org/
- l’Atelier des Medias Libres : http://mediaslibres.org/
- Canal Sud : http://www.canalsud.net/
- IAATA (Information Anti Autoritaire Toulouse et Alentours) : https://iaata.info/
- Reporterre : http://www.reporterre.net/

19 avril 2015 Posted by | Non classé | , , , , , | Laisser un commentaire

Tchernobyl 29 ans plus tard.


Des images aériennes de la ville fantôme de Pripyat en Ukraine 29 ans après la catastrophe de Tchernobyl.

Source images d’AeroCine.

Les soldats ne restaient sur le toit que 20 à 40 secondes et devaient, durant ce court laps de temps, saisir des débris et les jeter dans le trou béant du réacteur no.4, éventré par l'explosion.

Les soldats ne restaient sur le toit que 20 à 40 secondes et devaient, durant ce court laps de temps, saisir des débris et les jeter dans le trou béant du réacteur no.4, éventré par l’explosion.

21 février 2015 Posted by | Non classé | | Laisser un commentaire

L’impossible référendum sur le nucléaire français.


arret nucleaire

La sortie du nucléaire c’est maintenant ou jamais !

Nous sommes en ce début d’année 2015, à un point de bascule dans l’histoire du nucléaire français. La quasi totalité des réacteurs sont en bout de course et n’ont jamais été aussi peu fiables. La société est tout à fait consciente des risques du nucléaire ( Tchernobyl , Fukushima, dangerosité à très long terme des entrepôts de déchets, catastrophes naturelles, terrorisme…) et il est évident pour tous que l’on doit les fermer d’urgence, si possible avant un accident majeur. Alors que le nucléaire est en déclin partout dans le monde, étranglé par ses coûts et des risques trop élevés

La ministre de l’écologie Mme Royale a d’ailleurs (à la suite de l’Autorité de sûreté nucléaire -ASN- ) déclaré que l’on ne pouvait plus prolonger la durée de vie de réacteurs ayant déjà dépassé leurs limites, depuis pour certains plus d’une dizaine d’années, et bien trop souvent frôlé la catastrophe comme à Bordeaux en 1999 ; où les riverains se souviennent encore du goût des comprimés d’iode: voir L’inquiétante centrale nucléaire de Blaye  et  Blaye 99: retour sur un accident nucléaire majeur.

Face à cette urgence la ministre déclare de façon autoritaire qu’il n’y a pas de polémiques possibles et que nous allons reconstruire 40? réacteurs neufs. Ségolène Royal taxant par ailleurs d’ « idéologique » la mise en place d’un âge limite pour les réacteurs.

Un bel exemple de démocratie « participative » chère à cette personne qui n’avait à la bouche que les mots « démocratie participative » en période électorale. On en conviendra: on nous prend pour des abrutis. (Ségolène Royal,  lors de la primaire socialiste en 2011 déclarait vouloir une sortie du nucléaire.)

Pas de polémiques mais une concertation citoyenne sur l’avenir de cette forme de production d’énergie en déclin.

Qu’elle se rassure, la filière nucléaire ne va pas disparaître puisque le problème des déchets n’est pas résolu et ne peut être résolu par la technique de la cocotte minute en projet à Bure, dont la ZAD ne devrait pas tarder à apparaître.

sortir du nucleaire

mais la question est :

un referendum sur le nucléaire est-il POSSIBLE en France?

En Autriche, la décision de sortie du nucléaire avait été prise par referendum en 1978, décision suivie d’une autre première mondiale, la « Loi interdisant la fission nucléaire à des fins énergétiques ».. par exemple. Les Autrichiens ont inscrit depuis (en 1999) le renoncement à l’énergie nucléaire dans leur Constitution.

En France, c’est plus compliqué. La France est un des pays de type démocratie représentative qui dispose le moins d’outils de démocratie directe ou de démocratie tout court si l’on considère que la démocratie est forcement l’expression directe de la volonté du peuple.

Le referendum en France est prévu essentiellement pour la modification de la constitution. En 2005, par exemple, les Français ont rejeté le Traité établissant une Constitution pour l’Europe proposé au référendum par le président. Malgré cela, la ratification d’un traité semblable a été autorisée par la voie parlementaire le 8 février 2008. cas d’école de « déni de démocratie »

L’initiative populaire en matière législative, régulièrement envisagée est restée lettre morte à ce jour.

Il semble donc qu’aucun outil de démocratie directe ne soit utilisable!

La réforme de 2008 n’introduit qu’un « référendum d’initiative partagée »

Le fumeux « référendum d’initiative partagée »

C’est l’article 11 de la Constitution qui indique notamment qu’« un référendum portant sur un objet mentionné au premier alinéa peut être organisé à l’initiative d’un cinquième des membres du Parlement, soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales ».

Où sont donc les démocrates ?

En 2007, S.ROYAL, après des centaines de rencontres avec les citoyens, en dressait le bilan sur son site « Désirs d’avenir »  en présentant plus de cent propositions.
On pouvait y lire cette description même du référendum d’initiative citoyenne :

« Les citoyens veulent prendre la parole plus souvent et plus directement pour décider eux-mêmes (…)  »

– En juillet 2008, lors de la discussion de la réforme de la Constitution, Delphine Batho à qui S.ROYAL avait légué sa circonscription législative, n’a pas déposé d’amendement en faveur du référendum d’initiative populaire, les autres députés PS -PC -Verts- non plus d’ailleurs.

« Nous avons maintenant en droit français un référendum d’initiative populaire »

La simple lecture de l’article 11 prouve le contraire.

On comprend bien que dans un référendum d’initiative populaire , d’une part l’initiative de la consultation appartient aux citoyens qui fixent le contenu de la proposition et que d’autre part  la proposition est soumise au peuple qui décide (si le seuil de signatures est atteint).

Or dans la procédure décrite dans l’article 11, d’une part, l’initiative n’appartient pas aux citoyens mais à 20% de Parlementaires qui doivent commencer par déposer une proposition de loi soumise ensuite au Conseil constitutionnel. Les citoyens n’interviennent qu’après.

Ils n’ont donc pas l’Initiative , ils ne sont pas les premiers et ne sont pas maîtres de la proposition.

D’autre part, même si les 4,5 millions de signatures sont réunis, la proposition de loi parlementaire n’est pas soumise aux citoyens, mais au Parlement !

Et selon l’article 11, ce n’est que :

« Si la proposition de loi n’a pas été examinée par les deux assemblées dans un délai fixé par la loi organique, le Président de la République la soumet au référendum. »

Or, on ne voit vraiment pas pourquoi le gouvernement et sa majorité ne mettraient pas la proposition à l’ordre du jour des deux chambres alors que -même sans vote- cela écarte définitivement le référendum !

On voit aujourd’hui, dans l’urgence des fermetures des réacteurs, que les décisions qui engagent la santé des citoyens, de leurs enfants, de leurs petits-enfants et de leur environnement nécessitent une démocratie réelle exprimant la volonté de la population concernée et non celle d’oligarques liés à d’obscurs lobbies ou autres agendas politiques.  Nous ne pouvons donc pas, nous peuple souverain, prendre part à une belle concertation populaire et démocratique sur l’avenir du nucléaire « civil » en France. Non, nous ne pouvons qu’écrire notre indignation sur des blogs (pour combien de temps encore ?).

Pourrions-nous compter sur un sursaut ou même une manœuvre électorale des partis EELV, FG,  PC et des « frondeurs du PS » qui lorgnent actuellement vers les résultats de la coalition keynésienne Siriza? Rien n’est moins sûr…

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22 janvier 2015 Posted by | ENERGIE, Non classé, Notre démocratie | , , , | Un commentaire

Lettre ouverte à M. Alain Juppé sur le Rwanda


Monsieur Alain Juppé,

Nous, habitants de Bordeaux, et citoyens attentifs au respect de la mémoire des victimes du génocide des Tutsi au Rwanda, constatons que depuis 20 ans vous tenez, concernant ce crime, un discours qui entre en contradiction avec la réalité des faits. Il suscite de graves interrogations sur votre rôle à l’époque, ainsi que sur celui de notre État, auxquelles nous vous invitons à répondre.

Vous étiez ministre des affaires étrangères d’avril 1993 à avril 1995. Au cours de cette période, au Rwanda, se mettait en place et se réalisait un génocide : en 1994, il y a 20 ans, plus de 800 000 personnes furent assassinées pour la seule raison que la mention Tutsi figurait sur leurs cartes d’identité. Les forces armées rwandaises (FAR) et les milices civiles réalisèrent les massacres. Ce crime, organisé et rapide, dura 3 mois !

L’État français, jusqu’en 1994, était particulièrement proche des autorités rwandaises. La présence militaire sur place est un des aspects les plus visibles de cette proximité : de 1990 à la fin du génocide, 3 opérations françaises se déployèrent au Rwanda, et il n’y eut que quelques mois au cours desquels notre armée ne fut pas présente en nombre sur le territoire de ce petit pays. Depuis 20 ans, des historiens, des écrivains, des journalistes, des associations, ainsi que des organisations internationales[1], accusent les autorités françaises d’avoir une responsabilité coupable dans la réalisation du génocide, ou d’avoir été complices de celui-ci.

Environ 10 ans après les faits, des responsables politiques français commencèrent à parler « d’erreur criminelle » (B. Kouchner), puis « d’aveuglement » (N. Sarkozy), pour qualifier les décisions prises par notre État à cette époque [2]. Mais votre position est toute autre. Selon vous, la France n’a rien à se reprocher, bien au contraire. Vos arguments sont clairs, vous les développez par exemple sur votre blog, dans un article mis en ligne le 1er mars 2010.

Concernant les accusations dirigées contre vous, vous vous contentez de les balayer d’un revers de la main, au seul motif qu’elles ne seraient « évidemment qu’un tissu d’allégations mensongères ». Mais lorsque vous exposez votre vision des événements, force est de constater que vous omettez et contredisez des faits avérés, afin de produire un discours dédouanant les dirigeants français de toute responsabilité.

Selon vous, M. Juppé, « le gouvernement français a tout fait pour réconcilier le gouvernement du président Habyarimana, légalement élu, et le leader du front patriotique rwandais (FPR) », « bref le processus de paix semblait bien engagé… jusqu’à l’attentat du 6 avril 1994 qui a évidemment ruiné les efforts de la diplomatie française. ».

Vous offrez, en quelques phrases, un vernis démocratique au régime de Juvénal Habyarimana, arrivé en pouvoir en 1973 par un coup d’état, et vous légitimez ainsi l’aide que lui offraient les autorités françaises. Mais vous fermez les yeux sur tous les éléments qui montraient la préparation du génocide : le massacre des Bagogwe en 1991 ; celui des Tutsi dans le Bugesera, dans la région de Kibuye et dans le nord-ouest en 1992 et 1993 ; ainsi que les nombreux rapports, français [3] et internationaux, qui en attestent. Les plus notables, publiés en 1993, sont celui de 4 ONG [4], dont la
FIDH, et celui de la commission des droits de l’Homme de l’ONU [5]. Ils interrogent déjà sur la possibilité de qualifier ces massacres de génocide. Ils démontrent également qu’ils sont encadrés par les autorités administratives et l’armée rwandaise, à une époque où les forces militaires françaises collaborent étroitement avec celles-ci.

Devant la multitude de ces voyants rouges[6], n’aurait-il pas été de votre devoir de dénoncer les crimes du régime et d’appeler à suspendre notre coopération, plutôt que de les camoufler derrière le paravent des accords d’Arusha ?

Ce processus de paix, bien engagé selon vous, était pourtant qualifié par le président Habyarimana de « chiffon de papier »[7]. Pouviez-vous réellement ignorer que l’État français enfreignait ses clauses, notamment en poursuivant les fournitures d’armes au régime raciste de Kigali bien après sa signature définitive (le 04 août 1993) : la Mission des Nations unies pour l’assistance au Rwanda (MINUAR) intercepta, sur l’aéroport de la capitale, une livraison en janvier 1994 [8]; selon Edouard Balladur, la dernière autorisation d’exportation de matériel de guerre date du 6 avril [9]? Enfin, et c’est beaucoup plus grave, Human Rights Watch révèle, après une enquête menée en 1995, qu’au moins 5 livraisons d’armes en provenance de la France et à destination des forces génocidaires ont eu lieu via l’aéroport de Goma, à la frontière zaïroise [10]. Elles s’effectuèrent après le 17 mai, alors que plus personne ne pouvait ignorer qu’un génocide était en cours, et que l’ONU venait de décréter un embargo sur les armes.

Les témoignages qui étayent ces conclusions sont-ils tous, eux aussi, mensongers ? Vous admettiez pourtant, durant le génocide, ne pas connaître les décisions de l’Élysée concernant les ventes d’armes [11]. N’est-ce pas plutôt ces dernières qui ruinèrent les efforts de la diplomatie française, si ces efforts ont existé ? Et l’État français ne doit-il pas se reprocher cette aide aux génocidaires ?

Par ailleurs, vous écrivez : « loin de se taire sur tout ce qui s’est alors passé au Rwanda, le gouvernement français a, par ma voix, solennellement dénoncé le génocide dont des centaines de milliers de Tutsis étaient les victimes. ». C’est vrai, vous avez dénoncé le génocide, et vous étiez le premier responsable politique français à le faire, à un moment où il devenait impossible de nier son existence, et où l’État devait corriger sa position. C’était le 16 mai 1994, cinq semaines après le début des massacres, alors que certains médias français employèrent le mot de génocide dès le 11 avril [12], et que l’ordre d’opération d’Amaryllis [13], daté du 8 avril, mentionnait que « les membres de la garde présidentielle ont mené […] l’arrestation et l’élimination des opposants et des Tutsis ». Les autorités françaises savaient. Elles étaient les mieux placées pour connaître exactement ce qui se passait au Rwanda, bien avant le 16 mai.

Mais quand, devant l’évidence des faits, vous dénoncez les responsables des massacres, c’est pour mieux mentir sur leur chronologie en prétendant, le 18 mai à l’assemblée nationale , qu’ils sont la conséquence d’une nouvelle attaque du FPR [14]. Or le FPR, en 1994, n’est intervenu qu’après le début du génocide15, et il était la seule force sur place à mettre fin à celui-ci. Présenter les choses comme vous le faisiez, n’était-ce pas une manière de détourner les accusations qui visaient ses véritables auteurs ?

De plus, le 16 juin, dans une tribune accordée au journal Libération [16], vous parlez des « responsables de ces génocides » au Rwanda, au pluriel, laissant entendre qu’il y aurait eu un second génocide, commis par une autre partie que vous ne nommez pas. Cette thèse, que plus personne n’ose sérieusement soutenir aujourd’hui, permettait de dédouaner les responsables des tueries, en prétendant qu’ils ne faisaient que se défendre… Vous repreniez ainsi l’argument qu’employaient les génocidaires pour exterminer la population civile Tutsi. Quels éléments pouvaient être suffisants pour vous permettre d’évoquer un second génocide, alors que le rapport de l’ONU d’août 1993 [17] ne vous avait, lui, pas alerté ? Oseriez-vous encore, M. Juppé, laisser entendre qu’en 1994 plusieurs génocides étaient commis au Rwanda ?

Nous l’avons vu, les autorités françaises connaissaient la nature et l’ampleur des massacres, dès le commencement de ceux-ci [18]. Pouviez-vous ignorer qu’un génocide était en cours lorsque vous receviez à Paris, le 27 avril, le ministre des affaires étrangères du gouvernement intérimaire rwandais, ainsi que l’idéologue extrémiste Jean-Bosco Barayagwiza ? Ce dernier est l’un des fondateurs de la RTLM, la radio appelant aux tueries, qui fut un outil fondamental du génocide [19]. Il a été condamné à 32 ans de prison par le Tribunal Pénal International pour le Rwanda. La réception de ces personnes au Quai d’Orsay, mais aussi à l’Élysée et à Matignon, « rendait le génocide respectable », pour employer les mots de l’historienne Alison Des Forges [20]. La Belgique et les USA leur avaient fermé leurs portes, la France fut le seul pays occidental à traiter avec eux.

Cette réception, M. Juppé, vous la taisez. Vous ne pouvez pas même la justifier par une condamnation verbale des responsabilités portées par vos hôtes. Celle-ci n’a pas existé…

Vous écrivez enfin « Ce que je sais, c’est que la communauté internationale a fait preuve d’une passivité, voire d’un « aveuglement » scandaleux. […] le conseil de sécurité a été incapable de prendre la moindre décision… sauf celle de ramener les effectifs de la MINUAR de 2548 à 270 hommes (21 avril 1994) » ; « Devant la carence de la communauté internationale […], la France a été la seule à avoir un sursaut de courage. J’ai longuement expliqué, à l’époque, l’initiative qui a abouti à l’opération Turquoise ».

Là encore, vous contredisez les faits. La France ne s’est nullement opposée à la passivité de la communauté internationale que vous dénoncez. Elle y a participé, en votant la résolution 912 du conseil de sécurité de l’ONU, réduisant l’effectif de la MINUAR à 270 hommes, le 21 avril 1994, 14 jours après le début du génocide. Vous avez vous même déclaré, lors du conseil des ministres restreint du 13 avril 1994, être favorable à la suspension de la MINUAR [21], à un moment où le pire pouvait encore être évité. Ce n’est que dans un second temps, au mois de juin, alors que le génocide touche à sa fin, que l’État français prend la décision d’intervenir. Ce n’est pas un moment anodin : Kigali menace de tomber aux mains du FPR, qui s’oppose militairement aux forces armées rwandaises et stoppe l’extermination des Tutsi.

Faut-il rappeler que l’opération Turquoise, qualifiée d’« humanitaire », était lourdement armée [22] et composée en grande partie de l’élite des forces spéciales [23]? Et que la France a imposé unilatéralement, sans l’accord du conseil de sécurité, une « zone humanitaire sûre » dans laquelle les tueurs ne seront pas désarmés, les responsables ne seront pas arrêtés, et depuis laquelle la RTLM, qui appelait aux massacres, pourra continuer à émettre sans souffrir de tentative de brouillage ni de neutralisation [24]?

Les forces françaises avaient pourtant le devoir d’interrompre le génocide et d’arrêter les coupables, notamment à partir du 28 juin, date de sa reconnaissance par l’ONU : la France est signataire de la Convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide, et l’opération « humanitaire », placée dans le cadre du chapitre VII [25] de la charte de l’ONU, pouvait recourir à « tous les moyens nécessaires pour atteindre les objectifs humanitaires énoncés » [26]. Mais les objectifs militaires sur place étaient tout autre, comme en témoignent des propos d’officiers [27], ainsi que l’ordre d’opération de Turquoise appelant à inciter les autorités locales à rétablir leur autorité [28]. Il s’agit bien ici des autorités qui ordonnaient et organisaient le génocide !

Si l’opération Turquoise a permis par endroits de sauver des vies, elle a ailleurs, comme à Bisesero, du 27 au 30 juin, laissé les tueurs finir librement leur besogne [29]. Elle a créé un véritable sanctuaire, défendu militairement, dans lequel les responsables du génocide ne pouvaient être inquiétés, puis elle a organisé leur fuite vers le Zaïre [30].

Continuez-vous à prétendre, M. Juppé, contre l’évidence des faits, que l’État français s’est opposé à la passivité de l’ONU devant le génocide des Tutsi ? Et que l’opération Turquoise n’était qu’une opération humanitaire, dont le but était de lutter contre ce génocide ?

Aux premiers jours du génocide, les extrémistes hutu se retrouvaient à l’ambassade de France. Les discussions devant aboutir à la formation du gouvernement génocidaire s’y tinrent en partie, avec la participation de l’ambassadeur J.-M. Marlaud, donc sous votre responsabilité directe [31]. Durant la même période, tout près de l’ambassade, Madame Agathe Uwilingiyimana, première ministre dite hutu modérée, favorable aux accords de paix, se faisait assassiner, comme beaucoup des responsables politiques partageant ses opinions. Vous n’avez jamais eu un mot pour dénoncer ces assassinats ! Mais vous avez traité, comme nous l’avons vu, avec le gouvernement génocidaire, le reconnaissant de fait et lui offrant la caution de la France.

En 1998, lors de votre audition par la mission d’information parlementaire, vous avez évoqué ces faits par un euphémisme particulièrement surprenant, parlant du « départ des hutus modérés » [32]. Plus qu’une maladresse, n’était-ce pas là, encore une fois, une manière de dédouaner les criminels avec qui vous traitiez, et de refaire le passé ?

Vingt ans après, alors que notre justice vient pour la première fois de juger, et de déclarer coupable de génocide, un Rwandais séjournant en France, n’est-il pas grandement temps d’oser regarder le passé en face? Nous souhaitons que l’État qui nous représente ait la dignité de reconnaître ses erreurs. C’est la seule attitude qui puisse nous paraître respectable, aujourd’hui, devant la souffrance immense générée par le génocide des Tutsi.

Le mandat que vous aviez à l’époque, les décisions que vous avez prises, la manière dont vous les avez défendues jusqu’à présent, font de vous un acteur majeur de la politique française au Rwanda. Les mensonges de ceux qui nous gouvernaient en 1994, concernant l’aide fournie à la réalisation du génocide des Tutsi, nous concernent au plus haut point. Votre discours, qui entre en contradiction avec les faits avérés, pourrait être qualifié de révisionniste. Il nous paraît inacceptable qu’un homme tenant des propos sur un génocide visant à tromper ses concitoyens puisse représenter la population bordelaise. C’est également notre dignité qui est en jeu ! Nous vous invitons donc, encore une fois, à répondre avec clarté et honnêteté aux questions que nous vous posons.

