Aquitaine décroissance

vers une démocratie générale

La GRATUITÉ des TRANSPORTS EN COMMUN, c’est possible et souhaitable!


Une mesure simple qui profiterait à l’ensemble de la société et qui peut être portée par tous les mouvements citoyens et partis progressistes au-delà des clivages d’idées: La gratuité des TRANSPORTS EN COMMUN .

La confiance dans l’efficacité des mesures éventuellement prises lors de la  cop21 par les gouvernements est au plus bas chez les citoyens qui ne supportent plus les doubles discours et les bonnes intentions de façade.

Une mesure simple qui profiterait à l’ensemble de la société

Les objectifs de la gratuité des transports en commun : des objectifs sociaux, économiques et environnementaux.

La ministre de l’écologie ne veut pas d’écologie punitive ? Qu’à cela ne tienne !

Les mesure gouvernementales d’aides à l’achat de voiture électriques , qui peuvent se monter à 10 000 euros sont avant tout une prime aux constructeurs automobiles, qui ont amassés les plus grosses fortunes du CAC 40 du pays.

Bien sûr certain/es diront qu’il faut soutenir les « fleurons «  de l’économie française or , justement , la remise en état de nos réseaux de transports en communs accompagnée de leur développement serait un formidable levier d’une économie repolitisée, au service des citoyen.nes et de leur environnement.

Plutôt que de financer la voiture au bénéfice de quelques privilégiés, nous exigeons que nos impôts servent à financer la gratuité des transports en commun ainsi que leur développement.

On souffre tou.te.s par exemple des prix démesurés du train et du démantèlement du réseau ferroviaire , pourquoi ?

On nous propose à la place des lignes de bus, pourquoi ?

Des voitures individuelles électriques ou hybrides qui n’ont rien d’écologique, pourquoi ?

L'évolution du réseau ferroviaire en France.

L’évolution du réseau ferroviaire en France.

 

Comment financer ?

On n’hésite pas à taxer les entreprises du tabac ou de l’alcool pour, en théorie, financer une partie des frais de santé que ces consommations génèrent pour la société . Pourquoi ne pas en faire autant avec les fournisseurs de transports polluants, dégradants nos conditions de vie et notre santé. Rappelons que des entreprises comme Total , malgré des profits records, ne paient pas d’impôts !! www.latribune.fr/malgre-ses-profits-records-total-ne-paie-pas-d-impots-en-france.

La pollution atmosphérique tue chaque année et nous, habitants ou usagers des grandes métropoles françaises constatons de nous-même ses conséquences sur notre santé :

« la pollution de l’air coûte de 0,7 à 1, 7 milliard d’euros par an au système de soins en France, selon un document daté d’octobre du Commissariat général au développement durable (CGDD). »
www.lemonde.fr/la-pollution-de-l-air-coute-cher-au-systeme-de-sante-francais

Une utopie ?

La gratuité des transports en commun n’est pas une nouveauté et est déjà pratiquée avec succès par plusieurs agglomérations.

De nombreuses villes européennes de taille moyenne et de nombreuses petites villes à travers le monde ont instauré la gratuité totale des transports en commun, que ce soit à l’échelle communale ou à l’échelle d’une agglomération.

En France, en 2012, 23 réseaux sur 290 appliquent la gratuité intégrale, essentiellement des petites villes. Selon le Groupement des autorités responsables de transport (GART), l’association française regroupant la quasi-totalité des autorités organisatrices de transports, si la gratuité des transports publics en France « reste […] minoritaire, elle séduit un nombre croissant d’agglomérations, majoritairement de moins de 50 000 habitants »3.

Sur la période récente, des villes de taille moyenne à grande sont passées à la gratuité totale de leur réseau de transports publics, comme Aubagne en France avec plus de 45 000 habitants ou Tallinn, la capitale de l’Estonie, avec plus de 420 000 habitants .

wikipedia.org/wiki/Gratuite_des_transports_en_commun

Plus on utilise les transports en commun , plus leur coût diminue :

Ainsi: « L’agglomération d’Aubagne, qui a fait le choix de la gratuité pour ses 100 000 habitants, est parvenue à le diviser par deux ! » carfree.fr/imaginez-des-transports-en-commun-gratuits-pour-tous/

« La gratuité du transport permet de réduire les coûts d’équipement et les frais de personnel, car certaines tâches comme la perception ou le contrôle des voyageurs ne sont plus nécessaires. L’augmentation de la demande qui résulte de la gratuité conduit par ailleurs à une augmentation de la fréquence des passages à condition que l’instauration de la gratuité s’inscrive dans un projet d’amélioration du transport public porté par la municipalité ou l’agglomération. » Wikipedia

« la gratuité n’est pas une absence de valeur, bien au contraire c’est redonner de la valeur aux communs »

Rassemblons nous autour d’une exigence commune , pour notre bien à tou.te.s !

Exigeons la gratuité des transports en commun !

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14 septembre 2015 Posted by | DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE | , , , | Un commentaire

Film intégral NE VIVONS PLUS COMME DES ESCLAVES


(septembre 2013, durée 89mn) de Yannis Youlountas

Résumé du film :
Venu des catacombes grecques de l’Europe, un murmure traverse le continent dévasté : « Ne vivons plus comme des esclaves » (prononcer « Na mi zisoumé san douli » en grec). Sur les murs des villes et sur les rochers des campagnes, sur les panneaux publicitaires vides ou détournés, dans les journaux alternatifs et sur les radios rebelles, dans les lieux d’occupation et d’autogestion qui se multiplient, tel est le slogan que la résistance grecque diffuse, jour après jour, et nous invite à reprendre en chœur sur les mélodies de ce film à ses côtés. Un grand bol d’air frais, d’enthousiasme et d’utopies en marche, venu de la mer Égée.

Yannis Youlountas  est un philosophe, poète, écrivain et réalisateur franco-grec contemporain. Formateur et intervenant auprès de publics frappés d’exclusion sociale (classes relais, détenus, migrants, sdf, handicapés), créateur de dispositifs d’éducation à l’image et de philosophie pour les enfants, il est également chroniqueur dans Siné Mensuel, Le Monde libertaire et Les Zindigné(e)s.

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Liens:

http://nevivonspluscommedesesclaves.net

http://youlountas.net/

……

7 janvier 2014 Posted by | DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE, Notre démocratie | , , , | Un commentaire

1ères Assises Nationales des Monnaies Locales complémentaires


La Monnaie Locale Complémentaire l’Abeille en Lot et Garonne et le Réseau National des Monnaies Locales Complémentaires organisent les 1ères Assises Nationales des Monnaies Locales Complémentaires en France. 47 monnaies locales sont invitées à ces 1ères Assises.

Le programme des rencontres et des assises

Les 7èmes rencontres des MLC ont lieu le samedi 18 mai 2013 : elles sont plutôt destinées aux porteurs de projets de MLC et elles sont organisées comme les 6 rencontres précédentes. Elles finissent par la conférence de Jean-Michel Servet, le soir, qui sera ouverte à tous.
Les 1ères Assises des MLC ont lieu le dimanche 19 et le lundi 20 mai 2013 ; elles sont composées de tables rondes, d’ateliers et de conférences.

Sur cette page, vous trouverez :

  • le programme général sous la forme du dépliant (PDF du recto et PDF du verso)
  • une description plus précise de l’organisation des 3 journées
  • un tableau des ateliers du samedi au lundi

Le programme complet de ces 3 journées qui se tiendront à Villeneuve sur Lot au lycée l’Oustal les 18/19 et 20 mai 2013.

Ces 3 jours sont ouvert au public et l’entrée est libre et gratuite.

afficheASSISES_internet

 

Monnaies locales complémentaires

Liens:

30 avril 2013 Posted by | ECONOMIE LOCALE, résilience | , , , | Laisser un commentaire

Le Manuel des jardiniers sans moyens


Le Manuel des jardiniers sans moyens part de la conviction que tout le monde peut jardiner, malgré l’absence d’expérience, de terrain ou de moyens financiers.

Cet ouvrage est complet : Absolument tout du strict nécessaire pour se lancer dans la production de ses propres légumes, sans argent, sans expérience et sans complexe.

(téléchargement gratuit en pdf ):

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jardin

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Articles liés:

Produire ses propres semences

Introduction à la permaculture pour les agriculteurs

-Le compost des templiers

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source: http://terredopale.fr

18 mars 2013 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, DECROISSANCE, ebook, ECONOMIE LOCALE | , , , , , | 10 commentaires

17 Avril : Journée internationale des luttes paysannes


Résistez à la commercialisation de la nature – Stop aux accaparements de terres!

Appel à la mobilisation.

Communiqué de La Via campesina
 

Les graves crises environnementales, économiques et sociales actuelles, contre toute attente, n’ont pas conduit la plus part des élites nationales et internationales à un changement radical de direction. Bien au contraire, nous observons que l’offensive s’accentue de la part des superpuissances économiques pour s’accaparer les terres et toutes les ressources encore disponibles, dans le but de faire du profit. La terre est devenue une marchandise comme une autre qui fait l’objet d’échanges spéculatifs, de même que l’eau, les semences etc. Cette hyper commercialisation des biens communs conduit à des expropriations en masse des personnes qui vivent simplement de la terre. Les paysans et paysannes en sont particulièrement affectés.

Au même moment, la résistance se manifeste partout. Dans le monde entier, des communautés urbaines et rurales, touchées par la même vague de privatisation et de destruction de la vie, résistent aux entreprises multinationales qui imposent la règle du profit au détriment des besoins et des droits des populations. Le mouvement de résistance contre les OGM a récemment mené à des victoires : des projets de cultures agro-écologiques durables ont été développés dans des villes et dans les zones rurales pour l’alimentation des populations locales.  Des milliers de personnes ont protesté contre l’absurdité de certains « projets de développement » destructeurs comme des mines, des aéroports, des centres commerciaux ou des plantations industrielles. Des paysans et paysannes, et des groupes de la société civile se sont opposés  à l’accaparement des terres partout…

Le mouvement international La Via Campesina défend et répand les pratiques et les politiques de souveraineté alimentaire dans le monde depuis 20 ans. Pour le lancement des 20 années de luttes à venir, nous appelons à une journée de mobilisation massive le 17 Avril, journée Internationale des Luttes Paysannes, pour reprendre possession de notre système alimentaire qui, de plus en plus, est pris en otage par les multinationales. Nous invitons tout le monde à organiser des activités, des manifestations, des expositions, des actions directes, des débats, des projections de film, des marchés paysans etc., dans votre village, école, lieu de travail, quartier, organisation, communauté…

Ou que vous soyez, rejoignez cette célébration collective le 17 Avril !

  • Informez nous de votre projet en envoyant un e-mail àviacampesina@viacampesina.org
  • Inscrivez-vous à notre liste spéciale de contacts e-mail en envoyant un e-mail blanc à via.17april-subscribe@viacampesina.net
  • Envoyez nous des reportages, des images et des vidéos de votre action ! Nous les publierons sur la nouvelle chaîne Via Campesina TV.
  • Nous publierons une carte des actions menées à travers le monde, sur http://www.viacampesina.org
  • Rejoignez notre évènement Facebook

13 mars 2013 Posted by | Agriculture vivrière, Désobéissance civile, ECONOMIE LOCALE | | 2 commentaires

Collectifs girondins contre tous les grands projets inutiles et imposés.


grands projets inutiles

CRÉATION D’UN COMITÉ DE SOUTIEN
BASSIN D’ARCACHON – VAL DE L’EYRE – NORD DES LANDES
À LA MOBILISATION CONTRE LE PROJET D’AEROPORT DE NOTRE DAME DES LANDES
ET CONTRE TOUS LES GRANDS PROJETS INUTILES ET IMPOSES

A l’attention de l’ensemble des citoyens,

Trois collectifs girondins sont en cours de création :

  • Bordeaux,
  • Libourne
  • Bazas-Langon.

L’idée de relocaliser les manifestations nationales ou régionales chez nous, d’organiser des rassemblements en « circuit court », prend tout son sens.

Un appel à rassemblement citoyen avait été lancé et qu’une cinquantaine de personnes se sont réunies de manière conviviale mais convaincues sur la place de la mairie de Belin-Béliet le 17 novembre 2012 (ici).
C’est pourquoi, nous lançons un appel à création d’un comité de soutien sur le Bassin d’Arcachon-Val de l’Eyre et Nord des Landes.

Les quatre comités seront en lien pour coordonner les collectes et soutiens matériels éventuels à acheminer sur la ZAD tout au long de l’hiver.

  • Pour soutenir les initiatives des occupants de la Zone À Défendre, en opposition aux expulsions de Notre Dame Des Landes
  • Pour demander une consultation systématique et démocratique des citoyens face à tous ces Grands Projets Inutiles Imposés, dont l’Ayraultport de Notre Dame Des Landes est devenu le symbole…
  • Pour réclamer des politiques responsables écologiquement et socialement, sur l’ensemble de nos territoires.

Alors que la situation économique, sociale et environnementale se dégrade chaque jour en France, la mobilisation contre Notre Dame des Landes est devenue le symbole de la lutte contre les grands projets inutiles qui :

  • Dilapident l’argent public au seul profit des multinationales
  • Détruisent des terres agricoles et des zones humides
  • Participent au saccage du modèle social issu de la résistance
  • Nie les conséquences du pic du pétrole et la déplétion des ressources en générale
  • Contribuent à la production de CO² et aux changements climatiques

Nous proposons à l’ensemble des citoyens qui se sentent concernés de se manifester afin de créer un comité de soutien et d’organiser des actions communes, et s’inscrire par mail à : soutien.nddl-bassinvaldeleyre@riseup.net

Prochain rassemblement de soutien à Belin-Béliet le samedi 15 décembre, à 11h, place de la Mairie. Venez avec votre pique-nique !

Merci de faire circuler l’information dans vos réseaux.

Plus d’infos : Notre Dame des Landes – Zone à défendre https://zad.nadir.org/?lang=fr

Pour la création du collectif,
Sophie et Cynthia
de Belin-Béliet

1 décembre 2012 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE | , , , | 3 commentaires

Notre Dame des Landes : Halte à la répression, stop à l’aéroport !


appel unitaire

Depuis le 16 octobre, l’agression subie par les habitants de la zone concernée par le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44), a franchi un nouveau cran.

Parce qu’ils défendaient la préservation des terres agricoles, des écosystèmes, et ont mis en place des modes de vie alternatifs, les habitants de la ZAD (Zone d’aménagement différé renommée Zone A Défendre) et leurs familles ont été chassés de leurs maisons, 15 jours avant le début de la trêve hivernale, et ces maisons détruites, parfois illégalement, par les forces de l’ordre.

Nous condamnons la violence déployée depuis la semaine dernière lors des expulsions par les gendarmes mobiles et CRS envoyés par le gouvernement, qui illustre ainsi une nouvelle fois son soutien à la multinationale Vinci, maîtresse d’œuvre du projet d’aéroport.

Depuis plusieurs années, les habitants, et les paysans de Notre-Dame-des-Landes se battent contre un projet inutile, coûteux, destructeur de la nature et des terres agricoles (1600 hectares de terres agricoles et de bocage prévus pour la construction de l’aéroport, et des milliers d’autres pour les zones commerciales et industrielles sur les 20 kilomètres qui séparent Notre-Dame-Des-Landes de Nantes). Ces terres sont indispensables pour développer une agriculture saine et de proximité, leur destruction est une signe supplémentaire que le capitalisme est un modèle de développement économique irrationnel. Quand toutes les terres agricoles seront construites comment ferons-nous pour nous nourrir, et où ira se nicher la vie végétale et animale ?

Alors que le gouvernement n’a que la réduction des déficits à la bouche, comment peut-il justifier de gaspiller des centaines de millions d’euros, voire plus, pour construire un aéroport dont il n’arrive même pas à démontrer l’utilité sociale et dont le financement va être assuré par un partenariat public privé garantissant un retour sur investissement exorbitant à Vinci ?

Depuis l’expulsion, les manifestations de soutiens et les actions entreprises un peu partout en France sont de plus en plus nombreuses et témoignent d’une résistance qui en marche

Nous dénonçons les expulsions et destructions, l’occupation de la zone par les forces de l’ordre, la répression, ainsi que l’acharnement du 1er ministre J.M Ayrault, ancien maire de Nantes, à poursuivre le projet d’aéroport. Nous soutenons les initiatives de soutien à la lutte de Notre-Dame-des-Landes et appelons à rejoindre les comités de solidarité et de résistance pour stopper ce projet.

L’heure est à la convergence de toutes les initiatives pour faire reculer le gouvernement.

Signataires :

Alter Ekolo, Alternative Libertaire, ATTAC, Fédération Anarchiste, Fédération pour une Alternative Sociale et Écologiste, Gauche Anticapitaliste, Ile-de-France Décroissance, Initiative Pour un Autre Monde (IPAM), Les Alternatifs, Les Amis de la Confédération Paysanne, Mouvement des objecteurs de Croissance, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti de Gauche, Parti Pour La Décroissance, Relocalisons, Union Syndicale Solidaires

30 octobre 2012 Posted by | Désobéissance civile, ECONOMIE LOCALE | , , | Laisser un commentaire

 » La démocratie de la terre  » Vandana Shiva


« Aujourd’hui, la démocratie est moribonde »

Vandana Shiva est docteur en philosophie de l’Université de Western Ontario en 1978. Elle est l’une des chefs de file des écologistes de terrain et des altermondialistes au niveau mondial, notamment pour la défense de l’agriculture paysanne et biologique face à la politique d’expansion des multinationales agro-alimentaires et aux effets pervers du génie génétique. Elle lutte contre le brevetage du vivant et la biopiraterie, c’est-à-dire l’appropriation par les firmes agro-chimiques transnationales des ressources universelles, notamment les semences.

Vandana Shiva est à l’origine de la démocratie de la terre. Elle dirige la Fondation de recherches pour les sciences, la technologie et l’écologie. Parmi ses nombreux livres, mentionnons, traduits en français, La guerre de l’eau (Parangon), Le terrorisme alimentaire (Fayard) et La biopiraterie ou le pillage de la nature et de la connaissance (Alias etc.). Elle est également rédactrice en chef adjointe de la revue The Ecologist. Vandana Shiva a dit lors d’un interview :

« Aujourd’hui, la démocratie est moribonde. La démocratie est censée être le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. Pourtant, des millions de gens ont beau manifester contre la guerre, tous les gouvernements des pays riches envoient des troupes en Irak et en Afghanistan. À travers le monde, les gens disent : « Empêchez les grandes banques de continuer à voler notre argent », mais les gouvernements se bornent à renflouer les banques, et les gens se retrouvent plus vulnérables encore. Quand des entreprises influencent chaque décision gouvernementale, quand des lobbyistes se substituent au peuple, on obtient un gouvernement des entreprises par les entreprises et pour les entreprises, et le peuple est réduit au rang de quantité négligeable. C’est cette menace qui pèse sur la démocratie. Voilà pourquoi nous devons réinventer la démocratie, et promouvoir ce que j’ai appelé la « démocratie de la Terre ».

La globalisation a changé la donne. L’agriculture s’est retrouvée exposée à l’avidité mondiale, à l’avidité de l’industrie agroalimentaire mondiale. Des multinationales comme Monsanto ont eu toute liberté de vendre des semences OGM brevetées aux agriculteurs indiens, et parallèlement des multinationales comme Cargill ont pu faire du dumping sur le marché indien, et réduire le prix du pétrole, du coton, entre autres.

La main mise de Monsanto sur les semences a de nombreuses conséquences. Les semences, qui étaient autrefois gratuites, ou que les fermiers payaient 5 ou 6 roupies le kilo (env. 0,12 €), leur coûtent maintenant 1 800 roupies les 450 grammes, ce qui revient à environ 3 600 roupies le kilo (env. 58€). Sur ces 1 800 roupies, Monsanto récupère 1 200 roupies de royalties (1). Le coton transgénique, appelé « coton BT », est censé résister aux parasites, mais comme cette technologie est violente et peu fiable, elle perturbe les mécanismes de défense propres à la plante, qui se retrouve menacée par d’autres parasites. Quant au parasite ciblé, le ver de la capsule, il a maintenant développé une résistance. En fait, les attaques parasitaires augmentent. D’après notre étude, on utilise 13 fois plus de pesticides dans les plantations de coton OGM. Le coût élevé des semences et l’emploi accru de pesticides ont provoqué l’endettement des fermiers. Ils ne se sont pas endettés auprès du gouvernement ou des banques, mais auprès des agents des multinationales. Quand ces agents viennent prendre procession de leurs terres, les fermiers boivent du pesticide pour mettre fin à leurs jours, parce que pour eux, la terre est une mère. Aucun fermier ne peut imaginer vivre sans la terre. Le jour où on vient leur confisquer leur terre à cause des dettes qu’ils sont incapables de payer, les fermiers se suppriment. Voilà l’histoire du suicide des fermiers indiens. 200 000 fermiers indiens se sont suicidés. Si l’on établit la carte des États et régions où se produisent les suicides, et la carte des régions où Monsanto vend son coton BT, on obtient la même carte. Même si Monsanto refuse d’admettre ce lien, les faits sont là, sur le terrain.

En 1984, les événements m’ont poussée à m’intéresser à l’agriculture. Dans l’État du Punjab, la Révolution verte était censée avoir été vecteur de prospérité et de paix. C’est sur ces valeurs que Norman Borlaug, son investigateur, avait reçu le prix Nobel de la paix [en 1970]. Au lieu de ça, le Punjab était déchiré par la violence. En 1984, il y a eu 30 000 morts et notre Premier ministre, Indira Gandhi, a été assassinée. Je me suis donc demandé pourquoi ce déchaînement de violence avait remplacé la paix attendue. Cette année-là, au mois de décembre, 3 000 innocents qui dormaient dans les bidonvilles de Bhopal, ont été tué par une fuite de gaz dans une usine de pesticides, propriété de Union Carbide, et maintenant de Dow Chemical. Il y a eu des milliers d’estropiés et des enfants sont nés infirmes. Je me suis alors interrogée sur l’agriculture : pourquoi ressemblait-elle à une guerre ? J’ai écrit mon livre La violence de la Révolution verte après une étude complète sur le sujet, ce qui m’a valu d’être invitée à des conférences bien que n’étant pas agronome.

En 1987, une conférence a réuni les grands noms de l’industrie : BASF, Bayer, Ciba et Sandoz [en 1996, la société Sandoz a fusionné avec Ciba-Geigy pour former Novartis]. Ils ont exposé leurs projets d’avenir : cinq multinationales contrôleraient l’alimentation et la santé, la moindre semence serait brevetée et génétiquement modifiée. Je me suis dit : « Ce contrôle de la vie sur Terre est une dictature. Que puis-je faire ? »

Navdanya est un mouvement que j’ai initié en 1987. Ça veut dire « 9 semences », c’est symbole de diversité, mais ça signifie aussi « le nouveau don ». Les semences sont au cœur même du travail de Navdanya, parce que c’est ce qui manquait aux fermiers. S’ils ont leurs propres semences, les fermiers ne s’endettent pas, parce qu’ils n’ont ni semences, ni pesticides à acheter. Nous avons donc créé des banques de semences, et nous avons aidé les fermiers à renouer avec l’agriculture biologique, et à trouver des débouchés équitables pour leur coton. La combinaison de ces trois éléments : les semences, l’agriculture biologique et le commerce équitable, permettent aux fermiers de gagner dix fois plus que ceux qui cultivent du coton BT. Notre action a porté ses fruits.
Les grandes fermes à soja et à maïs des États-Unis passent pour les formes d’agriculture les plus productives que l’humanité ait jamais inventées. Mais il n’est pas très intelligent d’insuffler dix unités d’énergie dans un système pour produire une seule unité de nourriture, ce n’est pas viable. En revanche, si on mise sur la biodiversité et ses effets induits, on peut produire quatre à dix fois plus que ces exploitations industrielles américaines qui sont exportées à travers le monde comme un modèle d’agriculture de pointe. On ne peut pas raisonner en terme de rendements. Bien sûr la monoculture qui se concentre sur une seule donnée aura une production supérieure, et la biodiversité produira moins de cette denrée donnée. Mais la biodiversité produit plus de nourriture à l’hectare que la monoculture. Nous avons des centaines de données chiffrées qui prouvent que les polycultures biologiques ont une productivité beaucoup plus élevée en terme de production de nourriture par hectare.

La société actuelle a été construite sur l’idée que la nature est morte (sans vie, inerte), d’où cette profonde crise de survie. Mais la nature n’est pas morte, elle est bien vivante dans toute sa diversité. Prenez une poignée de terre : elle contient des millions et des milliards d’organismes qui travaillent à rendre le sol fertile. Un sol vivant, voilà ce qui nous donne de la nourriture, et non pas les toxiques produits par des usines explosives [en France, l’usine chimique de fertilisants AZF a explosé à Toulouse le 21 septembre 2011, tuant 30 personnes] , pas le phosphate dont nos réserves ne sauraient excéder vingt ans, pas les combustibles fossiles déjà utilisés en quantité excessive ! Les turricules (ou excréments) de vers de terre apportent sept fois plus d’azote que les sols classiques, onze fois plus de potassium, cinq fois plus de phosphate. Un ver de terre qui, selon Darwin, est l’espèce la plus miraculeuse dont l’humanité ait jamais dépendu, est plus efficace que toutes les usines d’engrais du monde. Tâchons d’en prendre conscience. C’est formidable. Les pollinisateurs reviennent, les oiseaux aussi. Nous produisons davantage de nourriture sans utiliser de pesticides, et nous utilisons 70% moins d’eau qu’à nos débuts, parce que le sol fertilisé par les vers de terre agit comme un réservoir dans lequel l’eau est retenue.

Les réserves de semences peuvent être réduites à néant en une seule saison. Dans les régions où les fermiers se suicident, il ne reste plus de semence, ni de semence de coton, ni d’aucune culture vivrière, parce que Monsanto a lancé un programme de remplacement : on encourage les fermiers à livrer leurs stocks, Monsanto leur distribue même de l’argent contre leurs semences. Alors, les fermiers se disent : « Je leur vends les miennes, et je récupère les leurs. » Tous les fermiers, les uns après les autres, et au bout du compte, plus personne n’en a. En une saison, il y a pénurie de semences. En vingt ans, les réserves mondiales seront réduites à néant. Chacun aura beau être libre de faire ce qu’il veut, il n’y aura plus de semences. C’est pour ça qu’il faut interdire le brevetage des semences. L’humanité, dans sa grande majorité, n’a aucune envie de poursuivre sur cette voie de destruction de notre avenir. On force les gens à s’engager dans ce projet d’anéantissement pour servir la cupidité à court terme d’une toute petite minorité.

En premier lieu, l’humanité doit reconquérir sa capacité à concevoir la liberté, sa capacité à exercer une démocratie véritable et profonde. Ensuite, l’humanité doit aussi prendre conscience que l’être humain ne peut sûrement pas être sur Terre pour s’enrichir et faire des profits. Préserver la vie, la vie de notre espèce, la vie de la planète, l’écosystème qui permet toute vie sur Terre, voilà l’objectif suprême qui doit guider notre action. »

Vandana Shiva

1) Le salaire minimum indien est de 2€/jour, mais les agriculteurs gagnent moins.

