Aquitaine décroissance

vers une démocratie générale

A propos du vote obligatoire (par Jean Petit)


Le 15 avril dernier, Monsieur Claude Bartolone, président « socialiste » de l’Assemblée Nationale révélait à la presse le rapport, commandité par le président Hollande, « Engagement citoyen et appartenance républicaine »1. Parmi les éléments de proposition figure la possibilité de rendre le vote obligatoire à toutes les élections.

Et pour cause, les faits sont là : 56,5 % d’abstention aux Européennes de mai 2014, 53,64 % aux élections régionales de mars 2010, 39 % d’abstention encore aux municipales de 2014. Seule l’élection présidentielle de 2012 tire son épingle du jeu avec un taux d’abstention à 20 %. Précisons que ces chiffres ne prennent pas en compte les personnes non-inscrites sur les listes électorales, qui représentent 7 % du corps électoral potentiel.

Autrement dit, la légitimité des « représentants » est très faible.

Le modèle représentatif menace de s’écrouler définitivement, et par là même, les pouvoirs et les positions dominantes des élus actuellement en place.

Face à ce désaveu, certains dirigeants préfèrent stigmatiser une partie de la population pour son manque supposé de « conscience citoyenne », plutôt que se remettre en cause. Car la disgrâce électorale est la conséquence logique d’un système au service des puissances financières, bien plus que de l’intérêt général.

Ainsi, pour prendre quelques exemples, François Hollande se fait élire pour combattre la finance puis il conduit une politique exactement inverse ; le résultat du référendum sur le TCE (2005) a été piétiné sous la présidence Sarkozy ; l’Union Européenne autorise l’importation et la commercialisation de 19 OGM tandis que les populations y sont hostiles ; le gouvernement met en place un système de surveillance généralisé tandis qu’il peine à tenir ses promesses de campagne, comme la fermeture de Fessenheim. Pour reprendre les mots de Claude Bartolone, « la démocratie, ça s’entretient ».

En outre, le comportement du président et de son premier ministre sont un appel permanent à l’abstention. Après plusieurs défaites électorales très lourdes, ils répètent à l’envie qu’ils ne changeront pas de politique. Dès lors, à quoi bon aller voter, si cela ne change rien. Pourquoi prendre la peine de se déplacer pour exprimer son désaccord sachant, par avance, qu’il ne sera pas entendu. Il faut donc s’armer d’une bonne dose de cynisme et de mépris pour faire la morale au bon peuple pour son manque de « conscience civique ».

Pour « refonder le lien civique », il existe de nombreuses possibilités qui, curieusement, ne sont pas évoquées dans le rapport Bartolone. Que l’on pense à la révocabilité des mandats, procédure permettant de défaire un élu conduisant une politique inverse à celle qui l’a porté aux responsabilités. Pourquoi, par ailleurs, ne pas interdire le cumul des mandats ? En 2008, d’après le New York Times, 85 % des parlementaires français exerçaient un second mandat électif, contre moins de 20 % en Allemagne, en Italie ou au Royaume-Uni2. Cela créerait des espaces et permettrait à de nombreux citoyens de s’investir dans les affaires publiques. On pourrait également instaurer le vote à la proportionnelle intégrale. Ainsi, les différents conseils représentatifs seraient fidèles aux choix réels de l’électorat. Mais ces hypothèses supposent que les élus en poste votent des lois qui restreignent leur pouvoir. On mesure ici les limites de la démocratie « représentative ».

le problème n’est pas de relégitimer les institutions existantes, mais de les modifier.

La proposition du vote obligatoire vise, précisément, à masquer ces limites en opérant une mystification. Car derrière les notions qui rassemblent une grande partie de l’opinion (« engagement citoyen », « appartenance républicaine », « civisme », « démocratie », etc.), le rapport Bartolone ambitionne de redonner de la légitimité aux élus. Or, le problème n’est pas de relégitimer les institutions existantes, mais de les modifier. Il faut instaurer des dispositifs de médiation permettant au peuple d’exercer réellement sa souveraineté, sur le plan local comme national. En définitive, la volonté de rendre le vote obligatoire traduit le souhait des dirigeants de mener les mêmes « réformes » libérales et productivistes avec, en plus, la bénédiction artificielle de la population.

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2 mai 2015 Posted by | Notre démocratie | , , , | 3 commentaires

Foire à l’autogestion


Programme de la Foire à l’autogestion

 

 

 

Les 22, 23 et 24 juin à Paris et Montreuil

Vendredi 22 juin

Lieu : le Lycée autogéré de Paris (LAP, 393 rue de Vaugirard, métro Convention), qui fête ses 30 ans.


18h-20h : forum « Autogestion et pédagogie »

Avec, entre autres :

  • Laurent Ott (philosophe et acteur social, membre de l’Icem-Pédagogie Freinet),
  • une ou un enseignant de l’école Fernand-Labori (pédaogie Freinet) à Paris 18e,
  • une ou un enseignant du Lycée autogéré de Paris.

Mais aussi des actrices et acteurs de la tendance intersyndicale Émancipation et de SUD-Éducation.

 

Samedi 23 juin

Lieu : la Parole errante à Montreuil (9 rue François-Debergue, métro Croix-de-Chavaux).

Stands, buvette, restauration, animation musicale, cycle cinéma, vidéos, ateliers, débats… Plus d’une cinquantaine de structures participantes.


10h : Ouverture de la Foire à l’autogestion


11h-13h : forum « Autogestion, syndicalisme et luttes sociales »

Avec, entre autres :

  • Julien Gonthier (Solidaires-Industrie), qui évoquera le travail pour implanter un syndicalisme de lutte et autogestionnaire dans l’industrie ;
  • le conseiller juridique d’un syndicat du nettoyage, qui nous parlera de l’auto-organisation des luttes des travailleuses et travailleurs, souvent immigrés, parfois sans papiers ;
  • des anarchistes grecs, qui évoqueront le mouvement populaire dans leur pays ;
  • une actrice des CAFards (Montreuil), qui évoquera l’expérience de l’Assemblée générale interprofessionnelle de Montreuil en 2010, dans la lutte pour la défense des retraites.



12h-13h : Atelier : Libérer la parole

On explorera les comportements et cadres de pensée qui peuvent entraver la libération de la parole, créer des frustrations, de l’aliénation et favoriser les jeux de pouvoir dans un groupe ; et on verra ceux qui favorisent la coopération, l’entraide, la décrispation sur les enjeux de pouvoir/territoire. [organisé par AL ; max. 15 participant-e-s]

Lieu : librairie Michèle-Firk.

14h-16h : forum « Autogestion argentine »

Avec :

  • Trois camarades du Frente de Organisaciones de Lucha (FOL, Argentine) qui parleront du travail en coopérative et dans les mouvements sociaux des quartiers populaire ; aborderont les différents types de production : métallerie, menuiserie, boulangerie, couture, nettoyage… ; la situation politique (jeu de chassé-croisé avec le gouvernement Kirchner) ; la formation d’un syndicat des travailleurs en coopérative (AGTCAP) ; les luttes récentes pour défendre l’existence et le statut des coopératives autogérées ; et une expérience directe : la métallerie du FOL.
  • Frank Mintz (auteur, tendance intersyndicale Autre futur) fera le bilan des récupérations d’entreprises en Argentine.
  • Daniel Pinos apportera un éclairage à partir d’expériences chilienne, cubaine et espagnoles.


 


16 heures : cinéma : Grandpuits et petites victoires d’Olivier Azam, 80 min.
Octobre 2010. Les grévistes de la raffinerie Total de Grandpuits (Seine-e-tMarne) sont devenus malgré eux le fer de lance de la lutte pour la défense des retraites. La grève vue de l’intérieur, une  aventure humaine, un outil de réflexion pour les luttes à venir. En savoir plus sur le projet ou visionner la bande annonce.
En présence du réalisateur et d’un gréviste de Grandpuits (sous réserve).


13h-17h : Atelier : Ecriture d’un scénario de jeu de rôle grandeur nature (MAD)

Atelier d’écriture collective d’un scénario de jeu. Ou comment mettre en place une activité de loisir imaginatif autogérée à travers l’exemple de l’écriture de scénarios. Présentation et réflexion du jeu de rôle grandeur nature, de ses enjeux, et de la réappropriation de la ville comme espace de jeu. [organisé par la Mare aux diables ; 20 participant-e-s max]

Lieu : librairie Michèle-Firk.

 


15h-17h : Débat : Printemps arabe, où en est-on ?

L’actualité des luttes dix-huit mois après le Printemps arabe, avec Raouf, Marouane Taharouri et Laurent Esquerre, coordinateurs du dossier spécial d’Alternative libertaire de mars 2012.

Lieu : gradins extérieurs.

 

17h-18h : Atelier : Libérer la parole

On explorera les comportements et cadres de pensée qui peuvent entraver la libération de la parole, créer des frustrations, de l’aliénation et favoriser les jeux de pouvoir dans un groupe ; et on verra ceux qui favorisent la coopération, l’entraide, la décrispation sur les enjeux de pouvoir/territoire. [organisé par AL ; max. 15 participant-e-s]

Lieu : librairie Michèle-Firk.


18 heures : cinéma : 4 courts-métrages sur l’autogestion argentine du Colectivo audiovisual del Sur, La Galponera et Coodinadora de Organisaciones de Base, 30 min.
Quatre courts-métrages réalisés entre 2009 et 2012 par des médias alternatifs argentins sur les coopératives autogérés et les conflits qu’elles ont affronté.
Projection proposée par Pico y Pala en présence de Matias Barrio, du Frente de Organizaciones en Lucha.

17h-19h : Débat: Luttes, logement et autogestion : actualités, pratiques et perspectives

[organisé par la CGA]
Lieu : gradins extérieurs.

 

17h-19h : forum « Autogestion et production 2 : monter une production alternative »

Avec, entre autres :

  • Julie, de la ferme coopérative La Clémenterie (Ardèche) ;
  • Christian Vaillant (scop La Navette);
  • Michel Lulek (éditions du réseau REPAS);
  • Marc Bourgeois (scop Ambiance Bois), qui parleront de leurs projets et de leur parcours.

20h-23h : soirée festive

Avec, entre autres, DJ Aurélie + Iskander et DJ Kind of Red aux platines.


Dimanche 24 juin

Lieu : la Parole errante à Montreuil (9 rue François-Debergue, métro Croix-de-Chavaux).

Stands, buvette, animation musicale, vidéos, ateliers, débats… Plus d’une cinquantaine de structures participantes.


11h-13h : forum « Décroissance et autogestion »

Avec, entre autres :

  • Paul Ariès (politologue et écrivain) ;
  • Alex, syndicaliste et animateur de l’émission Les Mangeux d’terre sur Radio libertaire

 


11h-12h30 : Débat: « Produire et consommer autrement »

On échangera sur la construction d’une autonomie alimentaire pour contrer la dépendance aux centrales d’achat. Pour l’auto-organisation de circuits de production, de transformation et de distribution alternatifs : consom’acteurs, scops et coopératives alimentaires, jardins partagés…
Avec Consom’Solidaires, la scop Courts-circuits Saint-Denis, EcoBox, la scop La Conquête du pain, la scop Andines, la Commune libre d’Aligre…

Lieu : gradins extérieurs.

 

11 h 30 : cinéma : D’égal à égales de Corine Mélis et Christophe Cordier, 52 min.
Elles sont migrantes ou filles d’immigrants, et syndicalistes. Par–delà les conflits du travail, elles nous racontent une démarche d’émancipation individuelle et collective dans une société où sexisme et racisme restent d’actualité. En savoir plus sur le projet ou visionner des extraits.
En présence de la coréalisatrice et d’une syndicaliste (sous réserve).

 

12h30-13h30 : Débat : présentation du plan « Economie sociale, solidaire et écologique » par la revue coopérative L’Age de faire.

Lieu : gradins extérieurs.


13h30 : cinéma : Inventaire avant liquidation de Rémy Ricordeau, 54 min.
De jeunes travailleurs et chômeurs engagent une réflexion sur la nécessité d’initier d’autres pratiques politiques et d’autres rapports sociaux que ceux induits par le salariat et le consumérisme. S’esquissent alors des perspectives de transformations sociales où l’utopie se substitue au réalisme mortifère. En savoir plus sur le projet ou visionner la bande annonce.
En présence du réalisateur.
14h-15h: Atelier « Kit coop » : réfléchir à des outils grand public pour relocaliser l’économie.

[organisé par la scop L’Age de faire ; max. 10 participant-e-s]. Lieu : librairie Michèle-Firk.

14h-16h : forum « Autogestion et projet de société »

En cours d’élaboration. L’ambition est d’évoquer, dans les grandes lignes, ce que pourrait être une société post-capitaliste, tout en dégageant les points d’interrogation et les points de désaccord reflétant le pluralisme des structures participant à la Foire. Suspense !

 

15h30 : cinéma : DSK, Hollande, etc. d’Aurore Van Opstal, Julien Brygo et Pierre Carles, 90 min.
Les rapports médias/politique passés au crible avant la présidentielle de 2012. Ou comment la presse présélectionne les candidats compatibles avec les intérêts du pouvoir économique : DSK, puis François Hollande. En savoir plus sur le projet ou visionner des extraits.
En présence d’un des coréalisateurs.

17h-18h : Atelier « Libérer la parole »
On explorera les comportements et cadres de pensée qui peuvent entraver la libération de la parole, créer des frustrations, de l’aliénation et favoriser les jeux de pouvoir dans un groupe ; et on verra ceux qui favorisent la coopération, l’entraide, la décrispation sur les enjeux de pouvoir/territoire. [organisé par AL ; max. 15 participant-e-s]

Lieu : librairie Michèle-Firk.

by David http://www.foire-autogestion.org/

12 juin 2012 Posted by | Notre démocratie | , , | Laisser un commentaire

La démocratie directe est-elle possible en France ?


Comment la démocratie directe peut-elle Être obtenue en France ?
  • La déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, qui fait partie du préambule de notre Constitution, nous dit que « La loi est l’expression de la volonté générale »
    et que «
    les citoyens peuvent concourir personnellement, ou par leurs représentants,
    à sa formation
    ».
  • L’article 3 de la constitution dit ceci : « La souveraineté nationale appartient au peuple
    qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum
     ».
Tout semble être écrit pour que la démocratie fonctionne et pourtant cela ne marche pas !
  • Pourquoi ? Simplement parce que l’outil qui permet au peuple de reprendre la parole entre 2 élections, cet outil qui ouvre le droit à concourir à la formation de la loi n’a pas été donné
    au peuple. Il nous faut donc, pour corriger cet « oubli », modifier l’article 3 de notre Constitution :
« La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par
la voie du référendum
d’initiative citoyenne*, en toutes matières – notamment constitutionnelle –
et de ratification des traités ; cet article ne peut être modifié que par voie référendaire.
Si la loi organique fixant les modalités de ce référendum n’a pas été promulguée dans les 6 mois suivant l’adoption de cet article, des élections législatives anticipées seront organisées
. »
Commentaires sur la modification de l’article 3 :
Le domaine constitutionnel et la ratification des traités sont bien mentionnés pour que
les citoyens puissent imposer – s’ils le souhaitent – un référendum, par exemple, après un traité comme celui de Lisbonne fortement contesté.
Il est prévu que cet article 3 ne peut être modifié que par voie référendaire pour éviter qu’un vote des élus puisse le modifier à l’insu des citoyens.

Des élections anticipées sont prévues si la loi organique précisant les modalités n’est pas votée 6 mois après l’adoption du nouvel article 3. En effet, il est prudent de le préciser puisqu’on a vu que l’article 11 de la Constitution, voté en congrès en juillet 2008, n’était toujours pas en vigueur car la loi organique n’a toujours pas été adoptée 4 ans après !
Cette modification amènera à notre pays la part de démocratie directe que nous souhaitons tous.

Simple et efficace, le Référendum d’Initiative Citoyenne apportera au pays l’élan de changement dans la sérénité et le respect des opinions de chacun.

Qu’est-ce QUE LE Référendum d’initiative citoyenne ?


Un référendum d’initiative citoyenne permet à un citoyen, apportant la preuve d’un large soutien populaire, de provoquer l’organisation d’un vote de la population concernée, dont le résultat s’imposera à tous. Le référendum d’initiative citoyenne doit être possible à tous les niveaux territoriaux, de la Commune à l’Union européenne.

Le plus important pour les citoyens est de pouvoir, soit abroger une loi, soit en proposer de nouvelles. Nul doute, en effet, qu’avec ses 45 millions d’adultes et l’extrême diversité de ses métiers le peuple détient, pour le faire, toutes les compétences et tous les niveaux d’expertise.

avantages procurés par le Référendum d’initiative citoyenne

Nos voisins Suisses disent que les référendum d’initiative citoyenne leur permettent d’être bien informés et d’être plus compétents en matière politique ; ils mettent à son crédit des actions pionnières en matière de politique des transports, d’agriculture et de santé. Le référendum d’initiative citoyenne désamorce les tensions, les conflits potentiels en donnant la parole
à des groupes de citoyens mal représentés au Parlement.

Voici 3 exemples :
– 1996 : Refus d’une loi sur la flexibilité du travail jugée inéquitable pour les salariés.
– 2002 : Refus de la privatisation des moyens de production de l’électricité.
– 2005 : Vote d’un moratoire de 5 ans sur les OGM en agriculture.
  • Le référendum d’initiative citoyenne existe également dans 27 des États des USA,
    en Allemagne, en Italie mais abrogatif seulement.
  • Le référendum d’initiative citoyenne est un outil de contrôle préventif des décisions
    des élus qui évite bon nombre des gaspillages immenses d’argent public.
  • Le risque de voir une loi abrogée ou une décision remise en cause par référendum d’initiative citoyenne, obligera l’exécutif en place à une véritable concertation et non aux actuels simulacres après lesquels les élus font ce qu’ils avaient décidé avant la rencontre !
  • Le Gouvernement pourra ainsi – s’il en a la volonté politique – faire des réformes profondes dans un climat de paix sociale.

Le référendum d’initiative citoyenne est un outil anti-corruption. Les grandes surfaces,

  • par exemple, ne voudront plus « acheter » leur permis de construire de création
    ou d’extension, s’il pouvait être remis en cause.
  • C’est un outil égalitaire. Il n’est plus nécessaire de bloquer la France avec des trains,
    des camions ou des tracteurs et le plus souvent sans résultat !
  • Tout citoyen pourra obtenir un vote démocratique, sur une réforme s’il prouve qu’il bénéficie d’un large soutien.
  • Des propositions de loi sur des sujets de société comme les OGM, le nucléaire, l’âge
    de la retraite ou encore la vaccination, l’euthanasie etc., pourraient être soumises
    au peuple devenu Le Souverain.
Faisons de notre pays la 1ère République citoyenne

Rien n’est plus fort qu’une idée dont l’heure est venue – Victor HUGO

L’initiative citoyenne permet à un citoyen ou un groupe
de citoyens d’obtenir – en toutes matières – par pétition, l’organisation
d’une consultation sur une proposition de loi élaborée par eux ou l’abrogation d’une loi existante.
Cette forme de démocratie directe peut sans difficulté
exister au sein d’une démocratie représentative.
Elle existe notamment chez nos  voisins Suisses
source: Direction collégiale du Rassemblement pour l’Initiative Citoyenne

 

8 mai 2012 Posted by | Notre démocratie | , | Un commentaire

Débat Démocratie directe


Printemps de Politis 62

 

21 avril 2012 Posted by | Non classé, Notre démocratie | , , | Laisser un commentaire

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30 décembre 2011 Posted by | Non classé | , , , , , , | Un commentaire

Samedi 15 octobre : rassemblement international des indignés


Dans 950 villes de 82 pays, les indignés du monde entiers sont invités ce samedi à descendre dans la rue, à occuper les places, pour réclamer une démocratie réelle et directe et mettre fin à la dictature de la « démocratie représentative » et de ses amis de la finance.