Signataires :
AUBRY Patrick, réalisateur, Pessac
BOURREAU Pierre, chercheur en informatique, Bordeaux
CATTIER Emmanuel, Commission d’Enquête Citoyenne pour la vérité sur l’implication française
dans le génocide des Tutsi
CLARKE Bruce, plasticien
COURTOUX Sharon, membre fondateur de l’association Survie
DELTOMBE Thomas, éditeur et journaliste
DIA Thierno I., analyste de l’image, Bordeaux
DIOP Boubacar Boris, écrivain
FANON MENDES FRANCE Mireille, membre de la Fondation Frantz Fanon
GALABERT Jean-Luc, psychologue
GAUTHIER Alain, président du CPCR
GODARD Marie Odile, maître de conférences en psychologie à Amiens
GOUTEUX Bruno, journaliste et webmaster
GRANDCHAMP Simon, ingénieur, Bordeaux
GRENIER Etienne, avocat, Bordeaux
HANNA Gilbert, syndicaliste et journaliste à la clé des ondes, Bordeaux
KAYIMAHE Vénuste (rwandais et rescapé, écrivain, employé au Centre d’échanges culturels
franco-rwandais à Kigali de 1975 à 2000)
LAINÉ Anne, cinéaste, présidente d’Appui Rwanda
DE LA PRADELLE Géraud, professeur émérite
LE COUR GRANDMAISON Olivier, universitaire
LEMOINE Benoît, président de Survie Gironde, Bordeaux
MABON Armelle, historienne
MESTRE Claire, médecin et anthropologue, Bordeaux
MOREL Jacques, auteur de La France au cœur du génocide des Tutsi
MUGICA Romain, psychologue, Gradignan
MUKANTABANA Adélaïde, Rwandaise et rescapée, Bègles
NDIAYE Abdourahmane, économiste, Bordeaux
NONORGUES Marie-Paule, avocate, Bordeaux
LES OGRES DE BARBACK, artistes
OUEDRAOGO Dragoss, anthropologue, cinéaste, réalisateur, Bordeaux
PETITDEMANGE Cécile, étudiante à Sciences Po Bordeaux
ROBERT Nicolas, infirmier, Bordeaux
DE SAINT-EXUPÉRY Patrick, auteur de L’inavouable, la France au Rwanda (Ed. des Arènes,
2004), Complices de l’inavouable, la France au Rwanda (Ed. des Arènes, 2009), La fantaisie des
Dieux, Rwanda 94 (Récit graphique en bd, avec Hippolyte, Ed. des Arenes, 2014)
SITBON Michel, éditeur et journaliste
SOW Cheikh, militant d’éducation populaire, Bordeaux
TARRIT Fabrice, président de Survie
TOBNER Odile, ancienne présidente de Survie
TOULABOR Comi, directeur de recherche à Sciences Po Bordeaux
TRYO, artistes

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1. Parmis lesquels : Marcel Kabanda, Jean-Pierre Chrétien, Alison Des Forges, Gérard Prunier, Catherine Coquery-Vidrovitch (historiens), Colette Braeckman, Patrick de Saint-Exupéry, Jean-François Dupaquier, Laure de Vulpian (journalistes), Boubacar Boris Diop, Jacques Morel (écrivains), FIDH, Human Rights Watch, Survie, etc.↩

2. Auparavant les USA, par les voix de B. Clinton et M. Albright, ont reconnu leurs erreurs et présenté des excuses, le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan a exprimé ses regrets, le Premier ministre belge G. Verhofstadt a déclaré «au nom de mon pays et de mon peuple, je demande pardon ».↩

3. Par exemple l’ambassadeur français à Kigali Georges Martres adresse, le 15 octobre 1990, au Quai d’Orsay un télégramme où il utilise les termes de « génocide » et d’« élimination totale des Tutsi » :  » [la population rwandaise d’origine tutsi] compte encore sur une victoire militaire, grâce à l’appui en hommes et en moyens venus de la diaspora. Cette victoire militaire, même partielle, lui permettrait, d’échapper au génocide. » En 1998, G. Martres déclare à la Mission d’Information Parlementaire : « Le génocide était prévisible dès cette époque [fin 1990] ». L’attaché de défense à Kigali, le colonel R. Galinié, écrit dans un message envoyé à Paris le 24 octobre 1990 l’éventualité de « l’élimination physique à l’intérieur du pays desTutsis, 500 000 à 700 000 personnes, par les Hutus, 7 millions d’individus… »↩

4. Rapport de la Commission internationale d’enquête sur les violations des Droits de l’homme au Rwanda depuis le 1er octobre 1990 ; (7-21 janvier 1993) réalisé par la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (Paris ), Africa Watch (une division de Human Rights Watch, New York ), l’Union Inter-Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, (Ouagadougou ), le Centre International des Droits de la Personne etdu Développement Démocratique (Montréal). Mars 1993. Dans ses conclusions, la Commission aborde directement la question du génocide : « Les témoignages prouvent que l’on a tué un grand nombre de personnes pour la seule raison qu’elles étaient Tutsi. La question reste de savoir si la désignation du groupe ethnique “Tutsi” comme cible à détruire relève d’une véritable intention, au sens de la Convention, de détruire ce groupe ou une part de celui-ci “comme tel. […] La Commission estime que, quoi qu’il en soit des qualifications juridiques, la réalité est tragiquement identique : de nombreux Tutsis, pour la seule raison qu’ils appartiennent à ce groupe, sont morts, disparus ou gravement blessés et mutilés ; ont été privés de leurs biens ; ont dû fuir leur lieu de vie et sont contraints de se cacher ; les survivants vivent dans laterreur. » http://cec.rwanda.free.fr/documents/doc/RapportMars93/ComIntMars93.pdf J. Carbonare, l’un des membres de cette commission déclare le 28 janvier 1993 au journal de 20h de France 2 : « Ce qui nous a beaucoup frappé au Rwanda, c’est à la fois l’ampleur, la systématisation, l’organisation même, de ces massacres. […] Il y a un mécanisme qui se met en route […] On a parlé de purification ethnique, de génocide, de crimes contre l’humanité […] nous insistons beaucoup sur ces mots ». Vidéo visible ici : http://survie.org/genocide/il-y-a-vingt-ans/article/il-y-a-20-ans-le-genocide-des↩

5. Rapport présenté par M. Waly Bacre Ndiaye, rapporteur spécial, sur la mission qu’il a effectué au Rwanda du 8 au 17 avril 1993. Août 1993. Le Rapporteur Spécial de l’ONU soulève explicitement la question de savoir si les massacres peuvent être qualifiés de génocide : « Il ressort très clairement des cas de violences intercommunautaires portés à l’attention du Rapporteur spécial que les victimes des attaques, des Tutsi dans l’écrasante majorité des cas, ont été désignés comme cible uniquement à cause de leur appartenance ethnique, et pour aucune autre raison objective. On pourrait donc considérer que les alinéas a) et b) de l’article II [qui porte définition du génocide dans la convention de 1948] sont susceptibles de s’appliquer […] » http://survie.org/IMG/pdf/rapport-Bacre-Ndiaye-Rwanda-1993.pdf↩

6. Auxquels s’ajoutent : l’article de l’historien J.-P. Chrétien dénonçant en mars 1993 dans la revue Esprit « un dévoiement tragique vers un génocide », le fax du général R. Dallaire (MINUAR) du 11 janvier 1994, transmis le lendemain à l’ambassade de France, et démontrant la préparation des massacres. ↩

7. Alison Des Forges, Aucun témoin ne doit survivre. Le génocide au Rwanda. Karthala, Human Rights Watch, Fédération internationale des Droits de l’homme, avril 1999. ↩

8. La France a livré des armes dans la nuit du 21 au 22 janvier 1994 : « Un DC-8 français transportant un chargement d’armes comprenant 90 caisses de mortiers de 60 mm, fabriqués en Belgique mais provenant de France, atterrit en secret dans la nuit. La MINUAR découvrit ce chargement qui violait les termes des accords d’Arusha, et plaça les armes sous la garde conjointe de la MINUAR et de l’armée rwandaise. » (Alison Des Forges, cf. note 7). La mission d’information parlementaire relève que «le dernier agrément délivré par la CIEEMG [Commission interministérielle d’étude des exportations de matériel de guerre, à laquelle participe le ministère des affaires étrangères] concernant des ventes de matériels de guerre au Rwanda remonte au 20 janvier 1994 ». Elle relève également 6 Autorisations d’Exportation de Matériels de Guerre en 1994, dont une de 50 mitrailleuses en date du 22 avril ! Ce sont 6 livraisons d’armes officielles en violation des accords de paix. ↩

9. Edouard Balladur, L’opération Turquoise : courage et dignité, Le Figaro, 23 août 2004. ↩

10. Rapport HRW, Rwanda/Zaire, Réarmement dans l’impunité. Le soutien international aux perpétrateurs du génocide rwandais, mai 1995 : « Certaines livraisons d’armes à Goma parmi les premières après le 17 mai étaient des envois du gouvernement français pour les FAR.  » et plus loin :  » le consul français [en réalité officiellement pro-consul] a signalé d’autres livraisons d’armes à l’aéroport de Goma pour les FAR de mai à juillet, provenant d’autres sources que le gouvernement français. ([…] Il a ajouté […] qu’elles pourraient provenir de marchands d’armes français opérant à titre privé. Les ventes d’armes, même par des sociétés privées, doivent être autorisées par le gouvernement français.) » ↩

11. Le 12 juin 1994, le président et la directrice des opérations de MSF, P. Biberson et B. Vasset, rencontrent A. Juppé et lui demandent : « On dit qu’il y a des livraisons d’armes au gouvernement rwandais ou au gouvernement intérimaire ou au gouvernement en fuite, est-ce qu’il est exact que la France continue des livraisons d’armes à Goma ? » A. Juppé répond : « Écoutez, tout ça c’est très confus, il y avait effectivement des accords de coopération ou de défense avec le gouvernement, il y a peut-être eu des reliquats, mais en ce qui concerne mes services, je peux vous dire que depuis fin mai il n’y a certainement plus aucune livraison d’armes au régime Habyarimana” » Mais en même temps, il dit en regardant de l’autre côté de la Seine, donc vers l’Élysée : « Mais ce qui peut se passer là-bas, moi je n’en sais rien. » L. Binet, Génocide des Rwandais Tutsis, Médecins sans Frontières, 2003 ↩

12. Le 11 avril 1994 J.-P. Ceppi parle dans Libération du « génocide des Tutsis de Kigali » et M. Mukabamano, journaliste à RFI, déclare au Parisien : « C’est un véritable génocide » ; le 19 avril Human Rights Watch informe le président du Conseil de sécurité que les massacres en cours au Rwanda constituent « un génocide » ; le 24 avril L’ONG Oxfam parle de « génocide », etc. ↩

13. Lors de l’opération Amaryllis du 9 au 14 avril, 1 464 militaires français du 1er, 3e, 8e RPIMa et du COS, évacuent exclusivement les ressortissants européens et des extrémistes Hutus. Les militaires ont reçu l’ordre de ne pas réagir aux massacres. L’historien Gérard Prunier écrit : « quelques Tutsi réussissent à embarquer à bord de camions en route pour l’aéroport : ils doivent descendre des véhicules au premier barrage de la milice et ils sont massacrés sous les yeux de soldats français ou belges qui, conformément aux ordres, ne réagissent pas. ». Le rapport de la Mission d’information parlementaire française de 1998 conclus : « Il semble donc […] que le traitement accordé à l’entourage de la famille Habyarimana ait été beaucoup plus favorable que celui réservé aux employés tutsis dans les postes de la représentation française – ambassade, centre culturel, Mission de coopération » ↩

14. « Face à l’offensive du front patriotique rwandais, les troupes gouvernementales rwandaises se sont livrées à l’élimination systématique de la population tutsie, ce qui a entraîné la généralisation des massacres. ». SECONDE SESSION ORDINAIRE DE 1993-1994 (4e SÉANCE) COMPTE RENDU INTÉGRAL , 2° séance du mercredi 18 mai 1994 . JO de la République Française, débats parlementaires, assemblée nationale, 19 mai 1994. ↩

15. Audition du Colonel Balis (MINUAR) : « Le 7 avril, vers 9 h 30 m et 11 h 30 m, j’ai pu convaincre le FPR de rester dans son cantonnement, mais une colonne du FPR est malgré tout sortie vers 16 h 30 m. Ils ont alors créé une zone de sécurité. » Sénat de Belgique – commission des affaires étrangères : Commission d’enquête parlementaire concernant les événements du Rwanda 1-611/(7-15) 1997/1998. Sénat belge, 6 décembre 1997. ↩

16. A. Juppé, « Point de vue » Intervenir au Rwanda, Libération, 16 juin 1994 : « La France n’aura aucune complaisance à l’égard des assassins ou de leurs commanditaires. La France, seul pays occidental représenté au niveau ministériel à la session extraordinaire de la Commission des droits de l’homme à Genève, exige que les responsables de ces génocides soient jugés ». ↩

17. Voir note 5. ↩

18. Voir notes 6 et 13.↩

19. On pouvait y entendre, entre autres appels aux massacres : « bonjour, je suis un petit garçon de huit ans. est-ce que je suis assez grand pour tuer un tutsi ? Réponse de l’animateur : comme c’est mignon ! Tout le monde peut le faire, tu sais. » J.-P. Chrétien, Rwanda, les médias du génocide. Ed. Karthala, 2002. ↩

20. Voir note 7.↩

21. A. Juppé : « Aux Nations-Unies, le Secrétaire général doit rendre demain son rapport. Trois solutions sont envisageables : le maintien de la MINUAR, sa suspension avec le maintien éventuel d’un contingent symbolique ou un retrait total. Les Belges sont favorables à une suspension et c’est aussi mon avis. » Conseil restreint du 13 avril 1994. Document disponible ici : http://www.francerwandagenocide.org/documents/ConseilRestreint13avril1994.pdf

22. Figurent sur la liste officielle déclarée à l’ONU : 8 avions Mirage, 12 automitrailleuses, 6 mortiers lourds. Auxquels s’ajoutent des avions Mirage IV-P, des hélicoptères de combat Gazelle , etc. G. Prunier, conseiller au ministère de la Défense en 1994, écrit : « la puissance de feu prévue par les forces françaises semble disproportionnée pour une mission humanitaire », Rwanda : le génocide. Dagorno, 1997. ↩

23. Turquoise est composée notamment d’officiers et soldats : du Commandement des Opérations Spéciales (qui réunit des spécialistes de l’action et du renseignement sous l’autorité directe du chef d’état-major des armées), du 1er régiment de parachutistes d’infanterie de marine (forces spéciales), du GIGN et de L’EPIGN (Escadron parachutiste de la gendarmerie nationale) , du 3e Régiment d’infanterie et de chars de marine (RICM) , du 11e Régiment d’artillerie de marine), de la Légion étrangère , du 2e Régiment étranger d’infanterie, du commando de marine , de spécialistes des opérations en « zone hostile » du 13e Régiment de Dragons Parachutistes. ↩

24. La résolution 925 du 8 juin du Conseil de sécurité exige : « que toutes les parties mettent fin immédiatement à toute incitation à la violence ou à la haine ethnique, en particulier par le biais des moyens d’information ». On peut lire le 28 juin dans le rapport de la Commission des Droits de l’homme de l’ONU que «l’intention claire et non équivoque» de commettre le génocide «se trouve bien contenue dans les appels incessants au meurtre lancés par les médias, en particulier la RTLM». Le 1er Juillet, le représentant de la France à l’ONU parle de faire cesser ces émissions : « Je voudrais insister avant de conclure sur la responsabilité particulière des médias qui incitent à la haine ethnique et à la violence. La France demande instamment aux responsables des radios concernées, et en premier lieu à la Radio Mille Collines, de mettre fin à cette propagande criminelle. La France fera tout son possible pour obtenir la cessation de ces émissions. » Mais selon le général R. Dallaire, la RTLM émet encore le 1er août en direction des camps. ↩

25. Il est important de noter que le 20 juin le représentant de la France à l’ONU fait la demande explicite d’une intervention sous chapitre VII autorisant, contrairement à la MINUAR, l’usage de la force : « nos gouvernements souhaitent disposer, comme cadre juridique de leur intervention, d’une résolution placée sous le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies ». Lettre datée du 20 juin 1994, adressée au secrétaire général par le représentant permanent de la France auprès de l’organisation des nations unies. http://www.francerwandagenocide.org/documents/S1994-734.pdf

26. ONU, S/RES/929 (1994). http://www.francerwandagenocide.org/documents/94s929.pdf On peut lire également dans l’ordre d’opérations de Turquoise (voir note 28) « mettre fin aux massacres partout où cela sera possible, éventuellement en utilisant la force » ; « tout en étant en mesure d’intervenir à tout moment, éventuellement par la force, au profit de la population menacée » ; « marquer si nécessaire par l’usage de la force la volonté française de faire cesser les massacres et de protéger les populations » ; « la légitime défense élargie comporte l’emploi de la force dans les situations suivantes : – menaces sur nos forces, – menaces dans la mission de protection des personnes, soit contre nos forces, soit contre les populations protégées, – obstruction dans l’exécution de la mission de nos forces » ↩

27. L’adjudant-chef du GIGN T. Prungnaud explique que « la mission, au départ, c’était d’intervenir sur des massacres soi-disant de Hutu qui seraient massacrés par des Tutsi » (voir note 29) ; le colonel D. Tauzin déclare dans The Guardian du 01 juillet 1994 : « Nous ne sommes pas en guerre avec le gouvernement du Rwanda ou ses forces armées. Ce sont des organisations légitimes.» ; Le général R. Dallaire (MINUAR) déjeune le 30 juin avec des officiers français et rapporte ce qu’il a entendu : « Ils refusaient d’accepter l’existence d’un génocide et le fait que les dirigeants extrémistes, les responsables et certains de leurs anciens collègues fassent partie d’une même clique. Ils ne cachaient pas leur désir de combattre le FPR » R. Dallaire, J’ai serré la main du diable – La faillite de l’humanité au Rwanda. Libre expression, 2003. ↩

28. « Affirmer auprès des autorités locales rwandaises, civiles et militaires, notre neutralité et notre détermination à faire cesser les massacres sur l’ensemble de la zone contrôlée par les forces armées rwandaises en les incitant à rétablir leur autorité ». On peut y lire également que « plusieurs centaines de milliers de personnes d’ethnies hutue et tutsie ont été exterminées ». Ordre d’opérations de Turquoise, 22 juin 1994. Document consultable à l’adresse : http://jacques.morel67.pagesperso-orange.fr/a/turquoise-ordreop.pdf↩

29. P. de Saint-Exupéry, L’inavouable – La France au Rwanda. Les Arènes, 2004. L. de Vulpian et T. Prungnaud, Silence Turquoise. Don Quichotte, 2012. ↩

30. Le mensuel de la Légion étrangère, Képi Blanc, d’octobre 1994 confirme que : « Battue sur le terrain, l’armée ruandaise se replie, en désordre, vers la « zone humanitaire sûre ». L’E.M.T. [l’état-major tactique de l’opération Turquoise] provoque et organise l’évacuation du gouvernement de transition rwandais vers le Zaïre. Le 17 juillet, le gouvernement ruandais passe au Zaïre. ». ↩

31. Auditions de l’ambassadeur Jean-Michel Marlaud par la Mission d’Information Parlementaire, Enquête sur la tragédie rwandaise 1990-1994 [140, Tome III, Auditions, Vol. 1, pp. 296-297]. ↩

32. Auditions d’Alain Juppé par la Mission d’Information Parlementaire, 21 avril 1998, Enquête sur la tragédie rwandaise 1990-1994 [140, Tome III, Auditions, vol. 1, p.91]. ↩

14 avril 2014 Posted by | Non classé | | 2 commentaires

Légumes vivaces en maraîchage bio : une approche permaculturelle


Prise de Terre

Voici le résumé d’une formation que j’ai donné au Groupement Régional d’Agriculture Biologique (GRAB) de Haute-Normandie.

Suite à mon article « tour d’horizon des légumes perpétuels et vivaces« , j’ai eu beaucoup de questions et de demandes d’approfondissements. Cette modeste formation tente donc d’aller plus loin en proposant des pistes de réflexions pour intégrer des productions pérennes en maraîchage biologique, par une approche permaculturelle.

J’ai réalisé également des fiches de culture de 15 légumes vivaces, depuis les plus connus aux plus exotiques que je laisse en téléchargement libre à la fin de l’article.

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8 avril 2014 Posted by | Non classé | Un commentaire

Communiqué de presse du Réseau euro-maghrébin contre le gaz et le pétrole non-conventionnels et l‘extractivisme


BASTA!GAZ ALES

Unis pour dénoncer en Europe et au Maghreb le développement des énergies fossiles extrêmes dangereuses pour le climat, l’environnement et la santé publique et anti-démocratiques, les participants de la rencontre Euro-Maghreb ont publié un communiqué de presse à l´issue de cette réunion qui s´est déroulée les 7,8 et 9 mars à Saint Christol lez Alès dans le Gard (France)

Télécharger le communiqué de presse CP euromaghr network_NON hydrocarbnon conv_12 03 14

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13 mars 2014 Posted by | Non classé | Laisser un commentaire

[ZAD partout!] Sauvons nos haies centenaires ! Enquête sur un des désastres de la croissance verte : la filière bois bocage énergie


« … Cependant, le bétonnage toujours plus conséquent de nos territoires (un petit département disparaît sous le béton tous les cinq ans, soit l’équivalent de la Bretagne en 25 ans !), la disparition toujours plus inquiétante des petits paysans, la concentration des fermes et la standardisation des paysages continuent de plus belle !
La structuration rapide de la filière bois bocage énergie risque d’accroître ce triste constat. »….

blog du collectif de lutte contre l'aéroport de Notre Dame des Landes

 Article de camarades de lutte reçu par mail le 18/02/2014 :

L’article en format PDF mis en page avec des liens et des photos :

Enquête filière bois bocage énergie

PENTAX DIGITAL CAMERA

Enquête sur un des désastres de la croissance verte :

la filière bois bocage énergie

Insidieusement, sous des airs écologiques, la filière bois énergie s’installe durablement en France. Prétextant le remplacement des énergies pétrolifères par une énergie renouvelable, avec création d’emplois locaux à la clé, ce projet on ne peut plus consensuel ne rencontre aucune contestation prononcée (excepté au bois de Troncay, à Pierrelatte et Gardanne).

