Aquitaine décroissance

vers une démocratie générale

Barcelone indignée se réapproprie le pouvoir !


Ada Colau. crédit photo: alencontre.org

Ada Colau. crédit photo: alencontre.org

Oui l’élection d’Ada Colau à Barcelone est bien un tsunami politique !

Plus proches des zadistes et des décroissants que de nos « fronts de gauche » productivistes et centralisateurs , les Indignés sont de retour avec des listes militantes hors partis. Suite a l’expérience fantastique de réappropriation populaire de la démocratie avec le mouvement du 15 Mayo , Ada Colau s’investit dans la plateforme contre les expulsions immobilières (PAH). Cette mobilisation stoppera 550 processus d’expulsion .

Le pays en proie à la crise voit de plus en plus de personnes expulsées par les banques de leurs logements . Chaque jours les militants de l’association vont se confronter aux forces de police et bloquer des expulsions . C’est dans cet engagement radical que va se consolider la volonté de changements concrets , la volonté d’une alternative à un système politique coupé de la population , de ses réels besoins et aspirations , à une « caste » qui ne représente que ses propres intérêts .

Cette fois-ci les stratégies de fabrique de l’insécurité, les politiques de la peur ont échouées.

« Le désir de changement a vaincu la campagne de la peur, de la résignation, et avec ça, c’est nous tous qui gagnons, surtout Barcelone. »

Contre la politique de l’angoisse et de la peur : l’espoir et l’engagement de chacun.e
« Le message le plus important du PAH’S est que les petites gens (le peuple), s’ils sont organisés et s’aident, déplacent des montagnes et réalisent les choses qui  semblaient impossibles. »
La politique n’est pas une affaire d’experts , ni d’hommes (ou de femme) providentielles , contrairement à ce que ce système veut que nous pensions , c’est une question d’organisation et d’actions communes au jour le jour.
Ainsi , refusant toute affiliation à un parti, mais se fédérant en une plateforme, «Barcelona en comú», cette militante contre les expulsions , qui a ouvert et vécu dans des squats, a refusé de laisser des logements vides alors que de nombreuses personnes se retrouvaient à la rue.
Ce qui est légal n’est pas forcement légitime … et inversement.
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Ce qui est légal n’est pas forcement légitime et inversement

Un  changement « irréversible ».

« Nous aurions aimé que l’usure des vieux partis soit plus rapide, » a avoué Pablo Iglesias, mais cette victoire de « Davis contre Goliath  » ouvre des champs nouveaux à la pratique d’une politique citoyenne de terrain .

La fin du bipartisme …

« Qu’ils s’en aillent tous! » ,« Ils ne nous représentent pas! » entendait-on sur la place de Catalogne, au cœur de Barcelone, il a 4 ans .

La liste «Barcelone en commun», qui regroupe plusieurs formations de la gauche radicale sort de l’impasse des ambitions de partis et reprend la voix que ceux-ci ont confisqué pour la rendre aux « sans » (-emploi, -papiers,- logements,- dents? ) .

« Sans pouvoir médiatique, économique, judiciaire, nous avons démontré que l’on peut faire les choses autrement et (…) que le rêve et l’espoir peuvent l’emporter, » déclare Ada Colau,

Les habitant.es des quartiers populaires sont retourné.es aux urnes, jusqu’alors méprisées, voyant dans cette coalition de militants de terrain une réelle alternative aux partis traditionnels, « la CASTE » comme on les nomment ici .

D’où cette très forte hausse de la participation dans les quartiers populaires de Madrid et Barcelone.

…et  de la politique « comme papa « : changer les règles du jeu
« Une révolution démocratique balaie le pays qui vise, non seulement donner un coup de pied à la mafia de nos institutions, mais aussi à changer les règles du jeu pour que ceci ne puisse jamais arriver de nouveau.
Guanyem Barcelona a approuvé un code d’éthique politique qui limite des salaires, mais il traite aussi de beaucoup d’autres questions.
Il inclut 25 mesures concrètes groupées dans trois domaines  » :
  • l’audit et la responsabilité,
  • le financement et la transparence 
  • des mesures pour aborder la corruption et la professionnalisation excessive de politique.

http://adacolau.cat/en/post/making-democratic-revolution-happen

Refus du consumérisme , pragmatisme et décroissance
La décroissance est à l’ordre du jour de partis politiques comme Equo (les verts) et le parti Candidatura d’Unitat Popular (CUP), ainsi que de Podemos.
« Je vis de peu , je ne considère pas ça comme un renoncement : je ne possède ni voiture , ni propriétés , ni d’envies de luxe .
J’ai réalisé que moins c’est mieux. Ce qui me satisfait , c’est le partage d’expériences avec les autres notamment grâce à l’association. C’est mille fois plus satisfaisant de vivre avec moins que de faire partie de cette société de consommation qui promet le bonheur et en fin de compte vous fait vous sentir solitaire, faible et malheureuse. »
Ada Colau
Les premières mesures:

– stopper les expulsions dans la ville ;

-convertir les appartements vides en logements sociaux ;

-réduire les prix de l’eau, du gaz, de l’électricité ;

– lancer un revenu mensuel minimal de 600 euros pour les familles pauvres.

Ne comptons que sur nous même, chacun.e compte !

Les partis de la gauche française ne feront peut être pas de grandes déclarations sur cette victoire hautement symbolique et pour cause , ils sont violemment remis en cause .

Les défenseurs des droits sociaux ne sont pas des politiciens professionnels mais bel et bien les citoyens eux même .

Barcelone vient de nous expliquer que la politique est une chose bien trop quotidienne pour être confiées à des partis.

Oui , nous pouvons, nous avons le pouvoir ! Vive la démocratie réelle à l’œuvre et à venir!

Liens :

WZ/A.Décroissance

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25 mai 2015 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE, Notre démocratie | , , , , | Laisser un commentaire

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30 décembre 2011 Posted by | Non classé | , , , , , , | Un commentaire

Le scandale du référendum d’initiative populaire « à la française »


Le R.I.P porte bien son nom

L’article 6 et l’article 14  de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 qui fait partie de nos textes constitutionnels donnent le pouvoir au citoyen, à côté des parlementaires de faire la loi, y compris la loi fiscale. L’article 6 déclare : « La loi est l’expression de la volonté générale. Tous les citoyens ont droit de concourir personnellement ou par leurs représentants à sa formation. » L’article 14 donne les mêmes pouvoirs aux citoyens, ou à leurs représentants en matière de loi fiscale.

Deux cent vingt-deux ans plus tard, ces textes ne sont toujours pas appliqués !

Ce que l’on nous a vendu comme référendum d’initiative populaire:

En 2008, une réforme constitutionnelle devait permettre à une partie de la population de proposer un projet de loi en vue d’un référendum : on appelle ça le référendum d’initiative populaire.

Un référendum « peut être organisé à l’initiative d’un cinquième des membres du Parlement soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales »

soit :184 parlementaires et 4,5 millions d’électeurs

Ce référendum n’est donc finalement qu’un référendum d’initiative parlementaire qui rend impossible toute initiative populaire.

Ils ne nous représentent pas!

Le débat autour de la nécessité du référendum d’initiative populaire est un des symptômes de la crise politique de la démocratie représentative.

Les citoyens ne se sentent plus représentés et même parfois bafoués comme après le référendum du 29 mai 2005. Ils aspirent légitimement à retrouver la souveraineté populaire.
Ce débat doit donc avoir lieu . Mais il n’est qu’un des aspects de la question plus large des institutions.
Celles-ci ne sont plus légitimes. Il faut repenser la règle du jeu politique et seul le peuple a la légitimité pour les repenser.