Source :
http://www.maicha.free.fr/wordpress/?p=138

21 mai 2012 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE, Notre démocratie | , , , , , , , , , | Un commentaire

Il vient de sortir : LE GUIDE LOCAL des pratiques décroissantes


 

Les Jardins de Sillac, le Courant Alternatif et les Faire Ailleurs se
sont associés pour proposer un petit guide bien concret ! Nous avons
souhaité faire connaître quelques initiatives spécifiques à notre
canton (Val de l’Eyre – Gironde 33) ;
Dans quel domaine ? Consommer moins mais mieux, cultiver le lien
social local et privilégier l’être, plus que l’avoir !

Voici donc un petit travail collectif qui pourra en inspirer bien
d’autres au niveau local… des guides altern’actifs de ce style
existent déjà dans de nombreuses villes, mais offrir ce genre de
support est véritablement intéressant pour tous ceux qui sont en
transition vers une vie plus respectueuse de l’humain et de la
planète… Voici donc notre petite contribution à faire évoluer au fur
et à mesure des initiatives !

Pour en savoir plus
:http://www.courant-alternatif.fr/index.php/actualites/389-viens-de-sortir-guide-des-pratiques-decroissantes

13 avril 2012 Posted by | DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE | , , , , | Un commentaire

Déclaration des organisations africaines présentes au forum alternatif mondial de l’eau


Nous, organisations africaines ayant participé au Forum Alternatif Mondial de l’Eau à Marseille du 14 au 17 mars 2012,

  • Considérant les pressions toujours accrues des multinationales sur les ressources en eau en Afrique,
  • Considérant la privatisation des régies publiques et des sociétés de distribution d’eau en Afrique,
  • Considérant les multiples atteintes aux droits des peuples africains à l’accès à l’eau potable,
  • Considérant les luttes menées notamment au Maroc, au Ghana, au Kenya pour la défense du droit d’accès à l’eau et à l’assainissement par les mouvements sociaux et les syndicats,
  • Considérant les conséquences des diverses pollutions des ressources en eau en Afrique après un siècle d’extractivisme et d’exploitation minière anarchique sur le continent,
  • Considérant la virulente attaque du capitalisme mondialisé contre les terres et les ressources en eau partout en Afrique qui constitue une véritable recolonisation du continent,
  • Considérant les luttes des paysans africains contre l’accaparement des terres, des forêts, et des ressources en eau (cas symbolique de Ben S’mim au Maroc),
  • Considérant les souffrances des femmes et des jeunes filles africaines pour assurer à leurs familles l’accès à une eau saine,
  • Considérant les dommages causés par les barrages existant sur les fleuves Nil, Congo et autres fleuves africains,
  • Vues les victoires éclatantes des mobilisations populaires des peuples au Maghreb pour la démocratie et l’accès à l’eau pour tous,
  • Nous saluons la reconnaissance par les Nations Unies du droit à l’eau comme un droit universel.

Nous appelons à ce que :

  • Le droit à l’eau soit reconnu dans la charte africaine des droits humains
  • Des politiques publiques soient développées pour éviter que les têtes des femmes et des enfants ne servent de tuyaux d’adduction d’eau
    Nous exigeons :
  • La fin des privatisations des régies publiques et des sociétés de distribution d’eau en Afrique
  • La reconnaissance de la dette écologique due par les multinationales après des siècles d’exploitation des ressources minières en Afrique
  • La participation des usagers, de la société civile et particulièrement des femmes dans la gestion des ressources en eau en Afrique
  • La fin des prêts de la Banque mondiale et des banques de développement pour les projets d’adduction d’eau en Afrique et l’augmentation des aides publiques sans conditionnalités pour la mise en œuvre de ces projets,
  • La fin de la construction des barrages sur les fleuves d’Afrique et le dédommagement de toutes les populations africaines ayant souffert des projets de barrages,
  • Davantage de financement pour le développement des toilettes sèches et des structures d’assainissement en Afrique
  • Nous appelons les organisations et réseaux de la société civile en Afrique à s’unir pour que l’eau soit à jamais mise hors des marchés financiers et qu’elle ne soit plus source de profit.

EAU SOURCE DE VIE PAS DE PROFIT

Fait à Marseille le 17 mars 2012

Organisations signataires
1- ATTAC/CADTM – TOGO
2- ACME MAROC
3- COMITE MALIEN POUR LA DEFENSE DE L’EAU
4- LAAWOL DIAM LA VOIE DE LA PAIX – SENEGAL
5- ENDA RUP – SENEGAL
6- VISIONS SOLIDAIRES – TOGO
7- ONG EL WAFA – MAURITANIE
8- SYNDICAT AUTONOME DES TRAVAILLEURS DE LA SENEGALAISE DES EAUX
9- PUBLIC SERVICE INTERNATIONAL – AFRIQUE
10- ONG MARS -TOGO
11- ASSOCIATION SONG-TAABA (ASFUD) – BURKINA FASO
12- AGDF – MALI
13- DSF FEGUI – MALI
14- MIKA KAYES – MALI
15- ASSOCIATION POUR LA DEFENSE DES DROITS DE L’EAU ET DE L’ASSAINISSEMENT – SENEGAL
16- CONGO ACTION – RD CONGO
17- ONG RAYOUWAN – MATA – NIGER
18- ASSOCIATION PANAFRICANISTE DES DROITS CIVIQUES DES FEMMES
19- TUICO- SYNDICAT DES TRAVAILLEURS – TANZANIE
20- WETUM – SYNDICAT DES TRAVAILLEURS – MALAWI
21- VILLAGES DURABLES – RD CONGO
22- RESEAU EAU HYGIENE ET ASSAINISSEMENT (REHA)- RD CONGO
23- HESHIMA
24- PLANETE AFRIQUE – GABON / REPUBLIQUE CENTRALE AFRICAINE.
25- ZANZIBAR WATER AUTHORITY – TANZANIE
26- ASSOCIATION METOKA – BENIN

23 mars 2012 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, ECONOMIE LOCALE | | Laisser un commentaire

Révoltez-vous! Projet Nantais : Publions massivement un journal populaire unique en son genre!


Co-finançons des automédias riches d’analyses critiques, d’expériences concrètes et de propositions !

Le 17 septembre 2008 puis le 17 mars 2009, Enric Duran permettait à deux journaux gratuits, Crisi (200 000 exemplaires) et Podem ! (350 000 exemplaires) de voir le jour grâce à son action d’expropriation massive. Ces publications ont impulsé une vaste convergence des luttes, leur renforcement, et des créations d’alternatives révolutionnaires en Catalogne. 3 ans plus tard, les initiatives qui prennent forme dans cette région d’Espagne irradient sur toute la péninsule ibérique, arrivant même jusqu’à chez nous, en Bretagne historique.

Nous avons une preuve concrète que nous pouvons vivre sans capitalisme !

L’épicentre du mouvement des Indignés débuté le 15 mai 2011 est lui aussi situé en Espagne. Une vague d’indignation a ensuite déferlé sur les vieilles « démocraties » occidentales. En France, comme dans plusieurs pays, le mouvement est plombé, entre autre par manque de fond politique.
A Nantes, après de maintes tentatives, un campement, des assemblées populaires qui ne menaient à rien, la veine libertaire,anarchiste, décroissante qui y participait a pris ses distances pour tenter d’y apporter des réponses.

Nous sommes un groupe d’une bonne dizaine de militants Nantais à la base du projet Révoltez-vous !, version française du projet Catalan Rebelaos ! (Rebel·leu-vos ! en catalan) De part et d’autre des Pyrénées le collectif Révolté(s) et Afinidad Rebelde travaillent à la création puis la diffusion massive de ces journaux gratuits «cousins germains » :

  • Massifs pour que fomente la révolte dans toutes les régions de France et d’Espagne.
  • Gratuits pour inonder les rues et être à la portée de tous ceux qui – conditionnés par la doxa – n’iraient pas chercher ce type de média.

La version Française se scinde en trois parties (en rouge, les sujets communs aux deux publications):

I- Analyses critiques et constats :

  • Contexte social et politique (en France, en Europe, dans le monde).
  • Critique des médias dominants (qui il sont, quel rôle jouent-il…)Les émeutes dans le monde et en France ( si vous ne connaissez pas entre autre Alain Bertho , je vous invite à découvrir ses thèses!)
  • Répression du mouvement social +violences policières et impunité des officiers de police mis en cause dans des cas divers (mutilation de militants durant des manifestations + cas individuels comme Abdelhakim Ajimi, Mohammed Boukrourou et d’autres morts des mains des « forces de l’ordre »)
  • Critique constructive du mouvement des indignés. Nous y avons pris part des mois durant, nous en sommes éloignés, mais tenterons de mettre en lumière les erreurs pour le faire avancer.

II- REVOLTONS NOUS !

  • Droit de Rébellion
  • N’élisons plus Agissons : La politique a des prises sur nos vies au quotidien, voter pour le moins pire ce n’est pas de la politique!
  • Organisons l’autogestion locale pour être le changement que nous voulons ! (tiré de Podem!)

III- Lutter créer, pour un autre futur :

  • Sur la propriété :
    • Lutte : squat, réseaux anti expulsions, luttes paysannes, luttes pour la préservation des semences
    • Alternatives à la propriété privée (Article d’un avocat nantais engagé), collectiviser les moyens…
  • Critique du travail, du salariat
  • L’imposture de la dette (création monétaire)
    • Lutte : Résistance fiscale et financement des projets autogérés locaux
    • Alternatives : créer une vraie économie alternative (Groupement d’Achats Services Epicerie avec Ingalañ, EcoRéseaux du pays Nantais et du Pays de Concarneau, expériences catalanes, projet de label équitable breton indépendant…)
  • Education : De l’éducation soumise à l’apprentissage en liberté. Qu’est ce que l’éducation?
    • Lutte : Renforçons la lutte contre le fichage des élèves  http://retraitbaseeleves.wordpress.com/
    • Alternatives : projet Celestin (collège Freinet à Nantes)–> à confirmer ; Lumière sur le lycée expérimental de Saint Nazaire; Parents et professeurs, organisons pour éduquer autrement.

NB: Comme nous ne nous voulons surtout pas endoctriner, nous proposerons des sources d’information alternatives (biblio/filmographie) pour chacun des sujets afin que chaque lecteur puisse se faire sa propre idée de la situation. Ainsi le paysage idéologique se verra complété par ce qui lui manque aujourd’hui : des thèses politiques divergentes.

Comme nous n’avons pas de Robin des banques qui puisse financer ces projets, nous avons entamé une  campagne de financement participatif. Vous pouvez nous soutenir financièrement en donnant sur ce site : http://www.kisskissbankbank.com/projects/revoltez-vous
L’outil n’est pas parfait, nous en avons conscience, mais il a un avantage : il facilite la communication autour du projet et la collectivisation des moyens du « petit peuple ».

Si Révoltez-vous! —  journal autogéré de sa conception, à sa diffusion, en passant par le financement –inondait les rues, les transports en commun de toutes les villes et villages de France le 15 avril prochain, nous aurons alors prouvé au plus grand nombre que l’Autogestion est un mode d’organisation horizontal fiable!

Participez vous aussi : http://www.agirpaselire.fr
Et n’oubliez pas de transmettre ce message à votre tour!

9 février 2012 Posted by | ECONOMIE LOCALE, Notre démocratie | , , , , | Un commentaire

Collectifs Aquitaine pour un audit citoyen de la dette publique


Collectifs Aquitaine

  • Bergerac (CAC24) : gro.neyotic-tidua@caregreb42cac / 06.80.93.57.78 (Didier)
  • Gironde (CAC33) : cac33(à)audit-citoyen.org
  • Landes (CAC40) : cac40(à)audit-citoyen.org / 06.88.38.33.49 (Frank)
  • Lot-et-Garonne (CAC47) : cac47(à)audit-citoyen.org
  • Pyrénées-Atlantiques (64)
    • Béarn : cac64bearn(à)audit-citoyen.org / 06.64.87.94.76 (Marianne)
    • Pays basque Nord : cac64paysbasque(à)audit-citoyen.org / 06.72.18.18.00 (Isabelle) ou 06.73.52.45.21 (Eliane)

    • http://www.audit-citoyen.org/

8 février 2012 Posted by | ECONOMIE LOCALE | , | 2 commentaires

Les profiteurs et le non-recours aux droits


De nombreuses personnes n’ont pas recours à des droits et à des services sociaux alors qu’elles en ont la possibilité.

En Gironde, alors qu’on comptabilisait 9.600 allocataires du RSA «activité» fin 2009, 11.300 personnes éligibles n’en bénéficiaient toujours pas en mai 2010.

La France dispose d’un système de prestations sociales très développé dont l’objectif est d’aider la population disposant de faibles ressources à faire face aux difficultés pour se loger, se soigner, élever les enfants, etc. On insiste très souvent sur ceux qui profitent indûment du système en exagérant le phénomène pour pointer du doigt les plus démunis. L’histoire économique de notre pays montre que ce phénomène n’est pas nouveau et qu’il existe toujours des «profiteurs» dans tous les milieux, qu’il s’agisse de 400 euros de RSA ou de valises de billets… Les pauvres sont plus nombreux dans la population, mais les plus riches fraudent à des niveaux bien supérieurs.

A l’opposé, certaines personnes bénéficient de ces mêmes droits sans en disposer en pratique : c’est ce qu’on nomme «le non-recours aux droits». Selon les domaines, les taux de non-recours à ces droits et aux services sociaux varient considérablement.

Le non-recours aux minima sociaux

Le taux de non-recours au RMI (Revenu minimum d’insertion, remplacé aujourd’hui par le Revenu de solidarité active) s’établissait à 35% en moyenne en France au milieu des années 1990. Ce taux est équivalent à celui observé aujourd’hui pour le RSA dit «socle» (pour les personnes sans emploi). En revanche, le taux est beaucoup plus élevé pour le RSA «activité», qui fournit un complément de revenus quand ceux liés au travail sont trop faibles. Fin 2009, quelques mois après le remplacement officiel du RMI par le RSA, on observait alors un taux de non-recours de l’ordre de 70%.

Tout comme pour le RMI il y a quelques années, il convient de prendre en compte le nécessaire temps d’adaptation des usagers face à une nouvelle prestation pour expliquer en partie ce non-recours à des aides existantes. Mais cela n’explique pas tout : ce taux semble persister à un niveau élevé. Dans l’attente des résultats d’une enquête en cours à l’échelle nationale, les résultats locaux ne sont pas encourageants : en Gironde, alors qu’on comptabilisait 9.600 allocataires du RSA «activité» fin 2009, 11.300 personnes éligibles n’en bénéficiaient toujours pas en mai 2010.

Le non-recours aux prestations sociales

Des taux de non-recours importants sont également observés pour les prestations sociales concernant l’accès aux soins. En 2008, 1,5 million de personnes sur les 6 millions de bénéficiaires potentiels ne disposaient pas d’une CMU (couverture maladie universelle assurant aux plus démunis un accès gratuit aux soins). Au 31 décembre 2010, une étude du Fonds CMU estimait que le nombre de personnes n’ayant pas recours à la CMU-C (couverture maladie universelle complémentaire, mutuelle complémentaire rattachée à la couverture maladie synonyme de sécurité sociale) était de 1,7 million, soit un taux de non-recours de plus de 20%. Plus spécifiquement, les personnes qui touchent le RSA «socle», et qui sont ainsi systématiquement affiliées à la CMU-C, présentaient un taux de non-recours de 28,9% en juin 2010.

En ce qui concerne les prestations liées au logement, en revanche, les taux sont relativement faibles, mais il n’existe pas de données assez récentes pour estimer le phénomène. Le Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) estimait par exemple que le taux de non-recours aux aides au logement au Havre était inférieur à 1% en 2000.

Ces données sont à prendre néanmoins avec précaution : pour certaines, la méthode peut être sujette à caution, et les données obtenues ne sont pas toujours extrapolables à l’ensemble du territoire national. Ces difficultés de mesure ne sont pas dues à la qualité des enquêtes citées, mais plutôt à la difficulté de l’exercice de mesure du non-recours en tant que tel. Les personnes qui ne font pas appel à des aides qu’ils pourraient obtenir ne sont pas facilement quantifiables en raison du manque de recoupement des divers fichiers administratifs. Comment comptabiliser des personnes non-inscrites administrativement auprès des organismes qu’ils devraient approcher pour obtenir de telles aides ?

Les causes du non-recours

Les niveaux élevés de non-recours observés pour le RSA et la CMU s’expliquent notamment par la complexité des démarches, qui peuvent décourager certaines personnes éligibles. D’autres ignorent, faute d’informations, qu’elles sont concernées par ces aides. Et certains ayants-droits potentiels refusent tout simplement ces aides de peur de se voir assimilés à des «assistés» et d’être considérés comme des «pauvres», ou parce qu’ils estiment une telle aide inutile ou injustifiée.

L’exercice de mesure des taux de non-recours est précieux : si l’existence d’aides sociales en faveur des plus démunis est fondamentale, leur efficacité est toute aussi importante. Et pour déterminer si une politique est adaptée, il faut être capable d’en mesurer le niveau de réception.

Malheureusement, l’intérêt pour ce sujet est loin d’être à la hauteur du phénomène. Il apparaît bien faible à côté des discours actuels sur l’«assistanat». Des programmes scientifiques s’y intéressent cependant, au premier rang desquels l’Odenore (Observatoire des non-recours aux droits et services).

(Source : L’Observatoire des inégalités)

30 décembre 2011 Posted by | ECONOMIE LOCALE, TRAVAIL | , , , , , , | Laisser un commentaire

Guide de mise en oeuvre d’une monnaie complémentaire locale


Françoise Lenoble, une des fondatrices et animatrices de l'Abeille, monnaie locale créée en janvier 2010 sur Villeneuve-sur-Lot. Un an plus tard, 44 entreprises, commerces et producteurs locaux utilisent l'Abeille, monnaie permettant de relocaliser et réorienter une partie de la production et de la consommation.


Un outil pour initier une économie respectueuse de l’être humain et de la nature

Conçu par Philippe Derudder

Les membres du Gresso

et de l’association Aises

derudder@lhed.fr

I – Pourquoi mettre en place une monnaie locale ?

Pour disposer d’un outil qui favorise l’avènement d’une économie plus respectueuse de l’être humain et de son environnement naturel et ainsi :

* mettre l’économie au service de l’homme et de la planète,

* développer la solidarité

* favoriser les échanges locaux

* soutenir des projets locaux d’intérêt commun

* réduire l’impact écologique

II – Historique :

L’idée de monnaie complémentaire peut surprendre. Pourtant ce fut une pratique courante tout au long de l’histoire et en particulier au moyen âge où les villes, les monastères, les seigneurs avaient leur monnaie en complément de la monnaie royale. Ainsi de très nombreuses monnaies circulaient à l’intérieur d’un territoire. C’est la recherche de monopolisation du pouvoir qui a conduit à l’abandon de la multiplicité des monnaies, jusqu’à la première grande crise de 1929. C’est à cette époque, au cœur de la crise, qu’est ré apparu l’usage de monnaies complémentaires, lorsque la monnaie nationale se faisait trop rare. De ces expériences d’alors sont nés deux système principaux :

1 – Le système « barter » ou système de troc… (pour les entreprises)

De nombreuses entreprises dans le monde sont membres de réseaux utilisant le “Barter system“ ou système de troc. Ce système est « vendu » par des entreprises de services (comme celles qui vendent les tickets-restaurant par exemple). Leur but est de réunir à l’intérieur de leur réseau le plus grand nombre possible d’entreprises aux activités les plus variées pour permettre l’échange entre elles des biens et services qu’elles produisent, à l’aide de moyens de paiement exprimés dans une unité de compte propre au réseau. Ainsi, au lieu d’utiliser seulement la monnaie nationale, elles utilisent en plus une autre unité que nous appellerons ici UCR (Unité de Compte Réseau). Mais pour ceux qui ont déjà entendu parler de cela, nommons le WIR en Suisse (créé en 1933 il regroupe aujourd’hui 60.000 entreprises) ou le RES en Belgique (initié au milieu des années 90 il relie plus de 3000 entreprises). Cette formule offre deux avantages principaux aux entreprises affiliées :

* L’entreprise ne se défait pas de ses liquidités en monnaie nationale lors de ses achats auprès des autres membres, car elle peut les régler avec ses UCR. Sa trésorerie en monnaie nationale s’en trouve allégée d’autant.

* Elle bénéficie de l’effet réseau qui soutient son activité. Si l’entreprise « X » invite par exemple un client au restaurant, elle ira de préférence dans un restaurant affilié où elle pourra payer en UCR

Pourquoi appelle-t-on ce système « troc » puisqu’il y a utilisation d’un moyen de paiement comparable à la monnaie de banque ?

Dans le troc ancestral il y a échange d’une richesse réelle (bien ou service) contre une autre richesse réelle. Avec la variété des biens et services qui existent de nos jours, le troc est quasiment impossible à réaliser car on tombe rarement sur la personne qui offre ce que l’on cherche et qui désire au même moment une quantité équivalente de ce que l’on peut offrir. D’où l’introduction dans le système d’une « représentation symbolique » des biens et services : l’UCR. En réalité on retrouve là l’essence de la monnaie qui n’aurait jamais dû être autre chose qu’une unité de mesure pour évaluer les échanges et un moyen universel pour les faciliter entre les individus. Toutefois les réseaux en question refusent absolument que l’on considère les UCR comme de l’argent car elles n’en présentent pas toutes les caractéristiques. Elles sont outil de mesure et d’échange mais pas réserve de valeur : lorsqu’un membre achète un bien ou un service avec des UCR, il s’engage par cet acte vis-à- vis des membres du réseau à créer et mettre à leur disposition la valeur équivalente de bien ou service relevant de sa compétence. La finalité n’est pas d’accumuler des UCR mais de faciliter les échanges nécessaires à la vie des membres du réseau. Ainsi les comptes sont-ils rarement très créditeurs ou très débiteurs longtemps. Une limite dans chaque sens est en général fixée à chaque membre selon ses caractéristiques. Les dépôts ne sont pas rémunérés. Au contraire, certains réseaux appliquent même un intérêt négatif (principe de la fonte Geselienne des monnaies) afin d’encourager l’échange et non la thésaurisation. Il est aussi possible d’emprunter des UCR et, dans ce cas, les réseaux ne réclament pas ou peu d’intérêt. Lorsqu’il y en a, c’est seulement pour couvrir les frais de fonctionnement de l’organe gestionnaire du réseau.

Ces systèmes sont tout à fait officiels et légaux. Le chiffre d’affaire réalisé en UCR est déclaré en comptabilité comme s’il s’agissait d’un règlement effectué avec une devise étrangère. La fiscalité du pays peut donc s’exercer normalement. La limite de cela est qu’une entreprise ne peut réaliser qu’une partie minoritaire de son chiffre d’affaire en UCR, faute de quoi elle ne pourrait plus faire face au paiement des taxes, salaires et charges sociales et frais généraux.

2 – Les SEL – Système d’échanges locaux.(pour les particuliers)

Vous l’aurez remarqué, le système barter ne s’adresse qu’aux entreprises. Parallèlement se sont développés, à l’initiative de Michael Linton depuis 1983 les LETS (local exchange trading system) plus connus en France sous l’appellation SEL (Système d’échanges Locaux) qui eux, ne concernent que les particuliers. Les participants échangent biens et services, mais surtout des services, dans une unité de compte qu’il n’est pas nécessaire de posséder à priori.

C’est la réalisation de l’échange qui « crée » la monnaie. La vraie richesse est dans le bien ou le service et dans la qualité de la relation. C’est un argent dont la provenance est basée sur l’égalitarisme de l’offreur et du demandeur, il décourage l’accumulation et encourage la coopération parmi ses usagers. Cette monnaie n’est qu’un outil d’échange qui permet d’éviter les contraintes liées au troc, il n’a ni valeur d’épargne, ni valeur spéculative.

Le compte de l’offreur est crédité du nombre de « grains de SEL » qui aura été convenu, la même somme sera débitée du compte du receveur. Préalablement, bien sûr, le groupe aura défini ce que représente un grain de SEL (une unité de la monnaie nationale par exemple, mais le plus souvent un grain de SEL = une unité de temps par exemple 1 minute ou 5 …) Ensuite est établi un inventaire des offres disponibles au sein de la communauté pour permettre aux membres de savoir qui fait quoi et qui offre quoi. Les échanges se font de gré à gré, les comptes sont soit centralisés soit tenus par chacun sur un carnet.

III – L’Actualité :

Expérimentations en cours de développement dans le monde

Ces deux expériences fondamentales ont donné naissance à un vaste mouvement de monnaies complémentaires de par le monde (plus de 5000 expériences en cours, de nature très variées) mais qui s’adressent cette fois à la société dans toutes ses composantes: particuliers, entreprises et souvent collectivités locales. Elles visent toutes à ré introduire dans l’économie du sens, des valeurs sociales et écologiques. Citons le « Chiemgauer » en Allemagne, le « Ithaca Hour » aux Etats Unis, le « Calgary Dollar » au Canada, ou le SOL en France, plus spécifique à l’économie sociale et solidaire. Des centaines sont en train de fleurir à la surface du globe.

Dans le cadre de ces expériences, deux grands courants sont explorés :

a) Les monnaies non appuyées sur la monnaie nationale.

Appelons-là pour simplifier, « monnaie de type SEL ». La communauté qui décide de la mettre en place crée purement et simplement son unité de compte sans rapport et sans convertibilité possible avec la monnaie nationale. On se trouve alors dans un cas de figure inverse à celui qui préside dans nos sociétés. En effet la monnaie n’est plus raréfiée car on n’a pas besoin de la posséder pour accéder à un bien ou un service. Cela ouvre naturellement de vastes horizons mais on butte rapidement sur une question majeure: Que représente cette monnaie? Le commerçant qui va la recevoir en paiement est -il satisfait ? S’il est au cœur d’un vaste réseau qui lui permet de régler ses propres dépenses avec la monnaie locale qu’il a encaissée, oui, sinon, non.

Si on choisit ce cas de figure, il faut donc être:

* soit très patient et motivé afin que le développement des échanges s’appuie ce que le réseau est capable d’absorber,

* soit avoir au départ un réseau assez vaste et diversifié en productions essentielles pour permettre une circulation fluide de la monnaie, dans la confiance.

b) Les monnaies appuyées sur la monnaie nationale

C’est ce cas de figure que nous allons regarder de plus près dans ce guide, car c’est celui qui permet une mise en place de l’expérience à partir d’un petit noyau de quelques personnes et d’un professionnel.

IV – Comment cela fonctionne-t’il ?

Principe général

a) Transactions entre entreprises et particuliers

Les particuliers membres règlent leurs achats effectués dans les commerces et entreprises du réseau au moyen de « bons d’échanges en monnaie locale » (équivalents des billets de banque) qu’ils se procurent contre des euros, auprès de l’organe de gestion des comptes, dans un rapport par exemple de 90/100 (euros/bons d’échange). Cette « prime à l’achat» constitue une émission de monnaie non appuyée sur la monnaie nationale. Elle est incitative pour les adhérents car elle améliore leur pouvoir d’achat. Nous conseillons toutefois que cette amélioration profite surtout aux plus démunis. Ainsi, lorsque l’on « achète » les bons d’échanges, on peut choisir de les acquérir dans un rapport de 1/1, la prime allant alors alimenter un fonds qui permettra d’offrir aux plus démunis une amélioration de pouvoir d’achat supérieure au taux nominal, par exemple 75 ou 80/100.