Liens streaming des manifestations en direct ici

Le mouvement est devenu planétaire. Il grandit aux Etats-Unis, autour d’Occupy Wall Street, et des Indignados espagnols de la première heure, partis pour une longue marche de protestation, arrivent à Bruxelles pour porter leur voix au Parlement Européen,

« Unis d’une seule voix, nous allons faire savoir aux politiciens, et aux élites financières qu’ils servent, que c’est à nous, le peuple, de décider de notre avenir. Nous ne sommes pas des marchandises entre leurs mains, ni entre celles des banquiers, qui ne nous représentent pas. »

Voici les lieux de rassemblements en France de ce samedi 15 octobre :

* Aix-en-Provence

11h00 : rencontre avec les gens du quartier sur le marché du Jas de Bouffan

13h30 : pique-nique partagé au bas du cours Mirabeau

15h00 : dessert et animations aux allées provençales.

17h00 : assemblée citoyenne au bas du cours Mirabeau,

* Ales : Alès, place du Cratère 14h-17h

* Angers : 14 h, Place du ralliement

* Amiens 15h Place Gambetta

* bayonne, 14h place de la liberté (devant la mairie)

* Bordeaux : Départ 14h Place Pey-Berland (mairie de Bordeaux) Parcours : rue des Frères Bonie, Cours d’Albret, place Gambetta, Clémenceau, allées de Tourny, Grand théâtre, rue Esprit des lois, miroir d’eau sur les quais, Alsace Lorraine, Pey Berland. Plusieurs interventions, prises de paroles et animations sont prévues tout au long du parcours, ainsi que 5 mn de vacarme ! (Apportez des casseroles, crécelles, tambours, etc.) Prévoyez votre pique-nique.

* Caen : 18h face à la préfecture

* Chalon-sur-Saône A partir de 15 h00 Place de Beaune déambulation festive, assemblée populaire, concerts.

* Clermont-Ferrand : 15h Place de Jaude

* Dax : à partir de 9h30 au marché couvert, rue d’Aulan

* Genève : 13:30 – 21:00 devant le Palais des Nations

* Grenoble : Place Victor Hugo à 14h

* Limoges : 14 Heures place de la motte

* Lyon : 14h, place Bellecour (Apportez tout ce que vous jugerez utile à votre confort et au confort collectif (pique-nique, tentes, instruments de musique, banderoles…)

* Marseille :

13H00 place Général de Gaulle Pique-nique de partage, puis ateliers, débats et rencontres.

16H00 départ pour le Cours Julien afin d’y tenir l’assemblée populaire marseillaise du 15 octobre

* Montpellier : sur l’Esplanade à 14h

* Nantes : 14h00 place royal (place du peuple)

* Narbonne : 9h30 déambulation, et à 14h un rassemblement est prévu à Port la Nouvelle

* Nice 13H30 place Massena Pique-nique de partage, puis ateliers, débats et rencontres

* Nimes à 15 h devant la maison carrée

* Orléans : 15h place Louis Roguet (rue de Bourgogne)

* Paris : Rendez-vous à 14h pour des assemblées populaires locales devant les gares de Lyon, de Châtelet, Austerlitz, du Nord, de Saint-Lazare, et dans d’autres lieux (Belleville…)

17h à l’Hôtel de Ville pour une AG connectée aux AG de Barcelone, New York, Madrid, Bruxelles etc.

* Pau : départ de la Place Clemenceau à 11H, jusqu’à la MJC Berlioz, Construction de la tente des indignés

* Perpignan 11 H place de la Victoire (Castillet)

* Pezenas Rassemblement à 9h30 sur la place du marché

* Poitiers Rassemblement à 14h30, Place d’Armes

* Rennes : 12h au mail François Mitterrand

* Saint Etienne : la place de l’Hôtel de Ville

* Strasbourg : place Kléber de 14 à 17h

* Tarbes : 10h30 derrière le tribunal

* Tour : 12h, place de la victoire

* Toulouse : Place Arnaud Bernard à 14h

* Valence : 10h: Rassemblement une banque à Valence (sur boulevard, statue qui lit)

liens :

http://15october.net/fr/ : Site international du 15 octobre
http://occupywallst.org/ : Site d’Occupy Wall Street
http://occupyfrance.org : Site français

15 octobre 2011 Posted by | Désobéissance civile, Notre démocratie | , , , , | Un commentaire

Le scandale du référendum d’initiative populaire « à la française »


Le R.I.P porte bien son nom

L’article 6 et l’article 14  de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 qui fait partie de nos textes constitutionnels donnent le pouvoir au citoyen, à côté des parlementaires de faire la loi, y compris la loi fiscale. L’article 6 déclare : « La loi est l’expression de la volonté générale. Tous les citoyens ont droit de concourir personnellement ou par leurs représentants à sa formation. » L’article 14 donne les mêmes pouvoirs aux citoyens, ou à leurs représentants en matière de loi fiscale.

Deux cent vingt-deux ans plus tard, ces textes ne sont toujours pas appliqués !

Ce que l’on nous a vendu comme référendum d’initiative populaire:

En 2008, une réforme constitutionnelle devait permettre à une partie de la population de proposer un projet de loi en vue d’un référendum : on appelle ça le référendum d’initiative populaire.

Un référendum « peut être organisé à l’initiative d’un cinquième des membres du Parlement soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales »

soit :184 parlementaires et 4,5 millions d’électeurs

Ce référendum n’est donc finalement qu’un référendum d’initiative parlementaire qui rend impossible toute initiative populaire.

Ils ne nous représentent pas!

Le débat autour de la nécessité du référendum d’initiative populaire est un des symptômes de la crise politique de la démocratie représentative.

Les citoyens ne se sentent plus représentés et même parfois bafoués comme après le référendum du 29 mai 2005. Ils aspirent légitimement à retrouver la souveraineté populaire.
Ce débat doit donc avoir lieu . Mais il n’est qu’un des aspects de la question plus large des institutions.
Celles-ci ne sont plus légitimes. Il faut repenser la règle du jeu politique et seul le peuple a la légitimité pour les repenser.

En France, le référendum d’initiative populaire, c’est-à-dire le référendum organisé à l’initiative d’une fraction du corps électoral, n’est toujours pas prévu par la Constitution.

En effet, celle-ci attribue l’initiative du référendum au président de la République, que le référendum ait lieu dans le cadre de l’article 11 ou dans celui de l’article 89.

Dans le premier cas, c’est le président de la République, sur proposition conjointe des deux assemblées ou, pendant la durée des sessions, sur proposition du gouvernement, qui peut décider de soumettre à référendum « tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique ou sociale de la Nation et aux services publics qui y concourent, ou qui tendent à autoriser la ratification d’un traité qui, sans être contraire à la Constitution, aurait des incidences sur le fonctionnement des institutions ».

Dans le second, le référendum constitue en principe l’aboutissement de la révision constitutionnelle, après qu’elle a été approuvée par les deux assemblées en termes identiques. Toutefois, lorsque la révision a pour origine une initiative de l’exécutif, le président de la République peut décider de ne pas la soumettre à référendum, mais au Parlement réuni en Congrès.

Le référendum prévu par la Constitution française est donc un référendum normatif, puisqu’il permet l’adoption d’un texte, législatif ou constitutionnel.

Cependant, dans d’autres pays, le référendum, notamment lorsqu’il est organisé à la demande d’une fraction du corps électoral, peut également être abrogatif ou consultatif. Le premier vise à abroger des textes déjà en vigueur, tandis que le second est organisé pour connaître l’opinion des électeurs, mais n’a aucune valeur contraignante.

L’analyse des dispositions italiennes, suisses et californiennes montre que :

– dans les trois cas, le référendum d’initiative populaire donne aux électeurs un droit de veto sur certains textes que le Parlement vient d’adopter ;

– en Italie, les lois en vigueur peuvent être abrogées par un référendum d’initiative populaire ;

– en Suisse et en Californie, une fraction du corps électoral peut, par référendum, demander l’adoption de textes législatifs.

Nous citoyens démocrates et indignés soutenons toutes actions et débats visant à faire sortir le pays de ces institutions bonapartistes anti-démocratiques, à reconnaître au peuple sa souveraineté.

La loi est l’expression de la volonté générale. La seule démocratie est la démocratie directe et générale (sociale, politique, économique et environnementale).

articles liés: notre démocratie

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sources:

e-nitiativepopulaire.fr

assemblee-nationale.fr

senat.fr

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28 juillet 2011 Posted by | Notre démocratie | , , , , | 2 commentaires

Le Loup et le Chien



Un Loup n’avait que les os et la peau,
Tant les chiens faisaient bonne garde.
Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s’était fourvoyé par mégarde.
L’attaquer, le mettre en quartiers,
Sire Loup l’eût fait volontiers ;
Mais il fallait livrer bataille,
Et le Mâtin était de taille
A se défendre hardiment.
Le Loup donc l’aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu’il admire.
 » Il ne tiendra qu’à vous beau sire,
D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
Quittez les bois, vous ferez bien :
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, haires, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi ? rien d’assuré : point de franche lippée :
Tout à la pointe de l’épée.
Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin.  »
Le Loup reprit : « Que me faudra-t-il faire ?
– Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son Maître complaire :
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons :
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse.  »
Le Loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse.
Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.
 » Qu’est-ce là ? lui dit-il. – Rien. – Quoi ? rien ? – Peu de chose.
– Mais encor ? – Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
– Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? – Pas toujours ; mais qu’importe ?
– Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.  »
Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

Les Fables, Livre I

Jean de la Fontaine

4 juin 2011 Posted by | Désobéissance civile, Notre démocratie | , , , , | Un commentaire

Indigné-es, attention! (ou Monsieur Hessel vous n’avez pas compris!)


Monsieur Hessel vous n’avez pas compris!

Voilà deux semaines maintenant que le mouvement des ‘indigné-es » ou du 15M est  » a pris la place »…

Les  médias commencent à en parler, mais que disent-ils?

On connaît la force de récupération de tout mouvement contestataire par le « système » marchand, or on nous présente aujourd’hui ce mouvement (une démocratie réelle, maintenant!) comme étant celui d’une jeunesse « déclassée » qui, bien que diplômée, vit encore « chez papa-maman » et qui se bat parce qu’elle subit la crise. Et même la figure charismatique de Hessel, nous somme de rentrer dans le rang en appelant, hier à ne pas considérer le boycott des élections comme solution car dit-il « ce sont les partis qui commandent notre vie politique« .

Mais quelles sont les revendications réellement partagées par les peuples d’Europe et du monde?

Est-ce un meilleur pouvoir d’achat? Est-ce un meilleur logement? Est-ce une baisse du chômage des jeunes?

Non! La principale revendication est celle d’une démocratie réelle, d’une démocratie directe et horizontale et c’est bien ce que les médias ou Monsieur Hessel feignent de ne pas comprendre.

En effet un tel mouvement est, tel qu’il se présente irrécupérable, on ne peut pas le faire entrer ni dans les partis ni dans les syndicats qui jouent le jeu de la démocratie  » représentative » puisque le mouvement critique en premier lieu cela: la pratique pyramidale du pouvoir. Ce mouvement n’a ni représentant-es , ni encore moins de propositions ou de revendications à faire valoir pour « améliorer » le système.

Voilà enfin un mouvement qui ne peut pas, par sa nature même, être assimilé par le jeu « démocratique » actuel . Sa force et son essence même est la mise en place (et en actes) de nouvelles règles pour un autre jeu politique.

Non nous ne voulons plus jouer ni avec vos règles, ni à votre « jeu ».

Ce mouvement est autonome et autonomiste et sa valeur ne se mesurera pas aux « propositions » qu’il pourrait faire à « nos élus » mais bien à son existence et à sa propre pratique d »une démocratie horizontale et autogérée. C’est ce qui se passe tous les soirs dans de nombreuses villes lors des assemblées citoyennes.

La victoire est acquise!

Voilà pourquoi si le message et la pratique ne sont pas totalement dévoyées par les médias ou autres faux représentant-es ou portes paroles, la victoire est acquise et totale.

La démocratie représentative est remise en cause par le peuple souverain et cela de façon mondiale.

C’est la victoire d’un peuple mondialement uni pour dire: votre système ne nous convient pas, pour dire: nous savons que les crises multifactorielles que nous subissons sont dues à un manque de démocratie, (quelle assemblée citoyenne pourrait décider d’ouvrir une nouvelle centrale nucléaire, d’appauvrir l’éducation de sa jeunesse etc…?), pour dire nous voulons juste une vraie démocratie et nous n’avons besoin de personne pour la mettre en place. La démocratie c’est nous .

Le peuple est maintenant bien conscient du fait que cette « démocratie représentative » ne représente que les intérêts particuliers d’un petit nombre, les outils nécessaires pour reprendre en main notre destinée se forgent; les imaginaires se « décolonisent » et aucun retour en arrière n’est désormais possible.

Wajeb

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30 mai 2011 Posted by | Désobéissance civile, Notre démocratie | , , , , , , | 7 commentaires

Manuel de démocratie directe et de prise de décision par consensus



LE CITOYEN COLLECTIF PRESENTE :

« Dans un monde “dirigé” selon le modèle de décision par consensus, les armes atomiques, les génocides et les maltraitances imposées aux peuples indigènes, la destruction de l’environnement et la folie guerrière seraient impossibles, car bloqués par toi et des millions d’autres gens. »

Chemin commun But commun
manuel de démocratie directe et de prise de décision par consensus

QU’EST-CE QUE LE CONSENSUS ?

Consensus veut dire : “accord entre les gens”.

Le processus de prise de décision par consensus est une méthode permettant de prendre une décision qui inclue l’opinion de tous les membres d’un groupe. Beaucoup s’imaginent qu’elle implique forcément des discussions aussi interminables qu’inefficaces. En réalité, quand elle est bien appliquée, la prise de décision par consensus est l’une des meilleures méthodes pour arriver à prendre des décisions que tous les membres du groupe pourront revendiquer.

Pour travailler en “consensus”, il faut que le groupe ait un but commun et la volonté de travailler ensemble à résoudre les problèmes au fur et à mesure. On développe et on discute tous les schémas possibles de décision qu’impliquent les différentes propositions ; le but étant d’intégrer les réserves émises par différents individus de façon à ce qu’émerge une proposition à laquelle tous peuvent souscrire. Si l’on discute avec suffisamment d’objectivité et d’inventivité, on a de grandes chances à la fin de la discussion de se retrouver avec une bonne décision, acceptable par tous.

Le processus de prise de décision par consensus repose sur l’idée selon laquelle le chemin suivi pour trouver une décision est une partie importante de la décision elle-même. Une démarche réussie donne à tous la possibilité de contribuer à la décision. Le présent manuel vise à informer sur ce qui est à la base du consensus. Nous y avons ajouté une modélisation de la démarche aboutissant au consensus, mais il ne faut pas s’en tenir à ce modèle de façon rigide… vous pouvez vous-même trouver d’autres processus de décision, modifier les étapes proposées, ajouter des rôles en les modifiant, selon ce qui correspond le mieux aux besoins de votre groupe.

CODE GESTUEL
Lorsqu’un groupe entier veut prendre une décision, en général on parle beaucoup. Mais il n’est pas vrai que tout ce que l’on a à exprimer doive passer par des mots. Tenant compte de cela, on a développé un code gestuel pour exprimer des choses importantes sans avoir à interrompre celui qui est en train de parler.

Main ouverte levée
Comme à l’école : “j’aimerais dire / demander quelque chose”. Garder la main levée jusqu’à ce que le modérateur le voit et prenne en compte la demande de prise de parole. Quand beaucoup de gens font ce signe, le mieux est de faire une liste, et de prendre les interventions les unes après les autres.

Les deux mains forment un “T”
“T” veut dire “technique de discussion”. On emploie ce signe quand on a l’idée d’un autre processus qui permettrait au groupe d’arriver à une décision (par exemple : discuter les différents aspects du problème en sous-groupes). Normalement, le modérateur doit prendre en compte ce signe avant toutes les autres demandes de parole, dans la mesure où une proposition technique judicieuse peut épargner beaucoup de paroles inutiles. Ne JAMAIS utiliser ce signe pour de-mander la parole, il existe un signe pour cela.

Agiter les mains vers le bas
Cela veut dire “parlez plus lentement”. Ce signe est particulièrement utile dans les rencontres internationales où l’on travaille avec l’anglais ou avec des traductions.

Agiter les mains vers le haut
veut dire “plus fort”. Intéressant dans les grands groupes, ou quand une personne parle trop doucement.

Se frotter les mains
Veut dire “conclusion s’il vous plaît”. Utilisé quand celui ou celle qui parle se répète et n’arrive pas à conclure.

Agiter les doigts devant le visage
veut dire “c’est confus”. Il faudrait que celui ou celle qui parle reformule brièvement avec d’autres mots ce qu’il essaie de dire.

Agiter les mains levées
C’est le signe du consensus, voulant dire “ça a l’air d’une bonne idée / oui, c’est ce que je voulais dire”. C’est une expression silencieuse de l’accord. Lorsque quelqu’un a une bonne idée et que le modérateur voit que beaucoup font ce signe, cela veut dire que le groupe est proche du consensus.

Les mains levées dessinent un X
Cela veut dire “non” ou “je ne suis pas du tout d’accord avec ce qui vient d’être dit”.

Un poing levé
veut dire “stop, je bloque cette idée / veto”. On utilise ce signe quand on a le sentiment qu’on ne peut absolument pas souscrire à une certaine proposition. Ce signe est pris en compte avant les demandes normales de prise de parole. Il faut toutefois être prudent avec ce signe et ne l’utiliser en aucun cas pour demander à parler. Quand plusieurs personnes lèvent le poing en même temps, on peut stopper une mauvaise idée avant même qu’elle ne soit développée en détails.
POURQUOI LE PRINCIPE DE CONSENSUS ?

Le monde dans lequel nous vivons actuellement est peut-être le meilleur argument en faveur d’un nouveau processus de prise de décision, dans la mesure où ce monde a été construit selon les “vieilles” méthodes.
Dans un monde “dirigé” selon le modèle de décision par consensus, les armes atomiques, les génocides et les maltraitances imposées aux peuples indigènes, la destruction de l’environnement et la folie guerrière seraient impossibles, car bloqués par toi et des millions d’autres gens.

Le principe de consensus est né d’une critique des méthodes de décision existantes qui conduisent souvent à ce que le pouvoir se trouve concentré dans les mains de quelques-uns et que les décisions soient prises sur la base de valeurs corrompues. Par ailleurs, beaucoup de gens trouvent inacceptable le fait que dans les modèles fondés sur le principe de majorité, les minorités ne soient pas prises en compte et subissent donc une discrimination.

Le principe de décision par consensus essaie de donner aux individus autant de pouvoir que possible, ainsi que la possibilité d’intégrer dans les décisions un savoir fondé sur l’expérience commune. La nécessité du principe de décision par consensus repose sur l’expérience : celle-ci nous montre que toute décision reposant sur des simplifications de la vérité (autrement dit, travaillant avec des modèles de décision), court le danger de négliger des points importants. Un plus grand nombre d’opinions diversifiées reflète plus exactement l’opinion des gens. Le principe de décision par consensus motive plus les gens à s’impliquer que les autres méthodes de décision.

Inconvénients
Le processus de décision par consensus est lent. Dans un système fondé sur le vote à main levée, un meneur de discussion talentueux et résolu peut condenser un nombre conséquent de décisions en un temps relativement court. Dans un système hiérarchique, il peut répartir les tâches, mais même le meilleur modérateur ne peut faire adopter les décisions qu’au rythme du plus sceptique des participants. Un bon modérateur excitera l’imagination du groupe pour trouver des solutions plus rapides aux problèmes, mais il n’est pas possible de comprendre ce qui s’oppose à la résolution des problèmes sans se donner du temps.

