Aquitaine décroissance

vers une démocratie générale

La grève des électeurs


 
mirbeaug,

Octave Mirbeau 1888.

Une chose m’étonne prodigieusement ‹j’oserai dire qu’elle me stupéfie) c’est qu’à l’heure scientifique où j’écris, après les innombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse exister encore dans notre chère France (comme ils disent à la Commission du budget) un électeur, un seul électeur, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu’un ou de quelque chose.
Quand on réfléchit un seul instant, ce surprenant phénomène n’est-il pas fait pour dérouter les philosophies les plus subtiles et confondre la raison ? Où est-il le Balzac qui nous donnera la physiologie de l’électeur moderne ? Et le Charcot qui nous expliquera l’anatomie et les mentalités de cet incurable dément ? Nous l’attendons.

Je comprends qu’un escroc trouve toujours des actionnaires, la Censure des défenseurs, l’Opéra-Comique des dilettanti, le Constitutionnel des abonnés, M. Carnot des peintres qui célèbrent sa triomphale et rigide entrée dans une cité languedocienne; je comprends M. Chantavoine s’obstinant à chercher des rimes; je comprends tout.
Mais qu’un député, ou un sénateur, ou un président de République, ou n’importe lequel, parmi tous les étranges farceurs qui réclament une fonction élective, quelle qu’elle soit, trouve un électeur, c’est-à-dire l’être irrêvé, le martyr improbable qui vous nourrit de son pain, vous vêt de sa laine, vous engraisse de sa chair, vous enrichit de son argent, avec la seule perspective de recevoir, en échange de ces prodigalités, des coups de trique sur la nuque, des coups de pied au derrière quand ce n’est pas des coups de fusil dans la poitrine, en vérité, cela dépasse les notions déjà pas mal pessimistes que je m’étais faites jusqu’ici de la sottise humaine, en général, et de la sottise française en particulier, notre chère et immortelle sottise, ô chauvin !

 

Il est bien entendu que je parle ici de l’électeur averti, convaincu, de l’électeur théoricien, de celui qui s’imagine, le pauvre diable, faire acte de citoyen libre, étaler sa souveraineté, exprimer ses opinions, imposer ‹ô folie admirable et déconcertante) des programmes politiques et des revendications sociales ; et non point de l’électeur « qui la connaît » et qui s’en moque, de celui qui ne voit dans « les résultats de sa toute-puissance » qu’une rigolade à la charcuterie monarchiste, ou une ribote au vin républicain. Sa souveraineté à celui-là, c’est de se pocharder aux frais du suffrage universel. Il est dans le vrai, car cela seul lui importe, et il n’a cure du reste. Il sait ce qu’il fait. Mais les autres ?

Ah! oui, les autres ! Les sérieux, les austères, les peuple souverain, ceux-là qui sentent une ivresse les gagner lorsqu’ils se regardent et se disent : « Je suis électeur ! Rien ne se fait que par moi. Je suis la base de la société moderne. Par ma volonté, Floquet fait des lois auxquelles sont astreints trente-six millions d’hommes, et Baudry d’Asson aussi et Pierre Alype également. »
Comment y en a-t-il encore de cet acabit ? Comment, si entêtés, si orgueilleux, si paradoxaux qu’ils soient, n’ont-ils pas été, depuis longtemps, découragés et honteux de leur œuvre ? Comment peut-il arriver qu’il se rencontre quelque part, même dans le fond des landes perdues de Bretagne, même dans les inaccessibles cavernes des Cévennes et des Pyrénées, un bonhomme assez stupide, assez déraisonnable, assez aveugle à ce qui se voit, assez sourd à ce qui se dit, pour voter bleu, blanc ou rouge, sans que rien l’y oblige, sans qu’on le paye ou sans qu’on le saoule ?

A quel sentiment baroque, à quelle mystérieuse suggestion peut bien obéir ce bipède pensant, doué d’une volonté, à ce qu’on prétend, et qui s’en va, fier de son droit, assuré qu’il accomplit un devoir, déposer dans une boîte électorale quelconque un quelconque bulletin, peu importe le nom qu’il ait écrit dessus ?…
Qu’est-ce qu’il doit bien se dire, en dedans de soi, qui justifie ou seulement qui explique cet acte extravagant ? Qu’est-ce qu’il espère ? Car enfin, pour consentir à se donner des maîtres avides qui le grugent et qui l’assomment, il faut qu’il se dise et qu’il espère quelque chose d’extraordinaire que nous ne soupçonnons pas. Il faut que, par de puissantes déviations cérébrales, les idées de député correspondent en lui à des idées de science, de justice, de dévouement, de travail et de probité; il faut que dans les noms seuls de Barbe et de Baïhaut, non moins que dans ceux de Rouvier et de Wilson, il découvre une magie spéciale et qu’il voie, au travers d’un mirage, fleurir et s’épanouir dans Vergoin et dans Hubbard des promesses de bonheur futur et de soulagement immédiat.
Et c’est cela qui est véritablement effrayant. Rien ne lui sert de leçon, ni les comédies les plus burlesques, ni les plus sinistres tragédies.

Voilà pourtant de longs siècles que le monde dure, que les sociétés se déroulent et se succèdent, pareilles les unes aux autres, qu’un fait unique domine toutes les histoires: la protection aux grands, l’écrasement aux petits. Il ne peut arriver à comprendre qu’il n’a qu’une raison d’être historique, c’est de payer pour un tas de choses dont il ne jouira jamais, et de mourir pour des combinaisons politiques qui ne le regardent point.

Que lui importe que ce soit Pierre ou Jean qui lui demande son argent et qui lui prenne la vie, puisqu’il est obligé de se dépouiller de l’un, et donner l’autre ?
Eh bien ! non. Entre ses voleurs et ses bourreaux, il a des préférences, et il vote pour les plus rapaces et les plus féroces. Il a voté hier, il votera demain, il votera toujours.
Les moutons vont à l’abattoir. Ils ne se disent rien, eux, et ils n’espèrent rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera, et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l’électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des Révolutions pour conquérir ce droit.

Ô bon électeur, inexprimable imbécile, pauvre hère, si, au lieu de te laisser prendre aux rengaines absurdes que te débitent chaque matin, pour deux sous, les journaux grands ou petits, bleus ou noirs, blancs ou rouges, et qui sont payés pour avoir ta peau; si, au lieu de croire aux chimériques flatteries dont on caresse ta vanité, dont on entoure ta lamentable souveraineté en guenilles, si, au lieu de t’arrêter, éternel badaud, devant les lourdes duperies des programmes; si tu lisais parfois, au coin de ton feu, Schopenhauer et Max Nordau, deux philosophes qui en savent long sur tes maîtres et sur toi, peut-être apprendrais-tu des choses étonnantes et utiles. Peut-être aussi, après les avoir lus serais-tu moins empressé à revêtir ton air grave et ta belle redingote, à courir ensuite vers les urnes homicides où, quelque nom que tu mettes, tu mets d’avance le nom de ton plus mortel ennemi. Ils te diraient, en connaisseurs d’humanité, que la politique est un abominable mensonge, que tout y est à l’envers du bon sens, de la justice et du droit, et que tu n’as rien à y voir, toi dont le compte est réglé au grand livre des destinées humaines.

Rêve après cela, si tu veux, des paradis de lumières et de parfums, des fraternités impossibles, des bonheurs irréels. C’est bon de rêver, et cela calme la souffrance.
Mais ne mêle jamais l’homme à ton rêve, car là où est l’homme, là sont la douleur, la haine et le meurtre.
Surtout, souviens-toi que l’homme qui sollicite tes suffrages est, de ce fait, un malhonnête homme, parce qu’en échange de la situation et de la fortune où tu le pousses, il te promet un tas de choses merveilleuses qu’il ne te donnera pas et qu’il n’est pas, d’ailleurs, en son pouvoir de te donner. L’homme que tu élèves ne représente ni ta misère, ni tes aspirations, ni rien de toi; il ne représente que ses propres passions et ses propres intérêts, lesquels sont contraires aux tiens. Pour te réconforter et ranimer des espérances qui seraient vite déçues, ne vas pas t’imaginer que le spectacle navrant auquel tu assistes aujourd’hui est particulier à une époque ou à un régime, et que cela passera. Toutes les époques se valent, et aussi tous les régimes, c’est-à-dire qu’ils ne valent rien.
Donc, rentre chez toi, bonhomme, et fais la grève du suffrage universel. Tu n’as rien à y perdre, je t’en réponds; et cela pourra t’amuser quelque temps. Sur le seuil de ta porte, fermée aux quémandeurs d’aumônes politiques, tu regarderas défiler la bagarre, en fumant silencieusement ta pipe.

Et s’il existe, en un endroit ignoré, un honnête homme capable de te gouverner et de t’aimer, ne le regrette pas. Il serait trop jaloux de sa dignité pour se mêler à la lutte fangeuse des partis, trop fier pour tenir de toi un mandat que tu n’accordes jamais qu’à l’audace cynique, à l’insulte et au mensonge.

Je te l’ai dit, bonhomme, rentre chez toi et fais la grève.

11 décembre 2015 Posted by | Désobéissance civile | , , | Laisser un commentaire

Mobilisation et organisation d’une contre-Cop21


Rassemblement des différents articles publiés autour de la COP21 et infos utiles.

Agenda COP21 :

  • du 25 octobre au 27 novembre : convoi d’Agen vers la COP21
  • du 21 novembre au 28 novembre : convoi de l’Est vers la COP21
  • du 21 novembre au 28 novembre : tracto-vélo NDDL-Paris
  • du 26 novembre au 6 décembre : la bike block, convoi du Nord vers la COP21
  • du 30 novembre au 11 décembre : COP21 et journées d’actions du 29 nov au 12 décembre

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Marches vers la COP21 :

Appel depuis les zads et autres espaces en résistance. Pour que des convois convergent jusqu’à la COP 21

Le blog des marches : Marche sur la cop

  • Depuis la ZAD de Notre-Dame-des-Landes :

Organisation d’un convoi depuis Notre-Dame-des-Landes jusqu’à Saclay : Tracto-vélo. Le départ du convoi est prévu le 21 novembre à 8h30, à la Vache-Rit et passera par : Ancenis, Angers, La Flèche, Le Mans, Nogent-le-retrou, Chartres, Saclay et Paris.

Appel initial du convoi NDDL – Paris : ici.

  • Convoi de l’Est :

Convoi de l’Est ver la COP21, du 21 au 28 novembre, qui patira du quartier libre des Lentillères (Dijon) pour rejoindre Paris, via Buissière s/Ouche, Montbard, Tonnerre, Sens, Montigny-Lencoup, Saclay.

Appel publié chez Rebellyon.

  • Convoi Forcalquier – COP21 :

Convoi à partir de Forcalquier jusqu’à Paris (Saclay), à partir du 25 octobre, qui passera par la Drôme et par Lyon.Pour plus d’info la dessus, allez voir che Rebellyon.

  • Convoi à partir de la ZAD d’Agen :

Marche sur la COP21 de la ZAD d’Agen, en passant par la case tribunal, après être passé par la future LGV en construction. Pour les infos sur cette marche, c’est sur le site de la zad d’Agen que ça se passe.

  • Convoi de la cyclo climatique du Nord :

Départ de Mouscron (Belgique) le 28 novembre pour ensuite rejoindre à Lille le « Bike-Block » du Nord. Sinon, la Bike-Block part de Dunkerque, le 26 novembre. Pour les infos sur le convoi du Nord et de la Belgique, c’est sur Indymedia Bruxelles, ou sur le site Cyclopaysan-ne-s du Nord-Pas-de-Calais.

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Anti-Répression :

Pour préparer l’antiCOP21, un appel à été publié pour la création d’un comité de soutien aux manifestant-e-s interpellé-e-s pendant la COP 21 (initialement publié chez anticop21).

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Calendrier de la COP21 :

  • Samedi 28 Novembre : Convergence des convois des ZAD sur Paris.
  • Dimanche 29 Novembre : Manifestation
  • Du 29 Novembre au 12 Décembre : Journées d’action.
  • Samedi 12 Décembre : Clôture et journée d’action

Contre la COP21, appel international.

Appel depuis les zad et autres espaces de résistance : pour que les convois convergent vers la COP21.

La COP sera sociale ou ne sera pas (de Paris luttes info)

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Pour un suivi des actions :

Un 1er appel Vengeance ou nihilisme (trouvé chez lundi matin).

Blocus lycéen et étudiants contre la COP21 : ici ou directement sur anticop21.

A Grenoble, « Nous sommes le vent » : organisation d’un cycle sur l’écologie politique au 38 rue d’Alembert.

« Ils nous cachent le Soleil » Appel de l’Assemblée parisienne contre la COP21 à une présence anticapitaliste le 29 nov à République

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Les sites ressources sur la COP21 :

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Mis a jour : le jeudi 19 novembre 2015 à 12:08

20 novembre 2015 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE | , , , , | Laisser un commentaire

Démocratie de manipulation ? Les éléments de langage de LA BATAILLE DE NOTRE DAME-DES -LANDES.


Un livre si clair sur les méthodes de manipulation étatiques qu’il ne faudrait pas qu’il tombe entre les mains du plus grand nombre...

La Bataille de Notre-Dame-des-Landes, Éléments de langage,

de Jean Petit, éd. harmattan

9782343064277f

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Cet essai aborde les éléments de langage mis en place par le pouvoir lorsqu’il est confronté comme c’est le cas à Notre-Dame-Des-Landes à une opposition massive. Cette analyse de Jean Petit , membre d’un comité de lutte créé en 2012 lors de l’opération César* à Notre Dame Des Landes, est remarquable à plus d’ un titre.

Il s’agit d’un exposé magistral sur les méthodes d’ingénierie sociale de l’état, sur la façon de faire de « la politique de l’acceptabilité », sur les mécanismes de propagande.Sa lecture en est d’autant plus jubilatoire que dans le cas étudié ici (la construction d’un nouvel aéroport à NDDl) ces méthodes, cette rhétorique n’aboutissent pas. Le projet contesté aura finalement fédéré et conforté de nombreuses voix de défenseurs de l’environnement, de naturalistes, d’ anti-capitalistes, de décroissant.es, de démocrates réels, d’ indigné.es …

Patiemment, avec une rigueur scientifique, tous les arguments rhétoriques sont démontés et les méthodes mises à jour :

La communication visant à faire accepter le projet d’aéroport est analysée en 3 points :

Séduire

Pour séduire l’opinion les promoteurs du projet auront utilisé :

La croissance économique régionale, la « haute qualité environnementale » du projet, le chantage à l’emploi, la légitimité démocratique des défenseurs institutionnels du projet, et enfin le respect de la loi et de l’ordre. « C’est la position dominante des élus et du patronat qui est menacée si la légitimité de leur position était remise en cause. »

Diviser

Les « bons opposants » et les « méchants squatteurs »

« Diviser pour régner »

« … il leur faut briser l’unité du mouvement en faisant passer certains opposants pour violents et dangereux. »

Les bons citoyens contre les mauvais, les illégitimes, les dangereux, les casseurs, les « guérilleros » voire … les étrangers à la région ou à la nation.

Sans oublier ainsi de flatter la fibre « souverainiste » des autochtones.

Tromper

L’exagération des enjeux grâce à l’utilisation d’un vocabulaire de guerre.

Ce n’est pas plus compliqué qu’au Mali !” s’exclame l’inénarrable Jacques Auxiette **

L’opération César avait pour finalité l’expulsion des occupants et la destruction des lieux de vie sur la Zad. Soit près de 2 200 hommes »

« un hélicoptère EC 135, des équipes cynophiles, des brigades motorisées, le service des SIC, la cellule d’appui à la mobilité, le véhicule Œil et 2 véhicules blindés à roues gendarmerie ».

Dans l’ensemble, au plus fort de la crise, il y avait deux fois plus d’hommes mobilisés à Notre-Dame-des-Landes qu’en Afghanistan !

C’est qu’il y a urgence en la demeure : il faut juguler la radicalisation des classes moyennes sensibilisées à la protection de l’environnement et au manque de concertation dans les prises de décision d’aménagement du territoire.

Vieilles ficelles de la propagande d’état que cette utilisation de la « Stratégie du choc » :

«Pour être efficace, explique le sociologue Mathieu Rigouste, un montage doit théoriquement être basé sur un « choc » émotionnel, qui fait régresser le spectateur et le prépare à digérer la propagande »

Mais « ces différentes manipulations révèlent en creux les points faibles du dossier, et ce que les partisans du projet souhaiteraient « faire entrer » dans les têtes des citoyens. »

Si comme l’affirme le sociologue Mathieu Rigouste : « Même la terreur d’État industrielle ne peut rien contre un peuple uni et résolu »***

Jean Petit tempère l’apparente grossièreté des moyens utilisés en nous appelant à la vigilance et au décryptage :

« Ne soyons pas naïfs, aussi rudimentaires que peuvent être ces manipulations, elles s’adressent d’abord aux gens qui ne connaissent pas le dossier et peuvent donc porter. Le pouvoir ne cherche pas nécessairement à «faire mouche » d’un seul coup, mais bien plutôt à distiller dans les têtes telle ou telle notion pour renverser l’opinion à son avantage. »

Cette « bataille » de notre dame des landes : bataille idéologique et culturelle comme nous l’avons vu reste un magnifique exemple d’irruption et de réappropriation du débat démocratique face à un projet monté par et pour les tenants et bénéficiaires d’un système productiviste, marchand, bien loin des préoccupations réelles des citoyens .

« Ce qui est remarquable ici, c’est que les citoyens peuvent faire barrage à une entreprise internationale aussi puissante que Vinci, elle-même soutenue par l’État et tous les échelons des pouvoirs territoriaux! C’est la démonstration qu’une opposition structurée et déterminée peut faire échouer n’importe quel projet inutile et imposé. Nous sommes in fine les artisans de la société dans laquelle nous vivons. Les promoteurs du projet le savent parfaitement. Au- delà du cas NDDL, les tenants du pouvoir cherchent à empêcher toute percée de l’auto-détermination par la société civile. »

Il ne s’agit pas seulement de la contestation d’un simple aéroport de plus, le conflit porte sur « la subordination de l’économie à l’écologie »

Nous sommes contre le projet d’aéroport … et du monde qui va avec : un monde dirigé par les bénéfices de quelques actionnaires au détriment de notre environnement au sens le plus large.

ZAD partout !

AD

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 *S’il exista une Opération Caesar fin 1944 qui fut une mission secrète de l’Allemagne nazi, l’ opération César dont nous parlons ici est le nom choisi par le gouvernement pour la tentative d’évacuation de la zad de Notre Dame des Landes lancée en octobre 2012.