Chaque entreprise reste libre de sa politique commerciale et décide de ce qu’elle rend disponible en échange des bons : quelle gamme de produits ou de services, payable en tout ou partie en bons d’échange…

Les bons d’échange sont au porteur ; ils peuvent circuler à l’intérieur du réseau au gré des échanges. Nous suggérons d’émettre des coupures de 1 – 2 – 5 – 10 et 20. Lorsque le prix d’un achat n’est pas rond, il suffit de régler à la valeur du bon supérieur et de se faire rendre la monnaie en centimes d’euros.

Les sommes collectées en euros constituent un fond de garantie qui est placé de façon éthique (NEF, Crédit Coopératif,…) sur un compte rémunéré, permettant des retraits à vue très rapides.

Ce fond permet :

* de reconvertir en euros les bons d’échange excédentaires. Cette faculté est réservée aux entreprises seulement. En effet si un particulier peut décider de la quantité de bons qu’il veut acquérir, tel n’est pas le cas pour un professionnel. A moins d’une gestion fine et difficile à mettre en œuvre, il ne peut équilibrer facilement ses encaisses en monnaie nationale et monnaie locale.

* Grâce à cette possibilité les professionnels peuvent s’engager en confiance car ils savent qu’ils ne se retrouveront pas avec des bons inutilisables. Cela permet en outre de démarrer l’expérience avec un seul professionnel. Bien sûr, cela n’a pas grand intérêt puisqu’alors tous les bons seront re convertis mais l’essentiel au départ est de lancer la dynamique concrètement.

* Nous conseillons d’introduire dès le départ une contribution à la reconversion Bons d’échange/ euros. Cette contribution a pour but :

1. D’inciter tous les professionnels à rechercher auprès de leurs fournisseurs, collègues, amis, de nouveaux participants, car le but n’est évidemment pas de se limiter à la reconversion de la monnaie locale, mais à sa circulation dans la communauté.

2. A alimenter avec cette ressource un fonds de soutien à des projets éthiques et solidaires locaux ou autres, au gré de ce que voudront les membres de l’association.

3. Attention, veillez au départ à faire coïncider le taux de la prime à l’achat avec celui de la contribution. S’il est proposé par exemple 105 unités locales pour 100 euros à l’achat, la contribution à la re conversion doit être du même ordre 105 unités locales pour 100 euros. Si la prime à l’achat est supérieure à la contribution de reconversion, il y a risque de ne pouvoir faire face aux engagements pris à l’égard des professionnels ce qui pourrait entrainer l’échec de l’expérience. Ce n’est qu’au fur et à mesure que la potentiel d’échanges grandira au sein de la communauté et que l’on constatera que les demandes de re conversion diminuent que l’on pourra affiner les choses et régler de façon différentes la prime et la contribution, Ces décisions devront faire l’objet d’un accord collectif appuyées sur des données statistiques concrètes..

b) Entre entreprises :

Au départ, le plus simple est de lancer l’expérience avec un seul moyen de paiement: le bon d’échange. Simple support papier, en prenant toutefois la précaution d’utiliser des billets non falsifiables. Les techniques abordables existent.

Mais le réseau s’étendant, les professionnels auront besoin de pouvoir se régler mutuellement sans se déplacer et sans risquer de poster des bons au porteur. Dès que la nécessité se fera sentir, il faudra donc introduire un autre moyen, le chèque.

Il est à noter que les factures et tickets de caisse se font en euros. C’est le paiement qui peut se faire en tout ou partie en monnaie locale. Une facture de 100 euros peut par exemple être réglée avec un chèque de 80 euros et un autre de 20 Unités de compte locale. L’essentiel est que le professionnel puisse reconstituer les paiements en comptabilité. Les chèques libellés en UCR sont donc adressés à l’organe de gestion des comptes qui, à l’instar d’une banque, tiendra l’écriture des mouvement et adressera un relevé.

Les règlements en monnaie locale entre entreprises affiliées ne résulte ni d’une obligation, ni d’une décision unilatérales, mais d’une entente négociée soit sur un volume ou une durée, soit au coup par coup.

Rappelons que le système est tout à fait légal: le chiffre d’affaire réalisé en unités de compte locales, sous forme de bons d’échanges ou de chèques est déclaré en comptabilité comme s’il s’agissait d’un règlement effectué en devise étrangère.

Dans une étape ultérieure, lorsque le réseau se sera élargi, il est recommandé d’introduire une gestion informatisée afin d’alléger la gestion et l’efficacité tant pour les professionnels que pour les particuliers. L ‘usage d’une carte à puce viendra donc compléter le dispositif.

V – Chronologie des actions pour initier une monnaie complémentaire adossée à la monnaie nationale

Si l’on choisit une monnaie libre, de type SEL, la chronologie reste la même, mais il faut dès le départ se poser la question de la capacité d’échange qui existe dans le réseau ou qui est à constituer pour que l’expérience soit viable

Ce qui suit n’a pas à être suivi à la lettre. Nous cherchons ici à donner un fil conducteur pour faciliter la mise en œuvre de l’expérience laissée à la créativité de chaque groupe.

1. Constituer le noyau des fondateurs

A l’origine est la volonté d’une ou plusieurs personnes, d’une ou plusieurs entreprises Une poignée de personnes suffit; ce n’est pas le nombre qui compte mais la motivation. Il faut toutefois veiller à avoir dans ce groupe de pionniers au moins un professionnel, dans un secteur d’activité qui répond à des besoins courants, afin de pouvoir offrir dès le départ un lieu où le paiement en monnaie locale est accepté (Une coop bio, une Amap… C’est ce qui touche toute la population). Sans professionnel engagé on reste dans le cadre du SEL, et l’expérience ne peut démarrer

2. Définir la finalité du projet

Une monnaie locale, oui, mais pour quoi ? Quelles sont les valeurs, quels sont les objectifs que nous voulons atteindre, qu’une monnaie locale peut soutenir.

3. Rédiger la charte

La charte résume la raison d’être de l’action. Elle doit être simple et courte pour être facilement mémorisée pour l’essentiel. C’est elle qui fixe le cap, donne le sens; c’est à partir d’elle que toute difficulté au fil du temps doit être considérée pour que l’expérience ne perde pas son sens. C’est la signature de cette charte (ainsi que le règlement en monnaie nationale de la cotisation dont le but est de couvrir tout ou partie des frais de fonctionnement) qui validera l’adhésion de la personne ou du professionnel. Nous proposons un modèle de charte (voir annexe 1), mais chaque réseau peut établir la sienne.

4. Définir le cadre légal

La monnaie doit circuler entre acteurs engagés à incarner les valeurs et objectifs de la charte. Ils doivent donc être adhérents d’un groupe identifiable. L’association ou la coopérative sont à priori les cadres les mieux adaptés… Définir les statuts, l’objet cohérent avec la charte, les règles de fonctionnement. Accomplir les démarches administratives appropriées pour enregistrer la structure choisie et ainsi définie. Si le choix se porte sur l’association à but non lucratif, penser à la constituer de façon à ce que son utilité générale soit reconnue pour permettre des dons déductibles. Si c’est utile ou souhaité , chaque membre reçoit une carte d’adhésion portant sa photo et sa référence. Cela facilitera l’identification des membres lors de l’achat des bons.

5. Définir le calendrier des réunions

Il est difficile de parvenir à réunir tous les intéressés en même temps en raison des contraintes professionnelles et familiales de chacun. Il est donc souhaitable de définir dès le départ un calendrier qui convienne à tous la majeure partie du temps. Au départ, tenir compte que les réunions doivent être plus fréquentes.

6. Définir les règles du jeu au sein des réunions

Les réunions sont essentielles puisque c’est là que se décident les choses. Mais dans la pratique elles peuvent devenir ennuyeuses et démotivantes si on n’y prend pas garde (voir le document : conseils pour tenir des réunions agréables et efficaces)

7. Définir le processus de prise de décision

Le plus simple consiste à voter à la majorité (à préciser). Cela permet d’avancer vite, mais cela crée aussi de nombreuses frustrations qui se traduisent dans le temps par des désaffections ou des problèmes relationnels qui peuvent faire exploser le groupe. Nous suggérons vivement d’adopter de processus « sociocratique » où les décisions sont l’aboutissement d’échanges conduisant au consentement de l’ensemble des participants par levée progressive des objections. Nous ne pouvons en dire plus ici.

( pour plus d’information, vous reporter à l’annexe 5 « Conseils pour qu’une réunion soit agréable et efficace » + http://fr.wikipedia.org/wiki/Sociocratie)

Ce processus commence à être connu et vous pourrez trouver dans votre entourage une personne ressource qui pourra vous familiariser et vous former rapidement. Comprenez toutefois que ce processus implique d’accepter à priori de sortir de la logique du pouvoir pyramidal. Il demande à chacun une ouverture car tout le monde a exactement le même pouvoir. L’objectif est d’aboutir à une solution admise par tous où chacun se sente respecté. Tant que ce point de rencontre n’a pas été trouvé, c’est le signe que les membres du groupe sont accrochés à des croyances et convictions qui les empêchent encore de voir la question sous un autre regard. Chacun doit donc pouvoir envisager de modifier sa position jusqu’à trouver ce point de rencontre. Contrairement à ce que l’on pourrait penser il ne s’agit pas de se résoudre à des compromis, mais au contraire à enrichir la proposition de base grâce aux objections qui sont faites et dont il est tenu compte. Chacun se trouve ainsi écouté, reconnu, et la décision finale devient efficace parce que chacun peut la faire sienne.

8. Définir le fonctionnement de la monnaie

Conditions d’achat (auprès de qui ? Avec ou sans prime ? Mise en perspective avec le développement à prévoir au fil du temps)

Conditions de reconversion en monnaie nationale pour les professionnels (auprès de qui ? Avec ou sans contribution financière ? Mise en perspective avec le développement à prévoir au fil du temps)

Adoption ou non du principe de fonte et si oui définition des périodicités et modicités.

Désignation / création de l’organe d’émission et gestion de la monnaie locale : Ce peut être l’association elle-même, une agence bancaire locale qui accepte de « jouer le jeu », un notaire, une entreprise de service…

Choisir le nom de la monnaie

Choisir le support : le plus simple est de démarrer avec des « bons d’échange en papier »

Définir les coupures

Illustration des coupures : Le bon d’échange, au delà de sa fonction économique, est un indicateur d’engagement sociétal puissant; ce sera lui qui sera remarqué et qui fera poser des questions, interpellant ainsi toute la population sur son utilité et sa vocation. Nous vous invitons donc à soigner l’illustration des coupures en utilisant par exemple les talents d’artistes locaux et en valorisant par l’image ce que vous avez envie de mettre en lumière localement. Une face peut représenter des lieux ou des monuments qui caractérisent la région où les bons ont cours, l’autre face peut symboliser les valeurs que l’association désire promouvoir.

Fabrication et prévention contre la fraude : veiller à rendre les bons non falsifiables le plus tôt possible (encre / papier spéciaux )

Mise en perspective d’évolution avec le temps : vers le passage à la monnaie électronique

Placement du fonds de garanti constitué par la monnaie nationale reçue lors de l’achat de la monnaie locale cohérent avec la charte. (placement éthique, facilement disponible pour pouvoir répondre aux demandes de re conversion; auprès de quel organisme ?

Définition et organisation des éventuels fonds d’aide à des projets de développement local ou autres prévus dans le projet

9. Préparation de la promotion pour le lancement officiel

Créer une plaquette/tract d’information simple et convivial pour permettre de comprendre facilement de quoi il retourne, à distribuer lors des opérations de promotion (nous vous proposons un modèle en annexe 6 mais n’hésitez pas à faire selon votre inspiration)

Un site web est-il nécessaire ?

Définir l’action de promotion pour le lancement de l’opération Cela peut aller depuis une simple information bien visible dans le magasin pionnier avec permanence assurée aux heures d’affluence par les membres adhérents pour expliquer et distribuer le tract jusqu’à une rencontre grand public autour d’un film ou d’une conférence portant sur le sujet des monnaies locales.

Imaginer ensuite ce que vous ferez pour faire connaître le réseau et le développer. Dans tous les cas nous vous conseillons d’étendre le réseau par phénomène de tache d’huile. C’est chaque membre qui, mieux que quiconque a la capacité de sensibiliser son entourage. Toutefois, et chaque fois que vous le jugerez opportun, n’hésitez pas à organiser des rencontres avec la population locale pour présenter l’expérience autour d’une conférence, d’un film, d’une foire bio, ou de toute autre manifestation… N’omettez pas d’informer votre maire et les membres du conseil municipal afin d’inciter la commune à s’impliquer en veillant toutefois à ne pas se faire récupérer.

VI – Comment faire vivre les valeurs de la charte

Nous attitrons votre attention sur un piège qui peut conduire dans une impasse les expériences de monnaie complémentaire. Selon nous, elles ne doivent pas être considérées comme de simples bouées de sauvetage destinées à survivre à des crises, ou à pallier les insuffisances des monnaies nationales. Elles forment un vaste champ d’expériences au cœur duquel va se former une nouvelle conscience collective de la richesse et de son partage, devant aboutir à terme à une évolution globale des comportements économiques dans le monde. Mais cela ne se fera pas tout seul. Si la monnaie locale est cantonnée à sa seule fonction d’échange le sens de l’expérience, affiché dans la charte ne s’ancre pas dans un vécu et il ne reste qu’à un niveau symbolique qui sera oublié avec le temps. Il s’agit donc de faire vivre la charte:

En faisant se rencontrer les membres autour d’actions concrètes

Pratiquement, les membres du réseau peuvent se donner comme objectifs de:

* Mettre plus de conscience dans leur façon de produire et de consommer.

* Développer la coopération et la solidarité.

Pour tendre vers le premier objectif : chacun est invité à se demander « en son âme et conscience », comme on dit, ce qu’il pourrait faire concrètement dans sa vie, tant sur le plan personnel que professionnel, pour se sentir plus en harmonie avec lui-même, les autres et la nature. Cette réflexion conduit à entreprendre des actions d’évolution.

Pour tendre vers le deuxième objectif : sur la base du simple volontariat, les membres s’organisent en groupes locaux (10 à 50 personnes ) et groupes de soutien (4 à 8 personnes) :

Le groupe local

Plusieurs groupes peuvent cohabiter dans une même région. La convivialité est en effet plus facile à obtenir dans des groupes de taille modeste. L’essentiel est de ne pas jouer la carte de la compétition entre groupes mais celle de la coopération. Ainsi pourra-t-on bénéficier de la légèreté et du caractère chaleureux des petites structures sans se priver des avantages liés aux grands nombres. Toute personne a le libre choix du groupe où elle veut s’investir. Chaque groupe définit lui-même sa mission. Les groupes locaux se réunissent à un rythme régulier (une fois par mois ?) pour mener des réflexions et mettre en œuvre des actions d’évolution. Cette réunion est consacrée à la définition des actions à entreprendre et au feed-back d’avancement de celles qui sont en cours. Ces actions tournent principalement autour de projets collectifs d’intérêt commun ou d’aide au développement du comportement citoyen des entreprises membres, à leur demande (voir en annexe 5 le « fil d’Ariane pour inspirer les réflexions et actions d’évolution au sein de l’entreprise). C’est dans ce dernier cas qu’est formé un groupe de soutien.

Le groupe de soutien

A la demande d’un particulier ou d’une entreprise, un groupe de soutien est constitué par des membres volontaires, incluant le demandeur lui-même. La mission de ce groupe est

* D’aider un membre en difficulté : par des actions simples de solidarité entre membres, lorsque l’un d’eux est confronté à une difficulté, de quelque ordre qu’elle soit. A la demande du membre en difficulté, le groupe étudie toutes les possibilités pour résoudre la question.

* Aider au montage d’un projet éthique, humaniste ou écologique. Le groupe se mobilise autour du porteur de projet pour le soutenir dans sa démarche. L’aide commence, si nécessaire, à la conception même d’un projet (car un projet peut consister à en élaborer un à partir d’une simple réflexion) ; elle passe par son élaboration détaillée, elle se poursuit par son accompagnement dans ses phases de mise en œuvre et elle s’achève lorsqu’il a abouti ou lorsqu’il est abandonné d’un commun accord.

* Aider un professionnel à faire évoluer son activité pour qu’elle soit plus respectueuse de l’humain et de la nature. Nous invitons en effet à ne pas réserver l’expérience des monnaies complémentaires à des groupes élitistes où seuls pourraient participer des organisations déjà très engagées sur le plan de l’éthique. Ces expériences doivent à notre sens être une porte ouverte, une invitation et une aide pour tout professionnel qui a envie de contribuer à cette mutation qu’il ressent nécessaire, sans pour autant savoir comment faire. Un professionnel membre, dans cette situation, demandera la constitution d’un groupe de soutien pour l’aider dans cette démarche d’évolution.

* d’être le garant de l’éthique : le groupe de soutien enrichit la démarche par ses réflexions selon les connaissances et informations technologiques qu’il détient et vérifie que le projet, tel qu’il est présenté, répond aux préoccupations humanistes et écologiques du réseau.

Mode de prise de décision :

La encore nous recommandons de recourir le plus souvent possible au processus sociocratique par consentement unanime des membres actifs présents. N’oublions pas toutefois que « le mieux est l’ennemi du bien » et que l’entreprise reste souveraine de sa politique. Le groupe n’est là que pour aider..

VII – Les avantages liés à une telle expérience :

Au plan collectif

* dynamiser et inspirer la pensée collective

* Grâce aux réflexions et actions menées en commun dans les groupes locaux et groupes de soutien dans un esprit de coopération et de solidarité

* Grâce à l’usage des monnaies complémentaires qui permettront de nous ouvrir à une nouvelle conception de la monnaie, où celle-ci n’est plus la richesse après laquelle on court, mais l’outil qui permet d’échanger la vraie richesse : ce que nous offre la terre, valorisé par l’activité humaine

* favoriser l’implication citoyenne ouvrant la voie à une démocratie plus participative

* créer ou renforcer le lien entre le citoyen et l’entreprise. Les liens actuels sont faussés et souvent hypocrites dans la mesure où le rapport n’est que marchand. Au travers des groupes de soutien, le citoyen « entre dans l’entreprise » et l’on peut espérer une évolution globale qui, à terme, se traduira par une économie soutenable au service de tous les êtres humains.

Au plan individuel

* améliorer le pouvoir d’achat des plus fragiles

* améliorer la qualité de la vie

* s’impliquer dans la vie locale : les réflexions et travaux menés en commun sont porteurs de convivialité, de sens et d’expériences nouvelles, favorisant une dynamique d’épanouissement personnel.

* participer à l’expérience indique qu’on se sent concerné par les enjeux et que l’on veut apporter sa propre pierre au changement.

Au plan de l’entreprise :

* dynamiser et humaniser les échanges grâce à l’effet réseau et à l’esprit qui l’anime

* accepter d’entrer dans le jeu d’une monnaie complémentaire est un signe certain de responsabilité citoyenne pour une cause qui dépasse l’intérêt immédiat de l’entreprise.

* fédérer les collaborateurs par l’inspiration. La motivation au travail est toujours un point délicat. Si le salaire ne doit pas être négligé, il ne sera jamais suffisant pour compenser le manque de « sens ». Une entreprise qui redonne du sens et, a fortiori, un sens qui répond aux aspirations profondes des individus, ne peut que favoriser un courant d’adhésion plus fort.

* valoriser son image de marque

* s’ouvrir à une économie responsable, fondée sur l’amélioration de la qualité de la vie pour tous. Certes cela ne les affranchira pas de l’obligation de compétitivité, mais elles pourront parler un langage plus « citoyen », plus « vrai » et développer des relations avec leurs fournisseurs et clients dans un rapport gagnant/gagnant et non gagnant/perdant.

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Quelques références :

* Bernard Lietaer a travaillé pendant 30 ans sur les systèmes monétaires. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Monnaies régionales co-écrit avec Margrit Kennedy (éd. Charles Léopold Mayer, 2008).

* Pour plus d’informations sur le sujet des monnaies, vous pouvez consulter le site de l’association AISES (Association Internationale pour le Soutien aux Economies Sociétales) http://www.aises-fr.org

* Philippe Derudder est un des pionniers de la création de monnaies locales en France. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et donne régulièrement conférences et stages. Contact : derudder@lhed.fr

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ANNEXES

Annexe 1

La Charte

Notre ambition

Nous organiser pour initier une évolution de l’économie

afin qu’elle réponde aux besoins de tous les êtres humains

dans un rapport harmonieux avec leur environnement

et apprendre à coopérer

pour que s’épanouisse la Vie.

Pour cela nous veillons à :

Utiliser la monnaie complémentaire

Comme un outil de mesure et d’échange économique pour fluidifier les échanges dans un esprit d’équité et d’entraide entre citoyens et entreprises

Développer collectivement des réflexions et actions visant à :

Adopter des comportements économiques de production et de consommation plus cohérents,

afin de maintenir et restaurer les équilibres naturels de la Terre

et sauvegarder l’évolution de la vie.

Reconnaître que la seule vraie richesse nous est offerte gratuitement par la planète Terre,

et que c’est celle-là que l’activité humaine doit valoriser,

la monnaie n’étant qu’un outil collectif dont le but est d’assurer

une répartition équitable de cette richesse à chaque être humain

Envisager le bien-être individuel comme indissociable du bien-être collectif.

Contribuer individuellement et collectivement à la construction de ce nouveau paradigme

au travers des réflexions et actions menées dans le réseau

et par l’esprit d’ouverture et de coopération que chacun s’efforcera de développer.

§

Chaque personne physique ou morale adhérant au réseau agit de son mieux pour tendre vers cette ambition. Il s’agit d’apprendre à exprimer une « facette » humaine plus responsable et affinée en dépassant les peurs et croyances qui nous poussent à lutter les uns contre les autres

Annexe 2

Modèle de chèque d’échange

Modèle de chèque

Annexe 3

Informatisation du système

Il est souhaitable d’informatiser le plus tôt possible la gestion des échanges. En effet, les entreprises et le commerce ont besoin d’outils fiables et rapides. De plus, l’étendue probable du/des réseaux (zone euro…) nécessite des moyens performants.

La « formule papier » reste toutefois importante et doit être possible à tout moment pour permettre la continuation des activités et des échanges même en cas de crise et de désorganisation majeure.

Chaque réseau pourra développer le système qui lui convient. Toutefois et afin de ne pas avoir à réinventer le fil à couper le beurre, nous vous conseillons de vous rapprocher de réseaux déjà informatisés comme le réseau SOL http://www.sol-reseau.coop/ dont le développement informatique et la gestion des unités de compte ont été confiés à la société Chèques-Déjeuner, ou en Allemagne auprès du réseau Chiemgauer http://chiemgauer.info/ .

Ils seront certainement prêts à coopérer d’une façon ou d’une autre. Ces deux réseaux utilisent entre autre des terminaux rendant possibles les règlements par carte à puce. Ainsi, sans changer le fond du fonctionnement décrit ci-dessus, les procédures pourraient être allégées, automatisées, et permettre, outre la gestion des comptes et des paiements, des échanges d’informations entre affiliés. A noter aussi à toutes fins utiles http://project.cyclos.org/ qui propose un logiciel libre pour la gestion des réseaux utilisant des monnaies complémentaires.

L’informatisation des procédures d’échanges, de gestion de comptes, d’échanges d’information ne doit pas être exclusive aux entreprises, mais inclure l’ensemble des affiliés et permettre aussi aux particuliers d’échanger entre eux, soit par mouvement de compte comme le font les entreprises entre elles, soit par bons d’échanges.

Remarque : dans le cas où le système bancaire national serait défaillant, cette monnaie pourrait remplacer l’euro pour permettre la poursuite des activités et des échanges

§

Annexe 4

Fil d’Ariane pour inspirer les réflexions et actions d’évolution au sein de l’entreprise

Voici quelques critères qui permettent d’évaluer l’action de l’entreprise

et de l’orienter vers plus de cohérence.

Les objectifs exposés ci-dessous sont idéaux. Ils ne visent pas à être atteints à court terme mais à donner une orientation aux réflexions et actions menées dans le réseau.

Dans notre monde où le respect des équilibres écologiques et l’épanouissement des tous les humains doivent devenir la priorité, la raison d’être de l’entreprise est de contribuer à satisfaire les besoins réels des humains, en favorisant leur autonomie et leur dignité et en respectant les équilibres nécessaires à l’épanouissement de la vie sous toutes ses formes sur la planète. Cela suppose :

– Une contribution sociale fondée sur l’utilité réelle

L’entreprise s’attache à fournir des biens et des services réellement utiles à l’humanité. Elle ne suscite plus les besoins, elle se contente d’y répondre en visant le plus haut niveau possible de satisfaction. La limite de production et de distribution des richesses est fixée par ce que la planète est capable de supporter. C’est le critère prioritaire qui oriente les réflexions, recherches, développements et productions.

– Une production soucieuse de la pérennité de la planète

a) Les ressources naturelles non renouvelables

L’entreprise se fixe comme objectif à terme de ne plus utiliser directement et indirectement de ressources naturelles non renouvelables. Elle les remplace par des ressources et énergies renouvelables ou inépuisables.

b) Les ressources renouvelables

L’entreprise se fixe comme objectif de compenser au moins à équivalence quantitative et qualitative (eau, biodiversité, etc.) les prélèvements en ressources renouvelables nécessaires à sa production.

c) La pollution

L’entreprise se fixe comme objectif « zéro pollution » : pollution provenant non seulement de ses processus directs de fabrication mais aussi celle qui pourrait être générée en amont ou en aval depuis les matières premières jusqu’à la fin de vie du produit ou du service.

d) Les déchets

L’entreprise se fixe comme objectif « zéro déchet ». Toute la production depuis les matières premières jusqu’à la fin de vie du produit doit être repensée de façon à ne produire que des déchets biodégradables ou totalement recyclables, à l’image de la nature où tout déchet d’une espèce devient la nourriture d’une autre. Cela conduit l’entreprise à se soucier de ce qui se passe avant la fabrication qu’elle met en œuvre et après que la marchandise ait quitté ses murs jusqu’à la fin de vie du produit. Lorsqu’un produit n’est pas complètement biodégradable, cela suppose qu’il doit être récupéré par le fabricant ou le vendeur ou un organisme spécialisé, récupération dont le coût est inclus dans le prix du produit à fin de recyclage à 100 % ou nouvelle utilisation pour une autre fonction ou une autre catégorie d’utilisateurs ou retraitement pour assimilation totale par la nature sans nuisance.

e) L’intégration de l’entreprise dans la nature

Architecture, esthétisme, espaces verts, luminosité, confort, bruit, isolation, stationnement, services au personnel, visiteurs, fournisseurs, utilisation d’énergie, etc.

L’entreprise veille à s’intégrer le plus harmonieusement possible à l’environnement en tenant compte des particularités locales et régionales et des aspirations de ceux qui fréquentent l’entreprise. Elle adopte ce qui se fait de mieux technologiquement pour améliorer l’esthétisme, économiser les énergies, gérer l’eau, améliorer les conditions de travail.

f) L’adéquation entre l’implantation de l’entreprise et sa mission

Les entreprises décident de leur implantation et de la nature de leur activité en fonction des besoins exprimés et du meilleur rapport demande/écologie.

Les critères d’implantation d’une activité répondent à des soucis de respect des ressources naturelles, d’économie d’énergie, de sécurité alimentaire et d’autonomie des peuples.