Le principe de consensus a ses limites. Plus les groupes sont grands, plus il est difficile d’arriver au consensus. A la différence de ce qui se passe dans le vote classique, à bulletin secret ou à main levée, où les minorités radicales se trouvent constamment exclues, le consensus nécessite un accord fondamental quant au but poursuivi par le groupe. Quand une partie du groupe exprime des désirs ou des représentations fondamentalement différents, peut-être un consensus est-il impossible.

Avantages
§ Les décisions sont de meilleure qualité (elles durent plus longtemps et sont moins contestées).

§ Le consensus reflète l’opinion de tous

§ La proposition naît du groupe. Il n’est pas très important de savoir qui a soutenu l’idée au départ puisque la proposition se retrouve sans cesse reformulée par le groupe pour inclure des objections. Et au final, le groupe s’approprie la proposition.

§ Chacun est responsable. à la différence de ce qui se passe quand on vvote à main levée, personne ne peut se soustraire à une décision prise par consensus et dire “je n’ai jamais aimé cette idée, je ne ferai pas ma part”. (Cela ne garantit cependant pas que d’autres excuses ne puissent être invoquées).

§ Il y a moins de confrontations. Les querelles sont abrégées, soit par le modérateur, soit par la prise en considération que le progrès dépend de l’accord entre les gens et que les querelles ne servent l’intérêt de personne.

§ Ce processus enseigne les gens à écouter. Comme les objections doivent être prises en compte, on ne peut pas ignorer ce que disent les autres. La compréhension mutuelle en est augmentée.

§ Le consensus ne génère pas de frustration.
SCHEMA D’ELABORATION DU CONSENSUS

Ce diagramme est conçu comme un survol des étapes suivies dans une décision prise par consensus.
D’autres explications se trouvent après.


Problématique : Qu’est-ce que nous voulons décider ?
Collectage d’informations : Faits et opinions qui peuvent aider à résoudre le problème
Propositions Inventaire des options pertinentes par rapport au problème.
Contre-propositions : Modification des propositions pour y inclure les objections
Récapitulation des propositions soumises au consensus    Tout le monde peut-il vivre avec la proposition définitive ?
Refus   La proposition doit encore être modifiée   (retour à l’étape “récapitulation des propositions”)
 Consensus Large accord Pas de veto ?
On a une décision.

DECISION
Toutes les décisions sont prises par consensus…
Qu’est-ce que ça veut dire exactement ?
Tout d’abord, il s’agit d’élaborer une proposition soumise au consensus qui tienne compte de toutes les opinions. Elle peut l’être par chacun des participants à la discussion, par le modérateur, ou bien – spécialement dans les grands groupes – par le délégué des sous-groupes. Quand il n’y a pas de problème de compréhension ou de proposition d’amélioration, il faut encore vérifier si la proposition est vraiment capable d’entraîner un consensus. Pour ce faire on passe par quatre étapes :

– je donne mon accord sans réticence
– je donne mon accord avec des réticences
– je ne suis pas d’accord mais je ne m’opposerai pas à la mise en oeuvre de la proposition
– j’oppose un veto

Il est important de distinguer entre la 3° et la 4° étape. Un veto signifie qu’on ne pourrait pas vivre avec une décision bien précise. Dans le cas où on n’apprécie absolument pas une certaine décision, mais qu’on n’a pas de problème à ce que les autres agissent en conformité avec elle si cela leur convient, le veto ne se justifie pas.

Une proposition est acceptée quand la grande majorité approuve les deux premières étapes, et qu’il n’y a pas de veto. Quand la proposition n’est pas acceptée, il faut chercher à en reformuler une meilleure.

Quand dans une situation donnée, un veto s’oppose à un veto, c’est la dernière décision (plénière) qui reste valide, et rien n’est changé. Quand aucun consensus ne peut s’envisager même après de nouvelles discussions, le groupe doit se séparer.

Dans certains cas particuliers, on peut aussi décider par consensus de trancher par décompte des voix à propos d’une question déterminée, par exemple lorsque deux possibilités s’opposent et qu’il n’est pas possible de trancher, mais que les participants ne s’opposent pas à ce que l’autre solution que la leur soit choisie.
LES ROLES DANS LA DECISION PAR CONSENSUS

Le modérateur
C’est le rôle le plus important. Lui incombent les responsabilités suivantes :

a)le processus ne doit pas s’interrompre.
b)les différentes opinions à l’intérieur du groupe doivent être correctement présentées.
c)les différents rapports de force présents dans le groupe doivent être équilibrés.
d)il doit concevoir l’ordre du jour et ne pas perdre de vue les modifications qui lui sont apportées

Le modérateur n’est pas un meneur de discussion ni un présentateur. Il doit suffisamment maîtriser les étapes du processus de décision, ainsi que les techniques permettant d’identifier les décisions à prendre, pour être capable d’amener le groupe au consensus. Il lui faudrait éviter des phrases telles que : “Comment voulez-vous que le groupe évolue maintenant ? / Comment le groupe va-t-il évoluer ?” parce que cela amène une discussion à propos de la discussion et retarde le déroulement des choses. Quand on choisit le rôle de modérateur, cela suppose en général de ne pas exprimer sa propre opinion, l’important dans ce rôle étant de rassembler les opinions du groupe et non de dire ce qu’on pense.

Parfois, le modérateur a envie de contribuer lui-même activement à la décision : dans ce cas, il lui faudrait confier la tâche à quelqu’un d’autre. Les bons modérateurs conduisent le groupe avec une douce autorité à travers les étapes du processus de décision. Quand le groupe commence à s’approcher d’une idée, ils essaient de la reformuler en une proposition dont ils commencent par formuler les inconvénients principaux.

Quelques autres rôles importants…
normalement, le modérateur ne doit pas assumer en plus aucun de ces rôles.

Le rédacteur du protocole
ou au moins quelqu’un qui note les décisions que le groupe a prises.

Le baromètre des “vibrations”
Il est attentif aux sentiments qui se font jour dans le groupe, en particulier quand certains se sentent piétinés par le groupe ou agressés personnellement. Normalement le “vibes watcher” est écouté en priorité par le modérateur et parle directement avec les gens quand il a l’impression qu’ils ne vont pas bien. Quand les gens se sentent vraiment très mal à l’aise, c’est au groupe d’assumer la responsabilité d’y remédier.

Le distributeur de temps
Le groupe élabore un ordre du jour et établit combien de temps doivent être discutés les différents points. Le distributeur de temps signale au groupe quand il a dépassé ce temps. Le modérateur peut alors demander au groupe s’il veut consacrer plus de temps au thème concerné.

La “bouche”
La bouche parle au nom de ceux qui n’osent pas parler devant le grand groupe et ne fait que rapporter ce qui lui est dit.

TECHNIQUES

Brainstorm
Cette technique est un essai pour trouver des idées “en gros”. Les gens avancent des idées et le rédacteur du protocole les note. Il ne faut pas chercher à formuler des propositions abouties dans ce cadre.

Tour de parole
Le modérateur invite chacun des membres du groupe à exprimer son opinion à propos d’un thème donné. Certes, cela dure le plus souvent longtemps, mais cela permet d’avoir l’apport de chacun (sans que quiconque puisse se sentir contraint puisque tout le monde dit quelque chose).

Les sous-groupes
En particulier dans de grosses rencontres, il peut-être bon de se répartir en sous-groupes pour permettre à un plus grand nombre de gens de parler. Les sous-groupes peuvent alors décider quels sont les points les plus importants, et reviennent au grand groupe avec une série d’idées noyaux.

Echange de rôles
On peut utiliser cette technique pour résoudre des problèmes ou des conflits dans le groupe. Elle convient à des gens ayant du mal à adopter le point de vue de l’autre. Ils échangent pour un temps déterminé leurs rôles et représentent l’opinion de l’autre. Chacun énonce l’argument principal des autres.

La vigie
C’est une aide précieuse pour dégager où en est exactement le groupe. A la base, il s’agit d’opérer un décompte des voix à propos d’un thème déterminé – décompte qui n’a pas de force de décision, mais ne sert qu’à établir ce que pense le groupe sur un sujet déterminé. La procédure est particulièrement utile dans le cas où la parole a été monopolisée par quelques uns.

Remue-méninges
Pour découvrir des idées nouvelles et inclure l’opinion du plus grand nombre, tous les membres peuvent transcrire en même temps des idées sous forme des petites cartes qu’on tire au sort. Dans le cas de regroupement d’idées (clusters) on invente des concepts qui réunissent plusieurs des différentes cartes déjà acceptées.

Pause
Peu de gens pensent en général que des pauses puissent contribuer à améliorer la qualité de la rencontre alors qu’elles peuvent être très utiles. Ainsi, dans le cas où on a travaillé depuis longtemps sur un problème difficile, une pause bien étudiée peut contribuer à casser la tension et permettre de prendre une distance par rapport au problème. Les pauses laissent aussi place aux conversations personnelles et rappellent ainsi qu’en dehors de la rencontre il y a encore une vie.
LE CONSENSUS REPOSE SUR TROIS PRINCIPES CLE.

– Respecter les sentiments
Quand quelqu’un a le sentiment que le groupe évolue dans une direction erronée, il faut que le modérateur et les autres membres du groupe prennent en considération de tels sentiments. Il est totalement faux de dire : “Si tu ne peux pas expliquer pourquoi tu ressens les choses ainsi, ce n’est pas important. ” Une telle phrase serait une offense décourageante.

– Motiver les gens
Dans le cas idéal, nous utilisons nos processus de découverte d’une décision pour rendre plus forts les membres de notre groupe. Il faudrait qu’un rôle comme celui de modérateur soit tenu par rotation afin que les gens en fassent l’expérience et apportent leur savoir aux autres. Le consensus signifie qu’on empêche ceux qui parlent bien ou ceux qui ont l’esprit vif de monopoliser le pouvoir, et que tous doivent le partager.

– “Pas de chef”
Que personne ne prenne le pouvoir. Le consensus signifie vivre ce rêve. Nous pouvons nous en remettre au coordinateur et aux organisateurs quand nous en avons besoin, mais la réalité du pouvoir doit venir du groupe et non de quelqu’un qui se trouverait au sommet et expliquerait aux autres ce qu’ils doivent faire. La démocratie directe signifie que nous prenons la responsabilité de nos propres décisions et de notre propre vie.

Respecter les sentiments
+ motiver les gens
+ pas de chef
——————————
= démocratie directe

Malgré tous ces bons principes, des structures de pouvoir réapparaissent toujours dans les groupes – que ce soit parce que certains aiment écouter parler et tombent dans le rôle de simples exécutants, ou bien à cause d‘une hiérarchisation des savoirs. On est souvent loin du “personne ne prend le pouvoir”. C’est précisément dans les grands rassemblements que s’est toujours manifestée dans le passé la tension entre participants et organisations “autoritaires” et beaucoup en ont retiré l’impression que la volonté des organisations l’emporterait toujours.

Quand de grands groupes veulent prendre leurs décisions par consensus, il est en général nécessaire d’avoir recours à un modèle de démocratie qui rende impossible de se perdre dans d’épuisantes et interminables discussions. Ces modèles comportent en général les éléments suivants :

Groupes par affinités
Tous sont organisés en groupes par affinités. Ceux-ci ne doivent pas dépasser un nombre suffisamment limité pour permettre aux gens de se connaître mutuellement, et à tous de prendre la parole dans les discussions. On discute dans ces groupes par affinités les questions abordées en Plenum, mais en toute tranquillité.

Conseil intérieur
Tous les groupes par affinités délèguent une personne au Conseil intérieur. Celle-ci essaie de dégager à partir du résultat des discussions menées à l’intérieur des groupes une proposition de consensus qui sera exposée au Plenum.

Plenum
Le Plenum est la seule instance de décision. On tranche sur les propositions du Conseil intérieur et on aborde brièvement des thèmes nouveaux. En règle générale, la discussion a alors lieu dans les groupes par affinités ; ce n’est qu’en cas de décision pressante que le Plenum essaie d’obtenir tout de suite un consensus.

Comme tout le monde n’a pas le même rythme de fonctionnement, il est bon de continuer la discussion après le Plenum. Mais cette reprise de discussion ne permet pas de revenir sur les décisions prises, les propositions émises sont alors soumises au groupe par affinités.


SCHEMA GENERAL DE DEMOCRATIE

Plenum Approche des thèmes et décision par consensus

Discussion

Approfondissement des thèmes
après le Plenum

Groupe par affinités

Laisse la place à la discussion

Conseil intérieur

Elabore une proposition de consensus


Ce texte est aussi édité sous forme de livret illustré :

Chemin commun But commun
manuel de démocratie directe et de prise de décision par consensus

Pays de Cocagne – n° 10 – pratique
les produits du jardin – mai 2002 –
285 avenue de Verdun
46400 Saint-Céré

Origine :
http://lesproduitsdujardin.free.fr/paysdecocagne/manueldeconsensus.htm

http://docs.indymedia.org/twiki/pub/Local/ImcParisDocs/consensustextelavoixpublique.doc

http://docs.indymedia.org/view/Local/ConsensusLaVoixPublique

http://docs.indymedia.org/twiki/pub/Local/ImcParisDocs/consensustextelavoixpublique.doc

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25 mai 2011 Posted by | Notre démocratie | , , , | 2 commentaires

L’initiative populaire: on en est où?


La France: mauvaise élève de la démocratie

L’initiative populaire est une procédure par laquelle un groupe de citoyens peut obtenir par pétition l’organisation d’un vote au parlement ou un référendum sur un projet de loi, une révision constitutionnelle, une demande d’abrogation ou de création d’une loi. C’est une forme de démocratie directe, pouvant toutefois exister au sein d’une démocratie représentative.

L’initiative populaire sera instaurée en France quand la révision de la Constitution de juillet 2008 entrera en vigueur. Les modalités de ce référendum sont controversées. Son fonctionnement est décrit dans l’article 11 de la Constitution. La loi constitutionnelle du 23 juillet 2008 viendra donc renouveler la définition d’une loi référendaire : il fut un temps où l’initiative d’un référendum n’appartenait quasiment qu’aux gouvernants. Notons, comme cela est brièvement mentionné dans cette page, que, sur ce sujet, la France est en retard par rapport à d’autres pays européens qui permettent à des partis politiques (Allemagne) ou à une certaine portion du Peuple (Suisse) d’être à l’initiative d’un référendum. Olivier Duhamel parle spécifiquement de « référendum d’initiative minoritaire » pour cette procédure, car à l’inverse de l’Italie par exemple, il y a possibilité de référendum si l’on a une demande d’un dixième des citoyens français et d’un cinquième des parlementaires. Il ne s’agit donc pas d’une initiative purement et uniquement populaire. Cette réforme a été jugée par de nombreux constitutionnalistes comme inutile et insuffisante, car elle n’introduit pas une initiative populaire mais bien législative (à savoir, 1/5 du Parlement). Seul l’aval du peuple est requis (1/10) pour la procédure, celui-ci n’a pas la possibilité de mener l’initiative seul, il doit la quémander. Le peuple n’a donc toujours pas explicitement le pouvoir de déposer une proposition de loi à l’Assemblée en recueillant un certain seuil de signatures, le référendum est d’initiative législative et non populaire.

l’absence d’initiative populaire

  • L’initiative est marquée par l’Exécutif Selon le texte, même lorsque la proposition peut provenir du Parlement (articles 11 et 89), le dernier mot de l’initiative revient au président de la République qui seul peut déclencher le référendum, soit parce qu’il s’agit d’un pouvoir dispensé du contreseing (article 11), soit qu’il l’obtient d’autorité lorsqu’il est nécessaire (article 89) sauf hypothèse de cohabitation. En pratique, l’initiative parlementaire est d’ailleurs généralement étouffée dans l’œuf ou, exceptionnellement absorbée par l’exécutif comme dans le cas de la réforme du quinquennat. On rappellera également la pratique post-gaullienne consistant à éviter soigneusement d’interroger le peuple en matière constituante (sauf justement en 2000). L’initiative populaire en matière législative, régulièrement envisagée sous forme pétitionnaire, soit avec l’effet direct de déclencher le référendum, soit pour saisir le Parlement afin qu’il en décide, est restée lettre morte à ce jour. La réforme de 2008 n’introduit qu’un « référendum d’initiative minoritaire » comme le préconisait déjà le Commission Vedel, puis le Comité Balladur (proposition no 67). Il s’agit en effet d’une initiative parlementaire minoritaire (un cinquième des membres du parlement) devant être soutenue par une pétition populaire importante (un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales, soit environ 4 millions et demi d’électeurs). Ainsi le peuple n’a de chance d’être réellement interrogé que si le parlement n’examine pas le texte dans les délais prescrits par la loi organique. Si toutefois le Parlement ne le fait pas, le Président de la République doit soumettre la proposition de loi à référendum, dans le délai prévu par la loi organique. À souligner que le droit de pétition était déjà apparu au niveau local à l’article 72-1, mais seulement pour solliciter l’examen d’une question par l’assemblée délibérante locale. Cependant, rien n’empêche celle-ci de décider consécutivement d’un référendum local .
  • Le choix du moment – C’est une question étroitement dépendante de l’initiative dominée par l’exécutif mais élargie à la possibilité offerte par la réforme de 2008. En outre, la constitution énumère les circonstance au cours desquelles il n’est pas possible d’engager la procédure de référendum prévues aux articles 11 et 89 . Ces empêchements sont néanmoins compréhensibles, en soi, et dès lors que le référendum est la seule affaire de l’Exécutif en pratique.
  • Le choix de la question – C’est aussi une question étroitement dépendante de l’initiative dominée par l’exécutif mais précisément étendue sur ce point à la possibilité pétitionnaire offerte par la réforme de 2008. De plus, il faut préciser que la question doit recouvrir uniquement la possibilité d’adopter un texte en forme législative et il ne peut être proposé qu’un seul texte au choix des électeurs (et non deux, par exemple). En outre, il a souvent été constaté, en pratique, que la question pouvait être ambiguë (référendums plébiscitaires gaulliens) ou complexe (ratification d’un traité), ce qui mériterait un contrôle juridictionnel, d’autant que la question peut être inconstitutionnelle. Toutefois, depuis 1987, la jurisprudence va dans le sens d’un contrôle de l’exigence de clarté. En outre, depuis la révision de 1995 concernant l’article 11, lorsque l’initiative du référendum est gouvernementale (toujours le cas en pratique), il doit désormais y avoir un débat devant chaque assemblée (art. 11 al. 2), ce qui est censé éclairer le peuple, à la fois sur la question posée et ses enjeux. Cela était déjà le cas en matière constituante puisque le référendum n’intervient théoriquement qu’en second lieu après son adoption parlementaire (sauf dans la pratique gaullienne).
  • La contestation du résultat – Si tout citoyen peut être scrutateur et participer au dépouillement, la contestation du résultat incombe uniquement au représentant de l’État dans le département ou la collectivité équivalente. Mais ce dernier à la faculté de prendre en compte la réclamation d’un électeur dès lors qu’elle est régulièrement inscrite au procès verbal du bureau de vote.