En France, le référendum d’initiative populaire, c’est-à-dire le référendum organisé à l’initiative d’une fraction du corps électoral, n’est toujours pas prévu par la Constitution.

En effet, celle-ci attribue l’initiative du référendum au président de la République, que le référendum ait lieu dans le cadre de l’article 11 ou dans celui de l’article 89.

Dans le premier cas, c’est le président de la République, sur proposition conjointe des deux assemblées ou, pendant la durée des sessions, sur proposition du gouvernement, qui peut décider de soumettre à référendum « tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique ou sociale de la Nation et aux services publics qui y concourent, ou qui tendent à autoriser la ratification d’un traité qui, sans être contraire à la Constitution, aurait des incidences sur le fonctionnement des institutions ».

Dans le second, le référendum constitue en principe l’aboutissement de la révision constitutionnelle, après qu’elle a été approuvée par les deux assemblées en termes identiques. Toutefois, lorsque la révision a pour origine une initiative de l’exécutif, le président de la République peut décider de ne pas la soumettre à référendum, mais au Parlement réuni en Congrès.

Le référendum prévu par la Constitution française est donc un référendum normatif, puisqu’il permet l’adoption d’un texte, législatif ou constitutionnel.

Cependant, dans d’autres pays, le référendum, notamment lorsqu’il est organisé à la demande d’une fraction du corps électoral, peut également être abrogatif ou consultatif. Le premier vise à abroger des textes déjà en vigueur, tandis que le second est organisé pour connaître l’opinion des électeurs, mais n’a aucune valeur contraignante.

L’analyse des dispositions italiennes, suisses et californiennes montre que :

– dans les trois cas, le référendum d’initiative populaire donne aux électeurs un droit de veto sur certains textes que le Parlement vient d’adopter ;

– en Italie, les lois en vigueur peuvent être abrogées par un référendum d’initiative populaire ;

– en Suisse et en Californie, une fraction du corps électoral peut, par référendum, demander l’adoption de textes législatifs.

Nous citoyens démocrates et indignés soutenons toutes actions et débats visant à faire sortir le pays de ces institutions bonapartistes anti-démocratiques, à reconnaître au peuple sa souveraineté.

La loi est l’expression de la volonté générale. La seule démocratie est la démocratie directe et générale (sociale, politique, économique et environnementale).

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sources:

e-nitiativepopulaire.fr

assemblee-nationale.fr

senat.fr

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28 juillet 2011 Posted by | Notre démocratie | , , , , | 2 commentaires

Le Loup et le Chien



Un Loup n’avait que les os et la peau,
Tant les chiens faisaient bonne garde.
Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s’était fourvoyé par mégarde.
L’attaquer, le mettre en quartiers,
Sire Loup l’eût fait volontiers ;
Mais il fallait livrer bataille,
Et le Mâtin était de taille
A se défendre hardiment.
Le Loup donc l’aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu’il admire.
 » Il ne tiendra qu’à vous beau sire,
D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
Quittez les bois, vous ferez bien :
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, haires, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi ? rien d’assuré : point de franche lippée :
Tout à la pointe de l’épée.
Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin.  »
Le Loup reprit : « Que me faudra-t-il faire ?
– Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son Maître complaire :
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons :
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse.  »
Le Loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse.
Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.
 » Qu’est-ce là ? lui dit-il. – Rien. – Quoi ? rien ? – Peu de chose.
– Mais encor ? – Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
– Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? – Pas toujours ; mais qu’importe ?
– Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.  »
Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

Les Fables, Livre I

Jean de la Fontaine

4 juin 2011 Posted by | Désobéissance civile, Notre démocratie | , , , , | Un commentaire

Indigné-es, attention! (ou Monsieur Hessel vous n’avez pas compris!)


Monsieur Hessel vous n’avez pas compris!

Voilà deux semaines maintenant que le mouvement des ‘indigné-es » ou du 15M est  » a pris la place »…

Les  médias commencent à en parler, mais que disent-ils?

On connaît la force de récupération de tout mouvement contestataire par le « système » marchand, or on nous présente aujourd’hui ce mouvement (une démocratie réelle, maintenant!) comme étant celui d’une jeunesse « déclassée » qui, bien que diplômée, vit encore « chez papa-maman » et qui se bat parce qu’elle subit la crise. Et même la figure charismatique de Hessel, nous somme de rentrer dans le rang en appelant, hier à ne pas considérer le boycott des élections comme solution car dit-il « ce sont les partis qui commandent notre vie politique« .

Mais quelles sont les revendications réellement partagées par les peuples d’Europe et du monde?

Est-ce un meilleur pouvoir d’achat? Est-ce un meilleur logement? Est-ce une baisse du chômage des jeunes?

Non! La principale revendication est celle d’une démocratie réelle, d’une démocratie directe et horizontale et c’est bien ce que les médias ou Monsieur Hessel feignent de ne pas comprendre.

En effet un tel mouvement est, tel qu’il se présente irrécupérable, on ne peut pas le faire entrer ni dans les partis ni dans les syndicats qui jouent le jeu de la démocratie  » représentative » puisque le mouvement critique en premier lieu cela: la pratique pyramidale du pouvoir. Ce mouvement n’a ni représentant-es , ni encore moins de propositions ou de revendications à faire valoir pour « améliorer » le système.

Voilà enfin un mouvement qui ne peut pas, par sa nature même, être assimilé par le jeu « démocratique » actuel . Sa force et son essence même est la mise en place (et en actes) de nouvelles règles pour un autre jeu politique.

Non nous ne voulons plus jouer ni avec vos règles, ni à votre « jeu ».

Ce mouvement est autonome et autonomiste et sa valeur ne se mesurera pas aux « propositions » qu’il pourrait faire à « nos élus » mais bien à son existence et à sa propre pratique d »une démocratie horizontale et autogérée. C’est ce qui se passe tous les soirs dans de nombreuses villes lors des assemblées citoyennes.

La victoire est acquise!

Voilà pourquoi si le message et la pratique ne sont pas totalement dévoyées par les médias ou autres faux représentant-es ou portes paroles, la victoire est acquise et totale.

La démocratie représentative est remise en cause par le peuple souverain et cela de façon mondiale.

C’est la victoire d’un peuple mondialement uni pour dire: votre système ne nous convient pas, pour dire: nous savons que les crises multifactorielles que nous subissons sont dues à un manque de démocratie, (quelle assemblée citoyenne pourrait décider d’ouvrir une nouvelle centrale nucléaire, d’appauvrir l’éducation de sa jeunesse etc…?), pour dire nous voulons juste une vraie démocratie et nous n’avons besoin de personne pour la mettre en place. La démocratie c’est nous .

Le peuple est maintenant bien conscient du fait que cette « démocratie représentative » ne représente que les intérêts particuliers d’un petit nombre, les outils nécessaires pour reprendre en main notre destinée se forgent; les imaginaires se « décolonisent » et aucun retour en arrière n’est désormais possible.

Wajeb

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30 mai 2011 Posted by | Désobéissance civile, Notre démocratie | , , , , , , | 7 commentaires

Le concept de sécession pour en finir avec celui de révolution


Si j’introduis dans mon propos le concept de sécession c’est pour que nous en finissions une fois pour toutes avec celui de révolution. Il n’y a pas de lendemains qui chantent. « Le réalisme veut que nous cessions d’attendre la Révolution, mais aussi que nous cessions de tendre vers elle, de la vouloir » (Hakim Bey, TAZ). La révolution est un mythe, un mirage par lequel les syndicats et groupuscules n’ont de cesse d’essayer de nous enrôler dans leurs dispositifs de contre-pouvoir. Attendre et préparer la révolution en militant, ce n’est qu’une autre manière de nous faire accepter notre soumission aux dispositifs et rôles dans lesquels nous sommes emprisonné-e-s en ce moment même. « Le slogan ‘révolution !’ est passé de tocsin à toxine, il est devenu un piège du destin, pseudo-gnostique et pernicieux, un cauchemar où nous avons beau combattre, nous n’échappons jamais au mauvais Eon, à cet Etat incube qui fait que, Etat après Etat, chaque paradis est administré par encore un nouvel ange de l’enfer »(ibidem). La révolution se pose comme une fin, un objectif à atteindre, une utopie mythique pour laquelle nous devrions agir, militer et même sacrifier nos vies. La perspective révolutionnaire c’est d’agir en vue de réaliser cette fin, d’atteindre cet objective inaccessible. Finissons-en avec ce mensonge !