Les entreprises se décentralisent et, chaque fois que leur activité le justifie, s’éparpillent en petites unités s’intégrant dans des marchés de proximité destinés à répondre aux besoins et aspirations des populations locales.

Certaines productions restent centralisées chaque fois que c’est justifié par une demande généralisée et uniforme justifiant des productions de masse telles que l’automobile, les machines outils, l’informatique, etc.

Les échanges mondiaux ne valent qu’en cas de pénurie accidentelle de produits de base ou pour l’échange de produits spécifiques régionaux ou nationaux difficilement productibles localement, utiles et demandés par la population locale.

– Une action entièrement dédiée au service de l’humanité

a) Rapports entre les êtres dans l’entreprise

* L’activité professionnelle est l’une des composantes de la vie d’une personne. Il y a continuité entre la vie personnelle, familiale et professionnelle. C’est dans cette dernière que l’être humain peut le mieux exercer sa créativité et contribuer le plus activement à une œuvre d’intérêt général. On s’efforcera donc à :

* responsabiliser le collaborateur même dans les fonctions les plus simples. Il sera reconnu, soutenu, informé, écouté et respecté.

* traiter et considérer chacun de la même façon quels que soient son sexe, sa race, sa fonction et la précarité de son poste.

* faire que son travail corresponde à ses aspirations et à son savoir-faire.

* lui faire comprendre ce à quoi il participe. Son travail a un sens et est en résonance avec ses valeurs.

* l’inviter à participer à des réflexions ou travaux visant à améliorer en permanence la qualité de l’entreprise dans ses diverses dimensions. La créativité de chacun est favorisée et récompensée dès lors qu’elle permet une amélioration de la qualité de la vie interne ou externe.

* abandonner le management pyramidal au profit d’un management sociocratique où le pouvoir de décision et le pouvoir d’exécution est séparés. Actuellement, décision et exécution sont monopolisés par la même hiérarchie de sorte qu’une bonne partie de l’énergie s’évapore dans la lutte contre les résistances des exécutants. Le processus sociocratique permet une prise de décision collective où l’avis de chacun a le même poids, au consensus par levée progressive des objections. Si le processus de décision est plus long, l’exécution est beaucoup plus efficace car elle ne souffre plus d’oppositions.

* rechercher une solution de type gagnant/gagnant en cas de difficulté ou de conflit avec toujours le souci de préserver un respect mutuel.

* repenser la politique salariale : les écarts de salaires sont réduits au maximum. Les rémunérations sont proportionnelles au degré de responsabilité, d’inconfort en terme de qualité de vie, de pénibilité, de saleté, de danger, de répétitivité. Elle fait l’objet d’une règle précise et claire. A l’embauche, l’entreprise vérifie que le candidat a pris connaissance de cette politique et l’a faite sienne. La politique salariale reflète une volonté partagée d’équité, de justice, de transparence, d’intégrité, de participation aux fruits de l’entreprise au niveau le plus élevé possible.

* prendre en compte le besoin naturel d’épanouissement de chacun dans toutes ses dimensions (matérielles, émotionnelles, intellectuelles et spirituelles), dans le total respect des libertés individuelles. L’entreprise aide à l’amélioration de la communication entre les personnes. Elle œuvre pour une expression toujours plus élevée du respect mutuel, de la solidarité, de la tolérance. Elle prend en compte les aspirations d’évolution des individus dans leur existence et les aide dans cette démarche au plus haut niveau de ses possibilités.

b) Rapport avec les autres entreprises

Elles sont en synergie et non en compétition dans la mise en commun de leurs savoir-faire pour répondre au mieux aux besoins qu’elles ont choisi de satisfaire là où elles se trouvent. Toutes les entreprises d’un même secteur d’activité développent des relations de partenariat guidées par la simple volonté commune de servir les êtres humains et d’améliorer la qualité de la vie. Elles développent aussi entre elles la solidarité et l’entraide. Elles travaillent en réseau et mettent en commun leurs connaissances, leurs recherches, leurs découvertes.

c) Rapports avec les communautés locales, régionales, nationales et Internationales

* L’entreprise est à l’écoute et au service de sa communauté. Selon la nature de son activité, elle peut être locale, régionale, nationale ou internationale.

* Elle veille toujours à la meilleure intégration possible dans son milieu en respectant les particularités traditionnelles, culturelles et religieuses.

* Elle fait tout ce qu’elle peut pour améliorer les conditions de vie là où elle se trouve. Plus elle opère avec le reste du monde en raison de l’étendue de son marché naturel, des produits qui entrent dans ses fabrications, etc., plus elle veille aux conséquences possibles de son action sur les populations qu’elle touche directement et indirectement. Ceci prend toute son importance dans les relations nord/sud. En règle générale, l’entreprise ayant une influence sur les pays déshérités œuvre pour aider ces peuples à atteindre le plus rapidement possible la suffisance et l’autonomie économique avec des méthodes appropriées aux régions et populations concernées.

* Elle aide par son exemple et sans ingérence ni esprit de supériorité à la démocratisation et à la reconnaissance des droits de l’être humain.

§

Annexe 5

Conseils pour qu’une réunion

soit agréable et efficace

La ponctualité

Il est important qu’une réunion commence et se termine à l’heure. Ne pas entrer dans je jeu du « 1/4 heure » local. Ce jeu incite chacun à arriver en retard et, de proche en proche le ¼ d’heure glisse vers la ½ heure. Les personnes qui ont l’habitude d’être ponctuelles ne se sentent pas respectées et cela envenime le climat relationnel avant même que la réunion ait commencé. Pour éviter cela il suffit de commencer à l’heure prévue sans attendre les retardataires.

De même, la réunion doit se terminer à l’heure prévue., c’est là aussi une question de respect des contraintes de chacun.

La ponctualité n’est pas une simple question de politesse. Si elle est respectée elle créé une trame de sécurité et de respect mutuel qui prédispose les esprits à la bonne humeur et l’ouverture.

L’ordre du jour

Établir un ordre du jour compatible avec la durée de la réunion en veillant à réserver une marge:

Pour inclure un ou deux sujets qui pourraient être demandés au début de la réunion en raison leur actualité

Pour permettre de commencer la réunion par un temps d’expression libre destiné à évacuer d’éventuelles tensions, partager un ressenti, témoigner d’un événement qui puisse intéresser le groupe ou éclairer l’expérience en cours, partager quelque chose de personnel, etc…

L’ordre du jour est établi par l’animateur de la réunion précédente et envoyé à chaque participant par internet au moins 48h avant la réunion. Toutefois si les circonstances ne le permettent pas l’ordre du jour est remis aux personnes présentes à l’ouverture de séance. Un temps est prévu pour chaque sujet de sorte que l’addition des temps prévus + la marge, corresponde à la durée de la réunion.

En début de séance, (après le temps d’expression libre, la désignation de l’animateur(trice) de réunion et du gardien du temps), l’ordre du jour tel qu’il est présenté est soumis à adoption. On peut alors décider d’accorder plus de temps à tel ou tel sujet quitte à évacuer un autre qui peut attendre, inclure un nouveau sujet qui mérite d’être examiné pour sa pertinence et son actualité, etc… Si nécessaire une prolongation de séance peut être alors demandée en veillant à ce que cela soit accepté de bonne grâce par tous, y compris par celles et ceux qui ne pourraient pas rester au delà de l’heure initiale prévue. Il est toutefois souhaitable d’éviter cela, d’où la nécessité de prévoir une marge confortable.

Désignation d’un(e) animateur(trice) de séance

Quelle que soit l’organisation hiérarchique existante sur le papier, il est souhaitable que les responsabilités, à tous niveaux, ne deviennent pas des « rentes de position ». Ainsi, dans le cadre des réunions, nous recommandons de désigner un(e) animateur(trice) par tout procéder au choix (tirage au sort en début de réunion, liste tournante…) de sorte que ce rôle revienne indifféremment à chacun au fil du temps. Son rôle est de veiller à ce que toute personne demandant la parole puisse la prendre à son tour et sans la monopoliser et que la forme de communication soit respectée (voir plus loin). Il tâche aussi de prévenir les conflits en invitant le groupe à prendre du recul, « respirer », si les débats commencent à prendre la tournure de prise de position ou si le ton monte.

Désignation d’un(e) gardien(ne) du temps

Sur le même mode que l’animateur de séance, un(e) gardien(ne) du temps est désigné(e) en début de séance. Il (elle) veille a ce que le temps prévu pour chaque point de l’ordre du jour soit respecté. Il(elle) prévient le groupe lorsque la moitié du temps est écoulé, puis les ¾ puis. Les 5 dernières minute sont réservées à la rédaction du « QQCQ » (voir plus loin). Si un point de l’ordre du jour n’a pu être mené à son terme dans le temps prévu il est reporté à la réunion suivante. Une réunion spécifique peut être décidée en raison de son importance, ou un sous groupe peut être créé pour travailler spécifiquement sur lui. C’est sur la base de ce qu’aura produit ce sous groupe que la question sera ré examinée ultérieurement par l’ensemble des participants.

Désignation (éventuelle) d’un(e) secrétaire de séance

A moins que cela soit demandé ou reconnu nécessaire, nous suggérons de ne pas y recourir et d’adopter une alternative dans la rédaction d’un document de fin de séance que nous appelons le « QQCQ » dont nous parlerons à la fin de ce document.

Écrire un procès verbal de réunion est un travail fastidieux qui demande du temps à ceux qui le rédigent, et qui est souvent mal reçu dans la mesure où il ne peut que traduire de manière très abrégée ce qui a été dit. Beaucoup de personnes ne s’y reconnaissent pas et en fin de compte le résultat est globalement négatif. La décision de rédiger des procès verbaux de réunion doit être consciente quant à ses limites et contraintes; c’est pourquoi nous vous suggérons une autre méthode.

Définition du mode de prise de décision:

Ceci n’a pas à être décidé à chaque fois. Le mode de prise de décision doit être la première question abordée dans le groupe lors de la première réunion puisque l’action du groupe dépend des décisions qui seront prise en son sein. Encore une fois nous suggérons d’adopter le mode sociocratique (voir plus bas + http://fr.wikipedia.org/wiki/Sociocratie)http://fr.wikipedia.org/wiki/Sociocratie

Quel que soit le mode adopté, nous recommandons que les décisions soient prises par les personnes présentes habilitées à voter. Toute personne absente, habilitée à voter, accepte les décisions votées en son absence. Elle peut toutefois demander la révision d’une décision si elle apporte un éclairage nouveau et pertinent sur le sujet traité. Si (et seulement si) le groupe accepte de revenir sur le sujet en raison de l’importance des éléments exposés, la décision peut être rediscutée. Sinon, elle s’impose aux personnes absentes qui doivent les accueillir de bonne grâce.

L’organisation de la prise de parole

A – Les règles

Quelle que soit la forme de communication utilisée, quelques règles simples d’une grande valeur pour obtenir des échanges riches et agréables ont intérêt à être instituées à l’intérieur du groupe. Ces règles ne doivent pas être considérées comme des contraintes mais au contraire comme des outils d’aide à une communication saine. Elles ne doivent pas être imposées mais adoptées par consentement de l’ensemble des participants. Les règles ne doivent toutefois pas devenir des carcans. Si à l’usage on s’aperçoit que telle ou telle règle est mal vécue et génère des effets secondaires négatifs, il ne faut pas hésiter à la revoir. Bien veiller à rester dans la souplesse afin que les réunions soient des moments inspirants et conviviaux d’où on sort motivé. Voici quelques règles qui, selon nous, permettent cela :

* Un temps maximum d’expression: Une ou deux minutes par exemple. Cela a trois avantages au moins. Celui d’éviter la monopolisation de la parole (à laquelle certains sont coutumiers); celui d’apprendre à exprimer ce que l’on veut dire de façon concise; celui d’offrir à tous de nombreuses occasions d’expression. Toutefois, si nécessaire, une personne peut demander à avoir un temps élargi en raison de l’importance du sujet qu’il a à exposer. Le(a) gardien(ne) du temps veille à ce que chacun respecte l’espace convenu et fait signe à l’animateur(trice) quand le temps est écoulé.

* Demander la parole : Toute personne désirant la parole la demande ostensiblement en levant la main.

* Parler à son tour : Il appartient à l’animateur(trice) de séance de remarquer et noter les personnes qui ont demandé la parole, afin de la leur donner dans l’ordre.

S’il se révèle difficile d’obtenir une prise de parle harmonieuse, nous suggérons l’utilisation d’un « bâton de parole ». Il s’agit d’un petit objet qui donne la parole uniquement à la personne qui le tient. Dès qu’elle a terminé, elle le passe à la personne qui a demandé la parole immédiatement après, (désignée si nécessaire par l’animateur(trice) des débats). C’est également lui (elle) qui peut interrompre une personne détentrice du bâton si elle a dépassé son temps sur signe du (de la) gardien(ne) du temps. Lorsque le pli est pris, l’objet physique n’est plus nécessaire mais peut être réintroduit à tout moment si une dérive est constatée.

* Bannir les apartés et les discussions croisées: non seulement cela empêche ceux qui parlent entre eux d’entendre ce qui se passe, mais les personnes qui parlent ne se sentent pas écoutées. L’effet psychologique est très préjudiciable à l’harmonie du groupe et à l’efficacité de la réunion. L’animateur(trice) doit intervenir gentiment chaque fois que cela se produit.

* Non mise en cause des personnes, non jugement: Les échanges portent sur les idées et les projets. Chacun s’interdit la mise en cause, le jugement ou la critique des personnes. De même, évitez la critique ou le jugement négatifs des idées et propositions du genre « ça ne tient pas debout », « c’est idiot », « ça n’a pas de sens », (ou pire), etc… cela n’apporte rien si ce n’est de nuire à l’harmonie du groupe . Une façon positive et respectueuse de l’autre peut toujours être trouvée pour faire valoir une autre piste, un autre point de vue.

* Incarner les règles: elles ne sont là que pour favoriser un fonctionnement harmonieux. Elles sont la rampe à laquelle on peut se raccrocher pour éviter de tomber mais elles ne sauraient remplacer la bonne volonté, le plaisir d’être ensemble, le désir de participer à quelque chose de plus grand que soi et d’évoluer ensemble. Si cet esprit prédomine, les règles ne s’imposent plus de l’extérieur mais deviennent l’expression naturelle de la relation avec les autres. Pour cela, nous vous recommandons d’introduire dans la vie du groupe, dans le cadre des réunions et en dehors, tout ce qui peut alimenter la convivialité. Pots de l’amitié, fêtes, repas en commun… Surtout ne jamais se prendre au sérieux et laisser une bonne place à l’humour.

B – Les formes de communication

Les échanges sont différents selon la forme de communication. On la choisira on fonction de ce qui semble le plus adapté au travail en cours.

– L’expression libre: surtout utilisée en début de séance avant de commencer les travaux. Chacun peut dire comme il veut ce qu’il souhaite. En général il n’y a pas d’échange en ce sens que l’on est là dans le « témoignage » qui n’invite pas à réponse sauf si la personne pose une question. Le groupe se positionne dans l’écoute de la personne qui s’exprime et ne « réagit » pas aux propos sauf éventuellement pour honorer ce qui vient d’être dit

– L’information descendante : Une personne détient une information et désire en faire part au groupe. Là encore cette forme d’expression n’engage pas d’échange

– Le remue-méninges (brain storming): Forme de communication utilisée en créativité dont les but est de favoriser la production d’idées. Là, plus d’ordre, on est dans la spontanéité, on peut dire tout et n’importe quoi. On n’est pas dans un propos structuré mais dans le jaillissement d’idées reliées à l’objectif recherché, incluant une bonne dose d’humour.

– Le débat – la discussion: Partant d’une question, d’une idée, d’une proposition, un débat peut être lancé. Chacun, dans le respect des règles adoptées par le groupe donne son avis, amende, suggère etc… Le débat peut être intéressant lorsque l’on part de quelque chose qui est encore très vague pour faire émerger une orientation, définir un projet, préciser une idée. Sa limite toutefois est qu’il peut conduire à tourner rapidement en rond en ce sens qu’il devient un simple échange de positions personnelles. « moi je pense que »… « mais non il faudrait » … « vous n’y pensez pas au contraire je crois que … ». Bref, aboutir à des débats du type de ce que l’on voit à la télévision, où chacun reste sur sa position et d’où tout le monde sort frustré. Dans tous les cas, lorsque vous utilisez ce mode de communication, tâchez de ne pas être dans l’attitude de « vouloir l’emporter » mais de vouloir contribuer à amener l’idée ou le projet à un niveau d’expression plus précis et plus complet.

– Le processus sociocratique: plus qu’un mode d’expression, c’est un processus de décision. Mais celui-ci influence la forme de la communication. Le processus sociocratique ne peut se résumer en quelques phrases, il est beaucoup plus que ce que nous allons en dire. Mais nous voulons simplement souligner ici quelques caractéristiques qui permettent d’obtenir des échanges riches et agréables au sein d’un groupe.

Quel que soit le sujet, le but est d’obtenir un consentement de l’ensemble des participants par levée progressive des objections. Cela suppose qu’il y ait une proposition formulée au départ par l’un des participants. Une fois formulée il est simplement demandé « qui a une objection ?»

* Si l’on n’a pas d’objection, cela veut dire que l’on fait sienne à 100% la proposition. Ainsi, en admettant qu’elle ne soulève aucune objection dans le groupe cela signifie que, si le résultat ne correspond pas à ce qui est attendu, tout le monde sera solidaire.

* Avoir une objection ne signifie pas « ne pas être d’accord », « refuser » ou « critiquer ». C’est percevoir une limite personnelle ou collective; c’est vouloir préciser un risque, un point que l’on perçoit et qui semble ne pas avoir été pris en compte. Ainsi, même si une « solution » n’est pas proposée, l’expression de l’objection permet d’affiner, d’enrichir la proposition ou l’idée. Toute personne qui formule une objection doit être consciente de cela.

* Aucun débat, aucune discussion, aucun commentaire, aucune réaction ne s’instaurent à la suite d’une objection formulée par l’un ou l’autre, même si elle nous semble de peu de valeur au fond de nous. Ce point est capital. Il a au moins deux avantages :

* On ne se perd pas dans des discussions sans fin qui rendent les réunions stériles et frustrantes

* Chaque intervenant se sent écouté sans risquer d’avoir à se justifier, de se sentir jugé ou critiqué

* Une fois les objections exprimées, la proposition est amendée, enrichie pour en tenir compte. Cela peut se faire dans l’instant, ou demander un travail hors séance. La nouvelle proposition qui en découle est soumise de nouveau à objections et ceci jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’objection.

Ce processus implique que chaque participant s’engage tacitement à ne jamais rester sur une position de blocage, principalement quand l’objection repose sur une croyance ou conviction personnelle. En contrepartie aussi longtemps qu’une objection est soulevée elle doit être considérée comme une occasion d’amélioration de la proposition et non comme un obstacle à renverser. Le groupe s’engage donc à ne pas faire pression sur la ou les personnes qui ont encore une objection sous le simple prétexte qu’elle(s) « retarde(nt) ou empêche(nt) » la prise de décision. L’objectif n’est pas d’amener les minoritaires et les isolés à rejoindre la majorité mais d’écouter chacun, indifféremment du nombre pour trouver une position à laquelle chacun consent. Ces temps de « crispation » peuvent être une opportunité pour chacun dans la mesure où ils permettent de sortir des jeux de pouvoir classiques et d’expérimenter un mode relationnel plus respectueux de chacun.

A noter que le consentement représente un niveau plus élevé que le consensus. La recherche d’un consensus peut supposer des résignations, des compromis et à la fin la décision, même unanime, porte en elle de tels abandons que l’accord obtenu est plus une apparence qu’une réalité vécue.

Dans la recherche du consentement, on peut être amené à abandonner une position personnelle, non par lassitude ou résignation, mais par confiance dans le fait que la production du groupe est supérieure à la sommes des apports individuels. Le processus s’ancre dans la conscience d’un enrichissement progressif même dans les temps de « crispation ».

Ce processus est de plus en plus connu. Nous vous invitons à rechercher dans vote entourage une personne ressource qui pourra vous guider.

Conclusion des pmoints de l’ordre du jour et de la réunion

Le piège dans lequel on tombe facilement est de beaucoup parler dans le cadre des réunions, mais de laisser dans le flou les prochaines étapes et qui doit faire quoi. Pour éviter ce piège, nous recommandons d’utiliser la pratique suivante :

Où que l’on soit parvenu à la fin de chaque point de l’ordre du jour, on complète le document « QQCQ » (entendez Quoi – Qui – Comment – Quand).

tableau

– Quoi : Cela revient à se dire, « là où nous en sommes de ce point, quelle est la prochaine étape; donc que convient-il de faire maintenant ?

– Qui : Quelle est la (les) personne(s) la(les) plus apte(s) à le faire avec son(leur) accord bien entendu

– Comment : On décrit là la façon dont la(les) personne(s) va(vont) s’y prendre pour atteindre l’objectif résumé dans le « quoi »,

– Quand : La date à laquelle l’objectif devrait être atteint. On ne parle pas d’une date idéale, mais de ce qui est compatible avec la teneur de l’action à entreprendre et les possibilités de la /les personne(s) chargé(es) de l’action.

De cette façon, à la fin de la réunion, on a un panorama complet de la situation avec une vision claire de ce qu’il y a à faire en prochaine étape avec indication des personnes qui en sont chargées.

Ce document, dont une copie est remise à chacun des participants à l’issue de la réunion, remplace avantageusement le PV de réunion.

– Contrairement au PV souvent remis très tard, là, on sort de la réunion muni de la synthèse de la séance.

– Chacun sait exactement ce qu’il a à faire et le délai qu’il a pour le faire.

– Sans avoir à lire une abondante littérature on a l’information essentielle.

– Toute personne ayant besoin d’un renseignement spécifique sait, par la lecture du QQCQ, qui contacter précisément.

Enfin, le QQCQ permet de construire facilement l’ordre du jour de la réunion suivante. Il suffit de reprendre les points qui ne nécessitaient pas d’action et qu’il était prévu de reprendre à la réunion suivante et ceux dont la date d’échéance des actions à entreprendre est antérieure à celle de la réunion

§

Annexe 6

Recto

Pour comprendre le document qui suit il faut vous figurer une feuille A4 imprimée recto – verso et pliée en trois. Il s’agit donc d’un triptyque

Recto illustration charte

Modèle de plaquette

de présentation

Le modèle que nous vous proposons ci après n’est là que pour vous aider. Vous êtes bien entendu libre de créer le document issu de votre inspiration

Verso

version pdf

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source:http://www.aises-fr.org/303-meo-monnaie-compl-FR.html

8 octobre 2011 Posted by | DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE | , , , , | 5 commentaires

La permaculture à Cuba : exemple de conversion en culture urbaine biologique


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L’association France Amérique Latine Bordeaux (FAL33) mène en partenariat avec une Fondation cubaine [1] un projet de solidarité internationale pour la mise en place de la permaculture sur le plateau de Bellamar, à Matanzas. Dans le cadre de ce projet, FAL33 a le plaisir d’accueillir du 1er juillet au 15 juillet deux permaculteurs de la FANJ pour renforcer les échanges sur la permaculture et la diffusion de connaissances en Aquitaine.

Ces évènements sont dans le calendrier des Estivales de la Permaculture

Nous vous invitons à participer aux plusieurs activités mise en place lors du séjour de Maria Caridad Cruz et Roberto Sanchez, permaculteurs et formateurs de la FANJ, en Aquitaine :

Conférence « Permaculture cubaine : développement durable face aux défis environnementaux, sociaux, économiques et culturels ».

Le 2 juillet à partir de 11h30 à Barsac : Cette conférence se tiendra dans le cadre du Festival cubain Duende Cubano (www.duendecubano.eu). Entrée libre pour cette conférence.

L’association France Amérique Latine Bordeaux (FAL33) mène en partenariat avec une Fondation cubaine [1] un projet de solidarité internationale pour la mise en place de la permaculture sur le plateau de Bellamar, à Matanzas. Dans le cadre de ce projet, FAL33 a le plaisir d’accueillir du 1er juillet au 15 juillet deux permaculteurs de la FANJ pour renforcer les échanges sur la permaculture et la diffusion de connaissances en Aquitaine.Ces évènements sont dans le calendrier des Estivales de la Permaculture

Nous vous invitons à participer aux plusieurs activités mise en place lors du séjour de Maria Caridad Cruz et Roberto Sanchez, permaculteurs et formateurs de la FANJ, en Aquitaine :

Conférence « Permaculture cubaine : développement durable face aux défis environnementaux, sociaux, économiques et culturels ».

Le 2 juillet à partir de 11h30 à Barsac : Cette conférence se tiendra dans le cadre du Festival cubain Duende Cubano (www.duendecubano.eu).

Entrée libre pour cette conférence.

source: fal33

18 juin 2011 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE, résilience, SANTE, webTV | , , , , , , | Laisser un commentaire

Les agriculteurs et leurs familles, premières victimes des pesticides


Par Nolwenn Weiler

D’ici quelques années, les victimes de pesticides pourraient se compter par milliers… Il y a en effet de plus en plus de malades parmi les agriculteurs français, leurs salariés et leurs familles. Et les maux constatés sont clairement liés aux produits phytosanitaires déversés sur les cultures depuis plusieurs dizaines d’années. Quelques victimes ont décidé de sortir du silence.

Photo : © www.mdrgf.org

Oser prendre la parole. C’est sans doute l’une des difficultés majeures auxquelles sont confrontés les agriculteurs victimes des pesticides. La France est, avec 65.000 tonnes pulvérisées chaque année, le premier consommateur européen. Gilbert Vendée, 55 ans, atteint de la maladie de Parkinson, fait partie de ceux qui ont choisi de témoigner. Salarié agricole, il était, en tant que chef de culture, chargé de préparer et épandre les pesticides.

Il ne s’est jamais protégé pendant la phase de traitement. « Avoir un masque, même dans une cabine climatisée, c’est horrible, précise-t-il. Surtout que l’on travaille souvent, dans ces périodes-là, de 12 à 22 heures ! » Quand un jet du pulvérisateur est bouché, « on n’a pas le temps d’attraper le masque », ajoute-il. Résultat : un contact respiratoire et cutané très important avec des molécules dont on sait aujourd’hui qu’elles peuvent provoquer de très graves maladies.

Un déni très fort

Après plusieurs années de combat, Gilbert Vendée a obtenu la reconnaissance du caractère professionnel de sa maladie. Devenant l’une des toutes premières victimes officielles des pesticides. Soutenues par l’association Générations futures, ces personnes ont décidé de créer une association d’aide et de soutien aux professionnels victimes des pesticides. Constituée le 19 mars dernier à Ruffec, en Charente-Maritime, Phyto-victimes entend, pour commencer, « informer les professionnels de l’impact des pesticides sur leur santé ».

Le lien entre travail et maladie ne va pas de soi pour le corps médical français. Et la question du parcours professionnel est trop peu souvent posée aux personnes atteintes de maladie graves, comme des cancers ou des maladies neuro-dégénératives. Dans le milieu agricole, le déni est particulièrement fort. Xavier Beulin, président de la toute puissante Fédération nationale des syndicats des exploitants agricoles (FNSEA) n’a-t-il pas annoncé sur RTL le 24 janvier dernier que le cas de Yannick Chenet, un agriculteur décédé quelques jours avant d’une leucémie due aux pesticides, était isolé ? Et que les dispositifs d’épidémio-surveillance étaient performants en France ?