L’exemple des Etats-unis

Durant l’ère progressiste, plusieurs États des États-Unis se sont dotés de procédures de législation directe telles que le référendum, l’initiative populaire et la procédure référendaire de destitution. Au total, il existe 6 procédures répandues de démocratie directe aux États-Unis :

Initiatives parlementaires

  • 1 – L’amendement constitutionnel d’initiative parlementaire : Même si elle n’est pas l’initiative du pouvoir exécutif, cette procédure n’est pas non plus une initiative proprement « populaire » puisque votée par les parlementaires. Elle en vigueur dans 49 états, c’est à dire tous sauf le Delaware ; dans 15 états, il s’agit de la seule forme de démocratie directe existante. Il s’agit de modifications à la Constitution de l’État que la législature soumet à la décision du peuple. Même si elle peut paraitre très limitée, cette procédure permet au peuple de s’exprimer souvent et sur des sujets variés, les propositions allant souvent bien au-delà de l’organisation des pouvoirs publics et des droits fondamentaux, comme le vote de crédits pour la rénovation des transports ou le mariage homosexuel.
  • 2 – La loi d’initiative parlementaire : Le pouvoir de proposer est le même que l’amendement d’initiative parlementaire, mais l’objet est différent. En l’occurrence, l’on demande au peuple de se prononcer sur une simple loi. Cela signifie que même si le peuple approuve la loi, celle-ci ne sera pas appliquée si elle déclarée anticonstitutionnelle. Cela signifie également que la législature pourra amender ou abroger cette loi sans de nouveau passer par le référendum (ce n’est généralement pas le cas pour un amendement constitutionnel). 24 états allouent cette procédure.

Initiatives populaires

  • 3 – L’amendement constitutionnel d’initiative populaire : Son objet est le même que celui d’initiative parlementaire, mais c’est le pouvoir de proposer qui est différent. Au lieu d’appartenir à législature, il appartient au peuple par le biais d’une pétition ayant été signée par un nombre de personnes fixée par la Constitution. Il est permis dans 18 états.
  • 4 – La loi d’initiative populaire : L’objet est le même que pour la procédure 2 et le pouvoir de proposer le même que pour la procédure 3. Elle est permise dans 22 états.
  • 5 – Le référendum abrogatif (veto referendum) est une forme restreinte de loi d’initiative populaire. Son objet ne peut être que l’abrogation d’une loi existante, et non l’adoption d’une loi nouvelle. Cette procédure est permise dans 25 états dont les 22 qui admettent l’initiative populaire mentionnée en 4.
  • 6 – Le recall est une procédure de démission forcée d’une personne soumise à un poste éligible avant l’expiration de son mandat. Il est en vigueur dans 18 états. Le dernier exemple en date fut la destitution du gouverneur Gray Davis en 2003, gouverneur de Californie.

Par exemple, en Californie, il faut au moins 5 % des personnes ayant participé à la dernière élection du gouverneur pour enclencher une initiative populaire, soit 433 971 électeurs. Si l’initiative populaire a pour but de modifier la Constitution, ce seuil est porté à 8 % (694 354). Pour organiser un recall, il faut 12 %.

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Sources: wikipedia

Articles détaillés :

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2 mai 2011 Posted by | Notre démocratie | , , , | 2 commentaires

Les Verts jettent le masque…


Le parti des urbains de classe moyenne plus proche du « peuple »?

Suite à Cohn-Bendit le libéral, et à d’autres verts patentés, Monsieur Hulot estime que l’écologie n’est pas une affaire de partis, que nous sommes tous écolos, mais oui même les passionnés d’Ushuaïa ! Dominique Voynet, déclarait bien que « McDonald’s est légitime pour parler environnement à ses clients » alors qu’elle était ministre .

 

Nouvelle opération de marketing politique : le produit « Monsieur Hulot »

La popularité d’Hulot est vue par un conseiller régional EELV comme « un facteur positif pour négocier un groupe parlementaire avec les socialistes. »

Fichtre ! En voilà un objectif politique !

Alors même que des taux records d’abstention laissent entendre que le système même de la « démocratie » représentative est rejeté, qu’on presse les tunisiens à aller élire des « représentants » tandis que les groupements politiques tunisiens réclamant une démocratie directe se multiplient, les verts, en grands stratèges de la politique, se disent qu’ avec Hulot, ils vont pouvoir s’adresser à un nouvel électorat, acquérir de nouvelles parts de marché.

La belle affaire! une communication à 360° visant la ménagère « responsable des achats » au moment où le Japon et la planète entière sont sous le feu nucléaire !

Les Verts Europe Écologie sont une machine électorale à la conquête des places douillettes que les oligarques leurs réservent.

La politique-marketing, nouvelle politique spectacle.

Nous ne sommes pas dupes de l’exploitation médiatique de l’écologie, des guerres de pouvoir interne, de la compromission et de la soumission de l’écologie politique à des accords avec le PS et les grands groupes du CAC 40.

La destruction et l’exploitation exponentielle des travailleurs et des ressources est au cœur du système marchand dont la démocratie représentative est l’instrument. La concentration des richesses vient de la même politique que celle qui concentre le pouvoir entre les mains de quelques uns.

Il n’y a pas d’adaptation écologique du capitalisme ou du socialisme de marché, pas plus que d’adaptation « socialiste » de ceux-ci.

La seule voie de survie possible est celle d’un changement radical du système politique : une prise en main des décisions politiques , économiques et énergétiques par nous-mêmes, le Peuple réuni en conseils régionaux en une forme réelle de démocratie, une démocratie directe.

Laissons là la politique de EDF , l’Oréal et TF1, la politique du marketing avec ses produits vert, rose, rouge, bleu et bleu marine ou même blanc…

Décolonisons notre imaginaire de cette démocratie fast-food, entamons rapidement une transition vers un système dans lequel nous prendrons les décisions qui s’imposent avec une urgence toujours croissante pour l ‘avenir même du vivant.

Aquitaine décroissance

Wajeb

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21 avril 2011 Posted by | DECROISSANCE | , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Nous sommes à un tournant de notre histoire politique.


La contestation de la démocratie représentative .

Les dictatures du « socialisme réel » se sont effondrées et à leur suite les mouvements sociaux-démocrates. Seule la loi de l’argent régente le monde, l’exploite et le détruit.

La mort de la sociale démocratie

La sociale démocratie, qui entendait donner à l’économie de marché capitaliste un visage humain, est fondée depuis la fin de la deuxième guerre sur un État providence fort, l’ instauration du plein emploi, et une juste répartition des revenus.

Aujourd’hui , elle accepte l’affaiblissement de cet état providence et renonce au plein emploi.

Cette option sociale démocrate , a disparu et la classe moyenne qui était son terreau s’appauvrit.

Elle laisse la place à ce que nous appellerons désormais le social-libéralisme.

Que se soit le PS ou les verts, la « gauche » est désormais libérale et ne remet pas en cause l’économie de marché (capitaliste ou socialiste) avec son corolaire: la croissance économique comme mesure du « progrès ». Au besoin de démocratie réelle elle répond démocratie participative, c’est vraiment gentil de se dire que le peuple devrait « participer » à la démocratie, mais c’est aussi un syllogisme. Dans une démocratie le peuple ne « participe » pas pour le cautionner au pouvoir d’une « élite », le peuple exerce le pouvoir, politique mais aussi économique.

L’agonie du système représentatif

Le système de représentation montre ces limites :

le président actuel, élu avec moins de 41% de la population en droit de voter (le corps électoral) est totalement discrédité par la vague d’ abstention.

Ce système montre chaque jour la corruption, les conflits d’intérêts, le cynisme (realpolitik), la professionnalisation des représentants, la personnification du pouvoir, le mensonge et le mépris pour le peuple traité comme un enfant mineur et incapable de se diriger lui-même, de faire lui-même les choix vitaux pour sa survie. (l’exemple du nucléaire est éclairant).

Les crises que nous subissons sont dues à un manque de démocratie.

Quelle démocratie réelle accepterait que ces membres meurent de froid devant un logement vide.

Quelle démocratie réelle accepterait de laisser aux banquiers le pouvoir de créer l’argent.

quelle démocratie réelle accepterait l’installation de centrales nucléaires, la vente de nourriture empoisonnée, la destruction des écosystèmes et de la biodiversité…

Ces crises multifactorielles ne sont pas des crises pour tout le monde. Elles sont les conséquences de la confiscation du pouvoir par quelques uns pour leur plus grand profit.

La population aspire à la démocratie réelle.

Avec 20% de participation au vote, moins de dix millions d’électeurs, les responsables politiques pensent-ils toujours être légitimes?

Ou remettraient-ils en cause le peuple lui-même ?

Sire le peuple ne vote plus ! Changez le peuple !

Le peuple ne demande pas la parole il réclame le pouvoir:

  • Par l’usage de référendums d’initiative populaire
  • Par la création d’une assemblée constituante composée de citoyens tirés au sort
  • Par l’usage du mandat impératif (et donc l’abrogation de l’art. 27 de la constitution)
  • Par la révocabilité de ses représentants
  • Par l’Interdiction de deux mandats consécutifs
  • Par la création d’assemblées populaires dotées du pouvoir législatif

L’abstention : le meilleur choix

Non les abstentionnistes ne sont pas dépolitisés bien au contraire, ils refusent de participer à ce jeu de dupe électoral, et exigent que les vrais chiffres de l’abstention soient pris en compte.

Face au désengagement de l’État, nombreux sont ceux qui ont choisi d’agir au lieu d’élire. Les services publics disparaissent et sont pris en main par les gens eux-mêmes.

En France on crée 190 associations par jour et il en existe aujourd’hui plus d’un million…

Alors la population n’est pas prête pour la démocratie ou ce sont nos dirigeants qui s’accrochent aux privilèges que leur confère ce système oligarchique ?

Il est certain qu’aucun ne remettra en cause sa « représentativité » mais nous , nous continuerons à le faire en nous libérant de cette tutelle qui ne fait que nous asservir aux intérêts particuliers, à nous mener à l’abattoir et à détruire notre environnement…

W.A.D

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1 avril 2011 Posted by | Notre démocratie | , , , , , , , , | 8 commentaires

MANIFESTE DES VINGT-CINQ MILLIONS DE « FAINÉANTS».


Les chiffres ramenés à l’ENSEMBLE de la population : FRANCE * 65 millions de français * 21 millions non inscrits sur les listes électorales * 44 millions d’électeurs, parmi lesquels : * 19 millions ont voté aux cantonales 2011 divisées selon les partis et votes blancs ou annulés * 25 millions se sont ABSTENUS.

Forts de cette majorité, nous ABSTENTIONNISTES REVENDIQUONS la modification du processus électoral démocratique par la prise en compte des abstentions, bulletins blancs et des nuls – les trois représentants une expression citoyenne au même titre qu’un vote d’idéal politique. Le fait de s’obstiner à n’en tenir aucun compte est, par essence même, un concept anti-démocratique. Forts de cette MAJORITÉ, nous revendiquons l’invalidité et l’annulation de ces cantonales 2011 ainsi que celles de toute élection future présentant des taux où seule une minorité de la population citoyenne globale du pays s’est exprimée et serait reconnue comme choix pour tous. Aujourd’hui, nos concitoyens votants ainsi que les politiques de tous partis, peuvent nous juger fainéants, antidémocratiques, désintéressés de la politique, etc. FAUX !

Nous ne votons pas, car nous NE VOULONS PLUS ÊTRE REPRÉSENTES PAR LES POLITIQUES ACTUELS, NI PAR LEURS PARTIS car ils ne représentent pas nos envies de société (voter serait les cautionner) et les combattrons. Nous ne votons pas, car nous ne voulons plus enrichir des élus, ou pseudo-élites qui en retour nous appauvrissent et les combattrons.

Nous ne votons pas, car nous ne voulons pas que nos acquis sociaux soient détruits au profit de quelques-uns .

Nous ne votons pas, car nous ne voulons pas des LOIS PSEUDO-SECURITAIRES anticonstitutionnelles pour la plupart qui nous privent chaque jour davantage de nos LIBERTÉS et combattrons pour leur ABROGATION .

Nous ne votons pas, car nous ne voulons pas que nos institutions soient gérées telles des sociétés et soumises à la rentabilité AU DÉTRIMENT DE L HUMAIN, et combattrons en ce sens.

Nous ne votons pas, car nous ne voulons plus de ce CAPITAL TOUT PUISSANT, de ce système boursier, de cette économie de marché, de ces grands patrons RICHISSIMES et de leurs actionnaires INHUMAINS, de ces BANQUES, qui chaque jour nous appauvrissent.

NOUS OUVRIERS qui produisons les richesses du pays dont les salaires ne nous permettent plus de vivre ou de nous loger, NOUS gens qui dormons dans la rue ,NOUS PAYSANS qui sommes traits plus que nos animaux, Nous cadres et classe moyenne qui assistons à la paupérisation de nos conditions….

Nous ne voulons plus de ces différences sociales, nous ne voulons plus de ça ET DE BIEN D’AUTRES CHOSES ENCORE…NOUS NE VOTERONS PLUS ET NOMBRE DE GENS NOUS REJOIGNENT CHAQUE JOUR , DORS ET DÉJÀ VOUS N’ÊTES PLUS LES ÉLUS DU PEUPLE ET N’AVEZ DONC AUCUNE LEGITIMITE A OCCUPER VOS POSTES , vous qui feignez de ne pas nous entendre, nous vous le ferons désormais comprendre « par » les urnes. Nous ne cautionnerons plus un système qui n’est qu’un simulacre de démocratie !

Envoyé le 31/03/2011 à 5:58 par Leslie

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31 mars 2011 Posted by | Notre démocratie | , , , , , | 10 commentaires

Cantonales 2011 : un viol électoral


Les cantonales 2011 : un viol électoral.

Le taux d’abstention qui augmente régulièrement explose aujourd’hui, mais les politiciens continuent l’air de rien à nous jouer l’air de l’épouvantail d’extrême droite plutôt que de remettre en question leur propre pratique de la démocratie et de la politique.

Comment continuer à se proclamer représentant du peuple quand on est élu avec une minorité de voix ?

On trouve ainsi des « élus » avec 10 % des électeurs inscrits !

On note seulement 20 % de votants en Seine Saint-Denis !

Et encore faudrait-il prendre en compte les non inscrits en droit de voter.

Selon plusieurs études de l’Insee, en y ajoutant les personnes qui ignorent qu’elles sont inscrites sur les listes électorales, environ 4,9 millions de Français ne sont pas inscrits ou croient ne pas l’être (données 2004), chiffre qui varie entre 10 % et 13,3 % du corps électoral sur les neuf dernières années. En France, le corps électoral comprend 44,5 millions d’électeurs pour 62 millions de Français ; il y aurait 45 millions d’électeurs potentiels, c’est-à-dire les Français majeurs non privés du droit de vote.

Il faut également prendre en compte les SDF, les gens du voyage ou les personnes en détention qui sont visées par des textes particuliers.

Désenchantement ?

On entend de ci- de là que les électeurs sont désenchantés. Cette « démocratie » représentative nécessiterait-elle un enchantement ? Les médias sous contrôle de grands groupes privés ne sont-ils plus aussi efficaces ?

Le problème ne vient pas des électeurs mais du système même de représentativité.

Ce système étant par lui -même un système oligarchique grâce auquel la majorité s’en remet à ces représentants sans obligation de résultats ni contrôle d ‘aucune sorte. Ce système est donc loin de la démocratie au sens premier, le pouvoir du peuple. En étudiant l’histoire de la démocratie, et de la démocratie athénienne en particulier , on constate que le premier objectif était justement d’éviter un système oligarchique d’où la mise au point de systèmes comme le tirage au sort des représentants et le mandat impératif.

Le mandat impératif ?

Le mandat impératif est le pouvoir délégué à un individu ou une organisation élu(e) en vue de mener une action définie dans la durée et dans la tâche, selon des modalités précises auxquelles il ne peut déroger.

Il s’oppose au mandat représentatif.

L’actuelle constitution française indique dans son article 27, relatif aux membres du Parlement, que « tout mandat impératif est nul ».

Il est donc constitutionnellement admis que les élus n’ont aucun compte à rendre à leurs électeurs sur les décisions et les réalisations qu’ils mettront en œuvre. C’est ainsi que les décisions primordiales telles que la répartition des ressources publiques, l’utilisation du nucléaire, la privatisation des services publics, les déclarations de guerre, l’allongement des temps de cotisation ou de travail… sont prises par des « représentants » à l’encontre de la volonté du peuple lui-même.

La démocratie représentative : un échec et un danger pour la vie

Quelle leçon tirer de l’augmentation constante de l’abstention?

Dans la mesure où un système politique strictement représentatif pérennise et légitime une vision de la société construite exclusivement sur la délégation totale de pouvoir, la hiérarchie, la domination, et l’exploitation du peuple : l’abstention est de fait un choix politique.

Il convient donc de changer de système et de réinventer une démocratie réelle dans laquelle les décisions seraient bien prise et leurs applications contrôlées par les citoyens.

Mais comment gouverner un grand pays sans élections représentatives ?

Il convient de renverser ce questionnement : les grands pays, ou unions ont précisément été créés en vue de concentrer le pouvoir aux mains de quelques uns. De cette concentration s’en est suivies toutes les crises majeures que nous subissons : crise sociale , crise écologique, crise économique… ce qui est bon pour une poignée de décideurs ne l’est pas pour la grande majorité du peuple.

Ces crises viennent d’un manque de démocratie.

Engageons-nous dans la voix de la démocratie directe, réelle, auto gestionnaire. Et sortons au plus vite de ces pratiques électorales obsolètes , abusives et non-participatives.

Quelle démocratie réelle donnerait ainsi le droit aux banque de créer artificiellement de la monnaie, quelle démocratie réelle installerait des réacteurs nucléaires meurtriers, quelle démocratie réelle laisserait les plus démunis mourir de faim et de froid?

Il est urgent pour l’Homme et pour son environnement que chaque citoyen prenne réellement part aux décisions politiques et économiques. La « démocratie représentative » et la loi du marché nous détruisent et détruisent la planète.

Continuons à refuser ces élections qui nous proposent de designer le chef , parmi ces incompétents gestionnaires de l’économie de marché et qui aura toute puissance sur nos vies et toutes celles de la planète. Continuons à mettre en place, localement les solutions que nous avons, quitte à désobéir à cette oligarchie qui usurpe sa soi-disante représentativité, et qui n’a plus aucune légitimité.

A bas la « représentative » et vive la démocratie locale et directe !

Aquitaine Décroissance

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28 mars 2011 Posted by | Notre démocratie | , , , , , , | 6 commentaires

La démocratie directe en France


Les crises multi-factorielles que nous subissons, sociales, économiques et environnementales sont dues à la confiscation du pouvoir par une oligarchie.

La solution n’est donc pas dans des aménagements du système (tel que le développement durable), mais bien dans la mise en place d’une démocratie directe, horizontale qui redonnerait le pouvoir aux gens.

On le constate, le système de démocratie représentative ne profite qu’a une minorité au détriment de la majorité de la population. Alors que ces pratiques sont en marche dans certains pays comme la suisse, l’état de Californie, de l’Oregon, débattues en Allemagne, il est grand temps que ces idées se répandent en France.

En démocratie directe, le pouvoir provient également de tous et s’exerce également sur tous, on dit que le peuple est souverain, c’est à dire qu’il détient tout les pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire).
Il n’y a donc pas ou presque pas de représentants politiques (ministres, maires, parlementaires, etc).

On peut concevoir l’organisation des pouvoirs dans une hypothétique démocratie directe ainsi :

La nation est le pouvoir législatif :
En effet elle détient l’initiative législative par le droit de pétition et toutes les lois doivent être votées par un suffrage direct véritablement universel, c’est-à-dire qui nécessite l’existence d’un vote obligatoire.