Ce dont il est question pour Hakim Bey comme pour moi, c’est d’établir une autre perspective : ne plus agir en fonction d’une fin à atteindre mais bien pour ce qu’il est possible d’expérimenter et vivre immédiatement. La sécession « n’est pas le présage d’une quelconque utopie sociale toujours à venir, à laquelle nous devons sacrifier nos vies pour que les enfants de nos enfants puissent respirer un peu d’air libre »(ibidem).

La perspective sécessionniste commence par la sécession (alors que la perspective révolutionnaire vise la révolution) et s’apprécie comme processus en tant que tel :

le processus d’émancipation, la rupture, le soulèvement en tant que tel. La sécession n’est pas une fin à réaliser mais c’est un processus, de même que la liberté ne se ressent qu’au travers d’un processus de libération. La liberté en tant qu’état que nous atteignons une fois la république instaurée n’est qu’ un mensonge des nouveaux maîtres de l’Etat. Je ne peux vivre la liberté qu’au travers d’une émancipation ; il ne s’agit pas d’un état à atteindre mais d’une expérience à vivre. Cette expérience, pour Hakim Bey, c’est la TAZ, la Zone d’Autonomie Temporaire : « C’est-à-dire que nous devons réaliser (rendre réels) les moments et les espaces où la liberté est non seulement possible mais actuelle. Nous devons savoir de quelles façons nous sommes opprimés, et aussi de quelles façons nous nous auto-réprimons, ou nous nous prenons au piège d’un fantasme dont les idées nous oppriment. Le travail par exemple est une source de misère beaucoup plus grande pour la plupart d’entre nous, que la politique législative. L’aliénation est beaucoup plus dangereuse que de vieilles idéologies surannées, édentées et mourantes. S’accrocher mentalement à des ‘idéaux’ – qui s’avèrent n’être en fait que de pures projections de notre ressentiment et de notre impression d’être des victimes – ne fera jamais avancer notre projet » (Hakim Bey).

A l’idée de révolution s’attache celle de la prise de pouvoir :

l’idée de combattre puis conquérir le pouvoir ; se constituer dans un premier temps en contre-pouvoir, afin de remplacer ensuite le pouvoir. A ce concept de contre-pouvoir, John Holloway préfère celui de l’anti-pouvoir : « Quelle qu’en soit la forme, la conquête du pouvoir étatique n’a pas permis de réaliser les changements que les protagonistes espéraient ». « L’idée que l’on peut se servir de l’Etat pour changer le monde était une illusion ». « La seule façon de concevoir un changement radical aujourd’hui ne relève pas de la conquête du pouvoir mais de la dissolution du pouvoir » (Douze thèses sur l’anti-pouvoir). Dans le dernier chapitre du manifeste contre le travail, le groupe Krisis écrit : « les ennemi-e-s du travail ne veulent donc pas s’emparer des commandes du pouvoir mais les détruire. Leur lutte n’est pas politique, elle est anti-politique ». Car « le but de la politique ne peut être que la conquête de l’appareil d’Etat pour perpétuer la société de travail »(Krisis). « La nouveauté de la politique qui vient, c’est qu’elle ne sera plus une lutte pour la conquête ou le contrôle de l’Etat, mais une lutte entre l’Etat et le non-Etat, disjonction irrémédiable des singularités quelconques et de l’organisation étatique »(Giorgio Agamben, La communauté qui vient). Il s’agit de ne plus penser en terme d’intervention politique, de révolution et de prise de pouvoir mais en terme de création éthique, de sécession et de dissolution du pouvoir.

Hakim bey évoque également la tactique de la disparition : « une révolution de la vie quotidienne, de tous les instants : une lutte que rien ne peut arrêter, pas même l’échec ultime de la révolution politique et sociale ». « Initier une TAZ peut impliquer des stratégies de violence et de défense mais sa plus grande force réside dans son invisibilité. L’Etat ne peut la reconnaître parce que l’histoire n’en a pas la définition. Dés que la TAZ est nommée (représentée, médiatisée), elle doit disparaître, laissant derrière elle une coquille vide, pour resurgir ailleurs, à nouveau invisible puisqu’indéfinissable dans les termes du spectacle » (Hakim Bey).

Anti-pouvoir, tactique de la disparition, anti-politique, insurrection et sécession, zone autonome temporaire ; tous ces concepts témoignent d’une autre perspective que celle de la tradition révolutionnaire. Il y a clairement rupture : rupture d’avec cette conception révolutionnaire de l’opposition au pouvoir, tout autant que rupture d’avec les dispositifs de pouvoir qui nous écrasent.

C’est en quelque sorte une autre manière de s’insurger contre une loi ou un projet de loi : refuser de la respecter, désobéir, violer la loi et bafouer du même coup l’autorité et l’idée même d’Etat de droit. Il ne s’agit pas de manifester, de pétitionner et militer contre cette loi, mais de simplement les refuser : elle et le pouvoir qui l’impose. C’est la désobéissance civile, l’insoumission, l’illégalité. Nous ne revendiquons rien, nous n’avons rien à négocier ; cette loi n’est pas la nôtre et nous ne la respecterons pas. Il y a des lois qui ne peuvent prendre effet car trop de gens les refusent et il y a des délits, comme par exemple le vol à l’étalage, qui sont si fréquents que les pouvoirs publiques n’ont pas les moyens de les punir autant qu’ils le voudraient.

« Une loi colmate une fuite mais une autre fuite se déclare un peu plus loin. »

Je ne connais de métaphore plus enthousiasmante pour nous redonner courage face à l’arsenal répressif et technologique qui se met en place en ce moment, que celle du tuyau d’arrosage qui fuit par tous les bouts : « il n’y a pas de système social qui ne fuie par tous les bouts, même si ces segments ne cessent de se durcir pour colmater les lignes de fuite » (Deleuze, Guattari, Mille Plateaux). Une loi colmate une fuite mais une autre fuite se déclare un peu plus loin. Les dispositifs de pouvoir consacrent une énergies considérables à colmater les fuites car ils fuient de toutes parts. Le désir de fuir gronde toujours quoi que fasse l’autorité. Il n’y a pas de transports en commun payants sans fraude, de guerre sans déserteurs, de magasin sans vol, d’école sans absentéisme, de loi respectée par toutes et tous, de prison sans tentative d’évasion. Et c’est sur toutes ces pratiques que se dessine la perspective sécessionniste.

Juillet 2006, Simon.

lien texte integral: rupture simon en pdf

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29 mai 2011 Posted by | Désobéissance civile, Notre démocratie | , , , , , , , , , , , | 5 commentaires

Manuel de démocratie directe et de prise de décision par consensus



LE CITOYEN COLLECTIF PRESENTE :

« Dans un monde “dirigé” selon le modèle de décision par consensus, les armes atomiques, les génocides et les maltraitances imposées aux peuples indigènes, la destruction de l’environnement et la folie guerrière seraient impossibles, car bloqués par toi et des millions d’autres gens. »

Chemin commun But commun
manuel de démocratie directe et de prise de décision par consensus

QU’EST-CE QUE LE CONSENSUS ?