**les forces françaises sont alors officiellement envoyées au Mali pour « contrer le terrorisme »

Jacques Auxiette est président PS de la région des Pays de la Loire

*** dans Article 11 (29.11.2011)

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-Article dans les Inrocks: “La Bataille de Notre-Dame-des-Landes” dissèque les abus de langage du pouvoir

-Article de Jean Petit sur ADecroissance A propos du vote obligatoire

 

 

Plan de l’ouvrage

Introduction………………………………………………….9
Le rôle de l’opinion……………………………………….12
La propagande…………………………………………….15
La propagande, comment ça marche ?…………….18
I : Séduire…………………………………………………..21
L’emploi…………………………………………………….21
Légitimité démocratique………………………………24
Le respect de la loi………………………………………27
Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage…….33
Transfert……………………………………………………36
Un aéroport HQE………………………………………..39
II : Diviser………………………………………………….41
César 44 (Opération)…………………………………….41
Le bon grain de l’ivraie…………………………………44
Mouvement armé ?………………………………………48
Du régionalisme jacobin……………………………….51
III : Tromper………………………………………………55
Acipran………………………………………………………55
Dramatisation des enjeux……………………………..59
Faux et usage de faux…………………………………..62
Trop tard ?………………………………………………….65
Viabilité économique…………………………………..68
Conclusion………………………………………………….72
Quelques points de repères historiques…………..74

 

12 juin 2015 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE | , , , , , , | Un commentaire

Barcelone indignée se réapproprie le pouvoir !


Ada Colau. crédit photo: alencontre.org

Ada Colau. crédit photo: alencontre.org

Oui l’élection d’Ada Colau à Barcelone est bien un tsunami politique !

Plus proches des zadistes et des décroissants que de nos « fronts de gauche » productivistes et centralisateurs , les Indignés sont de retour avec des listes militantes hors partis. Suite a l’expérience fantastique de réappropriation populaire de la démocratie avec le mouvement du 15 Mayo , Ada Colau s’investit dans la plateforme contre les expulsions immobilières (PAH). Cette mobilisation stoppera 550 processus d’expulsion .

Le pays en proie à la crise voit de plus en plus de personnes expulsées par les banques de leurs logements . Chaque jours les militants de l’association vont se confronter aux forces de police et bloquer des expulsions . C’est dans cet engagement radical que va se consolider la volonté de changements concrets , la volonté d’une alternative à un système politique coupé de la population , de ses réels besoins et aspirations , à une « caste » qui ne représente que ses propres intérêts .

Cette fois-ci les stratégies de fabrique de l’insécurité, les politiques de la peur ont échouées.

« Le désir de changement a vaincu la campagne de la peur, de la résignation, et avec ça, c’est nous tous qui gagnons, surtout Barcelone. »

Contre la politique de l’angoisse et de la peur : l’espoir et l’engagement de chacun.e
« Le message le plus important du PAH’S est que les petites gens (le peuple), s’ils sont organisés et s’aident, déplacent des montagnes et réalisent les choses qui  semblaient impossibles. »
La politique n’est pas une affaire d’experts , ni d’hommes (ou de femme) providentielles , contrairement à ce que ce système veut que nous pensions , c’est une question d’organisation et d’actions communes au jour le jour.
Ainsi , refusant toute affiliation à un parti, mais se fédérant en une plateforme, «Barcelona en comú», cette militante contre les expulsions , qui a ouvert et vécu dans des squats, a refusé de laisser des logements vides alors que de nombreuses personnes se retrouvaient à la rue.
Ce qui est légal n’est pas forcement légitime … et inversement.
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Ce qui est légal n’est pas forcement légitime et inversement

Un  changement « irréversible ».

« Nous aurions aimé que l’usure des vieux partis soit plus rapide, » a avoué Pablo Iglesias, mais cette victoire de « Davis contre Goliath  » ouvre des champs nouveaux à la pratique d’une politique citoyenne de terrain .

La fin du bipartisme …

« Qu’ils s’en aillent tous! » ,« Ils ne nous représentent pas! » entendait-on sur la place de Catalogne, au cœur de Barcelone, il a 4 ans .

La liste «Barcelone en commun», qui regroupe plusieurs formations de la gauche radicale sort de l’impasse des ambitions de partis et reprend la voix que ceux-ci ont confisqué pour la rendre aux « sans » (-emploi, -papiers,- logements,- dents? ) .

« Sans pouvoir médiatique, économique, judiciaire, nous avons démontré que l’on peut faire les choses autrement et (…) que le rêve et l’espoir peuvent l’emporter, » déclare Ada Colau,

Les habitant.es des quartiers populaires sont retourné.es aux urnes, jusqu’alors méprisées, voyant dans cette coalition de militants de terrain une réelle alternative aux partis traditionnels, « la CASTE » comme on les nomment ici .

D’où cette très forte hausse de la participation dans les quartiers populaires de Madrid et Barcelone.

…et  de la politique « comme papa « : changer les règles du jeu
« Une révolution démocratique balaie le pays qui vise, non seulement donner un coup de pied à la mafia de nos institutions, mais aussi à changer les règles du jeu pour que ceci ne puisse jamais arriver de nouveau.
Guanyem Barcelona a approuvé un code d’éthique politique qui limite des salaires, mais il traite aussi de beaucoup d’autres questions.
Il inclut 25 mesures concrètes groupées dans trois domaines  » :
  • l’audit et la responsabilité,
  • le financement et la transparence 
  • des mesures pour aborder la corruption et la professionnalisation excessive de politique.

http://adacolau.cat/en/post/making-democratic-revolution-happen

Refus du consumérisme , pragmatisme et décroissance
La décroissance est à l’ordre du jour de partis politiques comme Equo (les verts) et le parti Candidatura d’Unitat Popular (CUP), ainsi que de Podemos.
« Je vis de peu , je ne considère pas ça comme un renoncement : je ne possède ni voiture , ni propriétés , ni d’envies de luxe .
J’ai réalisé que moins c’est mieux. Ce qui me satisfait , c’est le partage d’expériences avec les autres notamment grâce à l’association. C’est mille fois plus satisfaisant de vivre avec moins que de faire partie de cette société de consommation qui promet le bonheur et en fin de compte vous fait vous sentir solitaire, faible et malheureuse. »
Ada Colau
Les premières mesures:

– stopper les expulsions dans la ville ;

-convertir les appartements vides en logements sociaux ;

-réduire les prix de l’eau, du gaz, de l’électricité ;

– lancer un revenu mensuel minimal de 600 euros pour les familles pauvres.

Ne comptons que sur nous même, chacun.e compte !

Les partis de la gauche française ne feront peut être pas de grandes déclarations sur cette victoire hautement symbolique et pour cause , ils sont violemment remis en cause .

Les défenseurs des droits sociaux ne sont pas des politiciens professionnels mais bel et bien les citoyens eux même .

Barcelone vient de nous expliquer que la politique est une chose bien trop quotidienne pour être confiées à des partis.

Oui , nous pouvons, nous avons le pouvoir ! Vive la démocratie réelle à l’œuvre et à venir!

Liens :

WZ/A.Décroissance

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25 mai 2015 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE, Notre démocratie | , , , , | Laisser un commentaire

Devant, et sur les flancs. Lettre un peu péremptoire mais amicale au mouvement zadiste.


30 décembre 2014 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE, Notre démocratie | , | Un commentaire

#ZAd d’Agen c’est parti !


#ZAd d’Agen c’est parti !

Suite à l’appel d’un paysan d’Agen pour empêcher la destruction de 600 hectares de terres agricoles

Joseph Bonotto et Jean-Christophe Robert
décembre 2014
Près d’Agen, la municipalité de Sainte-Colombe-en-Bruilhois veut créer une nouvelle zone d’activité économique en bordure de la Garonne. Un bétonnage insensé qui détruirait 600 hectares de terres agricoles. Un paysan, qui risque d’être exproprié, appelle à la création d’une ZAD sur son terrain le 13 décembre, pour résister à ce projet.
Lot en Action

Lot en Action


« Bonsoir la famille ça y c’est parti. Nous sommes là déterminés. Nous avançons dans notre occupation. Un premier tipi monté, des réunions, la presse s’est fendue d’un déplacement. Il fait froid mais il ne pleut pas c’est déjà ça. J’ai les pieds au chaud grâce à ma bouillotte ça fait du bien. Je vous poste des photos demain, là c’est dodo pour moi. Free hugs à vous ZAD PARTOUT! ! »

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La municipalité de Sainte-Colombe-en-Bruilhois (à dix kilomètres d’Agen) a décidé de créer une nouvelle zone d’activité économique en bordure de la Garonne. Cette zone va s’étaler sur 280 hectares de terres agricoles pour y implanter des entrepôts et des parkings.
Il faut également y rajouter 300 hectares d’infrastructures : ronds-points, rocades, échangeur d’autoroute, pont sur la Garonne, gare TGVsur la future ligne Bordeaux-Toulouse. Tout cela menace donc de détruire près de 600 hectares de terres alluviales de première catégorie situées en bordure de la Garonne sur une nappe d’eau qui a une valeur inestimable pour l’agriculture locale.
Logique suicidaire
Ce carnage est totalement délirant ! D’un côté, on construit des barrages surdimensionnés pour irriguer des zones naturellement adaptées à une agriculture pluviale. De l’autre, on bétonne des zones fertiles riches en eau et propices à l’irrigation. Cette logique de gaspillage foncier est tout simplement suicidaire dans un contexte de dérèglement climatique qui limite progressivement notre capacité de production alimentaire.
Cela provoque par ailleurs toujours plus d’inondations meurtrières par imperméabilisation de nos sols en limitant le renouvellement de nos nappes phréatiques au passage.
zad partout

zad partout

Dialogue de sourds
Tous ces grands projets inutiles pèsent également très lourd sur nos finances publiques de plus en plus précaires. Pour couronner le tout, ces grands aménagements, ces pôles d’activités, ces zones commerciales ne créent pas d’emplois nouveaux mais ne font que déplacer ces derniers en aggravant ainsi le trafic routier. Pire, ils provoquent même des disparitions nettes d’emplois dans certains secteurs d’activités (le commerce de détail notamment).
Concernant le développement économiques du pays d’Agen, d’autres solutions existent. Aucune des 29 zones d’activité du département ne sont actuellement saturées. De nombreux espaces vides et de nombreux locaux inutilisés sont ainsi disponibles à proximité.
C’est notamment le cas à l’Agropole-Estillac située à quelques kilomètres de Sainte-Colombe-en-Bruilhois. Ces solutions ont été proposées aux élus de l’Agglomération Agenaise mais ces derniers ne veulent rien entendre face aux enjeux politiques locaux qu’ils poursuivent.
Pour lutter contre cette aberration et contre les expropriations qui s’annoncent à Sainte-Colombe-en-Bruilhois, les habitants et les agriculteurs de la vallée se sont regroupés pour créer l’association TGV BA (Très Grande Vigilance du Bruilhois et de l’Agenais). Toutes les démarches et les recours qu’ils ont lancés jusque là n’ont servi à rien vu le dialogue de sourds qui règne avec les élus locaux.
13 décembre : création d’une ZAD*
Joseph Bonotto et son fils, qui cultivent une dizaine d’hectare de la commune depuis près de trente ans, risquent d’être expropriés de leurs terres à tout moment. Avec l’association TGV BA et l’association Filière Paysanne, ils proposent de créer une nouvelle ZAD au milieu de leurs champs afin de les occuper et de les cultiver de façon collective, légale et pacifique. Leur but commun est de montrer la volonté partagée de préserver cette vallée fertile.
Un premier rassemblement pour organiser la création de cette ZAD aura lieu sur place le samedi 13 décembre. L’accueil aura lieu le matin (à partir de 10h) et l’échange commencera vers midi autour d’un casse-croute partagé. Toutes les personnes qui sont intéressées par cette première rencontre sont les bienvenues (hébergement possible dans la grange de la ferme vendredi et samedi soir / prévoir le duvet).
* ZAD : « zone d’aménagement différé » pour les urbanistes ou « zone à défendre » pour le mouvement populaire de préservation des espaces naturels et agricoles.

Pour tout renseignement, vous pouvez joindre :
. Joseph Bonotto de l’association « Très Grande Vigilance du Bruilhois et de l’Agenais » : joseph.bonotto@orange.fr
. Jean-Christophe Robert de l’association « Filière Paysanne » : filiere.paysanne@gmail.com

14 décembre 2014 Posted by | Agriculture vivrière, Désobéissance civile, DECROISSANCE | , , | Laisser un commentaire

La Société contre l’État (pdf) de Pierre Clastres


Pierre Clastres
Pierre Clastres.
Philosophe de formation, anthropologue et ethnologue au CNRS puis directeur d’études à la
cinquième section de l’École Pratique des Hautes Études, spécialiste des indiens d’Amérique.
Dans son œuvre la plus reconnue, « La Société contre l’Éta », dont nous rééditons la conclusion, Pierre
Clastres critique à la fois les notions évolutionniste, qui voudrait que l’État organisé soit la finalité de toute
société, et rousseauiste, de l’innocence naturelle de l’homme.
On retiendra sa thèse principale : les sociétés dites « primitives » ne sont pas des sociétés qui
n’auraient pas encore découvert le pouvoir et l’État, mais au contraire des
sociétés construites pour éviter que l’État n’apparaisse.
Trop souvent la société « moderne », la société industrielle et technicienne, est considérée comme l’aboutissement
de l’organisation sociale ou, pour les plus modérés, un stade plus évolué par lesquelles
devront passer les sociétés dite primitives. Il n’en est rien, et Pierre Clastres nous le démontre dans ce texte.
La société primitive n’est pas une société qui n’aurait pas encore abouti à la forme étatique.
Bien au contraire, la société primitive, sans État, est un autre choix de société,
une société qui s’organise de façon à lutter contre l’émergence de l’État et de tout pouvoir coercitif.
Un texte à lire d’urgence

enpdf ici:

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Pour approfondir on peut également lire le cours de M.Rivière

7 novembre 2014 Posted by | Désobéissance civile, Notre démocratie | , , , , | Laisser un commentaire

« Le temps des émeutes » : réactions, débats, comptes-rendus.


Vieux-Montréal_XIXè_siècle._Rue_Saint-Paul_Est._(7185093530)

Émeute près des anciennes casernes militaires. Il est dit dans l’article qui accompagne cette gravure que… »le gardien, en état de légitime défense, pointa son arme sur le manifestant et le tua en le transperçant de sa baïonnette ».Archives E. Z. Massicotte / Album de rues. Gravure.

Émeutes, silences et violences : une dimension incontournable du présent ?

CR de l’ouvrage « Le temps des émeutes » de Bertho par Elieth Eyebiyi
Elieth P. Eyebiyi est ingénieur des télécommunications et sociologue anthropologue. Doctorant en sociologie du développement à l’Université d’Abomey-Calavi (Bénin). Ses récents travaux explorent le champ théorique et empirique d’une socio-anthropologie des mouvements associatifs de lutte contre la corruption en Afrique de l’Ouest.

Quel est le sens profond des émeutes qui éclatent dans des contextes sociopolitiques variés, mais empruntent des modalités semblables ? Partant des émeutes d’octobre-novembre 2005 dans les banlieues françaises, l’auteur montre que ces mouvements populaires témoignent d’une mutation de l’État contemporain, et ceci sur tous les continents. Le tableau qu’il dresse est fait d’affrontements, de caillassages, d’hérésies collectives envers les symboles de l’État. Convaincu que le vent de révolte qui souffle sur la planète exprime quelque chose de nouveau qu’il faut interroger, l’auteur met en œuvre une approche en rupture avec des schémas traditionnels, devenus subitement obsolètes, notamment les analyses en termes de classes sociales politiques et subjectives, et celles intégrant la transformation contemporaine de l’État, qui toutes exprimaient la continuité historique de l’émeute et non sa rupture contemporaine. On peut se référer dans cet ordre d’idées aux travaux de Hobsbawm ([1959] 1966), qui renvoie la colère des foules urbaines à l’archaïsme d’une révolte qui ne trouverait sa modernité que dans le politique (p. 15). Ou encore à Sommier (2008), qui explique la violence étudiante par des motifs politiques plutôt que par une certaine exaspération de jeunes en quête d’emplois et d’améliorations de leurs conditions de vie et d’études, alors même que les gouvernants donnent l’impression de vivre à leur aise.

L’imprévisibilité des émeutes, la défiance des codes et lexiques dominants auxquelles elles nous soumettent ainsi que leur recrudescence constituent quelques traits forts de ces événements contemporains. L’auteur pense qu’elles ne figurent « ni la résurgence de formes archaïques de révoltes, ni le prolongement de l’histoire sans fin des “émotions populaires” » (p. 14), mais une dimension incontournable du présent. Selon lui, les évènements contemporains se distinguent par leur nouveauté subjective et leur mondialité. Bien sûr, le débat sur cette mondialité demeure entier puisque, en réalité, les émeutes ont toujours existé partout, sous diverses formes, mais elles investissent aujourd’hui plus aisément et de façon spectaculaire la scène publique, par le biais des médias de masse. Retraçant l’évolution des vagues d’émeutes et des grands mouvements de contestation sur la planète au cours au 20e siècle, l’analyse de Bertho montre que leur périodicité est d’un demi-siècle : le Printemps des Peuples de 1848, la séquence révolutionnaire qui commence en 1917, ou encore celle de 1968, puis les émeutes dans les banlieues françaises en 2005 (p. 25). Les émeutes des banlieues françaises de l’automne 2005, point de départ de l’ouvrage, seraient, au sens de l’auteur, le prélude à un nouveau cycle.

La séquence mondiale des affrontements que nous vivons en ce moment se caractérise donc par une multiplicité de causes, d’actions et de justifications, et l’auteur n’a aucun mal à le prouver tant les exemples sont nombreux et ne demandent qu’à être décryptés. Si l’extension des émeutes touche tous les continents avec plus de quatre-vingts mille manifestations pour l’année 2005 (p. 23), les causes sont en nette diversification, allant des émeutes de la faim (ou contre la vie chère) aux émeutes de banlieue et s’inscrivant parfois dans des registres incataloguables (p. 33). Elles peuvent naître en raison de la mort d’un jeune, à l’issue de rencontres sportives, lors de mobilisations contre l’expropriation des terres, suite à des violences postélectorales, etc.

Si l’émeute est violente et fortement médiatisée, il est très difficile de la saisir sur le vif et encore moins d’apprécier sur le champ ses réelles causalités. Par ailleurs, Bertho relève une « amnésie publique […] massive et consensuelle » (p. 27) quant à la mise sous silence de certaines manifestations, voire une indifférence sur le plan international. La manipulation des informations aidant, même lorsque l’émeute se place sous les feux de la rampe, en l’absence d’une chronique impartiale, c’est la figure de l’émeutier qui est présentée comme le prototype de l’anarchiste.

L’émeute oscille entre ce que Bertho appelle la « discontinuité subjective » (p. 38), c’est-à-dire une rupture dans la séquence des émeutes, et sa potentialité à offrir de nouveaux espaces créatifs, sa potentialité à provoquer des changements.

Alors que les discours habituels visent à montrer la charge négative des émeutes plutôt que d’en chercher les racines profondes, et alors que le battage médiatique présente des clichés superficiels, la dévalorisation du débat sur les idées autour de l’émeute et de sa compréhension se fait évidente. En général, le débat public sur les émeutes ne prend pas en compte le point de vue des émeutiers, frappés d’une image négative et noyés dans le métadiscours. Dans le même temps, l’incapacité des politiques publiques à traiter les germes des émeutes contribue à leur laisser un champ d’expression toujours plus important.