La nation est le pouvoir judiciaire dans la limite de la raison et de l’instruction que possède chaque individu :
La justice doit être populaire dans le plus de domaines où cela est possible et obligatoirement dans les affaires de droit commun.
C’est-à-dire rendu par des gens choisis aléatoirement parmi les citoyens n’ayant jamais été reconnu coupable de crimes ou de délits. Ce système n’est garant de l’impartialité que si l’instruction du peuple, notamment en matière de droit, est la mission première de la communauté. Cependant cette mission de service public peut pour partie ou pour tout être délégué à d’autres organismes dès lors que ceux-ci sont soumis à un strict contrôle par des commissions populaires.

La nation a un contrôle absolu sur le pouvoir exécutif :
D’une part pour que le gouvernement représente toujours la volonté du peuple tout les mandats doivent être courts et conférés au suffrage universel directe, ainsi à tout moment une motion de censure contre le gouvernement doit pouvoir être engagée, il est impérative que si une large majorité du peuple considère qu’une faute grave (non respect des principes fondateurs de la république, alliances diplomatiques inacceptables) a été commise le gouvernement soit destitué dans les plus brefs délais.
D’autre part pour empêcher tout abus de pouvoir le cumul des mandats doit être impossible, et l’initiative législative dont dispose le pouvoir exécutif ne peut se traduire que par des référendums. Pour permettre le bon déroulement de la vie des citoyens le nombre de lois pouvant être instituées sur une certaine période de temps doit être limité (ex : maximum un référendum par semaine). Une telle mesure permet d’empêcher l’inflation législative, un des grands maux des « démocraties représentatives » par l’usage de décrets gouvernementaux (mesure de faible importance non soumis au vote populaire). Evidemment ces décrets peuvent être abrogés par pétition comme toutes les autres lois.
La démocratie directe est un processus collectif de décision qui se fonde sur une organisation horizontale, plutôt que hiérarchique, de la société humaine. Elle est, tout comme le régime représentatif, un concept. Théoriquement, elle peut-être appliquée au niveau du régime politique d’un pays comme au niveau des processus collectifs de décision de tous types d’associations locales ou virtuelles (via Internet).

Aspect historique et sémantique

La démocratie, au sens étymologique de pouvoir (kratos) du peuple (demos) ne peut être que directe. L’expression de « démocratie représentative » peut être considéré comme un leurre car c’est seulement dans une démocratie directe que le pouvoir est le reflet exact des aspirations du peuple. C’est à partir de la naissance de régimes représentatifs parlementaires à la fin du XVIIIe siècle que la classe politique, constituée presque exclusivement de personnes appartenant aux classes sociales aisées, a, pour justifier moralement sa fonction, détourné la définition sémantique du terme démocratie en l’assimilant au régime représentatif/parlementaire.

La démocratie directe, au sens d’un régime dans laquelle la nation est souveraine, n’a réellement existée que dans l’Athènes du VIème siècle avant JC avec les réformes successives de Solon (-594) et Clisthène (-508) :
La nation était effectivement souveraine avec un vote des lois par tous les citoyens réunis, et le tirage au sort des magistrats (pouvoir exécutif) ainsi que des juges qui recevaient des mandats d’un an. Des indemnités journalières de présence étaient même octroyé aux plus pauvres pour leur permettre d’assurer leurs fonctions civiques.
Cependant les femmes étant considérées comme d’éternelles mineures et les esclaves comme des biens ils étaient exclus de la communauté civique. Le système athénien comportait donc des défauts inhérents à l’époque qui vont à l’encontre de notre conception moderne de la démocratie : religion officielle, avilissement de la femme, économie fondée sur l’esclavage.
Bien que la démocratie directe ne se concrétisa jamais par un système plus égalitaire dans l’histoire, si ce n’est dans l’esprit de Jean-Jacques Rousseau qui justifia sa nécessité dans « Du Contrat Social » (1762) et entama même une ébauche d’une Constitution de démocratie directe pour la Corse en 1764, l’utopie de l’instauration d’une démocratie directe moderne existe toujours…

Démocratie directe et services publics

En démocratie directe il n’y a pas nécessité de leaders politiques, mais il peut y avoir évidemment des services publics, dont la nature (quoi, combien, comment, etc.) est déterminée directement/collectivement par les populations.

Allocation du budget Des sondages ont montré que si le budget alloué aux services publics était déterminé collectivement, l’allocation de ce budget serait très différente de ce qu’elle est en régime représentatif. Par exemple, le budget de l’armée et des services secrets serait réduit au profit des budgets alloués à des services tels que les pensions ou les transports en commun.

Contrôle des services publics Par exemple les attributions de contrats publics à des entreprises privées (source importante de détournements de fonds publics au profit d’intérêts privés, via des représentants politiques corrompus) pourraient être collectives, de la conception à l’octroi jusqu’au suivi de réalisation. La publication sur Internet de tous les documents relatifs à des contrats publics, permettrait à chacun(e) de procéder aux vérifications qui dans un régime représentatif sont opérées par des représentants politiques ou des agents de l’administration publique. Ce principe de contrôle de la corruption se retrouve dans la démocratie participative (voir démocratie).

Justice Sur base du principe d’atomisation des processus collectifs de décision (ici par exemple : coupable/innocent ?, peine judiciaire, etc.), la justice pourrait être exercée directement par la collectivité, c’est-à-dire sans recourir aux représentants (corruptibles) que sont également les juges et législateurs.

Limites

Le concept de démocratie a ses propres limites en matière morale puisqu’il revient aussi à l’oppression d’une partie de la population par une autre partie, la démocratie reconnaissant implicitement à une majorité de la population le droit d’imposer sa volonté à la minorité, par la force si nécessaire (majoritanisme). La démocratie directe est seulement moins injuste que le régime représentatif en ce sens que dans le premier cas c’est une majorité de la population qui décide directement, alors que dans le second ce ne sont que quelques centaines de « représentants » élus par une partie (généralement minoritaire) de la population.

D’autre part, la corruption des représentants disparaissant avec les représentants, le fonctionnement de la société humaine est aussi, toutes autres choses étant égales, plus efficace en démocratie directe qu’en régime représentatif.

C’est parce que tous deux reposent sur le principe implicite d’oppression d’une partie de la population par une autre partie (minoritaire dans le cas du régime représentatif, majoritaire dans le cas de la démocratie directe) que certains revendiquent moralement un droit d’ignorer l’État, dont une application pratique est la désobéissance civile. Cependant d’autres considèrent que une liberté de circulation absolue des personnes permet à la minorité non représenté par le gouvernement démocratique en place de ne pas subir la dictature de la majorité en lui laissant la possibilité de quitter son pays.

Débats sur le vote et le consensus chez les anarchistes

Une formule anarchiste du XIXe siècle [1] prophétisait ainsi : S’il y a vote, ce n’est pas une démocratie !. L’unanimité ou le consensus[2] sont préférés aux votes pour définir la démocratie directe.

Pour Brutus Mandal [3], la démocratie directe est la pratique du débat et de la décision collective au sein d’un groupe humain réuni en assemblée. Les choix qui engagent l’ensemble de la communauté y sont faits en toute transparence et sans médiation hiérarchique avec révocabilité des mandataires éventuels.

D’autres anarchistes, comme Errico Malatesta ou Murray Bookchin (Municipalisme libertaire ), considèrent le vote comme nécessaire.

Liens externes

Notes

  1. cité par J-P Durt L’utopie du monde sans élections, 1872, Bruxelles
  2. http://1libertaire.free.fr/ManuelDemocratieDirecte.html
  3. cité dans Octave Mirbeaula grève des électeurs et florilège incivique, ISBN : 978-2-915694-24-6

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source Wikipédia

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10 mars 2011 Posted by | DECROISSANCE, Notre démocratie | , , , | 5 commentaires

Communalisme et municipalisme libertaires, regard critique


Un regard critique sur le municipalisme de Murray Bookchin

Communalisme
et municipalisme
libertaires…

En pour, en contre, le municipalisme libertaire ne laisse pas indifférent…

Dangereuse déviation réformiste pour les uns, re-formulation pertinente et nécessaire de la praxis antiautoritaire pour les autres, la proposition formulée il y a maintenant plus de vingt ans par Murray Bookchin a provoqué et provoque encore des réactions extrêmement contrastées au sein du mouvement libertaire. Les prises de position radicale, assenées à grands coups d’arguments péremptoires, conçus moins pour convaincre ou débattre, que pour dénigrer ou exalter, pour glorifier ou flétrir, se sont succédé et agitent encore, de temps à autres, le landerneau anarchiste.

À regarder ainsi s’affronter tenants et adversaires du municipalisme, un candide pourrait croire qu’il s’agit d’un enjeu de toute première importance.

Face à tant de virulence, comment ne pas penser que nous avons là une rupture ou tout du moins une proposition de rupture fondamentale d’avec tout ce qui avait pu être pensé et mis en œuvre auparavant dans et par le mouvement libertaire ?

Comment ne pas supposer être en face d’une question centrale autour de laquelle se décide et se dessine l’avenir même de l’anarchisme ?

Pourtant si notre candide s’avisait à regarder l’histoire et la réalité du mouvement libertaire, sa surprise serait sans doute grande car, sous bien des aspects, l’idée municipaliste ne fait que prolonger des conceptions et des pratiques très anciennes, des idées et des conduites d’ailleurs toujours très fortement ancrées dans ce courant de pensée.

Les racines du municipalisme

Si l’on définit le municipalisme comme le fait de s’investir dans son quartier ou sa commune, on peut à juste titre se demander en quoi cela constitue une rupture d’avec ce qu’est ou a été le mouvement libertaire. Les anarchistes n’ont-ils jamais participé et même initié des mouvements contre les propriétaires ou les pouvoirs publics locaux ? N’ont-ils jamais impulsé des collectivités agricoles, des communes libres ou plus modestement et plus souvent encore des coopératives de distribution, des services publics autogérés et des comités de quartier ? Les Athénées en Espagne, les Bourses du Travail en France, les communautés agraires en Amérique du Sud, les grèves de loyer à Paris au début du XXème siècle ou pour citer des exemples plus actuels, les Centres Sociaux en Italie, les crèches parentales, les associations de parents d’élèves, l’éducation et la pédagogie, les squats ou encore les luttes pour la gratuité des transports en commun et contre la privatisation des services publics… les libertaires ne se sont-ils jamais investis ou ne s’investissent-ils plus sur ces terrains ? La réponse est évidente. Il n’y a pour s’en convaincre qu’à ouvrir n’importe quel journal de la presse libertaire.

Si l’on spécifie maintenant le municipalisme non plus comme une stratégie d’action mais comme un projet de société ou tout du moins comme un aspect important de ce projet, la perplexité pourrait à nouveau gagner notre candide. En effet, que propose Murray Bookchin sinon que la société libertaire soit gérée par les communes et par leur fédération sans délégation de pouvoir ? Il écrit précisément à ce propos que les lignes politiques et les décisions concernant l’agriculture et la production industrielle seraient du ressort d’assemblées (…) auxquelles on assisterait en tant que citoyen, pas seulement en tant qu’ouvrier, paysan ou spécialiste (1).

Cette conception peut sans doute heurter certains syndicalistes révolutionnaires français (2) pour qui la société future devrait être uniquement gouvernée par les syndicats et à travers eux par les producteurs en tant que producteurs. Mais pour une large part du mouvement libertaire, si ce n’est l’essentiel, en quoi la suggestion bookchinienne est-elle une hérésie ? Ne nous renvoie-t-elle pas au moins partiellement (3) au double fédéralisme préconisé depuis les origines du mouvement libertaire ? Ce double fédéralisme à la fois territorial (fédération de communes) et sectoriel (fédération de producteurs) n’est-il pas la pierre angulaire du communisme libertaire ? Et le communisme libertaire enfin, n’est-il pas le but partagé tant par les communistes libertaires proprement dit, que par les anarcho-syndicalistes (4) et même nombre d’individualistes ?

De fait, à l’aune des pratiques et des conceptions passées et actuelles du mouvement libertaire, notre candide serait sans doute amené à penser que nous avons là beaucoup de bruit et de fureur pour pas grand chose. Présenté ainsi, le municipalisme ne semble en effet aucunement être en rupture fondamentale d’avec le corpus idéologique libertaire préexistant. Il ne semble pas non plus induire des pratiques radicalement nouvelles dans ce mouvement.

Si d’aventure notre candide avait l’esprit curieux, et il l’a sans doute un peu, il douterait cependant que l’on puisse s’affronter avec tant de vigueur sans raison véritable.

Certes, cela peut être partiellement le fait de personnes qui ne vivent que pour et par la polémique. Certes, ces controverses peuvent également refléter et résulter de modes de pensée et de comportements quelque peu exclusifs ; certaines personnes, souvent les mêmes que les précédentes d’ailleurs, ayant parfois quelques difficultés à concevoir que l’on puisse penser différemment qu’elles. S’investir dans un comité de quartier ou dans un syndicat ne peut être, dans leur perspective un tantinet étroite, qu’une impasse, voire une trahison qu’il convient de combattre avec la dernière des énergies.

Mais à moins de croire de toute force que les libertaires sont des forcenés des querelles byzantines et/ou des sectaires congénitaux, notre candide ne pourrait certainement pas en rester là. Il chercherait, avant d’émettre un avis aussi péremptoire, à approfondir sa compréhension des choses… et découvrirait que le débat porte sur bien autre chose que de savoir s’il faut ou non s’investir dans son quartier ou bien sur le rôle des communes dans une société libertaire. En réalité, ce sont bien davantage certaines analyses (la fin de la société industrielle) que Murray Bookchin développe pour étayer la validité de sa thèse, ainsi que certaines méthodes d’action (la participation aux élections locales) qu’il préconise dans le cadre d’une stratégie municipaliste, qui posent question et qui sont soumises au débat.

L’électoralisme bookchinien

Dans le cadre du municipalisme, Murray Bookchin conçoit en effet que les libertaires puissent participer aux élections locales, être élus et tenir des postes de responsabilité politique tels que maire ou conseiller municipal.

Dans son acception des choses, cette participation n’est toutefois pas un préambule à l’action municipaliste, mais au contraire une conséquence possible, envisageable (et non pas inévitable) de cette action.

Ainsi n’écrit-il aucunement que les libertaires doivent se présenter aux élections, pour impulser, une fois élus, une gestion directe dans leur commune. Murray Bookchin ne sous-entend pas que la société puisse se réformer par décret ou que l’autogestion puisse être imposée par le haut en l’absence d’aspiration et de mouvement autogestionnaire fortement ancrés dans la société. Il écrit à l’inverse que les libertaires doivent encourager, favoriser et participer au développement d’un mouvement territorial autogestionnaire dans leurs villes, dans leurs quartiers et dans leurs villages. Il poursuit en considérant que cet essor passera nécessairement par la structuration de ce mouvement en comités de quartier et en fédération de comités locaux. Il termine enfin en soulignant que la question des rapports entre comités de quartier et municipalité légale se posera alors de façon croissante à mesure que les tensions se feront plus aiguës pour savoir qui de l’un ou de l’autre décide, oriente et gère la commune.

C’est dans cette perspective, que Murray Bookchin envisage la conquête du pouvoir municipal par les comités de quartier (et non les libertaires en tant que tels). Selon lui, cela pourrait permettre de débloquer la situation, voire de faire définitivement triompher l’autogestion, car les comités de quartier auraient ainsi tout loisir, une fois élus, de transférer légalement et totalement les pouvoirs de décision et d’action de la municipalité vers les associations territoriales.

L’électoralisme bookchinien se pose donc en ces termes. Il peut être débattu et le sera évidemment dans les lignes qui suivent. Mais cette précision nous permet d’ores et déjà de voir combien certaines personnes qui se réclament très bruyamment de Bookchin, peuvent en réalité en être éloignées.

Lorsque des personnes, officiellement bookchiniennes, envisagent de se présenter aux prochaines élections municipales (comme c’est le cas de Mimmo des éditions ACL à Lyon) en l’absence de mouvement autogestionnaire de quelque importance, sans être aucunement mandatées par les embryons de mouvement de ce type présents dans le quartier où elles se présentent, voire à l’encontre de ce que peuvent penser ou envisager ces structures (5), et enfin sans avoir cherché et réussi au préalable, non pas à brasser du vent dans les salons où on cause, mais à initier et à participer aux tentatives concrètes de création de comités dans ce même quartier, on peut se demander où est le rapport d’avec ce que préconise Murray Bookchin.

La référence à ce dernier n’est-elle ici autre chose qu’un vernis destiné à masquer la vacuité des ambitions personnelles, le puits sans fond de leur soif non pas de pouvoir, on en n’est même pas là, mais plus petitement de reconnaissance publique et médiatique ?

Certes, la question posée en ces termes peut s’apparenter à une attaque brutale… mais si la charge est rude, tout en étant pourtant euphémisée au possible, n’est-ce pas parce qu’elle touche juste quelque part ?

Une tactique utopique

Si se présenter à des élections dans de telles conditions peut laisser au minimum perplexe, si cette stratégie n’est effectivement pas celle préconisée par Bookchin, ce que ce dernier propose très précisément peut néanmoins être soumis à la critique.

On pourrait évidemment argumenter en faisant référence aux textes que nous ont légués nos augustes pères fondateurs. À grand coup de Kropotkine, de Malatesta, ou de Sébastien Faure, montrer que cette stratégie est exclue des tables de la loi et qu’elle n’a donc même pas à être discutée. Laissons toutefois à d’autres, très doués en la matière, ces questions d’orthodoxie quasi-théologique.

On pourrait aussi, ce qui n’est pas la même chose, discuter la proposition de Bookchin d’un point de vue idéologique et stratégique. On soulignerait alors qu’elle ouvre ipso facto un hiatus entre le dire et le fait, entre la position théorique pour l’action directe et l’attitude concrète qui participe et reproduit la délégation de pouvoir. Cela pourrait être effectivement dangereux car difficilement résorbable par la suite, comme semblent en attester les leçons que nous livre l’histoire. Mais faisons grâce à Murray Bookchin en concédant que la participation aux élections ne servirait ici qu’à dissoudre immédiatement et radicalement le pouvoir conquis.

C’est d’un point de vue beaucoup plus pragmatique, beaucoup plus terre à terre que je souhaiterais discuter ici de la proposition de Murray Bookchin, une discussion qui pourra d’ailleurs être parfaitement entendue par des personnes qui ne partagent pas les idéaux libertaires.

À l’heure où les partis politiques électoralistes de gauche comme de droite, où les élus locaux et nationaux et ce quelle que soit leur sensibilité politique s’accordent au moins sur un point, celui de dire que les élus locaux n’ont pas les moyens ni juridiques, ni politiques, ni financiers de résoudre les problèmes qui se posent à eux, on peut s’interroger en quoi et pourquoi les choses seraient différentes si ces élus étaient issus des comités de quartier ou si ces pouvoirs étaient détenus par les comités de quartier.

En déclarant sans doute nécessaire la participation aux élections pour conquérir le pouvoir municipal, quitte à le détruire ensuite, Murray Bookchin désigne en effet ces pouvoirs comme un enjeu central pour résoudre non pas tous les problèmes, mais certains d’entre eux qu’il considère comme particulièrement cruciaux aujourd’hui. À son sens, la maîtrise de ces pouvoirs représenterait aussi une avancée importante, sinon décisive, vers un système autogestionnaire. Or, appréhender les choses en ces termes, ne revient-il pas à exagérer considérablement la nature, la portée et l’autonomie des pouvoirs actuellement détenus par les conseils municipaux et donc les effets que l’on est en droit d’escompter si les comités de quartier les maîtrisaient ?

Les conseils municipaux ne sont indépendants ni en France, ni ailleurs.

Leurs actions et leurs capacités d’action sont strictement limitées à ce que leur concèdent la loi et les décrets, en l’occurrence les pouvoirs législatif et exécutif d’État (et même continentaux dans nos pays, vu le pouvoir croissant de l’Union Européenne).

De même, la liberté des municipalités est-elle étroitement dépendante des réalités économiques et en l’occurrence de celles induites par le capitalisme.