Consensus veut dire : “accord entre les gens”.

Le processus de prise de décision par consensus est une méthode permettant de prendre une décision qui inclue l’opinion de tous les membres d’un groupe. Beaucoup s’imaginent qu’elle implique forcément des discussions aussi interminables qu’inefficaces. En réalité, quand elle est bien appliquée, la prise de décision par consensus est l’une des meilleures méthodes pour arriver à prendre des décisions que tous les membres du groupe pourront revendiquer.

Pour travailler en “consensus”, il faut que le groupe ait un but commun et la volonté de travailler ensemble à résoudre les problèmes au fur et à mesure. On développe et on discute tous les schémas possibles de décision qu’impliquent les différentes propositions ; le but étant d’intégrer les réserves émises par différents individus de façon à ce qu’émerge une proposition à laquelle tous peuvent souscrire. Si l’on discute avec suffisamment d’objectivité et d’inventivité, on a de grandes chances à la fin de la discussion de se retrouver avec une bonne décision, acceptable par tous.

Le processus de prise de décision par consensus repose sur l’idée selon laquelle le chemin suivi pour trouver une décision est une partie importante de la décision elle-même. Une démarche réussie donne à tous la possibilité de contribuer à la décision. Le présent manuel vise à informer sur ce qui est à la base du consensus. Nous y avons ajouté une modélisation de la démarche aboutissant au consensus, mais il ne faut pas s’en tenir à ce modèle de façon rigide… vous pouvez vous-même trouver d’autres processus de décision, modifier les étapes proposées, ajouter des rôles en les modifiant, selon ce qui correspond le mieux aux besoins de votre groupe.

CODE GESTUEL
Lorsqu’un groupe entier veut prendre une décision, en général on parle beaucoup. Mais il n’est pas vrai que tout ce que l’on a à exprimer doive passer par des mots. Tenant compte de cela, on a développé un code gestuel pour exprimer des choses importantes sans avoir à interrompre celui qui est en train de parler.

Main ouverte levée
Comme à l’école : “j’aimerais dire / demander quelque chose”. Garder la main levée jusqu’à ce que le modérateur le voit et prenne en compte la demande de prise de parole. Quand beaucoup de gens font ce signe, le mieux est de faire une liste, et de prendre les interventions les unes après les autres.

Les deux mains forment un “T”
“T” veut dire “technique de discussion”. On emploie ce signe quand on a l’idée d’un autre processus qui permettrait au groupe d’arriver à une décision (par exemple : discuter les différents aspects du problème en sous-groupes). Normalement, le modérateur doit prendre en compte ce signe avant toutes les autres demandes de parole, dans la mesure où une proposition technique judicieuse peut épargner beaucoup de paroles inutiles. Ne JAMAIS utiliser ce signe pour de-mander la parole, il existe un signe pour cela.

Agiter les mains vers le bas
Cela veut dire “parlez plus lentement”. Ce signe est particulièrement utile dans les rencontres internationales où l’on travaille avec l’anglais ou avec des traductions.

Agiter les mains vers le haut
veut dire “plus fort”. Intéressant dans les grands groupes, ou quand une personne parle trop doucement.

Se frotter les mains
Veut dire “conclusion s’il vous plaît”. Utilisé quand celui ou celle qui parle se répète et n’arrive pas à conclure.

Agiter les doigts devant le visage
veut dire “c’est confus”. Il faudrait que celui ou celle qui parle reformule brièvement avec d’autres mots ce qu’il essaie de dire.

Agiter les mains levées
C’est le signe du consensus, voulant dire “ça a l’air d’une bonne idée / oui, c’est ce que je voulais dire”. C’est une expression silencieuse de l’accord. Lorsque quelqu’un a une bonne idée et que le modérateur voit que beaucoup font ce signe, cela veut dire que le groupe est proche du consensus.

Les mains levées dessinent un X
Cela veut dire “non” ou “je ne suis pas du tout d’accord avec ce qui vient d’être dit”.

Un poing levé
veut dire “stop, je bloque cette idée / veto”. On utilise ce signe quand on a le sentiment qu’on ne peut absolument pas souscrire à une certaine proposition. Ce signe est pris en compte avant les demandes normales de prise de parole. Il faut toutefois être prudent avec ce signe et ne l’utiliser en aucun cas pour demander à parler. Quand plusieurs personnes lèvent le poing en même temps, on peut stopper une mauvaise idée avant même qu’elle ne soit développée en détails.
POURQUOI LE PRINCIPE DE CONSENSUS ?

Le monde dans lequel nous vivons actuellement est peut-être le meilleur argument en faveur d’un nouveau processus de prise de décision, dans la mesure où ce monde a été construit selon les “vieilles” méthodes.
Dans un monde “dirigé” selon le modèle de décision par consensus, les armes atomiques, les génocides et les maltraitances imposées aux peuples indigènes, la destruction de l’environnement et la folie guerrière seraient impossibles, car bloqués par toi et des millions d’autres gens.

Le principe de consensus est né d’une critique des méthodes de décision existantes qui conduisent souvent à ce que le pouvoir se trouve concentré dans les mains de quelques-uns et que les décisions soient prises sur la base de valeurs corrompues. Par ailleurs, beaucoup de gens trouvent inacceptable le fait que dans les modèles fondés sur le principe de majorité, les minorités ne soient pas prises en compte et subissent donc une discrimination.

Le principe de décision par consensus essaie de donner aux individus autant de pouvoir que possible, ainsi que la possibilité d’intégrer dans les décisions un savoir fondé sur l’expérience commune. La nécessité du principe de décision par consensus repose sur l’expérience : celle-ci nous montre que toute décision reposant sur des simplifications de la vérité (autrement dit, travaillant avec des modèles de décision), court le danger de négliger des points importants. Un plus grand nombre d’opinions diversifiées reflète plus exactement l’opinion des gens. Le principe de décision par consensus motive plus les gens à s’impliquer que les autres méthodes de décision.

Inconvénients
Le processus de décision par consensus est lent. Dans un système fondé sur le vote à main levée, un meneur de discussion talentueux et résolu peut condenser un nombre conséquent de décisions en un temps relativement court. Dans un système hiérarchique, il peut répartir les tâches, mais même le meilleur modérateur ne peut faire adopter les décisions qu’au rythme du plus sceptique des participants. Un bon modérateur excitera l’imagination du groupe pour trouver des solutions plus rapides aux problèmes, mais il n’est pas possible de comprendre ce qui s’oppose à la résolution des problèmes sans se donner du temps.

Le principe de consensus a ses limites. Plus les groupes sont grands, plus il est difficile d’arriver au consensus. A la différence de ce qui se passe dans le vote classique, à bulletin secret ou à main levée, où les minorités radicales se trouvent constamment exclues, le consensus nécessite un accord fondamental quant au but poursuivi par le groupe. Quand une partie du groupe exprime des désirs ou des représentations fondamentalement différents, peut-être un consensus est-il impossible.

Avantages
§ Les décisions sont de meilleure qualité (elles durent plus longtemps et sont moins contestées).

§ Le consensus reflète l’opinion de tous

§ La proposition naît du groupe. Il n’est pas très important de savoir qui a soutenu l’idée au départ puisque la proposition se retrouve sans cesse reformulée par le groupe pour inclure des objections. Et au final, le groupe s’approprie la proposition.

§ Chacun est responsable. à la différence de ce qui se passe quand on vvote à main levée, personne ne peut se soustraire à une décision prise par consensus et dire “je n’ai jamais aimé cette idée, je ne ferai pas ma part”. (Cela ne garantit cependant pas que d’autres excuses ne puissent être invoquées).