Comme des flashes, les émeutes surviennent avec toute leur brutalité et toute leur violence. Qu’elles soient traitées avec exagération par les médias ou qu’elles soient ignorées, elles restent mal interprétées et ne sont pas questionnées dans leur profondeur. Aujourd’hui, Internet est devenu un nouveau terrain pour les émeutes, en ce sens qu’il permet leur publicisation au niveau mondial et amplifie l’écho des manifestations, les sortant du mutisme stratégique auquel les contraint parfois les pouvoirs publics. Grâce au Net, une émeute étouffée retrouve sa place dans le concert mondial et transcende les barrières répressives locales. Avec les Dailymotion et autres YouTube, le monde entier peut ainsi se retrouver « en flammes ». Parfois et bien souvent, le Net demeure le seul témoin de manifestations bridées et étouffées et leur offre une visibilité internationale qui est nécessaire à leur existence, à leur politisation.

Si la première partie de l’ouvrage s’attache à clarifier l’émeute en tant que modalité pratique de l’action inorganisée et spontanée et montre comment elle s’inscrit dans la vie sociale contemporaine, le deuxième chapitre donne à voir les émeutes dans leur pluralité causale. En effet, les lexiques de la colère sont très fournis et se conjuguent au-delà des banlieues, dans les villes devenues de nouveaux espaces stratégiques au sens de Saskia Sassen (citée par Bertho, 2009, p. 99)1, sous le couvert de stratégies urbaines multiples et de plus en plus raffinées. Les fureurs juvéniles présentent plusieurs visages et s’inscrivent dans la multiplicité causale que l’auteur a illustrée tout au long de son raisonnement, en passant d’un continent à l’autre. Les manifestations violentes auxquelles donnent lieu dans les villes l’altermondialisme (Porto Alegre, Caracas, Athènes, Malmö, etc.), la défense de l’Ungdomshuset à Copenhague, les événements de Hambourg ou de Rostock en 2008, marquent l’urbanisation des émeutes et leur externalisation hors des banlieues pour pénétrer donc au cœur des villes et trouver droit de cité. Elles sont aidées par le contentieux policier (p. 104), d’une banalité universelle, mais qui produit toujours les mêmes résultats : la réaction de la foule contre des policiers.

De plus, la mobilité urbaine devient un déclencheur d’émeutes et une aspérité des modes opératoires des émeutes, lesquelles apparaissent parfois comme une réaction anthropologique à ce qui est jugé comme des situations d’oppression instantanée. Dans les universités du Sud aussi, la violence passe souvent par l’érection de barricades et la mise à feu de pneus (et moins de voitures), le passage à tabac des manifestants et même de simples passants par la police, les arrestations injustifiées, etc.

Dans un autre sens, Bertho insiste sur la forte propension des différends fonciers à conduire à des situations de tension et de violence, car lorsque des citoyens se retrouvent en situation d’expropriation avec, pour seule richesse, le souvenir d’un lieu d’habitation occupé parfois depuis plusieurs décennies, ils n’ont souvent d’autre alternative que de descendre dans la rue et occuper l’espace public. C’est l’arme suprême (p. 124). En Afrique du Nord, la déclaration d’une guerre aux bidonvilles a donné lieu à des destructions massives des symboles institutionnels, en réponse à l’« éradication » des préfabriqués sans relogement de tous les expropriés. Le passage à l’acte apparaît sans doute comme une subjectivation d’une identité collective, inorganisée mais fortement réactive et agissante ; la ville devient alors le théâtre d’une nouvelle politique, celle de la rue en réaction à l’absence des politiques publiques, ou à leur inorganisation. Les villes sont l’antichambre de l’agitation et des émeutes.

Une nouvelle catégorie d’émeutes est apparue suite à la crise économique de la fin des années 2000 : les « émeutes de la faim » en 2008 en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Effectivement, elles sont survenues suite au renchérissement du coût de la vie, notamment au Burkina Faso, au Cameroun, au Sénégal, etc. Le Bénin par exemple était une exception dans le déclenchement de ce type d’émeutes : le choix du gouvernement a été de subventionner massivement les taxes de douane et d’installer des boutiques témoins à travers le pays. Si le résultat in fine a été mitigé, toujours est-il qu’il n’y eut pas d’émeutes de la faim. C’est vrai que l’analyse de Bertho ne prend pas en compte le Bénin, puisque ce pays n’a connu ni émeutes de la faim, ni violences urbaines à proprement parler, mais cette exception semble confirmer la règle de la contagion dans la sous-région ouest-africaine, notamment en ce qui concerne les émeutes de la vie chère. De façon plus profonde, les émeutes de la faim sont intervenues alors que le capitalisme international s’est essoufflé et a induit une crise pluridimensionnelle. L’enlisement de l’économie internationale a affecté aussi le salariat et stimulé la précarisation des populations. C’est dire que les sources de révolte se sont renforcées, augmentant la capacité émeutière des populations.

La place des jeunes dans ces fureurs urbaines est essentielle et c’est certainement ce qui nous interpelle. Les émeutes semblent s’inscrire dans une continuité générationnelle qui assure leur reproduction. On a vu les « Jeunes Patriotes » à l’œuvre en Côte d’Ivoire récemment, avec les implications de la question de l’« ivoirité » dans la crise politico-militaire que connait cet ancien pays stable de l’Ouest africain. Par ailleurs, la violence des actions étudiantes (ou juvéniles par extension) est parfois si inouïe que l’on pense à une action organisée et systématique. En Côte d’Ivoire par exemple, la résurgence du débat sur l’ivoirité a été un prétexte pour la radicalisation de certains mouvements de jeunes engagés dans l’action politique. Le discours de l’ethnie a donné lieu à des affrontements orchestrés par ces jeunes dans plusieurs villes, notamment à Abidjan.

La troisième partie de l’ouvrage est consacrée à une analyse de l’État, première « victime » de la violence émeutière. Si la mondialisation n’a finalement pas effacé d’un trait l’État, en tout cas sous sa forme d’État-nation, l’État et ses symboles apparaissent comme la cible privilégiée des révoltés, surtout dans les milieux populaires et défavorisés. La disjonction de l’État, renommée gouvernance, et sa ré-articulation avec la nation (p. 197) illustrent la substitution des rapports de négociation de l’État aux rapports d’intégration politique populaire caractérisant l’État moderne. En effet, l’auteur formule en première hypothèse que ce que l’émeute exprime ne trouve pas sémantiquement assez sa place dans le débat public, et en seconde hypothèse que la politique de l’État ne laisse pas assez de place à l’émeute. En fait, on dénie tout caractère politique à l’émeute, parce que l’on ne veut pas la reconnaître comme politique. On peut, sans risque de se tromper, penser que la démocratie n’a pas stérilisé la propension cyclique des émeutes à se déclencher pour une causalité composite et diversifiée, et sous des formes multiples allant de l’altermondialisme aux manifestations sanglantes, comme les occupations de villes en insurrection opérées par les forces militaires. La recrudescence des émeutes s’inscrit dans un renouvellement des formes de contestation/construction de l’ordre politique contemporain.

Bertho montre qu’il faut sortir des schémas explicatifs ou prescriptifs traditionnels, devenus vétustes et peu productifs, pour vivre Le temps des émeutes. Ceci passe, comme le pratique l’auteur, par une recontextualisation des analyses de l’État contemporain. Pour cause, les émeutes se donnent à voir aujourd’hui dans leur récurrence, au cœur d’une profonde crise de l’État et du politique. Arrivant à la fin de l’ouvrage, on a un sentiment d’inachevé, comme des murs en construction, auxquels il faut rajouter petit à petit des briques, des pans entiers, pour terminer l’échafaudage de l’ethnographie des émeutes contemporaines, telle que l’auteur en pose les jalons. Rechercher, par exemple, les processus de mobilisation des émeutiers ou les modalités de la construction des révoltes dans les quartiers urbains sont des pistes à explorer dans le cadre de cette ethnographie du temps présent, à laquelle s’exerce Bertho.

L’image illustrant la couverture interpelle le lecteur : une rue en flammes, un individu habillé de noir, couleur des « black blocks » qui symbolise avant tout l’anarchisme et a l’avantage de rendre les personnes difficilement identifiables et peu visibles de nuit, la fumée, un arrière-plan suggérant à la fois témérité, émotion, puissance et désordre, une foule déchaînée au loin. Bien documenté et enrichi d’une chronologie méticuleuse des émeutes et mouvements de protestation à travers le monde, le livre de Bertho s’inscrit dans l’actualité contemporaine des mobilisations violentes et urbaines et consacre l’avènement d’un nouvel acteur politique imprévu mais qui se pose (et s’impose ?) face à l’État, à sa politique et dans sa politique : la jeunesse. Bertho achève ainsi son ouvrage : « il ne s’agit pas d’empêcher l’émeute […]. Il s’agit de faire que ce qui s’y exprime trouve la voie d’une parole collective incontournable » (p. 232).

En dépit de la pertinence de l’analyse de l’auteur, qui a le mérite de proposer de nouveaux cadres d’analyse des émeutes en se distanciant des approches basées sur la continuité historique plutôt que sur la rupture contemporaine, il faut toutefois faire remarquer que la mondialité des émeutes et leur déferlement sur tous les continents ne peut faire l’objet d’interprétations globales ou totalisantes. En effet, il s’agit de rapporter, dans une posture sociologique et anthropologique, chaque soulèvement à son contexte, chaque révolte à ses causes locales, afin de mieux percer le sens dont il est porteur, ce que ne permet pas forcément la perspective de l’auteur, car on a l’impression que les émeutes sont pour lui un fait total qui s’impose de la même façon à tous et partout. Or il existe des variations de grande nature. Les émeutes de la faim ne peuvent avoir les mêmes causalités et le même impact que les soulèvements d’après matches entre supporters. La violence policière dans certains pays ne peut être expliquée avec les mêmes arguments que les mouvements de foule provoqués par des citoyens affamés. L’auteur a tendance à passer trop vite à la généralisation, alors qu’il faut tenir compte des situations locales, dans le global. Mais il faut reconnaitre que les nouvelles catégories (lexicales, mais aussi pratiques) des émeutes qui sont proposées, comme par exemple celles de la faim, sont des nouveautés dans l’analyse des émeutes et préfigurent sans doute la mutation des formes de revendications populaires, coordonnées ou non. Le projet de l’auteur de construire un cadre interprétatif global a tout sens, mais il faut garder à l’esprit que ce global n’est aucunement unifié et contient en lui-même une variété de figures d’émeutes. Oui, nous sommes face à un « nouveau temps d’émeutes », et les grilles de lectures comme celles de l’historien Hobsbawn doivent être amendées pour faire face aux nouvelles figures de l’émeute. Charles Tilly (2005) doutait, avant les violences des banlieues françaises, que le « répertoire » soit nouveau, mais l’on peut se rendre compte aujourd’hui qu’il est difficile de garder une telle position.

Source et suite du débat:
anthropologie du présent
ethnologie appliquée, recherches, enseignement, publications, séminaires

4 novembre 2014 Posted by | Désobéissance civile | Laisser un commentaire

Déclaration commune sur l’armement de la police #NDDL


l’armement de la police et Notre Dame Des Landes

Signez avant la fin de l’été la pétition qui devra faire parler d’elle à la rentrée.
Un lien > http://27novembre2007.blogspot.fr/2014/06/lancement-de-la-petition-nationale.html

Déclaration commune sur l’armement de la police

5 juillet 2014 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE, Notre démocratie | , , | Un commentaire

Valls cible les écologistes radicaux.


Pour Valls, des groupes contestataires environnementalistes sont une « menace » pour la démocratie.

  Le ministre Manuel Valls a adressé, le 21 mars 2014 aux
  directeurs généraux de la police nationale et de la gendarmerie
  nationale et aux préfets, une instruction sur la réforme du
  renseignement territorial. Elle vise entre autres « certains groupes
  contestataires animalistes et environnementalistes » chez qui sont
  observées des « pratiques violentes ». Ces groupes font partie des
  « principales menaces dirigées contre une démocratie comme la nôtre et
  contre l’intégrité des institutions qui la font vivre », avec
  « l’ultra-gauche », « l’ultra-droite » ou encore certaines « minorités
  radicales qui entendent contester les institutions républicaines ».
 
  La réforme du renseignement territorial doit permettre de mieux lutter
  contre « certains groupes contestataires animalistes et
  environnementalistes » chez qui sont observées des « pratiques violentes »,
  indique Manuel Valls dans une circulaire du 21 mars qu’AEF s’est
  procurée vendredi 27 mars. Déjà en 2013, un rapport de Jean-Jacques
  Urvoas (PS, Finistère), fait au nom de la commission d’enquête sur le
  fonctionnement des services de renseignement français dans le suivi et
  la surveillance des mouvements radicaux armés, avait jugé que la France
  était « confronté [e] à la radicalisation de groupuscules qui mêlent
  revendications politiques, identitaires ou environnementalistes ».

  UNE « ÉCOLOGIE RADICALE », « S’INSPIRANT DES COURANTS ANGLO-SAXONS » ?
 
  Le député, par ailleurs président de la commission des lois, évoquait
  comme une « source d’inquiétude » « l’écologie radicale » « inspirée par des
  courants anglo-saxons particulièrement virulents comme le front de
   libération des animaux (Aminal liberation front) et le front pour la
  libération de la terre (Earth liberation front) ». Elle « pourrait
  également susciter des actions violentes par imitation des autres formes
  de subversion », avait-il écrit. « Les groupes d’ultra-gauche cherchent
  désormais à étendre leur discours contestataire à des causes connexes et
  à établir des liens avec la cause écologiste (actions communes lors des
  sommets mondiaux sur le climat, contre les convois nucléaires, camp de
  Notre-Dame-des-Landes, actions contre la ligne très haute tension
  Cotentin-Maine). »

  « Le 5 novembre 2012, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a ainsi
  souhaité une coopération internationale plus forte face ‘aux formes de
  violence provenant de l’ultra-gauche, de mouvements d’anarchistes ou
  d’autonomes’ en évoquant ‘des groupes violents’ gravitant autour de
  projets comme la ligne ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin »,
  illustre encore le rapport.

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source > http://www.aef.info/depeche/f8bbcca0-bd9a-4d05-941e-97433de9dcd6/115113/980bc5d944027e73820645ea6abc1314
Par Claire Avignon

11 avril 2014 Posted by | Désobéissance civile | , | 9 commentaires

Notre-Dame-des-Landes : les casseurs et les casseuses sont nos enfants !


Notre-Dame-des-Landes: les casseurs et les casseuses sont nos enfants !

Non, nous ne crierons pas avec les moutons qu’il y avait ce jour là à Nantes des bons manifestants (Pcf*, eelv, FG) les familles paisibles et « bon enfant » et les mauvais, les casseurs , les black bloc ou l’ultra gauche et bien sûr que non ces quelques vitrines cassées ne discréditent pas le mouvement.

Les occupants de la première heure (avant que les verts et autre partis en campagne qui ne s’intéressent à ce levier dans le cadre de  leur course au pouvoir) ont déjà eu affaire à la violence des policiers et on vu se faire détruire de nombreuses cabanes et maisons d’habitation au cours de l’occupation de cette zone à défendre. La violence est bien de ce coté là. Le pouvoir politique qui utilise cette ZAD à des fins électorales (distribuer des grands chantiers aux amis , cristalliser une opposition sur un point…)

Non, nous ne cracherons pas sur ces jeunes qui sont l’âme du mouvement et qui pratiquent une résistance active et courageuse!

 » Allons nous encore obéir, ou allons-nous être révoltés, et du coup désobéir, ce qui amènera forcément aux affrontements et à la violence » Milou

La pensée unique à réussi à déplacer le débat sur : faut-il dénoncer ces violences?

Et tous les acteurs suivent , la presse et les politicienNEs professionnelLEs évidement, mais également certainEs opposantEs à nddl.

Face à la force brute de l’État quelle résistance ?

Les seuls casseurs à Nantes ne sont-ils pas Vinci et Valls?

La violence n’est pas dans la destruction d’un bulldozer (mon dieu la propriété prive pour les uns , mon dieu l’outil de production  pour d’autres encore.) mais bien dans les destructions futures que réaliserons (violemment) ces bulldozers de tout un eco système fragile.

Où est-il écrit qu’il faut que dans une manif de résistance à un projet anti-démocratique la bonne humeur règne, que l’ambiance soit festive et bon enfant? Il est scandaleux de voir « les biens pensants » s’offusquer et tenter de différencier leur lutte de celle des jeunes qui renvoient ( en prenant de gros risques) aux policiers leurs propres grenades lacrymogène, qui se prennent des coups et des grenades et des balles caoutchouc .

La manif a-t-elle « dégénérée »?

L’Ukraine , dernier exemple de soulèvement, montre bien, une fois de plus que les détenteurs du « pouvoir » sont près à toutes les violences pour conserver leur « légitimité » et qu’il ne peut y avoir de changement sans résistance physique.

Mais ils ont cassés des vitrines, quand même!!!

Non, on ne va pas pleurer les vitrines de Vinci (véritable pompe à argent publique), il n’y a aucune communes mesures entre dégrader un symbole de violence (violence écologique, économique, démocratique) et la violence des destructions écologiques réelles programmées .

Messieurs , Dames les pro de la politique, les jeunes « casseurs » , ce sont nos frères et sœurs, nos fils et filles et leur engagement est sincère autant que celui de nos pères et mères qui, peut-être, manifestaient dans le cortège « officiel ».

La violence policière est-elle légitime?

Oui parlons en:

Témoignage de l’équipe médicale:

« Comme équipe medic on a vu une cinquantaine de blessés, dont 13 blessures au visage par flashball : 4 hématomes à l’œil, 2 arcades ouvertes, hémorragies faciale, saignement à l’oreille, fracture du nez, plusieurs blessures au crane . Aussi plusieurs impacts de flashball au thorax, jambes, un doigt cassé . Aussi 2 personnes avec des brulures par gaz poivrée, 3 désorientées par grenades assourdissantes et des coups de bâtons. Un enfant de 4 ans en état de choc suite à tir de grenade. Au moins 4 pris en charge par les pompiers. + le journaliste de Rennes Tv blessé par éclats de grenade dans les jambes : http://www.rennestv.fr/catalogue/info/un-journaliste-de-rennestv-blesse-par-des-eclats-de-grenade-assourdissante-a-nantes.html »

Dans le cadre de son utilisation par les forces de l’ordre, le LBD (flash ball) a déjà causé des blessures irréparables : une personne est décédée et au moins treize autres ont perdu l’usage d’un œil en France depuis 2004, après avoir été touchées au visage par un tir de LBD.

Une arme critiquée

Plusieurs groupes de défense des droits de l’homme, dont, notamment, et surtout Amnesty International, ont exprimé leur crainte que le déploiement d’armes de ce type n’amène une augmentation des violences policières.

Une proposition de loi a été enregistrée le 29 mai 2012 visant à interdire cette arme.

De plus la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) apporte une précision importante :  » Compte tenu d’une part de l’imprécision des trajectoires de tirs de flash-ball qui rendent inutiles les conseils d’utilisation théoriques et, d’autre part, de la gravité comme de l’irréversibilité des dommages collatéraux manifestement inévitables qu’ils occasionnent, la CNDS recommande de ne pas utiliser cette arme lors de manifestations sur la voie publique, or les cas très exceptionnels qu’il conviendrait de définir très strictement. »

Nous restons mobiliséEs et uniEs contre ce projet inutile et nuisible.