Ainsi la capacité financière des municipalités (qui leur donne la possibilité de mettre en œuvre leur politique) dépend des subsides versés par l’État (dotations globales de fonctionnement [DGF] et subventions accordées dans le cadre des politiques contractuelles) et secondairement de la fiscalité locale pour partie versée par les entreprises (la taxe professionnelle), pour autre partie par les habitants (les taxes foncières). Inévitablement, si une municipalité s’avise de développer une politique autre que celle souhaitée par l’État, c’est l’argent des subventions contractualisées qui s’évapore, ne lui laissant qu’une DGF tout juste suffisante pour financer le minimum minimurum. Immanquablement, si une municipalité s’aventure à développer une politique anticapitaliste ou tente simplement d’en refréner certains aspects (la protection de l’environnement naturel par exemple) et c’est les entreprises qui se délocalisent, les recettes de la taxe professionnelle qui s’effondrent… obligeant la municipalité à imposer d’autant plus les habitants si elle veut équilibrer son budget.

De même, la capacité politique des municipalités dépend des pouvoirs qui lui ont été concédés par l’État (notamment dans le cadre des lois de décentralisation en ce qui concerne la France). Ces pouvoirs l’autorisent à intervenir en certains domaines seulement (urbanisme, école…) et non dans tous les domaines. Ainsi, elle ne peut pas intervenir sur le contenu des programmes scolaires (prérogatives de l’État), ni remettre en cause l’économie de marché, ni même modifier la définition du champ des services publics. Il lui est par exemple interdit de monter une boulangerie municipale qui vendrait du pain sans bénéfice…

Non seulement une municipalité a un champ d’intervention très balisé, mais elle est en outre rarement seule à décider dans les domaines où elle est pourtant légalement compétente. Elle a en effet la maîtrise théorique de son aménagement, mais dans la pratique, l’État peut aussi intervenir dans ce domaine et même imposer sa volonté contre celle de la municipalité (via les directives territoriales d’aménagement notamment). D’autres collectivités locales de rang supérieur (département et région) ou de même rang (communes limitrophes par exemple) limitent aussi l’autonomie de décision d’une municipalité car, nécessairement, certains domaines comme l’aménagement urbain encore ou les transports collectifs autre exemple, ne peuvent pas être traités dans le cadre étroit et largement obsolète d’une commune. Cette nécessaire collaboration qui prend la forme de structures intercommunales ou de contractualisation entre collectivités de rangs différents, montre à l’évidence de chacun qu’une municipalité ne peut pas décider seule de sa politique, qu’elle doit négocier avec d’autres instances.

Cette réalité bien concrète nous renvoie alors à la question des alliances et des compromis que doit nécessairement passer et concéder une commune (qu’elle soit ou non bookchinienne) avec l’État, la Région, le département, avec d’autres communes aussi… que ces instances soient détenues par la droite ou par la gauche. Que l’on nous dise alors d’avance et clairement quelle devrait être la politique d’alliance et de compromis des élus municipalistes ou des comités de quartier bookchiniens !

Contrairement à ce que suppose Murray Bookchin, la maîtrise des pouvoirs actuellement détenus par les conseils municipaux ne signifie donc aucunement (et ce qui que ce soit qui les détienne, élus ou comités de quartier) que l’on puisse faire ce que l’on veut, ni qu’il s’agisse d’un saut sinon décisif, du moins important vers une société autogestionnaire. En guise de rupture, ce que laisse envisager une telle stratégie, c’est bien davantage de se trouver englué dans les arcanes du système politique tel qu’il est aujourd’hui, avec ses petites alliances politiciennes et ses grands compromis.

L’électoralisme bookchinien a ainsi bien du mal à convainque et pour cause, quant à sa capacité à faire évoluer l’organisation du système politique actuel vers plus de démocratie directe. De plus, il semble aussi difficilement à même de résoudre ou simplement d’apporter une amélioration aux problèmes que Murray Bookchin considère pourtant comme centraux aujourd’hui : la protection de l’environnement, l’égalité entre les sexes et les rapports nord-sud pour le citer ; tous problèmes qui dépassent plus que largement le champ d’action des municipalités tant dans leurs causes, que dans leurs effets.

On peut dès lors se demander l’intérêt de maîtriser ces pouvoirs ou de perdre du temps et de l’énergie à chercher à les maîtriser quand la seule perspective que cela ouvre, c’est de nous autoriser à cogérer, avec l’État et d’autres collectivités publiques, certains aspects fort réduits de notre quotidien, sans rien toucher à l’essentiel et en nous engluant qui plus est dans l’enivrante volupté des compromissions politiciennes.

Le sens des évolutions sociales

Le municipalisme que développe Murray Bookchin ne se limite pas toutefois (et fort heureusement) à préconiser une participation, sous certaines conditions, à des élections. Il développe également une analyse, souvent pénétrante et fort intelligente, des évolutions sociales de ces trente dernières années.

C’est cette analyse qui fonde et légitime sa proposition d’intervention et d’organisation au niveau territorial et qui nous permet de mieux comprendre comment il entend la chose.

Pour Bookchin, les mutations socio-économiques enregistrées depuis le début des années 1970 signeraient la fin de la société industrielle et de la structure en classes qui lui étaient attachée.

Pour faire simple, les mutations technologiques induiraient une baisse des besoins en matière d’intervention directe dans le processus de production. Le travail intellectuel tendrait à se substituer au travail manuel et cette transformation des processus de production, leur technologisation, leur automatisation, ne serait pas sans conséquence sur la structuration de la société. Elle conduirait d’un côté au déclin de la classe ouvrière et de l’autre au gonflement des employés et des techniciens.

On assisterait également à une tendance à la disparition de la bourgeoisie traditionnelle (rentiers et patrons) et à la salarisation croissante des directions d’entreprise. Et ces deux phénomènes touchant l’un la classe ouvrière, l’autre la bourgeoisie généreraient en définitive une croissance globale du secteur tertiaire, une relative homogénéisation des conditions de travail (tous salariés, tous travailleurs intellectuels), une disparition des classes sociales préexistantes et leur fusion dans une vaste classe moyenne.

Outre une transformation fondamentale de la structure socio-économique, les mutations technologiques induiraient aussi une baisse du temps travaillé avec un retard croissant de l’âge d’entrée dans la vie active (allongement des études), une baisse sensible de l’âge de la retraite, un allongement de la durée des vacances annuelles et une réduction des rythmes hebdomadaires de travail. Cette baisse globale du temps travaillé conduirait inévitablement à l’effacement relatif du travail et du rapport au travail dans la vie de chacun, d’où notamment la crise du syndicalisme et l’essor de nouveau thèmes sociaux comme la consommation, l’environnement, etc.

Nous assisterions enfin à un troisième phénomène affectant cette fois-ci les modes de vie. La croissance de l’urbanisation conduirait en effet, à une relative homogénéisation des conditions d’existence avec la propriété de sa maison individuelle en périphérie d’agglomération comme standard.

Somme toute, assisterions-nous aux plans économique et sociologique à un véritable processus d’homogénéisation sociale (ce qui ne signifie pas la fin de toutes les inégalités) conduisant à la résorption de la structuration préexistante de la société en classes et à leur fusion dans une immense classe moyenne : tous travailleurs intellectuels, tous urbains propriétaires de sa petite maison, tous consommateurs profitant du système.

Il faut bien dire, avant toute chose, que Murray Bookchin n’est pas seul à penser ainsi. Il rejoint là tout un courant des sciences sociales pour qui les évolutions en cours marqueraient l’avènement d’une société postindustrielle, postmoderne ou encore informationnelle, dans tous les cas et quel que soit le terme, d’une société relativement homogène, dominée par les services et les cols blancs, par des zones d’urbanisation diffuse et des maisons individuelles à perte de vue. Dans cette compréhension des choses, les rapports de production ne seraient plus le déterminant central autour duquel la société s’organise et se structure. Des inégalités subsisteraient évidemment mais ne renverraient plus à des questions de classes sociales antagonistes, dont l’existence serait consubstantielle à l’ancienne société industrielle.

Non seulement des scientifiques de renom semblent donc valider la thèse de Murray Bookchin mais les chiffres, les sacro-saintes statistiques semblent également abonder dans son sens.

Ainsi, rien qu’en France, la part du secteur industriel dans l’emploi total est-elle passée de 40 % durant les trente glorieuses à moins d’un quart en 1990 et celle du secteur tertiaire est-elle désormais de près de 75 %. Parallèlement à ce gonflement des services et donc des employés, nous avons aussi assisté à un essor sans précédent de l’urbanisation, qui affecte aujourd’hui 96 % de la population française, un développement très important de la motorisation des ménages, de la propriété de son logement, etc. Tous phénomènes qui pourraient effectivement attester d’une certaine tendance à l’homogénéisation des modes de vie.

Quiconque connaît un minimum le mouvement libertaire peut, dès à présent, saisir en quoi et jusqu’où l’analyse bookchinienne est dérangeante.

Elle remet en cause en effet les fondements mêmes de ce mouvement ou du moins d’une large partie de ce mouvement : l’industrie et les ouvriers, les classes sociales et leur confrontation autour des rapports de production. Elle annonce à un courant issu de la Première Internationale que tout ce qui lui a donné naissance et sens est tout à coup dépassé.

Elle l’avertit, du même coup, de sa mort imminente par perte de sens et de pertinence d’avec les réalités sociales actuelles… ou tout du moins lui signifie qu’en tant que mouvement d’émancipation de classes, l’anarchisme ne peut plus être qu’un archaïsme dénué de tout fondement, si ce n’est perpétuer le souvenir nostalgique de ce qui fut et qui n’est plus.

La seule possibilité de survie pour le mouvement libertaire en tant que mouvement social un tant soit peu en phase avec le monde actuel serait alors d’abandonner ses vieilles chimères et de prendre acte des évolutions constatées.

C’est bien le propos de Murray Bookchin qui, lorsqu’il termine sa démonstration, conclut sur la nécessité vitale du municipalisme, mais un municipalisme adapté à cette nouvelle donne sociale et non pas fondé sur un quelconque rapport de classes comme cela avait pu exister par le passé. Son ambition n’est pas de rassembler une classe donnée contre une autre, et pour cause, mais d’unir des individus résidant à proximité les uns des autres, les réunir donc sur des rapports de voisinage pour les amener à prendre leur vie quotidienne et leur environnement immédiat en main, ainsi que pour les inviter à remettre en cause les inégalités qui structurent selon lui le monde actuel, comme les rapports entre les sexes, entre le nord et le sud de la planète ou encore avec la nature pour reprendre encore une fois les exemples qu’il cite lui-même.

Sens commun et sens critique

La simple observation de ce qui nous entoure notamment lorsqu’on habite en ville, au cœur de cette machine à homogénéiser la société si l’on en croît Bookchin, peut, il est vrai, nous faire douter du bien-fondé de ses analyses.

Les banlieues lyonnaises, pour aller au plus près, tout comme les quartiers pauvres de New York ou de Los Angeles tendraient plutôt à nous suggérer que les inégalités sont toujours aussi criantes dans les métropoles modernes… à moins de réussir l’exploit de confondre les quartiers populaires avec les banlieues résidentielles.

De même, les exemples que chacun peut trouver dans son entourage sembleraient également indiquer que les inégalités se perpétuent de génération en génération et par là même que, si la classe ouvrière n’est plus ce qu’elle était, cela n’implique aucunement qu’elle ne soit plus et a fortiori que le prolétariat (ceux et celles qui n’ont que leur force de travail pour vivre) ait disparu. Certes le fils d’ouvrier ne deviendra pas obligatoirement, ni même principalement, ouvrier. Quelques-uns échapperont par le haut à leur condition héritée, comme d’habitude… mais la plupart deviendront chômeurs, intermittents ou travailleurs précaires, c’est selon, et dans le tertiaire certainement. Et à connaître un tant soit peu la réalité du travail dans les bureaux et les services, on peut se surprendre à douter que la tertiairisation soit obligatoirement un vecteur d’uniformisation de l’emploi. Les différences de statuts et de conditions de travail existent encore et se reproduisent toujours entre l’anonyme agent administratif ou la secrétaire lambda et le monde des cadres et des dirigeants, comme autrefois entre les ouvriers, les contremaîtres et les patrons.

Bref, notre sens commun (ce satané bon sens) semble nous indiquer que si des évolutions ont évidemment eu lieu ces dernières décennies, si elles ressemblent à certains égards à ce dont nous parle Bookchin, cela ne semble pas pour autant signifier que les inégalités sociales aient disparu ou qu’elles soient en voies de résorption ou encore qu’elles soient désormais totalement ou relativement étrangères aux questions économiques et à notre position dans le système de production. À l’aune de notre expérience personnelle et sensible du quotidien, on aurait plutôt l’impression qu’elles se perpétuent derrière les hauts murs des bureaux, comme autrefois à l’ombre des hauts-fourneaux. On aurait plutôt la sensation qu’elles continuent à structurer nos vies et nos villes, au sein desquelles du reste des groupes sociaux relativement différenciés se répartissent et composent aujourd’hui comme hier de véritables classes socio-spatiales.

Désindustrialisation
ou technologisation

Ces impressions que nous livrent notre sens commun sont-elles infondées ? Sans doute pas tant que ça, si l’on en juge par ce que nous donnent à voir les recherches menées en sciences sociales ces toutes dernières années.

Certes, il est juste de dire que les analyses de Murray Bookchin ne sont pas de pures spéculations intellectuelles dénuées de tout fondement. Mais il est juste aussi de rappeler que ses analyses et les recherches sur lesquelles il s’appuie ont maintenant plus de vingt ans d’âge… ce qui pour du whisky est sans doute appréciable, mais pour jauger de la situation et de l’évolution sociale actuelle est quelque peu insuffisant.

Dans les années 1970, période où Bookchin élaborait sa pensée et sa conception du municipalisme, le système fordiste-keynesiste-tayloriste qui avait structuré les décennies précédentes s’effondrait sans que l’on comprenne bien précisément ce qui ressortirait de ce grand chambardement. Mais depuis lors du temps a passé, les choses se sont quelque peu éclaircies, chacun a eu le loisir de constater que le monde qui émergeait était loin d’être paradisiaque… et de nouvelles recherches ont clairement mis en évidence qu’il ne s’agissait pas de simples impressions subjectives.

Concernant les statistiques tout d’abord qui semblent apparemment conforter l’analyse de Bookchin, nombre de chercheurs en sciences sociales ont désormais souligné qu’elles n’étaient en rien un gage de vérité, qu’elles n’étaient en rien de purs et parfaits reflets de la société ou même de son économie. Ce ne sont que des constructions sociales, résultant de choix par essence arbitraire (ce qui ne veut pas dire infondés), des choix fortement influencés par des raisons techniques… mais aussi politiques. De fait, doit-on éviter de prendre pour argent comptant les évidences mises en lumière par les grandes catégories des instituts de statistiques et en l’occurrence celles soulignées par leur grille de l’emploi en primaire (agriculture), secondaire (industrie) et tertiaire (services).

En premier lieu, ces statistiques ne concernent que les anciens pays industrialisés (Europe, Amérique du Nord, Japon). Pour le reste et notamment pour les nouveaux pays industrialisés, on est très loin d’assister à une désindustrialisation bien au contraire. Et globalement (du fait de la démographie mondiale), le nombre d’ouvriers stricto sensu (personnes employées à des tâches d’exécution manuelle dans une entreprise industrielle) est en réalité en augmentation constante sur la planète tant en terme absolu que relatif.

En second lieu et pour ce qui concerne les seuls pays industrialisés, l’évolution du poids relatif de chacune des grandes catégories d’emploi semble sans doute montrer un processus de désindustrialisation et inversément de tertiairisation. Mais est-ce véritablement le cas ? Ce sentiment ne découlerait-il pas tout simplement… des étiquettes données à ces catégories ?

De fait d’autres types de catégorisation de l’emploi (celle opérée par l’équipe Strates par exemple), d’autres types de statistiques nous parlent eux d’un processus de technologisation de l’emploi industriel et non pas de désindustrialisation. Ce changement d’étiquette n’est pas seulement formel. Il a une réelle valeur heuristique, car il nous invite à penser différemment les évolutions en cours. Car, évidemment, ce processus de technologisation de la production n’est pas nouveau en soi. Il a démarré avec l’invention de la bêche et du tournevis, de la faucille et du marteau (si on me permet ce clin d’œil) et se poursuit, aujourd’hui, avec l’essor d’outils de plus en plus perfectionnés, de plus en plus automatisés et informatisés. Ce premier constat pour trivial qu’il puisse paraître de prime abord, n’est en réalité pas sans conséquence sur la suite de l’analyse que l’on peut avoir des événements.

Nouvelle métamorphose du prolétariat

En effet cette mise en perspective nous invite inévitablement non pas à nier les mutations sociales en cours, mais à les relativiser en les replaçant dans une perspective historique plus ample.

Elle nous amène à nous rappeler que ce n’est pas la première fois qu’un important saut technologique a lieu, que cela a toujours provoqué de fortes évolutions sociales et que pour autant les questions socio-économiques n’ont pas disparu, que pour autant la structuration en classes de la société n’en a pas été fondamentalement affectée, même si le contenu et la position respective des différentes classes ont pu changer au cours du temps.

La première révolution industrielle n’a-t-elle pas engendré le déclin des ouvriers-artisans et l’essor des ouvriers d’industrie ? La seconde révolution industrielle n’a-t-elle pas substituée à l’ancien ouvrier de métier, l’ouvrier spécialisé, dont l’OS métallo, syndiqué, employé à vie ou presque dans une grande usine fordiste constitue l’archétype, que nous conservons tous en mémoire ? Somme toute, les mutations en cours ne s’inscrivent-elles pas dans cette histoire multi-séculaire ?

Quant certains, dont Bookchin, parlent de déclin, si ce n’est de disparition de la classe ouvrière, n’est-ce pas en fait une de ces formulations historiquement datées et géographiquement localisées qui tend en réalité à s’estomper pour donner naissance à une nouvelle forme de prolétariat dont on a encore quelque mal, il est vrai, à cerner l’organisation, la structuration et les contours ?

Entre l’hypothèse d’une fusion sociale en une immense et unique classe moyenne et celle d’une reformulation de la division en classes de la société, chacun peut évidemment choisir comme bon lui semble, mais il existe toutefois des faits qui tendent à montrer que la seconde hypothèse est sans doute largement plus fondée que la première.

Pour que l’hypothèse de l’homogénéisation sociale soit fondée, il faudrait d’une part que les inégalités sociales ne soient plus liées à la position sociale d’origine des individus ou à celle de leurs parents, mais à l’inverse qu’elles renvoient seulement à des questions de trajectoires individuelles plus ou moins bien réussies. Il faudrait, d’autre part, que ce qui différencie et à l’inverse unit les individus n’ait plus rien à voir avec des questions de positions collectives dans la hiérarchie sociale, mais à des choix individuels et à leur capacité tout aussi individuelle à assumer ces choix. Il faudrait enfin que les écarts socio-économiques tendent globalement sinon à disparaître, du moins à s’estomper.

En d’autres termes, trois types d’indicateurs peuvent nous permettre de mieux cerner laquelle de ces hypothèses est valide, laquelle ne l’est pas : la reproduction ou non des classes sociales, la différenciation entre classes sociales et l’homogénéité au sein des classes sociales, et enfin l’homogénéisation ou la polarisation de la société.