§ Il y a moins de confrontations. Les querelles sont abrégées, soit par le modérateur, soit par la prise en considération que le progrès dépend de l’accord entre les gens et que les querelles ne servent l’intérêt de personne.

§ Ce processus enseigne les gens à écouter. Comme les objections doivent être prises en compte, on ne peut pas ignorer ce que disent les autres. La compréhension mutuelle en est augmentée.

§ Le consensus ne génère pas de frustration.
SCHEMA D’ELABORATION DU CONSENSUS

Ce diagramme est conçu comme un survol des étapes suivies dans une décision prise par consensus.
D’autres explications se trouvent après.


Problématique : Qu’est-ce que nous voulons décider ?
Collectage d’informations : Faits et opinions qui peuvent aider à résoudre le problème
Propositions Inventaire des options pertinentes par rapport au problème.
Contre-propositions : Modification des propositions pour y inclure les objections
Récapitulation des propositions soumises au consensus    Tout le monde peut-il vivre avec la proposition définitive ?
Refus   La proposition doit encore être modifiée   (retour à l’étape “récapitulation des propositions”)
 Consensus Large accord Pas de veto ?
On a une décision.

DECISION
Toutes les décisions sont prises par consensus…
Qu’est-ce que ça veut dire exactement ?
Tout d’abord, il s’agit d’élaborer une proposition soumise au consensus qui tienne compte de toutes les opinions. Elle peut l’être par chacun des participants à la discussion, par le modérateur, ou bien – spécialement dans les grands groupes – par le délégué des sous-groupes. Quand il n’y a pas de problème de compréhension ou de proposition d’amélioration, il faut encore vérifier si la proposition est vraiment capable d’entraîner un consensus. Pour ce faire on passe par quatre étapes :

– je donne mon accord sans réticence
– je donne mon accord avec des réticences
– je ne suis pas d’accord mais je ne m’opposerai pas à la mise en oeuvre de la proposition
– j’oppose un veto

Il est important de distinguer entre la 3° et la 4° étape. Un veto signifie qu’on ne pourrait pas vivre avec une décision bien précise. Dans le cas où on n’apprécie absolument pas une certaine décision, mais qu’on n’a pas de problème à ce que les autres agissent en conformité avec elle si cela leur convient, le veto ne se justifie pas.

Une proposition est acceptée quand la grande majorité approuve les deux premières étapes, et qu’il n’y a pas de veto. Quand la proposition n’est pas acceptée, il faut chercher à en reformuler une meilleure.

Quand dans une situation donnée, un veto s’oppose à un veto, c’est la dernière décision (plénière) qui reste valide, et rien n’est changé. Quand aucun consensus ne peut s’envisager même après de nouvelles discussions, le groupe doit se séparer.

Dans certains cas particuliers, on peut aussi décider par consensus de trancher par décompte des voix à propos d’une question déterminée, par exemple lorsque deux possibilités s’opposent et qu’il n’est pas possible de trancher, mais que les participants ne s’opposent pas à ce que l’autre solution que la leur soit choisie.
LES ROLES DANS LA DECISION PAR CONSENSUS

Le modérateur
C’est le rôle le plus important. Lui incombent les responsabilités suivantes :

a)le processus ne doit pas s’interrompre.
b)les différentes opinions à l’intérieur du groupe doivent être correctement présentées.
c)les différents rapports de force présents dans le groupe doivent être équilibrés.
d)il doit concevoir l’ordre du jour et ne pas perdre de vue les modifications qui lui sont apportées

Le modérateur n’est pas un meneur de discussion ni un présentateur. Il doit suffisamment maîtriser les étapes du processus de décision, ainsi que les techniques permettant d’identifier les décisions à prendre, pour être capable d’amener le groupe au consensus. Il lui faudrait éviter des phrases telles que : “Comment voulez-vous que le groupe évolue maintenant ? / Comment le groupe va-t-il évoluer ?” parce que cela amène une discussion à propos de la discussion et retarde le déroulement des choses. Quand on choisit le rôle de modérateur, cela suppose en général de ne pas exprimer sa propre opinion, l’important dans ce rôle étant de rassembler les opinions du groupe et non de dire ce qu’on pense.

Parfois, le modérateur a envie de contribuer lui-même activement à la décision : dans ce cas, il lui faudrait confier la tâche à quelqu’un d’autre. Les bons modérateurs conduisent le groupe avec une douce autorité à travers les étapes du processus de décision. Quand le groupe commence à s’approcher d’une idée, ils essaient de la reformuler en une proposition dont ils commencent par formuler les inconvénients principaux.

Quelques autres rôles importants…
normalement, le modérateur ne doit pas assumer en plus aucun de ces rôles.

Le rédacteur du protocole
ou au moins quelqu’un qui note les décisions que le groupe a prises.

Le baromètre des “vibrations”
Il est attentif aux sentiments qui se font jour dans le groupe, en particulier quand certains se sentent piétinés par le groupe ou agressés personnellement. Normalement le “vibes watcher” est écouté en priorité par le modérateur et parle directement avec les gens quand il a l’impression qu’ils ne vont pas bien. Quand les gens se sentent vraiment très mal à l’aise, c’est au groupe d’assumer la responsabilité d’y remédier.

Le distributeur de temps
Le groupe élabore un ordre du jour et établit combien de temps doivent être discutés les différents points. Le distributeur de temps signale au groupe quand il a dépassé ce temps. Le modérateur peut alors demander au groupe s’il veut consacrer plus de temps au thème concerné.

La “bouche”
La bouche parle au nom de ceux qui n’osent pas parler devant le grand groupe et ne fait que rapporter ce qui lui est dit.

TECHNIQUES

Brainstorm
Cette technique est un essai pour trouver des idées “en gros”. Les gens avancent des idées et le rédacteur du protocole les note. Il ne faut pas chercher à formuler des propositions abouties dans ce cadre.

Tour de parole
Le modérateur invite chacun des membres du groupe à exprimer son opinion à propos d’un thème donné. Certes, cela dure le plus souvent longtemps, mais cela permet d’avoir l’apport de chacun (sans que quiconque puisse se sentir contraint puisque tout le monde dit quelque chose).

Les sous-groupes
En particulier dans de grosses rencontres, il peut-être bon de se répartir en sous-groupes pour permettre à un plus grand nombre de gens de parler. Les sous-groupes peuvent alors décider quels sont les points les plus importants, et reviennent au grand groupe avec une série d’idées noyaux.

Echange de rôles
On peut utiliser cette technique pour résoudre des problèmes ou des conflits dans le groupe. Elle convient à des gens ayant du mal à adopter le point de vue de l’autre. Ils échangent pour un temps déterminé leurs rôles et représentent l’opinion de l’autre. Chacun énonce l’argument principal des autres.

La vigie
C’est une aide précieuse pour dégager où en est exactement le groupe. A la base, il s’agit d’opérer un décompte des voix à propos d’un thème déterminé – décompte qui n’a pas de force de décision, mais ne sert qu’à établir ce que pense le groupe sur un sujet déterminé. La procédure est particulièrement utile dans le cas où la parole a été monopolisée par quelques uns.

Remue-méninges
Pour découvrir des idées nouvelles et inclure l’opinion du plus grand nombre, tous les membres peuvent transcrire en même temps des idées sous forme des petites cartes qu’on tire au sort. Dans le cas de regroupement d’idées (clusters) on invente des concepts qui réunissent plusieurs des différentes cartes déjà acceptées.