…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

*Le PCF de Loire-Atlantique, par l’intermédiaire de son secrétaire départemental s’est lâché : « Les groupes d’opposants violents à l’Aéroport du Grand-Ouest dont les exactions sont nombreuses depuis plusieurs années » ou encore « l’ACIPA, principale organisation d’opposants se refuse à condamner les violences, tend à les justifier et les instrumentalise même en menaçant quant à toute avancée du projet. C’est inacceptable ». On reconnait l’organe qui travaille main dans la main avec le PS, l’UMP et le MEDEF pour la promotion de l’Aéroport Grand Ouest. D’ailleurs, le PCF a Nantes fait liste commune avec le PS, pour dire la relation qu’il y a entre les deux sections.

**En dix ans, #Vinci est devenue une machine à aspirer les fonds publics http://www.politis.fr/Vinci-La-verite-sur-un-empire,25752.html

25 février 2014 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE | , , , | Laisser un commentaire

Interdiction totale de l’utilisation des armes « non-létales » (flashball, LBD40, tazer)


Les lanceurs de balles de défense de la police nationale

Que c’est-il passé ce jour là à Nantes?

nddl

en France, les consignes d’utilisation policière interdisent de viser la tête. Cependant, ces consignes ne sont pas toujours respectées, ce que relève l’IGS. De même, les policiers sont censés être formés aux soins de premier secours à effectuer après avoir tiré, mais c’est de fait rarement le cas.

Que sont les LBD?

À courte distance, « le système LBD présente des effets traumatiques dont la sévérité peut entrainer des lésions graves pouvant être irréversibles voire mortelles. ».

En France, ce type d’arme a été adopté par les forces de police puis par le reste des forces de l’ordre comme armement intermédiaire entre la matraque et l’arme de poing. 1 270 LBD-Flash-Ball ont été livrés de 2002 à 2005 à la police nationale dans le cadre de la loi d’orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (LOPSI) de 2002, pour un coût de 1,18 million d’euros. Dans le cadre de son utilisation par les forces de l’ordre, le LBD a déjà causé des blessures irréparables : une personne est décédée et au moins treize autres ont perdu l’usage d’un œil en France depuis 2004, après avoir été touchées au visage par un tir de LBD.

Selon un document de 2003 du Centre de recherche et d’études de la police nationale, « le système LBD présente des effets traumatiques dont la sévérité peut entrainer des lésions graves pouvant être irréversibles voire mortelles, lors de tirs jusqu’à cinq mètres au moins. Pour des distances de tirs comprises entre cinq et dix mètres, des lésions graves sont observées ».

Une personne est morte et dix autres ont perdu l’usage d’un œil depuis que l’utilisation de ce type d’arme par la police a été généralisée en France,

Il est temps de faire interdire ce type d’armement.

la pétition : « Interdiction totale l’utilisation des armes non-létales (flashball, LBD40, tazer) par les forces de l’ordre « 

Le site face aux armes de la police http://faceauxarmesdelapolice.wordpress.com/

24 février 2014 Posted by | Désobéissance civile | , , , | Un commentaire

Que faire en cas de garde à vue ?


 

GAV

La Garde à vue (Articles 63 à 65 du Code de Procédure Pénale

Vous avez été interpellé, ou vous vous êtes rendu à une convocation au commissariat ou à la gendarmerie, et l’on vous annonce que vous êtes placés en garde à vue.

En garde à vue, vous êtes privés de liberté pendant un certain nombre d’heures. Vous êtes soumis aux interrogatoires, perquisitions des policiers, sous le contrôle du Procureur de la République.

D’une durée de 24 heures, à compter de l’interpellation, renouvelable une fois pour le « droit commun » (soit 48 heures au total), elle peut être de 4 jours pour les affaires de stupéfiants et associations de malfaiteurs, voire même 6 jours en cas de « terrorisme ».

VIDEZ VOS POCHES !

En garde à vue, il est possible que vous subissiez des « investigations corporelles internes » (fouilles corporelles intimes) qui pourront se révéler humiliantes. Elles devront être effectuées par un médecin.

N’AVOUEZ JAMAIS QUELQUE CHOSE QUE VOUS N’AVEZ PAS FAIT !]

Restez « zen », mangez, dormez, demandez à voir médecin et avocat. Demandez à faire prévenir votre famille afin que l’on puisse vous retrouver.

VOS DROITS EN GARDE A VUE

Vous n’avez que trois droits en garde à vue. Ils doivent vous être notifiés dès le début puis à chaque renouvellement.

EXERCEZ LES !

- Demandez à faire prévenir un membre de votre famille ou votre employeur : indispensable pour que votre entourage sache dans quel commissariat vous vous trouvez. Attention : le procureur de la République peut décider de différer l’appel à votre famille
- Demandez à faire l’objet d’un examen médical : important pour faire une « pause » et parler à un médecin. Faites décrire les blessures éventuellement subies lors de l’interpellation ou pendant la garde à vue.
- Demandez à avoir un entretien avec un avocat : Vous le verrez 30 minutes dans les trois premières heures si vous êtes en garde à vue « normale », puis lors du renouvellement éventuel au bout de 24h. L’avocat n’a pas accès à votre dossier mais il peut déposer des observations qui y seront jointes.

Quel Avocat ? Celui dont vous avez les coordonnées sur vous ou l’avocat commis d’office (il y en a de très bons !)

Attention

En cas d’affaires de stupéfiants ou de « terrorisme », l’entretien avec l’avocat n’a lieu que très tardivement, au bout de la 72e heure, voire même plus tard… !

Vous devez être informés des faits qui vous sont reprochés.

La notification de la garde à vue et des droits ainsi que les auditions doivent être notifiés dans une langue que vous comprenez, et si nécessaire avec un interprète.

PUIS-JE REFUSER DE FAIRE DES DÉCLARATIONS ?

Oui, vous avez le droit de garder le silence et de ne faire aucune déclaration. Cela risque néanmoins de faire durer la garde à vue…
Parlez-en avec votre avocat.

DOIS-JE SIGNER MES PROCES-VERBAUX ?

Prenez le temps de relire vos déclarations.
Vous pouvez signer les procès-verbaux s’ils reflètent fidèlement ce que _ vous avez déclaré lors de vos auditions.

ET ENSUITE ?

Plusieurs possibilités :

1. vous sortez libre du commissariat,

2. vous sortez libre du commissariat avec une convocation devant le Tribunal,

3. vous êtes « déféré au Parquet » : après avoir été transféré au Palais de justice, vous rencontrerez le procureur de la République.
- Celui-ci pourra vous convoquer à une audience quelques jours plus tard
- Si vous avez reconnu les faits, le procureur pourra vous proposer de « plaider coupable » (CRPC). Il vous proposera une peine que vous pourrez accepter ou refuser avec votre avocat.
- Le procureur pourra également désigner un juge d’instruction. Après un entretien avec un avocat, vous serez alors présenté à ce juge d’instruction qui pourra envisager avec le Juge des libertés et de la détention (JLD), votre placement sous contrôle judiciaire ou votre placement en détention provisoire.
- Le procureur pourra enfin décider de vous faire passer en « comparution immédiate » : vous serez alors jugé dans quelques heures par le Tribunal après vous être entretenu pendant quelques minutes avec un avocat…
Vous pourrez accepter d’être jugé immédiatement ou vous pourrez demander un délai pour préparer votre défense avant d’être jugé. Dans les deux cas, vous pouvez ressortir libre ou bien être placé en détention… Parlez-en avec votre avocat.

ET SI LA GARDE A VUE EST RENOUVELEE ?

Redemandez à exercer vos trois droits : faire prévenir votre famille, être examiné par un médecin, avoir un entretien avec un avocat.
Un procès-verbal devra mentionner les heures de vos interrogatoires, de vos repos, des heures auxquelles vous aurez pu vous alimenter.

Faites respecter vos droits calmement et poliment (si possible) pour éviter toute accusation d’outrage et rebellions
Il est difficile de savoir, au moment de la garde à vue, si elle se déroule dans les conditions légales.

Comment savoir, par exemple, si le procureur de la République a effectivement été informé, si votre famille et l’avocat ont été prévenus… Seul un contrôle a posteriori par le juge, à la demande de l’intéressé et de son avocat, pourra éventuellement se faire et annuler la procédure si certaines irrégularités apparaissent.

Ligue des droits de l’Homme

Voir en ligne :

24 février 2014 Posted by | Désobéissance civile | , , , | Laisser un commentaire

Intermarché: les retombées du bad buzz sur les euro députés


Eau trouble et faute politique

peche

Une belle démonstration du déplacement des rapports de force dans une société de communication où l’information est relayée par les citoyens eux-mêmes. Il ne suffit plus de faire du lobbying à la papa (à la HEC à la Science Po …) dans les couloirs des parlements…

Un lobbying certes efficace sur nos politiciens -grands amateurs de poissons de grands fonds?- puisqu’en effet sur ce dossier (comme sur tant d’autres touchant à l’industrie agroalimentaire, l’ecotaxe n’est pas loin) nos « représentants » de droite comme de gauche ont renouvelé le droit de  pratiquer cette forme de pêche destructrice. Cette affaire, ce « badbuzz », ne touche pas uniquement Intermarché mais également ces députés qui ont voté en toute inconscience et ont commis une lourde faute politique.

Ce scandale est désormais politique

Voici la liste des député-es français-es qui ont voté ce texte dans le plus grand  mépris des considérations écologiques des citoyens:

Les votes député par député

Les votes député par député

L’image de marque d’ Intermarché  mise à mal juste avant la période des gros bénéfices des fêtes.

Scapeche la flotte d’Intermarché (85% du total des captures d’espèces profondes)  communique sur sa reculade… mais à la façon d’un négociateur de contrat :

Capture d’écran 2013-12-13 à 14.22.52

« ne plus cibler EN PRIORITÉ espèces profondes »

On voit ici que ni le mot poisson, ni le mot fond marin n’est utilisé, que le terme « cibler » est utilisé alors que cette technique ne « cible » justement rien en arrachant tout,  mais surtout qu’ Intermarché n’annonce absolument pas son renoncement à la pêche de fond.

Fabien Dulon, directeur général de cette entreprise, dans un communiqué de presse :

« Celles-ci pourront cependant figurer parmi les prises accessoires… » la technique n’est absolument pas remise en cause, on continu à utiliser les chaluts géants qui raclent les fonds sous marins et si, par aventure, une de ces espèces en danger se trouve prise dans les filets … et bien on la vend.

De qui se moquent-ils?

Quand bien même Scapeche Intermarché annoncerait abandonner cette forme de pêche,  quand bien même les ONG comme Greenpeace ou Bloom se montreraient conciliantes en acceptant (encore un petit coup tordu de négociateur professionnel) :

qu’ « Intermarché s’engage d’ici cinq ans à changer ses pratiques »

le scandale reste : la collusion entre ces députés et l’industrie agroalimentaire est exposée au grand jour .

Le problème du « négociateur » c’est qu’ici, il ne s’agit plus de deux parties  cherchant à établir un contrat consensuel (genre donnant-donnant) puisque les consommateurs-électeurs n’ont rien à gagner à ce contrat de dupe et même, se sentent insultés par ces tentatives.

Devons-nous rappeler que cette pêche n’est rentable que parce qu’elle est subventionnée par nos impôts?

Intermarché Scapêche a bien senti qu’il y avait un problème de communication mais même l’aide de l’agence de communication Seatosea (« Marketing et communication-Relations presse et relations publiques Conseil aux entreprises » seatosea.fr ) semble insuffisante pour sortir de ce scandale qui ne peut que retomber sur les politiques qui ont voté cette autorisation, entrainant au passage, une dégradation d’image du distributeur Intermarché.

Non seulement cette affaire va coûter cher à Intermarché en raison du boycott qui se met en place, mais elle va également coûter cher au personnel politique impliqué ainsi qu’à leurs partis…

Non messieurs-dames les politiques, l’écologie n’est pas qu’un terme marketing: c’est également un coût que vous allez payer plus tôt que vous ne l’aviez prévu.

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Sur le même sujet: Eaux profondes vers un boycott des consommateurs contre les lobbies industriels?

13 décembre 2013 Posted by | Alimentation, Désobéissance civile | , , , | Un commentaire

Enric Duran (le Robin des Banques) doit rester libre!


Enric Duran est le créateur du concept de Coopérative Intégrale.

Il a exproprié 492 000€ aux banques, qu’il a reversé dans les mouvements sociaux et l’édition des publications de Crisi? et Podem!, deux journaux gratuits distribués respectivement à 200 000 et 350 000 exemplaires. Dans le premier le collectif Crisi faisait l’état des lieux de cette crise systémique qui deux jours plus tard commençait (avec l’épisode Lehman Brother). Le second, se voulait être le journal des possibles.

Pour signer la pétition en soutien à Enric Duran : ICI

Juste après sa sortie, alors que la conférence de presse se terminait à l’université de Barcelone, Enric fut arrêté et emprisonné un peu plus de deux mois.
Le dispositif policier auquel il a eu droit était digne de ceux qu’on réserve au grand banditisme…
L’opinion publique n’a pour autant pas mordu à l’hameçon: cet homme présenté comme un escroc par la presse dominante, n’en était pas un, loin s’en faut. En 2 mois, on a collecté 50 000€ pour payer sa remise en liberté et depuis, vous connaissez la suite, la Coopérative Intégrale Catalane est née, les projets sont de plus en plus ambitieux et répondent de plus en plus aux nécessités des unEs et des autres. L’alternative grandit jusqu’à se faire connaître outre Pyrénées.
L’EcoRéseau du Roannais fut la première tentative (nous ignorons si elle a repris ou périclité), puis le lien entre nos régions s’est crée, et en Bretagne deux EcoRéseaux existent dans le Pays Nantais et le Pays de Questembert.

Aujourd’hui, Enric est menacé par la justice espagnole : La fiscalité et 14 des banques qu’il a exproprié réclament à son encontre 8 ans de prison. Enric résiste et désobéit car ses droits fondamentaux ne sont en rien respectés.

Fort de liens avec d’autres groupes révolutionnaires, l’activiste Catalan a entrepris de faire de ce temps fort de la lutte anticapitaliste, une tribune pour la Révolution Intégrale . Il fait écho à l’appel du Sous Commandant Insurgé Marcos « El tiempo del Si » (« le temps du oui ») et s’adresse aux camarades de la ZAD pour internationaliser le mouvement.

L’EcoRéseau est un outil pour la Révolution Intégrale. Nous voulons un changement que nous opérons depuis la base et sur un mode autogéré. En unissant nos forces, partageant nos expériences, et nous concentrant sur ce qui nous unis les unEs aux autres, plutôt que sur ce qui nous sépare, nous sommes en capacité de l’opérer ici et maintenant.

Nous devons user de nos propres moyens pour faire circuler ces informations. Nous comptons sur vous touTEs!

Source: EcoRéseau Pays nantais Par ouestecorezo Février 2013

30 mars 2013 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE | , , , , | 4 commentaires

17 Avril : Journée internationale des luttes paysannes


Résistez à la commercialisation de la nature – Stop aux accaparements de terres!

Appel à la mobilisation.

Communiqué de La Via campesina
 

Les graves crises environnementales, économiques et sociales actuelles, contre toute attente, n’ont pas conduit la plus part des élites nationales et internationales à un changement radical de direction. Bien au contraire, nous observons que l’offensive s’accentue de la part des superpuissances économiques pour s’accaparer les terres et toutes les ressources encore disponibles, dans le but de faire du profit. La terre est devenue une marchandise comme une autre qui fait l’objet d’échanges spéculatifs, de même que l’eau, les semences etc. Cette hyper commercialisation des biens communs conduit à des expropriations en masse des personnes qui vivent simplement de la terre. Les paysans et paysannes en sont particulièrement affectés.

Au même moment, la résistance se manifeste partout. Dans le monde entier, des communautés urbaines et rurales, touchées par la même vague de privatisation et de destruction de la vie, résistent aux entreprises multinationales qui imposent la règle du profit au détriment des besoins et des droits des populations. Le mouvement de résistance contre les OGM a récemment mené à des victoires : des projets de cultures agro-écologiques durables ont été développés dans des villes et dans les zones rurales pour l’alimentation des populations locales.  Des milliers de personnes ont protesté contre l’absurdité de certains « projets de développement » destructeurs comme des mines, des aéroports, des centres commerciaux ou des plantations industrielles. Des paysans et paysannes, et des groupes de la société civile se sont opposés  à l’accaparement des terres partout…

Le mouvement international La Via Campesina défend et répand les pratiques et les politiques de souveraineté alimentaire dans le monde depuis 20 ans. Pour le lancement des 20 années de luttes à venir, nous appelons à une journée de mobilisation massive le 17 Avril, journée Internationale des Luttes Paysannes, pour reprendre possession de notre système alimentaire qui, de plus en plus, est pris en otage par les multinationales. Nous invitons tout le monde à organiser des activités, des manifestations, des expositions, des actions directes, des débats, des projections de film, des marchés paysans etc., dans votre village, école, lieu de travail, quartier, organisation, communauté…

Ou que vous soyez, rejoignez cette célébration collective le 17 Avril !

  • Informez nous de votre projet en envoyant un e-mail àviacampesina@viacampesina.org
  • Inscrivez-vous à notre liste spéciale de contacts e-mail en envoyant un e-mail blanc à via.17april-subscribe@viacampesina.net
  • Envoyez nous des reportages, des images et des vidéos de votre action ! Nous les publierons sur la nouvelle chaîne Via Campesina TV.
  • Nous publierons une carte des actions menées à travers le monde, sur http://www.viacampesina.org
  • Rejoignez notre évènement Facebook

13 mars 2013 Posted by | Agriculture vivrière, Désobéissance civile, ECONOMIE LOCALE | | 2 commentaires

Camarades de la Zone À Défendre (ZAD)


la zad de Notre Dame des Landes

Communiqué de Enric Duran aux Camarades de la Zone À Défendre ( #ZAD )

Je vous écris à titre personnel, en tant que membre de la Coopérative Intégrale Catalane et du groupe instigateur de l’appel pour la Révolution Intégrale.

Comme vous le savez, à la suite de la diffusion publique de mon action de désobéissance face à la justice et du récent appel à la Révolution Intégrale (http://www.integrarevolucio.net) nous avons repris contact avec des personnes actives sur la ZAD.

“Nous suivons avec beaucoup de respect et d’intérêt la lutte pour la défense et la préservation du bocage nantais, face à ce monumental aéroport que ceux-d’en-haut veulent imposer coûte que coûte.”

De notre côté, nous avons débuté et renforcé un processus accéléré de construction d’une autre société au travers de notre démarche de Coopérative Intégrale; une structure dans laquelle il est possible de vivre dans le respect du bien commun. Vous pouvez découvrir plus en détail l’évolution du projet des Coopératives Intégrales en suivant ce lien :

http://enricduran.cat/es/el-tiempo-del-si/

Depuis l’été dernier, nous travaillons à générer une proposition d’espace politique et idéologique international avec des camarades issus d’autres collectifs. Il s’agirait aussi d’un espace de soutien mutuel et de solidarité entre les mouvements d’auto-organisation provenant de la base. Nous croyons que le concept de Révolution Intégrale pourrait convenir à cette tâche, même si le plus important est d’avoir en commun ces fondements que nous partageons.