Sur la reproduction des inégalités sociales d’une génération à l’autre, reproduction qui fonde en partie la notion de classe sociale, nombre de recherches ont pu déjà nous éclairer précisément quant au devenir des enfants d’ouvriers. Ces derniers tendent effectivement à devenir à leur tour non pas tous ouvriers mais plutôt employés dans des services ou des commerces. Il y a donc bien modification sensible des conditions d’emploi et des systèmes d’emploi qui, de fait, se révèlent beaucoup plus précaires que par le passé. Mais si l’on regarde la position relative occupée par les parents ouvriers et par leurs enfants employés dans la hiérarchie sociale, on s’aperçoit alors qu’elle n’est pas sensiblement différente. Les uns comme les autres restent en position de dominés, sans aucune maîtrise des moyens de production et d’échange (autre que la grève évidemment), sans autre ressource pour vivre que de louer leur force de travail qu’elle soit manuelle ou intellectuelle. De ces premiers éléments, il apparaît alors clairement que la classe ouvrière d’antan est peut-être, dans nos pays, en voie de déclin numérique, mais que pour autant le prolétariat est très loin de disparaître. Ce prolétariat auquel participe les ouvriers stricto sensu se reproduit génération après génération, même si les transformations des processus de production (la technologisation) et des systèmes d’emploi (la précarité) en modifient la matérialité, les conditions de vie et l’organisation socio-spatiale.

Sur la différenciation entre groupes sociaux maintenant, il s’avère certes que l’on n’est plus au temps de la blouse pour les ouvriers et du jabot pour les notables. Pour autant, la distinction entre groupes sociaux et l’imitation au sein des groupes sociaux continuent à s’opérer, de façon certes plus subtile, mais tout aussi efficace qu’auparavant. Pour ne prendre qu’un exemple, les marques ostensiblement portées sur les vêtements des lascars de banlieues et ce quelle que soit leur origine culturelle ne peuvent et ne sont évidemment confondues par personne avec les habits des jeunes bourgeois dont la qualité de la coupe suffit à elle-seule à marquer la position sociale. Ces éléments de distinction s’expriment de fait tant sur les habits donc que sur l’alimentation quoi qu’on en croie, les habitudes culturelles (cinéma, théâtre, livres, musique), ou encore et de façon encore plus subtile à travers les codes gestuels, le langage, l’accent, l’humour aussi… Avec le revenu et l’emploi, elles marquent au plus profond de nos quotidiens ce à quoi on participe et ce à quoi on ne participe pas, ce que l’on est et ce que l’on est pas.

Sur la question enfin, de la tendance à l’homogénéisation même relative des conditions de vie et des modes vie, d’autres recherches ont pu montrer que ni la tertiairisation, ni l’urbanisation ne signifient que nous soyons dans une telle dynamique. Bien au contraire. Ce que l’on nomme la crise économique depuis le début des années 1970 (et qui n’en est pas une manifestement pour tout le monde) donne lieu à une aggravation des inégalités sociales tant entre pays riches et pays pauvres, qu’au sein des pays riches et au sein des pays pauvres. Comme le rappelle la ritournelle des statistiques sur les revenus et les conditions de vie, ces trente dernières années, les classes les plus privilégiées n’ont cessé de creuser l’écart qui les sépare des classes les plus défavorisées.

Somme toute, la question sociale, celle des rapports entre classes sociales restent au cœur de nos so-ciétés… et déterminent plus qu’amplement d’autres domaines comme l’environnement notamment. Comment envisager résoudre par exemple les problèmes environnementaux actuels sans remettre en cause la course au profit, qui conduit certains pétropollueurs à affréter des épaves ambulantes qui viennent régulièrement dégueuler leur mazout sur les plages bretonnes et encore dans ce cas, en parle-t-on et se mobilise-t-on.

Pour le communalisme

L’analyse du municipalisme préconisé par Bookchin nous conduit en définitive à en récuser deux éléments principaux : l’électoralisme et l’interclassisme.

Pour autant, tout ce qu’il dit et tout ce qui nous a permis de développer cette analyse devrait-il nous conduire à conclure que l’idée même d’une action territoriale est absurde ? Assurément non !

Contrairement à ce qu’écrit Murray Bookchin, la structuration en classes de la société reste extrêmement prégnante et les questions socio-économiques centrales, voire déterminantes par rapport à d’autres problèmes notamment en ce qui concerne l’écologie. Vouloir réaliser l’égalité politique et sociale, en écartant la question de l’égalité économique est évidemment un non-sens, tant ces différents termes sont étroitement liés. Toutefois, les choses ne se posent plus dans les mêmes termes qu’autrefois et on ne peut donc continuer à invoquer les mêmes recettes pour y faire face.

Le rapport au travail s’est modifié ces dernières décennies, ce qui ne veut pas dire que les questions économiques se soient estompées. La précarité de l’emploi a également sensiblement transformé nos conditions de travail, de vie et plus globalement remis en cause une certaine forme de stabilité des rapports sociaux. Et cette double évolution a eu des effets sur les possibilités de structuration du prolétariat ainsi que sur les sujets qui lui posent particulièrement question aujourd’hui.

Les syndicats verticaux (d’entreprise), structure traditionnelle d’organisation des salariés, ont du mal à s’adapter aux nouvelles réalités sociales et notamment à l’instabilité d’emploi. Ce n’est évidemment pas un hasard si l’essentiel des syndiqués sont fonctionnaires ou salariés dans des entreprises nationalisées. Ce déclin du syndicalisme vertical n’a, disons-le clairement, rien de réjouissant en soi, car en vis-à-vis les perspectives de nouvelles formes de structuration du prolétariat sont, pour l’heure, bien difficiles à discerner. Il doit de plus être relativisé. Car, en l’état, rien ne dit que nous allions vers un effacement total de cette forme d’organisation à plus ou moins long terme. Car il faut aussi prendre garde à ne pas mésestimer le poids et l’intérêt de cette forme de structure qui, d’une part représente toujours un effectif non négligeable et qui plus est organisé, et d’autre part peut effectivement être d’une redoutable efficacité dans la confrontation avec le patronat.

Ces choses étant précisées, le syndicalisme vertical ou d’entreprise est néanmoins en crise, ce dont ont parfaitement conscience les directions des grandes centrales. Et l’on peut douter avec raison que, dans l’avenir, ces types de syndicat réussissent à redevenir les structures centrales qu’elles furent par le passé, même s’il est clair qu’elles conserveront un poids et un rôle importants. Pour partie, il semble évident que cette perte d’influence est intimement liée au fait qu’il est de plus en plus difficile de s’organiser sur son lieu de travail. Dès lors, le quartier pourrait effectivement devenir un nouveau lieu d’organisation un peu à l’instar des bourses du travail, il y a un siècle. Cette idée est d’autant plus fondée que les classes sociales ont tendance à se regrouper dans les mêmes quartiers et que de ce fait les comités de quartiers pourraient effectivement être des éléments d’organisation sociale relativement opérante.

Mais le syndicalisme est-il uniquement en crise du fait d’une mauvaise adéquation spatiale avec les nouvelles réalités ? On peut en douter au vue des nouveaux types de conflits sociaux qui se développent aujourd’hui et qui tendent à montrer qu’une partie de ce qui fait enjeu désormais dans la société n’est plus obligatoirement liée à l’entreprise proprement dit et résolvable dans une perspective catégorielle, comme le font quotidiennement l’ensemble des syndicats.

La précarité d’une partie croissante de la population a transformé nombre de services publics en dernier filet de sécurité en l’absence de quoi et de qui on ne peut plus vivre décemment. Et les transports collectifs, motifs de la plupart des émeutes de banlieue, et le prix de l’eau qui augmente sans cesse, et les cantines scolaires dont sont exclus tous les enfants dont les parents ne peuvent plus payer, et ces nuisances (autoroute, décharge, station d’épuration…) qui nous polluent l’existence et que l’on place systématiquement du côté des banlieues pauvres… Tous ces sujets sont devenus aujourd’hui centraux, même s’ils ne sont pas les seuls à cristalliser le mécontentement social, même si ce n’est pas autour d’eux que le mouvement social est le plus efficace.

Mais il n’empêche que ce nouveau type d’enjeux, celui des services publics, se pose désormais avec force, qu’il se pose au plan territorial et qu’il ne peut être résolu dans une approche catégorielle ou sectorielle. Ils ne peuvent être abordés que sous un angle global ce qui ne veut pas dire nécessairement radical, comme le montrent nombre de comités de quartier à dominante environnementale. Ces enjeux soulèvent toutefois les liens de causalité existant entre par exemple la dégradation de son environnement, le système capitaliste dans lequel seul le profit et donc la minimisation des coûts comptent, et enfin le système politique où pour une campagne électorale financée en dessous de table, on sacrifie sans vergogne la vie de certains habitants. Dans cette perspective et quelle que soit la radicalité de l’analyse réalisée, l’approche traditionnelle des confédérations syndicales semble relativement inopérante car, il est difficile sinon impossible dans ces domaines de vouloir traiter d’une question sans aborder les causes et les conséquences, comme cela peut être le cas lorsqu’on demande une augmentation de salaire. Quiconque s’est déjà battu, par exemple, autour des questions touchant à la restauration scolaire sait très bien qu’inévitablement il aura à répondre (et donc à réfléchir) sur quelle qualité à quel coût ? peut-on ou non accepter l’exclusion d’enfants dont les parents ne peuvent payer la cantine ? comment raisonne la municipalité ? pourquoi fait-elle ses choix, est-ce justifié ? comment, pour sa part, on aimerait que ça fonctionne ? et donc, comment on voit la question de l’accès, du prix, de la qualité de la nourriture ?

De fait, autant les luttes d’entreprises peuvent se faire au nom de l’intérêt immédiat des travailleurs et sans préjuger de ce qu’ils pensent et veulent sur le fond, autant les luttes territoriales qui ont notamment les services publics comme enjeux centraux sont à haute teneur politique et idéologique, teneur sans laquelle elles ne pourraient d’ailleurs ni mobiliser, ni exister.

C’est en définitive dans cette perspective que la proposition communaliste est posée. C’est dans ce cadre qu’elle doit être entendue.

  • Un communalisme qui se distingue du municipalisme bookchinien, même s’il existe des similitudes, même si des analyses peuvent être partagées.
  • Un communalisme qui se pose clairement dans le champ de la lutte de classes, qui n’entend aucunement réunir en son sein l’exploiteur et l’exploité, l’oppresseur et l’oppressé, mais seulement les seconds contre les premiers.
  • Un communalisme qui tire son nom de la Commune de Paris, pour s’inscrire sans conteste dans une histoire, celle du mouvement ouvrier.
  • Un communalisme qui entend développer tout à la fois la contestation de l’ordre établi et la construction d’un monde nouveau, les luttes urbaines et les alternatives concrètes, notamment en matière de services publics autogérés.
  • Un communalisme qui se fonde sur l’action territoriale, non pour remplacer l’action syndicale mais pour conjointement avec elle tenter de donner un nouvel élan au mouvement social.
  • Un communalisme, qui s’adresse justement non pas aux seuls convaincus, mais à l’ensemble du mouvement social, sans sectarisme, mais sans pour autant mettre ses idées dans sa poche.

Un communalisme enfin, qui a l’honnêteté de reconnaître que son action est éminemment politique car il ne peut en être autrement et qu’en la matière ses convictions sont anarchistes, ses perspectives révolutionnaires et son but le communisme libertaire.

Paul Boino
Fédération Anarchiste
(1) Bookchin, 1988, Une société à refaire, ACL, p.178
(2) Ces syndicalistes « révolutionnaires » se réfèrent ici généralement à l’œuvre de Pierre Besnard. Il convient cependant de souligner que ce dernier, même s’il se contredit souvent dans ses ouvrages et même parfois à l’intérieur de ses ouvrages, même s’il est parfois très flou sur ces questions, n’a jamais écrit que la société future doit être uniquement gérée par les syndicats. Il écrit au contraire qu’elle doit être cogérée par les syndicats et des assemblées territoriales. Par la suite, certaines personnes se réclamant de Besnard ont effectivement pu transformer ses propos en considérant que ces assemblées territoriales ne pouvaient être que les Unions Locales, Départementales et Régionales des syndicats, ce qui revient alors à faire effectivement gérer la société uniquement par les syndicats et par les producteurs en tant que producteurs. Cette perspective, qui est redisons-le celle de certains syndicalistes révolutionnaires et non de P. Besnard proprement dit, exclut effectivement de facto tous ceux et celles qui ne travaillent pas (jeunes, vieux, malades). Cela revient en outre à vouloir faire prendre les décisions de production non en fonction de la demande exprimée et dans le cadre de choix de société parfois fondamentaux (par exemple de l’électricité mais à quel prix social et environnemental, avec ou sans nucléaire ?)… mais en fonction de ce que veulent ou non ceux qui détiennent les moyens de production.
(3) Partiellement seulement, car il manque évidemment la question des fédérations de producteurs.
(4) Voir le communisme libertaire d’Isaac Puente et la motion de la CNT au congrès de Saragosse en 1936.
(5) Pour en rester au cas de la Croix-Rousse et de la candidature Mimmo, il est clair que les groupes d’extrême-gauche ou de gauche ont déjà leur candidat, tout comme les différents courants écologistes, quant aux structures libertaires (Fédération Anarchiste, CNT, squats, etc.), c’est peu dire qu’elles sont hostiles à cette candidature.

source: http://libertaire.pagesperso-orange.fr/archive/2001/236-fev/municipal.htm

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19 février 2011 Posted by | DECROISSANCE, Notre démocratie | , , , , , , , | 7 commentaires

Vers une démocratie générale ?


Vers une démocratie générale de Takis Fotopoulos

On objecte souvent au mouvement de résistance à la mondialisation libérale de n’offrir aucune alternative aux modes d’organisation actuelles des sociétés de marchés. Dans le même temps, la plupart d’entre nous ressentons confusément que ces sociétés, à défaut d’un changement radical de trajectoire, détruisent la planète, engendrent l’instabilité économique et sont menacées d’implosion sociale. La gauche — désormais alliée aux écologistes — semble pourtant avoir renoncé à toute rupture avec les principes essentiels des économies de marche et des démocraties représentatives. Or, depuis deux siècles, ces institutions engendrent une concentration des pouvoirs économiques et politiques qui autorisent les élites dominantes à promouvoir une logique de croissance destructrice qui est au cœur de la crise multidimensionnelle que nous vivons aujourd’hui

Une autre histoire, tournée vers la quête du bien commun, est donc impossible sans une libération globale du pouvoir citoyen.La démocratie générale opère cette libération en appliquant à tous les champs de la société le principe d’un partage égal du pouvoir. Cela implique donc, outre une démocratie politique directe, une démocratie économique et sociale qui reconsidère de l’organisation de la production et de sa gestion. Loin de suggérer une nouvelle utopie destinée au seul débat philosophique, il s’agit ici de dessiner les contours concrets d’une nouvelle société ainsi qu’une stratégie plausible de transition

« Ce livre a un but, montrer qu’on ne peut sortir de la crise qu’en sortant du cadre institutionnel actuel et non en restant à l’intérieur.»

« Voici un auteur remarquablement inconnu des militants hexagonaux
mais qui pourtant manifeste des approches libertaires de l’Homme, de la société et du
devenir social et économique du monde. auteur:Jean-Claude Richard

Takis Fotopoulos ‘ nous propose en effet la mise en place d’une démocratie générale dont
les principes sont tout à fait dans les formes de l’idéal libertaire. Rien d’étonnant puisque
l’on relève dans le livre de constantes références à Pierre Kropotkine., à Murray Bookchin,
à John Clark et, surtout, à Cornélius Castoriadis, un ancien de la feue revue Socialisme ou
Barbarie.
Dès l’introduction de l’édition française, nous sommes en terrain connu: « Ce livre a un
but, montrer qu’on ne peut sortir de la crise qu’en sortant du cadre institutionnel actuel et
non en restant à l’intérieur.»
À partir de ce postulat essentiel, Takis Fotopoulos développe – sur une base économique
égalitaire – le concept de démocratie générale. Concept qui implique l’abolition des
formes de répartition inégale du pouvoir politique.
La situation actuelle du inonde est l’effet d’une
dynamique…
L’apport théorique et militant du discours de Takis Fotopoulos est surtout de rompre avec
la conception marxienne voulant, via Attac et les partis de gauche, trotskistes compris,
considérer l’état actuel du monde comme une conspiration des politiques de méchants
partis neo-liberaux ou sociaux démocrates alors qu’il s’agit ni plus ni moins que de
l’aboutissement d’une dynamique qui s’est construite sur l’économie de marché et son
corollaire, la démocratie représentative.
Il est bien évident qu’à partir de cette approche les actions à entreprendre ne se situeront
pas dans le cadre du système repré-sentatif (élections, parlement, etc.) mais à l’extérieur
de ce système. Pourquoi lutter pour changer les gouvernements puisque ces gou-
vernements ne sont qu’accessoires dans la res-ponsabilité de l’actuel état des choses?

Une stratégie de transition

Vouloir transformer la société pose bien évidemment la question des moyens. Là encore,
la pensée de Takis Fotopoulos s’ancre dans le discours libertaire: «Un grand principe nous
oriente dans le choix d’une stratégie de transition appropriée: la cohérence entre la fin et
les moyens. » Contrairement aux méthodes étatistes qui se proposent de changer la société
par le haut et les approches dites de la « société civile» qui, elles, ne visent pas à changer le
système, Takis Fotopoulos ne propose pas une organisation politique de type nouveau,
mais une confédération de communautés fonctionnant suivant les principes de la
démocratie générale (égalité économique -propriété collective, égalité politique – démo-
cratie directe).
Ce livre, d’où les mots volontairement scientifiques ou difficiles ont été bannis, est
absolument accessible à quiconque. Les démonstrations y sont claires, logiques et
cohérentes. Une volonté d’être compris du plus grand nombre se fait sentir à chaque page
et place ainsi Takis Fotopoulos dans la ligné d’un Kropotkine ou d’un Reclus. »

Jean-Claude Richard
groupe Henry-Poulaille de Saint-Denis
Le monde Libertaire

[1] Économiste et politiste, il est directeur de la revue Democracy & Nature, The International Journal
of Inclusive Democracy (voir sur le net une multitude de textes sur Takis Fotopoulos)

 

17 février 2011 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE | , , , | 7 commentaires

Vers un municipalisme libertaire


Murray Bookchin

 

« Une société écologique suppose la fin de la hiérarchie et de la domination sur toutes ses formes. » Murray Bookchin

Contribution de la CEN aux journées de Mars du MOC

Nos sociétés «développées » fonctionnent sur deux mythes qui s’essoufflent et sont au bord de l’asphyxie : celui du progrès industriel, né avec la machine à vapeur au milieu du XVIII siècle, dont l’extension était sensée capable de résoudre tous les maux de nos sociétés (énergie, chômage, besoins…), et celui de la démocratie représentative, né avec la révolution française, et continuant à cultiver l’illusion du  « pouvoir du peuple ». Pourtant, force est de constater que de plus en plus de science cohabite avec l’absence majeure de solutions aux maux de notre temps (fin des énergies, des métaux, pollutions diverses, réchauffement, catastrophes « naturelles »…), de même que la démocratie représentative installée et vénérée ne représente plus que l’impuissance du citoyen au quotidien et l’impuissance des états élus face aux forces des « marchés ». De ces deux constats, l’histoire nous invite à inventer, voire réinventer d’autres  solutions, si l’on veut que l’homme puisse continuer à habiter cette planète.

1 – LE PROGRÈS, UN PREMIER MYTHE QUI S’EFFONDRE

Face aux problèmes sociaux majeurs auxquels les sociétés techniques sont confrontées (environnement, chômage, pollution, délinquance…) les sociétés techniques répondent toujours par « plus de la même chose », dans une fuite sans fin et dans un productivisme effréné, comme si tout problème social de quelque nature que ce soit avait une solution mécanique, évitant aux hommes de se poser la question du « pourquoi ?».

