Aquitaine décroissance

vers une démocratie générale

La GRATUITÉ des TRANSPORTS EN COMMUN, c’est possible et souhaitable!


Une mesure simple qui profiterait à l’ensemble de la société et qui peut être portée par tous les mouvements citoyens et partis progressistes au-delà des clivages d’idées: La gratuité des TRANSPORTS EN COMMUN .

La confiance dans l’efficacité des mesures éventuellement prises lors de la  cop21 par les gouvernements est au plus bas chez les citoyens qui ne supportent plus les doubles discours et les bonnes intentions de façade.

Une mesure simple qui profiterait à l’ensemble de la société

Les objectifs de la gratuité des transports en commun : des objectifs sociaux, économiques et environnementaux.

La ministre de l’écologie ne veut pas d’écologie punitive ? Qu’à cela ne tienne !

Les mesure gouvernementales d’aides à l’achat de voiture électriques , qui peuvent se monter à 10 000 euros sont avant tout une prime aux constructeurs automobiles, qui ont amassés les plus grosses fortunes du CAC 40 du pays.

Bien sûr certain/es diront qu’il faut soutenir les « fleurons «  de l’économie française or , justement , la remise en état de nos réseaux de transports en communs accompagnée de leur développement serait un formidable levier d’une économie repolitisée, au service des citoyen.nes et de leur environnement.

Plutôt que de financer la voiture au bénéfice de quelques privilégiés, nous exigeons que nos impôts servent à financer la gratuité des transports en commun ainsi que leur développement.

On souffre tou.te.s par exemple des prix démesurés du train et du démantèlement du réseau ferroviaire , pourquoi ?

On nous propose à la place des lignes de bus, pourquoi ?

Des voitures individuelles électriques ou hybrides qui n’ont rien d’écologique, pourquoi ?

L'évolution du réseau ferroviaire en France.

L’évolution du réseau ferroviaire en France.

 

Comment financer ?

On n’hésite pas à taxer les entreprises du tabac ou de l’alcool pour, en théorie, financer une partie des frais de santé que ces consommations génèrent pour la société . Pourquoi ne pas en faire autant avec les fournisseurs de transports polluants, dégradants nos conditions de vie et notre santé. Rappelons que des entreprises comme Total , malgré des profits records, ne paient pas d’impôts !! www.latribune.fr/malgre-ses-profits-records-total-ne-paie-pas-d-impots-en-france.

La pollution atmosphérique tue chaque année et nous, habitants ou usagers des grandes métropoles françaises constatons de nous-même ses conséquences sur notre santé :

« la pollution de l’air coûte de 0,7 à 1, 7 milliard d’euros par an au système de soins en France, selon un document daté d’octobre du Commissariat général au développement durable (CGDD). »
www.lemonde.fr/la-pollution-de-l-air-coute-cher-au-systeme-de-sante-francais

Une utopie ?

La gratuité des transports en commun n’est pas une nouveauté et est déjà pratiquée avec succès par plusieurs agglomérations.

De nombreuses villes européennes de taille moyenne et de nombreuses petites villes à travers le monde ont instauré la gratuité totale des transports en commun, que ce soit à l’échelle communale ou à l’échelle d’une agglomération.

En France, en 2012, 23 réseaux sur 290 appliquent la gratuité intégrale, essentiellement des petites villes. Selon le Groupement des autorités responsables de transport (GART), l’association française regroupant la quasi-totalité des autorités organisatrices de transports, si la gratuité des transports publics en France « reste […] minoritaire, elle séduit un nombre croissant d’agglomérations, majoritairement de moins de 50 000 habitants »3.

Sur la période récente, des villes de taille moyenne à grande sont passées à la gratuité totale de leur réseau de transports publics, comme Aubagne en France avec plus de 45 000 habitants ou Tallinn, la capitale de l’Estonie, avec plus de 420 000 habitants .

wikipedia.org/wiki/Gratuite_des_transports_en_commun

Plus on utilise les transports en commun , plus leur coût diminue :

Ainsi: « L’agglomération d’Aubagne, qui a fait le choix de la gratuité pour ses 100 000 habitants, est parvenue à le diviser par deux ! » carfree.fr/imaginez-des-transports-en-commun-gratuits-pour-tous/

« La gratuité du transport permet de réduire les coûts d’équipement et les frais de personnel, car certaines tâches comme la perception ou le contrôle des voyageurs ne sont plus nécessaires. L’augmentation de la demande qui résulte de la gratuité conduit par ailleurs à une augmentation de la fréquence des passages à condition que l’instauration de la gratuité s’inscrive dans un projet d’amélioration du transport public porté par la municipalité ou l’agglomération. » Wikipedia

« la gratuité n’est pas une absence de valeur, bien au contraire c’est redonner de la valeur aux communs »

Rassemblons nous autour d’une exigence commune , pour notre bien à tou.te.s !