La filière bois énergie est un parfaite illustration du productivisme «écolo» (aussi nommé Développement Durable) : subventionnée par l’Europe, par l’ADEME (à hauteur de 500 millions d’euros), par les collectivités locales et soutenue par des associations écologistes, cette filière se structure et parvient à fédérer nombre de personnes et organisations…

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19 février 2014 Posted by | Non classé | Laisser un commentaire

Bombe à retardement nucléaire mondiale : Des millions de milliards de becquerels reposent au fond des mers


Archives Millénaires Dissidentes

Le risque de catastrophe nucléaire ne s’arrête pas aux centrales elles-même, il persiste bien au delà sous la forme de déchets disséminés de par le monde. Alors que pour Areva qui veut nous faire croire que « tout va bien », évoquant la partie visible de l’iceberg que sont les sites de stockage officiels, nonobstant les dépots dits « sauvages » que certains d’entre vous connaissent déjà, qu’en est-il de la situation réelle ?

Pas besoin d’avoir bac +5 pour comprendre que la ressource principale des habitants de cette planète – sans laquelle aucune vie n’existerait – est l’eau. Qu’arriverait-t-il si l’eau du globe était exposée à une irradiation prolongée causée par la détérioration de containers radioactifs au fond des océans ? Je vous laisse juger par vous même de ce qui nous attend dans l’avenir, ainsi que de la gravité de la situation  ignorée du plus grand nombre…

Des fûts de déchets…

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21 octobre 2013 Posted by | Non classé | Laisser un commentaire

Leclerc explique la protection de l’environnement aux enfants, et Mac Do la nutrition…


La Publicité à l’école, ça suffit !

Cette année encore les centres E.Leclerc organise leur opération de greenwashing « Nettoyons la nature » dans nos écoles .

Quentin, 6 ans, élève de CP, rentre de l’école et raconte : « Aujourd’hui avec l’école, on a nettoyé la nature ! On avait mis un t-shirt pour ne pas se salir, et on a même eu le droit de le garder ! ». Et là, il lève à bout de bras, fièrement, un t-shirt au logo de Leclerc « NETTOYONS LA NATURE AVEC E.LECLERC ».

Certaines écoles n’hésitent pas à faire poser les élèves portant un gilet E.Leclerc dans la presse régionale.

Quentin, 6 ans, élève de CP, rentre de l’école et raconte : « Aujourd’hui avec l’école, on a nettoyé la nature ! On avait mis un t-shirt pour ne pas se salir, et on a même eu le droit de le garder ! ». Et là, il lève à bout de bras, fièrement, un t-shirt au logo de Leclerc « NETTOYONS LA NATURE AVEC E.LECLERC ».
 

Le principe de neutralité de l’école et le code de bonne conduite des interventions des entreprises en milieu scolaire.

Un immense calicot portant le même logo décore la grille de l’école. La maman de Quentin s’étonne et interroge la maitresse sur cette intrusion publicitaire. « Il ne faut pas voir le mal, c’est une occasion de sensibiliser les enfants dans le cadre de la semaine citoyenne, c’était pratique, on nous a fourni les gants, les sacs poubelles, les t-shirts… »

En effet, sur le site de Leclerc, on peut en quelques clics inscrire sa classe à cette opération de « protection de l’environnement » (sic !). Des opérations du même goût, aux vocations citoyennes plus ou moins douteuses, se rencontrent chez Danone, Nestlé, Signal, et d’autres…

Comment cela est-il possible ? La publicité n’est-elle pas interdite à l’école ?

Le principe de neutralité de l’école: « en aucun cas et en aucune manière les maitres et les élèves ne doivent servir directement ou indirectement à aucune publicité commerciale. »

Ce principe est inscrit dans la constitution. L’interdiction de la publicité à l’école, en vigueur depuis 1936, a été réaffirmée à plusieurs reprises dans plusieurs circulaires. (circ. du 8/11/1953, circ. n°II-67-290 du 3/7/1967, circ. n°76-440 du 10/12/1976). Elles rappellent notamment que « en aucun cas et en aucune manière les maitres et les élèves ne doivent servir directement ou indirectement à aucune publicité commerciale. »

Malgré cela, la publicité et les pratiques commerciales envahissent le système éducatif!

Les enfants constituent une cible de plus en plus prisée par les publicitaires, ce qui n’a rien d’étonnant quand on sait que les deux tiers des produits consommés par les enfants le seront encore à l’âge adulte, et que ceux-ci sont de plus en plus les prescripteurs des achats de leurs parents. L’école représente le lieu idéal pour diffuser des messages publicitaires à l’attention des enfants. « C’est là qu’ils se trouvent tous rassemblés », déclare une agence de conseil en marketing, « et le lieu même tend à garantir l’intérêt et la qualité des messages qui y circulent » (agence GMV Conseil, oct. 1998)

Le code de bonne conduite des interventions des entreprises en milieu scolaire.

Sous couvert d’empêcher des pratiques commerciales de plus en plus nombreuses, Jack Lang, alors ministre de l’Éducation Nationale, publie en 2001 au bulletin officiel un « code de bonne conduite » ( circ. n°2001-053 du 28/3/2001 – BO n°14 du 5/4/2001).

Or, malgré un rappel du principe de neutralité de l’école, ce texte donne aux établissements scolaires la possibilité de conclure des partenariats, officialise la présence de logos sur les mallettes pédagogiques et tolère la publicité sur les outils informatiques et certaines publications. Il remplace en outre la notion de neutralité scolaire par celle de neutralité commerciale, précaution révélatrice d’une volonté de marchandisation de l’école. Ce code ne viserait-il pas en réalité à légitimer et développer les pratiques publicitaires et commerciales ?

C’est ainsi que, loin d’empêcher l’opération « Nettoyons la nature avec E Leclerc », ce code la justifie par un « partenariat ».

Cette circulaire constitue donc une immense brèche précisément parce qu’elle remet en cause l’interdiction de la publicité à l’école.

« les enfants sont immunisés contre la pub »

Pub non merci

D’aucuns déclarent, comme la maitresse de Quentin, « qu’il ne faut pas voir le mal ». Les kits pédagogiques sont bien faits, gratuits, colorés, tout prêts à utiliser. C’est si pratique quand on sait que les budgets sont si serrés ! Naturellement, on nous jure que les intentions des publicitaires sont « pures et désintéressées » : « les consommateurs demandent aux marques d’avoir une fonction citoyenne », affirme-t-on chez l’agence de conseil EuroRSCG, « L’institut Danone est l’allié des mamans pour l’éducation alimentaire des enfants. Mais les mères se sentent de plus en plus seules. Plus personne n’incarne l’autorité, les valeurs. Les Pères ont démissionné, l’Etat est absent. Qui va donner des repères moraux aux enfants ? Les marques peuvent jouer ce rôle. »

C’est ainsi que Leclerc explique la protection de l’environnement aux enfants, et Mac Do la nutrition… On entend parfois : « la pub est partout, il faut que l’école prépare les enfants à la décoder », « les enfants sont immunisés contre la pub ».

Ces remarques font preuve pour le moins :

  •  d’une confusion des registres : est-on à l’école pour devenir un bon consommateur ? La publicité, c’est l’anti culture par excellence. L’école doit être un lieu de transmission de la culture.
  •  d’une confusion des genres : la pub, c’est du dressage et de la manipulation. L’école doit être un lieu de confiance et d’émancipation.

Résister.

Pour résister à l’intrusion grandissante de la publicité à l’école, on peut entre autres :

  •  traquer la pub à l’école et la dénoncer chaque fois que c’est possible en interpellant les enseignants de nos enfants, nos collègues, les parents d’élèves,
  •  Ne pas participer à des « partenariats », « jeu concours », refuser d’y faire participer nos élèves,
  •  « Nettoyer » les casiers, salles des profs, panneaux d’affichages, plaquettes…
  •  Revendiquer les moyens nécessaires au bon fonctionnement de l’école. C’est à l’Éducation Nationale de subvenir à ses besoins au lieu de se faire offrir ce dont elle manque par les grandes marques.
  •  Signer la pétition pour l’annulation du code de bonne conduite des entreprises en milieu scolaire.

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sources:

26 septembre 2013 Posted by | DECROISSANCE, Non classé | , , , , , , | 5 commentaires


25 novembre 2012 Posted by | Non classé | Laisser un commentaire

Guy Debord, père de la décroissance


Sortir de « la croissance des forces productives aliénées ».

par Clément Homs.

« Si l’ampleur et la réalité même des ‘‘ terreurs de l’An Mil  » sont encore des sujets controversés parmi les historiens, la terreur de l’An Deux Mille est aussi patente que bien fondée ; elle est dès à présent certitude scientifique. Cependant, ce qui se passe n’est rien de foncièrement nouveau : c’est seulement la fin forcée du processus ancien. Une société toujours plus malade, mais toujours plus puissante, a recrée partout concrètement le monde comme environnement et décor de sa maladie, en tant que planète malade. »

Guy Debord, La planète malade, 1971.

La conscience écologique n’était pas qu’un des aspects de la pensée de Guy Debord (1931-1994), car là aussi, il était en avance sur son temps. Dans La planète malade , Guy Debord affirmait déjà de très nombreux points de réflexion qui sont pour nous aujourd’hui autant de mises en perspectives précieuses pour savoir ce que nous désirons vraiment. Dans la crise écologique générale qui se déploie mondialement à mesure que la faux du « développement » coupe et couche l’herbe folle de la vie, « ce qui est nouveau écrivait-il, c’est que l’économie en soit venue à faire ouvertement la guerre aux humains ; non plus seulement aux possibilités de leur vie, mais à celles de leur survie. » Il y a bien là une continuation de son analyse de la société du spectacle dans son achèvement proprement écologique. Le système de la médiation non seulement atrophie la vie mais se déploie dès lors dans le ravage de la planète. Cependant Debord est tout, sauf un écologiste. C’est ce que nous voudrions montrer ici. Car un écologisme conséquent ne peut être que celui qui non seulement réclame la décroissance de l’empreinte écologique de nos société de croissance, mais le réalise au travers d’une sortie radicale de l’économie inventée et réalisée. On ne pourra sortir de la société de croissance illimitée qu’en sortant aussi, de l’écologisme .

Le ravage écologique de la terre et la nécessité de sortir de la croissance des forces productives aliénées.

« La ‘‘ pollution  » écrivait-il en 1971 dans une analyse d’une déroutante actualité pour nous en 2006, est aujourd’hui à la mode, exactement de la même manière que la révolution : elle s’empare de toute la vie de la société, et elle est représentée illusoirement dans le spectacle. Elle est bavardage assommant dans une pléthore d’écrits et de discours erronés et mystificateurs, et elle prend tout le monde à la gorge dans les faits. Elle s’expose partout en tant qu’idéologie, et elle gagne du terrain en tant que processus réel. Ces deux mouvements antagonistes, le stade suprême de la production marchande et le projet de sa négation totale, également riches de contradictions en eux-mêmes, grandissent ensemble. Il sont les deux côtés par lesquels se manifeste un même moment historique longtemps attendu, et souvent prévu sous des figures partielles inadéquates : l’impossibilité de la continuation du fonctionnement du capitalisme. L’époque qui a tous les moyens techniques d’altérer les bases biologiques de l’existence sur toute la Terre est également la société qui, par le même développement technico-scientifique séparé, dispose de tous les moyens de contrôle et de prévision mathématiquement indubitable pour mesurer exactement par avance à quelle décomposition du milieu humain peut aboutir – et vers quelles dates, selon un prolongement optimal ou non – la croissance des forces productives aliénées de la société de classes [Debord déjà un objecteur de croissance !] : c’est-à-dire pour mesurer la dégradation rapide des conditions mêmes de la survie, au sens le plus général et le plus trivial du terme. Tandis que des imbéciles passéistes dissertent encore sur, et contre, une critique esthétique de tout cela, et croient se montrer lucides et modernes en affectant d’épouser leur siècle, en proclamant que l’autoroute ou Sarcelles ont leur beauté que l’on devrait préférer à l’inconfort des ‘‘ pittoresques  » quartiers anciens, ou en faisant gravement remarquer que l’ensemble de la population mange mieux, en dépit des nostalgiques de la bonne cuisine, déjà le problème de la dégradation de la totalité de l’environnement naturel et humain a complètement cessé de se poser sur le plan de la prétendue qualité ancienne, esthétique ou autre, pour devenir radicalement le problème même de la possibilité matérielle d’existence du monde qui poursuit un tel mouvement. L’impossibilité est en fait déjà parfaitement démontrée par toute la connaissance scientifique séparée, {qui ne discute que de l’échéance ; et des palliatifs qui pourraient, si on les appliquait fermement, la reculer légèrement}. Une telle science [et on peut dire aussi toute écologie politique possible qui se fonde sur une telle science, et pas seulement celle attachée au développement durable…] ne peut qu’accompagner vers la destruction le monde qui l’a produite et qui la tient ; mais elle est forcée de le faire avec les yeux ouverts. Elle montre ainsi, à un degré caricatural, l’inutilité de la connaissance sans emploi » .

Scientifiques et écologistes même combat : sauver la Méga-machine spectaculaire.

Debord, visionnaire, nous décrit aussi la frénésie inutile des rapports scientifiques (aujourd’hui ceux du GIEC, de l’ONERC, etc.) qui ne cessent de tirer la sonnette d’alarme alors qu’on a déjà la tête dans le mur : « On mesure on extrapole avec une précision excellente l’augmentation rapide de la pollution chimique de l’atmosphère respirable ; de l’eau des rivières, des lacs et déjà des océans, et l’augmentation irréversible de la radioactivité accumulée par le développement pacifique de l’énergie nucléaire ; des effets du bruit ; de l’envahissement de l’espace par des produits en matières plastiques qui peuvent prétendre à une éternité de dépotoir universel ; de la natalité folle ; de la falsification insensée des aliments ; de la lèpre urbanistique qui s’étale toujours plus à la place de ce que furent la ville et la campagne ; ainsi que des maladies mentales – y compris les craintes névrotiques et les hallucinations qui ne sauraient manquer de se multiplier bientôt sur le thème de la pollution elle-même, dont on affiche partout l’image alarmante – et du suicide, dont les taux d’expansion recoupent déjà exactement celui de l’édification d’un tel environnement ».

Ainsi au travers de la connaissance sans emploi, cette décomposition du Savoir en pensée universitaire séparante qui forme autant d’« idéologies de la barbarie » que d’objets de recherche , « le spectacle ne cache pas que quelques dangers environnent l’ordre merveilleux qu’il a établi. La pollution des océans et la destruction des forêts équatoriales menacent le renouvellement de l’oxygène de la Terre ; sa couche d’ozone résiste mal au progrès industriel ; les radiations d’origine nucléaire s’accumulent irréversiblement. Le spectacle conclut seulement que c’est sans importance. Il ne veut discuter que sur les dates et les doses. Et en ceci seulement, il parvient à rassurer ; ce qu’un esprit pré-spectaculaire aurait tenu pour impossible ». La discussion sur les doses et les recettes toutes faites est aussi celle à laquelle participent les écologistes économicistes et autres politiciens de la décroissance qui pensent encore possible un replâtrage réformiste du Léviathan techno-économique (« écologiciser l’économie » comme le pense l’économiste Georgescu-Roegen), mais qui ne cherchent réellement qu’à éterniser toujours plus les catégories de base de l’économie. Cette discussion est aussi bien sûr celle de tous ceux qui voient ce bonheur dans le spectacle qu’est la société de croissance, et qui admettent qu’il n’y a pas à lésiner sur son coût ni sur son imaginaire concrètement et réellement colonisé. « Il est assurément dommage que la société humaine rencontre de si brûlants problèmes au moment où il est devenu matériellement impossible de faire entendre la moindre objection au discours marchand ; au moment où la domination, justement parce qu’elle est abritée par le spectacle de toute réponse à ses décisions et justifications fragmentaires ou délirantes, croit qu’elle n’a plus besoin de penser ; et véritablement ne sait plus penser ». Et en effet, cette « dissociation de l’intelligence et de la politique » comme disait Paul Valéry, qui est aujourd’hui la réalité même de la politique en tant bombardement d’images, est le principal souci pour les gestionnaires de la survie éternisée et ceux qui voudraient les remplacer (altermondialistes, politiciens de la décroissance, etc).

Aujourd’hui l’ensemble de la société politico-médiatique se convertit ainsi progressivement mais sûrement à l’impératif écologique. Et ce « sentiment vague qu’il s’agit d’une sorte d’invasion rapide, qui oblige les gens à mener une vie très différente, est désormais largement répandu ; mais on ressent cela [cette question écologique] plutôt comme une modification inexpliquée du climat ou d’un autre équilibre naturel, modification devant laquelle l’ignorance sait seulement qu’elle n’a rien à dire. De plus, beaucoup admettent que c’est une invasion civilisatrice, au demeurant inévitable, et ont même envie d’y collaborer. Ceux-là aiment mieux ne pas savoir à quoi sert précisément cette conquête, et comment elle chemine. »

Debord, la praxis et la transformation de la nature.

Quant à Debord, il abordait la question de l’écologie par la réinterprétation du vieux schéma de la contradiction entre les forces productives et rapports de production. Ainsi « la domination de la nature contient la question ‘‘ pour quoi faire ?  » mais cette interrogation sur la praxis surmonte forcément cette domination, ne peut se passer d’elle. Elle rejette seulement la réponse la plus grossière, ‘‘ faire comme avant en plus encombré de produits  » (…) Il faut mettre au jour la contradiction entre la positivité de la transformation de la nature, le grand projet de la bourgeoisie, et sa récupération mesquine par le pouvoir hiérarchisé qui, dans toutes ses variantes actuelles, suit le modèle unique de la ‘‘ civilisation  » bourgeoise » .

Utopisme technologique résiduel (quand même) et critique de la science, de la technique et du progrès.

Cependant il est certain que le situationnisme par de nombreux aspects se plaçait encore dans le cadre de l’utopisme technologique propre aux positions de Paul Lafargue . Même si le lettriste Asger Jorn écrivait que « l’automation ne peut se développer rapidement qu’à partir du moment où elle a établi comme but une perspective contraire à son propre établissement, et si on sait réaliser une telle perspective générale au fur et à mesure du développement de l’automation » , et malgré la nuance (heureuse), on restait encore totalement dans l’utopie de la maîtrise des usages, position qui on le sait cache très mal la thèse idéologique de la neutralité en soi de la science, qui est une formidable essentialisation du phénomène techno-scientifique. Debord lui était très ambigüe sur cette question, il avait l’intuition du renversement ontologique produit par toute automation marchande comme non marchande, cependant il ne pouvait encore faire le deuil définitif d’une certaine culture théorique. Ainsi il écrit de la manière la plus équivoque qui soit, que « la construction de situations n’est pas directement de l’énergie atomique ; et même pas de l’automation ou de la révolution sociale, puisque des expériences peuvent être entreprises en l’absence de certaines conditions que l’avenir devra sans doute réaliser » . De plus il définissait lui-même l’économie des désirs qu’il promouvait comme étant une « société technicienne avec l’imaginaire de ce qu’on peut en faire » . On reste donc toujours ici dans une certaine idéologie usagiste de la neutralité de la techno-science en elle-même (qui est déjà une manière d’ontologiser ce phénomène), et ainsi en quelque sorte dans le paradigme de Gilbert Simondon qui entendait réconciliait la culture et la technique, chose à laquelle ne pouvait croire par exemple J. Ellul . La perspective usagiste ne peut plus nous faire croire à un usage émancipateur des techniques (imaginons un instant l’usage émancipateur d’une catastrophe nucléaire ou celui des nanotechnologies), et ce pour une excellente raison que Hans Jonas a longtemps développé. L’univers spécifique des éthiques traditionnelles est restreint à l’environnement immédiat de l’action de portée étroite, dans un temps court et partagé par des contemporains, c’est-à-dire qu’elles s’attachent aux « situations répétitives et typiques de la vie privée et publique », voulant moins devenir une science théorique qu’un sens de l’expérience et un art du jugement. Les éthiques traditionnelles sont également fondées sur l’idée de réciprocité, c’est-à-dire une égalité de droits et de devoirs entre sujets libres et égaux. Et si les éthiques traditionnelles se restreignent à cet univers de l’action immédiate, c’est que nulle part avant le début de l’ère de la technique triomphante, l’agir n’a encore pris les habits d’une portée plus longue. Mais avec le phénomène technique qui n’est plus la « projection organique » du corps (comme dit Leroi-Gourahn), le domaine de l’agir humain (individuel comme collectif) est entré dans un élargissement potentiellement infini (une sortie de l’agir humain hors du cercle étroit des affaires humaines quand par exemple l’agir arraisonne dans sa totalité la nature…), l’univers restreint des affaires humaines pris en compte par les éthiques traditionnelles s’est trouvé bouleversé et inopérant. La transformation de l’agir dans l’ère de la technique, a dépassé le ressort des éthiques traditionnelles et donc toute la perspective usagiste, pour s’opérer dans le nihilisme des « terres vierges de l’éthique ».

Critique de la « communication ».