Pause
Peu de gens pensent en général que des pauses puissent contribuer à améliorer la qualité de la rencontre alors qu’elles peuvent être très utiles. Ainsi, dans le cas où on a travaillé depuis longtemps sur un problème difficile, une pause bien étudiée peut contribuer à casser la tension et permettre de prendre une distance par rapport au problème. Les pauses laissent aussi place aux conversations personnelles et rappellent ainsi qu’en dehors de la rencontre il y a encore une vie.
LE CONSENSUS REPOSE SUR TROIS PRINCIPES CLE.

– Respecter les sentiments
Quand quelqu’un a le sentiment que le groupe évolue dans une direction erronée, il faut que le modérateur et les autres membres du groupe prennent en considération de tels sentiments. Il est totalement faux de dire : “Si tu ne peux pas expliquer pourquoi tu ressens les choses ainsi, ce n’est pas important. ” Une telle phrase serait une offense décourageante.

– Motiver les gens
Dans le cas idéal, nous utilisons nos processus de découverte d’une décision pour rendre plus forts les membres de notre groupe. Il faudrait qu’un rôle comme celui de modérateur soit tenu par rotation afin que les gens en fassent l’expérience et apportent leur savoir aux autres. Le consensus signifie qu’on empêche ceux qui parlent bien ou ceux qui ont l’esprit vif de monopoliser le pouvoir, et que tous doivent le partager.

– “Pas de chef”
Que personne ne prenne le pouvoir. Le consensus signifie vivre ce rêve. Nous pouvons nous en remettre au coordinateur et aux organisateurs quand nous en avons besoin, mais la réalité du pouvoir doit venir du groupe et non de quelqu’un qui se trouverait au sommet et expliquerait aux autres ce qu’ils doivent faire. La démocratie directe signifie que nous prenons la responsabilité de nos propres décisions et de notre propre vie.

Respecter les sentiments
+ motiver les gens
+ pas de chef
——————————
= démocratie directe

Malgré tous ces bons principes, des structures de pouvoir réapparaissent toujours dans les groupes – que ce soit parce que certains aiment écouter parler et tombent dans le rôle de simples exécutants, ou bien à cause d‘une hiérarchisation des savoirs. On est souvent loin du “personne ne prend le pouvoir”. C’est précisément dans les grands rassemblements que s’est toujours manifestée dans le passé la tension entre participants et organisations “autoritaires” et beaucoup en ont retiré l’impression que la volonté des organisations l’emporterait toujours.

Quand de grands groupes veulent prendre leurs décisions par consensus, il est en général nécessaire d’avoir recours à un modèle de démocratie qui rende impossible de se perdre dans d’épuisantes et interminables discussions. Ces modèles comportent en général les éléments suivants :

Groupes par affinités
Tous sont organisés en groupes par affinités. Ceux-ci ne doivent pas dépasser un nombre suffisamment limité pour permettre aux gens de se connaître mutuellement, et à tous de prendre la parole dans les discussions. On discute dans ces groupes par affinités les questions abordées en Plenum, mais en toute tranquillité.

Conseil intérieur
Tous les groupes par affinités délèguent une personne au Conseil intérieur. Celle-ci essaie de dégager à partir du résultat des discussions menées à l’intérieur des groupes une proposition de consensus qui sera exposée au Plenum.

Plenum
Le Plenum est la seule instance de décision. On tranche sur les propositions du Conseil intérieur et on aborde brièvement des thèmes nouveaux. En règle générale, la discussion a alors lieu dans les groupes par affinités ; ce n’est qu’en cas de décision pressante que le Plenum essaie d’obtenir tout de suite un consensus.

Comme tout le monde n’a pas le même rythme de fonctionnement, il est bon de continuer la discussion après le Plenum. Mais cette reprise de discussion ne permet pas de revenir sur les décisions prises, les propositions émises sont alors soumises au groupe par affinités.


SCHEMA GENERAL DE DEMOCRATIE

Plenum Approche des thèmes et décision par consensus

Discussion

Approfondissement des thèmes
après le Plenum

Groupe par affinités

Laisse la place à la discussion

Conseil intérieur

Elabore une proposition de consensus


Ce texte est aussi édité sous forme de livret illustré :

Chemin commun But commun
manuel de démocratie directe et de prise de décision par consensus

Pays de Cocagne – n° 10 – pratique
les produits du jardin – mai 2002 –
285 avenue de Verdun
46400 Saint-Céré

Origine :
http://lesproduitsdujardin.free.fr/paysdecocagne/manueldeconsensus.htm

http://docs.indymedia.org/twiki/pub/Local/ImcParisDocs/consensustextelavoixpublique.doc

http://docs.indymedia.org/view/Local/ConsensusLaVoixPublique

http://docs.indymedia.org/twiki/pub/Local/ImcParisDocs/consensustextelavoixpublique.doc

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25 mai 2011 Posted by | Notre démocratie | , , , | 2 commentaires

Nous sommes à un tournant de notre histoire politique.


La contestation de la démocratie représentative .

Les dictatures du « socialisme réel » se sont effondrées et à leur suite les mouvements sociaux-démocrates. Seule la loi de l’argent régente le monde, l’exploite et le détruit.

La mort de la sociale démocratie

La sociale démocratie, qui entendait donner à l’économie de marché capitaliste un visage humain, est fondée depuis la fin de la deuxième guerre sur un État providence fort, l’ instauration du plein emploi, et une juste répartition des revenus.

Aujourd’hui , elle accepte l’affaiblissement de cet état providence et renonce au plein emploi.

Cette option sociale démocrate , a disparu et la classe moyenne qui était son terreau s’appauvrit.

Elle laisse la place à ce que nous appellerons désormais le social-libéralisme.

Que se soit le PS ou les verts, la « gauche » est désormais libérale et ne remet pas en cause l’économie de marché (capitaliste ou socialiste) avec son corolaire: la croissance économique comme mesure du « progrès ». Au besoin de démocratie réelle elle répond démocratie participative, c’est vraiment gentil de se dire que le peuple devrait « participer » à la démocratie, mais c’est aussi un syllogisme. Dans une démocratie le peuple ne « participe » pas pour le cautionner au pouvoir d’une « élite », le peuple exerce le pouvoir, politique mais aussi économique.

L’agonie du système représentatif

Le système de représentation montre ces limites :

le président actuel, élu avec moins de 41% de la population en droit de voter (le corps électoral) est totalement discrédité par la vague d’ abstention.

Ce système montre chaque jour la corruption, les conflits d’intérêts, le cynisme (realpolitik), la professionnalisation des représentants, la personnification du pouvoir, le mensonge et le mépris pour le peuple traité comme un enfant mineur et incapable de se diriger lui-même, de faire lui-même les choix vitaux pour sa survie. (l’exemple du nucléaire est éclairant).

Les crises que nous subissons sont dues à un manque de démocratie.

Quelle démocratie réelle accepterait que ces membres meurent de froid devant un logement vide.

Quelle démocratie réelle accepterait de laisser aux banquiers le pouvoir de créer l’argent.

quelle démocratie réelle accepterait l’installation de centrales nucléaires, la vente de nourriture empoisonnée, la destruction des écosystèmes et de la biodiversité…

Ces crises multifactorielles ne sont pas des crises pour tout le monde. Elles sont les conséquences de la confiscation du pouvoir par quelques uns pour leur plus grand profit.

La population aspire à la démocratie réelle.

Avec 20% de participation au vote, moins de dix millions d’électeurs, les responsables politiques pensent-ils toujours être légitimes?

Ou remettraient-ils en cause le peuple lui-même ?

Sire le peuple ne vote plus ! Changez le peuple !