Mais, d’une part, toute « avancée » technique recèle au moins une face cachée, à savoir : les nano-technologies présentées comme pouvant guérir, ont pour corrolaire les puces que chaque individu portera sous la peau demain « pour sa santé », comme on nous invite à le faire pour tous les animaux aujourd’hui. Le téléphone portable, concentré d’intelligence et de technologie, provoque des lésions au cerveau, et on l’interdit dans l’enceinte les écoles. Le plastique allège le poids des bouteilles, mais il diffuse des substances cancérigènes et on le retouve au milieu de l’océan pacifique, dans le ventre des poissons.  Les effets secondaires, cachés, dissimulés, provoquent de nouveaux problèmes, dont on attend de nouveau une solution technique dans une spirale sans fin. Mais il y a pire. Le gigantisme de certaines technologies (nucléaire, grande distribution, avions…), oblige, dans le même temps à mettre en place un contrôle total des individus : fichage, caméras de surveillance, contrôles quotidiens, pour le bien être des citoyens bien évidemment, qui peu à peu s’habitue à vivre dans un environnement de plus en plus totalitaire. L’URSS n’était qu’en avance d’une génération  dans cette compétition là.

D’autre part, le « progrès » est d’abord et avant tout dans la recherche des profits qu’il peut occasionner. Le progrès chimique est privilégié au progrès biologique dans l’agriculture, au détriment des sols et de la terre nourricière, parce qu’il est plus facile de vendre des pesticides que de cultiver des coccinelles. L’efficience énergétique qui permet d’aller dans le sens de la conscience écologique sociale (ex : les voitures consomment moins), permet également d’en mettre deux fois plus sur le marché, selon le « paradoxe de Jevons » constaté aux XIX siècle.

Enfin, on ignore, tout au long de la chaîne de production, qui s’est internationalisée, toutes les souffrances occasionnées : la misère dans les pays où l’on extrait les métaux, la corruption des dirigeants, les guerres occasionnées (Afghanistan pour le gaz, Irak pour le pétrole, demain les guerres pour l’eau).

Le progrès technique, synonyme de mieux vivre pour quelques uns, est un  gouffre de misère, d’exploitation et de souffrance pour la plupart. Notre mode de vie repose sur un capital non renouvelable et bientôt dilapidé, et la croissance sans fin scie la branche de la vie sur laquelle nous sommes assis : augmentation de l’effet de serre, dérèglementation du climat qui provoque de plus en plus de catastrophes, disparition des espèces, tonnes de déchets, pollutions gigantesques, marées noires…L’empreinte écologique, nouvel indice de mesure de notre rapacité sur terre, nous indique que si tous vivaient comme nous, la disparition serait pour bientôt. Pourtant, gauche comme droite nous invitent toujours à communier dans ce mythe, comme dans celui de la « démocratie ».

2 – LA DEMOCRATIE REPRESENTATIVE, UN SECOND MYTHE QUI S’EFFONDRE

Car, quand on parle de démocratie, il n’en est qu’une invoquée, la représentative, celle qui nous invite à élire nos représentants. Mais le non français au traité de constitution européenne a obligé le gouvernement à passer outre le vote du peuple et à faire voter par le parlement un ersatz reprenant les principales dispositions de celui-ci. Droite et gauche l’ont voté, montrant par là-même les limites de la démocratie représentative, dès lors qu’une caste d’élus (terminologie empruntée au religieux) s’arroge le droit de dire le droit au nom du peuple. L’impuissance du citoyen face au délire technologique se double de son impuissance caractérisée dans le champ démocratique. Il a le droit de vote tous les cinq ans pour telle ou telle élection, à la condition  expresse, maintenant, que son vote corresponde à ce qu’on attend de lui. Si tel n’est pas le cas, alors on passe en force, ou on le fait revoter pour qu’il vote dans le bon sens, après lui avoir donné quelques hochets supplémentaires. Le vote n’est plus l’expression du peuple mais la soumission du peuple au bon vouloir des élites. C’est un vote bureaucratique.

Le pouvoir technologique, à son tour, présente un inconvénient majeur pour la démocratie : celui qui fait que le technicien, l’ingénieur, le banquier, possède le pouvoir bien avant le politique. Les récents évènements en sont une démonstration flagrante : soumission totale des états aux diktats des marchés, c’est à dire des investisseurs, c’est à dire des multinationales, c’est à dire des floppées de mathématiciens qui mettent à jour des « produits financiers » nouveaux dans la guerre sans merci qu’ils se livrent, à tel point qu’ils sont capables de mettre sur la paille des milliers de personnes (des centaines de milliers de gens ont perdu leur maison, récupérées par les banques, dans la faillite des « subprimes » aux USA, sans révolte aucune), et qu’ils s’attaquent maintenant aux états, l’Islande dans un premier temps, puis la Grèce aujourd’hui, et demain le Portugal et l’Espagne en ligne de mire. Et les états, c’est à dire la démocratie représentée, assistent impuissants au démantèlement de leur socle social, quand ils ne se mettent pas à aller dans le sens que les marchés attendent d’eux, preuve supplémentaire que l’état n’est que l’agent principal du capital, dont il se sert quand il en a besoin, et dont il se passe quand il n’en a plus besoin.

La liste est longue des atteintes à la démocratie réelle, perpétrée par la démocratie représentative : élections à plusieurs niveaux (sénat, communautés de communes), impuissance du parlement face à l’exécutif, qui produit de nos jours la majorité des lois, plus celles de la commission européenne, non élue elle. A quoi on peut ajouter le financement occulte des partis, les collusions avérées entre grandes entreprises et élus, etc. Tout ceci sous le discours généreux du « pouvoir du peuple » et du « devoir du citoyen ». Pouvoir de se passer les menottes, et devoir de se taire sont plus proches de la réalité. Le citoyen vote tous les 5 ans, les marchés tous les jours. Tout ceci inclut la relativisation de notre démocratie représentative, seulement « interne », parce que l’agrément apporté à quelques uns au long des siècles et des luttes s’est toujours accompagné de l’exploitation vile des autres pays et des autres cultures, et que cela continue sous des dehors beaucoup plus difficiles à discerner : ce sont bien des démocraties élues qui continuent le massacre des indiens commencé par les rois il y a cinq siècles, qui ont continué et augmenté le commerce du « bois d’ébène », qui nous ont donné deux guerres mondiales, et qui s’arrogent le droit d’attaquer d’autres pays pour des raisons économiques et sous des prétextes fallacieux !

3 – EBAUCHES DE SOLUTIONS

31 – Refonder les valeurs

L’écologie sociale  cherche à faire du sens. Faire du sens, c’est faire que les hommes vivent en actes, dans les valeurs auxquels ils adhèrent, la liberté, la solidarité, les droits de l’homme, leur action sur le monde, et s’en servent de levier afin de transformer, dans une éthique de respect des hommes et des cultures, de ce qui existe et vit, à la fois leur propre rapport au monde, et ce qu’il y a d’intolérable dans leur propre culture. Le sens avant le politique, le politique avant le pouvoir, le pouvoir avant le technique. C’est exactement l’inverse de ce que nous vivons actuellement, où les politiques se sont placés sous l’égide des techniques, en ayant perdu le pouvoir et le sens. Au schéma « technique-pouvoir-politique-perte de sens », il convient de substituer le schéma « sens-politique-pouvoir-technique ». Ce faisant, c’est un renversement total de notre façon d’être et de penser le monde qu’il nous faut opérer.

Mais s’emparer de ce qui nous regarde nous oblige à mettre en avant relativité, incertitude, probabilité. Le regard que nous portons sur le monde n’est que le notre, et nous savons qu’il est partiel, partial, orienté, fragmentaire. Pour avancer, nous ne pouvons que le mesurer à d’autres, à ceux qui vivent différemment l’appréhension du temps, à ceux qui pensent que l’asservissement à la technique n’est pas fatal, que l’aménagement de l’ordre n’est pas immuable, que progrès, retard, modernité ne sont que des données relatives. L’écologie sociale, émergence d’une nouvelle pensée au sein du vivant, est  la naissance de la conscience que l’homme est une partie du tout, dernier maillon le plus complexe d’une chaîne évolutive que les hasards ont conduit à le faire s’interroger sur sa condition. Cette conscience est née des différents rapports au monde selon les différents lieux d’existence, et les cultures de ces différents rapports. Ce n’est pas le retour à la nature qui est programmé, c’est le retour de la nature dans notre réflexion sur l’homme.

De tous temps l’homme est écologique et il le sait. Vivant d’abord dans une dépendance totale à l’égard de la nature, son expérience et son observation lui font lire celle-ci de plus en plus efficacement. Mais cette conscience d’appartenir à un tout s’estompe en même temps que le progrès technique lui apprend à dépendre de moins en moins de cette nature, distanciation du sujet à l’objet. Cet affranchissement des conditions de sa survie immédiate l’amène à en ignorer totalement les conditions de sa dépendance. La nature étant croit-il domptée, sa domesticité ne lui pose plus de problème. L’écologie sociale est le retour conscient entre ce sujet et cet objet, la partie et le tout, dans une interdépendance conflictuelle sur le long terme, avec les connaissances spécifiques que l’homme a accumulées dans sa distanciation.

L’écologie sociale met le doigt sur l’incapacité actuelle des sociétés technologiques à remettre en cause leurs fondements idéologiques. La pensée dominante du salut par la croissance est une pensée rassurante, quand bien même on peut constater quotidiennement ses déboires. Mais elle provoque toujours, cependant, le sentiment que demain sera mieux qu’aujourd’hui, continuation de son propre imaginaire dans un monde qu’elle détruit pourtant. La pensée écologique, au contraire est une pensée dérangeante. Elle provoque la remise en cause d’un mode de production chez les personnes qui en vivent, elle provoque la mise en garde du lendemain par l’intermédiaire de catastrophes qu’on prépare, la peur du chaos.

Que la naissance politique des mouvements écologiques concorde historiquement avec la fin des idéologies de gauche et leur asservissement à la pensée unique du marché n’est pas le fait du hasard, mais bien la nécessité de dépassement d’un mythe séculaire qui à échoué. L’écologie sociale n’est pas la gauche, n’est pas à gauche, en ce sens qu’elle dépasse la gauche de multiples façons: en plongeant ses racines plus profond (instauration du rapport homme-nature), pour monter sa tête plus haut (refus de la violence comme principe fondateur d’une humanité nouvelle). C’est en effet la gauche et son paradigme (pour simplifier, la lutte des classes) qui est « mathématiquement » sous ensemble du « paradigme écologique » et non l’inverse. Pourquoi ? Parce que l’écologie pose plus de questions, élargit le champ conceptuel, le champ de la pensée, tout en apportant des réponses différentes et nouvelles, projetant ainsi l’homme dans une autre sphère de compréhension et d’interprétation du monde. Donc, toute politique qui tendrait à faire de l’écologie une nouvelle composante de la gauche ne pourrait être que réductrice de ce qu’elle est. Dépasser ne veut pourtant pas dire nier. Si l’écologie sociale transcende les clivages historiques de droite et de gauche, elle ne les fait pas disparaître. Droite et gauche ont inventé la démocratie telle que nous la connaissons, républicaine et inachevée. Elles ont fait progresser la connaissance, y compris au prix des pires mutilations culturelles. Mais la complexité du monde moderne ne se résoudra pas dans l’affrontement de deux classes qui s’affrontent, même si cet affrontement constitue toujours une donnée fondamentale de compréhension. Mais tout comme l’idéologie du marché n’est porteuse d’un quelconque avenir vivable pour la multitude, celle de la gauche a aussi vécu en tant qu’utopie, en tant que solution globale aux problèmes de notre temps. Ce n’est pas aux mouvements écologiques d’aller à la gauche, c’est à la gauche d’aller à l’écologie, et, à sa suite, à la société toute entière. Il n’y a pas d’autre alternative, sous peine d’implosion généralisée, sociale, économique, écologique, sous peine de guerres multiples.

Qu’est-ce qui différencie l’écologie sociale de la pensée politique actuelle et donc aussi de la gauche, et quelles sont donc les valeurs véhiculées ? Il y en a de multiples, et l’on ne peut qu’être étonnés, parfois, de leur relation au naturalisme qu’elles pourfendent souvent :  ainsi la notion de non-violence éminemment culturelle, opposée à la notion de défense de territoire, de la pensée unique,  éminemment naturaliste, elle ! A laquelle nous ajouterons les notions de coopération, (culturelle, sociale, économique, éminemment humaines) opposées aux notions de compétition (économique, sociale, individuelle, éminemment naturelles encore, et darwinistes même!). Ensuite, celle d’éthique, de respect, de défense (de l’autre, des cultures, des minorités, des faibles, éminemment construites), face aux notions de domination et de rapports de forces (éminemment proches de la prédation animale !). Ensuite, nous opposons  au néo-libéralisme, au laisser-faire, à la fable du renard libre dans le poulailler libre, la notion d’éco-developpement, de nouveau rapport entre l’homme et la nature à élaborer, qui fait appel à des critères absents de nos sociétés actuelles, et qui intègre les notions de long terme (cycles biologiques, climatiques, droit des générations futures) face à celle de court terme (le marché, l’élection prochaine, « après nous le déluge »). Celles encore de ressources limitées face à l’expansionnisme sans freins, de décroissance face à la croissance. Ensuite, la nécessaire introduction du vivant dans notre réflexion sur l’homme, face à son déni dans la pensée unique (la machine, rien que la machine, et peu importe les forêts brûlées, la disparition de la biodiversité, les cycles naturels…). Enfin, la réintroduction de la rareté, non pas au sens économique et libéral (tout ce qui est rare est cher, donc recherché), mais dans le sens de bien commun (tout ce qui est rare doit être préservé : eau pure, air, paysages, pétrole…). Ceci inclut dans notre nouvelle façon de fonctionner le primat de l’être sur l’avoir, du développement politique, au sens éthymologique, sur l’économique, de l’émancipation sur la docilisation, de l’égalité sur la hiérarchie. Cela inclut encore la nécessaire notion de solidarité planétaire, tout d’abord parce que d’une certaine façon, face aux problèmes écologiques majeurs, nous n’avons pas le choix, et qu’étant donné ce facteur, nous avons dès lors le choix : soit de coopérer à grande échelle, soit de nous détruire mutuellement. Globalement, on pourrait dire qu »au « tout est possible » proné par les « forces de progrès », on pourrait substituer le « tout n’est pas permis » de « l’écologie politique ». Au réformisme aujourd’hui sans espoir du système libéral prôné par la droite productiviste et par la gauche sociale-démocrate, nous en appelons à une véritable révolution des valeurs, des comportements et des mentalités, projet sous-tendu par la mise sur pied du paradigme de l’écologie sociale, dont les deux principaux vecteurs sont démocratie territoriale directe et démocratie écologique.

32 – Démocratie territoriale directe

L’objet est la refondation de la démocratie, qui, au moment où les problèmes sont mondiaux, ne doit plus être cantonnée entre les mains de quelques uns mais de tous. Quand les démocraties représentatives font la preuve de leur impuissance face aux multinationales, quand les partis font la preuve de leur impuissance au quotidien, il importe de trouver les moyens de rendre l’homme, c’est à dire tous les hommes, responsables. Ceci ne peut se faire que par une descente du pouvoir institutionnel au niveau du citoyen. L’histoire est riche de démocraties territoriales, à des degrés divers. Grèce antique, révolution française, cités-républiques italiennes, commune de Paris, communautés anarchistes espagnoles…A la confiscation des pouvoirs locaux par le pouvoir central doit répondre la mise sur pied de pouvoirs locaux face au pouvoir central. Il nous faut recréer des communes politiques où le pouvoir est exercé par le citoyen dans des assemblées démocratiques, des communes autogérées où la culture politique s’enracine dans la vie quotidienne spécifique, une politique organique où les individus, au quotidien, pensent, réfléchissent, organisent, créent, structurent leur propre environnement et leur rapport aux autres. Une politique locale où tous les grands problèmes internationaux sont évoqués, débattus, où l’écologie du quotidien est déterminée par les personnes, où les principaux problèmes non résolus par des décennies de pouvoir central restent en l’état : mal logement, restaus du coeur, énergie, industrie locale…A un processus occasionnel (campagne électorale, vote) doit se substituer un processus permanent de saisissement par les personnes de leurs propres problèmes : travail, emploi, garde des enfants, nourriture, transport, et des moyens d’y répondre, mais aussi fête de quartier, type d’école, jardins partagés… Seules de petites entités comme les communes sont à même d’y pourvoir. Aussi proposons nous de regrouper, sur tout le territoire, les communes trop petites jusqu’à en faire de entités de quatre ou cinq mille personnes, de la même façon que nous proposons  de scinder les grandes métropoles en petites entités de même taille. Il va de soi qu’un tel processus est tendanciel et doit tenir compte de la géographie, des habitudes, des bassins d’emploi, des traditions…Cela veut dire aussi doter ces entités de tous les pouvoirs administratifs actuellement dévolus aux diverses autres instances (région, département, communautés), mais aussi des pouvoirs régaliens (justice, police), cela veut dire les doter de budgets conséquents pratiquement identiques en tous points du territoire. Comment cela se peut-il est la première question mise au débat.

33 – Ecologie sociale

En outre, au primat de l’économique qui régit actuellement toutes les relations sociales doit se substituer le primat de l’écologie, entendu au sens large. A partir du moment où la commune pose comme principe qu’elle débat de tout, la nécessaire transformation économique dans un sens de moindre prédation, de diminution de l’empreinte écologique, doit primer sur tout. Cela veut dire l’intervention dans toute entité économique constituée qui ne respecte pas les normes et règlements édictés (pollution et droit du travail), cela veut dire la constitution de coopératives municipales qui seront des leviers d’intervention de la politique municipale, cela veut dire la constitution de banques municipales, de monnaies locales, autres moyens d’appliquer la politique locale. Cela veut dire aussi que des métiers complètement à l’abandon à l’heure actuelle retrouveront une pérennité essentielle (paysan), tandis que d’autres péricliteront inévitablement (publicitaire) devant la mise sur pied de politiques essentielles. Cela veut dire que des secteurs aujourd’hui complètement abandonnés (chaussure, textile…) pourront renaître à part entière du moment que les citoyens, conscients et des dégats environnementaux, et des dégats sociaux occasionnés par le libre échange, recommenceront à se nourrir, à se vétir, à se chausser localement. Cela veut dire passer de l’organisation verticale de la société (hiérarchie de l’administration et des partis) à une organisation horizontale de commissions et d’assemblées régulières, autonome (autos-nomos, qui se donne ses propres lois). Cela veut dire remettre l’économie à sa place, juste aux côtés des autres approches : sociale, écologique, politique, ethnologique, philosophique, artistique…

La décolonisation de l’imaginaire, au moment où le consumérisme, vilipendé depuis 68, constitue néanmoins le quotidien intégral, donc la bataille d’idées, au sens gramscien, est sans doute le premier chantier auquel se confronter. La NEP, nouvelle éducation populaire (donc pas celle, ministérielle, de la jeunesse et des sports), et les mouvements divers de la décroissance, sont sans doute les fers de lances de cette nouvelle pensée qui remet l’homme au centre en lieu et place de  l’économique, depuis la démission radicale des écologistes ralliés au capitalisme vert. Le vivre ensemble, le politique, c’est à dire la démocratie au quotidien, tel est selon nous le sujet principal auquel s’attaquer en premier lieu. L’indignation ne suffit pas, elle n’est que le premier pas. Les tunisiens nous montrent que les fers sont dans nos têtes, dans notre soumission quotidienne. Faisons les sauter, et le monde sera à nous.

5 février 2011 Posted by | DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE, Notre démocratie, résilience | , , , , , , | 13 commentaires

   

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