Quand nous avons appris la date de mon procès – c’est à dire très récemment – il nous a paru important de créer la connexion entre ma réponse face à l’autoritarisme judiciaire, et cet appel. Cette dernière semaine, nous avons donc fait coïncider ces deux informations; elles représentent toutes deux l’amorce d’un tournant important dans notre action.

Mardi dernier, je ne me suis pas présenté à la farce judiciaire orchestrée en mon honneur.

On requiert contre moi huit ans de prison pour m’être rapproprié une petite partie du patrimoine collectif que la banque a volé au peuple. Plus d’information sur ce sujet : http://7seizh.info/2013/02/13/catalogne-desobeissance-civile-pour-enric-duran-le-robin-des-banques-catalan/

Étant donné que nous n’accordons aucun crédit au système judiciaire de l’État – comme au reste des institutions représentant le pouvoir – nous persisterons sur cette voie [de désobéissance] jusqu’à ce qu’on laisse nos camarades en paix, tout en continuant à construire une autre société, à partir de la rébellion.

Je crois comprendre que nous sommes en phase: Vous avez généré une importante expérience d’auto-organisation et d’autonomie et, comme la nôtre, votre réalité est en train de se transformer grâce au temps de création collective que vous vivez au quotidien.

Résistance et autonomie ; désobéissance et autogestion, sont deux dimensions d’un même chemin vers le monde que nous voulons.

Les zapatistes, dont notre action s’inspire beaucoup, ont récemment formulé un appel à cet objectif constructif que de plus en plus de mouvements à travers le monde considèrent comme une manière de faire la révolution ; ils l’ont appellé “El Tiempo del Si”, “Le Temps du Oui”. Votre lutte fait aussi partie des éléments importants de cet appel à la Révolution Intégrale; elle force le respect.

Nous pensons que votre participation sera importante pour impulser ce processus de rencontre pour la Révolution Intégrale, tant à l’échelle la plus locale que dans l’ensemble de l’Europe et du monde.

Votre lutte est notre lutte : notre autonomie est la vôtre.

Enric Duran

15/ 02/2013

http://enricduran.cat/es/carta-de-enric-duran-a-la-zone-a-defendre-zad-2/

Català, Castellano

24 février 2013 Posted by | Agriculture vivrière, Désobéissance civile, DECROISSANCE | , , , | 2 commentaires

Collectifs girondins contre tous les grands projets inutiles et imposés.


grands projets inutiles

CRÉATION D’UN COMITÉ DE SOUTIEN
BASSIN D’ARCACHON – VAL DE L’EYRE – NORD DES LANDES
À LA MOBILISATION CONTRE LE PROJET D’AEROPORT DE NOTRE DAME DES LANDES
ET CONTRE TOUS LES GRANDS PROJETS INUTILES ET IMPOSES

A l’attention de l’ensemble des citoyens,

Trois collectifs girondins sont en cours de création :

  • Bordeaux,
  • Libourne
  • Bazas-Langon.

L’idée de relocaliser les manifestations nationales ou régionales chez nous, d’organiser des rassemblements en « circuit court », prend tout son sens.

Un appel à rassemblement citoyen avait été lancé et qu’une cinquantaine de personnes se sont réunies de manière conviviale mais convaincues sur la place de la mairie de Belin-Béliet le 17 novembre 2012 (ici).
C’est pourquoi, nous lançons un appel à création d’un comité de soutien sur le Bassin d’Arcachon-Val de l’Eyre et Nord des Landes.

Les quatre comités seront en lien pour coordonner les collectes et soutiens matériels éventuels à acheminer sur la ZAD tout au long de l’hiver.

  • Pour soutenir les initiatives des occupants de la Zone À Défendre, en opposition aux expulsions de Notre Dame Des Landes
  • Pour demander une consultation systématique et démocratique des citoyens face à tous ces Grands Projets Inutiles Imposés, dont l’Ayraultport de Notre Dame Des Landes est devenu le symbole…
  • Pour réclamer des politiques responsables écologiquement et socialement, sur l’ensemble de nos territoires.

Alors que la situation économique, sociale et environnementale se dégrade chaque jour en France, la mobilisation contre Notre Dame des Landes est devenue le symbole de la lutte contre les grands projets inutiles qui :

  • Dilapident l’argent public au seul profit des multinationales
  • Détruisent des terres agricoles et des zones humides
  • Participent au saccage du modèle social issu de la résistance
  • Nie les conséquences du pic du pétrole et la déplétion des ressources en générale
  • Contribuent à la production de CO² et aux changements climatiques

Nous proposons à l’ensemble des citoyens qui se sentent concernés de se manifester afin de créer un comité de soutien et d’organiser des actions communes, et s’inscrire par mail à : soutien.nddl-bassinvaldeleyre@riseup.net

Prochain rassemblement de soutien à Belin-Béliet le samedi 15 décembre, à 11h, place de la Mairie. Venez avec votre pique-nique !

Merci de faire circuler l’information dans vos réseaux.

Plus d’infos : Notre Dame des Landes – Zone à défendre https://zad.nadir.org/?lang=fr

Pour la création du collectif,
Sophie et Cynthia
de Belin-Béliet

1 décembre 2012 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE | , , , | 3 commentaires

Notre Dame Des Landes en images.


Photos et reportage vidéo sur la manif du 17 à diffuser !

Un montage photo, sur la bande son de la Rue Kétanou :

Un superbe montage photo avec une bande son bien choisi :

Un reportage vidéo qui vaut vraiment le coup d’oeil :

Et pour finir une vidéo de BastaMAG :

Notre-Dame-des-Landes from Bastamag on Vimeo.

Un autre beau montage photo ici :

http://wp.me/p1hwU8-16r
Un reportage vidéo à voir absolument :

http://wp.me/p1hwU8-15K

Un reportage de Rennes TV qui vaut aussi le coup d’oeil :

http://wp.me/p1hwU8-15G

Des vidéos en vrac de la manif du 17 :

http://wp.me/p1hwU8-15J

Et enfin, de nombreuses vidéos des semaines d’occupation militaire de la ZAD et de la résistance à cette dernière ici :

https://zad.nadir.org/spip.php?article510

…………………………………………………….

source:lutteaeroportnddl.com

24 novembre 2012 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE | , , | Laisser un commentaire

Notre Dame des Landes : Halte à la répression, stop à l’aéroport !


appel unitaire

Depuis le 16 octobre, l’agression subie par les habitants de la zone concernée par le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44), a franchi un nouveau cran.

Parce qu’ils défendaient la préservation des terres agricoles, des écosystèmes, et ont mis en place des modes de vie alternatifs, les habitants de la ZAD (Zone d’aménagement différé renommée Zone A Défendre) et leurs familles ont été chassés de leurs maisons, 15 jours avant le début de la trêve hivernale, et ces maisons détruites, parfois illégalement, par les forces de l’ordre.

Nous condamnons la violence déployée depuis la semaine dernière lors des expulsions par les gendarmes mobiles et CRS envoyés par le gouvernement, qui illustre ainsi une nouvelle fois son soutien à la multinationale Vinci, maîtresse d’œuvre du projet d’aéroport.

Depuis plusieurs années, les habitants, et les paysans de Notre-Dame-des-Landes se battent contre un projet inutile, coûteux, destructeur de la nature et des terres agricoles (1600 hectares de terres agricoles et de bocage prévus pour la construction de l’aéroport, et des milliers d’autres pour les zones commerciales et industrielles sur les 20 kilomètres qui séparent Notre-Dame-Des-Landes de Nantes). Ces terres sont indispensables pour développer une agriculture saine et de proximité, leur destruction est une signe supplémentaire que le capitalisme est un modèle de développement économique irrationnel. Quand toutes les terres agricoles seront construites comment ferons-nous pour nous nourrir, et où ira se nicher la vie végétale et animale ?

Alors que le gouvernement n’a que la réduction des déficits à la bouche, comment peut-il justifier de gaspiller des centaines de millions d’euros, voire plus, pour construire un aéroport dont il n’arrive même pas à démontrer l’utilité sociale et dont le financement va être assuré par un partenariat public privé garantissant un retour sur investissement exorbitant à Vinci ?

Depuis l’expulsion, les manifestations de soutiens et les actions entreprises un peu partout en France sont de plus en plus nombreuses et témoignent d’une résistance qui en marche

Nous dénonçons les expulsions et destructions, l’occupation de la zone par les forces de l’ordre, la répression, ainsi que l’acharnement du 1er ministre J.M Ayrault, ancien maire de Nantes, à poursuivre le projet d’aéroport. Nous soutenons les initiatives de soutien à la lutte de Notre-Dame-des-Landes et appelons à rejoindre les comités de solidarité et de résistance pour stopper ce projet.

L’heure est à la convergence de toutes les initiatives pour faire reculer le gouvernement.

Signataires :

Alter Ekolo, Alternative Libertaire, ATTAC, Fédération Anarchiste, Fédération pour une Alternative Sociale et Écologiste, Gauche Anticapitaliste, Ile-de-France Décroissance, Initiative Pour un Autre Monde (IPAM), Les Alternatifs, Les Amis de la Confédération Paysanne, Mouvement des objecteurs de Croissance, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti de Gauche, Parti Pour La Décroissance, Relocalisons, Union Syndicale Solidaires

30 octobre 2012 Posted by | Désobéissance civile, ECONOMIE LOCALE | , , | Laisser un commentaire

Communiqué de Dominique Guillet, directeur de Kokopelli


Les Pétitions : les psychopathes prédateurs s’en torchent leur barbecul

Suite au jugement scandaleux de la Cour Européenne de Justice — qui prouve une fois de plus que ces institutions Européennes sont complètement corrompues et à la botte des banskters, du Cartel de la Chimie, des multinationales biocidaires et autres marionnettes politiques — certains amis de Kokopelli ont pensé qu’il était adéquat de relancer des énièmes pétitions pour la défense des semences libres.

Qu’il soit, donc, bien clair que l’Association Kokopelli ne cautionne, en aucune manière, la pétition lancée par Cyberacteurs et, cent mille fois moins, celle lancée par Avaaz. J’ai déjà exprimé — dans l’un de mes articles sur l’arnaque du réchauffement climatique anthropique — ce que je pensais de cette organisation bien ancrée dans la mouvance de l’opposition contrôlée et créée par Ricken Patel qui fut consultant pour l’ONU, la Fondation Rockefeller, la Fondation Bill Gates…

N’est-il pas évident, après tant d’années de lutte, que les pétitions, les psychopathes prédateurs s’en torchent leur barbecul sur leurs pelouses transgéniques ?

Le jugement de la Cour Européenne de Justice est totalement en phase avec les délires génocidaires de la clique criminelle du complexe militaro-industriel qui ruine les peuples par des dettes nationales générées ex-nihilo, fomente des guerres « libératrices », détruit l’intégralité de la biosphère et assassine l’humanité.

Vandana Shiva — qui sera présente lors de notre Festival Kokopelli/Pachamama au Pérou — a récemment évoqué l’offensive généralisée des multinationales de l’agro-chimie dans les pays dits « émergents ». Aux USA, Monsanto et les multinationales biotechs, tentent de faire passer, au Congrès, un décret qui les mettrait au-dessus de toutes les lois. Quant à l’Europe, elle continue de se transformer en poubelle cancérigène sous l’assaut de l’agriculture toxique et du Cartel Nucléaire.

Et pour ne pas évoquer un sujet tabou — la contamination radioactive de toute la chaine alimentaire planétaire — une première ferme bio, en Oregon, selon l’expert nucléaire Arnie Gundersen, a fermé ses portes en raison de la contamination radioactive de ses sols. Et le Japon se meurt inexorablement de Fukushima, l’oubliée des médias à la solde de la mafia. Tout comme les citoyens de la côte ouest US, tout comme les peuples de la planète…, mourront inexorablement de Fukushima le jour où son réacteur 4 s’effondrera.

Très chères Amies et Amis de Kokopelli et de la Vie, pensez-vous vraiment que nous allons neutraliser les criminels psychopathes et prédateurs avec de mignonnettes pétitions ?

Les Peuples de cette belle Planète, notre Terre-Mère, apprendront-ils un jour qu’une société qui ne peut pas discerner et éliminer, par tous les moyens possibles, la psychopathie, en son sein, n’est tout simplement pas digne de survivre ?

Il est vrai que la Rage monte, que certains Peuples se réveillent (en Islande, les banquiers mafieux sont en prison) mais il ne reste que peu de temps. L’Humanité est dans une situation critique de légitime défense car les psychopathes dégénérés ont déclaré la guerre à la Vie — une guerre totale et terminale — et ils iront jusqu’au bout de leur démence meurtrière.

Quant à Kokopelli, ce n’est ni la Cour Européenne de Justice, ni le GNIS, ni Baumaux, ni la clique génocidaire qui s’est donné comme mission d’éradiquer la Vie de notre belle Planète, qui nous empêcheront de continuer notre travail de protection de la biodiversité alimentaire : un travail de 20 années dans le non-respect total de leur illégalité mortifère.

 

Dominique Guillet. Le 22 juillet 2012.

23 juillet 2012 Posted by | Agriculture vivrière, Désobéissance civile | , , | 13 commentaires

Contre Eurosatory


Événement contre Eurosatory. Pyramide du Louvre.
12/06. 16h


Mobilisation contre Eurosatory – salon des ventes d’armes
A 16h30, avant le dîner de Gala, Pyramide du Louvre
http://www.demosphere.eu/node/30331
Le Collectif Francilien pour la Décroissance, le Parti pour la Décroissance (PPLD), le
Mouvement des Objecteurs de croissance (MOC), les OC (franciliens rattachés au MOC) et
le parti EPOC (Ecologie Pacifisme Objection de croissance), ainsi que d’autres mouvements
pacifistes appellent à une mobilisation collective contre ce commerce inique qu’est le
commerce des armes.
Alors que le monde s’enfonce chroniquement dans une crise globale, les dépenses militaires
mondiales sont en augmentation pour atteindre aujourd’hui le record de 1630 milliards de
dollars ! Alors que des coupes sombres sont pratiquées dans les dépenses publiques (santé,
éducation, logement) les énergies (humaines, financières, matières premières) mises dans
l’armement sont de toute évidence scandaleuses : la France seule a dépensé 67 milliards d’euro
dans ce poste budgétaire en 2011. Dans ce « capitalisme du désastre », selon l’expression de
Naomi Klein, que la marchandise produite soit utile, nuisible, toxique ou criminelle n’a qu’une
importance secondaire, le but est de produire des profits. Car le commerce des armes,
atrocement criminel, est l’un des plus rentables pour les maîtres du monde.
La démilitarisation permettrait d’arrêter un gigantesque gaspillage de ressources financières et
physiques, tout en éliminant une des premières causes de destruction écologique et de
souffrance du monde moderne. La production, les essais, l’entretien et le déploiement (et
l’utilisation) des armes conventionnelles, chimiques, biologiques et nucléaires engendrent
d’énormes quantités de déchets toxiques et radioactifs. Les forces armées mondiales, dont
l’armada étatsunienne, de loin la plus écrasante, coûteuse et dominante, sont les plus grands
pollueurs et les plus grands assassins des temps modernes. Le transfert massif des dépenses
militaires vers des activités civiles permettrait tout de suite de faire face à de vrais besoins.
Par exemple, ici et maintenant, en France, rémunérer 20000 enseignants pendant 5 ans au lieu
d’entretenir un sous marin nucléaire. Ou payer 85000 enseignants ou lieu d’un laser
mégajoule.
Le Collectif Francilien pour la Décroissance, les OC, le Parti pour la Décroissance (PPLD),
le MOC ( Mouvement des Objecteurs de Croissance) et l’EPOC (Ecologie Pacifisme
Objection de Croissance) donnent donc rendez vous à touTEs les militantEs écologistes,
antimilitaristes, pacifistes et à toutTEs les personnes fort justement indignéEs par ce
commerce des armes, le mardi 12 juin à 16h30 à la Pyramide du Louvre, jour du dîner de
Gala de l’ouverture de ce salon des marchands de canons (salon qui se tient du 10 au 15 juin).
paris-decroissance@laposte.net
http://ocparis.canalblog.com/

4 juin 2012 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE | , , , , , , | Laisser un commentaire

ciné débat à Béliet « Tous au Larzac » !


De : Courant Alternatif Association <courant-alternatif@orange.fr>

Bonjour à tous,

Le Courant Alternatif de Belin-Béliet et l’AMAP des jardins de Sillac de Salles vous convient à la projection du film Tous au Larzac le vendredi 25 mai à 21h à la salle des fêtes de Béliet.

L’entrée est libre et la projection du film sera suivie d’une discussion animée par des acteurs de la lutte du Larzac présents dans la salle.

Les échanges, les évocations passées ou perspectives futures pourront se prolonger autour d’un verre (ou deux) offert par les associations en toute convivialité et où vous pourrez apporter quelque chose à grignoter !

Vous ne connaissez pas l’histoire ? ne manquez ce film sous aucun prétexte….

Vous connaissez l’histoire : faites-vous du bien en (ré)écoutant les détails de cette lutte collective !!

A propos du film :

Marizette, Christiane, Pierre, Léon, José… sont quelques uns des acteurs, drôles et émouvants, d’une incroyable lutte, celle des paysans du Larzac contre l’Etat, affrontement du faible contre le fort, qui les a unis dans un combat sans merci pour sauver leurs terres. Un combat déterminé et joyeux, mais parfois aussi éprouvant et périlleux. Tout commence en 1971, lorsque le gouvernement, par la voix de son ministre de la Défense Michel Debré, déclare que le camp militaire du Larzac doit s’étendre. Radicale, la colère se répand comme une traînée de poudre, les paysans se mobilisent et signent un serment : jamais ils ne céderont leurs terres. Dans le face à face quotidien avec l’armée et les forces de l’ordre, ils déploieront des trésors d’imagination pour faire entendre leur voix. Bientôt des centaines de comités Larzac naitront dans toute la France… Dix ans de résistance, d’intelligence collective et de solidarité, qui les porteront vers la victoire.

Documentaire sorti le 23 novembre 2011 – Durée 1h 58min – Réalisé par Christian Rouaud


Au plaisir de vous retrouver à l’occasion de cette soirée,
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20 mai 2012 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE | , | Laisser un commentaire

Nous ne sommes pas en démocratie


Le philosophe Alain Badiou sur la Démocratie

« NON je ne voterai pas! »

« Les élections servent à enterrer le mouvement de démocratie. »

« Il n’y a pas de relation entre la majorité et ce qui est juste »

« Dans notre régime quel est le pouvoir du peuple? en quoi le peuple participe-t-il aux décisions les plus fondamentales (les décisions de politique étrangère,  les décisions concernant les banques , l’économie et ses orientations… »

voir également : Nous ne sommes pas en démocratie

16 avril 2012 Posted by | Désobéissance civile, webTV | , , , , , | Laisser un commentaire

Chomsky et compagnie




A l’heure où impuissance et résignation l’emporte, le travail de Noam Chomsky est un antidote radical pour tous ceux qui veulent en finir avec la fabrique de l’impuissance et ses chiens de garde intello-médiatiques. Inlassable, inclassable, implacable, « l’intellectuel le plus populaire et le plus cité au monde » poursuit la mise à nu des mécanismes de domination avec une étonnante vitalité. Mais pas d’hagiographie, pas de prêt à penser. Souvent l’intellectuel est celui qui veut nous faire penser comme lui. Au contraire, Chomsky nous incite a développer par nous même en pensée critique contre les différentes formes de pouvoir et les idéologies qui les justifient. Il montre que les changements sociaux sont à notre portée.