Cependant cet utopisme technologique résiduel qui est d’ailleurs plus celui de Lafargue que celui de Marx, contient aussi un immense champs critique du progrès, de l’apologétique des techniques, et des conséquences écologiques qui sont la réalisation concrète de leurs déploiements. Debord n’est pas un moderniste. C’est ainsi que l’idéologie matérialisée de la « communication » moderne aussi bien des mass-media que celle opérant au sein de la télè ou cyber-socialité informatique passe à l’orpaillage critique du moment de la vie immédiate en situation. Le « bombardement de conneries » que constitue la communication « est à sens unique, les consommateurs de communication n’ayant rien à répondre. Il y a dans la prétendue communication une rigoureuse division des tâches, qui recoupe finalement la division plus générale entre organisateurs et consommateurs du temps de la société industrielle. Celui qui n’est pas gêné par la tyrannie exercée sur sa vie à ce niveau, ne comprend rien à la société actuelle » . « Toutes les idées unilatérales sur la communication étaient évidemment les idées de la communication unilatérale. Elles correspondaient à la vision du monde et aux intérêts de la sociologie, de l’art ancien ou des états-majors de la direction politique », quand elles ne sont pas encore ce qui sert de pensée à de nombreux politiciens de la décroissance . On est là bien évidemment dans la continuation de la critique de la relation sociale spectaculaire, dont la « communication » n’est qu’un exemple parmi d’autres. Comme Walter Benjamin sur le cinéma ou Günther Anders à propos de la radio , Debord oppose à la relation sociale réifiée et à son support qu’est la « communication » entre simples choses, la réalité immédiate de la puissance instituante du ici et maintenant de la vie sans médiation : « Considérée dans toute sa richesse, à propos de l’ensemble de la praxis humaine et non à propos de l’accélération des opérations de comptes-chèques postaux par l’usage de cartes perforées, la communication n’existe jamais ailleurs que dans l’action commune » , c’est-à-dire dans ce que les phénoménologues appelleront la « communauté intersubjective » . A l’inverse de cette connaissance en première personne dans la socialité primaire, « l’Information, c’est la poésie du pouvoir (la contre-poésie du maintien de l’ordre), c’est le truquage médiatisé de ce qui est », car « sous le contrôle du pouvoir, le langage désigne toujours autre chose que le vécu authentique » . On a bien là décrite les méthodes publicitaires de la politique en tant que spectacle . Et c’est là une critique de « {l’informationnisme} » comme dit Debord qui rejoint l’analyse que fait J. Ellul de la sacro-sainte Trinité politique « Information-Participation-Exécution » qui constitue aujourd’hui « le mot d’ordre par excellence du progrès », et donc les catégories fossilisées de nos imaginaires respectifs . La presse dominante, alternative comme décroissante, est ainsi composée de très nombreux « informationnistes qui ont entrepris de combattre toutes les ‘‘ redondances  » de la liberté pour transmettre simplement des ordres » aux lecteurs, militants et sympathisants. La moindre feuille de choux est ainsi réellement réduite à être un torchon populiste permettant aux « fragments d’une critique sociale d’élevage » de flotter à la surface gélatineuse du spectacle en vue de futures tribunes politiciennes où le politiquement correct humaniste et universaliste sera bien évidemment de mise pour caresser les électeurs-spectateurs dans le bon sens du poil . A l’opposé des rapports sociaux abstraits dans la relation spectaculaire, Debord (comme J. Ellul ou Bernard Charbonneau d’ailleurs) redonne ainsi le primat ontologique à la relation intersubjective de personne à personne, à cette « communication immédiate dans le réel et modification réelle de ce réel », qui est le propre de la praxis individuelle auto-instituante . Car comme le dira finalement Walter Benjamin, « au pays de la technique, le spectacle de la réalité immédiate s’est transformé en une fleur bleue introuvable » .

La contemplation passive des machines.

Ce sont aussi les « machines idylliques » et tous les discours supportant l’utopisme technologique qui sont également dénoncés par Debord. Ce que perçoit Debord dans ce que J. Ellul appellera le « bluff technologique », cet optimisme béat du progressisme, c’est « l’attente d’un point de l’évolution sociale où la contemplation passive des machines de la production s’articulerait sans rupture sensible à la contemplation passive des machines de la consommation. Dans un Nirvâna technicisé de la pure consommation passive du temps, il n’y aurait plus qu’à regarder faire ; et ce ‘‘ faire  » étant seulement celui des machines serait à jamais celui des propriétaires de machines (la propriété juridique – droit d’user et abuser – s’effaçant toujours davantage en faveur du pouvoir des programmateurs compétents et paternels) ». Il y a donc là une critique radicale de l’automation marchande .

Critique des sciences.

Dans La logique du vivant, le prix Nobel François Jacob écrivait déjà que « l’on n’interroge plus la vie aujourd’hui dans les laboratoires. On ne cherche plus à en cerner les contours. On s’efforce seulement d’analyser des systèmes vivants, leur structure, leur fonctionnement, leur histoire » . Dans la méthodologie dite scientifique, cette mise hors jeu de la sensibilité propre à ce que Michel Henry va appeler la « vie immanente car auto-affective », pousse alors Debord a jeté sa griffe sur cette science continuellement sans attaches éthiques comme esthétiques : « Gagarine montre que l’on peut survivre plus loin dans l’espace, dans des conditions toujours plus défavorables. Mais aussi bien quand l’ensemble de l’effort médical et biochimique permet de survivre plus loin dans le temps, cette extension statistique de la survie n’est nullement liée à une amélioration qualitative de la vie. On peut survivre plus loin et plus longtemps, jamais vivre plus. Nous n’avons pas à fêter ces victoires, mais à faire vaincre la fête, dont ces avances mêmes des hommes déchaînent la possibilité infinie du quotidien » .

Le situationnisme et la critique de la pensée du lieu (l’éco-logie).

Les situationnistes ont aussi été, par définition, des théoriciens de la critique du lieu et du milieu, et donc de l’éco-logie, comme pensée du lieu. Dans un texte resté inédit et intitulé « Ecologie, psychogéographie et transformation du milieu humain » , Debord opposait explicitement l’écologie, qui ne sait penser l’ « habiter » que sur le mode d’une « population basée et enracinée », à la psychogéographie « qui se place du point de vue du passage (…) [où] son observateur-observé est le passant ». Car « la psychogéographie, en marge des relations utilitaires étudie [alors] les relations par attirance des ambiances ». « En dissociant l’habitat – au sens restreint actuel – du milieu en général, la psychogéographie introduit la notion d’ambiances inhabitables (pour le jeu, le passage, pour les contrastes nécessaires dans un complexe urbain passionant, c’est-à-dire dissocie les ambiances architecturales de la notion d’habitat-logement). L’écologie est rigoureusement prisonnière de l’habitat, et de l’univers du travail » . C’est que « les centres d’attraction, pour l’écologie, se définissent simplement par des besoins utilitaires (magasins) ou par l’exercice des loisirs dominants (cinéma, stades, etc) ». Un rapport utilitaire au lieu qui est très bien illustré par la promotion que font les écologistes des parcs naturels régionaux et nationaux, cette vaste idéologie de la conservation d’espaces séparés dont on voit la réalité nue dans les achats d’immenses territoires par des milliardaires proches de l’écologie profonde . Cette idéologie conservatrice des parcs naturels était heureusement dénoncée vigoureusement par Bernard Charbonneau, le seul écologiste non réactionnaire dont la qualité de la réflexion est toujours aujourd’hui de notoriété publique . A l’inverse de l’écologie comme pensée du lieu au travers des besoins utilitaires d’espaces clos et conservés, « les centres d’attraction spécifique de la psychogéographie sont des réalités subconscientes qui apparaissent dans l’urbanisme lui-même » , car la psychogéographie n’est que la « science-fiction d’un morceau de vie immédiate ». La théorie situationniste du lieu en situation est très bien exprimée dans ce que le sociologue d’influence situationniste Michel Maffesoli appelle « l’enracinement dynamique » dans la situation, qui se distingue nettement « l’habiter » et du milieu des écologistes. Il y a donc bien dans la pensée philosophique de la décroissance « un glissement du logocentrisme vers le lococentrisme » , où le lieu en tant que situation fait lien. Il y a là la prise en compte de ce qui est proche mais en interaction avec l’environnement global. Double nécessité incluant le réel vécu dans le vaste cadre d’une réalité totale. Comme écrit encore Maffesoli, « on retrouve là comme un écho de la notion de domus propre à la pensée antique. Importance de la maison n’étant pas limitée aus quatre murs de l’habitation, mais prenant sens en fonction de la faune, de la flore, voire de la parentèle environnante. Par une sorte de concaténation magique, ou quasiment mystique, le lien social se construit, symboliquement, par une appropriation de lieux successifs » . Le lieu dans la situation n’existe plus en soi, comme dans le panthéisme écologiste qui, fait de la nature un objet en soi, dont l’être est perçu en dehors de la subjectivité transcendantale du moi. On sait aussi que cette attitude objectiviste propre à l’écologisme qui met hors jeu le « monde-de-la-vie » (Husserl) est aussi celle de la science et du scientisme . C’est ainsi comme le remarque très bien le philosophe Marc Maesschalk dans la perspective de la phénoménologie matérielle henryenne, que « lorsque la raison humaine s’applique à sauver l’étant naturel qu’elle estime avoir malmené dans sa conquête technicienne, elle en reste à une attitude naturelle [au sens de Husserl] face à la vie. Bien que louable, cette attitude pourrait bien n’être en fait que l’ultime péripétie de la même entreprise d’arraisonnement de la nature qui a dirigé l’ère industrielle. Entendue comme volonté de rédemption et de réconciliation avec la nature, la culture de la vie prolonge ‘‘ l’évanouissement de la vie sous le regard de l’intentionnalité  » » . La psycho-géographie dans cette ouverture à la vie immédiate de la situation permettait déjà cette critique de la pensée écologique du lieu. Elle ouvrirait alors à une véritable « éthique de la situation [qui] est, plus modestement, plus humainement donc avec plus d’humilité, une juxtaposition de rituels quotidiens, créant un état d’âme collectif ». Cette éthique « est tributaire d’un lieu, qu’il soit réel ou symbolique, et serait taraudée par le souci de ce lieu. Dès lors ce sol, cette terre, ce monde deviennent par cercles successifs importants. Ils “ intéressent ” parce que l’on y est dedans (inter esse). Ainsi que le dit Merleau-Ponty, c’est « parce que je l’habite » ce monde, que je peux le prendre au sérieux. En ce sens, dans l’éthique qui se dessine ont est loin de l’intemporel et de l’universel, mais bien au coeur même d’un humanisme présent » .

Sortir l’écologie politique de l’économisme gestionnaire et politicien.

G. Debord dégageait de plus le visage d’une sortie de l’écologisme traditionnel qui ne veut que mieux gérer la Méga-machine techno-politico-économique. Car cet écologisme dont certains parmi les objecteurs de croissance se réclament encore, ne sait définir une alternative « que posée du côté de la survie même, avec les problèmes sans cesse aggravés que les maîtres de la seule survie n’arrivent pas à résoudre. Les risques des armements atomiques, de la surpopulation planétaire et du retard accru dans la misère matérielle pour la grande majorité de l’humanité sont des sujets d’angoisse officiels jusque dans la grande presse » .

Placer l’alternative sur le terrain des conditions de la survie, c’est-à-dire comme le font les altermondialistes et les politiciens de la décroissance, sur le terrain économique avec les outils d’un replâtrage réformiste redistributif qui réclame le « minumum vital » (du genre l’« allocation universelle inconditionnelle » ou encore le « revenu maximum de décroissance ») quand il faudrait prendre le minimum de la vie , ne pourra ainsi jamais faire déplacer la tectonique des lignes de tensions dans l’imaginaire colonisé par l’économisme et le progressisme. L’alternative, comme le disait Debord, est au-delà de la sphère de la survie qui ne cherche qu’à éterniser les catégories de base de l’économie pour mieux perpétuer l’infinie parthénogènese de celle-ci. « L’alternative est dans un choix entre la vraie vie et la survie qui n’a à perdre que ses chaînes modernisées » . Il faut sortir la décroissance de l’écologisme traditionnel qui ne veut et ne pourra que gérer le Léviathan techno-économique pour mieux éterniser la religion de l’économie.

Clément Homs.

source: 1libertaire.free.fr

 

1 Guy Debord, La planète malade, Gallimard, 2004. Ce texte inédit publié en 2004, avait été rédigé en 1971 pour paraître dans le numéro 13 de la revue {Internationale Situationniste}.

 

2 On peut voir, C. Homs, « Sortir de l’économie ça veut dire quoi ? La décroissance, Marx et le crépuscule de l’économie racontés aux enfants » http://www.decroissance.info/Sortir-de-l-economie-ca-veut-dire

 

3 Pour une critique de la technique et de la science sur le plan esthétique, on peut voir l’admirable analyse phénoménologique de Michel Henry dans La Barbarie, Puf, 2005 (1987), dans son chapitre « La science jugée au critère de l’art », p. 43-70. On peut voir aussi dans un style moins philosophique mais aussi très intéressant, Jean-Claude Besson-Girard, Decrescendo cantabile, Pour une décroissance harmonique, Parangon, collection « Après-développement », Parangon, 2005.

 

4 G. Debord, op.cit.

 

5 Michel Henry écrivait que « les sciences humaines, qui n’ont plus aucun objet propre, n’ont plus rien non plus sur quoi elles pourraient se guider, rien que leur dicte le mode d’approche incontournable d’une réalité propre à la subjectivité absolue de l’auto-affectivité de la vie immanente qui justement n’existe plus, à leur yeux au moins. Dès lors l’indétermination méthodologique correspondant à la carence référentielle de ces sciences, ou pour mieux dire à leur vide ontologique, a pour conséquence l’importation en elles des méthodes qui définissent les sciences de la nature. Et cela de façon presque inévitable s’il est vrai que, ignorant la subjectivité qui habite l’homme et définit son humanité, ces sciences n’ont pas à se demander qu’elle serait le mode de traitement convenable pour une réalité telle que la vie », in La Barbarie, chapitre « Les idéologies de la barbarie », op. cit., p. 136.

 

6 Guy Debord, « Domination de la nature, idéologies et classes, in Œuvres complètes, Gallimard, Quarto, 2006, p. 1034.

 

7 L’ultra-gauche a pensé pendant très longtemps (et une arrière-garde le pense toujours) la sortie du salariat grâce à l’automation accomplissant le rêve de la fin du travail, et ce à l’encontre même de la réflexion de Marx sur la technique (Axelos Kostas, 1961, Marx penseur de la technique, Editions de Miniut, Paris). Ainsi Lafargue terminait son ouvrage Le Droit à la paresse en écrivant que « nos machines au souffle de feu, aux membres d’acier, inaftigables, à la fécondité merveilleuse, inépuisable, accomplissent docielement d’elles-mêmes leur travail sacré ; et cependant le génie des grands philosophes du capitalisme reste dominé par le préjugé du salariat, le pire des esclavages. Ils ne comprennent pas encore que la machine est le rédempteur de l’humanité, le Dieu qui rachètera l’homme des sordidae artes et du travail salarié, le Dieu qui lui donnera des loisirs et la liberté. »

 

8 Asger Jorn, « Les situationnistes et l’automation », G. Debord, ibid., p. 978-979.

 

9 Revue IS n°2, décembre 1958. Je souligne.

 

10 G. Debord, « Les mauvais jours finiront », op. cit., p. 1025.

 

11 voir J. Ellul, « Peut-il exister une culture technicienne ? », in Cahiers Jacques-Ellul. Pour une critique de la société technicienne, n°2, 2004, Association internationale J. Ellul. Le dogmatisme conservateur du marxiste Maximilien Fabbri qui ne veut pas voir d’autre raison (techno-marchande) à l’oeuvre que celle de la nauséabonde raison marchande, et qui prétend qu’Ellul n’est qu’un technophobe alors que sa distinction fondamentale entre les « opérations techniques » et le « phénomène technique » a voulu rejetter tous les positionnements technophobes, peut encore compléter ce qui lui sert de culture en regardant comment Ellul transpose les analyses de Marx dans son analyse de la technique, cf. Deun, « Comprendre comment l’homme a été éliminé. Ellul lecteur de Marx. » < http://www.decroissance.info/Comprendre-comment-l-homme-a-ete > La marchandise comme le phénomène technique sont l’avers et le revers d’une même monnaie, l’objectivisme chosifiant, véritable monisme ontologique de la modernité marchande.

 

12 G. Debord, « Communication prioritaire », op. cit., p. 1029.

 

13 Ibidem, p. 1031.

 

14 Walter Benjamin, L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique, Allia, 2006.

 

15 Günther Anders, L’obsolescence de l’homme. Sur l’âme à l’époque de la deuxième révolution industrielle, Encyclopédie des Nuisances, 2002 (1956).

 

16 Guy Debord, op. cit., p. 1030.

 

17 On peut voir le magnifique texte de Michel Henry, « Pour une phénoménologie de la communauté », in Phénoménologie matérielle, Puf, 1991.

 

18 G. Debord, « All the King’s Men », op. cit., p. 1048.

 

19 Voir aussi tout le chapitre consacré à cette question par Christopher Lasch dans La Culture du narcissisme, réédité récemment chez Flammarion, collection Champs

 

20 J. Ellul, L’illusion politique, La Table ronde, 2004.

 

21 G. Debord, Commentaires sur la société du Spectacle, Gallimard, 1992, p. 101.

 

22 Debord, Oeuvres complètes, op. cit. P. 1048.

 

23 W. Benjamin, L’oeuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique, Allia, 2006, p. 52-53

 

24 G. Debord, « Domination de la nature, Idéologies et classes », ibid., p. 1036.

 

25 François Jacob, La logique du vivant. Une histoire de l’hérédité, Gallimard, Tel, 1970, p. 320-321.

 

26 G. Debord, op. cit., p. 1037.

 

27 Ce texte est formé de notes envoyées à Constant en 1959. Il est reproduit dans Œuvres complètes, op. cit. p. 457-462.

 

28 Sur la critique de l’habiter heideggérien qui en général se rapproche de ce qui est produit dans la pensée écologiste du lieu, on peut lire l’article de cet architecte situationniste, Marc Perelman, « ‘‘ Bâtir Habiter Penser  » contre Heidegger », in revue Prétentaine, n°16/17, hiver 2003/04, p. 161-188.

 

29 voir Nicola Graydon, « Un millionnaire au secours des forêts chiliennes », in L’Ecologiste, n°19, juin-août 2006, p. 16-17.

 

30 Voir B. Charbonneau, Le Jardin de Babylone, Editions de l’encyclopédie des nuisances, 2002 (1969), dans la troisième partie intitulée « Le sentiment de la nature produit de l’industrie », le chapitre « Du Jardin d’Eden au parc national », mais aussi la quatrième partie de cet ouvrage intitulée « L’échec du sentiment de la nature ». On peut dès lors s’étonner de voir un objecteur de croissance comme le politologue Paul Ariès faire l’éloge des parcs naturels régionaux et nationaux dans son ouvrage Décroissance ou barbarie. Ne verse-t-on pas là dans l’idéologie conservatrice de l’écologie profonde et des institutions internationales du  » patrimoine  » que dénonce si bien Sylvie Brunel dans son ouvrage La Disneylandisation du monde ? Ou alors en effet c’est une énième mesure de politique politicienne.

 

31 G. Debord, « Ecologie, psychogéographie et transformation du milieu humain », op. cit., p. 460.

 

32 M. Maffesoli, « De l’universel au particulier », in revue Diogène, n°215, juillet-septembre 2006, p.100

 

33 M. Maffesoli, ibid., p. 103

 

34 Edmund Husserl, La Crise des sciences européennes et la Phénoménologie transcendantale, 1936.

 

35 Marc Maesschalck, « L’attention à la vie comme forme d’une rationalité politique », in Michel Henry parole de vie, L’Harmattan, Ouverture philosophique, 2003, p. 244.

 

36 M. Maffesoli, ibid., p. 104

 

37 G. Debord, Oeuvres complètes, op. cit., p. 1038.

 

38 cf. « Le minimum de la vie » par l’Internationale lettriste, reproduit dans G. Debord, Oeuvres complètes, op.cit, p. 140

 

39 Ibidem

19 octobre 2012 Posted by | Non classé | , , , , , | Laisser un commentaire

La convivialité d’Ivan Illich


« La désaccoutumance de la croissance sera douloureuse. »

Dans une société riche, chacun est plus ou moins consommateur-usager ; de quelque manière, chacun joue son rôle dans la destruction du milieu. Le mythe transforme cette multiplicité de prédateurs en une majorité politique. En dépit de leur diversité individuelle, une commune adhésion à la croissance les réunit car leur satisfaction en dépend. La majorité silencieuse, gardienne des intérêts investis dans la croissance, paralyse toute action politique réelle. Les administrations croient stabiliser et harmoniser la croissance en affinant les mécanismes et les systèmes de contrôle, mais elles ne font que précipiter la méga-machine institutionnelle vers un seuil de mutation. Essayer de susciter une ère à la fois hyperindustrielle et écologiquement réalisable, c’est accélérer la dégradation des autres composantes de l’équilibre multidimensionnel de la vie, le coût de la défense du statu quo monte en flèche. Les partis soutiennent un Etat dont le but avoué est la croissance du PNB, il n’y a rien à attendre d’eux lorsque le pire arrivera.

« La crise écologique est traitée superficiellement lorsqu’on ne souligne pas que la mise en place de dispositifs antipolluants n’aura d’effets que si elle s’accompagne d’une diminution de la production globale. Autrement ces mesures transfèrent nos ordures chez nos voisins, les réservent à nos enfants, ou les déversent sur le tiers-monde. Juguler la pollution créée localement par une grande industrie exige des investissements, en matériel et énergie, qui recréent, ailleurs, le même dommage à plus large échelle. Si l’on rend obligatoires les dispositifs antipolluants, on ne fait qu’augmenter le coût unitaire de production. Certes, l’on conserve un peu d’air respirable pour la collectivité, dès lors que moins de gens peuvent s’offrir le luxe de conduire une voiture, de dormir dans une maison climatisée, ou de prendre l’avion pour aller pêcher enfin de semaine ; au lieu de dégrader l’environnement physique, on accentue les écarts sociaux.