Quand on dit qu’on est malade, on abonde en plus dans le sens de tous les citoyens qui assimilent les agriculteurs à de simples pollueurs. Et ce n’est pas facile à porter. Remettre en cause une vie entière de travail (souvent rude), n’est pas chose aisée non plus. La conséquence ? Pour le moment, sur le million d’agriculteurs et salariés agricoles français, dont la grande majorité utilisent des pesticides, ils ne sont qu’une trentaine à avoir obtenu la reconnaissance de maladie professionnelle.

L’omerta se brise

Mais le silence se fait moins pesant. Au sein de la Mutualité sociale agricole (MSA), ce problème majeur de santé publique est pris très au sérieux. Au moins par une partie du personnel. En témoigne le travail mené depuis 10 ans par Phyt’attitude, le réseau de surveillance toxicologique de la Mutuelle, qui note que de plus en plus d’agriculteurs et de salariés se plaignent d’affections chroniques et persistantes, certainement liées aux produits chimiques : des symptômes cutanés (démangeaisons et brûlures), digestifs (nausées, vomissements, douleurs abdominales), neuromusculaires (maux de tête, vertiges ou fourmillements) et ophtalmologiques.

Si les données épidémiologiques manquent en France, on sait aujourd’hui, grâce à des études réalisées ailleurs dans le monde (et notamment aux États-Unis) que les pesticides peuvent causer des maux plus graves encore. Notamment ces cancers, des troubles de la reproduction (infertilités, malformations, morts-nés, fausse-couches) ou des risques neurologiques (comme la maladie de Parkinson). C’est par les voies respiratoire ou cutanée que les molécules mortelles pénètrent le corps des agriculteurs, à divers moments du traitement : pendant la préparation du produit, la manipulation des semences traitées, l’application (mécanisée ou manuelle) et le nettoyage du matériel ou de l’Équipement de Protection Individuel (EPI), qui comprend masques, gants et combinaison.

Des protections inefficaces

Les informations sur la dangerosité des molécules et les précautions d’utilisation – que les fabricants se vantent de fournir – sont très difficiles d’accès. Parce que très denses et parfois écrites avec des caractères illisibles. « Le système actuel de notification de l’information toxicologique n’est pas toujours accessible aux non initiés car le langage utilisé est souvent par trop scientifique  », note Laure Ledouce, Ingénieur prévention risques phytosanitaires à la MSA [1].

Les vendeurs conseillent par ailleurs aux agriculteurs l’utilisation de « matériel performant  ». Entendez : des tracteurs avec cabines, par exemple. Ou des pulvérisateurs dernier cri que la plupart des paysans n’ont pas les moyens de se payer. Dans la région du Beaujolais, 60% des équipements ne sont pas récents. À peine 15% des tracteurs ont des cabines. Le port des gants évidemment recommandé n’est quasiment jamais appliqué parce qu’ils font perdre en dextérité.

Quant aux combinaisons, préconisées, elles sont simplement inefficaces ! Dans un rapport rendu en janvier 2010, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) précise que les résultats des deux campagnes d’essais portant sur l’efficacité des combinaisons de protection chimique « indiquent que seulement deux modèles sur les dix testés sont conformes en matière de perméation aux performances annoncées par les fabricants ».

Femmes et enfants victimes aussi

Les agriculteurs ne sont pas les seuls à être touchés. On estime que 40 à 60% des produits n’atteignent pas le sol. Et restent en suspension dans l’air. Les femmes sont particulièrement concernées par cette exposition « post-traitement ». Mais les données épidémiologiques manquent sur l’état sanitaire de cette population qui, pendant longtemps, n’a pas eu de statut au sein des exploitations. Et cette contamination féminine est d’autant plus problématique qu’elle implique, en cas de grossesse, une contamination fœtale. En plein développement cellulaire, le fœtus est plus fragile aux agressions de son environnement. C’est ce qu’ont montré différentes études.

Outre les risques de malformations (notamment génitales) à la naissance, cette exposition précoce multiplie les risques de cancers : les effets additionnels ou synergiques des cocktail de substances chimiques s’avèrent (quand ils sont évalués) catastrophiques. Les enfants d’agriculteurs sont en contact avec les pesticides in utero et après la naissance avec les particules en suspension dans l’air à proximité de l’habitation, ou sur les vêtements et la peau des parents. Cette proximité directe en fait des victimes directes, et pas toujours identifiées.

Les fondateurs de l’association Phyto-victimes entendent bien aider leurs pairs, et leurs familles, à sortir de l’ombre. « Suite aux articles parus dans un quotidien régional, informant de la fondation de l’association, nous avons eu une trentaine d’appels, de personnes malades, » rapporte Nadine Lauverjeat, porte-parole de Générations futures. « C’est un signe à la fois encourageant et inquiétant. Nous soupçonnons qu’il risque d’y avoir des milliers de victimes…  »

Vers une autre agriculture ?

Pour ce recensement, qui s’avèrera peut-être apocalyptique, Phyto-victimes entend mailler le territoire de comités régionaux. « L’objectif, c’est aussi d’apporter des réponses concrètes aux personnes concernées en leur prodiguant des conseils juridiques, médicaux et scientifiques », poursuit Nadine Lauverjeat. Parmi les conseils à retenir : l’importance de se faire épauler par un avocat compétent sur ces questions pour entamer les démarches de reconnaissance de maladie professionnelle. Un processus spécifique, notamment dans le milieu agricole. « Avoir l’appui d’un médecin, et des écrits de toxicologue(s) est un plus intéressant, précise Nadine Lauverjeat. De même que la liste précise des produits utilisés au cours de la vie professionnelle. »

Autre ligne d’attaque : l’évolution vers d’autres pratiques agricoles. Un apprentissage qui peut prendre du temps. La déconstruction d’un mode de travail pratiqué pendant de nombreuses années peut être longue et douloureuse. Mais elle est loin d’être impossible. Cela implique de revenir aux fondamentaux de l’agriculture, et de « faire plus d’agronomie et moins de chimie », comme le résume Paul François, agriculteur, victime de pesticide, et président de Phyto-victimes. Une démarche qui est « un vrai casse-tête mais très intéressante ».

Le gouvernement actuel semble malheureusement peu intéressé par ce possible renouveau agricole. En 2011, le crédit d’impôt dont bénéficiait l’agriculture biologique, qui n’utilise jamais de pesticides, a été divisé par deux. Et les agrocarburants, jamais bios, ont été gratifiés d’une aide de 196 millions d’euros (via des exonérations fiscales) ! L’Institut national de recherche agronomique (Inra) a pourtant expliqué que leur développement était incompatible avec une diminution des pesticides. Mais l’environnement, « ça commence à bien faire  », pour reprendre une célèbre saillie de notre Président de la république, au salon de l’agriculture 2010. La santé des agriculteurs aussi ?

Nolwenn Weiler

Notes

[1] intervention lors du colloque « Phytosanitaires : quelle place pour la santé des agriculteurs ? » organisé en mars 2010 par la Mutuelle

……………………………………………………………………….;

source:bastamag

22 avril 2011 Posted by | Alimentation, DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE, SANTE, TRAVAIL | , , , , | 2 commentaires

La démocratie énergétique


La démocratie locale et réelle est la seule voie pour des changements “durables”.

« Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin de cohérence. Et par là, je n’entends pas des dogmes, mais plutôt une véritable structuration des idées qui mettrait

la philosophie, l’anthropologie, l’histoire, la morale, une rationalité renouvelée et des visions utopiques au service de la liberté – et une liberté,

ajouterai-je, qui servirait aussi bien l’évolution de la nature que celle de l’être humain. »

Murray Bookchin

Organisation territoriale et démocratie énergétique
L’ordre pyramidal actuel ne parvient plus à cacher les profonds désordres qui lui sont inhérents.

 

Les évolutions mondiales, sociales, climatiques et économiques le révèlent chaque jours de façon plus criante.

Contrairement aux énergies fossiles, exploitées en un petit nombre de sites importants, les énergies solaires et terrestres sont diffuses.

C’est en fonction de leur usage (électricité, chaleur, carburant) à un moment et un endroit donné qu’il faut les penser. Il convient de les mettre en place localement en fonction des besoins.
Une telle production se situant à l’endroit où les besoins existent par la captation d’énergie solaire, éolienne, bio-masse, hydraulique, géothermique aura pour effet, non seulement, de réduire considérablement les pertes dues à la production et au transport de l’énergie, mais également de remettre  en question le système de décision pyramidale et de donner au citoyen sa place dans le processus de décision de production énergétique.

Il s’agit ainsi de passer à une économie énergétique largement décentralisée, à une stabilité et à une sécurité des systèmes locaux.

Des réformes politiques sont vitales.
Pour ouvrir une autre voie que celle du “toujours plus”, des changements politiques sont nécessaires faisant appel à des notions de responsabilité, d’initiative, de solidarité planétaire, de développement local…

Les questions d’énergie, d’environnement, de construction, de développement économique, d’emploi, d’urbanisme, et, finalement, de démocratie, sont imbriquées au point qu’il n’est pas logiquement possible de traiter l’un de ces domaines sans aborder les autres, tout en tenant compte des caractéristiques propres à chaque territoire.

Or la centralisation du pouvoir en matière d’énergie bloque l’insertion de la politique énergétique au sein des politiques territoriales, l’État n’ayant ni la volonté, ni la capacité d’adapter sa politique énergétique et les actions qui en découlent à l’infinie diversité des contextes locaux.

En revanche, la voie ouverte par l’exploitation des énergies solaires et terrestres , permettrait de renouveler le fonctionnement de la démocratie locale puisqu’elle suppose un réel partage des responsabilités entre les citoyens et leurs institutions.
Décentraliser le système énergétique français va donc bien au-delà de simples dispositions techniques ou administratives.

On touche ici à un instrument de pouvoir et les pouvoirs en place se cachent derrière toutes sortes de prétextes pour ne rien abandonner.
Voilà donc un domaine vital où la République peut sans crainte donner du pouvoir aux citoyens, à leurs entreprises et à leurs collectivités.

Une démarche fondamentalement démocratique

La mise en place d’une démocratie énergétique fondée sur un partage des responsabilités entre les citoyens, les collectivités est aujourd’hui cruciale.
Nous constatons les progrès de plus en plus sensibles de cette démarche bien qu’elle aille à l’encontre d’un comportement traditionnel des Français.
En effet, les choix politiques de la France en faveur d’une centralisation excessive du système énergétique, qui se traduit en particulier par une hypertrophie de la production électrique nucléaire, découlent du caractère monarchique du système républicain de notre pays.
L’organisation du pouvoir y est traditionnellement pyramidale à chaque niveau des institutions, des entreprises et plus généralement de toutes les organisations, associations, églises, familles…
Dans tous les domaines, ce caractère favorise l’adoption et la réalisation de programmes pharaoniques sensés résoudre les problèmes d’un coup et à eux tout seuls.
Prendre le contre-pied de ce système en luttant contre lui au sommet ne peut que le durcir si la base ne nous suit pas.

L’exercice local de responsabilités concrètes, relié pédagogiquement à une vision nationale et planétaire, est une voie beaucoup plus prometteuse.
Il convient donc de travailler aux progrès de la démocratie locale, directe et réelle, seule voie pour des changements “durables”.

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bibliographie: 

  • Une société à refaire-Pour une écologie de la liberté. BOOKCHIN Murray
  • Énergie, changeons de cap ! Scénario pour une France durable.Didier Lenoir et le Comité de liaison des énergies renouvelables (CLER)

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21 mars 2011 Posted by | DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE, ENERGIE, Notre démocratie | , , , , , , , , , | 6 commentaires

Blaye 99: retour sur un accident nucléaire majeur


La nécessité d’un arrêt total des programmes nucléaires démontrée par l’exemple.

Après la tempête – Centrale de Blaye

La centrale nucléaire du Blayais n’a pas résisté à la tempête de la fin de siècle.

Le scénario catastrophe a été évité de justesse. La conception du site est sans doute à revoir.

Les tranches 1 et 2 de la centrale nucléaire du Blayais, à l’arrêt depuis la tempête des 27 et 28 décembre dernier,

sont passées très près d’un véritable scénario catastrophe, et elles vont vraisemblablement devoir être déchargées de leur combustible,

le temps que d’importantes réparations soient effectuées sur le site.

En effet, l’inondation d’une bonne partie des bâtiments a successivement mis hors d’usage plusieurs installations de sauvegarde,

comme le circuit d’injection de sécurité (RIS), qui permet de rétablir le niveau du circuit primaire, et l’EAS (aspersion de l’enceinte),

qui permet de faire baisser la température à l’intérieur du bâtiment réacteur en cas d’accident.

Quand ce fut au tour, à 8 h 23, le matin du 28 décembre, de la moitié des pompes du circuit SEC (eau brute de sauvegarde),

qui prélève l’eau en Gironde, la situation est devenue très grave.

C’est le SEC qui assure en effet le refroidissement de l’ensemble, par l’intermédiaire d’autres circuits, et la sûreté de la tranche n° 1 ne tenait plus qu’à deux pompes,

justifiant le déclenchement d’un plan d’urgence interne.

FUSION

Comme l’explique Christophe Quintin, responsable de la division nucléaire à la DRIRE (Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement) de Bordeaux,

« si le SEC avait lâché, on se retrouvait dans la configuration de l’exercice fait à Golfech en novembre dernier, où l’on avait simulé la fusion du coeur de la centrale au bout de dix heures ».

La fusion du coeur étant l’accident le plus grave qui puisse survenir à une centrale nucléaire et peut conduire à la rupture de l’enceinte de confinement.

Cette possibilité est tellement prise au sérieux que les experts de l’Institut de protection et de sûreté nucléaire (ISPN) calculent actuellement

quelle a été la probabilité de s’en approcher le 28 décembre dernier.

Hier, Jérôme Goellner, adjoint au directeur de la sûreté des installations nucléaires (DSIN), s’est rendu à Blaye en compagnie de

Christophe Quintin pour une « visite technique » destinée à évaluer la situation pour prendre des décisions aujourd’hui.

La DSIN devrait faire connaître en fin d’après-midi ses recommandations pour les prochains jours.

Il s’agit dans l’immédiat de remettre tous les équipements en marche, pompes, vannes et autres appareils pour assurer la sécurité qui est en partie rétablie,

permettant l’allègement du plan d’urgence interne.

Cette phase devrait être terminée vers la mi-janvier, indiquait hier l’EDF. Il faudra aussi rétablir les digues de la centrale avant les grandes marées prévues à la fin du mois.

VINGT ANS APRÈS

Mais tout le matériel, qui a été plongé dans l’eau saline de la Gironde, est sérieusement endommagé, corrodé, et il faudra sans doute prévoir ensuite de longs travaux,plusieurs semaines,expliquait hier la direction de la centrale.

Pour les entreprendre en toute sûreté, les autorités de tutelle d’EDF envisageaient sérieusement hier de recommander le déchargement du combustible des tranches 1 et 2.

Ce qui les rendrait plutôt indisponibles pour quelques mois.

Il faudra aussi comprendre, explique Christophe Quintin, pourquoi une centrale nucléaire,

dont la plate-forme devait rester hors d’eau à la suite d’une « surcote de marée millénale », a pu voir ses installations vitales submergées par de

l’eau qui s’est engouffrée dans les multiples galeries techniques, vingt ans seulement après sa construction.

« On peut se tromper, explique-t-il, il y a un travail de conception à revoir. »

On ne disposait évidemment pas de statistiques précises sur les tempêtes des mille dernières années, mais il faudra désormais tenir compte de celle-ci

qui s’est pourtant produite avec un faible coefficient de marée.

Si la conception n’avait pas tout prévu, à aucun moment, en revanche, la gestion de la crise par le personnel EDF n’a été mise en cause par la tutelle.

Alors que de banales opérations de maintenance sont parfois dans certaines centrales l’occasion d’erreurs de routine, il semble que le grave incident

de la semaine dernière ait été l’objet d’un « sans-faute ».


Source:http://tchernoblaye.free.fr/

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14 mars 2011 Posted by | ECONOMIE LOCALE, ENERGIE | , , , , , , , , | 14 commentaires

Un jardin alimentaire sur le toit: le guide


Après cinq saisons de jardinage et d’expérimentation, l’équipe du projet Des jardins sur les toits a le plaisir de partager
avec vous le fruit de son travail. Le Guide pour réaliser son jardin alimentaire sur le toit découle de notre volonté de
voir germer de nouveaux jardins et partenariats dans le terreau fertile montréalais mais aussi ailleurs dans le monde.
Ce que nous avons découvert en explorant de nouvelles façons d’interagir entre nous, avec le cadre bâti,
l’environnement urbain et le cycle alimentaire c’est que le changement peut se faire de façon plaisante, inclusive et par-
ticipative. Cette constatation est née des différents jardins sur les toits que nous avons conçus et que nous habitons avec la
communauté. Chacun d’eux constitue un espace unique qui est entretenu avec attention par des bénévoles d’une popote
roulante, cultivé avec minutie par des personnes âgées, expérimenté et animé par de jeunes citadins, ou encore approprié
par des familles. Ensemble nous aspirons à un monde meilleur, à des villes qui respirent, à un rythme plus lent, à une
gestion durable des ressources et à des comportements plus respectueux et écologiques.
L’émerveillement renouvelé et infini que procure le jardinage alimentaire est selon nous une excellente base pour
cheminer vers cet autre monde. Le plaisir de découvrir la fonction et l’interrelation des petites choses qui nous entourent,
comme la pluie, le vent, le soleil, les saisons, les insectes, les migrations et les nouvelles variétés de plantes, nous rap-
prochent davantage du plancher des vaches, même dans les hauteurs les plus insolites. Une plus grande sensibilité aux
écosystèmes urbains ne peut que nous inciter à cultiver la diversité et à apprécier la complexité.
Nous espérons que les humbles gestes de semer, d’entretenir, de récolter, de manger et de partager sauront vous
apporter autant de plaisir qu’ils ont pu en apporter à notre communauté de jardiniers.
Ismaël Hautecoeur
Chargé de projet

Pourquoi jardiner sur les toits en ville?
Des espaces oubliés rendus fertiles pour des communautés en santé
Jardiner sur les toits dans des villes toujours plus denses et plus étendues constitue une façon originale de récupérer
les espaces inutilisés et stériles que sont les toits, les terrasses et les balcons, et de les transformer en milieux de vie
luxuriants, productifs et purificateurs. En plus d’agrémenter le paysage urbain de jardins nourriciers aux sommets des im-
meubles et de produire des aliments frais, ces nouveaux espaces pour la communauté permettent de réduire l’empreinte
écologique de nos maisons et institutions, desquelles nous faisons partie intégrante. La récupération et l’assainissement de
l’eau, la culture locale d’aliments biologiques, le compostage de déchets organiques ainsi que la filtration et le rafraîchisse-
ment de l’air s’inscrivent dans cet esprit de rendre notre paysage bâti plus durable. Ainsi, dans le contexte de dégradation
environnementale, de surconsommation et de mal bouffe, prendre soin de nous-mêmes et de notre environnement nous
permet d’emboîter le pas vers des villes et des communautés en santé.
Jardiner sur les toits c’est adopter une activité inspirante, écologique et productive, c’est développer de nouveaux
liens avec le cycle alimentaire, les saisons, l’environnement et la communauté. L’utopie consiste à faire de la ville un
jardin et des citadins des jardiniers.
Pourquoi l’agriculture urbaine?
Une source de joie simple et un mode de vie engagé
Les petits plaisirs quotidiens du jardinier sont simples, peu coûteux et profondément satisfaisants : déguster une salade
soigneusement cultivée entre amis, respirer le parfum matinal d’une fleur agrippée à la balustrade du balcon, croquer
une fraise chauffée par le soleil. L’agriculture urbaine constitue en soi un véritable art de vivre et permet à la population,
individuellement ou collectivement, de jouir de nouveaux espaces verts pour répondre à ses besoins de détente et de
loisirs.
Loin d’être une expression marginale ou un anachronisme en voie de disparition, l’agriculture urbaine est appelée
à jouer un rôle de plus en plus important dans l’alimentation des citadins. Elle nourrit actuellement 700 millions de
personnes, soit le quart de la population urbaine mondiale (FAO, 2005). Elle offre une réponse à l’insécurité alimentaire,
à l’expression culturelle et à l’engagement citoyen, et permet de goûter au pur enchantement de cultiver pour soi et la
communauté. À l’heure des changements climatiques et des multiples conséquences néfastes du mode de vie urbain sur
la santé et l’environnement, il convient de repenser notre façon de vivre et la pratique du jardinage alimentaire urbain
s’avère en ce sens un puissant catalyseur.

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Le guide complet en pdf: ICI

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4 mars 2011 Posted by | Agriculture vivrière, ECONOMIE LOCALE | , , , , , | 5 commentaires

La permaculture: principes de design écologique


 

«Les principes présentés ici sont en quelque sorte la pierre d’assise de la permaculture. Ils ont été élaborés conjointement par Mollison et Holmgren dans les années 1970, mais c’est Mollison qui les a dabord publiés en 1991. Holmgren a publié sa propre version en 2002. Pour notre part nous avons choisi d’utiliser la liste des principes présentés par Hemenway (2009:6). Si nous avons fait ce choix, c’est que la liste proposée par cet auteur est basée à la fois sur les écrits de Mollison, de Holmgren et de leurs coauteurs ainsi que sur son expérience combinée à celle de nombreuses personnes pratiquant la permaculture. En ce sens, elle semblait représentative du mouvement de la permaculture. Hemenway divise 14 principes en deux catégories, soit les principes de design écologique et les principes reliés à l’attitude des humains qui les mettent en pratique. Nous nous proposons de passer en revue chacun de ces principes en maintenant cette division qui nous semble pertinente. Toutefois, si nous avons opté pour les principes présentés par Hemenway, les définitions que nous en donnons ici ainsi que les exemples qui les accompagnent s’inspirent quant à eux de la lecture des documents présentés en bibliographie ainsi que de formations que nous avons suivies sur le sujet depuis un peu plus d’un an. Ces principes étant particulièrement connus en permaculture, il est difficile de cerner à qui revient la propriété intellectuelle.

Principes de design écologique

Observation

La permaculture est essentiellement basée sur l’observation de la nature et des interrelations existant entre les différents éléments des écosystèmes. Elle tient compte du contexte dans lequel elle s’inscrit. En ce sens, l’implantation de systèmes de production permaculturelle doit d’abord débuter par une observation prolongée de l’écosystème qui sera bouleversé par les changements apportés par toute action humaine. La création d’un système de production à l’image de la nature est un processus complexe s’étalant sur une longue période. Il n’est pas rare pour un permaculteur ou une permacultrice d’observer un écosystème pendant un an ou plus avant d’y intervenir. Ce type d’observation pourrait permettre, par exemple, de constater le fait qu’un oiseau rare occupe une certaine zone pendant quelques semaines par année seulement. Sans une observation prolongée, le permaculteur ou la permacultrice pourrait très bien choisir d’agrandir une zone de production sans réaliser que, ce faisant, c’est un milieu de nidification fragile qui serait détruit.

Localisation relative

Dans un design de permaculture, chaque élément est placé dans le système suite à une réflexion et une analyse approfondie des divers rôles qu’il pourra jouer, en tenant compte de ses besoins ainsi que des impacts positifs et négatifs qu’il pourra avoir sur d’autres éléments du système. L’objectif est d’obtenir le rendement maximal pour l’apport minimal d’énergie. L’énergie dont il est question ici peut être de sources variées, incluant autant le labeur humain qu’animal ainsi que le recours aux énergies fossiles. En ce sens, les éléments sont placés dans le système afin de diminuer les dépenses énergétique attribuer au maintient du système (entretien, récolte, etc). Ce sont les interconnexions entre les éléments d’un système qui permettent de le considérer comme diversifié plutôt qu’un calcul qui se limite à dénombrer les éléments présents dans le système.

Interception et stockage de l’énergie

Il est possible de bénéficier de différents cycles existant dans la nature. Un bon exemple est l’utilisation du cycle à travers lequel passent les ligneux à feuilles caduques. Bon nombre de personnes dépensent beaucoup de temps et d’énergie à chaque année pour ramasser les feuilles mortes alors qu’une fois décomposées elles enrichissent le sol et en améliore la structure. Cet apport potentiel est donc perdu lorsque les feuilles sont jetées plutôt qu’utilisées afin d’augmenter la production du système.

Chaque élément joue plusieurs rôles

Les éléments intégrés au système doivent jouer le plus grand nombre de rôles possible. Il s’agit de considérer non seulement les usages potentiels de l’élément en tant que tel, mais aussi la localisation de cet élément dans le système afin de prendre en considération les interactions avec les autres éléments du système.

Chaque rôle est soutenu par une diversité d’éléments

Un peu dans le même ordre d’idées que le principe précédent, il est question de s’assurer qu’un rôle essentiel au système est rempli par une diversité d’élément afin de créer un système résilient. Par exemple, si l’apport en eau est comblé par un système électrique de pompage et de distribution par boyaux, le système est vulnérable en cas de panne électrique, de bris ou d’assèchement de l’aquifère. Si l’eau provient de différentes sources, le système est beaucoup moins vulnérable et peut continuer à produire malgré les contretemps.

Changements minimaux pour un effet maximal

L’idée est de comprendre l’écosystèmes à travers une observation suffisante des différentes composantes et de leurs interactions. Les informations ainsi obtenues permettent de planifier adéquatement les actions à entreprendre afin de limiter le plus possible l’impact sur le milieu tout en atteignant les objectifs fixés.

Utilisation des systèmes intensifs à petite échelle

L’idée est de débuter à petite échelle, de bien comprendre le système mis en place afin de pouvoir l’étendre par la suite en intégrant les leçons apprises lors de cette première phase. La permaculture prend du temps et de la patience puisqu’il est question d’implanter un système de plantes vivaces autosuffisantes, c’est-à-dire au sein duquel les besoins des uns sont comblés par les autres.

Optimisation des bordures

La biologie nous apprend que les zones de bordure entre deux écosystèmes sont généralement des zones d’intense biodiversité. Pensons par exemple à l’orée de la forée ou au bord d’un bassin d’eau. Dans ces zones, différentes espèces partagent le même habitat puisque ces espaces cumulent certaines des caractéristiques des deux systèmes. C’est en se basant sur cette observation que ce principe a été élaboré dans l’optique d’augmenter le plus possible la diversité du système. Ainsi, un bassin artificiel n’aura pas une forme ronde, on cherchera plutôt à augmenter l’espace où l’eau et la terre ferme se touche afin d’augmenter les bordures.

Prise en compte de la succession naturelle

Il s’agit de comprendre les différents cycles à travers lesquels passent les systèmes naturels pour utiliser ces évolutions à notre avantage plutôt que de tenter de maintenir les systèmes dans un état perpétuel d’immaturité comme c’est le cas des grandes étendues d’herbe qui s’apparentent plus à une prairie qu’à une forêt mature. Les systèmes matures sont plus productifs que les systèmes immatures. En utilisant des plantes vivaces, plutôt que des plantes annuelles, nous avons un autre exemple de ce principe. Une annuelle sera perpétuellement dans une phase d’immaturité alors que les plantes vivaces peuvent produire de manière plus autonome compte tenu de leur réseau racinaire plus solide qui leur permet de puiser l’eau là où les plantes annuelles ne pourront pas se rendre.

