Aquitaine décroissance

vers une démocratie générale

La convivialité d’Ivan Illich


« La désaccoutumance de la croissance sera douloureuse. »

Dans une société riche, chacun est plus ou moins consommateur-usager ; de quelque manière, chacun joue son rôle dans la destruction du milieu. Le mythe transforme cette multiplicité de prédateurs en une majorité politique. En dépit de leur diversité individuelle, une commune adhésion à la croissance les réunit car leur satisfaction en dépend. La majorité silencieuse, gardienne des intérêts investis dans la croissance, paralyse toute action politique réelle. Les administrations croient stabiliser et harmoniser la croissance en affinant les mécanismes et les systèmes de contrôle, mais elles ne font que précipiter la méga-machine institutionnelle vers un seuil de mutation. Essayer de susciter une ère à la fois hyperindustrielle et écologiquement réalisable, c’est accélérer la dégradation des autres composantes de l’équilibre multidimensionnel de la vie, le coût de la défense du statu quo monte en flèche. Les partis soutiennent un Etat dont le but avoué est la croissance du PNB, il n’y a rien à attendre d’eux lorsque le pire arrivera.

« La crise écologique est traitée superficiellement lorsqu’on ne souligne pas que la mise en place de dispositifs antipolluants n’aura d’effets que si elle s’accompagne d’une diminution de la production globale. Autrement ces mesures transfèrent nos ordures chez nos voisins, les réservent à nos enfants, ou les déversent sur le tiers-monde. Juguler la pollution créée localement par une grande industrie exige des investissements, en matériel et énergie, qui recréent, ailleurs, le même dommage à plus large échelle. Si l’on rend obligatoires les dispositifs antipolluants, on ne fait qu’augmenter le coût unitaire de production. Certes, l’on conserve un peu d’air respirable pour la collectivité, dès lors que moins de gens peuvent s’offrir le luxe de conduire une voiture, de dormir dans une maison climatisée, ou de prendre l’avion pour aller pêcher enfin de semaine ; au lieu de dégrader l’environnement physique, on accentue les écarts sociaux.

 » Je crois que la croissance s’arrêtera d’elle-même. »

« Un événement imprévisible et probablement mineur servira de détonateur à la crise, comme la panique de Wall Street a précipité la Grande Dépression. Une coïncidence fortuite rendra manifeste la contradiction structurelle entre les fins officielles de nos institutions et leurs véritables résultats. Ce qui est déjà évident pour quelques-uns sautera tout à coup aux yeux du plus grand nombre : l’organisation de l’économie tout entière en vue du mieux-être est l’obstacle majeur au bien-être. La crise dont je décris la venue prochaine n’est pas intérieure à la société industrielle, elle concerne le mode industriel de production en lui-même. La paralysie synergique des systèmes nourriciers provoquera l’effondrement général du mode industriel de production.

« Quand un peuple perd confiance dans la productivité industrielle, tout peut arriver, l’inversion devient vraiment possible. Les forces qui tendent à limiter la production sont déjà au travail à l’intérieur du corps social, des hommes et des femmes condamnent une croissance qu’ils jugent destructrice. Gageons que leurs voix se feront mieux entendre quand la crise de la société surproductive s’aggravera. Ce sera la première crise mondiale mettant en question le système industriel en lui-même et non plus localisée au sein de ce système. Cette crise oblige l’homme à choisir entre les outils conviviaux et l’écrasement par ma méga-machine, entre la croissance indéfinie et l’acceptation de bornes multidimensionnelles. La seule réponse possible : établir, par accord politique, une autolimitation. La désaccoutumance de la croissance sera douloureuse. Elle sera douloureuse pour la génération de transition, et surtout pour les plus intoxiqués de ses membres. Puisse le souvenir de telles souffrances préserver de nos errements les générations futures.

La gestion bureaucratique de la survie humaine doit échouer

« Si, dans un très proche avenir, l’humanité ne limite pas l’impact de son outillage sur l’environnement et ne met pas en œuvre un contrôle efficace des naissances, nos descendants connaîtront l’effroyable apocalypse prédite par maint écologue. La gestion bureaucratique de la survie humaine doit échouer car une telle fantaisie suicidaire maintiendrait le système industriel au plus haut degré de productivité qui soit endurable. L’homme vivrait protégé dans une bulle de plastique qui l’obligerait à survivre comme le condamné à mort avant l’exécution. Pour garantir sa survie dans un monde rationnel et artificiel, la science et la technique s’attacheraient à outiller le psychisme de l’homme. Mais l’installation du fascisme techno-scientifique n’a qu’une alternative : un processus politique qui permette à la population de déterminer le maximum que chacun peut exiger, dans un monde aux ressources manifestement limitées ; un processus d’agrément portant sur la limitation de la croissance de l’outillage, un encouragement à la recherche de sorte qu’un nombre croissant de gens puissent faire toujours plus avec toujours moins. »

(Seuil)

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11 octobre 2012 Posted by | Non classé | , , , , , , , | 5 commentaires

Notre système politique et gouvernemental est un obstacle pour le progrès de l’humanité.


