Aquitaine décroissance

vers une démocratie générale

A propos du vote obligatoire (par Jean Petit)


Le 15 avril dernier, Monsieur Claude Bartolone, président « socialiste » de l’Assemblée Nationale révélait à la presse le rapport, commandité par le président Hollande, « Engagement citoyen et appartenance républicaine »1. Parmi les éléments de proposition figure la possibilité de rendre le vote obligatoire à toutes les élections.

Et pour cause, les faits sont là : 56,5 % d’abstention aux Européennes de mai 2014, 53,64 % aux élections régionales de mars 2010, 39 % d’abstention encore aux municipales de 2014. Seule l’élection présidentielle de 2012 tire son épingle du jeu avec un taux d’abstention à 20 %. Précisons que ces chiffres ne prennent pas en compte les personnes non-inscrites sur les listes électorales, qui représentent 7 % du corps électoral potentiel.

Autrement dit, la légitimité des « représentants » est très faible.

Le modèle représentatif menace de s’écrouler définitivement, et par là même, les pouvoirs et les positions dominantes des élus actuellement en place.

Face à ce désaveu, certains dirigeants préfèrent stigmatiser une partie de la population pour son manque supposé de « conscience citoyenne », plutôt que se remettre en cause. Car la disgrâce électorale est la conséquence logique d’un système au service des puissances financières, bien plus que de l’intérêt général.

Ainsi, pour prendre quelques exemples, François Hollande se fait élire pour combattre la finance puis il conduit une politique exactement inverse ; le résultat du référendum sur le TCE (2005) a été piétiné sous la présidence Sarkozy ; l’Union Européenne autorise l’importation et la commercialisation de 19 OGM tandis que les populations y sont hostiles ; le gouvernement met en place un système de surveillance généralisé tandis qu’il peine à tenir ses promesses de campagne, comme la fermeture de Fessenheim. Pour reprendre les mots de Claude Bartolone, « la démocratie, ça s’entretient ».

En outre, le comportement du président et de son premier ministre sont un appel permanent à l’abstention. Après plusieurs défaites électorales très lourdes, ils répètent à l’envie qu’ils ne changeront pas de politique. Dès lors, à quoi bon aller voter, si cela ne change rien. Pourquoi prendre la peine de se déplacer pour exprimer son désaccord sachant, par avance, qu’il ne sera pas entendu. Il faut donc s’armer d’une bonne dose de cynisme et de mépris pour faire la morale au bon peuple pour son manque de « conscience civique ».

Pour « refonder le lien civique », il existe de nombreuses possibilités qui, curieusement, ne sont pas évoquées dans le rapport Bartolone. Que l’on pense à la révocabilité des mandats, procédure permettant de défaire un élu conduisant une politique inverse à celle qui l’a porté aux responsabilités. Pourquoi, par ailleurs, ne pas interdire le cumul des mandats ? En 2008, d’après le New York Times, 85 % des parlementaires français exerçaient un second mandat électif, contre moins de 20 % en Allemagne, en Italie ou au Royaume-Uni2. Cela créerait des espaces et permettrait à de nombreux citoyens de s’investir dans les affaires publiques. On pourrait également instaurer le vote à la proportionnelle intégrale. Ainsi, les différents conseils représentatifs seraient fidèles aux choix réels de l’électorat. Mais ces hypothèses supposent que les élus en poste votent des lois qui restreignent leur pouvoir. On mesure ici les limites de la démocratie « représentative ».

le problème n’est pas de relégitimer les institutions existantes, mais de les modifier.

La proposition du vote obligatoire vise, précisément, à masquer ces limites en opérant une mystification. Car derrière les notions qui rassemblent une grande partie de l’opinion (« engagement citoyen », « appartenance républicaine », « civisme », « démocratie », etc.), le rapport Bartolone ambitionne de redonner de la légitimité aux élus. Or, le problème n’est pas de relégitimer les institutions existantes, mais de les modifier. Il faut instaurer des dispositifs de médiation permettant au peuple d’exercer réellement sa souveraineté, sur le plan local comme national. En définitive, la volonté de rendre le vote obligatoire traduit le souhait des dirigeants de mener les mêmes « réformes » libérales et productivistes avec, en plus, la bénédiction artificielle de la population.

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2 mai 2015 Posted by | Notre démocratie | , , , | 3 commentaires

Nous ne sommes pas en démocratie


Le philosophe Alain Badiou sur la Démocratie

« NON je ne voterai pas! »

« Les élections servent à enterrer le mouvement de démocratie. »

« Il n’y a pas de relation entre la majorité et ce qui est juste »

« Dans notre régime quel est le pouvoir du peuple? en quoi le peuple participe-t-il aux décisions les plus fondamentales (les décisions de politique étrangère,  les décisions concernant les banques , l’économie et ses orientations… »

voir également : Nous ne sommes pas en démocratie

16 avril 2012 Posted by | Désobéissance civile, webTV | , , , , , | Laisser un commentaire

Notre système politique et gouvernemental est un obstacle pour le progrès de l’humanité.