 » Je crois que la croissance s’arrêtera d’elle-même. »

« Un événement imprévisible et probablement mineur servira de détonateur à la crise, comme la panique de Wall Street a précipité la Grande Dépression. Une coïncidence fortuite rendra manifeste la contradiction structurelle entre les fins officielles de nos institutions et leurs véritables résultats. Ce qui est déjà évident pour quelques-uns sautera tout à coup aux yeux du plus grand nombre : l’organisation de l’économie tout entière en vue du mieux-être est l’obstacle majeur au bien-être. La crise dont je décris la venue prochaine n’est pas intérieure à la société industrielle, elle concerne le mode industriel de production en lui-même. La paralysie synergique des systèmes nourriciers provoquera l’effondrement général du mode industriel de production.

« Quand un peuple perd confiance dans la productivité industrielle, tout peut arriver, l’inversion devient vraiment possible. Les forces qui tendent à limiter la production sont déjà au travail à l’intérieur du corps social, des hommes et des femmes condamnent une croissance qu’ils jugent destructrice. Gageons que leurs voix se feront mieux entendre quand la crise de la société surproductive s’aggravera. Ce sera la première crise mondiale mettant en question le système industriel en lui-même et non plus localisée au sein de ce système. Cette crise oblige l’homme à choisir entre les outils conviviaux et l’écrasement par ma méga-machine, entre la croissance indéfinie et l’acceptation de bornes multidimensionnelles. La seule réponse possible : établir, par accord politique, une autolimitation. La désaccoutumance de la croissance sera douloureuse. Elle sera douloureuse pour la génération de transition, et surtout pour les plus intoxiqués de ses membres. Puisse le souvenir de telles souffrances préserver de nos errements les générations futures.

La gestion bureaucratique de la survie humaine doit échouer

« Si, dans un très proche avenir, l’humanité ne limite pas l’impact de son outillage sur l’environnement et ne met pas en œuvre un contrôle efficace des naissances, nos descendants connaîtront l’effroyable apocalypse prédite par maint écologue. La gestion bureaucratique de la survie humaine doit échouer car une telle fantaisie suicidaire maintiendrait le système industriel au plus haut degré de productivité qui soit endurable. L’homme vivrait protégé dans une bulle de plastique qui l’obligerait à survivre comme le condamné à mort avant l’exécution. Pour garantir sa survie dans un monde rationnel et artificiel, la science et la technique s’attacheraient à outiller le psychisme de l’homme. Mais l’installation du fascisme techno-scientifique n’a qu’une alternative : un processus politique qui permette à la population de déterminer le maximum que chacun peut exiger, dans un monde aux ressources manifestement limitées ; un processus d’agrément portant sur la limitation de la croissance de l’outillage, un encouragement à la recherche de sorte qu’un nombre croissant de gens puissent faire toujours plus avec toujours moins. »

(Seuil)

11 octobre 2012 Posted by | Non classé | , , , , , , , | 5 commentaires


Et vous n'avez encore rien vu...

Associations, revues, cercles de réflexion, collectifs éditoriaux, groupuscules politiques, communautés installées à la campagne: qu’ils revendiquent explicitement le terme d’anti-industriels ou qu’ils se reconnaissent plutôt dans les concepts d’après-développement, de décroissance ou d’écologie radicale, les mouvements de résistance à l’industrialisme qui se sont développés dans les deux dernières décennies paraissent dans l’ensemble avoir véritablement atteint un stade de maturité théorique. En puisant dans les travaux d’intellectuels francs-tireurs, en marge des schèmes idéologiques de leur temps (l’Ecole de Francfort, Mumford, Ellul, Castoriadis, Illich, Partant…), ils ont consacré de longues années à identifier les racines du mal: le despotisme de la technique moderne et de sa rationalité instrumentale s’étendant à toutes les sphères de l’existence; l’expansion des logiques de gestion, de calcul, de normalisation; l’idéologie du progrès, de la croissance et du développement, qu’ils soient techniques ou économiques; le réductionnisme d’une science moderne impérialiste, considérant la nature et le monde social comme…

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8 mai 2012 Posted by | Non classé | Laisser un commentaire

Débat Démocratie directe


Printemps de Politis 62

 

21 avril 2012 Posted by | Non classé, Notre démocratie | , , | Laisser un commentaire

Convergence entre la transition, les mouvements contre l’extractivisme et les communautés indiennes sud-américaines


QUARTIERS EN TRANSITION

Le 10 mars dernier, plusieurs associations et collectifs (Ecobox, « Non au gaz et pétrole de schiste », Relocalisons!, L’Indépendante, Parole de nature…) travaillant autour du mouvement de la transition avaient rencontré José Gualinga, Tayak Apu (Président) du Peuple Kichwa de Sarayaku à l’occasion de son passage en France. A cette occasion, était ressortie l’idée de construire sur du long terme des liens et des relations autour de luttes et d’objectifs qui convergent pour préserver nos biens communs et éviter leur marchandisation. Le tout avec en toile de fond, le mouvement de la transition et ses implications en terme énergétique, environnemental, alimentaire, agricole, démocratique, économique, sociale….

José Gualinga avait indiqué que ce qui faisait le ciment de nos initiatives, de nos collectifs et de la lutte des Sarayaku et des peuples indigènes en général (à l’image de la déclaration de Lima en novembre 2010), c’était la volonté de passer à l’action et d’expérimenter…

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9 avril 2012 Posted by | Non classé | Laisser un commentaire

Courant alternatif : soirée débat avec Georges Bertin


Conférence Débat sur les UTOPIES

Soirée débat organisée par Courant Alternatif à Béliet avec Georges Bertin, membre-fondateur du Mouvement Utopia, dont le thème sera : « De l’Utopie aux utopies, imaginaires et actualité ».

Rendez-vous salle des fêtes de Béliet le vendredi 30 mars à 20h30 pour écouter, s’enrichir, comprendre, échanger. Un thème un peu « aérien » dans notre monde réel. Venez partager ou construire votre point de vue et se postionner ! « l’utopie n’est pas l’irréalisable, mais bien l’irréalisé » (Monod)

Courant Alternatif

26 mars 2012 Posted by | Non classé | , | Laisser un commentaire

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30 décembre 2011 Posted by | Non classé | , , , , , , | Un commentaire

Les indigné-es et la mouvance autonome espagnole


Le mouvement des indigné-es serait-il un sorte de sous printemps arabe, de mobilisation contre la crise, contre la corruption ?! Ou la diffusion massive des idéaux autonomes ?

Il est temps de remettre nos pendules historiques à l’heure. Le mouvement n’est pas sorti de la cuisse de Madoff mais il a un histoire, longue et riche et c’est en s’appuyant sur celle-ci que le mouvement se construit, se répand et prend sa consistance. Je replacerais ici le mouvement du 15M dans la continuité des mouvements autonomes, anti autoritaires, auto gestionnaires espagnols à l’aide de textes extraits de diverses brochures issues du mouvement.

La movida sociale : un mouvement antiautoritaire

Les années 1980 représentent pour l’Espagne la seconde étape de ce que l’on a nommé la « transition démocratique » et son intégration à l’Europe. Cette période fut l’occasion d’une intense agitation sociale, particulièrement dans les territoires basques. Outre les mouvements nationalistes, on y vit fleurir un mouvement antiautoritaire, libertaire, prenant comme esthétique la vague punk qui balayait alors tout le pays.

Ce mouvement eut de multiples aspects : squats, radios pirates, fanzines, musique. Il se retrouva mêlé aux luttes ouvrières, étudiantes, féministes, antimilitaristes, écologistes, pour le logement…

Il fut en butte à la répression des États espagnol et français ainsi qu’à l’ostracisme ou aux calomnies du mouvement de libération nationale basque classique.

« A la fin des années 80 et au début des années 90, à chaque fois qu’un collectif de jeunes s’organisait, les partis d’extrême-gauche se précipitaient à leur tête, et plusieurs collectifs furent infiltrés par le parti maoïste Movimiento Comunista. Quand la direction du Movimiento Comunista fusionna avec celle du parti trotskyste LCR, une partie de leurs bases, et particulièrement les jeunes, commencèrent à s’intéresser au discours anti-parti. Quand les autonomes et les partis entraient en contact, c’était eux, plutôt que de nous absorber, qui assimilaient notre discours anti-parti, et de cette manière nous faisions un important travail de dissolution : des gens des jeunesses du MC, LCR, PCE, ML, ont fini dans des collectifs de la Coordinadora de Lucha Autonoma et dans d’autres structures du mouvement autonome. »

90s : coordination des collectifs

L’organisation de ces différents jeunes collectifs se cristallise en octobre 1990, dans des journées qui donnent naissance à la Coordinadora de Colectivos de Lucha Autonoma (Coordination de Collectifs de Lutte Autonome), comme structure de communication et de dynamisation de l’Autonomie.

Le discours anti-parti

La critique de l’avant-gardisme, des partis et des syndicats, est menée à travers une pratique d’organisation autogestionnaire, anti-hiérarchique et anti-autoritaire, réelle et effective.

« Les nouveaux militants de Lucha Autonoma sont jeunes et peu expérimenté-e-s. « La majorité des gens entrent dans le collectif avec un idéal vaguement anti-capitaliste, l’impression qu’il faut se battre contre le système et que le réformisme ne mène à rien. En réalité, c’est dans le collectif qu’ils se forment politiquement. Aussi bien au niveau théorique que pratique : comment convoquer une mobilisation, comment faire une assemblée… Les gens les plus vieux, venant d’autres collectifs, s’occupent de la formation des plus inexpérimenté-e-s. Pendant la première année, dans toutes les assemblées il y avait quelqu’un-e qui apparaissait avec un texte sur l’organisation, la violence, la femme… Et puis, quand tu commences, tu lis tout ce qui te tombe entre les mains… En plus nous faisions beaucoup de débats, parce que nous n’avions clairement qu’une toute petite base théorique, et nous faisions beaucoup de choses, et donc tu te retrouves face à des doutes que tu dois résoudre : le droit à l’auto-défense, le travail avec les associations de voisin-e-s, les partis politiques… »

La rupture avec les dogmes et les formes de militantisme de la vieille gauche se manifeste de cette manière mais aussi sous l’aspect de peurs. Peur du leadership des vétérans, peur d’un militantisme exhaustif et prenant, peur des assemblées interminables qui font fuir celleux qui débutent dans le collectif.

Presque tous les ans ont été réalisées des assemblées de bilan dans lesquelles, de façon progressive et parfois insistante, des débats se sont produits et des textes ont été élaborés, sur des thèmes comme le travail de quartier, la critique de la forme-parti, l’expérience des centres sociaux autogérés, l’autonomie et la coordination, l’intervention sociale, les drogues, le patriarcat, les groupes non-mixtes, le mouvement autonome, les tentatives de coordination nationale de l’Autonomie, l’anti-fascisme, l’anti-militarisme, etc… »

Les « ilôts subversifs »

« Nous voulons nous assembler entre plusieurs groupes, parce que les conceptions anti-autoritaires (ou de démocratie directe ou populaire) que nous défendons, pour avoir du sens, doivent être acceptées, intériorisées et pratiquées par l’immense majorité de la société. Nous devons pour cela construire un mouvement, avec une vocation de mouvement de masse (pour de vrai, pas pour rire), doté d’un poids social, dans lequel convergent les différents « ilôts subversifs », et où nous nous reconnaissions, derrière des pratiques collectives plus que derrière une étiquette. Ce mouvement doit être autonome, c’est-à-dire séparé et opposé aux intérêts, rapports et « subjectivités » (représentations du monde, passions, idées…) que le capitalisme nous impose, son axe doit se trouver dans la lutte pour nos conditions de vie immédiates, pour la réappropriation du contrôle de nos existences (à travers le rejet collectif de l’argent et de l’échange marchand comme centre de tout), et pour le développement de notre créativité, écrasée depuis le berceau. Quand nous parlons de la « subjectivité capitaliste », nous y incluons une partie du paradigme traditionnel du mouvement ouvrier. Nous faisons nôtres ses aspirations, sa défense du soutien mutuel et de la solidarité, mais nous rejetons frontalement sa considération du travail salarié comme axe fondamental de la réalisation de soi, sa façon de s’en remettre à un futur prometteur au lieu d’assumer la révolution comme processus quotidien, sa foi productiviste selon laquelle plus on produit plus la richesse sociale est grande, et sa subordination systématique de l’émancipation de la femme à une révolution lointaine. »

la conscience que quelque chose doit changer…

Cependant nous voyons quelque chose de neuf dans ce processus, par rapport aux essais antérieurs de convergence : la conscience que quelque chose doit changer… qu’il est absolument nécessaire de réenvisager la recomposition de la subjectivité autonome pour recommencer à réfléchir avec notre propre tête dans l’essai de compréhension de nouvelles trajectoires. Nous en sommes au point, semble-t-il, où presque tout le monde est convaincu qu’il en est ainsi. Mais, même en étant convaincu-e-s, rien ne nous garantit que nous ne nous tromperons pas, les choses qui valent le coup portent toujours sur le dos une dose de danger…

la « zone d’autonomie »

« Quoi qu’il en soit, il serait imbécile de notre part de ne pas nous rendre compte qu’il y a des espaces où coïncident fondamentalement les collectifs autonomes, qu’il y a des langages et des politiques qui n’affectent que les collectifs de la « zone de l’autonomie ». Il y a, par conséquent, des espaces exclusifs du commun : des espaces qu’il faut analyser et discuter, pour libérer l’autonomie dans la société. Organiser cela est indispensable, parce que la possibilité d’autonomie dépend en grande partie de la potentialisation de ces espaces exclusifs

L’autonomie, comme pièce centrale de l’organisation et de l’action politique, s’appuie sur la volonté que la communauté sociale décide directement de l’organisation et des buts de sa propre existence. C’est-à-dire que les individus réalisent un effort intense de réappropriation de leur vie.

L’autonomie comporte ainsi tout un ensemble de traductions bien connues, comme le rejet du patriarcat ou des relations de domination de genre, l’anticapitalisme, l’autogestion, l’anti-étatisme, l’auto-organisation, etc… Des luttes et des positions qui ont toutes une longue expérience historique. Ainsi le projet se place dans une tradition historique déterminée, non pas pour répéter d’anciennes formules, mais pour en produire de nouvelles qui reprennent et rénovent l’ancien sens de la théorie et de la pratique. »

(Les textes sont extraits de brochures traduites et mises en ligne sur infokiosque)

Chronologie

– 1990 : création de la coordination de collectifs autonomes madrilènes Lucha Autonoma.

janvier 1999 : début de la refondation de Lucha Autonoma : première assemblée.

premiers mois de 1999 surtout : écriture, par les différents collectifs impliqués dans cette refondation, des textes présentés dans cette brochure.

automne 1999 : parution de ces textes, et d’autres textes sur les mêmes thèmes, dans le troisième numéro de la revue ContraPoder (organe de communication et de débat des collectifs autonomes).

juillet 2001 : traduction de ces textes, par un non-spécialiste, du castillan au français. Toute envie de participer à la correction et à la retraduction de ces versions est la bienvenue. Dans cette optique, ou dans celle d’une simple consultation, l’original en espagnol de la revue était disponible à l’infokiosque de feu les 400 Couverts, à Grenoble.

Le 20/02/1999 s’ouvrit la première assemblée de la refondation de Lucha Autonoma. Cinq assemblées suivirent jusqu’à juillet 1999. Les critères de sélection des collectifs invités étaient variés : « Être extérieurs aux institutions, vouloir créer des structures stables, avoir une mentalité unitaire et intégratrice, avoir une pratique commune et pas seulement une théorie commune, être des collectifs autogérés et non hiérarchisés. »

L’appel du 15 mai 2011

50 000 personnes

Le 15 octobre : première journée mondiale des indignés

951 villes de 82 pays

etc… ce n’est ni le début ni la fin de la lutte pour l’autonomie

7 novembre 2011 Posted by | Désobéissance civile, Non classé, Notre démocratie | , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Sécheresse 2011


Bilan du printemps 2011

Le printemps a été marqué cette année par la persistance de conditions anticycloniques sur l’Europe, avec pour conséquence un temps exceptionnellement chaud, sec et ensoleillé.

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Avec une température moyennée sur la France supérieure de 2,5 °C à la moyenne de référence établie sur la période 1971-2000, ce printemps 2011 se positionne au premier rang des printemps les plus chauds depuis le début du XXème siècle, devant ceux de 2007 (+2,1 °C) et 2003 (+1,8 °C). Ces écarts ont été encore plus marqués pour les températures maximales de l’après-midi (+3,7 °C) que pour les températures minimales de fin de nuit (+1,4 °C).

Le printemps 2011 a également été exceptionnel par ses faibles précipitations : la quantité d’eau recueillie sur la France représente environ 46 % du cumul moyen de référence 1971-2000. Ce printemps est le plus sec des cinquante dernières années, devançant les printemps 1976 (54 %) et 1997 (60 %). Quelques nuances régionales apparaissent toutefois : les déficits ont été généralement plus marqués sur le nord et l’ouest du pays tandis que le Languedoc et l’est de la Corse ont connu des précipitations excédentaires.

Ces faibles pluies associées aux températures élevées ont entraîné un assèchement extrêmement précoce des sols superficiels sur la quasi totalité du pays. A l’exception des régions méditerranéennes, les sols connaissent sur l’ensemble du pays un niveau de sécheresse jamais atteint à la fin du printemps au cours des cinquante dernières années.

L’ensoleillement du printemps a été remarquable notamment dans la moitié nord du pays. Les durées d’ensoleillement y ont été une fois et demie supérieures à la moyenne de référence 1991-2000 et constituent pour de nombreuses villes des records sur la période 1991 à nos jours. Dans la moitié sud aussi, l ‘ensoleillement a été excédentaire sans toutefois battre les records mensuels.

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Le printemps mois par mois

Mars
Le mois de mars a été globalement chaud avec une température moyenne sur la France supérieure de 1,2 °C à la normale. Si les températures ont été plutôt plus proches des normales* dans le Sud-est, elles ont plus largement dépassé ces dernières dans le Nord-est.

Les précipitations ont été fortement déficitaires sur une grande partie du pays : les quantités d’eau recueillie ont représenté moins de 30 % de la normale sur le Nord-Pas-de-Calais, la Picardie, la Lorraine, la Bretagne et le Centre. Inversement, les régions méditerranéennes ont connu des pluies abondantes, largement supérieures aux normales. Globalement sur la France, la quantité d’eau recueillie ne représente que 76 % de la normale mensuelle.

L’ensoleillement a été très généreux sur le tiers nord du pays, mais légèrement déficitaire sur l’extrême sud.

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Avril
Avril 2011 été exceptionnellement chaud : avec une température moyennée sur la France supérieure de 4,0 °C à la normale, il se positionne au second rang des mois d’avril les plus chauds depuis 1900, derrière 2007 (+4,3 °C) et loin devant 1945 (+2.8 °C). Les températures quotidiennes se sont maintenues autour de valeurs bien supérieures à la normale tout au long du mois. Entre le 6 et le 11, elles ont même atteint des valeurs sans égal depuis 1947 pour une première quinzaine d’avril. Plusieurs records mensuels de température maximale quotidienne ont été battus dans la moitié sud de la France ainsi que dans les Alpes et localement en Bretagne.

Ce mois d’avril 2011 est aussi exceptionnel par sa faible pluviométrie, généralisée sur le pays : la quantité d’eau recueillie sur la France, ne représente que 29 % de la normale ce qui positionne ce mois d’avril parmi les plus secs des cinquante dernières années, avec ceux de  1984 et 1982.

L’ensoleillement en avril a été remarquable. Sur la quasi-totalité du pays à l’exception de l’extrême sud, les durées d’ensoleillement ont été plus d’une fois et demie supérieures à la moyenne**. Dans certaines villes, notamment en Rhône-Alpes, les records mensuels ont été battus.

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Mai
Les conditions du mois de mai sont restées assez semblables à celles d’avril. Les températures ont été largement  supérieures aux normales notamment dans la moitié sud du pays. La moyenne mensuelle sur la France dépasse de 2,4 °C la moyenne de référence 1971-2000 ce qui situe mai 2011 au premier rang des mois de mai les plus chauds depuis le début du XX ème siècle, devant mai 1999 (+2,3 °C) et mai 1989 (+2,2 °C).

Les pluies ont été extrêmement faibles en mai sur l’ensemble du territoire : la quantité d’eau recueillie en France représente environ 37 % de la normale mensuelle. Ce mois de mai est le plus sec des cinquante dernières années.

L’ensoleillement a été exceptionnel : les durées d’ensoleillement ont été partout nettement excédentaires. Dans la moitié nord du pays, elles ont été presque une fois et demie supérieures aux moyennes de référence 1991-2000. Mai 2011 se situe parmi les mois de mai les plus ensoleillés des vingt dernières années.

(*)  moyenne de référence 1971-2000
(**) moyenne de référence 1991-2000

Liens utiles
Suivi hydrologique : dernier bilan
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Climat en France : consulter les relevés et les normales sur 120 stations françaises
Comprendre la météo : Les conditions anticycloniques
Le bulletin de prévisions saisonnières

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source:méteo France

 

 

4 juin 2011 Posted by | Non classé | , , | Laisser un commentaire

Gaz de schiste : Plus de 50 permis de recherche d’hydrocarbures en France



Plus de 50 permis de recherche d’hydrocarbures en France

Si les médias focalisent depuis quelques jours sur la contestation qui accompagne la délivrance en mars 2010 de permis d’exploration de gaz de schiste à Montélimar (26), à Villeneuve-de-Berg (07) et sur le secteur de Nant à Alès (30), ce n’est pas 3 mais plus de 50 permis de recherche qui ont été accordés aux compagnies pétrolières et gazières en France ces dernières années. Ces permis ne concernent pas nécessairement des gaz de schiste, seuls les 3 incriminés ont été délivrés pour ce type de recherche, mais d’une manière plus globale la recherche « d’hydrocarbures liquides ou gazeux », « simplement, commente Adeline Mathien, chargée de mission pour l’énergie chez France nature environnement, s’il y avait du pétrole on le saurait, selon toute vraisemblance c’est bien du gaz que recherchent les industriels ».
Outre la zone qui s’étend de Valence à Montpellier, d’autres secteurs sont aussi concernés en Languedoc-Roussillon, en PACA, en Midi-Pyrénées, en Aquitaine, en Rhône Alpes, en Champagne Ardennes, dans le Nord et en région parisienne (voir carte de la Direction générale énergie et climat). Dans un communiqué publié le 17 janvier, FNE faisait part de sa « stupéfaction » après avoir découvert « le très grand nombre de permis exclusifs de recherche pour des hydrocarbures non conventionnels, en particulier les gaz de schiste, délivrés par le précédent ministre de l’environnement Jean-Louis Borloo sur des superficies considérables, sans que la moindre information n’ait été donnée au public et aux associations ».