Utilisation des ressources biologique et renouvelable

Dans la perspective de limiter l’impact des actions humaines sur l’environnement, la permaculture priorise le recours aux ressources renouvelables plutôt qu’aux ressources non-renouvelables. Les ressources renouvelables produisent de manière durable, elles nous permettent d’accumuler des matériaux et de contenir l’énergie. Par exemple la permaculture favorise la captation de l’eau de pluie et la récupération des eaux grises plutôt que le recours à l’eau souterraine d’aquifère non renouvelables (eau fossile).

Principes basés sur l’attitude humaine

Transformation des problèmes en solutions

Les problèmes sont des opportunités d’apprentissage permettant de mieux comprendre les systèmes naturels. En permaculture, la croyance est que les problèmes qui surgissent proviennent souvent d’une mauvaise planification ou d’un aménagement laissant à désirer. Il s’agit donc de chercher à comprendre quel est le problème d’une part et quels sont les éléments dans le système qui pourraient contribuer à résoudre le dit problème. Il peut s’agit, par exemple, de déplacer une plante qui peine à luter contre une infestation ou une maladie afin de la mettre à proximité d’une autre plante reconnue pour sa capacité à repousser certains insectes. Le concept de plantes amies est au coeur de l’agriculture biologique et il est intégré à la permaculture. Il arrive souvent que des plantes mal adaptées à l’environnement climatique et biophysique soient implantées dans un système de production. Ce choix conduit souvent au recours aux pesticides, aux engrais chimiques ainsi qu’à l’arrosage. La plante qui n’est pas naturellement adaptée à un certain contexte est choisie au détriment d’autres plantes qui sont tout à fait adaptées à ce climat et ce type de sol et qui pourraient produire tout en diminuant les apports extérieurs au système (temps, énergie, engrais, ressources financières).

Obtention d’un rendement

La permaculture a, entre autres, pour but de répondre aux besoins humains dans le respect de l’environnement et pour ce faire les systèmes implantés doivent permettre une production importante d’aliments, de médicaments naturels et autres produits utiles dans le cadre de la vie courante. Il s’agit donc d’implanter des systèmes de production qui nécessitent un apport minimal d’énergie pour un retour maximal. C’est pourquoi, par exemple, on ne verra pas de grande étendue de pelouse au sein des systèmes permaculturels puisque cette pratique découle d’un construit social au sein d’une culture qui accorde une grande importance esthétique à l’entretien d’espaces gazonnés qui n’offrent aucun rendement et demandent des apports importants d’énergie humaine et fossile. Ce principe concerne aussi la planification adéquate du calendrier annuel de production afin d’étendre la production le plus longtemps possible dans le but de diminuer les périodes improductives. Les efforts qui sont mis pour mettre en place le système doivent offrir un retour sur l’investissement en temps et en ressources à la fois à court terme, moyen et à long terme. Un bon exemple de ce dernier élément consisterait en la plantation d’arbres à noix qui produiront dans plusieurs années, combinée à l’implantation d’arbres fruitiers à croissance rapide qui porteront des fruits à moyen terme ainsi qu’à l’implantation d’arbustes fruitiers qui, quant à eux, seront en mesure d’offrir une bonne production dans un délai assez court.

La plus grande limite à l’abondance est la créativité

Il arrive souvent que ce ne soit pas les limites physiques qui posent des barrières à la productivité du système, mais plutôt des schémas mentaux qui limitent l’étendue des possibilités qui surgissent dans l’esprit des planificateurs et planificatrices en cours de route. Certains exercices ont été développés afin d’aider à dépasser cette limite et favoriser la créativité. L’un d’eux consiste à inscrire l’ensemble des éléments à intégrer dans le système de production sur des petites cartes individuelles. Il s’agit ensuite de piger deux cartes et de réfléchir à ce que ces deux éléments combinés pourraient apporter au design. Il arrive que le résultat soit tout à fait improbable, mais ce processus permet parfois de forcer l’esprit à réfléchir au-delà des idées préconçues ce qui peut permettre de trouver des solutions à des problèmes persistants.

Les erreurs sont des outils d’apprentissage

Le dernier des principes dont il sera question ici est celui qui consiste à apprendre de nos erreurs. S’il peut être particulièrement frustrant de faire des erreurs, il est d’autant plus désagréable de penser qu’elles n’ont servi à rien. En ce sens, lorsqu’une erreur se produit, le permaculteur ou la permacultrice est invité à réfléchir à la situation, à ce qui s’est passé en cherchant à comprendre ce qui pourrait être fait autrement la prochaine fois. Si ce principe peut semble comme allant de soi, ce n’est pas nécessairement le cas puisqu’il est nécessaire, pour le mettre en application, de prendre la responsabilité de nos actions en ne cherchant pas à reporter le blâme pour nos échecs sur des acteurs externes. Ce principe implique aussi d’être ouvert au changement ainsi qu’à de nouvelles pratiques. »

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source:http://www.entransition.com

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2 mars 2011 Posted by | Agriculture vivrière, ECONOMIE LOCALE | , , | Un commentaire

Indice de Souveraineté Alimentaire (ISA), par territoire et par produit


ISA, Europe, 2000, Légumes frais

ISA, Europe, 2000, Pommes de terre

ISA, France, 2000, Légumes frais

ISA, France, 2000, Pommes de terre

ISA, France, par région et par produits, 2002-2003, 1/2

ISA, France, par région et par produits, 2002-2003, 2/2

19 février 2011 Posted by | Agriculture vivrière, DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE | , , , , , | Laisser un commentaire

Vers une démocratie générale ?


Vers une démocratie générale de Takis Fotopoulos

On objecte souvent au mouvement de résistance à la mondialisation libérale de n’offrir aucune alternative aux modes d’organisation actuelles des sociétés de marchés. Dans le même temps, la plupart d’entre nous ressentons confusément que ces sociétés, à défaut d’un changement radical de trajectoire, détruisent la planète, engendrent l’instabilité économique et sont menacées d’implosion sociale. La gauche — désormais alliée aux écologistes — semble pourtant avoir renoncé à toute rupture avec les principes essentiels des économies de marche et des démocraties représentatives. Or, depuis deux siècles, ces institutions engendrent une concentration des pouvoirs économiques et politiques qui autorisent les élites dominantes à promouvoir une logique de croissance destructrice qui est au cœur de la crise multidimensionnelle que nous vivons aujourd’hui

Une autre histoire, tournée vers la quête du bien commun, est donc impossible sans une libération globale du pouvoir citoyen.La démocratie générale opère cette libération en appliquant à tous les champs de la société le principe d’un partage égal du pouvoir. Cela implique donc, outre une démocratie politique directe, une démocratie économique et sociale qui reconsidère de l’organisation de la production et de sa gestion. Loin de suggérer une nouvelle utopie destinée au seul débat philosophique, il s’agit ici de dessiner les contours concrets d’une nouvelle société ainsi qu’une stratégie plausible de transition

« Ce livre a un but, montrer qu’on ne peut sortir de la crise qu’en sortant du cadre institutionnel actuel et non en restant à l’intérieur.»

« Voici un auteur remarquablement inconnu des militants hexagonaux
mais qui pourtant manifeste des approches libertaires de l’Homme, de la société et du
devenir social et économique du monde. auteur:Jean-Claude Richard

Takis Fotopoulos ‘ nous propose en effet la mise en place d’une démocratie générale dont
les principes sont tout à fait dans les formes de l’idéal libertaire. Rien d’étonnant puisque
l’on relève dans le livre de constantes références à Pierre Kropotkine., à Murray Bookchin,
à John Clark et, surtout, à Cornélius Castoriadis, un ancien de la feue revue Socialisme ou
Barbarie.
Dès l’introduction de l’édition française, nous sommes en terrain connu: « Ce livre a un
but, montrer qu’on ne peut sortir de la crise qu’en sortant du cadre institutionnel actuel et
non en restant à l’intérieur.»
À partir de ce postulat essentiel, Takis Fotopoulos développe – sur une base économique
égalitaire – le concept de démocratie générale. Concept qui implique l’abolition des
formes de répartition inégale du pouvoir politique.
La situation actuelle du inonde est l’effet d’une
dynamique…
L’apport théorique et militant du discours de Takis Fotopoulos est surtout de rompre avec
la conception marxienne voulant, via Attac et les partis de gauche, trotskistes compris,
considérer l’état actuel du monde comme une conspiration des politiques de méchants
partis neo-liberaux ou sociaux démocrates alors qu’il s’agit ni plus ni moins que de
l’aboutissement d’une dynamique qui s’est construite sur l’économie de marché et son
corollaire, la démocratie représentative.
Il est bien évident qu’à partir de cette approche les actions à entreprendre ne se situeront
pas dans le cadre du système repré-sentatif (élections, parlement, etc.) mais à l’extérieur
de ce système. Pourquoi lutter pour changer les gouvernements puisque ces gou-
vernements ne sont qu’accessoires dans la res-ponsabilité de l’actuel état des choses?

Une stratégie de transition

Vouloir transformer la société pose bien évidemment la question des moyens. Là encore,
la pensée de Takis Fotopoulos s’ancre dans le discours libertaire: «Un grand principe nous
oriente dans le choix d’une stratégie de transition appropriée: la cohérence entre la fin et
les moyens. » Contrairement aux méthodes étatistes qui se proposent de changer la société
par le haut et les approches dites de la « société civile» qui, elles, ne visent pas à changer le
système, Takis Fotopoulos ne propose pas une organisation politique de type nouveau,
mais une confédération de communautés fonctionnant suivant les principes de la
démocratie générale (égalité économique -propriété collective, égalité politique – démo-
cratie directe).
Ce livre, d’où les mots volontairement scientifiques ou difficiles ont été bannis, est
absolument accessible à quiconque. Les démonstrations y sont claires, logiques et
cohérentes. Une volonté d’être compris du plus grand nombre se fait sentir à chaque page
et place ainsi Takis Fotopoulos dans la ligné d’un Kropotkine ou d’un Reclus. »

Jean-Claude Richard
groupe Henry-Poulaille de Saint-Denis
Le monde Libertaire

[1] Économiste et politiste, il est directeur de la revue Democracy & Nature, The International Journal
of Inclusive Democracy (voir sur le net une multitude de textes sur Takis Fotopoulos)

 

17 février 2011 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE | , , , | 7 commentaires

économie naturelle et économie d’argent


Aristote montre avec Les économiques et l’Éthique à Nicomaque la différence fondamentale entre l’économique et la chrématistique.

La chrématistique (de khréma, la richesse, la possession) est l’art de s’enrichir, d’acquérir des richesses.

Selon Aristote, l’accumulation de la monnaie pour la monnaie est une activité contre nature et qui déshumanise ceux qui s’y livrent : suivant l’exemple de Platon, il condamne ainsi le goût du profit et l’accumulation de richesses. Le commerce substitue l’argent aux biens ; l’usure crée de l’argent à partir de l’argent ; le marchand ne produit rien : tous sont condamnables d’un point de vue philosophique. Bien qu’Aristote traite de la chrématistique comme ensemble de ruses et de stratégies d’acquisition des richesses pour permettre un accroissement du pouvoir politique, il la condamnera toujours en tant que tel.

Au contraire, l’agriculture et le « métier » permettant de fonder une économie naturelle où les échanges et la monnaie servent uniquement à satisfaire les besoins de chacun, ce qu’il valorise. Aristote garde toujours le souci d’agir conformément à la nature. Celle-ci fournit « la terre, la mer et le reste » : l’économique est ainsi l’art d’administrer, d’utiliser les ressources naturelles, totalement à l’opposé de l’art d’acquérir et de posséder. Y est incluse l’idée d’un rapport de réciprocité : Aristote ne sépare pas l’économique du social, établissant l’échange comme un « retour sur équivalence » ; on comprend donc qu’il condamne la chrématistique, qui substitue l’objet à la relation sociale puis l’argent à l’objet.

De fait, l’échange, basé sur la monnaie, est toujours envisagé chez Aristote comme permettant de renforcer le lien social : il établit son inexistence dans la tribu (où seul le troc existe) et son apparition avec la cité, c’est-à-dire la société.

Car s’il n’y avait pas d’échanges, il ne saurait y avoir de vie sociale ;
il n’y aurait pas davantage d’échange sans égalité,
ni d’égalité sans commune mesure.

Ainsi, l’apport d’Aristote est tout d’abord une distinction fondamentale qu’il établit entre économie naturelle (économique) et économie d’argent (chrématistique) ; de là une réflexion fine sur le rôle de l’échange dans le lien social. Un autre résultat original et remarquable des réflexions d’Aristote est la différenciation qu’il fait entre valeur subjective et valeur commerciale d’un bien, que l’on peut facilement rapprocher des notions de valeur d’usage et de valeur d’échange qui apparaîtront chez Adam Smith au XVIIIe siècle. On trouve ainsi dans l’éthique à Nicomaque des concepts comme les quatre causes (cause matérielle, cause formelle, cause efficiente, cause finale), qui sont, pour certaines de ces causes, des esquisses des notions de valeur d’échange et de valeur d’usage utilisées dans les théories économiques modernes.

source: wikipedia

15 février 2011 Posted by | Agriculture vivrière, DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE, résilience | , , , | Laisser un commentaire

Vers un municipalisme libertaire


Murray Bookchin

 

« Une société écologique suppose la fin de la hiérarchie et de la domination sur toutes ses formes. » Murray Bookchin

Contribution de la CEN aux journées de Mars du MOC

Nos sociétés «développées » fonctionnent sur deux mythes qui s’essoufflent et sont au bord de l’asphyxie : celui du progrès industriel, né avec la machine à vapeur au milieu du XVIII siècle, dont l’extension était sensée capable de résoudre tous les maux de nos sociétés (énergie, chômage, besoins…), et celui de la démocratie représentative, né avec la révolution française, et continuant à cultiver l’illusion du  « pouvoir du peuple ». Pourtant, force est de constater que de plus en plus de science cohabite avec l’absence majeure de solutions aux maux de notre temps (fin des énergies, des métaux, pollutions diverses, réchauffement, catastrophes « naturelles »…), de même que la démocratie représentative installée et vénérée ne représente plus que l’impuissance du citoyen au quotidien et l’impuissance des états élus face aux forces des « marchés ». De ces deux constats, l’histoire nous invite à inventer, voire réinventer d’autres  solutions, si l’on veut que l’homme puisse continuer à habiter cette planète.

1 – LE PROGRÈS, UN PREMIER MYTHE QUI S’EFFONDRE

Face aux problèmes sociaux majeurs auxquels les sociétés techniques sont confrontées (environnement, chômage, pollution, délinquance…) les sociétés techniques répondent toujours par « plus de la même chose », dans une fuite sans fin et dans un productivisme effréné, comme si tout problème social de quelque nature que ce soit avait une solution mécanique, évitant aux hommes de se poser la question du « pourquoi ?».

Mais, d’une part, toute « avancée » technique recèle au moins une face cachée, à savoir : les nano-technologies présentées comme pouvant guérir, ont pour corrolaire les puces que chaque individu portera sous la peau demain « pour sa santé », comme on nous invite à le faire pour tous les animaux aujourd’hui. Le téléphone portable, concentré d’intelligence et de technologie, provoque des lésions au cerveau, et on l’interdit dans l’enceinte les écoles. Le plastique allège le poids des bouteilles, mais il diffuse des substances cancérigènes et on le retouve au milieu de l’océan pacifique, dans le ventre des poissons.  Les effets secondaires, cachés, dissimulés, provoquent de nouveaux problèmes, dont on attend de nouveau une solution technique dans une spirale sans fin. Mais il y a pire. Le gigantisme de certaines technologies (nucléaire, grande distribution, avions…), oblige, dans le même temps à mettre en place un contrôle total des individus : fichage, caméras de surveillance, contrôles quotidiens, pour le bien être des citoyens bien évidemment, qui peu à peu s’habitue à vivre dans un environnement de plus en plus totalitaire. L’URSS n’était qu’en avance d’une génération  dans cette compétition là.

D’autre part, le « progrès » est d’abord et avant tout dans la recherche des profits qu’il peut occasionner. Le progrès chimique est privilégié au progrès biologique dans l’agriculture, au détriment des sols et de la terre nourricière, parce qu’il est plus facile de vendre des pesticides que de cultiver des coccinelles. L’efficience énergétique qui permet d’aller dans le sens de la conscience écologique sociale (ex : les voitures consomment moins), permet également d’en mettre deux fois plus sur le marché, selon le « paradoxe de Jevons » constaté aux XIX siècle.

Enfin, on ignore, tout au long de la chaîne de production, qui s’est internationalisée, toutes les souffrances occasionnées : la misère dans les pays où l’on extrait les métaux, la corruption des dirigeants, les guerres occasionnées (Afghanistan pour le gaz, Irak pour le pétrole, demain les guerres pour l’eau).

Le progrès technique, synonyme de mieux vivre pour quelques uns, est un  gouffre de misère, d’exploitation et de souffrance pour la plupart. Notre mode de vie repose sur un capital non renouvelable et bientôt dilapidé, et la croissance sans fin scie la branche de la vie sur laquelle nous sommes assis : augmentation de l’effet de serre, dérèglementation du climat qui provoque de plus en plus de catastrophes, disparition des espèces, tonnes de déchets, pollutions gigantesques, marées noires…L’empreinte écologique, nouvel indice de mesure de notre rapacité sur terre, nous indique que si tous vivaient comme nous, la disparition serait pour bientôt. Pourtant, gauche comme droite nous invitent toujours à communier dans ce mythe, comme dans celui de la « démocratie ».

2 – LA DEMOCRATIE REPRESENTATIVE, UN SECOND MYTHE QUI S’EFFONDRE

Car, quand on parle de démocratie, il n’en est qu’une invoquée, la représentative, celle qui nous invite à élire nos représentants. Mais le non français au traité de constitution européenne a obligé le gouvernement à passer outre le vote du peuple et à faire voter par le parlement un ersatz reprenant les principales dispositions de celui-ci. Droite et gauche l’ont voté, montrant par là-même les limites de la démocratie représentative, dès lors qu’une caste d’élus (terminologie empruntée au religieux) s’arroge le droit de dire le droit au nom du peuple. L’impuissance du citoyen face au délire technologique se double de son impuissance caractérisée dans le champ démocratique. Il a le droit de vote tous les cinq ans pour telle ou telle élection, à la condition  expresse, maintenant, que son vote corresponde à ce qu’on attend de lui. Si tel n’est pas le cas, alors on passe en force, ou on le fait revoter pour qu’il vote dans le bon sens, après lui avoir donné quelques hochets supplémentaires. Le vote n’est plus l’expression du peuple mais la soumission du peuple au bon vouloir des élites. C’est un vote bureaucratique.

Le pouvoir technologique, à son tour, présente un inconvénient majeur pour la démocratie : celui qui fait que le technicien, l’ingénieur, le banquier, possède le pouvoir bien avant le politique. Les récents évènements en sont une démonstration flagrante : soumission totale des états aux diktats des marchés, c’est à dire des investisseurs, c’est à dire des multinationales, c’est à dire des floppées de mathématiciens qui mettent à jour des « produits financiers » nouveaux dans la guerre sans merci qu’ils se livrent, à tel point qu’ils sont capables de mettre sur la paille des milliers de personnes (des centaines de milliers de gens ont perdu leur maison, récupérées par les banques, dans la faillite des « subprimes » aux USA, sans révolte aucune), et qu’ils s’attaquent maintenant aux états, l’Islande dans un premier temps, puis la Grèce aujourd’hui, et demain le Portugal et l’Espagne en ligne de mire. Et les états, c’est à dire la démocratie représentée, assistent impuissants au démantèlement de leur socle social, quand ils ne se mettent pas à aller dans le sens que les marchés attendent d’eux, preuve supplémentaire que l’état n’est que l’agent principal du capital, dont il se sert quand il en a besoin, et dont il se passe quand il n’en a plus besoin.

La liste est longue des atteintes à la démocratie réelle, perpétrée par la démocratie représentative : élections à plusieurs niveaux (sénat, communautés de communes), impuissance du parlement face à l’exécutif, qui produit de nos jours la majorité des lois, plus celles de la commission européenne, non élue elle. A quoi on peut ajouter le financement occulte des partis, les collusions avérées entre grandes entreprises et élus, etc. Tout ceci sous le discours généreux du « pouvoir du peuple » et du « devoir du citoyen ». Pouvoir de se passer les menottes, et devoir de se taire sont plus proches de la réalité. Le citoyen vote tous les 5 ans, les marchés tous les jours. Tout ceci inclut la relativisation de notre démocratie représentative, seulement « interne », parce que l’agrément apporté à quelques uns au long des siècles et des luttes s’est toujours accompagné de l’exploitation vile des autres pays et des autres cultures, et que cela continue sous des dehors beaucoup plus difficiles à discerner : ce sont bien des démocraties élues qui continuent le massacre des indiens commencé par les rois il y a cinq siècles, qui ont continué et augmenté le commerce du « bois d’ébène », qui nous ont donné deux guerres mondiales, et qui s’arrogent le droit d’attaquer d’autres pays pour des raisons économiques et sous des prétextes fallacieux !

3 – EBAUCHES DE SOLUTIONS

31 – Refonder les valeurs

L’écologie sociale  cherche à faire du sens. Faire du sens, c’est faire que les hommes vivent en actes, dans les valeurs auxquels ils adhèrent, la liberté, la solidarité, les droits de l’homme, leur action sur le monde, et s’en servent de levier afin de transformer, dans une éthique de respect des hommes et des cultures, de ce qui existe et vit, à la fois leur propre rapport au monde, et ce qu’il y a d’intolérable dans leur propre culture. Le sens avant le politique, le politique avant le pouvoir, le pouvoir avant le technique. C’est exactement l’inverse de ce que nous vivons actuellement, où les politiques se sont placés sous l’égide des techniques, en ayant perdu le pouvoir et le sens. Au schéma « technique-pouvoir-politique-perte de sens », il convient de substituer le schéma « sens-politique-pouvoir-technique ». Ce faisant, c’est un renversement total de notre façon d’être et de penser le monde qu’il nous faut opérer.

Mais s’emparer de ce qui nous regarde nous oblige à mettre en avant relativité, incertitude, probabilité. Le regard que nous portons sur le monde n’est que le notre, et nous savons qu’il est partiel, partial, orienté, fragmentaire. Pour avancer, nous ne pouvons que le mesurer à d’autres, à ceux qui vivent différemment l’appréhension du temps, à ceux qui pensent que l’asservissement à la technique n’est pas fatal, que l’aménagement de l’ordre n’est pas immuable, que progrès, retard, modernité ne sont que des données relatives. L’écologie sociale, émergence d’une nouvelle pensée au sein du vivant, est  la naissance de la conscience que l’homme est une partie du tout, dernier maillon le plus complexe d’une chaîne évolutive que les hasards ont conduit à le faire s’interroger sur sa condition. Cette conscience est née des différents rapports au monde selon les différents lieux d’existence, et les cultures de ces différents rapports. Ce n’est pas le retour à la nature qui est programmé, c’est le retour de la nature dans notre réflexion sur l’homme.

De tous temps l’homme est écologique et il le sait. Vivant d’abord dans une dépendance totale à l’égard de la nature, son expérience et son observation lui font lire celle-ci de plus en plus efficacement. Mais cette conscience d’appartenir à un tout s’estompe en même temps que le progrès technique lui apprend à dépendre de moins en moins de cette nature, distanciation du sujet à l’objet. Cet affranchissement des conditions de sa survie immédiate l’amène à en ignorer totalement les conditions de sa dépendance. La nature étant croit-il domptée, sa domesticité ne lui pose plus de problème. L’écologie sociale est le retour conscient entre ce sujet et cet objet, la partie et le tout, dans une interdépendance conflictuelle sur le long terme, avec les connaissances spécifiques que l’homme a accumulées dans sa distanciation.

L’écologie sociale met le doigt sur l’incapacité actuelle des sociétés technologiques à remettre en cause leurs fondements idéologiques. La pensée dominante du salut par la croissance est une pensée rassurante, quand bien même on peut constater quotidiennement ses déboires. Mais elle provoque toujours, cependant, le sentiment que demain sera mieux qu’aujourd’hui, continuation de son propre imaginaire dans un monde qu’elle détruit pourtant. La pensée écologique, au contraire est une pensée dérangeante. Elle provoque la remise en cause d’un mode de production chez les personnes qui en vivent, elle provoque la mise en garde du lendemain par l’intermédiaire de catastrophes qu’on prépare, la peur du chaos.

Que la naissance politique des mouvements écologiques concorde historiquement avec la fin des idéologies de gauche et leur asservissement à la pensée unique du marché n’est pas le fait du hasard, mais bien la nécessité de dépassement d’un mythe séculaire qui à échoué. L’écologie sociale n’est pas la gauche, n’est pas à gauche, en ce sens qu’elle dépasse la gauche de multiples façons: en plongeant ses racines plus profond (instauration du rapport homme-nature), pour monter sa tête plus haut (refus de la violence comme principe fondateur d’une humanité nouvelle). C’est en effet la gauche et son paradigme (pour simplifier, la lutte des classes) qui est « mathématiquement » sous ensemble du « paradigme écologique » et non l’inverse. Pourquoi ? Parce que l’écologie pose plus de questions, élargit le champ conceptuel, le champ de la pensée, tout en apportant des réponses différentes et nouvelles, projetant ainsi l’homme dans une autre sphère de compréhension et d’interprétation du monde. Donc, toute politique qui tendrait à faire de l’écologie une nouvelle composante de la gauche ne pourrait être que réductrice de ce qu’elle est. Dépasser ne veut pourtant pas dire nier. Si l’écologie sociale transcende les clivages historiques de droite et de gauche, elle ne les fait pas disparaître. Droite et gauche ont inventé la démocratie telle que nous la connaissons, républicaine et inachevée. Elles ont fait progresser la connaissance, y compris au prix des pires mutilations culturelles. Mais la complexité du monde moderne ne se résoudra pas dans l’affrontement de deux classes qui s’affrontent, même si cet affrontement constitue toujours une donnée fondamentale de compréhension. Mais tout comme l’idéologie du marché n’est porteuse d’un quelconque avenir vivable pour la multitude, celle de la gauche a aussi vécu en tant qu’utopie, en tant que solution globale aux problèmes de notre temps. Ce n’est pas aux mouvements écologiques d’aller à la gauche, c’est à la gauche d’aller à l’écologie, et, à sa suite, à la société toute entière. Il n’y a pas d’autre alternative, sous peine d’implosion généralisée, sociale, économique, écologique, sous peine de guerres multiples.