Distributeur Les Mutins de Pangée

24 février 2012 Posted by | Désobéissance civile, webTV | , , | Un commentaire

L’abstention active


L’abstention , un acte courageux et citoyen

Agir au lieu d’élire ! Abstention !

Il est clairement établi qu’aucun  parlement ou gouvernement n’a jamais représenté jusqu’à présent la majorité réelle d’un peuple (voir article abstention2011).
Un des mots d’ordres que l’on a entendu  dans les récentes manifestations populaires était « Ils ne nous représentent pas » et des pratiques de prises de décisions réellement démocratiques sont devenues la norme de ces nouvelles approche de la démocratie réelle.

La démocratie radicale: une utopie?

Encore un contre sens que l’on peut entendre alors que nous fonctionnons déjà dans des systèmes de prise de décision démocratiques comme peuvent l’être les associations, les coopératives de production ou d’achat, ou même la famille… Démocratie transversale, réelle, directe, au consensus sont maintenant des notions qui se répandent comme une trainé de poudre dans les populations.

Quel est le rôle des élections?

Les élections « représentatives » servent en premier lieu à donner une légitimité aux élus. Les « élu-es » peuvent d’autant plus prendre des mesures impopulaires, qu’il-elles ont un nombre important de voix. Les élections servent avant tout les élu-es et leurs intérêts.
Seul le peuple est démocrate.

L’abstention active c’est être présent et faire entendre sa voix à chaque instant de la vie sociale.

La loi de la majorité n’est pas forcement pertinente. En fait, les découvertes, les avancées sociales ou scientifiques sont toujours l’œuvre de « minorités actives »
L’abstention active est justement cette reprise du pouvoir par les groupes concernés par une décision politique, l’abstention active c’est être présent et faire entendre sa voix à chaque instant de la vie sociale.

Arracher des OGM, être objecteur de conscience et refuser d’être soldat dans des guerres qui ne nous concernent pas, créer des monnaies locales, des jardins partagés, des entreprises autogérées, s’exprimer sur les murs de sa ville, aider activement les plus démunis que soi, soutenir une production locale, faire sa propre presse, créer des écoles…..la liste est infinie de ses actions qui sont la réalisation d’un véritable « devoir » politique celui de vivre ensemble, de s’organiser nous-même pour notre bien être. Le temps des élites est révolu et ce ne sont pas elles qui vont le crier sur toutes les antennes.

L’abstention active.

On ne devient pas abstentionniste actif par hasard, ce choix est réfléchi, mûri, il est le fruit, à la fois des expériences personnelles en particulier et de l’Histoire en général.
Aristote disait déjà à son époque que le vote était d’essence aristocratique.

On entend que l’abstention est un acte irresponsable mais il s’agit là d’un retournement propre à la propagande. En effet, se rendre aux urnes une fois tous les 5 ans pour confier à un individus tout notre pouvoir et s’abstenir de toutes décisions nous concernant en donnant un chèque en blanc aux élus, voilà l’acte irresponsable et infantilisant par excellence.
Notre « responsabilité » de citoyen nous engage à
être présent à chaque instant de la vie politique , à décider ensemble de la « chose publique ».

L’abstention est un acte responsable et politique.

L’absence la plus  regrettable est-ce celle des quelques minutes nécessaires pour voter, ou celle de tous les jours de l’année?
Car le fait de voter implique en somme le renoncement à s’occuper directement de la chose publique pour une période déterminée, au cours de laquelle l’élu-e reste chargée de s’en occuper au lieu et place des électeurs, ceux-ci devenant ainsi les absents toujours dans leur tort. Et les faits ne démontrent que trop qu’ils le sont réellement.

Un devoir?

Les « devoirs du citoyen » – si devoirs il y a – ne sauraient être ramenés à l’obligation de déposer un bulletin dans l’urne ; ils ne peuvent que trouver leur application à tout instant où le besoin s’en fait sentir, tandis que le vote ne signifie en somme que déléguer autrui pour faire son devoir propre, ce qui est évidemment un non-sens.
Que l’on envisage la participation à la chose publique comme un droit ou un devoir, elle ne saurait donner lieu à une délégation, à moins de nier pratiquement ce qui vient d’être affirmé théoriquement.
Un homme peut-il s’instruire, s’améliorer, se fortifier par délégation?
Non, et cela présuppose avant tout une activité personnelle de chacun.

Peut-on imaginer une plus mauvaise éducation que celle consistant à se décharger sur quelques rares individus du soin de traiter précisément les questions où l’intérêt de tous est en jeu, et dont la solution pourra avoir les conséquences les plus considérables pour l’humanité?

Notre « devoir » ne serait-il pas  de refuser de s’absenter partout où notre sort se discute et se trouve en jeu, d’être présent pour peser de toutes nos forces sur la décision à intervenir plutôt que de cautionner un système politique élitiste et antidémocratique en se rendant aux urnes?

A-D

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21 février 2012 Posted by | Désobéissance civile, Notre démocratie | , , , , , , | 3 commentaires

Ouvrir un squat


La vague de froid s’installe et s’accentue .Tous les jours des êtres humains meurent de froid. Face à l' »émotion » pré-électoraliste et cynique des politiciens, agissons en citoyens: ouvrons les bâtiments vides, réquisitions populaires.

 Quelques éléments pour ouvrir un bâtiment venant de l’expérience nos amies de Lille:
  • les repérages
  • l’ouverture
  • l’installation
  • gagner du temps
  • l’expulsion
  • Le barricadage des portes
 

reperages

Si tu veux ouvrir un squat, il te faut repérer plusieurs lieux qui correspondent à tes envies. Y’a pas besoin d’une vieille usine de 10000 m2 si vous êtes 2 et que vous ne voulez qu’habiter.
C’est mieux de faire des tours à vélo ou à pied pour repérer. Fais en souvent, tu remarqueras toujours d’autres bâtiments. Ne fait pas tes repérages de nuit ou les jours fériés.

Essaie de voir s’il y a du passage (fenêtres qui s’ouvrent, travaux), s’il n’y a pas de prospectus dans la boite aux lettres. Tu peux aussi glisser un morceau de papier entre la porte et le bâti: s’il tombe, c’est une preuve de passage.
Il y a aussi moyen de se renseigner au service du Cadastre( en mairie ou aux impôts). Mais il faut savoir que la remise à jour n’est pas permanente.En tout cas, c’est un service public et tu ne devra payer que si tu fais faire une photocopie du plan (grande photocopie). Si ton futur proprio-expulseur est une entreprise, tu peux aller voir sur le site d la chambre de commerce ou  même et surtout les voisins s’ils te répondent sans partir en courant.Parfois, les voisins surveillent les maisons…
La fréquence des maisons murées est signe de l’attention portée par les promoteurs sur la bonne vie du quartier. Ça peut être intéressant. On peut supposer qu’un pâté de maisons vides se fera expulser rapidement alors que pleins de petites maisons…

Saches que tu risques de voir pleins de bâtiments qui ne le feront pas, ne te décourages pas.
Si le moyen d’entrer est facile, tu peux faire une visite pour te décider mais il ne faut pas griller le lieu. Tu peux évaluer la taille et l’état de dehors et le mieux est encore de visiter et d’ouvrir le même soir.
Une première visite peut être l’occas de poser un verrou.C’est un peu risqué mais ça permet une ouverture en plein jour avec les clés! Tu peut aussi déposer des outils ou des matériaux pour préparer l’ouverture.
Il est bon de savoir que les proprios ont la fâcheuse tendance de passer environ tous les mois.Ne tardez pas trop.

l'ouverture

Voici le moment tant attendu! Les travailleurs de la nuit sont en route.
Il est préférable d’avoir un minimum d’outils:

-un sac à dos
-des verrous
-des loquets
-des tournevis ou même encore mieux une perceuse-visseuse sans fil
-une lampe de poche
-tout un tas d’vis et d’clous.
-du scotch
-un pied de biche
-des gants( pas indispensables mais…)
-de quoi barricader: une bastringue ou toute barre de bois, fer…
-un sac poubelle si vous avez envie de faire caca, vous ne boucherez pas d’emblée les chiottes.
Tous les autres outils sont les bienvenus.
USE TOOLS!

Il faut éviter qu’il y est des témoins. Donc pour l’heure, il faut voir en fonction de la fréquentation de la rue. 2, 3 heures du mat. est souvent une bonne heure.
S’il y a plusieurs personnes, certainEs peuvent faire le guet.
Une effraction, ça fait du bruit et c’est une preuve en cas de flagrant délit donc, s’il y a moyen de ne pas utiliser le pied de biche, c’est mieux. La légende s’écroule!!!
S’il faut casser un carreau, utilisez du scotch pour ne pas faire de bruit. Le bruit!!! Si y’a un moment où il faut y faire attention, c’est celui-là. Les voisins n’hésiterons pas à appeler la flicaille avec les emmerdements.Il vaut mieux les rencontrer le lendemain plutôt que la nuit dans leur jardin…

Pour utiliser un pied de biche, c’est très facile: c’est un levier donc il te faut un point d’appui, comme par exemple l’huisserie qui supporte la gâche, dans laquelle s’engage le pêne
C’EST CLAIR ?

Un shéma s’impose: c'est beau une porte ouverte! barricadage!

Une fois rentréEs, les choses se compliquent.
Il s’agit maintenant de barricader les différentes entrées. En tout premier lieu, retires les verrous qui étaient posés et remplaces les par les tiens.
Rajoute des loquets en haut et en bas de la porte( point sensible). En tout cas, car tu ne pourra peut-être pas tout faire la première nuit, il faut pouvoir empécher toute tentative d’envahissement incontrôlé des keufs hyper violents et complétement bourrés à cette heure avancée…
Bloque aussi la porte avec la bastringue en la calant dans le trou du paillasson ou autre.
Après ces préliminaires un peu speed, tu peux visiter ta nouvelle maison.C’est à dire que tu peux regarder s’il y a encore l’eau et l’élec.
Pour cela, un testeur et des gros plombs E.D.F. ne sont pas superflus… Pour l’eau, elle est souvent fermée au robinet qui se trouve à la cave.

L'INSTALLATION
La première nuit n’est jamais terrible!

  • Vous êtes maintenant chez vous.Découvrez sous tous les angles votre nouvelle maison. Genre voir s’il n’y a pas de portes secrètes ou autre.
    Souvent, on attire moins l’attention en n’essayant pas de se cacher.
  • Vous pouvez vous écrire une petite carte, le cachet de la Poste faisant foi pour prouver l’occupation depuis plus de 2 jours.
  • Il faut savoir qu’après un délai légal de 48 heures, ni le propriéaire ,ni personnes d’autres ne peut plus vous déloger sans décision de justice. Une preuve supplémentaire de votre installation sera la présence de meubles, matelas…
  • En matière d’électricité, il est toujours bon de vérifier le circuit et de le refaire si par exemple, les fils sont en tissu voire en carton comme souvent dans les vieilles maisons.
    Vu que les chauffages électriques, ils pompent mortel!,il faut réévaluer l’ampérage des plombs: à chaque pièce où il y a un chauffage, il faut mettre un fusible de 16 ampères. 16 ampères, ça veut dire 16a x 220v =3520 watts, c’est à dire un chauffage à maximum 3000 watts + lampes, chaîne HiFi ou autre.
    Les incendies, ça n’arrive pas qu’aux Autres…
  • Renforcer la porte peut être utile: vous pouvez percer un trou pour poser un judas( utile pour voir sans être vu! ), adapter un système de barre transversale pour consolider la porte:
    Si la porte s’ouvre sur un couloir, vous pouvez percer 2 trous dans les murs pour y glisser une bastringue. C’est encore mieux de poser un U sur la porte dans lequel la bastringue se glisse pour ne pas qu’ils puissent la tirer vers eux non plus.
  • Il ne faut pas laisser la maison vide tant que vous ne connaissez pas les réactions des proprios.C’est galère mais ça peut vous éviter des mauvaises surprises genre des serrures neuves et tes affaires enfermées !

gagner du temps!!

  • Le proprio envoie souvent les keufs lorsqu’il vient de constater l’occupation. Vous pouvez communiquer avec eux dans la limite de leur compréhension, bien sûr. Temporisez au maximum et restez évasifs quant au nombre de personnes et bien sûr à leur nom. Le proprio doit les connaître car l’expulsion est nominative. Inutile de préciser qu’il ne faut pas dire que vous êtes rentréEs par effraction. Réparer la porte ou toute trace.
  • La procédure la plus utilisée est appelée référé qui peut être très rapide. Il peut être judicieux de prendre un/une avocatE pour pouvoir contester et exploiter toutes les possibilités: par exemple un mauvais numéro de maison, une revendication des deux mois légaux de délai entre la remise de l’avis et l’expulsion, souvent déniés par les juges. Une petite séance de misérabilisme et d’énoncés de grands principes genre le droit au logement pour tous… fait aussi son petit effet.
  • vous pouvez  prétendre à l’aide juridictionnelle qui permet de ne pas payer les frais d’avocat.
    Il faut préciser qu’entrer dans le délire tribunaux n’apporte jamais grand chose( à mon goût) et ne fera que ralentir et repousser une décision hélas inévitable: l’EXPULSION. Vous pouvez monter un dossier avec l’avocat pour tenter de trouver un accord avec le proprio. Une demande de bail précaire ou d’occupation à titre gratuit en vous basant sur de faibles revenus, des demandes de logements qui n’aboutissent pas … peut être une solution.
  • Selon des rumeurs rarement vérifiées, la bonne foi des occupants pourrait faire pencher la décision en votre faveur. C’est par exemple l’ouverture de compteurs légaux d’élec, d’eau ou de téléphone. Encore faut-il être de bonne foi…Et quelle bonne foi déjà??…
  • L’huissierreprésente l’État, le propriétaire et tout ce qu’on déteste. Il a vraiment beaucoup de droits
    • Il peut venir avec un serrurier et rentrer chez vous.
    • Il vient aussi être accompagné de keufs…
    • C’est lui qui constate l’occupation.
    • Tout se qu’il marque dans son constat est vérité, et ce sans justification.
    • Il peut très rapidement prendre la mouche et vous accuser d’outrages (réfère l’histoire d’Olivier).
    • Il constate souvent la voie de fait par la simple occupation, même s’il n’y a pas de trace d’effraction.
    • Il viens au moins trois fois
      • pour la constatation.
      • pour déposer l’avis d’expulsion.
      • pour l’expulsion.
    • Il peut mettre ses courrier dans la boite aux lettres ou même, ça s’est vu, les coller sur la porte.
  • Vous pouvez tenter de lancer une pétition et/ou d’informer la presse pour qu’elle parle de vous. Mais sachez que les pétitions n’engagent personne, que les voisins, s’ils en ont marre, signeront une contre vous. Quant à la presse, elle a besoin de faire des titres et couvrira aussi bien une activité, une histoire sordide qu’une expulsion. Et à voir l’indépendance et la voix de son maître de la presse locale (tout le monde n’a pas une pleine page dans Libé), inutile de s’étendre sur le sujet.
  • Par contre, vous pouvez parler de vous dans les zines militants et alternatifs de part le monde.
Mais avant tout, sachez que LA LOI EST TOUJOURS DU COTE DES PROPRIOS.
l'expulsion!!
  • Elle peut avoir lieu entre 6h et 21h mais ils aiment bien le petit matin, au saut du lit, genre 8h
  • L’huissier est accompagné par des keufs, beaucoup de keufs chargés de défoncer la porte et de le protéger.
  • Sachez que l’huissier fait la demande de recourt à la force publique au préfet. Elle lui est rarement refusée mais il y en a qui ont des remords en hiver et refusent jusqu’au printemps.
  • L’huissier est censé vous fournir des déménageurs, des cartons, un véhicule et un garde-meuble pour entreposer vos affaires. Rarement respecté.
  • Vous avez le droit à reprendre toutes vos affaires et il faut insister, tant auprès de l’huisier que des keufs qui mettent bien la pression.
  • Les ouvriers chargés de murer la maison, les déménageurs et les keufs n’hésiteront pas à vous voler.
  • La force de la répression est souvent proportionnelle à votre résistance même s’il faut toujours subir leurs blagues pourries et leur morale à deux balles.
  • Ils chercheront toujours un moyen de rentrer au rez de chaussée. Rares sont ceux qui s’aventurent sur les toits même si ça s’est déjà vu. Ils essayeront d’abord la porte et s’attaqueront aux fenêtres ensuite. Les volets sont souvent défoncés.
  • Ils sont bien équipés : béliers, pied de biche, masse si nécessaire.
  • De plus en plus, ils filment les expulsions et les habitants.
  • Il vaut mieux que des copains/copines se déplacent pour vous soutenir. Le plus est le mieux. Pour cela, mettez en place un réseau téléphonique rapide et efficace, genre la maison expulsée téléphone à deux trois personnes qui en appellent d’autres et ainsi de suite.
  • Il vaut mieux prévoir les expulsions s’il y a des trucs qui craignent chez vous.
  • L’avis d’expulsion n’est pas forcément suivi de l’expulsion immédiate et que les keufs aiment bien laisser pourrir la situation en espérant une démobilisation et la fin du lieu. Un déménagement trop rapide, basé sur des bruits et des provocs des keufs engendre une lassitude et un raz le bol bien compréhensible.
  • Vous pouvez contacter des journalistes car, sans compter sur leur talent, leur présence calme les keufs. Par contre, il est préférable de le voir pour lui expliquer la situation avant qu’il raconte n’importe quoi. De plus, des photos de l’intérieur, souvent trashé par les keufs et par le speed du départ ne sont jamais terribles et pourraient être utilisées pour montrer à quel point vous êtes des crados

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IL NE PEUT Y AVOIR D’EXPULSION SANS DÉCISION EXÉCUTOIRE DU TRIBUNAL D’INSTANCE (T.I.), donc si les flics tentent quoi que ce soit sans décision du T.I., leur expliquer que des gens vivent ici, que c’est leur domicile et leur résidence principale, qu’en tant que résident-e-s nous sommes protégé-e-s par la loi, leur signaler qu’ils agissent hors du cadre procédural et que selon l’article 432-8 du code de pénal “le fait, par une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée de mission auprès du service public, agissant dans l’exercice ou à l’exercice de ses fonctions ou de sa mission, de s’introduire ou de tenter de s’introduire dans le domicile d’autrui contre le gré de celui-ci hors les cas prévus par la loi est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende.”
La constatation d’occupation, ainsi que la remise de l’acte d’expulsion en main propre, DOIVENT ÊTRE EFFECTUÉES PAR UN HUISSIER, pas par un de ses employés. Si l’huissier vient et que vous avez choisi de vous défendre au tribunal, il faut absolument lui donner les noms mis sur boîte au lettre afin qu’il ne puisse pas déclencher une procédure d’urgence qui pourrait amener une ordonnance sur requête avec expulsion rapide.