Le peuple ne demande pas la parole il réclame le pouvoir:

  • Par l’usage de référendums d’initiative populaire
  • Par la création d’une assemblée constituante composée de citoyens tirés au sort
  • Par l’usage du mandat impératif (et donc l’abrogation de l’art. 27 de la constitution)
  • Par la révocabilité de ses représentants
  • Par l’Interdiction de deux mandats consécutifs
  • Par la création d’assemblées populaires dotées du pouvoir législatif

L’abstention : le meilleur choix

Non les abstentionnistes ne sont pas dépolitisés bien au contraire, ils refusent de participer à ce jeu de dupe électoral, et exigent que les vrais chiffres de l’abstention soient pris en compte.

Face au désengagement de l’État, nombreux sont ceux qui ont choisi d’agir au lieu d’élire. Les services publics disparaissent et sont pris en main par les gens eux-mêmes.

En France on crée 190 associations par jour et il en existe aujourd’hui plus d’un million…

Alors la population n’est pas prête pour la démocratie ou ce sont nos dirigeants qui s’accrochent aux privilèges que leur confère ce système oligarchique ?

Il est certain qu’aucun ne remettra en cause sa « représentativité » mais nous , nous continuerons à le faire en nous libérant de cette tutelle qui ne fait que nous asservir aux intérêts particuliers, à nous mener à l’abattoir et à détruire notre environnement…

W.A.D

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1 avril 2011 Posted by | Notre démocratie | , , , , , , , , | 8 commentaires

Cantonales 2011 : un viol électoral


Les cantonales 2011 : un viol électoral.

Le taux d’abstention qui augmente régulièrement explose aujourd’hui, mais les politiciens continuent l’air de rien à nous jouer l’air de l’épouvantail d’extrême droite plutôt que de remettre en question leur propre pratique de la démocratie et de la politique.

Comment continuer à se proclamer représentant du peuple quand on est élu avec une minorité de voix ?

On trouve ainsi des « élus » avec 10 % des électeurs inscrits !

On note seulement 20 % de votants en Seine Saint-Denis !

Et encore faudrait-il prendre en compte les non inscrits en droit de voter.

Selon plusieurs études de l’Insee, en y ajoutant les personnes qui ignorent qu’elles sont inscrites sur les listes électorales, environ 4,9 millions de Français ne sont pas inscrits ou croient ne pas l’être (données 2004), chiffre qui varie entre 10 % et 13,3 % du corps électoral sur les neuf dernières années. En France, le corps électoral comprend 44,5 millions d’électeurs pour 62 millions de Français ; il y aurait 45 millions d’électeurs potentiels, c’est-à-dire les Français majeurs non privés du droit de vote.

Il faut également prendre en compte les SDF, les gens du voyage ou les personnes en détention qui sont visées par des textes particuliers.

Désenchantement ?

On entend de ci- de là que les électeurs sont désenchantés. Cette « démocratie » représentative nécessiterait-elle un enchantement ? Les médias sous contrôle de grands groupes privés ne sont-ils plus aussi efficaces ?

Le problème ne vient pas des électeurs mais du système même de représentativité.

Ce système étant par lui -même un système oligarchique grâce auquel la majorité s’en remet à ces représentants sans obligation de résultats ni contrôle d ‘aucune sorte. Ce système est donc loin de la démocratie au sens premier, le pouvoir du peuple. En étudiant l’histoire de la démocratie, et de la démocratie athénienne en particulier , on constate que le premier objectif était justement d’éviter un système oligarchique d’où la mise au point de systèmes comme le tirage au sort des représentants et le mandat impératif.

Le mandat impératif ?

Le mandat impératif est le pouvoir délégué à un individu ou une organisation élu(e) en vue de mener une action définie dans la durée et dans la tâche, selon des modalités précises auxquelles il ne peut déroger.

Il s’oppose au mandat représentatif.

L’actuelle constitution française indique dans son article 27, relatif aux membres du Parlement, que « tout mandat impératif est nul ».

Il est donc constitutionnellement admis que les élus n’ont aucun compte à rendre à leurs électeurs sur les décisions et les réalisations qu’ils mettront en œuvre. C’est ainsi que les décisions primordiales telles que la répartition des ressources publiques, l’utilisation du nucléaire, la privatisation des services publics, les déclarations de guerre, l’allongement des temps de cotisation ou de travail… sont prises par des « représentants » à l’encontre de la volonté du peuple lui-même.

La démocratie représentative : un échec et un danger pour la vie

Quelle leçon tirer de l’augmentation constante de l’abstention?

Dans la mesure où un système politique strictement représentatif pérennise et légitime une vision de la société construite exclusivement sur la délégation totale de pouvoir, la hiérarchie, la domination, et l’exploitation du peuple : l’abstention est de fait un choix politique.

Il convient donc de changer de système et de réinventer une démocratie réelle dans laquelle les décisions seraient bien prise et leurs applications contrôlées par les citoyens.

Mais comment gouverner un grand pays sans élections représentatives ?

Il convient de renverser ce questionnement : les grands pays, ou unions ont précisément été créés en vue de concentrer le pouvoir aux mains de quelques uns. De cette concentration s’en est suivies toutes les crises majeures que nous subissons : crise sociale , crise écologique, crise économique… ce qui est bon pour une poignée de décideurs ne l’est pas pour la grande majorité du peuple.

Ces crises viennent d’un manque de démocratie.

Engageons-nous dans la voix de la démocratie directe, réelle, auto gestionnaire. Et sortons au plus vite de ces pratiques électorales obsolètes , abusives et non-participatives.

Quelle démocratie réelle donnerait ainsi le droit aux banque de créer artificiellement de la monnaie, quelle démocratie réelle installerait des réacteurs nucléaires meurtriers, quelle démocratie réelle laisserait les plus démunis mourir de faim et de froid?

Il est urgent pour l’Homme et pour son environnement que chaque citoyen prenne réellement part aux décisions politiques et économiques. La « démocratie représentative » et la loi du marché nous détruisent et détruisent la planète.

Continuons à refuser ces élections qui nous proposent de designer le chef , parmi ces incompétents gestionnaires de l’économie de marché et qui aura toute puissance sur nos vies et toutes celles de la planète. Continuons à mettre en place, localement les solutions que nous avons, quitte à désobéir à cette oligarchie qui usurpe sa soi-disante représentativité, et qui n’a plus aucune légitimité.

A bas la « représentative » et vive la démocratie locale et directe !

Aquitaine Décroissance

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28 mars 2011 Posted by | Notre démocratie | , , , , , , | 6 commentaires

La démocratie directe en France


Les crises multi-factorielles que nous subissons, sociales, économiques et environnementales sont dues à la confiscation du pouvoir par une oligarchie.

La solution n’est donc pas dans des aménagements du système (tel que le développement durable), mais bien dans la mise en place d’une démocratie directe, horizontale qui redonnerait le pouvoir aux gens.

On le constate, le système de démocratie représentative ne profite qu’a une minorité au détriment de la majorité de la population. Alors que ces pratiques sont en marche dans certains pays comme la suisse, l’état de Californie, de l’Oregon, débattues en Allemagne, il est grand temps que ces idées se répandent en France.

En démocratie directe, le pouvoir provient également de tous et s’exerce également sur tous, on dit que le peuple est souverain, c’est à dire qu’il détient tout les pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire).
Il n’y a donc pas ou presque pas de représentants politiques (ministres, maires, parlementaires, etc).

On peut concevoir l’organisation des pouvoirs dans une hypothétique démocratie directe ainsi :

La nation est le pouvoir législatif :
En effet elle détient l’initiative législative par le droit de pétition et toutes les lois doivent être votées par un suffrage direct véritablement universel, c’est-à-dire qui nécessite l’existence d’un vote obligatoire.