La saisine de la Commission nationale du débat public

Selon l’association, cette démarche entre « en contradiction avec la convention d’Aarhus » qui « porte sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement ». Le ministère de l’écologie assure de son côté que comme le prévoit le code minier et le code de l’environnement les mises en exploitation feraient l’objet d’enquêtes publiques Par ailleurs, alors que le ministère affirme que « ce qui se passe au Canada ou aux USA n’est pas du tout notre modèle » et qu’il faudra trouver des modes d’exploitation respectueux de l’environnement, Adeline Mathien souligne « qu’il n’en existe pas d’autre que celle de la fracturation hydraulique ».
Selon elle, au-delà des risques de pollution de la nappe, cette méthode présente aussi le désavantage d’être fortement émettrice de gaz à effet de serre, « bien plus que celle liée à l’exploitation du charbon » affirme-t-elle. FNE, qui regroupe 3 000 associations de défense de l’environnement en France, demande à Nathalie Kosciusko-Morizet la ministre de l’écologie et du développement durable, de saisir la Commission nationale du débat public « avant toute décision d’exploitation et de prendre un moratoire pour les autorisations déjà délivrées ».

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voir la carte du gaz de schiste Sud Ouest: ici

10 mai 2011 Posted by | DECROISSANCE, ENERGIE, Non classé, résilience, SANTE | , , | Laisser un commentaire

L’inquiétante centrale nucléaire de Blaye


Les constats en 2008:

NUCLEAIRE Blaye –

  • «Présence de divers câbles électriques baignant dans un caniveau technique rempli d’eau».
  • «Armoires regroupant des alarmes incendie présentant des dysfonctionnements importants».
  • «véhicules à moteur circulant dans la salle des machines des réacteurs».

L’association Tchernoblaye tire la sonnette d’alarme. Elle s’inquiète de «graves problèmes» relevés à la centrale nucléaire du Blayais par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), lors d’une visite inopinée début avril.
Dans un courrier adressé au directeur de la centrale, l’autorité de contrôle juge en effet que «ces pratiques ne sont pas acceptables». L’ASN pointe notamment

  • les manquements du dispositif de détection incendie : «les groupes électrogènes des réacteurs 1 et 2 ne génèrent pas d’alarme incendie mais une simple alarme technique en salle de commande».
  • L’association Tchernoblaye souligne pour sa part la récurrence du dysfonctionnement : «ce grave problème avait été découvert en 2003 mais, malgré la demande de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), il n’avait été rectifié que sur les réacteurs 3 et 4».
    La direction a cependant répondu n’avoir «aucun doute» sur son système de protection incendie. Tout en affirmant étudier «la façon d’intégrer les améliorations».
  • «l’industrie nucléaire fait courir à l’ensemble de la population des risques extrêmes»selon l’ex-ingénieur du Commissariat à l’énergie atomique, Bella Belbeoch, le risque d’inondation persiste à marée haute.
  • L’association Tchernoblaye a déjà montré que la nouvelle digue de protection construite en 2000 basculait lentement vers l’avant, menaçant de s’effondrer.
  • Les antinucléaires contestent aussi la fiabilité des circuits de refroidissement : « Une rupture de canalisation risque de boucher le filtre chargé de récupérer l’eau du circuit primaire pour refroidir le réacteur », souligne Stéphane Lhomme, membre du réseau Sortir du nucléaire et auteur d’un livre sur les questions de sécurité*. Un risque admis en décembre 2003 par EDF, qui a aussi identifié en décembre 2005
  • le danger de défaillance des pompes qui réinjectent l’eau du circuit primaire dans la cuve pour refroidir l’ensemble.
    Dernière inquiétude, l’Autorité de sûreté nucléaire a reconnu le 13 septembre 2001 que
  • le CNPE n’était pas conçu pour résister sans dommage à l’impact d’avions gros porteurs..

Liste des incidents à Blaye

source Autorité de Sûreté Nucléaire

  • Indisponibilité de l’isolement enceinte du bâtiment réacteurCentrale nucléaire du Blayais – 4 réacteurs de 900 MWe – Blayais – EDFElectricité de France a reclassé au niveau 1 de l’échelle internationale des événements nucléaires INES un événement relatif à l’indisponibilité d’une vanne d’isolement de l’enceinte du réacteur de la centrale nucléaire du Blayais. Cette vanne se trouve sur le système de ventilation de balayage à l’arrêt (EBA).Publié le 07/02/2011
  • Anomalie générique concernant le système d’injection de sécurité Anomalie GénériqueLe 1er février 2011, EDF a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire une anomalie générique relative à la répartition des débits d’injection de sécurité à haute pression dans les branches froides du circuit primaire principal des réacteurs de 900 MWe.Publié le 07/02/2011
  • Anomalie générique concernant la tenue au séisme de divers matérielsAnomalie GénériqueLe 8 décembre 2010, EDF a informé l’ASN d’une anomalie de tenue au séisme de divers matériels situés dans la station de pompage de certains réacteurs de 900 MWe (centrales de Cruas, Tricastin, Blayais et Gravelines) et de 1300 MWe (centrales de Penly et Flamanville, réacteurs n°3 et 4 de Paluel).Publié le 23/12/2010
  • Volume minimal dans réservoir de réfrigération et filtration des piscinesCentrale nucléaire du Blayais – 4 réacteurs de 900 MWe – Blayais – EDFLe 8 octobre 2010, le niveau du réservoir de réfrigération et filtration des piscines (PTR) est passé en dessous du niveau minimal requis par les spécifications techniques de référence pendant environ 18 h .Publié le 15/10/2010
  • Détection tardive d’une erreur de positionnement d’une vanneCentrale nucléaire du Blayais – 4 réacteurs de 900 MWe – Blayais – EDFLe 2 octobre 2010, alors que le réacteur n° 3 de la centrale du Blayais était en phase de redémarrage après un arrêt pour maintenance et rechargement du combustible, l’exploitant a identifié une erreur de positionnement d’une vanne située sur une canalisation traversant l’enceinte de confinement du réacteur.Publié le 12/10/2010
  • Contamination vestimentaire détectée au portique de contrôle radiologiqueCentrale nucléaire du Blayais – 4 réacteurs de 900 MWe – Blayais – EDFLa circulation des personnes dans une centrale nucléaire est organisée de telle manière que les objets et les personnes, lorsqu’ils quittent une zone supposée contaminée, passent obligatoirement par trois portiques successifs de détection de la radioactivité, nommés C1, C2 puis C3, avant de quitter le site.Publié le 07/10/2010
  • Transport de matières radioactives par un mode interditCentrale nucléaire de Golfech – 2 réacteurs de 1300 MWe – Golfech – EDFCentrale nucléaire du Blayais – 4 réacteurs de 900 MWe – Blayais – EDFCentrale nucléaire de Penly – 2 réacteurs de 1300 MWe – Penly – EDFCentrale nucléaire de Gravelines – 6 réacteurs de 900 MWe – Gravelines – EDF

    Centrale nucléaire du Bugey – 4 réacteurs de 900 MWe – Bugey – EDF

    Centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire – 2 réacteurs de 1300 MWe – Belleville-sur-Loire – EDF

    L’ASN a été informée le 12 février 2010 d’un non-respect de la réglementation applicable aux expéditions de boremètres. Ces écarts concernent 7 transports réalisés par les centrales nucléaires de Blayais, Belleville, Bugey, Golfech, Gravelines et Penly entre 2002 et 2009. Deux de ces transports ont été réalisés par voie postale.

    Publié le 13/04/2010

  • Transport de matières radioactives par voie interditeAnomalie GénériqueL’ASN a été informée le 12 février 2010 d’un non-respect de la réglementation applicable aux expéditions de boremètres. Ces écarts concernent 7 transports réalisés par les centrales nucléaires de Blayais, Belleville, Bugey, Golfech, Gravelines et Penly entre 2002 et 2009. Deux de ces transports ont été réalisés par voie postale.Publié le 12/04/2010
  • Anomalie générique concernant les diesels de secours des réacteurs de 900 MWeAnomalie GénériqueLe 16 octobre 2009, EDF a informé l’ASN d’une anomalie générique concernant les coussinets de tête de bielle des moteurs diesels des groupes électrogènes de secours des réacteurs de 900 MWe suivants : Blayais 1-3, Bugey 2-3-4, Chinon B3, Cruas 3-4, Gravelines 2-4, Saint-Laurent 2 et Tricastin 1-2-3-4.Publié le 27/01/2010
  • Graissage des groupes motopompes du système de refroidissement à l’arrêtAnomalie GénériqueLe 30 septembre 2009, EDF a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire un événement relatif au graissage des motopompes du système de refroidissement du réacteur à l’arrêt (RRA). Cette anomalie concerne les sites du Blayais (réacteurs 1, 2, 3 et 4), de Gravelines (réacteur 1) , du Tricastin (réacteurs 1, 2, 3 et 4), de Cattenom (réacteurs 1, 3 et 4), de Nogent (réacteur 1), de Penly (réacteurs 1 et 2) et de Civaux (réacteur 2).Publié le 12/01/2010
  • Mise à l’arrêt des pompes du circuit d’eau bruteAnomalie GénériqueLe 8 décembre 2009, EDF a informé l’ASN d’une anomalie générique concernant une consigne inadaptée dans les procédures de conduite accidentelle. Cette anomalie concerne les centrales nucléaires de Blayais, Chinon, Cruas, Dampierre, Gravelines, Saint-Laurent et Tricastin.Publié le 17/12/2009
  • Indisponibilité d’une vanne de régulation de la pressionCentrale nucléaire du Blayais – 4 réacteurs de 900 MWe – Blayais – EDFLe 14 août 2009, un essai de fonctionnement a été mal réalisé sur un module électronique qui intervient dans la régulation d’une vanne de décharge à l’atmosphère.Publié le 24/09/2009
  • Non-respect des spécifications techniques sur des vannes d’isolementCentrale nucléaire du Blayais – 4 réacteurs de 900 MWe – Blayais – EDFLa centrale nucléaire du Blayais a détecté le 8 septembre 2009 qu’un essai de requalification des vannes d’isolement vapeur n’avait pas été réalisé dans les délais impartis.
    Les matériels importants pour la sûreté du réacteur font en effet l’objet d’essais périodiques afin de garantir en permanence leur fonctionnement correct. Les règles générales d’exploitation fixent la nature de ces essais et les délais entre chaque essai.Publié le 18/09/2009
  • Non-respect des spécifications techniquesCentrale nucléaire du Blayais – 4 réacteurs de 900 MWe – Blayais – EDFLors de l’inspection du 21 août 2009, l’ASN a constaté le non respect par EDF, d’une disposition prescrite dans le cadre d’une modification temporaire des spécifications techniques d’exploitation.Publié le 01/09/2009
  • Indisponibilité du circuit de protection contre l’incendie sur le réacteurCentrale nucléaire du Blayais – 4 réacteurs de 900 MWe – Blayais – EDFLe 19 mars 2009, EDF a constaté le non respect de dispositions compensatoires prévues par un dossier de modification d’un circuit de lutte contre l’incendie.Publié le 07/08/2009
  • Non respect d’une mesure palliative fixée par les spécifications techniquesCentrale nucléaire du Blayais – 4 réacteurs de 900 MWe – Blayais – EDFLe 13 juillet 2009, dans le cadre de l’arrêt du réacteur n°2 pour visite partielle, le site du Blayais n’a pas respecté la conduite à tenir définie par les spécifications techniques d’exploitation (STE).Publié le 20/07/2009
  • Défaut d’intégrité de la troisième barrièreCentrale nucléaire du Blayais – 4 réacteurs de 900 MWe – Blayais – EDFLe 22 juin 2009, alors que le réacteur n°1 de la centrale du Blayais était à l’arrêt, EDF a constaté que l’une des vannes qui assurent l’étanchéité de l’enceinte de confinement n’était plus manœuvrable.Publié le 26/06/2009
  • Mélange non conforme de graisses dans des servomoteurs devant fonctionner enCentrale nucléaire du Blayais – 4 réacteurs de 900 MWe – Blayais – EDFLe 12 juin 2009, dans le cadre de contrôles demandés par l’ASN à la suite d’anomalies constatées ces derniers mois sur les sites de Nogent-sur-Seine, Golfech, Chooz B et Civaux, EDF a identifié des erreurs de graissage sur dix-neuf servomoteurs de la centrale nucléaire du Blayais.Publié le 22/06/2009
  • Indisponibilité partielle du circuit d’injection de sécuritéCentrale nucléaire du Blayais – 4 réacteurs de 900 MWe – Blayais – EDFLe 9 août 2008, EDF a constaté qu’une partie du circuit d’injection de sécurité du réacteur n°3 n’était pas opérationnel alors que le réacteur était à l’arrêt pour rechargement partiel du combustible et opérations de maintenance.Publié le 17/09/2008
  • Dysfonctionnements dans la gestion par EDF des sources radioactivesCentrale nucléaire du Blayais – 4 réacteurs de 900 MWe – Blayais – EDF

La liste est très longue: 1 – 23 Suivant

Les risques majeurs aujourd’hui Blaye

« Depuis l’inondation de 1999, des mesures de sécurité ont été prises, les digues ont été renforcées et rehaussées. La centrale, en principe, est insubmersible. Partout où l’eau était passée, des aménagements ont été apportés pour que cela ne se reproduise plus », indique M. Basse-Cathalinat.

Cependant :

  • la route d’accès à la centrale n’a pas été surélevée.

Il souligne, cependant, qu’« une inondation du marais autour de la centrale est toujours possible ». Et rappelle que la route d’accès à la centrale n’a pas été surélevée. « Elle peut être submergée, les secours seront alors empêchés. »

En expert libre et vigilant, Bernard Basse-Cathalinat attirera l’attention sur l’enseignement majeur des événements blayais (hier) et japonais (aujourd’hui) : la fragilité des centrales nucléaires « face au trop d’eau et au pas assez d’eau ».

  • « Elles courent le risque de l’inondation comme celui de la ressource insuffisante à un bon refroidissement qui réclame des volumes considérables. »

Ainsi, quand ses quatre réacteurs fonctionnent, la centrale du Blayais utilise 180 mètres cubes d’eau à la seconde. Que le prélèvement en eau ralentisse, et la puissance des réacteurs diminue.

Jacques Maugein entend appuyer là où le risque est clairement identifié. « Nous voulons des informations précises d’EDF sur les conditions d’utilisation des eaux de refroidissement qui doivent être le mieux garanties », prévient-il. Le président de la commission rappelle qu’après l’inondation de 1999, une étude hydraulique du secteur du Blayais avait été commandée. Il regrette qu’elle ait été interrompue alors que l’État avait pris des engagements financiers « qu’il n’a pas honorés jusqu’au bout ».

  • « le risque d’inondation venant de l’intérieur ».

« L’eau peut contourner la centrale et l’isoler. Cette situation n’est pas satisfaisante. Quand on a la connaissance du risque, on doit prendre les précautions qui s’imposent. » EDF, l’exploitant du site, sera mis face à ses responsabilités, et les élus seront sommés de prendre leurs responsabilités.

Une centrale a hauts risques dont les associations locales réclament la fermeture depuis plus de dix ans!!!

L’ ARRET IMMEDIAT ET SANS CONDITION DU NUCLEAIRE EST LA SEULE SOLUTION ACCEPTABLE, ET ELLE EST POSSIBLE

voir le site de Tchernoblaye

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18 mars 2011 Posted by | ENERGIE, Non classé, SANTE | , , , , , , | 9 commentaires

Désastre au Japon


tremblement de terre, tsunami et explosion nucléaire

une lettre de Yoko Akimoto ATTAC Japon

Au fil des heures qui passent, la réalité s’impose à nous. De nouveaux chiffres, toujours plus élevés, s’affichent sur l’écran, et je me dis que cela devait être la même terrible expérience pour nos amis au Pakistan et en Haïti, qui souffrent encore aujourd’hui du désastre naturel dont ils ont été victimes.

Hier, le gouverneur de Miyagi annonçait que le nombre de morts allaient dépasser les 10 000. Et aujourd’hui le réacteur N° 3 à la centrale nucléaire de Fukushima a explosé, et voilà que le cœur du réacteur N° 2 est en fusion (à 2 heures du matin le 15 mars, heure locale). Il est évident que les réacteurs nucléaires de Fukushima sont hors contrôle.
www.bbc.co.uk/news/world-asia-pacific-12724953

Il y a quarante ans, nos aînés se sont battu contre la construction de centrales nucléaires : ils avaient compris le danger de telles centrales dans un pays sujet aux tremblements de terre. Malheureusement, ce qu’ils redoutaient vient de devenir réalité !

A l’époque, le gouvernement a exproprié les coopératives de pêcheurs et les communautés locales pour construire les centrales nucléaires. Il a détruit la source de subsistance de ces gens pour ces centrales, en affirmant que l’énergie nucléaire était sans danger.

Aujourd’hui, le gouvernement et la société d’électricité de Tokyo, TEPCO, répètent à l’envi qu’un tremblement de terre d’une amplitude inhabituelle a frappé le nord du Japon. Pourtant, Hiroaki Koide, professeur associé en recherches sur le nucléaire à l’université de Kyoto a déclaré : « Puisque le Japon est un des pays où les tremblements de terre sont les plus fréquents, il ne devrait jamais y avoir tremblement de terre imprévu si le gouvernement soutient le nucléaire. » Beaucoup de citoyens ordinaires verront bien qui est responsable de l’accident.

Hier, la TEPCO a commence à opérer des coupures programmées à Tokyo et d’autres municipalités, elles continueront jusqu’à la fin avril, avec comme explication que l’accident nucléaire a provoqué une pénurie d’électricité. Beaucoup de trains vont être mis hors service. Hier moins de la moitié des lignes roulaient normalement.

Les magasins et les supermarchés de la zone métropolitaine n’ont pas suffisamment de nourriture pour les consommateurs. Le lait, l’eau, le poisson, le pain, le riz se fo nt rares. Certains rayonnages sont vides. Les problèmes de distribution sont une explication. Des voies rapides sont bloquées et les camions ne peuvent arriver.

Les habitants de Tokyo ont pris l’habitude d’un certain confort. Nous pouvions facilement trouver n’importe quoi comme nourriture sans nous rendre compte des centaines de kilomètres parcourus. Nous ne nous souciions pas de qui l’avait produit et comment. Là, le tremblement de terre et la fusion au cœur des réacteurs nous rappellent combien la distribution est aléatoire et qu’il y a d’autres façons de vivre.

Comme la surproduction, la surconsommation et le gaspillage produisent des failles dans la planète, accompagnés qu’ils sont d’émissions de gaz à effet de serre et de destruction de la Terre Mère. Notre plus grande tâche aujourd’hui pourrait être de redéfinir une façon de vivre sans détruire l’environnement.

Quatre jours ont passé depuis la tragédie. Des informations alarmantes se suivent et se ressemblent. Nous n’avons pas encore de nouvelles de certains de nos proches dans des zones sinistrées. La contamination par radiation se répand. Il paraîtrait qu’elle atteint déjà Tokyo. Nous sommes enveloppés d’une angoisse invisible.

En solidarité, avec espoir et amour,

Yoko Akimoto
Secrétariat, ATTAC Japon

17 mars 2011 Posted by | Non classé | , , , , | 5 commentaires

Japon. Je suis en colère. Alors j’agis.


Japon

Parole d’expert

« A moins que des mesures radicales ne soient prises pour réduire la vulnérabilité des centrales aux tremblements de terre, le Japon pourrait vivre une vraie catastrophe nucléaire dans un futur proche ».
Cet avertissement est tiré d’un article paru le 11 août 2007 dans le quotidien International Herald Tribune/Asahi Shimbun. Son auteur est le sismologue Ishibashi Katsuhiko, professeur à l’université de Kobe. Ishibashi Katsuhiko faisait partie du comité d’experts chargé d’établir les normes sismiques des centrales nucléaires japonaises. Il en avait démissionné pour protester contre la position du comité. Il estimait que les recommandations fixées par le comité étaient beaucoup trop laxistes.


Je suis en colère

Je suis en colère parce que l’accident de Tchernobyl n’a pas servi de leçon. Et que l’on continue à entendre et lire les mêmes mensonges sur le nucléaire dans les médias.

Je suis en colère quand j’entend à la radio, un haut responsable du nucléaire français nous dire qu’on ne peut remettre en cause le nucléaire : « personne n’a envie de revenir à la bougie ». Que je sache, dans les pays européens qui n’ont pas de centrales nucléaires (Autriche, Danemark, Grèce, Irlande, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Portugal…), y-en-t-il où l’on s’éclaire à la bougie ? Il n’y a que 441 réacteurs nucléaires dans le monde (dont 58 en France, 55 au Japon)… dans seulement 31 pays, tous les autres pays s’en passent.

Je suis en colère quand en 1979, après l’acc ident nucléaire de Three-Mile Island, on nous a dit que c’était parce que les Américains étaient moins forts que nous ; quand en 1986, après l’accident de Tchernobyl, on nous a dit que les Russes étaient moins foirt que nous… et que je lis aujourd’hui que les Japonais sont moins forts que nous… De qui se moque-t-on ?