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Source: lille.squat.net

Plus d’info: « Le guide du squat de A à Z » téléchargeable ici

Des infos sur les squats disponibles ici: squatnet et ici

 

Une adresse à proposer: Point info réquisition DAL33-bordeaux

7 février 2012 Posted by | Désobéissance civile, LOGEMENT | , , , , , | 7 commentaires

le transport des déchets nucléaires (les trains CASTOR)


Fukushima, c’était il y a huit mois. Il n’y a pas de « retour à la normale » après une catastrophe nucléaire.

Il y a un nouvel état du monde, une nouvelle géographie du ravage dont l’information régnante voudrait que l’on s’accommode, par la force des choses. Le spectacle des explosions de Fukushima offert en live streaming à la planète entière, les dépêches sans queue ni tête livrées d’heure en heure à l’avidité des peuples obéissent à la même logique qui commande aujourd’hui le plus complet silence sur les conséquences de la catastrophe. Qui sait que le Japon a mis à l’arrêt à ce jour 44 de ses réacteurs, que seuls dix fonctionnent encore et qu’à Tokyo on préfère désormais les coupures d’électricité aux merveilles de l’atome ? Qui se soucie que 90 % des enfants naissant actuellement dans la zone contaminée autour de Tchernobyl soient frappés de tares génétiques ? La vie est assez dure comme ça pour s’épargner d’avoir, de surcroît, conscience de son horreur. Les pays les plus nucléarisés sont ceux où l’on se rebelle le moins contre le nucléaire. Les prisonniers finissent généralement par aimer leur geôlier, pour peu qu’on les résigne assez à leur sort.

le nucléaire fonctionne comme un verrou sur la situation politique

Dans l’ambiance de fin du monde, d’apocalypse symbolique, d’effondrement généralisé où nous baignons présentement, le nucléaire fonctionne comme un verrou sur la situation politique. C’est un ciel bas et lourd qui pèse comme un couvercle sur toute idée de bouleversement. Ce qui est en jeu là, ce n’est évidemment pas la révolution, tout juste sa possibilité. D’autant plus cette société épuise le peu de crédit qu’il lui reste, d’autant plus le réseau de centrales qui enserre le territoire nous fait l’effet d’un corset, d’une camisole. Comment un régime qui ne s’aventure plus à faire de promesse pour l’année suivante ose-t-il produire des déchets radioactifs pour encore cent mille ans ? Comment ignorer que la dépendance énergétique où l’on nous tient, et la sorte de chantage qui l’accompagne, réduisent à l’insignifiant toutes nos prétentions à la liberté ? Il y a quelque chose de morbide dans l’investissement libidinal dont l’Etat français a couvert ses centrales et ses bombes à neutrons. A mesure que gouvernements étrangers et capitalistes éclairés font savoir l’un après l’autre leur intention de renoncer au nucléaire, la France préfère se dire que si elle est de plus en plus seule dans son impasse, c’est simplement qu’elle est la meilleure. Alors que l’EPR est en bonne voie pour égaler Superphénix dans la catégorie des folies furieuses, EDF dévoile à présent son intention de relancer la surgénération. C’est un spectacle atterrant qu’un tel déni du réel, une telle imperméabilité à l’expérience, une telle façon d’exposer au monde entier ses verrues comme un titre de gloire.

L’opération Tarnac

Trois ans se sont écoulés depuis ce 11 novembre où la Sous-Direction Antiterroriste a trouvé bon d’investir le village de Tarnac et quelques autres domiciles en France, afin d’y arrêter une dizaine de personnes. Renseignements pris, nous avons fini par acquérir une idée assez précise de l’étonnante convergence d’intérêts qui a amené à ces arrestations : l’affaire de Tarnac fut d’abord une tentative forcenée, et à ce jour réussie, pour contenir aux frontières l’extension du mouvement anti-nucléaire allemand. Toute l’opération aura consisté à travestir une action de blocage de trains revendiquée par un groupe anti-nucléaire allemand et exécutée par une méthode assez usuelle et assez sûre ­ les fameux « crochets » – pour avoir été employée jusqu’à une centaine de fois en une seule année de l’autre côté du Rhin sans jamais blesser quiconque, en un « acte terroriste » immotivé visant à faire dérailler des trains. Il aura suffi pour cela, d’un côté, d’occulter la revendication allemande transmise dès le 9 novembre 2008 par Interpol, et de l’autre de faire le plus de bruit possible autour de l’arrestation d’un groupe que l’on avait depuis longtemps dans le viseur. Comme l’assassinat de Vital Michalon lors de la manifestation de Malville en 1977, comme les tendons tranchés volontairement, l’année dernière, aux militants du Groupe d’Action Non-Violent Antinucléaire (GANVA) qui s’étaient enchaînés sur la route du train de transport de déchets ultra-radioactifs CASTOR (CAsk for Storage and Transport Of Radioactive material), l’affaire de Tarnac témoigne de la nervosité pathologique qui atteint l’Etat français dès que l’on touche à la question nucléaire. Il est vrai qu’il a sur ce point des décennies de mensonge et des milliers de morts à faire oublier.

Cette année que se prépare, pour la première fois peut-être, une action de masse pour bloquer à son point de départ, le 24 novembre prochain à Valognes (Manche), le train CASTOR, nous ne pouvons décemment manquer le rendez-vous. Nous devons bien cela à l’Etat français, et à ses nucléocrates. Et il serait malséant, après Fukushima, qu’il y ait 50 000 Allemands pour le bloquer à son arrivée à Gorleben, et personne pour l’entraver en France. Alors que huit nouveaux trains de déchets provenant de Hollande doivent bientôt traverser les gares de RER franciliennes pour rallier La Hague, nous devons donner raison au collectif Valognes Stop Castor (http://valognesstopcastor.noblogs.org/ *) : « La question des déchets constitue le maillon faible de l’industrie nucléaire, et l’illustration la plus frappante du scandale qu’elle est dans son ensemble ». C’est donc là qu’il faut l’attaquer. C’est là qu’il faut, à quelques milliers, lui porter un coup décisif. Polluer, c’est toujours s’approprier. En polluant pour les cent mille ans qui viennent, l’Etat nucléaire s’approprie tout futur pensable et toute vie possible. Nous sommes le futur. Nous sommes la vie. Nous arrêterons les centrales.

Tous à Valognes ! Comité anti-CASTOR de Tarnac =====

bonjour,
Extraits du communiqué  « Nous aussi, nous irons à Valognes » du comité anti-CASTOR de Tarnac, qui constitue un appel à rejoindre la lutte contre le transport des déchets nucléaires (les trains CASTOR) aux environs de Cherbourg, du 22 au 24 nov
yves

Tous renseignements utiles sur : http://valognesstopcastor.noblogs.org/

* Le texte d’appel au camp : http://valognesstopcastor.noblogs.org/files/2011/10/CampValognes_folioA3_rectoverso.pdf

20 novembre 2011 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE, ENERGIE | , , , , , , , | Laisser un commentaire

Les indigné-es et la mouvance autonome espagnole


Le mouvement des indigné-es serait-il un sorte de sous printemps arabe, de mobilisation contre la crise, contre la corruption ?! Ou la diffusion massive des idéaux autonomes ?

Il est temps de remettre nos pendules historiques à l’heure. Le mouvement n’est pas sorti de la cuisse de Madoff mais il a un histoire, longue et riche et c’est en s’appuyant sur celle-ci que le mouvement se construit, se répand et prend sa consistance. Je replacerais ici le mouvement du 15M dans la continuité des mouvements autonomes, anti autoritaires, auto gestionnaires espagnols à l’aide de textes extraits de diverses brochures issues du mouvement.

La movida sociale : un mouvement antiautoritaire

Les années 1980 représentent pour l’Espagne la seconde étape de ce que l’on a nommé la « transition démocratique » et son intégration à l’Europe. Cette période fut l’occasion d’une intense agitation sociale, particulièrement dans les territoires basques. Outre les mouvements nationalistes, on y vit fleurir un mouvement antiautoritaire, libertaire, prenant comme esthétique la vague punk qui balayait alors tout le pays.

Ce mouvement eut de multiples aspects : squats, radios pirates, fanzines, musique. Il se retrouva mêlé aux luttes ouvrières, étudiantes, féministes, antimilitaristes, écologistes, pour le logement…

Il fut en butte à la répression des États espagnol et français ainsi qu’à l’ostracisme ou aux calomnies du mouvement de libération nationale basque classique.

« A la fin des années 80 et au début des années 90, à chaque fois qu’un collectif de jeunes s’organisait, les partis d’extrême-gauche se précipitaient à leur tête, et plusieurs collectifs furent infiltrés par le parti maoïste Movimiento Comunista. Quand la direction du Movimiento Comunista fusionna avec celle du parti trotskyste LCR, une partie de leurs bases, et particulièrement les jeunes, commencèrent à s’intéresser au discours anti-parti. Quand les autonomes et les partis entraient en contact, c’était eux, plutôt que de nous absorber, qui assimilaient notre discours anti-parti, et de cette manière nous faisions un important travail de dissolution : des gens des jeunesses du MC, LCR, PCE, ML, ont fini dans des collectifs de la Coordinadora de Lucha Autonoma et dans d’autres structures du mouvement autonome. »

90s : coordination des collectifs

L’organisation de ces différents jeunes collectifs se cristallise en octobre 1990, dans des journées qui donnent naissance à la Coordinadora de Colectivos de Lucha Autonoma (Coordination de Collectifs de Lutte Autonome), comme structure de communication et de dynamisation de l’Autonomie.

Le discours anti-parti

La critique de l’avant-gardisme, des partis et des syndicats, est menée à travers une pratique d’organisation autogestionnaire, anti-hiérarchique et anti-autoritaire, réelle et effective.

« Les nouveaux militants de Lucha Autonoma sont jeunes et peu expérimenté-e-s. « La majorité des gens entrent dans le collectif avec un idéal vaguement anti-capitaliste, l’impression qu’il faut se battre contre le système et que le réformisme ne mène à rien. En réalité, c’est dans le collectif qu’ils se forment politiquement. Aussi bien au niveau théorique que pratique : comment convoquer une mobilisation, comment faire une assemblée… Les gens les plus vieux, venant d’autres collectifs, s’occupent de la formation des plus inexpérimenté-e-s. Pendant la première année, dans toutes les assemblées il y avait quelqu’un-e qui apparaissait avec un texte sur l’organisation, la violence, la femme… Et puis, quand tu commences, tu lis tout ce qui te tombe entre les mains… En plus nous faisions beaucoup de débats, parce que nous n’avions clairement qu’une toute petite base théorique, et nous faisions beaucoup de choses, et donc tu te retrouves face à des doutes que tu dois résoudre : le droit à l’auto-défense, le travail avec les associations de voisin-e-s, les partis politiques… »

La rupture avec les dogmes et les formes de militantisme de la vieille gauche se manifeste de cette manière mais aussi sous l’aspect de peurs. Peur du leadership des vétérans, peur d’un militantisme exhaustif et prenant, peur des assemblées interminables qui font fuir celleux qui débutent dans le collectif.

Presque tous les ans ont été réalisées des assemblées de bilan dans lesquelles, de façon progressive et parfois insistante, des débats se sont produits et des textes ont été élaborés, sur des thèmes comme le travail de quartier, la critique de la forme-parti, l’expérience des centres sociaux autogérés, l’autonomie et la coordination, l’intervention sociale, les drogues, le patriarcat, les groupes non-mixtes, le mouvement autonome, les tentatives de coordination nationale de l’Autonomie, l’anti-fascisme, l’anti-militarisme, etc… »

Les « ilôts subversifs »

« Nous voulons nous assembler entre plusieurs groupes, parce que les conceptions anti-autoritaires (ou de démocratie directe ou populaire) que nous défendons, pour avoir du sens, doivent être acceptées, intériorisées et pratiquées par l’immense majorité de la société. Nous devons pour cela construire un mouvement, avec une vocation de mouvement de masse (pour de vrai, pas pour rire), doté d’un poids social, dans lequel convergent les différents « ilôts subversifs », et où nous nous reconnaissions, derrière des pratiques collectives plus que derrière une étiquette. Ce mouvement doit être autonome, c’est-à-dire séparé et opposé aux intérêts, rapports et « subjectivités » (représentations du monde, passions, idées…) que le capitalisme nous impose, son axe doit se trouver dans la lutte pour nos conditions de vie immédiates, pour la réappropriation du contrôle de nos existences (à travers le rejet collectif de l’argent et de l’échange marchand comme centre de tout), et pour le développement de notre créativité, écrasée depuis le berceau. Quand nous parlons de la « subjectivité capitaliste », nous y incluons une partie du paradigme traditionnel du mouvement ouvrier. Nous faisons nôtres ses aspirations, sa défense du soutien mutuel et de la solidarité, mais nous rejetons frontalement sa considération du travail salarié comme axe fondamental de la réalisation de soi, sa façon de s’en remettre à un futur prometteur au lieu d’assumer la révolution comme processus quotidien, sa foi productiviste selon laquelle plus on produit plus la richesse sociale est grande, et sa subordination systématique de l’émancipation de la femme à une révolution lointaine. »

la conscience que quelque chose doit changer…

Cependant nous voyons quelque chose de neuf dans ce processus, par rapport aux essais antérieurs de convergence : la conscience que quelque chose doit changer… qu’il est absolument nécessaire de réenvisager la recomposition de la subjectivité autonome pour recommencer à réfléchir avec notre propre tête dans l’essai de compréhension de nouvelles trajectoires. Nous en sommes au point, semble-t-il, où presque tout le monde est convaincu qu’il en est ainsi. Mais, même en étant convaincu-e-s, rien ne nous garantit que nous ne nous tromperons pas, les choses qui valent le coup portent toujours sur le dos une dose de danger…

la « zone d’autonomie »

« Quoi qu’il en soit, il serait imbécile de notre part de ne pas nous rendre compte qu’il y a des espaces où coïncident fondamentalement les collectifs autonomes, qu’il y a des langages et des politiques qui n’affectent que les collectifs de la « zone de l’autonomie ». Il y a, par conséquent, des espaces exclusifs du commun : des espaces qu’il faut analyser et discuter, pour libérer l’autonomie dans la société. Organiser cela est indispensable, parce que la possibilité d’autonomie dépend en grande partie de la potentialisation de ces espaces exclusifs

L’autonomie, comme pièce centrale de l’organisation et de l’action politique, s’appuie sur la volonté que la communauté sociale décide directement de l’organisation et des buts de sa propre existence. C’est-à-dire que les individus réalisent un effort intense de réappropriation de leur vie.

L’autonomie comporte ainsi tout un ensemble de traductions bien connues, comme le rejet du patriarcat ou des relations de domination de genre, l’anticapitalisme, l’autogestion, l’anti-étatisme, l’auto-organisation, etc… Des luttes et des positions qui ont toutes une longue expérience historique. Ainsi le projet se place dans une tradition historique déterminée, non pas pour répéter d’anciennes formules, mais pour en produire de nouvelles qui reprennent et rénovent l’ancien sens de la théorie et de la pratique. »

(Les textes sont extraits de brochures traduites et mises en ligne sur infokiosque)

Chronologie

– 1990 : création de la coordination de collectifs autonomes madrilènes Lucha Autonoma.

janvier 1999 : début de la refondation de Lucha Autonoma : première assemblée.

premiers mois de 1999 surtout : écriture, par les différents collectifs impliqués dans cette refondation, des textes présentés dans cette brochure.

automne 1999 : parution de ces textes, et d’autres textes sur les mêmes thèmes, dans le troisième numéro de la revue ContraPoder (organe de communication et de débat des collectifs autonomes).

juillet 2001 : traduction de ces textes, par un non-spécialiste, du castillan au français. Toute envie de participer à la correction et à la retraduction de ces versions est la bienvenue. Dans cette optique, ou dans celle d’une simple consultation, l’original en espagnol de la revue était disponible à l’infokiosque de feu les 400 Couverts, à Grenoble.

Le 20/02/1999 s’ouvrit la première assemblée de la refondation de Lucha Autonoma. Cinq assemblées suivirent jusqu’à juillet 1999. Les critères de sélection des collectifs invités étaient variés : « Être extérieurs aux institutions, vouloir créer des structures stables, avoir une mentalité unitaire et intégratrice, avoir une pratique commune et pas seulement une théorie commune, être des collectifs autogérés et non hiérarchisés. »

L’appel du 15 mai 2011

50 000 personnes

Le 15 octobre : première journée mondiale des indignés

951 villes de 82 pays

etc… ce n’est ni le début ni la fin de la lutte pour l’autonomie

7 novembre 2011 Posted by | Désobéissance civile, Non classé, Notre démocratie | , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Samedi 15 octobre : rassemblement international des indignés


Dans 950 villes de 82 pays, les indignés du monde entiers sont invités ce samedi à descendre dans la rue, à occuper les places, pour réclamer une démocratie réelle et directe et mettre fin à la dictature de la « démocratie représentative » et de ses amis de la finance.

Liens streaming des manifestations en direct ici

Le mouvement est devenu planétaire. Il grandit aux Etats-Unis, autour d’Occupy Wall Street, et des Indignados espagnols de la première heure, partis pour une longue marche de protestation, arrivent à Bruxelles pour porter leur voix au Parlement Européen,

« Unis d’une seule voix, nous allons faire savoir aux politiciens, et aux élites financières qu’ils servent, que c’est à nous, le peuple, de décider de notre avenir. Nous ne sommes pas des marchandises entre leurs mains, ni entre celles des banquiers, qui ne nous représentent pas. »

Voici les lieux de rassemblements en France de ce samedi 15 octobre :

* Aix-en-Provence

11h00 : rencontre avec les gens du quartier sur le marché du Jas de Bouffan

13h30 : pique-nique partagé au bas du cours Mirabeau

15h00 : dessert et animations aux allées provençales.

17h00 : assemblée citoyenne au bas du cours Mirabeau,

* Ales : Alès, place du Cratère 14h-17h

* Angers : 14 h, Place du ralliement

* Amiens 15h Place Gambetta

* bayonne, 14h place de la liberté (devant la mairie)

* Bordeaux : Départ 14h Place Pey-Berland (mairie de Bordeaux) Parcours : rue des Frères Bonie, Cours d’Albret, place Gambetta, Clémenceau, allées de Tourny, Grand théâtre, rue Esprit des lois, miroir d’eau sur les quais, Alsace Lorraine, Pey Berland. Plusieurs interventions, prises de paroles et animations sont prévues tout au long du parcours, ainsi que 5 mn de vacarme ! (Apportez des casseroles, crécelles, tambours, etc.) Prévoyez votre pique-nique.

* Caen : 18h face à la préfecture

* Chalon-sur-Saône A partir de 15 h00 Place de Beaune déambulation festive, assemblée populaire, concerts.