Exigeons la gratuité des transports en commun !

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14 septembre 2015 Posted by | DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE | , , , | Un commentaire

Le développement n’est pas le remède à la mondialisation, c’est le problème !


Par Serge Latouche, Professeur émérite à l’université de Paris-Sud.(janvier 2002)

Il existe une quasi-unanimité à gauche (et même au centre) pour dénoncer les méfaits d’une mondialisation libérale, voire ultra-libérale.

Cette critique consensuelle s’articule sur six points :

1) la dénonciation des inégalités croissantes tant entre le Nord et le Sud, qu’à l’intérieur de chaque pays,

2) Le piège de la dette pour les pays du Sud avec ses conséquences sur l’exploitation inconsidérée des richesses naturelles et la réinvention du servage et de l’esclavage (en particulier des enfants),

3) la destruction des écosystèmes et les menaces que les pollutions globales font peser sur la survie de la planète,

4) la fin du welfare, la destruction des services publics et le démantèlement des systèmes de protection sociale,

5) l’omnimarchandisation, avec les trafics d’organes, le développement des « industries culturelles » uniformisantes, la course à la brevetabilité du vivant,

6) l’affaiblissement des États-nations et la montée en puissance des firmes transnationales comme « les nouveaux maîtres du monde ».

Pour suppléer aux défaillances du marché, au Sud, on fait largement appel au « samu mondial » dont les ONG humanitaires, les urgenciers sont l’outil capital. Le tiers secteur ou l’économie sociale et solidaire ont vocation à remplir le même objectif au Nord. Le (re)développement peut-il être le remède à ces maux?

Au fond, beaucoup le pensent, et en particulier tous ceux qui prônent « une autre mondialisation ». Il faudrait revenir au développement en le corrigeant, s’il y a lieu de ses effets négatifs. Un développement « durable » ou « soutenable » apparaît ainsi comme une panacée tant pour le Sud que pour le Nord. C’est plus ou moins la conclusion de ce que nous avons entendu encore récemment à Porto Alegre. Cette aspiration naïve à un retour du développement témoigne à la fois d’une perte de mémoire et d’une absence d’analyse sur la signification historique de ce développement.

La nostalgie des « trente glorieuses », cette ère de la régulation keynéso-fordiste qui fut celle de l’apothéose du développement nous fait oublier qu’en mai 1968, c’est précisément cette société de « bien-être » -là qui était dénoncée comme société de consommation et société du spectacle n’engendrant que l’ennui d’une vie sans autre perspective que « métro-boulot-dodo », fondée sur un travail à la chaîne répétitif et aliénant. Si on exalte encore volontiers les cercles vertueux de cette croissance qui constituait un « jeu gagnant-gagnant-gagnant », on oublie volontiers les deux perdants : le tiers-monde et la nature. Certes, l’État gagnait, le patronat gagnait et les travailleurs, en maintenant la pression, amélioraient leur niveau de vie, mais la nature était pillée sans vergogne (et nous n’avons pas fini d’en payer l’addition…), tandis que le tiers-monde des indépendances s’enfonçait un peu plus dans le sous-développement et la déculturation. En tout état de cause, ce capitalisme régulé de l’ère du développement aura été une phase transitoire menant à la mondialisation.

Si le développement, en effet, n’a été que la poursuite de la colonisation par d’autres moyens, la nouvelle mondialisation, à son tour, n’est que la poursuite du développement avec d’autres moyens. L’État s’efface derrière le marché. Les États-nations qui s’étaient déjà fait plus discrets dans le passage du témoin de la colonisation au développement quittent le devant de la scène au profit de la dictature des marchés (qu’ils ont organisée…) avec leur instrument de gestion, le F.M.I., qui impose les plans d’ajustement structurels. Toutefois, si les « formes » changent considérablement (et pas que les formes), on est toujours en face de slogans et d’idéologies visant à légitimer l’entreprise hégémonique de l’Occident, et singulièrement des États-Unis, aujourd’hui. Rappelons la formule cynique d’Henry Kissinger, « La mondialisation n’est que le nouveau nom de la politique hégémonique américaine ». Il n’y a pas dans cette approche de remise en question de l’imaginaire économique. On retrouve toujours l’occidentalisation du monde avec la colonisation des esprits par le progrès, la science et la technique. L’économicisation et la technicisation du monde sont poussées à leur point ultime. Or, c’est cela même qui constitue la source de tous les méfaits dont on accuse la mondialisation.