Quelles sont les leçons et les perspectives du mouvement du 15M ?

  • Le mouvement a montré  la capacité puissante de mobilisation spontanée

que possèdent les peuples lorsque les circonstances l’exigent ou le permettent.

  • On a vu également la rapidité avec laquelle la

situation s’est propagée .

  • Le rejet total de toute représentation « politique » officielle. Le mouvement se

structure par commissions, assemblées, les prises de parole sont libres.
Les deux partis de pouvoir officiels qui sont rejetés, mais cela
va sans doute plus loin dans la critique même de la démocratie « représentative ».

  • Enfin , le caractère  internationaliste des

thèmes et des formes de mobilisation. (les drapeau espagnols en Grèce, les manifestants
britanniques du mois de mars criaient « Tous ensemble, tous ensemble ! » en
français, et le mot « dégage » avait été scandé dans tout le monde arabe.)

Cette prise de conscience et de parole déboussole  le pouvoir .

Les  partis politiques et les syndicats  sont dépassés par la nature et l’ampleur de la contestation.

Des crises économique, écologiques, sociales étant encore à venir, il semble que nous entrions dans une ère de lutte et de contestation à l’échelle mondiale…

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 Manifeste pour la démocratie réelle

− « L’égalité, le progrès, la solidarité, le libre accès à la culture, le
développement écologique durable, le bien-être et le bonheur des personnes
doivent être les priorités de chaque société avancée.
− des droits basiques doivent être garantis au sein de ces sociétés : le droit au
logement, au travail, à la culture, à la santé, à l’éducation, à la participation,
au libre développement personnel et le droit à la consommation des biens
nécessaires pour une vie saine et heureuse.
− Le fonctionnement actuel de notre système politique et gouvernemental ne
répond pas à ces priorités et il devient un obstacle pour le progrès de
l’humanité.
− La démocratie part du peuple, par conséquent le gouvernement doit
appartenir au peuple. Cependant, dans ce pays, la plupart de la classe
politique ne nous écoute même pas. Ses fonctions devraient être de porter
nos voix aux institutions, en facilitant la participation politique des citoyens
grâce à des voies directes de démocratie et aussi, procurant le plus de
bienfait possible à la majorité de la société, et pas celle de s’enrichir et de
prospérer à nos dépens, en suivant les ordres des pouvoirs économiques et
en s’accrochant au pouvoir grâce à une dictature partitocratique menée par
les sigles inamovibles du PPSOE
− La soif de pouvoir et son accumulation entre les mains de quelques-uns crée
inégalités, crispations et injustices, ce qui mène à la violence, que nous
refusons. Le modèle économique en vigueur, obsolète et antinaturel, coince
le système social dans une spirale, qui se consomme par elle-même,
enrichissant une minorité et le reste tombant dans la pauvreté. Jusqu’au
malaise.
− La volonté et le but du système est l’accumulation d’argent, tout en la plaçant
au-dessus de l’efficience et le bien-être de la société ; gaspillant nos
ressources, détruisant la planète, générant du chômage et des
consommateurs malheureux.
− Nous, citoyens, faisons parti de l’engrenage d’une machine destinée à
enrichir cette minorité qui ne connaît même pas nos besoins. Nous sommes
anonymes, mais, sans nous, rien de cela n’existerait, car nous faisons
bouger le monde.
− Si, en tant que société nous apprenons à ne pas confier notre avenir à une
abstraite rentabilité économique qui ne tourne jamais à notre avantage, nous
pourrons effacer les abus et les manques que nous endurons tous. Nous
avons besoin d’une révolution éthique. On a placé l’argent au-dessus de
l’Etre Humain, alors qu’il faut le mettre à notre service. Nous sommes des
personnes, pas des produits du marché. Je ne suis pas que ce que j’achète,
pourquoi je l’achète ou à qui je l’achète. » (Manifeste pour la démocratie
réelle)

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13 juin 2011 Posted by | Désobéissance civile, Notre démocratie | , , , , , | 8 commentaires

Cantonales 2011 : un viol électoral


Les cantonales 2011 : un viol électoral.

Le taux d’abstention qui augmente régulièrement explose aujourd’hui, mais les politiciens continuent l’air de rien à nous jouer l’air de l’épouvantail d’extrême droite plutôt que de remettre en question leur propre pratique de la démocratie et de la politique.

Comment continuer à se proclamer représentant du peuple quand on est élu avec une minorité de voix ?