La nation est le pouvoir judiciaire dans la limite de la raison et de l’instruction que possède chaque individu :
La justice doit être populaire dans le plus de domaines où cela est possible et obligatoirement dans les affaires de droit commun.
C’est-à-dire rendu par des gens choisis aléatoirement parmi les citoyens n’ayant jamais été reconnu coupable de crimes ou de délits. Ce système n’est garant de l’impartialité que si l’instruction du peuple, notamment en matière de droit, est la mission première de la communauté. Cependant cette mission de service public peut pour partie ou pour tout être délégué à d’autres organismes dès lors que ceux-ci sont soumis à un strict contrôle par des commissions populaires.

La nation a un contrôle absolu sur le pouvoir exécutif :
D’une part pour que le gouvernement représente toujours la volonté du peuple tout les mandats doivent être courts et conférés au suffrage universel directe, ainsi à tout moment une motion de censure contre le gouvernement doit pouvoir être engagée, il est impérative que si une large majorité du peuple considère qu’une faute grave (non respect des principes fondateurs de la république, alliances diplomatiques inacceptables) a été commise le gouvernement soit destitué dans les plus brefs délais.
D’autre part pour empêcher tout abus de pouvoir le cumul des mandats doit être impossible, et l’initiative législative dont dispose le pouvoir exécutif ne peut se traduire que par des référendums. Pour permettre le bon déroulement de la vie des citoyens le nombre de lois pouvant être instituées sur une certaine période de temps doit être limité (ex : maximum un référendum par semaine). Une telle mesure permet d’empêcher l’inflation législative, un des grands maux des « démocraties représentatives » par l’usage de décrets gouvernementaux (mesure de faible importance non soumis au vote populaire). Evidemment ces décrets peuvent être abrogés par pétition comme toutes les autres lois.
La démocratie directe est un processus collectif de décision qui se fonde sur une organisation horizontale, plutôt que hiérarchique, de la société humaine. Elle est, tout comme le régime représentatif, un concept. Théoriquement, elle peut-être appliquée au niveau du régime politique d’un pays comme au niveau des processus collectifs de décision de tous types d’associations locales ou virtuelles (via Internet).

Aspect historique et sémantique

La démocratie, au sens étymologique de pouvoir (kratos) du peuple (demos) ne peut être que directe. L’expression de « démocratie représentative » peut être considéré comme un leurre car c’est seulement dans une démocratie directe que le pouvoir est le reflet exact des aspirations du peuple. C’est à partir de la naissance de régimes représentatifs parlementaires à la fin du XVIIIe siècle que la classe politique, constituée presque exclusivement de personnes appartenant aux classes sociales aisées, a, pour justifier moralement sa fonction, détourné la définition sémantique du terme démocratie en l’assimilant au régime représentatif/parlementaire.

La démocratie directe, au sens d’un régime dans laquelle la nation est souveraine, n’a réellement existée que dans l’Athènes du VIème siècle avant JC avec les réformes successives de Solon (-594) et Clisthène (-508) :
La nation était effectivement souveraine avec un vote des lois par tous les citoyens réunis, et le tirage au sort des magistrats (pouvoir exécutif) ainsi que des juges qui recevaient des mandats d’un an. Des indemnités journalières de présence étaient même octroyé aux plus pauvres pour leur permettre d’assurer leurs fonctions civiques.
Cependant les femmes étant considérées comme d’éternelles mineures et les esclaves comme des biens ils étaient exclus de la communauté civique. Le système athénien comportait donc des défauts inhérents à l’époque qui vont à l’encontre de notre conception moderne de la démocratie : religion officielle, avilissement de la femme, économie fondée sur l’esclavage.
Bien que la démocratie directe ne se concrétisa jamais par un système plus égalitaire dans l’histoire, si ce n’est dans l’esprit de Jean-Jacques Rousseau qui justifia sa nécessité dans « Du Contrat Social » (1762) et entama même une ébauche d’une Constitution de démocratie directe pour la Corse en 1764, l’utopie de l’instauration d’une démocratie directe moderne existe toujours…

Démocratie directe et services publics

En démocratie directe il n’y a pas nécessité de leaders politiques, mais il peut y avoir évidemment des services publics, dont la nature (quoi, combien, comment, etc.) est déterminée directement/collectivement par les populations.

Allocation du budget Des sondages ont montré que si le budget alloué aux services publics était déterminé collectivement, l’allocation de ce budget serait très différente de ce qu’elle est en régime représentatif. Par exemple, le budget de l’armée et des services secrets serait réduit au profit des budgets alloués à des services tels que les pensions ou les transports en commun.

Contrôle des services publics Par exemple les attributions de contrats publics à des entreprises privées (source importante de détournements de fonds publics au profit d’intérêts privés, via des représentants politiques corrompus) pourraient être collectives, de la conception à l’octroi jusqu’au suivi de réalisation. La publication sur Internet de tous les documents relatifs à des contrats publics, permettrait à chacun(e) de procéder aux vérifications qui dans un régime représentatif sont opérées par des représentants politiques ou des agents de l’administration publique. Ce principe de contrôle de la corruption se retrouve dans la démocratie participative (voir démocratie).

Justice Sur base du principe d’atomisation des processus collectifs de décision (ici par exemple : coupable/innocent ?, peine judiciaire, etc.), la justice pourrait être exercée directement par la collectivité, c’est-à-dire sans recourir aux représentants (corruptibles) que sont également les juges et législateurs.

Limites

Le concept de démocratie a ses propres limites en matière morale puisqu’il revient aussi à l’oppression d’une partie de la population par une autre partie, la démocratie reconnaissant implicitement à une majorité de la population le droit d’imposer sa volonté à la minorité, par la force si nécessaire (majoritanisme). La démocratie directe est seulement moins injuste que le régime représentatif en ce sens que dans le premier cas c’est une majorité de la population qui décide directement, alors que dans le second ce ne sont que quelques centaines de « représentants » élus par une partie (généralement minoritaire) de la population.

D’autre part, la corruption des représentants disparaissant avec les représentants, le fonctionnement de la société humaine est aussi, toutes autres choses étant égales, plus efficace en démocratie directe qu’en régime représentatif.

C’est parce que tous deux reposent sur le principe implicite d’oppression d’une partie de la population par une autre partie (minoritaire dans le cas du régime représentatif, majoritaire dans le cas de la démocratie directe) que certains revendiquent moralement un droit d’ignorer l’État, dont une application pratique est la désobéissance civile. Cependant d’autres considèrent que une liberté de circulation absolue des personnes permet à la minorité non représenté par le gouvernement démocratique en place de ne pas subir la dictature de la majorité en lui laissant la possibilité de quitter son pays.

Débats sur le vote et le consensus chez les anarchistes

Une formule anarchiste du XIXe siècle [1] prophétisait ainsi : S’il y a vote, ce n’est pas une démocratie !. L’unanimité ou le consensus[2] sont préférés aux votes pour définir la démocratie directe.

Pour Brutus Mandal [3], la démocratie directe est la pratique du débat et de la décision collective au sein d’un groupe humain réuni en assemblée. Les choix qui engagent l’ensemble de la communauté y sont faits en toute transparence et sans médiation hiérarchique avec révocabilité des mandataires éventuels.

D’autres anarchistes, comme Errico Malatesta ou Murray Bookchin (Municipalisme libertaire ), considèrent le vote comme nécessaire.

Liens externes

Notes

  1. cité par J-P Durt L’utopie du monde sans élections, 1872, Bruxelles
  2. http://1libertaire.free.fr/ManuelDemocratieDirecte.html
  3. cité dans Octave Mirbeaula grève des électeurs et florilège incivique, ISBN : 978-2-915694-24-6

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source Wikipédia

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10 mars 2011 Posted by | DECROISSANCE, Notre démocratie | , , , | 5 commentaires

   

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