C’est le développement réellement existant, celui qui domine la planète depuis deux siècles, qui engendre les problèmes sociaux et environnementaux actuels. Le développement n’est qu’une entreprise visant à transformer les rapports des hommes entre eux et avec la nature en marchandises. Il s’agit d’exploiter, de mettre en valeur, de tirer profit des ressources naturelles et humaines. Quel que soit l’adjectif qu’on lui accole, le contenu implicite ou explicite du développement c’est la croissance économique, l’accumulation du capital avec tous les effets positifs et négatifs que l’on connaît : compétition sans pitié, croissance sans limite des inégalités, pillage sans retenue de la nature. Le fait d’ajouter le qualificatif « durable » ou « soutenable » ne fait qu’embrouiller un peu plus les choses. En ce moment même circule un manifeste pour un développement soutenable signé par de nombreuses célébrités dont Jean-Claude Camdessus, l’ancien président du Fonds Monétaire International !

Notre surcroissance économique dépasse déjà largement la capacité de charge de la terre. Si tous les citoyens du monde consommaient comme les américains moyens les limites physiques de la planète seraient largement dépassées. Si l’on prend comme indice du « poids » environnemental de notre mode de vie « l’empreinte » écologique de celui-ci en superficie terrestre nécessaire on obtient des résultats insoutenables tant du point de vue de l’équité dans les droits de tirage sur la nature que du point de vue de la capacité de régénération de la biosphère. En prenant en compte, les besoins de matériaux et d’énergie, ceux nécessaires pour absorber déchets et rejets de la production et de la consommation et en y ajoutant l’impact de l’habitat et des infrastructures nécessaires, les chercheurs travaillant pour le World Wide Fund (WWF) ont calculé que l’espace bioproductif par tête de l’humanité était de 1,8 hectare. Un citoyen des États Unis consomme en moyenne 9,6 hectares, Un Canadien 7,2, un Européen moyen 4,5. On est donc très loin de l’égalité planétaire et plus encore d’un mode de civilisation durable qui nécessiterait de se limiter à 1,4 hectare, en admettant que la population actuelle reste stable . On peut discuter ces chiffres, mais ils sont malheureusement confirmés par un nombre considérable d’indices (qui ont d’ailleurs servi à les établir). Ainsi, pour que l’élevage intensif fonctionne en Europe, il faut qu’une surface pour ce qu’on appelle des « cultures en coulisses » équivalant à sept fois celle de ce continent soit employée dans d’autres pays à produire l’alimentation nécessaire aux animaux ainsi élevés sur un mode industriel … Pour survivre ou durer, il est donc urgent d’organiser la décroissance. Quand on est à Rome et que l’on doit se rendre par le train à Turin, si on s’est embarqué par erreur dans la direction de Naples, il ne suffit pas de ralentir la locomotive, de freiner ou même de stopper, il faut descendre et prendre un autre train dans la direction opposée. Pour sauver la planète et assurer un future acceptable à nos enfants, il ne faut pas seulement modérer les tendances actuelles, il faut carrément sortir du développement et de l’économicisme comme il faut sortir de l’agriculture productiviste qui en est partie intégrante pour en finir avec les vaches folles et les aberrations transgéniques.

Conclusion : Le développement comme la mondialisation sont des « machines » a affamer les peuples. Avant les années 70, en Afrique, les populations étaient « pauvres » au regard des critères occidentaux, en ce sens qu’elles disposaient de peu de biens manufacturés, mais personne, en temps normal, ne mourrait de faim. Après 50 années de développement, c’est chose faite. Mieux, en Argentine, pays traditionnel d’élevage bovin, avant l’offensive développementiste des années 80, on gaspillait inconsidérément la viande de boeuf, abandonnant les bas morceaux. Aujourd’hui, les gens pillent les supermarchés pour survivre et les fonds marins, exploités sans vergogne par les flottes étrangères entre 85 et 95 pour accroître des exportations sans grand profit pour la population, ne peuvent plus constituer un recours.

Comme le dit Vandana Shiva : « Sous le masque de la croissance se dissimule, en fait, la création de la pénurie ».

George W. Bush déclarait le 14 février 2002 à Silver Spring devant l’administration de la météorologie que « parce qu’elle est la clef du progrès environnemental, parce qu’elle fournit les ressources permettant d’investir dans les technologies propres, la croissance est la solution, non le problème » . Nous affirmons tout au contraire que, bien loin d’être le remède à la mondialisation, le développement économique constitue la source du mal. Il doit être analysé et dénoncé comme tel.

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source:http://citoyen.eu.org/doc/latouche.php

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