On trouve ainsi des « élus » avec 10 % des électeurs inscrits !

On note seulement 20 % de votants en Seine Saint-Denis !

Et encore faudrait-il prendre en compte les non inscrits en droit de voter.

Selon plusieurs études de l’Insee, en y ajoutant les personnes qui ignorent qu’elles sont inscrites sur les listes électorales, environ 4,9 millions de Français ne sont pas inscrits ou croient ne pas l’être (données 2004), chiffre qui varie entre 10 % et 13,3 % du corps électoral sur les neuf dernières années. En France, le corps électoral comprend 44,5 millions d’électeurs pour 62 millions de Français ; il y aurait 45 millions d’électeurs potentiels, c’est-à-dire les Français majeurs non privés du droit de vote.

Il faut également prendre en compte les SDF, les gens du voyage ou les personnes en détention qui sont visées par des textes particuliers.

Désenchantement ?

On entend de ci- de là que les électeurs sont désenchantés. Cette « démocratie » représentative nécessiterait-elle un enchantement ? Les médias sous contrôle de grands groupes privés ne sont-ils plus aussi efficaces ?

Le problème ne vient pas des électeurs mais du système même de représentativité.

Ce système étant par lui -même un système oligarchique grâce auquel la majorité s’en remet à ces représentants sans obligation de résultats ni contrôle d ‘aucune sorte. Ce système est donc loin de la démocratie au sens premier, le pouvoir du peuple. En étudiant l’histoire de la démocratie, et de la démocratie athénienne en particulier , on constate que le premier objectif était justement d’éviter un système oligarchique d’où la mise au point de systèmes comme le tirage au sort des représentants et le mandat impératif.

Le mandat impératif ?

Le mandat impératif est le pouvoir délégué à un individu ou une organisation élu(e) en vue de mener une action définie dans la durée et dans la tâche, selon des modalités précises auxquelles il ne peut déroger.

Il s’oppose au mandat représentatif.

L’actuelle constitution française indique dans son article 27, relatif aux membres du Parlement, que « tout mandat impératif est nul ».

Il est donc constitutionnellement admis que les élus n’ont aucun compte à rendre à leurs électeurs sur les décisions et les réalisations qu’ils mettront en œuvre. C’est ainsi que les décisions primordiales telles que la répartition des ressources publiques, l’utilisation du nucléaire, la privatisation des services publics, les déclarations de guerre, l’allongement des temps de cotisation ou de travail… sont prises par des « représentants » à l’encontre de la volonté du peuple lui-même.

La démocratie représentative : un échec et un danger pour la vie

Quelle leçon tirer de l’augmentation constante de l’abstention?

Dans la mesure où un système politique strictement représentatif pérennise et légitime une vision de la société construite exclusivement sur la délégation totale de pouvoir, la hiérarchie, la domination, et l’exploitation du peuple : l’abstention est de fait un choix politique.

Il convient donc de changer de système et de réinventer une démocratie réelle dans laquelle les décisions seraient bien prise et leurs applications contrôlées par les citoyens.

Mais comment gouverner un grand pays sans élections représentatives ?

Il convient de renverser ce questionnement : les grands pays, ou unions ont précisément été créés en vue de concentrer le pouvoir aux mains de quelques uns. De cette concentration s’en est suivies toutes les crises majeures que nous subissons : crise sociale , crise écologique, crise économique… ce qui est bon pour une poignée de décideurs ne l’est pas pour la grande majorité du peuple.

Ces crises viennent d’un manque de démocratie.

Engageons-nous dans la voix de la démocratie directe, réelle, auto gestionnaire. Et sortons au plus vite de ces pratiques électorales obsolètes , abusives et non-participatives.

Quelle démocratie réelle donnerait ainsi le droit aux banque de créer artificiellement de la monnaie, quelle démocratie réelle installerait des réacteurs nucléaires meurtriers, quelle démocratie réelle laisserait les plus démunis mourir de faim et de froid?

Il est urgent pour l’Homme et pour son environnement que chaque citoyen prenne réellement part aux décisions politiques et économiques. La « démocratie représentative » et la loi du marché nous détruisent et détruisent la planète.

Continuons à refuser ces élections qui nous proposent de designer le chef , parmi ces incompétents gestionnaires de l’économie de marché et qui aura toute puissance sur nos vies et toutes celles de la planète. Continuons à mettre en place, localement les solutions que nous avons, quitte à désobéir à cette oligarchie qui usurpe sa soi-disante représentativité, et qui n’a plus aucune légitimité.

A bas la « représentative » et vive la démocratie locale et directe !

Aquitaine Décroissance

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28 mars 2011 Posted by | Notre démocratie | , , , , , , | 6 commentaires

   

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