Qu’est-ce qui différencie l’écologie sociale de la pensée politique actuelle et donc aussi de la gauche, et quelles sont donc les valeurs véhiculées ? Il y en a de multiples, et l’on ne peut qu’être étonnés, parfois, de leur relation au naturalisme qu’elles pourfendent souvent :  ainsi la notion de non-violence éminemment culturelle, opposée à la notion de défense de territoire, de la pensée unique,  éminemment naturaliste, elle ! A laquelle nous ajouterons les notions de coopération, (culturelle, sociale, économique, éminemment humaines) opposées aux notions de compétition (économique, sociale, individuelle, éminemment naturelles encore, et darwinistes même!). Ensuite, celle d’éthique, de respect, de défense (de l’autre, des cultures, des minorités, des faibles, éminemment construites), face aux notions de domination et de rapports de forces (éminemment proches de la prédation animale !). Ensuite, nous opposons  au néo-libéralisme, au laisser-faire, à la fable du renard libre dans le poulailler libre, la notion d’éco-developpement, de nouveau rapport entre l’homme et la nature à élaborer, qui fait appel à des critères absents de nos sociétés actuelles, et qui intègre les notions de long terme (cycles biologiques, climatiques, droit des générations futures) face à celle de court terme (le marché, l’élection prochaine, « après nous le déluge »). Celles encore de ressources limitées face à l’expansionnisme sans freins, de décroissance face à la croissance. Ensuite, la nécessaire introduction du vivant dans notre réflexion sur l’homme, face à son déni dans la pensée unique (la machine, rien que la machine, et peu importe les forêts brûlées, la disparition de la biodiversité, les cycles naturels…). Enfin, la réintroduction de la rareté, non pas au sens économique et libéral (tout ce qui est rare est cher, donc recherché), mais dans le sens de bien commun (tout ce qui est rare doit être préservé : eau pure, air, paysages, pétrole…). Ceci inclut dans notre nouvelle façon de fonctionner le primat de l’être sur l’avoir, du développement politique, au sens éthymologique, sur l’économique, de l’émancipation sur la docilisation, de l’égalité sur la hiérarchie. Cela inclut encore la nécessaire notion de solidarité planétaire, tout d’abord parce que d’une certaine façon, face aux problèmes écologiques majeurs, nous n’avons pas le choix, et qu’étant donné ce facteur, nous avons dès lors le choix : soit de coopérer à grande échelle, soit de nous détruire mutuellement. Globalement, on pourrait dire qu »au « tout est possible » proné par les « forces de progrès », on pourrait substituer le « tout n’est pas permis » de « l’écologie politique ». Au réformisme aujourd’hui sans espoir du système libéral prôné par la droite productiviste et par la gauche sociale-démocrate, nous en appelons à une véritable révolution des valeurs, des comportements et des mentalités, projet sous-tendu par la mise sur pied du paradigme de l’écologie sociale, dont les deux principaux vecteurs sont démocratie territoriale directe et démocratie écologique.

32 – Démocratie territoriale directe

L’objet est la refondation de la démocratie, qui, au moment où les problèmes sont mondiaux, ne doit plus être cantonnée entre les mains de quelques uns mais de tous. Quand les démocraties représentatives font la preuve de leur impuissance face aux multinationales, quand les partis font la preuve de leur impuissance au quotidien, il importe de trouver les moyens de rendre l’homme, c’est à dire tous les hommes, responsables. Ceci ne peut se faire que par une descente du pouvoir institutionnel au niveau du citoyen. L’histoire est riche de démocraties territoriales, à des degrés divers. Grèce antique, révolution française, cités-républiques italiennes, commune de Paris, communautés anarchistes espagnoles…A la confiscation des pouvoirs locaux par le pouvoir central doit répondre la mise sur pied de pouvoirs locaux face au pouvoir central. Il nous faut recréer des communes politiques où le pouvoir est exercé par le citoyen dans des assemblées démocratiques, des communes autogérées où la culture politique s’enracine dans la vie quotidienne spécifique, une politique organique où les individus, au quotidien, pensent, réfléchissent, organisent, créent, structurent leur propre environnement et leur rapport aux autres. Une politique locale où tous les grands problèmes internationaux sont évoqués, débattus, où l’écologie du quotidien est déterminée par les personnes, où les principaux problèmes non résolus par des décennies de pouvoir central restent en l’état : mal logement, restaus du coeur, énergie, industrie locale…A un processus occasionnel (campagne électorale, vote) doit se substituer un processus permanent de saisissement par les personnes de leurs propres problèmes : travail, emploi, garde des enfants, nourriture, transport, et des moyens d’y répondre, mais aussi fête de quartier, type d’école, jardins partagés… Seules de petites entités comme les communes sont à même d’y pourvoir. Aussi proposons nous de regrouper, sur tout le territoire, les communes trop petites jusqu’à en faire de entités de quatre ou cinq mille personnes, de la même façon que nous proposons  de scinder les grandes métropoles en petites entités de même taille. Il va de soi qu’un tel processus est tendanciel et doit tenir compte de la géographie, des habitudes, des bassins d’emploi, des traditions…Cela veut dire aussi doter ces entités de tous les pouvoirs administratifs actuellement dévolus aux diverses autres instances (région, département, communautés), mais aussi des pouvoirs régaliens (justice, police), cela veut dire les doter de budgets conséquents pratiquement identiques en tous points du territoire. Comment cela se peut-il est la première question mise au débat.

33 – Ecologie sociale

En outre, au primat de l’économique qui régit actuellement toutes les relations sociales doit se substituer le primat de l’écologie, entendu au sens large. A partir du moment où la commune pose comme principe qu’elle débat de tout, la nécessaire transformation économique dans un sens de moindre prédation, de diminution de l’empreinte écologique, doit primer sur tout. Cela veut dire l’intervention dans toute entité économique constituée qui ne respecte pas les normes et règlements édictés (pollution et droit du travail), cela veut dire la constitution de coopératives municipales qui seront des leviers d’intervention de la politique municipale, cela veut dire la constitution de banques municipales, de monnaies locales, autres moyens d’appliquer la politique locale. Cela veut dire aussi que des métiers complètement à l’abandon à l’heure actuelle retrouveront une pérennité essentielle (paysan), tandis que d’autres péricliteront inévitablement (publicitaire) devant la mise sur pied de politiques essentielles. Cela veut dire que des secteurs aujourd’hui complètement abandonnés (chaussure, textile…) pourront renaître à part entière du moment que les citoyens, conscients et des dégats environnementaux, et des dégats sociaux occasionnés par le libre échange, recommenceront à se nourrir, à se vétir, à se chausser localement. Cela veut dire passer de l’organisation verticale de la société (hiérarchie de l’administration et des partis) à une organisation horizontale de commissions et d’assemblées régulières, autonome (autos-nomos, qui se donne ses propres lois). Cela veut dire remettre l’économie à sa place, juste aux côtés des autres approches : sociale, écologique, politique, ethnologique, philosophique, artistique…

La décolonisation de l’imaginaire, au moment où le consumérisme, vilipendé depuis 68, constitue néanmoins le quotidien intégral, donc la bataille d’idées, au sens gramscien, est sans doute le premier chantier auquel se confronter. La NEP, nouvelle éducation populaire (donc pas celle, ministérielle, de la jeunesse et des sports), et les mouvements divers de la décroissance, sont sans doute les fers de lances de cette nouvelle pensée qui remet l’homme au centre en lieu et place de  l’économique, depuis la démission radicale des écologistes ralliés au capitalisme vert. Le vivre ensemble, le politique, c’est à dire la démocratie au quotidien, tel est selon nous le sujet principal auquel s’attaquer en premier lieu. L’indignation ne suffit pas, elle n’est que le premier pas. Les tunisiens nous montrent que les fers sont dans nos têtes, dans notre soumission quotidienne. Faisons les sauter, et le monde sera à nous.

5 février 2011 Posted by | DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE, Notre démocratie, résilience | , , , , , , | 13 commentaires

Le « droit au travail », un non-sens :


(JPG)

« Il n’existe pas de droit à être obligé
de faire quelque chose »

En France, la révolte contre la réforme des retraites, cet automne, a d’ailleurs mis en lumière avec une force inédite la perte de sens et la souffrance qui sont le lot des salariés aujourd’hui : dans ce qu’exprimaient grévistes et manifestants, les deux années supplémentaires imposées pour la retraite à taux plein n’étaient que la goutte d’eau qui faisait déborder le vase. « Alors que les nouvelles technologies informatiques sont censées alléger les peines physiques, que plus des deux tiers des salariés appartiennent au secteur tertiaire et que la durée légale du travail n’est que de trente-cinq heures, voilà qu’apparaît une image lugubre de l’activité professionnelle, associée à la mort ou à la privation de vie », écrit la sociologue Danièle Linhart . De quoi retenir l’attention d’Oliver Seeger, qui, comme Paul Lafargue dans son célèbre Droit à la paresse, n’est jamais parvenu à comprendre que le prolétariat « manifeste pour réclamer le droit de se faire exploiter ». Dans le film, on entend ces mots frappants au sujet du « droit au travail » : « Il n’existe pas de droit à être obligé de faire quelque chose, de même qu’il n’existe pas de droit à être acheté. Le droit au travail ne peut être que le droit à exercer une activité choisie, que personne ne peut nous acheter ou nous enlever. »

Souvent stérile, quand il n’est pas nuisible, rendu infernal par les inépuisables ressources de perversité du management, l’emploi salarié contraint est peut-être bien devenu un cadre intenable pour l’activité humaine. « Il faut rompre avec les vieux schémas de pensée, en finir avec l’idée fausse que seul le travail rémunéré constitue une contribution méritoire à la société. En réalité, c’est souvent exactement l’inverse », lance dans le film la députée allemande Katja Kipping (Die Linke).

Renoncer à l’horizon illusoire du plein-emploi, ce serait aussi supprimer tous les dispositifs d’un coût exorbitant mis au service de cet objectif, comme les subventions englouties dans l’aide aux entreprises, et censées les inciter à embaucher – en pure perte. La question du mode de financement du revenu de base n’en serait que plus facile à résoudre. Encore plus facile, faudrait-il dire : on trouve chez ses partisans de nombreuses propositions concurrentes, des conceptions différentes des impôts ou des transferts sociaux qu’il faudrait créer, conserver ou supprimer, et toutes – certaines étant combinables entre elles – ont leur pertinence. Daniel Häni et Enno Schmidt plaident pour une suppression de tous les impôts à l’exception de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), dont le caractère inégalitaire serait annulé, comme leur film l’explique très bien, par l’instauration même du revenu de base. Cette solution n’a cependant pas les faveurs de Baptiste Mylondo, plus intéressé, dans le contexte français, par une hausse de la cotisation sociale généralisée (CSG). BIEN-Suisse vient de publier un livre faisant le point sur les différentes thèses circulant dans le pays quant aux modes de financement .

« Penser qu’au-delà de la grille,
il n’y aurait que vacances et loisirs,
c’est le point de vue de la dépendance »

N’est-il pas vertigineux de réaliser que l’aspect comptable du revenu de base ne pose aucune difficulté ? On touche alors du doigt à la fois la puissance et la fragilité des croyances, des représentations sur lesquelles repose le système dans lequel nous vivons. Le débat à mener n’est donc pas prioritairement d’ordre financier : il est avant tout culturel. Il suffit en effet d’évoquer le revenu garanti pour qu’aussitôt surgissent dans l’esprit de vos interlocuteurs des visions bachiques d’une société livrée au chaos et à l’anarchie. Un sondage mentionné dans le film pointe l’ironie de cette réaction : parmi les personnes interrogées, 60% disent qu’elles ne changeraient rien à leur mode de vie si elles touchaient le revenu de base ; 30% travailleraient moins, ou feraient autre chose ; et 10% répondent : « D’abord dormir, ensuite on verra. » En revanche, 80% se disent persuadées que les autres n’en foutront plus une rame… « Jusqu’ici, personne n’a encore dit : “Je me mets en jogging, je m’installe sur le canapé et j’ouvre une canette” », constate Oliver Seeger, qui serait presque déçu. Le film le fait remarquer très justement : « Se libérer du travail signifie aussi se libérer pour le travail. Penser qu’au-delà de la grille, il n’y aurait que vacances et loisirs, c’est le point de vue de la dépendance. » Les expériences qui ont déjà été tentées ici et là montrent d’ailleurs une réalité beaucoup plus sage que ces fantasmes débridés.


« Il est plausible d’imaginer que dans les pays riches, le revenu de base aboutisse à une forme de décroissance, tandis que ce serait l’inverse dans les pays pauvres. » C’est en tout cas ce qui s’est produit à Otjivero, le village de Namibie où a été instauré pour deux ans, début 2008, un revenu garanti de 100 dollars namibiens par mois pour tous les habitants de moins de 60 ans, « à l’initiative d’un pasteur qui n’en pouvait plus du développement », résume Oliver Seeger. « Contrairement aux microcrédits et à beaucoup de programmes d’aide au développement classiques, le revenu minimum a un impact non seulement sur la production, mais aussi sur la demande, expliquait le chercheur Herbert Jauch, membre de la Basic Income Grant Coalition (BIG) de Namibie, à la Frankfurter Rundschau. En Afrique, le pouvoir d’achat se concentre en général dans quelques centres, ce qui force les gens à quitter les campagnes pour les villes, où les bidonvilles finissent par s’étendre. Le revenu minimum garanti permet à des régions rurales de se développer, il crée des marchés locaux et permet aux gens d’être autosuffisants  »

extrait de l’article
Revenu garanti, « la première vision positive
du XXIe siècle » article intégral

5 janvier 2011 Posted by | ECONOMIE LOCALE, TRAVAIL | , , | Laisser un commentaire

Dotation Inconditionnelle d’Autonomie


Comme Charles Fourier, un de ces visionnaires radicaux qualifiés dédaigneusement par Marx de socialistes utopiques, l’indiquait en 1836 dans « La fausse industrie » : « le premier droit, celui de la récolte naturelle, usage des dons de la nature, liberté de chasse, cueillette, pâture, constitue le droit de se nourrir,….puisque la civilisation le dépouille de ce droit, elle lui doit une indemnité. ». Il développe plus loin l’idée que cette compensation doit prendre la forme de prestations en nature.

La DIA n’est pas en concurrence avec le Revenu inconditionnel d’existence, elle est basée sur les mêmes principes mais elle nous conduit à poser d’autres questions, à mettre cette revendication en cohérence avec d’autres uto-pistes.

  • Il pourrait s’agir d’éviter la marchandisation du droit par l’accès gratuit à l’eau, l’électricité, la terre, l’habitat, les « besoins culturels de haute nécessité », jusqu’à un certain montant.
  • Il pourrait s’agir de ne pas donner un revenu en monnaie spéculative. Si nous voulons remettre en cause le pouvoir de l’argent sur nos vies, réencastrer l’économie dans le social, une partie de cette dotation pourrait être versée en monnaie complémentaire. Cette monnaie, liée à un territoire, portée par l’adhésion à une charte de valeurs débattues au sein d’une instance démocratique locale présente plusieurs intérêts.
      – Cela éviterait que l’argent du RIE ne soit dépensé dans les circuits de la grande distribution et inciterait à la relocalisation de l’économie.- Cela participerait à retisser le lien social local.

Bien sûr cela pose la question du contrôle, car pour déterminer le montant des gratuités auquel chacun aurait droit il faudrait connaître la composition de la maisonnée. Mais une démocratie peut-elle exister sans contrôle ? La Sécurité sociale, les retraites, les congés payés…pourraient-il exister sans contrôle ? Une société sans contrôle ne serait-elle pas plutôt une société où un auto-contrôle savamment déguisé sous les oripeaux de la jouissance immédiate et sans limites agit en chacun de nous ?

Quant au A d’autonomie, il ne faut pas le confondre avec l’utilisation qu’en fait le capitalisme, ce n’est pas chacun se débrouille, la liberté ne peut se réduire à l’indépendance vis à vis des autres. Il ne s’agit pas de dire aux gens comment vivre mais de dire que si nous voulons faire société il faut que nous décidions ensemble de ce qu’est une vie « sensée ». Il faut permettre aux gens de vivre des situations qui leur permettent de faire leurs d’autres valeurs que la compétition et le chacun pour soi. Si quelqu’un veut boire tout son RIE, il ne s’agit pas de lui dire que cela n’est pas bien, mais posons-nous cependant la question du pourquoi.

Les objecteurs de croissance doivent oser poser ces questions, le RIE ne doit pas être un pansement pour aider à supporter la misère, il doit participer à la mise en oeuvre d’une autre façon de vivre ensemble. Le RIE peut-être le premier pas d’un projet plus audacieux.

Le philosophe François Huet, proposait en 1853 de distinguer dans le patrimoine de chaque personne ce qu’elle doit à son propre effort ( dont elle dispose à sa guise) et ce dont elle a elle même hérité (récupéré par la collectivité à sa mort) pour financer une dotation de base. Osons poser toutes les questions, même celles qui fâchent, discutons, approfondissons, mettons en cohérence les réponses possibles.

source: les oc info

29 décembre 2010 Posted by | ECONOMIE LOCALE | , , | Laisser un commentaire

autonomie alimentaire


Objectifs alimentaires :
On se basera sur un objectif de production d’un kilogramme de nourriture par jour et par personne…
En diversifiant les plantations axées sur sept sortes d’aliments à raison d’environ 50 kg de chaque, cela donnera alors 350kg (en arrondissant donc, les 365 kg dont on a besoin, chacun)

– 50 kg de céréales (blé, orge, seigle, maïs, avoine, etc…) cultivés sur 100m2 avec 1,5 kg de semences.
– 50 kg d’oléagineux (noix, noisettes, graines de courge, tournesol, pavot, colza, etc…) cultivés sur 100m2 avec … semences (sauf arbres = vivaces)
– 50 kg de pommes de terre (+ autres tubercules, châtaignes, etc…) cultivés sur 20m2 avec une centaine de plants de pommes de terre p.ex.
– 50 kg de fruits (pommes, poires, raisins, etc…) cultivés en vivaces sur environ 100m2.
– 50 kg de choux (divers y compris rutabagas, navets, etc…) cultivés sur environ 20m2.
– 50 kg de légumes (carottes, oignons, poireaux, céleris, etc…) cultivés sur environ 15m2.
– 50 kg de légumineuses (haricots, pois, (secs) etc…) cultivés sur 200m2 avec 2 à 3 kg de semences.

NB: ces chiffres ont été proposés par Geispe (Après Pétrole)
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26 décembre 2010 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE | , , , , | Un commentaire

Présentation de l’économie distributive


par M.-L. DUBOIN

De grands progrès techniques…

Le nombre d’heures de travail annuel d’un ouvrier est passé de 5.000 en 1850 à environ 1.600 actuellement. En dépit de la croissance démographique, cette diminution du temps de travail s’est accompagnée d’un formidable accroissement de la production, qui, au plan mondial et par habitant a été multipliée par 2,5 entre 1960 et 1990. Rien qu’en France, le nombre total d’heures travaillées est passé de 40 milliards en 1973 à 35 milliards en 1990 et la PIB s’est accrue en dix ans de 1.350 milliards de francs, (environ 205 milliards d’euros), soit en moyenne de trente euros par personne et par mois.

L’humanité est confrontée non pas à une crise, mais à une véritable mutation, plus profonde et bien plus rapide que toutes celles qu’elle a déjà connues, celle du néolithique par exemple. Le développement des techniques de production est tel que de puissantes machines, automatisées, informatisées, peuvent désormais remplacer le travail de l’homme dans toutes les tâches de routine, se substituer non seulement à ses muscles et à l’agilité de ses doigts, mais aussi à sa mémoire, à certains de ses sens et même aux activités logiques de son cerveau. Fruit des efforts accumulés génération après génération, ce bouleversement des moyens de production est irréversible.

Or les bases sur lesquelles le système économique en vigueur est fondé transforment ce progrès des connaissances en catastrophes sociales et écologiques :

…transformés en désastre social

1• À l’époque où les économistes classiques ont conçu ce système, les moyens de production n’étaient pas en mesure d’éviter de fréquentes et graves famines. Produire toujours plus pour vaincre la pénurie fut donc leur seul objectif, imposé par la rareté des biens de première nécessité.

Les 358 personnes les plus riches du monde possèdent autant que les 2,3 milliards les plus pauvres.

– Mais au XXIème siècle, alors que les moyens existent pour satisafaire tous les besoins de première nécessité, rien ne peut justifier que 850 millions de personnes souffrent de malnutrition, que des cultures vivrières soient abandonnées parce que la production de drogues et d’armes rapporte beaucoup plus, et que quelques centaines de nos semblables dépensent des fortunes en gadgets d’un luxe exubérant tandis que près de deux milliards d’autres sont dans le plus total dénuement, n’ayant même pas accès à l’eau potable.

=> Les problèmes de production étant résolus, ce sont ceux de la répartition des richesses produites qu’il s’agit de résoudre.

2• L’accès aux moyens d’existence passe (sauf pour quelques privilègiés de naissance) par la nécessité de se vendre sur le marché de l’emploi.

Les grands laboratoires pharmaceutiques dépensent plus en publicité qu’en recherche.

– Mais quand des appareils perfectionnés produisent sans labeur humain, les salariés « dégraissés » ne peuvent plus « gagner leur vie », et ceux qui perdent leur clientèle cherchent de nouveaux « débouchés ». Et c’est toute l’économie qui est alors détournée : il ne s’agit plus de satisfaire les besoins vitaux mais de produire au moindre coût, n’importe comment, n’importe quoi, pourvu que le produit puisse séduire un client solvable. C’est ainsi que la publicité ou les « centres d’appel » offrent des emplois,mais pour forcer la vente en abrutissant les clients potentiels. Certains gouvernements, parfois, tentent de remédier à cette « crise économique » par redistribution ; mais c’est mécontenter tout le monde : ceux qui payent impôts et taxes s’estiment volés des fruits de leur travail, et ceux qui en bénéficient se sentent humiliés d’être assistés et perdent courage.

Ainsi, dans ce monde de plus en plus riche, où le progrès technique n’a pas été transformé en progrès social, ce sont la délinquance, la violence et la révolte qui se développent.

=> Il faut reconnaître à chacun le droit économique d’avoir de quoi vivre, et admettre en même temps qu’il est de son devoir de participer à la création des richesses.

3• Le choix de l’avenir repose sur le crédit, qui permet d’investir aujourd’hui pour élaborer les moyens de production qui serviront demain.

– Or les États ont abandonné aux banques et à d’autres institutions privées le pouvoir de créer toute la monnaie scripturale, soit environ 85% de la monnaie en circulation, sous forme de crédits. Pouvant ainsi créer jusqu’à dix fois plus que le montant de leurs dépôts, elles ont donc le droit de prêter ce qui n’existe pas… !

« Dans son essence, la création de monnaie ex nihilo actuelle par le système bancaire est identique à la création de monnaie par des fauxmonnayeurs « Maurice Allais, « prix Nobel d’économie »

Ce privilège, outre qu’elles en profitent pour exiger le paiement d’intérêts, leur fait jouer un rôle déterminant dans l’économie, puisque c’est à elles que revient de choisir les entreprises à développer. Alors l’économie est orientée vers un unique objectif, rapporter de l’argent, et la croissance devient une obligation pour servir une rente. Le développement d’un pays est décidé pour le profit de gros investisseurs internationaux, au mépris des populations. La spéculation monétaire est devenue plus rentable que la production.

Il n’est donc pas étonnant que ceci conduise au mépris de tout autre considération et engendre les dérives catastrophiques que l’on déplore, que ce soit vis à vis des Droits de l’Homme ou de son environnement. Il est inutile de dénoncer une à une toutes ces dérives ou de chercher à remédier à chacun de leurs effets : ils se reproduiront en permanence tant qu’on ne s’attaquera pas à leur cause.

=> La création monétaire, au lieu d’avoir pour seul objectif de servir des rentes aux plus riches, doit revenir au politique pour qu’il soit possible de décider démocratiquement l’orientation de l’économie. Alors il sera possible d’investir en fonction des besoins, même non rentables, de tenir compte de certains impératifs de production, comme celui de ne pas gaspiller les ressources naturelles, de développer la culture et les arts, de stimuler la recherche même sans but lucratif à court terme, etc.

– Qu’est-ce que l’économie distributive ?

Mais ceci oblige à remettre en question les fondements du système économique qui domine nos relations sociales. Et c’est difficile. D’abord parce qu’il faut surmonter la croyance, savamment répandue, que le capitalisme, devenu universel, n’a pas d’alternative, qu’il résulte de lois économiques aussi éternelles que celles de la nature. Et puis parce que l’économie et la finance apparaissent comme des « chasses gardées », des sciences si compliquées qu’il est impossible au grand public de les comprendre et de vouloir en changer.

Pour aider cette remise en cause urgente, nous proposons, sous le nom d’économie distributive, une économie de répartition en fonction des besoins, en contestant d’abord le postulat sur lequel est bâti le système actuel, qui prétend que l’intérêt égoïste de chacun mène naturellement, comme par miracle, à l’intérêt général. Au lieu de laisser faire en prenant prétexte de ce postulat faux, il faut plutôt considérer que nous sommes tous cohéritiers d’un patrimoine qu’il s’agit d’améliorer autant que possible et de transmettre aux générations futures après en avoir partagé équitablement l’usufruit.

Pour cela, chacun doit pouvoir choisir son activité et défendre son intérêt au sein d’un débat où tous les points de vue pourront être pris en considération. Comment ?

D’abord en reconnaissant que le droit économique de tout citoyen lui garantit à vie sa part du patrimoine commun, qui se matérialise par un revenu suffisant pour vivre décemment. Et du même coup qu’il est de son devoir de participer, dans la mesure de ses moyens, à la vie de la société à laquelle il appartient. Il doit donc consacrer une partie de son temps à des activités utiles aux autres, et il faut qu’il puisse les choisir selon ses propres aspirations, en fonction de ses aptitudes et des besoins de la société.

Ceci implique de changer :

1 les revenus

Le compte de chacun est régulièrement crédité de son revenu social, qu’aucun impôt ni taxe ne vient ensuite modifier. Le montant de ce revenu de base est le même pour tous au même âge. Mais un revenu supplémentaire, personnalisé, peut être envisagé dans le cadre du « contrat civique ».

2 la monnaie

La monnaie distributive n’est qu’un pouvoir d’achat, elle s’annule dès qu’elle a servi. La masse monétaire est un flux qui équilibre la valeur des biens produits pour être vendus. Sa seule fonction est de distribuer équitablement la production, tout en laissant à chacun la liberté de choisir ses achats. Le paiement d’un bien ou d’un service donne lieu à un débit du compte de l’acheteur, et pour le vendeur, il n’est que l’information qui lui permet de gérer la distribution dont il a la responsabilité.

3 le travail

Le travail nécessaire à la production, de même que toute activité sociale, entre dans le cadre du contrat civique qui définit la participation de tout individu majeur à la vie de la société dont il fait partie et qui alimente son compte en lui versant son revenu.

La participation d’un citoyen doit pouvoir prendre les formes les plus diverses et variées, définies dans son contrat civique :

– et le contrat civique ?

Ce contrat dont il a l’initiative, et qui est renouvelable, lui permet d’alterner ou mener de front des activités de formation, de production, de gestion, de participation aux décisions politiques, avec des années sabbatiques pour s’occuper à sa guise, voyager, se recycler, etc. En proposant sa contribution, le citoyen définit aussi les investissements dont il a besoin pour l’exercer et, éventuellement, il estime et justifie le supplément de revenu personnel qu’il en attend.

Les contrats civiques, leur acceptation, leur renouvellement, leurs modifications, sont l’objet des débats de Conseils dans lesquels les usagers sont au moins aussi bien représentés que les spécialistes (de la profession concernée, de la santé, de la gestion, de l’environnement, etc.) de façon à ce que tous les aspects et conséquences d’un contrat puissent être pris en considération.