Quelles sont les leçons et les perspectives du mouvement du 15M ?

  • Le mouvement a montré  la capacité puissante de mobilisation spontanée

que possèdent les peuples lorsque les circonstances l’exigent ou le permettent.

  • On a vu également la rapidité avec laquelle la

situation s’est propagée .

  • Le rejet total de toute représentation « politique » officielle. Le mouvement se

structure par commissions, assemblées, les prises de parole sont libres.
Les deux partis de pouvoir officiels qui sont rejetés, mais cela
va sans doute plus loin dans la critique même de la démocratie « représentative ».

  • Enfin , le caractère  internationaliste des

thèmes et des formes de mobilisation. (les drapeau espagnols en Grèce, les manifestants
britanniques du mois de mars criaient « Tous ensemble, tous ensemble ! » en
français, et le mot « dégage » avait été scandé dans tout le monde arabe.)

Cette prise de conscience et de parole déboussole  le pouvoir .

Les  partis politiques et les syndicats  sont dépassés par la nature et l’ampleur de la contestation.

Des crises économique, écologiques, sociales étant encore à venir, il semble que nous entrions dans une ère de lutte et de contestation à l’échelle mondiale…

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 Manifeste pour la démocratie réelle

− « L’égalité, le progrès, la solidarité, le libre accès à la culture, le
développement écologique durable, le bien-être et le bonheur des personnes
doivent être les priorités de chaque société avancée.
− des droits basiques doivent être garantis au sein de ces sociétés : le droit au
logement, au travail, à la culture, à la santé, à l’éducation, à la participation,
au libre développement personnel et le droit à la consommation des biens
nécessaires pour une vie saine et heureuse.
− Le fonctionnement actuel de notre système politique et gouvernemental ne
répond pas à ces priorités et il devient un obstacle pour le progrès de
l’humanité.
− La démocratie part du peuple, par conséquent le gouvernement doit
appartenir au peuple. Cependant, dans ce pays, la plupart de la classe
politique ne nous écoute même pas. Ses fonctions devraient être de porter
nos voix aux institutions, en facilitant la participation politique des citoyens
grâce à des voies directes de démocratie et aussi, procurant le plus de
bienfait possible à la majorité de la société, et pas celle de s’enrichir et de
prospérer à nos dépens, en suivant les ordres des pouvoirs économiques et
en s’accrochant au pouvoir grâce à une dictature partitocratique menée par
les sigles inamovibles du PPSOE
− La soif de pouvoir et son accumulation entre les mains de quelques-uns crée
inégalités, crispations et injustices, ce qui mène à la violence, que nous
refusons. Le modèle économique en vigueur, obsolète et antinaturel, coince
le système social dans une spirale, qui se consomme par elle-même,
enrichissant une minorité et le reste tombant dans la pauvreté. Jusqu’au
malaise.
− La volonté et le but du système est l’accumulation d’argent, tout en la plaçant
au-dessus de l’efficience et le bien-être de la société ; gaspillant nos
ressources, détruisant la planète, générant du chômage et des
consommateurs malheureux.
− Nous, citoyens, faisons parti de l’engrenage d’une machine destinée à
enrichir cette minorité qui ne connaît même pas nos besoins. Nous sommes
anonymes, mais, sans nous, rien de cela n’existerait, car nous faisons
bouger le monde.
− Si, en tant que société nous apprenons à ne pas confier notre avenir à une
abstraite rentabilité économique qui ne tourne jamais à notre avantage, nous
pourrons effacer les abus et les manques que nous endurons tous. Nous
avons besoin d’une révolution éthique. On a placé l’argent au-dessus de
l’Etre Humain, alors qu’il faut le mettre à notre service. Nous sommes des
personnes, pas des produits du marché. Je ne suis pas que ce que j’achète,
pourquoi je l’achète ou à qui je l’achète. » (Manifeste pour la démocratie
réelle)

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13 juin 2011 Posted by | Désobéissance civile, Notre démocratie | , , , , , | 8 commentaires

   

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