Je suis en colère quand on me dit que l’on peut continuer à exploiter encore des vieux réacteurs comme Fessenheim en Alsace (qui a trente ans) parce que « plus il est vieux, mieux on connait un réacteur ». Ce n’est pas parce que vous connaissez bien les défauts de votre vieille voiture qu’elle tombe moins souvent en panne et moins gravement. (Le réacteur Fukushima-Daiichi 1, qui vient d’exploser avait 40 ans et a été autorisé à continuer de fonction ner pour dix ans en février 2011 !).

Je suis en colère quand on nous dit que l’on ne peut se passer du nucléaire en France, parce que cette énergie fournit près de 80 % de notre électricité. C’est oublier que l’électricité n’est pas la principale source d’énergie (c’est le pétrole) et que le nucléaire ne représente que 17 % de notre énergie. Si l’on voulait s’arrêter, on pourrait s’appuyer sur une solidarité au niveau de l’Europe : là, le nucléaire ne représente que 35 % de l’électricité et seulement 9 % de l’énergie ! Il suffirait donc d’économiser 9 % pour s’en passer !

Je suis en colère parce qu’au nom de la défense de la croissance économique, les programmes énergétiques français ou européens, négligent toujours plus ou moins le potentiel des économies d’énergies, préférant la surconsommation, éventuellement alimentée par le recours aux énergies renouvelables. Or l’énergie la plus propre reste celle que l’on ne consomme pas. En adoptant les meilleures techniques disponibles et en évitant les comportements énergivores, nous pourrions diviser par 4 notre consommation en une vingtaine d’années.

Je suis en colère parce que les discours économiques nous polluent : on nous dit qu’arrêter un réacteur nucléaire, ce serait de l’argent gaspillé… mais les 1000 milliards d’euros déjà dépensé en 25 ans pour la gestion de la catastrophe de Tchernobyl (et c’est loin d’être terminé), ce n’est pas un gaspillage encore plus grand ? Mille milliards d’euros, c’est sensiblement le coût qu’il a fallut dépenser pour const ruire l’ensemble des 441 réacteurs actuellement en fonctionnement.

Je suis en colère parce que je sais que l’on peut arrêter relativement rapidement le programme nucléaire français, qu’il existe de multiples scénarios de sortie sur le sujet (de 2 à 30 ans selon les efforts qu’on veut bien consentir).

Je suis en colère quand j’entends mon gendre, 25 ans, ingénieur dans le photovoltaïque, me dire qu’il cherche un nouveau travail car la profession est sinistrée suite aux récentes décisions du gouvernement.

Je suis en colère quand mon fils, 20 ans, me dit : « à quoi ça sert de faire des études si dans cinq ans on a tous un cancer » (et il ne pense pas qu’au nucléaire, mais aussi à la pollution atmosphérique, aux pesticides…).

< strong>Alors j’agis, je me suis investi depuis une trentaine d’années dans les médias écologistes pour faire circuler une information moins déloyale et j’incite les journalistes et les lecteurs à prendre le temps d’eux aussi chercher où est la vérité. Comment peut-on encore minorer l’importance de la pollution radioactive au Japon alors que les images sur internet nous montrent les réacteurs en flamme ?

Alors j’agis et je m’engage dans l’une des 875 associations qui animent le Réseau Sortir du nucléaire pour demander à nos élus de faire pression pour un changement de politique dans le domaine de l’énergie. (www.sortirdunucleaire.org)

Alors j’agis au niveau local en rejoignant les nombreux groupes locaux qui travaillent à des plans de descente énergétique qui nous permettront de diminuer la menace nucléaire, mais aussi notre dépendance à un pétrole qui va être de plus en plus rare. (www.transitionfrance.fr)

Alors j’agis car aujourd’hui si le lobby nucléaire arrive à manipuler élus et médias, c’est parce que nous ne nous indignons pas assez !

Michel Bernard
Journaliste à la revue Silence



Agissons !

Pour connaitre les lieux et heures de rassemblements organisés ces jours-ci partout en France :

http://groupes.sortirdunucleaire.org/alerte-japon/rassemblements.html

17 mars 2011 Posted by | Non classé | , , | 3 commentaires

Annonces-événements


AnnoncerRencontrer-Échanger-Donner

Vous pouvez poster ici vos événements, vos annonces non commerciales en relation avec les idées de la décroissance et la région Aquitaine.(mettre votre annonce en commentaire de cette page)

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Stage de greffe

Le 16 Avril 2011(après-midi)

Lieu: Barsac

Vous êtes intéressé par les techniques de multiplication des arbres fruitiers?

Le Verger de la Garonelle organise le Samedi après-midi 16 Avril un stage sur la greffe « en Cadillac ».

Cette technique qui a été mise au point à Cadillac pour sauver la vigne du philoxera sera utilisée pour greffer des variétés régionales anciennes de pommiers.

Nous fournissons le porte greffe , les greffons (qui nous ont étés fournis en partie par le conservatoire de Montesquieu) , les greffoirs et autre matériel.

Le stage se déroulera en salle à Barsac. Un goûter bio sera proposé par l’association bio-service.

L’inscription au stage est de 20 euros. Vous pourrez repartir avec votre pommier greffé moyennant une petite participation supplémentaire.

Le nombre des places est limité à 10 personnes.

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Pour plus de renseignements,

vous pouvez nous contacter:

  • au verger:

Tel: 05 40 41 50 61

Courriel: vergerdelagaronellegmail.com

  • ou contacter BIOSERVICE

– 33720 Barsac
Tel : 05 56 27 33 94
Courriel : bioservicegironde@wanadoo.fr
Site Web : http://www.adiu.fr/bio

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Nucléaire dégage !

25ème anniversaire de Tchernobyl 6 semaines après le début de la catastrophe de Fukushima

Mobilisations contre le nucléaire WE de Pâques dans le Sud-Ouest

- Dimanche 24 avril 2011 à 14h30 Manifestation devant la centrale nucléaire de Golfech A l’initiative de la Coordination Anti-Nucléaire Sud-Ouest.

- Lundi 25 avril 2011 (jour férié) : Grand pik-nik RDV à partir de midi devant la centrale nucléaire du Blayais à Braud-et-Saint-Louis (Gironde) A l’initiative de Tchernoblaye et de la Coordination Anti-Nucléaire Sud-Ouest.

Ça suffit comme ça ! Pour la sortie immédiate, sans condition et définitive du nucléaire !

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« FORUM DE LA PROTECTION ANIMALE »

Dimanche 17 Avril
Salle du Pontrais
44130 LE GÂVRE
(au Nord de Nantes)
de 10h à 20h

Site web: http://www.animaliste.fr

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  • Le Samovar-Bordeaux

18 rue Camille Sauvageau
Bordeaux (Saint Michel)

Le Pas de Côté, « collectif décroissant bordelais », propose tous les 18 du mois, un RDV au Samovar (salon de thé et de lecture coopératif et solidaire, 18 rue Camille Sauvageau), un moment d’échanges, de rencontres, de discussion, autour d’un thème défini la fois d’avant, ouvert à tou-te-s.

http://bordeaux.decroissance.info/

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mardi 12 avril

19:00

Rencontre mensuelle Gironde en Transition Bordeaux – Ste

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SEL

  • Sel du bas Armagnac (Villeneuve de Marsan, Roquefort, Aire sur Adour, Le Houga, Nogaro.)

Les inscriptions sont désormais possibles sur http://seldubasarmagnac.free.fr/

16 février 2011 Posted by | Non classé | , , , , , , , | 2 commentaires

les transports en commun gratuits, une utopie ?


la communauté d’agglomération du pays d’Aubagne  a mis en en place il y a deux ans un service de transports en commun totalement gratuit . Une fréquentation record et un service apprécié par les usagers.  Les résultats d’une enquête sociologique qui tente de mesurer l’impact qualitatif du passage à la gratuité, pour savoir ce que les habitants en pensent vraiment. Car en dehors de l’aspect écologique, la gratuité aurait un impact non négligeable sur la vie sociale.

Mais d’autres villes moyennes ont un système de transports en commun gratuit; comme Colomiers (près de Toulouse) pionnière dans les années 70, puis Compiègne (Oise), plus récemment, Vitré (Ille-et-Vilaine), Châteauroux et Issoudun (Indre), Mayenne (Mayenne), Gap (Hautes-Alpes), Bar-le-Duc (Meuse), Cluses (Haute-Savoie)

A Aubagne, au bout de seulement 6 mois, le système de comptage automatique des passagers attestait d’une hausse de 70% de voyageurs transportés en plus sur les lignes régulières.

Ce projet, intitulé « Liberté, égalité, gratuité », a été mis en place dans le cadre d’un travail important de concertation avec la population. Il a eu un impact très positif au niveau du lien social et de la mobilité. Il a généré une réappropriation du centre ville par des personnes habitant la périphérie (femmes avec enfants, personnes âgées…) et pour qui le coût d’un abonnement représentait une somme trop élevée à payer en une fois en début de mois. Les commerces du centre ville sont beaucoup plus fréquentés, de même que le parc ou la piscine. Les transports collectifs deviennent eux-mêmes des lieux de socialisation, d’échange, de rencontre…

« On pense souvent que ce qui est gratuit n’a pas de valeur, remarque le sociologue Alain Mergier. Or, pour les habitants que nous avons interviewés, la gratuité produit un effet de valorisation des transports en commun et du territoire de l’agglomération. » Désenclavement des villages, stimulation des activités marchandes et non marchandes, présence de piétons dans les centres-villes: le sociologue évoque la mise en place d’un cercle vertueux. Comme les transports sont gratuits, on les prend plus, ce qui permet de réanimer le territoire, en invitant les habitants à se mélanger plus souvent. Ainsi, 80% des usagers considèrent que la gratuité a rendu l’utilisation des bus plus conviviale.

Les plus satisfaits sont les jeunes utilisateurs, qui représentent près de 32% des nouveaux usagers. « Ils ont l’impression que cette mesure a été prise pour eux et que c’est un cadeau qui a un impact immédiat en termes financiers et en termes d’autonomie », juge le sociologue. Une solution à la question des incivilités dans les transports, qui font régulièrement la une des médias? Même si aucun chiffre ne peut pour l’instant l’attester, aucune augmentation des incivilités ne semble avoir été constatée et les conducteurs de bus se diraient « soulagés ». Par ailleurs, les élus peuvent se réjouir: l’enquête révèle que le choix de passer à la gratuité est vu comme une manifestation de « courage politique », avec une sensation de « savoir où va l’argent public »

La question de la gratuité

Ainsi, 67% des interviewés estiment que la gratuité est possible grâce à la bonne gestion de l’agglomération et à l’accroissement des ressources provenant des entreprises. Du côté des élus, on assure d’ailleurs que la mesure n’a pas eu d’impact sur l’imposition des contribuables, le passage à la gratuité étant en partie financé par le versement transport entreprise. Certes, les entreprises de plus de dix salariés ont du faire face à une forte augmentation de cette taxe,  une hausse qui accompagne en fait l’évolution démographique de l’agglomération, qui a récemment dépassé les 100 000 habitants. « Mais celle-ci est compensée par une baisse de la taxe professionnelle », nuance Alain Belviso.

L’impact écologique.

A priori, on pourrait déjà noter une réduction du trafic automobile, car 18% des personnes interrogées expliquent qu’elles n’auraient pas pris le bus s’il n’était pas gratuit, et parmi elles, 63% auraient utilisé un moyen de transport « polluant ».

La gratuité en chiffres:

  • 2 968 650 voyageurs transportés entre le 15 mai 2009 et le 31 mars 2010
  • + 90% de fréquentation au premier trimestre 2010 (par rapport au premier trimestre 2009)
  • 88% des usagers satisfaits de la gratuité des transports
  • 20% de nouveaux passagers
  • 18% des usagers n’auraient pas pris le bus s’il n’était pas gratuit, 63 % choisissent d’abandonner un véhicule plus polluant
  • 12 millions d’euros consacrés aux transports en commun dans le budget de la CPAE, contre 10 millions avant la gratuité
  • 5 millions d’euros de taxe « Versement transport » prélevée sur les entreprises de plus de 10 salariés, contre 2 millions avant la gratuité

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10 février 2011 Posted by | Non classé, TRANSPORTS, webTV | , , , , | 2 commentaires

Islande: les manifestations font chuter le gouvernement!


Écrit par Niklas Albin Svensson mardi, le 27 janvier 2009Written by Niklas Albin Svensson Tuesday, 27 January 2009
traduction:Aquitania
Les manifestations dans la capitale Reykjavik ont fait descendre dans la rue  des foules de gens pour une des plus grandes manifestations que le pays n’ait jamais vu. Suite à celles-ci, le gouvernement de coalition entre le Samfylkingin (les Sociaux-démocrates) et le Parti Conservateur Indépendance  s’est désagrégé. Le gouvernement de l’Islande est ainsi le premier à tomber à cause de la crise économique. Ce ne sera pas le dernier.

Vendredi, le Premier ministre de l’Islande, Geir H. Haarde, en utilisant ses problèmes santé comme prétexte, a demandé de nouvelles élections le 9 mai et a annoncé qu’il ne se représentera pas . Il restera  Premier ministre jusqu’à celles-ci. Dimanche, le Ministre Social  démocrate du Commerce a démissionné du gouvernement . Il a endossé la responsabilité de  la crise et a préconisé de nouvelles élections. Le même jour le député Social  démocrate, chef de la Banque centrale a démissionné. Le parti Social démocrate a donné l’impression de quitter le gouvernement par une porte dérobée. Lundi, la coalition s’était désintégrée  après une réunion entre ces différents partenaires.
Le Premier ministre prétend que les Sociaux-démocrates ne coopèrent plus et  que le parti est éclaté en trois tendances différentes . Selon Haarde, les Sociaux-démocrates demandaient le bureau de Premier ministre, ce qu’il a considéré comme étant déraisonnable. Il a critiqué aussi le leadership Social démocrate pour ne pas avoir eu la force de maintenir  la coalition et que le parti s’est retourné sous la pression des masses.
Les protestations de masse dans les rues de Reykjavik
Depuis le renflouement et la prise de contrôle des banques islandaises en octobre, les protestations hebdomadaires sont organisées devant le parlement  par le mouvement  les « Voix du peuple »(« Voices of the People »). Faute des vrais dirigeants de la classe ouvrière, un groupe d’intellectuels et de personnalités culturelles a pris la tête de ce mouvement.

Le Parti Social démocrate, le parti traditionnel de la classe ouvrière, qui fait partie du gouvernement discrédité par  les manifestations a lancé un appel à l’unité, espérant ainsi revenir à la normale. Le parti Vert à gauche, bien qu’à l’extérieur de la coalition, s’était perdu dans réformisme petit-bourgeois et a été pris complètement au dépourvu quand le mouvement a commencé. Les syndicats ont agi de la même manière que les Sociaux-démocrates et ont commencé  des négociations avec le gouvernement sur une nouvelle loi du travail. Comme dans tant d’autres pays, les dirigeants de la classe ouvrière avaient perdu le contact avec la base de son parti.
Les protestations ont continué tous les samedis pendant toute l’automne, en attirant 2-3,000 participants. Vers la fin de novembre, il y avait des signes indiquant que les protestations faisaient effet. Les syndicats ont demandé que plusieurs ministres démissionnent. Pendant le mois de décembre de jeunes gens protestaient en dehors des protestations hebdomadaires du samedi. Le jour de la  Saint-Sylvestre des manifestants avaient  interrompus une débat télévisé entre les différents partis politiques traditionnels. Ensuite, le 17 janvier, le Parti Progressif libéral (qui a une base parmi les agriculteurs), a élu un nouveau dirigeant qui a commencé à demander la dissolution de la coalition.
Le mouvement n’a pas été confiné aux protestations. Un débat a commencé parmi les participants qui cherchent à comprendre ce qui à entrainer cette débandade. Les gens veulent que leurs dirigeants assument leurs responsabilités. Ils veulent une fin à la corruption et au népotisme qui a rendu quelques-uns très riches et a laissé la facture aux autres. Cette situation rappelle la révolution Vénézuelienne qui avait commencé par la demande d’une nouvelle constitution.
Les Islandais demandent maintenant qu’on leurs donnent la parole sur la marche à suivre . Dans la demi-année passée, beaucoup de réunions à propos de la crise économique ont eu lieu dans tout le pays.. Les ministres ont été invités à expliquer leurs actions, mais leurs tentatives de rejeter la faute sur le système financier et Gordon Brown n’ont pas calmés la colère des citoyens. Au contraire, le mouvement est devenu de plus en plus virulent et a demandé la démission du gouvernement.
La semaine dernière
Quand le Parlement a tenté de se réunir le 19 janvier,  2 000 manifestants ont bloqué l’entrée du parlement. Les manifestations se sont poursuivies mardi, mercredi et jeudi. Des affrontements violents ont commencé à se produire entre la police et les jeunes manifestants. Bien que, comme en Grèce, ce soit la jeunesse qui a conduit les manifestations, il est clair qu’ils ont la sympathie des ouvriers. Quelques entreprises ont même envoyé des délégations.
Beaucoup espéraient que la démission du Premier ministre vendredi calmerait la colère des masses. Il semble probable que cette annonce a été faite suite aux manifestations. Plutôt que de calmer les esprits, cette annonce a encouragé le mouvement.
Un manifestant écrit sur son blog :
“L’énergie était incroyable – considérablement différent du fort courant sous-terrain de colère,  et de désespoir qui a prédominé ces jours-ci. Cette victoire [l’intention du Premier ministre d’appeler à des élections] a déclenché une énergie et une joie immense. La manif d’hier ressemblait à presque une fête. C’était fantastique d’ être là, au coeur même du changement, à un moment si capital dans l’histoire de notre nation.” (Power to the People, The Iceland Weather Report, 25 January 2009)
La plus grande manifestation de l’histoire de l’Islande a réuni environ 5 000 personnes. Le slogan le plus populaire était « Vanhæf ríkisstjórn ! » (Gouvernement incompétent!) et des chansons nationales et romantiques ont été chantées, en réclamant le droit des gens a peser sur les décisions du pays. Les manifestations ont alors eu lieu dans la nuit et dimanche on eu lieu des manifestations sporadiques devant les bureaux de la Banque centrale, demandant la démission de son conseil d’administration. Le Premier ministre a maintenu une position ferme contre les manifestations et soutenait continuellement qu’il ne démissionnerait pas. Pourtant, c’est ce qui s’est passé le lundi suivant et la base du Parti Social démocrate a joué un rôle crucial.
Le Parti démocratique Social et les organisations de masse
L’automne ont vu un changement rapide dans les préférences des électeurs. Le Parti Indépendant Conservateur a perdu un tiers de ses électeurs et le parti Vert Gauche a doublé son score. Pourtant ce n’était pas au détriment du Parti démocratique Social qui a réussi à maintenir ses 27 % de l’électorat. Si on avait appelé a des élections à ce moment-là, la gauche aurait obtenu 60 % des votes. Cependant, les dirigeants du Parti démocratique Social ne se sont pas intéressés à une telle perspective, en préférant maintenir la présente coalition et espérer que les protestations s’apaiseraient. Mais les masses ne les ont pas suivie. Au lieu de cela les protestations ont augmenté et la pression a commencé à monter à l’intérieur du Parti démocratique Social lui-même.
Comme dans tant d’autres pays, les dirigeants de la classe ouvrière essaient de mettre un terme au  mouvement ; « Unité nationale ! » a été le cri des chefs du Parti Social démocrate et de leurs alliés du Parti conservateur Independance. Le type « d’unité nationale » qu’ils recherchent est celui qui leur permettrai d’attaquer l’Etat-providence et les augmentations d’impôts servant au remboursement des dettes dues aux banques étrangères. Le président du Parti Social démocrate, qui était aussi un ministre dans le gouvernement, défendait depuis longtemps le gouvernement, en refusant de casser la coalition.
La position du président a fait chuter le  Parti Social  démocrate dans les sondages. Comme nous l’avons vu, pendant l’automne, le parti a réussi à se maintenir dans les sondages à environ 27 %. Dans le dernier sondage, le parti a perdu la moitié de ses partisans face au Parti Progressif, dont le président soutenait une dissolution de la coalition.
Un parti dans la crise
La base du parti a continué à agir. Une réunion de la branche du parti à Reykjavik a demandé mardi la dissolution de la coalition et de nouvelles élections ce printemps. La vice-président du parti avait été poussée dans un conflit plus ou moins ouvert contre la présidence du parti, quand il a soutenu la demande pour de nouvelles élections, en disant que le parti “ne devrait pas craindre la nation”. À la réunion, un participant a demandé à tous les députés du parti de démissionner et a été acclamé. La branche de Reykjavik représente la grande majorité des membres et cette fissure entre les dirigeants du parti est le résultat de la pression des ouvriers qui sont encore la base du parti.
Jeudi, Ingibjörg Sólrún Gísladóttir, le président des Sociaux-démocrates, a commencé à  déclarer que de nouvelles élections devaient être exigées.  Vendredi, les ministres Sociaux démocrates font pression, probablement sur le Premier ministre, pour appeler à des élections et à la démission. Par la suite, deux des principaux Sociaux-démocrates ont démissionné, le Ministre du Commerce et le vice-président de la Banque centrale qui continuait à attaquer le gouvernement et demander de nouvelles élections.
Le conflit à l’intérieur des Sociaux-démocrates entre la droite qui soutient la coalition avec les Conservateurs et une aile gauche qui se rapproche du parti Vert Gauche, à éclaté au grand jour.  La classe dirigeante est inquiétée par le fait que les Sociaux-démocrates, après les années de service fidèle aux intérêts de la classe dirigeante, sent maintenant la pression des masses et doit lui donner une forme d’expression !
Le parti Vert Gauche s’est également realigné à gauche et leurs députés ont soutenus ouvertement le mouvement, en rejoignant même les manifestations. Mais, suite à leur échec a participer aux premiers instants du mouvement ils ont été rejetés des manifestations, même si la cote de leurs dirigeants dans les sondages a augmenté fortement.
Une économie en chute libre
Selon les estimations de The Economist, l’économie islandaise va se contracter d’au moins 10 % en 2009, et le chômage va décupler. La devise est tombée de 40 %, augmentant dramatiquement le  prix des marchandises importées. Cela représente une très forte baisse du niveau de vie.
En outre, la dette personnelle, comme dans beaucoup d’autres pays, a augmenté énormément ces derniers temps, conduite par les prix du marché immobilier gonflés. L’accès facile aux crédits à 100 % a apporté à conduit beaucoup de jeunes au sur-endettement. La situation est rendue encore plus mauvaise par la pratique répandue de prêts liés à l’inflation et aux prêts en Euros. L’inflation de 20 % signifie une augmentation de 20 % de la dette de tous les Islandais avec les prêts basés sur l’inflation et la chute de 40 % de la valeur de la devise signifie que  les prêts en Euros ont étés  augmentés des deux tiers. Les perspectives pour l’économie islandaise sont menaçantes. Ce n’est pas étonnant que les gens soient furieux contre les politiciens qui ont permis cette situation
Le gouvernement emprunte pour le renflouement des banques
la Dette publique a augmenté de 29 % à 109 % de PIB. Cela signifie que la crise bancaire a coûté aux Islandais 80 % de tout qui est produit dans le pays depuis une année. La moitié de cela va  rembourser la dette accumulée par les banques dans la période passée. 25 % de PIB doivent être utilisés pour  « recapitaliser les banques », c’est-à-dire pour rembourser les prêts de l’année dernière. Encore 10 % de PIB vont être utilisés par la Banque centrale, dont les réserves de devises étrangères ont été réduites par la crise bancaire. Il est possible qu’un peu de cet argent puisse être couvert par le biais de la vente de compagnies que les banques possèdent, mais dans la présente situation économique, ces actifs verront probablement leur valeur diminuer.
On estime que le déficit du budget gouvernemental sera de 10 % du PIB l’année prochaine, en augmentant la dette par la même quantité. Le FMI ne compte pas sur le gouvernement pour rembourser les prêts en 2010 mais il veux que le gouvernement commence à réduire la dépense ou augmente les taxes l’année prochaine. Paul Thomsen, le directeur du FMI, remarque que “Cela pourrait être la restructuration la plus chère du monde proportionnellement à la taille de l’économie.” Les politiciens islandais tiennent à minimiser les effets de la crise, le porte-parole du Premier ministre prétendant qu’ils sont “assez confiants et que nous aurons les ressources pour que les gens puissent maintenir un niveau de vie raisonnable pendant que nous passons par le pire.” Pourtant les chiffres parlent pour eux : le remboursement de ces prêts ne signifiera rien de plus  que la hausse des taxes et des coupes dans les budgets des services publics – une attaque sur le niveau de vie des Islandais qui continuera dans les années à venir.
Laissez les banquiers payer pour la crise !
La dette étrangère due par l’Islande n’a pas été contractée par le islandais.  La dette n’est pas le résultat de l’achat de voitures de luxe  ou d’investissement dans les services publics. C’est le résultat de la spéculation d’une petite clique , qui fuient maintenant le pays vers leurs maisons de luxe à l’étranger. Et maintenant les banques multinationales veulent que les islandais  paient pour le désordre causé par cette très petite minorité de super-riches.
Les banquiers devraient payer pour la crise, pas les gens ! Les banquiers en Grande-Bretagne, Allemagne et Pays-Bas devraient reprendre les dettes de leurs collègues islandais, qui ont fui le pays. Pourquoi les islandais devraient-ils souffrir pour les fautes d’une très petite minorité ?