Sièges à la fois de la politique économique et de la création monétaire qui y est liée, ces Conseils ont soin de veiller à ce que toutes les proposition ou offres de contrat soient largement publiées à l’avance et que des aides soient mises à la disposition du public pour les préparer, les présenter, les défendre. Sans entrer ici dans les détails, précisons, même si cela va de soi, que pour la majorité des gens en activité, le contrat civique peut consister tout simplement à exprimer leur souhait de continuer ou à demander une amélioration ; qu’évidemment des contrats peuvent être présentés par un groupe de personnes offrant de s’associer dans une entreprise qu’ils définissent en commun, etc .

– la démocratie en économie…

Cette façon de gérer démocratiquement l’économie permet d’en avoir la vision à long terme, ce qui fait tant défaut aujourd’hui.

Le débat et les décisions publiques au sujet des contrats permettent en effet :

• l’évaluation de la production à réaliser en tenant compte des besoins [*], des moyens nécessaires (disponibles ou à préparer), et des échanges avec l’extérieur ;

• l’évaluation des tâches correspondant à cette production, en tenant compte des meilleures méthodes connues, des contraintes (d’environnement par exemple) et des recherches à entreprendre. (Cette évaluation pourrait, en cas de nécessité, définir la durée d’un service civil minimum ) ;

• l’évaluation des coûts et investissements nécessaires à la production et aux services publics, et les prix des marchandises offertes.

… Une perspective à préparer

Le montant total des revenus à distribuer à l’ensemble de la population est un flux qui équilibre celui de la production mise en vente.

C’est au débat politique de fixer le rapport entre le montant total du revenu social indifférencié et celui des revenus personnalisés destinés à favoriser certaines activités pénibles ou stimuler l’innovation.

Un tel changement ne se fera par miracle et d’un seul coup. Notre ambition est d’apporter un espoir, en montrant qu’il est posible de réaliser, à plus ou moins long terme, une société évolutive dans laquelle tout être humain puisse prendre conscience du rôle qu’il y joue et qui donne un sens à sa vie.

C’est dans cette perspective qu’il nous paraît sain d’envisager toute réforme proposée. De soutenir, comme une étape, toute transformation contribuant à cette évolution et de combattre tout ce qui contribue à en retarder l’élaboration.

———
source:http://economiedistributive.free.fr/ un très bon site

[*] La vente n’étant plus faite pour le profit, elle est libérée de la pression publicitaire, ce qui permet aux détaillants d’évaluer les besoins d’après la façon dont les revenus sont dépensés.


Présentation de l’économie distributive

– Document sur deux pages A4 recto/verso pour diffusion.
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24 décembre 2010 Posted by | ECONOMIE LOCALE | , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Êtes-vous plutôt béton ou cannabis ?


Une filière économique en train de naître : le Cannabis sativa pour l’habitat  

Par gaëlle richard- SudOuest.fr

 Le chanvre, transformé, est associé à la chaux pour créer un béton bio.  photo « sud ouest »

Le chanvre, transformé, est associé à la chaux pour créer un béton bio. photo « sud ouest »

Il paraît que les trois petits cochons ont oublié un matériau pour construire leurs maisons. L’on dit même que ce serait le maire de Lagraulet qui le fabriquerait. Nicolas Méliet cultive, depuis cette année, 80 hectares de Cannabis sativa. Du chanvre. Celui de Lagraulet pousse en bio et est destiné à la construction.

Son compère, Pierre Amadieu, également agriculteur bio et gérant de la société Start Hemp, en produit 120 hectares. À eux deux, ils peuvent fournir la filière naissante de chanvre bio pour la construction. Avec le soutien du sénateur maire de Fleurance Raymond Vall et de son équipe, des tables rondes se succèdent, réunissant les acteurs de la production, de la transformation et de l’utilisation.

Du champ au chantier

Comment naît une filière économique ? « Eh bien, chacun de ces protagonistes explique ce dont il a besoin, résume Nicolas Méliet. Et tous les autres font en sorte de répondre à ces besoins. »

Depuis juillet dernier, la filière du chanvre bio destiné à la construction est ainsi en train de voir le jour. Demain, à la mairie de Lagraulet, table ronde et démonstration clôtureront la mise en place de ce réseau de professionnels.

L’idée de Nicolas Méliet et consorts consiste à mettre sur pied un circuit court. La production de Cannabis sativa de Lagraulet sera utilisée pour la construction de maisons à Lagraulet. Tout au plus dans le Gers. Mais on est loin du manque d’ambition. Le but est de s’attribuer un marché local en éliminant les intermédiaires, de manière à ce que chaque protagoniste soit dignement rémunéré. Du champ au chantier, directement.

Pour le chantre du chanvre, les atouts de cette plante ne sont plus à démontrer. « Il s’agit d’un très bon isolant phonique et thermique, affirme Pierre Amadieu. Il est en outre un bon régulateur hygrométrique et il apporte un confort d’été grâce à son inertie thermique. » Le principe consiste à réaliser un béton en mélangeant la partie du chanvre appelée la chènevotte avec de la chaux.

Seulement, des freins ralentissent encore le développement économique de cette espèce botanique, utilisée par l’homme depuis le néolithique : le prix, le faible nombre d’entreprises formées à l’utilisation et l’offre encore marginale. C’est à tous ces inconvénients que la filière gersoise tentera d’apporter des solutions. « Nous allons essayer de rapprocher le prix d’une maison en chanvre de celui d’une habitation traditionnelle », annonce Nicolas Méliet.

La machine inventée par Pierre Amadieu pourrait bien participer de cet objectif, puisqu’elle permettra de projeter le chanvre transformé, remplaçant la pose à la main beaucoup plus onéreuse et moins compétitive vis-à-vis du ciment.

20 décembre 2010 Posted by | ECONOMIE LOCALE, ENERGIE, LOGEMENT | Laisser un commentaire

Après-pétrole : et si les habitants initiaient la transition des villes ? | Rue89


Après-pétrole : et si les habitants initiaient la transition des villes ? | Rue89.

4 décembre 2010 Posted by | DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE, ENERGIE | , | Laisser un commentaire

Qu’est-ce qu’une coopérative intégrale?


COOPERATIVES POUR SORTIR DU CAPITALISME

Submitted by enric on Wed, 28/04/2010 – 02:35

Une des choses que nous pouvons apporter depuis la Catalogne est le travail que nous sommes entrain de réaliser, mûrement réfléchi et déjà mis en pratique à l’heure actuelle: un nouveau modèle de coopératives facilitant les relations avec le domaine juridique, afin de pouvoir créer en son sein une trame de projets autogérés, ainsi que des relations économiques alternatives simplifiant la transition vers une organisation sociale libre du capitalisme.
Nous pouvons mettre ce travail en commun et partager des idées sur ce modèle, ainsi que de la voie à suivre pour l’implanter dans d’autres territoires. Ci joint un texte explicatif du projet de coopérative intégrale que nous sommes entrain de mettre en place.

La coopérative intégrale, c’est quoi?
Cela consiste en une forme juridique qui nous permettrait de construire un espace de relations économiques autogérées entre les participants, qui soit blindée contre les saisies publiques ou privées, et qui minimise de manière totalement légale, ou tout du moins sous une forme impunissable, le paiement d’impôts et  de sécurité sociale, se protégeant ainsi le plus possible des banques et de l’état. C’est donc une forme juridique légale de transition pour nous permettre de construire, sur un plan plus local, une manière de vivre où ni la banque ni l’état ne seront nécessaires. Légalement, il s’agit d’une coopérative mixte de services et de consommation, de sorte que les entreprises, professionnels ou producto/consommateurs, puissent participer aux échanges de services internes et vendre également en dehors de la coopérative. De la même façon, les membres consommateurs peuvent organiser leurs achats en commun, qu’ils se fassent vers l’intérieur ou l’extérieur.
Cette idée a surgit du collectif Crisis, et a été exprimée dans la publication « Nous pouvons vivre sans capitalisme ». Dans un premier temps, cela apparaissait comme une foule de projets entremêlés à caractère local, c’est à dire de diverses petites coopératives intégrales. Face à l’éparpillement des personnes intéressées et pensant qu’une coopérative plus grande répondrait plus facilement aux questions d’économie et de gestion, fin 2009 le projet se reprend, s’annonçant cette fois comme celui d’une seule coopérative intégrale, étendue à toute la Catalogne, et qui pourrait ainsi inclure toutes les personnes intéressées de notre territoire.

Quelle envergure devrait avoir la coopérative?
Si un jour la coopérative devient trop grande pour que les assemblées restent viables,il faudra en créer une seconde, sur les mêmes principes que la première, en pensant à mettre en avant le fait que les membres de la coopérative pourront vivre de plus en plus proches les uns des autres.
DANS QUELLE OBJECTIFS CRÉER UNE COOPÉRATIVE INTÉGRALE?
Comme objectif central: construire une trame de relations économiques coopératives et solidaires entre personnes et entreprises sociales, qui sorte des lois du marché et qui ne soit pas contrôlée par l’état; que cela soit un espace pour promouvoir et faire pousser des produits écologiques et locaux, développer des services réellement nécessaires à notre quotidien , de nouveaux projets d’auto-emploi en lien avec ces nécessités réelles. A long terme cela pourrait se transformer en une autre société hors du contrôle capitaliste, avec son propre système de sécurité et de prévision sociales, afin de garantir les nécessités basiques de tous ses membres durant tout leur parcours vital.
Comme objectifs plus concrets à court terme:
*Réduire nos dépenses en euros et appuyer le développement des monnaies sociales dans les eco-réseaux:
*Réduire le prix des produits nécessaires à travers les achats collectifs.
*Faciliter une sortie économique collective aux personnes devenues insolvables à cause d’une banque ou de l’état.

3.COMMENT FONCTIONNER DU POINT DE VUE ÉCONOMIQUE?
La loi impose d’entrée un capital minimum de 3OOO euros (en biens ou en argent). Pour l’obtenir, nous aurons recours au prêt, pour une période très courte, prêt fait à l’un des membres ayant des économies. L’argent pourra être remboursé une fois que la coopérative aura été crée. Une fois chose faite, à l’heure d’organiser la gestion économique de la coopérative, il nous faudra faciliter l’autonomie dans le fonctionnement quotidien de chacun des projets productifs et l’organiser de façon à ce que de nouveaux projets n’affectent pas les soldes d’un autre. Pour cela, nous créerons un compte courant pour chaque projet en ayant besoin , et nous nous assurerons que la banque ne se consacre pas à couvrir les soldes négatifs d’un compte avec de l’argent d’un autre. Nous devrons ainsi: ou bien créer chaque compte dans une entité différente, ou bien trouver une entité financière (du principe des banques éthiques), qui nous garantisse qu’ils n’y aura pas de mouvements d’argent non désirés entre les différents comptes de son entité.
Sur ce point, il est bon de se rappeler qu’une protection supplémentaire que nous offre la coopérative , c’est que le capital social du membre, obligatoire ou volontaire, n’est pas saisissable si le membre l’est. En effet, ainsi le détermine la loi, à la différence d’autres formes d’organisations comme les autonomes, les sociétés limitées et les anonymes. De ce fait, les biens et l’argent qu’il y a dans une coopérative ne peuvent être saisis seulement si la coopérative elle même est saisie pour ses propres dettes, et non pour les dettes de ses membres. Cela nous permettra d’être insolvables et au chômage comme personnes au yeux du système et des juridictions, tout en nous permettant vivre en toute normalité, en travaillant et en consommant de manière autogérée, sans avoir à nous préoccuper des saisies de dettes antérieures. C’est pour cela que la manière dont nous fonctionnerons protégera légalement les membres, et ce via une relation de réciprocité avec le bien commun.
Il est donc clair que la coopérative ne pourrait pas s’endetter, car son patrimoine, qui serait notre patrimoine commun, serait impossible à saisir légalement. C’est pourquoi les personnes et les entreprises en faisant partie devront appliquer strictement ce qui suit: ils ne pourront pas s’endetter avec des entités financières au nom de la coopérative,ou bien avec des fournisseurs, au-delà des paiements au bout des 30, 60, ou 90 jours habituels selon les cas. Aucune dette possible non plus avec le Trésor Public ou autres entités étatiques. Il ne sera pas non plus possible de demander des subventions au nom de la coopérative car cela serait un outil de contrôle de l’état envers nous.

Gestion économique pratique
A) Gestion en monnaie officielle : La gestion de l’activité économique en monnaie officielle aurait pour but de faciliter, de manière pratique,que les membres l’utilisent pour travailler et puissent en faire un usage qui ne porte préjudice ni à la coopérative ni à ses membres, mais qu’elle leur permette en même temps d’avoir une activité économique autonome.

Activité productive autonome: Chaque personne ou entreprise ayant une activité productive autonome pourrait ouvrir un compte au nom de la coopérative, compte avec lequel il serait autorisé à opérer pour encaisser ses clients et payer ses fournisseurs. Chaque unité productive aura également un modèle de facture et une numérotation disponible pour pouvoir émettre des factures de façon autogérée, mais toujours sous la coordination de la commission de gestion économique. Ainsi, la commission économique de la coopérative, coordonnée par une personne ayant des connaissances en comptabilité et en gestion, en plus d’offrir un appui en droit et en gestion pour ses membres, effectuera un proche suivi afin qu’un compte courant ne puisse pas se transformer en problème pour l’ensemble de la coopérative.

Recyclage et auto-emploi, deux façons de s’intégrer dans la coopérative: En plus des personnes ayant déjà une initiative économique en tête ou en exécution, la coopérative intégrale est un espace tout à fait adéquat pour recycler l’activité de ces commerces qui ne vont plus de l’avant, en suivant une idée d’utilité sociale et de complémentarité. Par conséquent, pour les personnes en recherche d’emploi, il y aura une commission d’auto-emploi qui se consacrera à proposer des formations, un appui ou un accompagnement selon les cas, pour que la personne puisse réaliser des taches qui soient utiles au collectif, dans le cadre des nécessités coopératives et communautaires, et qui puisse être suffisamment rémunérées en monnaie officielle pour répondre aux dépenses concrètes de la personne.

Activité de consommation coordonnée: Seront crées des comptes unitaires tels que des coopératives gérées directement par la commission économique, qui se chargera d´effectuer les encaissements des responsables de chaque dépense. Ces comptes s´utiliseront pour les courses collectives, mais aussi pour héberger des reçus personnels. De cette façon la coopérative pourra négocier et gérer de manière unitaire n´importe quelle facture que dépose ses membres, que cela soit d´électricité, d´eau ou de téléphone. En parallèle à cela, il s´agira de minimiser ses dépenses, via une commission de consommation consciente et à travers d´ateliers tels que: -Formation pour la réduction de la consommation d’eau et d’énergie; -Formation à l’utilisation d’outils réduisant les coûts (par exemple la téléphonie via internet, etc.)
Services communs : Il s´agit de ressources qui seront financées par tous et toutes car elles sont d’intérêt général. Pour le moment, sont proposés: la gestion économique interne, indispensable pour le projet, mais aussi les serveurs télématiques de movimiento.net et marsupio qui seraient des outils à utiliser pour tous les projets. Le financement se ferait à travers des cotisations ou des apports des membres qui le désirent, ce pour quoi ils recevraient une équivalence en monnaie sociale, à dépenser dans n´importe quel produit ou service acceptant des monnaies sociales ou appuyant la coopérative intégrale.

Dépenses communes: A partir d´un présupposé de la commission économique, et en tenant compte du fait qu’au moins une de ces personne s´y consacre professionnellement, il en découlera des cotisations que paieront tous les membres de la coopérative, tant les producteurs que les consommateurs, ce qui facilitera les autres dépenses communes. Vu que certains participants producteurs de la coopérative se verront délester de nombre des dépenses auxquelles ils devaient habituellement faire face, comme la gestion, remplir ce dernier point ne devrait pas poser de problème, mais si quelque projet ne peut pas payer, il sera cherché quelque mécanisme alternatif afin qu’il puisse lui aussi porter sa pierre aux nécessités publiques. Nous développerons davantage ce point dans le paragraphe des cotisations des membres.
Ainsi donc, l’objectif global de la coopérative concernant l’activité de ses membres en monnaie officielle serait qu’ils puissent progressivement faire face à leurs dépenses seulement à travers l’activité qu’ils exercent dans la coopérative.

B) Gestion en monnaie sociale: Les monnaies sociales qu’utilisera la coopérative intégrale seront celles, locales ou bio-régionales, qui sont entrain de se mettre en marche en Catalogne. Pour cela chaque membre devra avoir un compte d’une de ces monnaies sociales et pourra échanger avec d´autres membres à partir du solde qu’il a dans sa monnaie locale. Pour cela on pourra en général profiter du système CES 3, qui permet de manière très simple l’achat/vente en monnaie sociale entre ‘personnes participant à des projets de monnaies sociales différents. Ainsi, les règles d´échanges seront celles déterminées dans chaque monnaie sociale à niveau local, de fait il n´est pas nécessaire que nous approfondissions ce point ici. Il serait bon de s´informer des différentes monnaies sociales qui sont en marche, à travers ce lien: http://www.ecoxarxes.cat

4. METTANT EN MARCHE CETTE COOPÉRATIVE INTÉGRALE
Nous nous réunissons actuellement tous les 15 jours à Barcelone. Nous sommes conscients que le fait de se réunir à Barcelone comporte ses limites, mais c´est l’option qui nous a semblé la plus judicieuse pour que le projet aille de l’avant. La coopérative est entrain de se légaliser et nous opérerons en son nom sous peu. Nous sommes déjà entrain de mettre en marche des commissions de travail, et nous avons déjà un réseau social en fonctionnement: http://cooperativa.ecoxarxes.cat A mesure que notre nombre s´accroîtra, nous faciliterons la constitution de noyaux locaux. Ces derniers pourront localiser en leurs territoires les taches et les commissions de travail de toute la coopérative et faire le lien entre les connaissances à partager via la coopérative et les nécessités locales. Les projets en lien avec des noyaux locaux seront également gérés par la commission économique, cependant ils pourront créer des outils et des ressources propres à l´extension de la coopérative intégrale sur le plan local. La commission économique est déjà en fonction actuellement, et se consacre à étudier chaque projet déjà actif voulant s´intégrer dans la coopérative intégrale, à faire un présupposé de tous les mouvements qui se feraient avec la monnaie conventionnelle et de ceux qui nécessiteraient un apport au pot commun pour faire face aux dépenses partagées. Il faudra également s´accorder sur la question des cotisations que doit apporter chaque personne/groupe selon sa situation, et voir si apparaissent des problèmes ou des taches nécessitant d´y consacrer du temps. Pendant que les gens ayant déjà un travail et que la commission économique commencent leurs fonctions, les autres éléments élémentaires de la coopératives se constitueront peu à peu: comme la commission de consommation consciente, la commission d´auto-emploi (à ce moment même déjà crée) et progressivement, nous étendrons également l’usage des monnaies sociales. A partir de là on pourra savoir quels sont les pas nécessaires et les plus adéquats pour consolider le projet. En effet, plusieurs chemins sont possibles et il est question de les vérifier, de partager les expériences et d´apprendre les uns des autres.
Résumé des pas commentés:
1 – Positionnement de quelques personnes ayant des projets déjà actifs derrière la création de la coopérative.
2 – Manifestation de l’intérêt d´autres personnes souhaitant y participer
3 – Premières réunions. Décisions à propos des statuts, du capital initial, des cotisations des membres, de la commission économique. Décisions également concernant les services communs, de la mise en marche de la centrale d´achat.
4 – Création légale de la coopérative.
5 -Fonctionnement productif de quelques membres depuis la coopérative, pendant que sont initiées d´autres commissions. L´avantage de créer beaucoup de projets avec le même format dans la coopérative est que nous pourrons obtenir une capacité de ressources techniques et d´expérience partagée pour faire en sorte qu’il soit simple de l’appliquer à chaque fois que l’on voudra créer un nouveau projet, beaucoup plus qu’il ne le serait en repartant de zéro à chaque fois.
5. OÚ VOULONS NOUS EN VENIR? LA COOPÉRATIVE INTÉGRALE COMME ÉCOLE D´ AUTOGESTION ET DE COOPÉRATION SOCIALE. RÉSEAUX EN RÉSEAUX.
Au delà de l´économie et de couvrir nos nécessités, la proposition de coopérative intégrale serait une trame adéquate pour récupérer des relations sociales solidaires et des idées de collectivité et d´auto-gestion que nous a enlevé le système actuel, basé sur la propriété, l’action individuelle et la compétition. Cela pourrait être un espace où l’on pourrait apprendre à autogérer l’apprentissage, autogérer la santé ainsi que les nécessités émotionnelles et personnelles; une école où apprendre à autogérer nos vies depuis l´économie jusqu’à la psychologie, où nous pourrions nous dés-éduquer de ce que notre éducation pour être compétitifs nous fait porter à l’intérieur. Participer à une coopérative intégrale, c´est parier pour une nouvelle manière de vivre dans laquelle ce qui guide nos actes n’est plus la compétition mais la coopération. Ce processus ne sera pas fluide, sans obstacles, nous portons des sentiments de méfiance et matérialistes très intériorisés et il sera normal que cela nous coûte, mais c´est un processus qui se fait urgent en vue de l´effondrement du système actuel et du manque de solutions que sont entrain d´expérimenter les personnes qui en ont été exclues à cause de cette crise. Comment pourrait se dessiner le futur de cette société faite par et pour nous? Pour le visualiser, quelques exemples pratiques:

L’espace intra-coopératif
Jusqu’à maintenant nous avons parlé de l’économie de «transition », c’est à dire celle dont nous avons besoin alors que nous ne pouvons sortir complètement du système capitaliste, qui nous oblige à utiliser sa monnaie pour quelques nécessités basiques. Parlons maintenant de l’autre aspect, qui au fond est le plus important que la coopérative puisse générer, surtout à la fin. En premier lieu, les critères de ces relations économiques devraient différencier les nécessités basiques des autres. Le logement, l’alimentation, la santé et l’éducation devraient être les sujets prioritaires pour les membres. En ce sens, la coopérative essayerait de fonctionner comme devrait le faire réellement une «institution publique » , c’est à dire en se préoccupant de la vie digne de ses habitants, et en gardant une réserve de ressources suffisante pour suffire à leurs besoins sur le long terme.
Une fois que la coopérative sera suffisamment en marche, nous créerons un groupe de travail pour étudier la mise en route d’un projet de « sécurité sociale », sur le style de ce que nous sommes entrain de commenter. Ensuite, dans les noyaux locaux, on fera la promotion d’une économie communautaire que l’on pourrait également appeler de « réciprocité spontanée », dont la base serait que rien n’est à personne, sinon à celui qui l’utilise, jusqu’à ce qu’il n’en ai plus besoin. Un projet important qu’il faudrait développer dans la coopérative est celui des « boutiques gratuites », les chosathèques et les magasins collectifs, où les gens amènent ce dont ils ne se servent pas et repartent avec ce dont ils avaient besoin. De cette façon, nous créerons peu à peu, dans une enceinte proche, une économie collectiviste basée sur le fait qu’à travers le commun, nous pouvons subvenir à nos besoins individuels plus directement et à moindre coût que nous ne le ferions en conservant une vision individualiste de la satisfaction des besoins. Un groupe de travail de chargera de dynamiser cette partie de l’économie sans argent de la coopérative intégrale et de faciliter sa mise en marche dans les noyaux locaux.
Relations économiques avec des projets externes à la coopérative.
Au-delà de notre vie en coopérative, une autre forme de relation naturelle qui irait à mesure que sa mise en marche soit une réalité, serait les échanges avec d’autres projets analogues ne faisant pas partie de la coopérative. Dans ce domaine cela fonctionnerait: -si le projet n’est pas réceptif aux propositions d’échanges en monnaie sociale, on pourrait réaliser des achats collectifs en euros, depuis la centrale d’achat (ce qui est un mécanisme convenable pour réduire les prix et éliminer les intermédiaires). -Si les membres du projet se montrent réceptifs, on réalisera alors une partie des achats en euros et l’autre en monnaie sociale de sorte que ce type de producteurs voit qu’il s’y retrouve en participant à la monnaie sociale, et peut être ainsi s’inscrira-t-il dans un réseau pour d’autres échanges.
La coopérative intégrale aurait sa commission « relations externes » pour faciliter le contact entre la coopérative qui offre et demande, et les personnes membres de son groupe. De cette manière il y aurait beaucoup de flexibilité et de capacité de répondre avec des courses en gros. Cela ne serait donc pas seulement un échange entre personnes sinon un échange entre de nombreuses organisations, qui, en tant que telles, ont une capacité de réponse importante. Ainsi, les échanges deviendraient bien plus agiles et fertiles que dans le format individualiste prédominant, où les problèmes tels que l’anonymat ou la méfiance rendent difficiles le développement d’alternatives économiques de ce genre.

http://www.sanscapitalisme.net/fr/node/4327

25 novembre 2010 Posted by | DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE, Notre démocratie | , , , | 10 commentaires

Les Chômeurs Heureux


le manifeste de chômeurs heureux

(extraits)

Le nouveau délire conservateur reproche aux chômeurs de se complaire dans l’assistance, de vivre aux crochets de l’Etat et patati et patata.

Bon, pour autant que l’on sache, l’Etat existe toujours, et encaisse des impôts, c’est pourquoi nous ne voyons pas en quel honneur nous devrions renoncer à son soutien financier. Mais nous ne sommes pas polarisés sur l’Etat. Nous ne ver-rions aucun inconvénient à un financement venant du secteur privé, que ce soit sous la forme du sponsoring, de l’adoption, d’une taxe sur les revenus du capital, ou du racket. On n’est pas regardants.

Si le chômeur est malheureux, c’est aussi parce que le travail est la seule valeur sociale qu’il connaisse. Il n’a plus rien à faire, il s’ennuie, il ne connaît plus personne, parce que le travail est souvent le seul lien social disponible. La chose vaut aussi pour les retraités d’ailleurs. Il est bien clair que la cause d’une telle misère existentielle est à chercher dans le travail, et non dans le chômage en lui-même. Même lorsqu’il ne fait rien de spécial, le Chômeur Heureux crée de nouvelles valeurs sociales. Il développe des contacts avec tout un tas de gens sympathiques. Il est même prêt à animer des stages de resocialisation pour travailleurs licenciés.
Car tous les chômeurs disposent en tout cas d’une chose inestimable : du temps. Voilà qui pourrait constituer une chance historique, la possibilité de mener une vie pleine de sens, de joie et de raison. On peut définir notre but comme une reconquête du temps. Nous sommes donc tout sauf inactifs, alors que la soi-disant « population active » ne peut qu’obéir passivement au destin et aux ordres de ses supérieurs hiérarchiques. Et c’est bien parce que nous sommes actifs que nous n’avons pas le temps de travailler.

le texte intégral

24 novembre 2010 Posted by | DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE, TRAVAIL | , , | Laisser un commentaire

Relocaliser l’économie


Créer une monnaie locale

Une telle monnaie a pour but de relocaliser les échanges économiques, et d’éviter la fuite de la richesse.

Des monnaies locales alternative existent dans les systèmes d’échange local (SEL). Ces systèmes permettent l’échange de biens ou de services sans passer par une monnaie réelle, seul un système de points étant mis en place pour pouvoir quantifier la valeur des échanges.

33 – Gironde
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18 novembre 2010 Posted by | ECONOMIE LOCALE, Notre démocratie | , , , , , | Laisser un commentaire

   

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