Un programme socialiste
Le Parti Social démocrate et le parti vert de Gauche ont besoin de proposer un programme Socialiste. La seule voie  pour les ouvriers et les jeunes islandais est maintenant  socialiste. Laissez les banquiers de payer pour la crise ! Reprenez toutes les compagnies restantes des spéculateurs financiers. Pourquoi devraient-ils garder les entreprises profitables tandis que le gouvernement reprend les banques improductives ? Les remboursements des crédits doivent être mis à un niveau raisonnable. Laissez ceux qui ne peuvent pas payer leurs crédits rester dans leurs maisons. Sur la base d’un programme de telles demandes, le Parti Social démocrate et le parti Vert Gauche seraient capables de gagner l’élection et de garantir le niveau de vie des ouvriers.
La révolution islandaise
L’espoir de la classe dirigeante islandaise consiste en ce que le mouvement perdra la vitesse et qu’un nouveau gouvernement sera capable de calmer la situation. Cependant, un tel développement est improbable. En fait, les tentatives de faire respecter des blocages des salaires par l’association du patronat et les coupes dans les budgets de l’Etat-providence en même temps que la hausse du coût de la vie est une recette qui ne fonctionne plus. La lutte qui a commencé cet hiver contre le nouveau gouvernement est seulement le début de luttes plus militantes à venir.
Malgré sa petite taille, l’Islande a l’occasion de donner aux peuples Européens un exemple. Les Islandais pourraient rester dans l’histoire comme l’avant-garde de la révolution européenne. Déjà les classes dirigeantes de l’Europe regardent avec horreur les événements Islandais. Mais les ouvriers aussi. Le gouvernement de l’Islande est le premier à tomber en Europe à la suite de la crise du capitalisme mais ce ne sera pas le dernier. Les actions courageuses des Islandais encourageront les ouvriers d’autres pays .

Déjà nous avons vu comment le Parti Social démocrate, le parti Vert Gauche et les syndicats ont été recadrées à gauche. C’est seulement le commencement. Pour lutter pour maintenir le niveau de vie, les ouvriers auront besoin de transformer leurs organisations en organisations de lutte. La seul façon d’y arriver est la construction d’une tendance Marxiste dans les  organisations syndicales.
• Laissez les banquiers  payer pour leur propre désordre !•
• Non aux licenciements ! Travail pour tous !• N
• Non aux augmentations scandaleuses dans les remboursements de crédits !•
• Pour un gouvernement de gauche avec un programme  socialiste !•
[Source : indefenseofmarxism]

2 janvier 2011 Posted by | Non classé | 2 commentaires

Simplicité volontaire et décroissance


27 décembre 2010 Posted by | Non classé | , | Laisser un commentaire

Consommer sans OGM, une troisième région se lance


Face à une inquiétude croissante des consommateurs (1) et aux réticences de certains agriculteurs qui souhaitent échapper au monopole des firmes agricoles (2), de nombreuses associations œuvrent à une meilleure transparence de l’introduction d’Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) dans l’alimentation, humaine comme animale. Aussi, dans la suite des deux premiers sites Internet « Consommer sans OGM en Bretagne » (3) et « Consommer sans OGM en Pays de la Loire » (4), respectivement fonctionnels depuis trois et deux ans, le site web « Consommer sans OGM en Normandie » (5) vient de voir le jour. A l’instar de ses prédécesseurs, celui-ci propose un recensement des producteurs non OGM sur le territoire normand, permettant ainsi au consommateur de choisir des produits exempts d’OGM.
Avec le soutien de l’association bretonne « Cohérence pour un développement durable et solidaire », la FRCIVAM (6) de Basse Normandie et les Défis Ruraux (7) ont souhaité créé un site Internet diffusant directement aux consommateurs des données claires et précises, promouvant « un répertoire des achats sans OGM ». Cette création web s’adresse également aux producteurs, en mettant en avant des démarches de production autonomes et respectueuses de l’environnement. Est notamment proposé le remplacement du soja OGM par du colza produit en local.

Parallèlement, l’association Inf’OGM, « veille d’information citoyenne », a lancé un moteur de recherche sur Internet (8) car grâce auquel le public peut suivre n’importe quel dossier de n’importe quelle plante génétiquement modifiée (PGM), déposé dans l’Union européenne en vue d’une commercialisation. Il est également possible d’y rechercher une ou plusieurs plantes, une ou plusieurs entreprises, un ou plusieurs types d’autorisations (Culture, Alimentation animale…), un ou plusieurs types d’état d’autorisation (Autorisé, en attente, expiré, en cours de renouvellement…), en fonction de la procédure suivie. A l’heure actuelle, 39 plantes génétiquement modifiées sont autorisées commercialement dans l’UE, tous types d’autorisation confondus, et  66 sont en attente d’autorisation.

Cécile Cassier

1- Selon l’Eurobaromètre, 70 % des Européens sont contre les OGM.
2- Cette crainte de dépendance des agriculteurs aux firmes agricoles s’expliquent par le fait que les semences font l’objet de brevets et ne peuvent être ressemées.
3- www.consommersansogmenbretagne.org
4-  www.consommersansogmenpaysdelaloire.org
5- www.consommersansogmennormandie.org
6- Fédération Nationale des Centres d’Initiatives pour Valoriser l’Agriculture et le Milieu rural
7- Les Défis Ruraux et la FRCIVAM de Basse Normandie sont tous deux membres du réseau CIVAM, Centre d’Initiatives pour Valoriser l’Agriculture et le Milieu rural. IL s’agit de groupes d’agriculteurs et de ruraux qui se rassemblent autour d’une idée, d’un projet.
8- www.infogm.org/spip.php?rubrique445

http://www.actualites-news-environnement.com/ACTU.php

16 décembre 2010 Posted by | Non classé | , | Laisser un commentaire

L’espérance de vie américaine est en diminution


L’espérance de vie américaine est en diminution— d’environ un mois — après avoir été en hausse pendant plusieurs années, a annoncé le gouvernement jeudi. NEW YORK (AP)

traduction Aquitania
Un bébé américain né en 2008 peut s’attendre à  vivre 77.8 ans si les tendances actuelles persistent. Une baisse par rapport à 2007 où l’espérance de vie était encore de 77.9 ans. Une dégradation semblable de l’espérance de vie s’était déjà  produite en 2005 ainsi qu’en 1993.

Le premier auteur du rapport, Arialdi Minino, a déclaré que le changement pour 2008 était minime et qu’il faudrait des années de données pour déterminer si c’est une tendance.

L’espérance de vie a baissé dans la même proportion pour les hommes et pour les femmes. La différence entre les noirs et les blancs s’est un peu réduite, à une différence de 4.6 années d’espérance de vie; les hommes noirs ont atteint pour la première fois la moyenne 70 ans. En général, les femmes continuent à vivre plus long, jusqu’à environ 80, contre 75 pour les hommes.

La raison de cette tendance à la baisse reste inconnue.

« C’est quelque chose qu’il faut surveiller » a dit Ken Thorpe,professeur de politique de la santé à l’université d’Emory à Atlanta. Il a suggéré que ces chiffres pourraient être liés à la hausse des taux d’obésité.

Le rapport a été délivré jeudi par le Centre national pour les Statistiques sur la santé (National Center for Health Statistics), qui fait partie des Centres pour le Contrôle et la Prévention des Maladies à Atlanta. Il est basé sur presque tous les certificats de décès de cette année; un rapport final sera publié ultérieurement.
« Il n’y a pas vraiment de différence entre 2008 et 2007 » déclare Minino. « Dès que vous observez de prés les tendances et les causes, vous trouvez des différences. Mais en général, celles-ci sont minimes. »
Les chiffres de l’espérance de vie pour les Hispano-Américains n’ont pas été inclus dans les rapports annuels à cause de données douteuses. En octobre, le CDC a rendu publique son premier calcul pour les Hispano-Américains, qui a montré que les enfants nés en 2006 pourraient s’attendre à vivre deux ans de plus que les blancs et sept de plus que les noirs.

Dans d’autres points culminants du rapport 2008 :

— L’attaque cérébrale, principale cause de mort jusqu’à maintenant se retrouve à la troisième place, dépassé par les maladies chroniques, comme les maladies respiratoires, qui incluent l’asthme, l’emphysème et la bronchite chronique. Ce changement  peut être dû en partie aux changements dans la définition de la catégorie de maladie respiratoire, en augmentation de 8 %.
— Le taux de mortalité réglé de l’âge est tombé pour la neuvième année d’affilée, à une basse d’environ 759 morts par 100 000 personnes. Le nombre de morts augmentées par plus de 49 300 à environ 2.5 millions de morts en 2008.
— Les taux de mortalité ont diminué pour six des 15 principales causes de mort : les maladies du cœur, le cancer, l’attaque cérébrale, le diabète, l’homicide et les accidents. Parallélement aux maladies respiratoires, les taux de mortalité ont augmenté pour la Maladie d’Alzheimer, la grippe et la pneumonie, l’hypertension, le suicide et la maladie du rein.
— Les maladies du cœur et le cancer continuent à être les deux principales causes de mortalité ( environ la moitié de toutes les morts)
— Le taux de mortalité infantile, qui était au même niveau depuis plusieurs années, a chuté d’environ 2 % à un record de 6.59 morts par 1 000 naissances. Le taux de mortalité des bébés noirs est deux fois plus élevé que celui des bébés blancs. Les anomalies congénitales, la prématurité et le poid à la naissance anormalement bas en sont les principales causes.

« Les taux de mortalité infantile s’améliorent bien que la différence entre les noirs et les blancs soit encore trop haute, » a dit Thorpe.

Le président de l’Association du Cœur américaine, Dr Ralph Sacco, a, quant à lui, déclaré que « la diminution constante de la mortalité due aux attaques cérébrales est encourageante. » Dans sa déclaration, il a attribué cette baisse à une meilleure prévention et à l’augmentation de l’utilisation de médicaments anti-coagulants.

source Los Angeles Time

16 décembre 2010 Posted by | Non classé | | Laisser un commentaire

Pour sauver la planète, sortez du capitalisme


Emission du 10 janvier 2009

Description

Son dernier livre avait déjà un titre étrangement naïf : « Comment les riches détruisent la planète ». Avec cet ouvrage, Hervé Kempf, très sérieux journaliste au Monde, spécialiste des questions d’environnement, a été convié à d’innombrables débats aux quatre coins du pays, preuve que cette question faisait écho. Le livre qu’il publie aujourd’hui tente de répondre à la question qui lui a été posée inlassablement : « que faire ? » Avec cette fois encore un titre faussement naïf pour un livre qui ne l’est pas.

Invités

  • Hervé Kempf, journaliste, auteur de « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme » (Seuil, 2009)

 

13 décembre 2010 Posted by | Non classé | Laisser un commentaire

Démarrer un groupe


L’exemple de Trièves

Schématiquement, lancer une initiative de transition peut se découper en trois phases :

  • préparation, à l’issue ou pendant laquelle se créer le groupe de départ ;
  • sensibilisation, à l’issue de laquelle le groupe de départ se dissout pour laisser place à un groupe de pilotage plus large et plus représentatif de la population ;
  • action.

À Trièves Après-Pétrole, nous en sommes à la fin de la préparation, aussi nous ne parlerons que de cette étape pour le moment.

Un peu d’histoire…
L’initiative Trièves Après-Pétrole a été relativement facile à démarrer : le Trièves est un territoire rural relativement petit, très dynamique, où il est facile de rencontrer les gens et les élus. Les initiatives écologiques et alternatives sont nombreuses, les élus sont sensibles à ces thèmes, les collectivités expérimentent, tout le monde se connaît dans ces réseaux et en dehors. Il n’a donc pas été complexe de rassembler un premier groupe de personnes prêtes à soutenir l’initiative.

Néanmoins, l’incrédulité à laquelle on se heurte quand on aborde le pic pétrolier, le choc que cela représente généralement pour les gens et l’ampleur du travail nous ont amené à procéder par étapes. Un principe nous guide depuis le début : ne pas s’adresser au public avant d’être prêts, c’est-à-dire ne pas précipiter les chose au risque de rencontrer un échec. De fait, nous avons réfléchi un an avant de lancer l’initiative en septembre 2008, et depuis nous réunissons informations et outils pédagogiques en vue de la phase de sensibilisation du public, qui débutera début avril 2009.

… et quelques conseils

– Soyez sûr(e) de votre motivation : c’est un travail de longue haleine qui vous amènera à côtoyer beaucoup de gens, avec tous les hauts et les bas des relations humaines. Un goût pour la pédagogie, l’écoute des autres et les réalisations concrètes est crucial. Une approche purement intellectuelle risque de ne pas aller bien loin. Soyez prêt(e) à partager l’aventure avec des gens très différents de vous par leurs histoires, leurs sensibilités et leurs motivations.

– Choisissez une échelle d’action cohérente et à votre mesure (commune, terroir, canton, quartier) ; commencer trop grand risque de vous épuiser et de vous éloigner du terrain.
– Commencez par rencontrer les gens qui agissent et qui ont une expérience dans l’écologie, les alternatives, la décroissance, la sensibilisation du public, la démocratie participative, l’éducation populaire. Faites-leur connaissance et faites-vous connaître. sachez ce qu’ils font.

– La crédibilité est un facteur important : il est plus facile d’être écouté et de convaincre si l’on est reconnu ou si l’on représente une structure reconnue. À défaut de l’être soi-même, trouver un ou des porte-parole en qui les gens peuvent avoir confiance. N’hésitez pas à aller chercher ailleurs des personnes compétentes.
– Informez-vous bien sur le pic pétrolier et ses conséquences, sur les facteurs économiques et sur les différents concepts de la transition : vous aurez à vaincre l’incrédulité et à répondre à de nombreuses questions, soyez sûr(e) de vous. Il vaut mieux agir sur la base d’un bonne compréhension que sur une simple conviction.

– Quand vous sentez les choses mûres, entourez-vous de quelques personnes (au moins 3) aussi déterminées que vous à travailler sur le long terme. Soyez clair(e) sur les objectifs et l’engagement que l’initiative implique. Mettez-vous en relation avec des groupes existants pour bénéficier de leur expérience.

– Avant de vous adresser au public, mettez au point votre organisation et votre communication : de quoi allez-vous parler, comment, avec quels supports (films, diaporamas, schémas, jeux, etc.), par quels canaux (réunions, projections, articles dans les journaux, émissions de radio, etc.). Les différents publics (grands public, jeunesse, élus, entreprises) demandent des communications différentes.

– Plusieurs séances d’information, dans différents lieux et auprès de différents publics seront nécessaire avant que votre initiative commence à faire parler d’elle. Il est important de bien toucher un large public et pas seulement les convaincus.

– Armez-vous de confiance, d’ouverture et de compréhension, soyez apte à la remise en question (demandez-vous ce qui n’a pas fonctionné avant de considérer que les “autres” ne comprennent rien), n’ayez pas peur de remettre l’ouvrage sur le métier. Rappelez-vous que tout le monde est invité et que “les personnes qui viennent sont les bonnes personnes”, comme le dit Rob Hopkins. Tous les points de vue sont valables, il ne s’agit pas de convaincre les autres d’une vérité, mais de créer une dynamique dans l’ensemble de la population.

– Expérimentez. Vous trouverez certainement des choses que nous n’avons pas trouvées.

 

13 décembre 2010 Posted by | Non classé | Laisser un commentaire

APPEL À RASSEMBLEMENT/MANIFESTATION POUR FREDO, MORT DE FROID A BORDEAUX, LE MARDI 15 DÉCEMBRE 2009, POUR TOUS LES GENS VIVANT ET DORMANT DANS LA RUE,


Associations, collectifs, comités, syndicats, individu-e-s…, si vous souhaitez être signataires de cet appel, envoyez un mail à

hacktivismes@gmail.com

jusqu’au 8 décembre inclus. Les partis politiques ne sont pas invités à signer cet appel.

BORDEAUX, LE 24 NOVEMBRE 2010

APPEL À RASSEMBLEMENT/MANIFESTATION

POUR FREDO, MORT DE FROID A BORDEAUX, LE MARDI 15 DÉCEMBRE 2009,

POUR TOUS LES GENS VIVANT ET DORMANT DANS LA RUE,

POUR TOUTES LES PERSONNES AYANT CHOISI UN MODE D’HABITAT ALTERNATIF,

POUR TOUTES CELLES ET TOUS CEUX QUI LES SOUTIENNENT…

Le 14 décembre prochain, l’article 32 ter A du projet de loi LOPPSI 2 (Loi d’Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure) sera examiné à l’Assemblée Nationale.

Cet article prévoit que les Préfets pourront faire détruire en 48 heures toutes formes d’habitat alternatif et souvent précaire (roulottes, camions, yourtes, caravanes, cabanes…), même si le logeant est propriétaire du terrain où se situe cet habitat. Ils pourront également expulser, dans les mêmes délais et sans aucun recours juridiques, toutes les personnes vivant dans des squats et ce sur simple décision administrative.

Nous sommes bien loin de la loi de réquisition de 1948 qui donnait la possibilité aux mêmes Préfets de réquisitionner les logements vides pour y abriter les gens de la rue.

Ces habitats alternatifs sont pour certains un choix, pour d’autres la seule manière de pallier à l’absence de politique volontaire et sérieuse en matière d’hébergement.

Alors qu’il y aurait urgence, hiver comme été, à ouvrir les logements vides de la C.U.B pour y abriter nos camarades en détresse, le gouvernement – dont Monsieur Juppé est désormais Ministre d’État – ne propose que deux choses : la répression et le mépris.

La répression, c’est elle qui s’est abattue sur le campement des demandeurs d’asile, place André Meunier, le 17 novembre dernier.

Le mépris, c’est lui qui a tué Frédo, le 15 décembre 2009, place St Christoly, à deux pas de la mairie.

Depuis, son fantôme nous guide, notre colère grandit et nous avons sérieusement la rage de voir comment la pauvreté se répand partout.

Tandis que les nantis se repaissent et sucent la moelle de nos os…

Pour dire non à cette logique de répression,

Pour dire oui aux logements alternatifs,

Pour l’application de la loi de réquisition, Nous vous invitons à nous rejoindre le mercredi 15 décembre à 18h place St Christoly.

Ce rassemblement/manifestation sera suivi d’une assemblée populaire dont le lieu reste à déterminer.

Premiers signataires :

Droit Au Logement (33), Hacktivismes, O.P.A, des citoyen-nes indigné-e-s

[Source : résistons ensemble]

9 décembre 2010 Posted by | LOGEMENT, Non classé | Laisser un commentaire

   

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