* Clermont-Ferrand : 15h Place de Jaude

* Dax : à partir de 9h30 au marché couvert, rue d’Aulan

* Genève : 13:30 – 21:00 devant le Palais des Nations

* Grenoble : Place Victor Hugo à 14h

* Limoges : 14 Heures place de la motte

* Lyon : 14h, place Bellecour (Apportez tout ce que vous jugerez utile à votre confort et au confort collectif (pique-nique, tentes, instruments de musique, banderoles…)

* Marseille :

13H00 place Général de Gaulle Pique-nique de partage, puis ateliers, débats et rencontres.

16H00 départ pour le Cours Julien afin d’y tenir l’assemblée populaire marseillaise du 15 octobre

* Montpellier : sur l’Esplanade à 14h

* Nantes : 14h00 place royal (place du peuple)

* Narbonne : 9h30 déambulation, et à 14h un rassemblement est prévu à Port la Nouvelle

* Nice 13H30 place Massena Pique-nique de partage, puis ateliers, débats et rencontres

* Nimes à 15 h devant la maison carrée

* Orléans : 15h place Louis Roguet (rue de Bourgogne)

* Paris : Rendez-vous à 14h pour des assemblées populaires locales devant les gares de Lyon, de Châtelet, Austerlitz, du Nord, de Saint-Lazare, et dans d’autres lieux (Belleville…)

17h à l’Hôtel de Ville pour une AG connectée aux AG de Barcelone, New York, Madrid, Bruxelles etc.

* Pau : départ de la Place Clemenceau à 11H, jusqu’à la MJC Berlioz, Construction de la tente des indignés

* Perpignan 11 H place de la Victoire (Castillet)

* Pezenas Rassemblement à 9h30 sur la place du marché

* Poitiers Rassemblement à 14h30, Place d’Armes

* Rennes : 12h au mail François Mitterrand

* Saint Etienne : la place de l’Hôtel de Ville

* Strasbourg : place Kléber de 14 à 17h

* Tarbes : 10h30 derrière le tribunal

* Tour : 12h, place de la victoire

* Toulouse : Place Arnaud Bernard à 14h

* Valence : 10h: Rassemblement une banque à Valence (sur boulevard, statue qui lit)

liens :

http://15october.net/fr/ : Site international du 15 octobre
http://occupywallst.org/ : Site d’Occupy Wall Street
http://occupyfrance.org : Site français

15 octobre 2011 Posted by | Désobéissance civile, Notre démocratie | , , , , | Un commentaire

Comment l’État veut imposer la (sur)consommation de produits d’origine animale


Aquitaine décroissance s’associe à AVF, ICDV, société végane, L214, Veggie Pride, DDA, VegFest, CLEDA, CLAM, VegFest, Paris Vegan Day, etc. pour dénoncer la préparation de décrets instituants une réglementation de la restauration collective publique fondée sur la recommandation du GEMRCN.

La restauration collective aux ordres de l’agroalimentaire

Des décrets en préparation vont réglementer la restauration collective1. Ces décrets basés sur la recommandation du Groupement d’Étude des Marchés de la Restauration Collective et de la Nutrition (GEMRCN2) imposeraient, à hautes doses, la présence de produits d’origine animale dans les menus.
Rien d’étonnant, le GEMRCN compte parmi ses membres de nombreux représentants des industries agroalimentaires comme l’Association Nationale des Industries Agro-alimentaires, le Syndicat des entreprises françaises des viandes (SNIV- SNCP), Nestlé… dont la vocation naturelle est de placer au mieux leurs produits.

Les règles régissant la restauration collective devraient prendre en compte les questions nutritionnelles et également l’ensemble des aspects liés à l’alimentation : environnement, équité dans le partage des ressources, souffrance animale, santé publique et liberté de conscience.

L’association L214, coordinatrice de viande.info, a adressé un courrier au Président de la République et au Premier Ministre leur demandant de renoncer à promulguer des décrets qui imposeraient une vision étriquée et néfaste de l’alimentation à l’opposé d’une approche globale, pourtant indispensable.

→Lire la lettre adressée à Messieurs Sarkozy et Fillon

Un sujet d’importance

  • La restauration collective s’adresse à de très nombreux usagers captifs (public scolaire, personnes hospitalisées ou en maison de retraite, détenus…).
  • Les normes édictées ont vocation à former les habitudes alimentaires des jeunes, et à servir de modèle pour l’alimentation des Français en général.

Quelles normes ?

Selon toute probabilité, les décrets en préparation reprendront la recommandation du Groupement d’Étude des Marchés de la Restauration Collective et de la Nutrition (GEMRCN), un organisme qui compte parmi ses membres de nombreux représentants des industries agroalimentaires.
Au lieu d’indiquer les apports nécessaires en divers types de nutriments et d’indiquer les divers moyens de les satisfaire, la recommandation du GEMRCN fixe des normes en termes de produits. Elle impose notamment des seuils minimum de viande de bœuf, veau et agneau, de poisson et de produits laitiers3. À de rares exceptions près, le document du GEMRCN assimile le « plat protidique » (qui doit figurer à chaque menu) à un apport de protéines animales (viande, poisson, œufs, abats, charcuterie).

Pourquoi s’alarmer ?

Une réglementation de la restauration collective publique fondée sur la recommandation du GEMRCN serait inacceptable :

  • Elle constituerait une violation de la liberté de conscience. En effet, elle interdirait aux responsables de la restauration collective publique d’offrir des repas végétariens aux usagers qui refusent l’alimentation carnée en collectivité, soit parce qu’ils sont végétariens par conviction éthique, soit parce qu’ils ne veulent pas de produits animaux non halal ou non casher par conviction religieuse.
  • Elle érigerait en norme un modèle alimentaire fondé sur la surconsommation de produits d’origine animale : un modèle égoïste qui accapare une part démesurée des ressources agricoles alors que près d’un milliard de personnes souffrent de la faim, un modèle au coût effroyable en termes de souffrance animale, un modèle désastreux pour l’environnement.

→Plus d’informations sur viande.info

Un pas de plus dans la mauvaise direction

En réalité, le mal est déjà largement fait. Le dispositif qui fait de la recommandation du GEMRCN le document de référence pour la restauration collective est déjà en place. Pour autant, l’acte politique consistant à rendre obligatoire un modèle alimentaire désastreux n’a rien d’innocent. Il importe symboliquement. Et il importe en pratique : les décrets sont un moyen de verrouiller le système en place et d’empêcher les évolutions nécessaires.

Parce que la restauration collective publique doit être exemplaire d’une alimentation responsable et solidaire, nous ne voulons pas d’une restauration collective régie par la recommandation du GEMRCN !

1. Selon une réponse à une question parlementaire publiée au J.O. le 30 août 2011, les textes sont en cours de signature. Voir également la réponse à une question parlementaire publiée au J.O. le 30 novembre 2010.

2. GEMRCN, Recommandation nutrition, version actualisée du 15 juin 2011.

3. Voir annexes 3, 4 et 5 de la recommandation précitée. Par exemple, les produits laitiers seraient obligatoires dans 18 menus sur 20 dans la restauration scolaire.

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source:

articles liés: sur aquitaine anti-speciste

7 septembre 2011 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME, Désobéissance civile | , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 commentaires

la situation des personnes handicapées se dégrade


Amis désobéissants,

la situation des personnes handicapées se dégrade de plus en plus sous les
mauvais coups du pouvoir actuel et la gestion parfois fort contestable des
départements. Nous avons décidé de répondre à l’appel d’un ami handicapé qui
veut monter des actions. Mais nous avons besoin de militants résidents dans
les villes citées en sujet, et notamment de militants handicapés mais pas
seulement. Une fois le noyau dur formé, nous déciderons de la stratégie à
mener et des premières cibles de nos actions.

Si vous êtes handicapés, ou si vous connaissez des militants handicapés dans
ces villes ou pas trop loin, contactez-nous, faîtes passer l’info autour de
vous, et mobilisons-nous pour sauver les droits des adultes handicapés.

Contact : Xavier : xavier@desobeir.net

www.desobeir.net

7 septembre 2011 Posted by | Désobéissance civile | , , , | 4 commentaires

Notre système politique et gouvernemental est un obstacle pour le progrès de l’humanité.


Quelles sont les leçons et les perspectives du mouvement du 15M ?

  • Le mouvement a montré  la capacité puissante de mobilisation spontanée

que possèdent les peuples lorsque les circonstances l’exigent ou le permettent.

  • On a vu également la rapidité avec laquelle la

situation s’est propagée .

  • Le rejet total de toute représentation « politique » officielle. Le mouvement se

structure par commissions, assemblées, les prises de parole sont libres.
Les deux partis de pouvoir officiels qui sont rejetés, mais cela
va sans doute plus loin dans la critique même de la démocratie « représentative ».

  • Enfin , le caractère  internationaliste des

thèmes et des formes de mobilisation. (les drapeau espagnols en Grèce, les manifestants
britanniques du mois de mars criaient « Tous ensemble, tous ensemble ! » en
français, et le mot « dégage » avait été scandé dans tout le monde arabe.)

Cette prise de conscience et de parole déboussole  le pouvoir .

Les  partis politiques et les syndicats  sont dépassés par la nature et l’ampleur de la contestation.

Des crises économique, écologiques, sociales étant encore à venir, il semble que nous entrions dans une ère de lutte et de contestation à l’échelle mondiale…

…………………………………………………………

 Manifeste pour la démocratie réelle

− « L’égalité, le progrès, la solidarité, le libre accès à la culture, le
développement écologique durable, le bien-être et le bonheur des personnes
doivent être les priorités de chaque société avancée.
− des droits basiques doivent être garantis au sein de ces sociétés : le droit au
logement, au travail, à la culture, à la santé, à l’éducation, à la participation,
au libre développement personnel et le droit à la consommation des biens
nécessaires pour une vie saine et heureuse.
− Le fonctionnement actuel de notre système politique et gouvernemental ne
répond pas à ces priorités et il devient un obstacle pour le progrès de
l’humanité.
− La démocratie part du peuple, par conséquent le gouvernement doit
appartenir au peuple. Cependant, dans ce pays, la plupart de la classe
politique ne nous écoute même pas. Ses fonctions devraient être de porter
nos voix aux institutions, en facilitant la participation politique des citoyens
grâce à des voies directes de démocratie et aussi, procurant le plus de
bienfait possible à la majorité de la société, et pas celle de s’enrichir et de
prospérer à nos dépens, en suivant les ordres des pouvoirs économiques et
en s’accrochant au pouvoir grâce à une dictature partitocratique menée par
les sigles inamovibles du PPSOE
− La soif de pouvoir et son accumulation entre les mains de quelques-uns crée
inégalités, crispations et injustices, ce qui mène à la violence, que nous
refusons. Le modèle économique en vigueur, obsolète et antinaturel, coince
le système social dans une spirale, qui se consomme par elle-même,
enrichissant une minorité et le reste tombant dans la pauvreté. Jusqu’au
malaise.
− La volonté et le but du système est l’accumulation d’argent, tout en la plaçant
au-dessus de l’efficience et le bien-être de la société ; gaspillant nos
ressources, détruisant la planète, générant du chômage et des
consommateurs malheureux.
− Nous, citoyens, faisons parti de l’engrenage d’une machine destinée à
enrichir cette minorité qui ne connaît même pas nos besoins. Nous sommes
anonymes, mais, sans nous, rien de cela n’existerait, car nous faisons
bouger le monde.
− Si, en tant que société nous apprenons à ne pas confier notre avenir à une
abstraite rentabilité économique qui ne tourne jamais à notre avantage, nous
pourrons effacer les abus et les manques que nous endurons tous. Nous
avons besoin d’une révolution éthique. On a placé l’argent au-dessus de
l’Etre Humain, alors qu’il faut le mettre à notre service. Nous sommes des
personnes, pas des produits du marché. Je ne suis pas que ce que j’achète,
pourquoi je l’achète ou à qui je l’achète. » (Manifeste pour la démocratie
réelle)

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13 juin 2011 Posted by | Désobéissance civile, Notre démocratie | , , , , , | 8 commentaires

70 ACTIONS NON VIOLENTES


ACTIONS NON VIOLENTES
Déclarations formelles

1. Discours publics
2. Lettres d’opposition ou de soutien
3. Déclarations des organisations ou institutions
4. Déclarations publiques signées
5. Déclarations d’intention et réquisitoires
6. Pétitions de groupe ou de masse

Communications à de larges audiences

7. Slogans, caricatures, et symboles
8. Bannières, affiches, et communications visuelles
9. Tracts, pamphlets, et livres
10. Journaux et revues
11. Enregistrements, radio et télévision
12. Publicité aérienne et écriture au sol

Représentations de groupe

13. Délégations
14. Prix satiriques
15. Groupes de pression
16. Piquets de grève
17. Simulacre d’élections

Actes publics symboliques

18. Exhibition de drapeaux et de couleurs symboliques
19. Port de symboles
20. Prières et cultes
21. Livraison d’objets symboliques
22. Protestations dénudées
23. Destruction de ses propres possessions
24. Lumières symboliques
25. Exhibition de portraits
26. Peinture de protestation
27. Nouveaux signes et dénominations
28. Sons symboliques
29. Réclamations symboliques
30. Gestes grossiers

Pressions sur les individus

31. « Visites » récurrentes à des fonctionnaires
32. Provocation de fonctionnaires
33. Fraternisation
34. Veilles

Théâtre et musique

35. Satires et farces humoristiques
36. Exécution de pièces de théâtre et de musique
37. Exécution de chants

Processions

38. Marches
39. Parades
40. Processions religieuses
41. Pèlerinages
42. Défilés de voitures

Commémoration des morts

43. Deuil politique
44. Fausses funérailles
45. Funérailles avec manifestation
46. Hommage sur une tombe

Rassemblements publics

47. Assemblées de protestation ou de soutien
48. Meetings de protestation
49. Réunions secrètes de protestation
50. Séances d’enseignement ou de formation

Retrait et renonciation

51. Départ groupé en signe de réprobation
52. Silence
53. Renoncement aux honneurs
54. « Tourner le dos »

Méthodes de non coopération
Non coopération sociale

Ostracisme de personnes

55. Boycott social
56. Boycott social sélectif
57. Grève du sexe
58. Excommunication
59. Interdiction d’activité religieuse

Noncoopération avec évènements, coutumes et institutions sociales

60. Suspension d’activités sociales et sportives
61. Boycott d’activités sociales
62. Grèves d’étudiants
63. Désobéissance sociale
64. Démission d’institutions sociales

Retrait du système social

65. Opération ville morte (ou rester chez soi)
66. Noncoopération personnelle totale
67. Fuite de travailleurs
68. Refuge dans un sanctuaire
69. Disparition collective
70. Emigration de protestation (hijrat)

7 juin 2011 Posted by | Désobéissance civile, Notre démocratie | , | Laisser un commentaire

Le Loup et le Chien



Un Loup n’avait que les os et la peau,
Tant les chiens faisaient bonne garde.
Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s’était fourvoyé par mégarde.
L’attaquer, le mettre en quartiers,
Sire Loup l’eût fait volontiers ;
Mais il fallait livrer bataille,
Et le Mâtin était de taille
A se défendre hardiment.
Le Loup donc l’aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu’il admire.
 » Il ne tiendra qu’à vous beau sire,
D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
Quittez les bois, vous ferez bien :
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, haires, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi ? rien d’assuré : point de franche lippée :
Tout à la pointe de l’épée.
Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin.  »
Le Loup reprit : « Que me faudra-t-il faire ?
– Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son Maître complaire :
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons :
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse.  »
Le Loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse.
Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.
 » Qu’est-ce là ? lui dit-il. – Rien. – Quoi ? rien ? – Peu de chose.
– Mais encor ? – Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
– Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? – Pas toujours ; mais qu’importe ?
– Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.  »
Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

Les Fables, Livre I

Jean de la Fontaine

4 juin 2011 Posted by | Désobéissance civile, Notre démocratie | , , , , | Un commentaire

Indigné-es, attention! (ou Monsieur Hessel vous n’avez pas compris!)


Monsieur Hessel vous n’avez pas compris!

Voilà deux semaines maintenant que le mouvement des ‘indigné-es » ou du 15M est  » a pris la place »…

Les  médias commencent à en parler, mais que disent-ils?

On connaît la force de récupération de tout mouvement contestataire par le « système » marchand, or on nous présente aujourd’hui ce mouvement (une démocratie réelle, maintenant!) comme étant celui d’une jeunesse « déclassée » qui, bien que diplômée, vit encore « chez papa-maman » et qui se bat parce qu’elle subit la crise. Et même la figure charismatique de Hessel, nous somme de rentrer dans le rang en appelant, hier à ne pas considérer le boycott des élections comme solution car dit-il « ce sont les partis qui commandent notre vie politique« .

Mais quelles sont les revendications réellement partagées par les peuples d’Europe et du monde?

Est-ce un meilleur pouvoir d’achat? Est-ce un meilleur logement? Est-ce une baisse du chômage des jeunes?

Non! La principale revendication est celle d’une démocratie réelle, d’une démocratie directe et horizontale et c’est bien ce que les médias ou Monsieur Hessel feignent de ne pas comprendre.

En effet un tel mouvement est, tel qu’il se présente irrécupérable, on ne peut pas le faire entrer ni dans les partis ni dans les syndicats qui jouent le jeu de la démocratie  » représentative » puisque le mouvement critique en premier lieu cela: la pratique pyramidale du pouvoir. Ce mouvement n’a ni représentant-es , ni encore moins de propositions ou de revendications à faire valoir pour « améliorer » le système.

Voilà enfin un mouvement qui ne peut pas, par sa nature même, être assimilé par le jeu « démocratique » actuel . Sa force et son essence même est la mise en place (et en actes) de nouvelles règles pour un autre jeu politique.

Non nous ne voulons plus jouer ni avec vos règles, ni à votre « jeu ».

Ce mouvement est autonome et autonomiste et sa valeur ne se mesurera pas aux « propositions » qu’il pourrait faire à « nos élus » mais bien à son existence et à sa propre pratique d »une démocratie horizontale et autogérée. C’est ce qui se passe tous les soirs dans de nombreuses villes lors des assemblées citoyennes.

La victoire est acquise!

Voilà pourquoi si le message et la pratique ne sont pas totalement dévoyées par les médias ou autres faux représentant-es ou portes paroles, la victoire est acquise et totale.

La démocratie représentative est remise en cause par le peuple souverain et cela de façon mondiale.

C’est la victoire d’un peuple mondialement uni pour dire: votre système ne nous convient pas, pour dire: nous savons que les crises multifactorielles que nous subissons sont dues à un manque de démocratie, (quelle assemblée citoyenne pourrait décider d’ouvrir une nouvelle centrale nucléaire, d’appauvrir l’éducation de sa jeunesse etc…?), pour dire nous voulons juste une vraie démocratie et nous n’avons besoin de personne pour la mettre en place. La démocratie c’est nous .

Le peuple est maintenant bien conscient du fait que cette « démocratie représentative » ne représente que les intérêts particuliers d’un petit nombre, les outils nécessaires pour reprendre en main notre destinée se forgent; les imaginaires se « décolonisent » et aucun retour en arrière n’est désormais possible.

Wajeb

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30 mai 2011 Posted by | Désobéissance civile, Notre démocratie | , , , , , , | 7 commentaires

Le concept de sécession pour en finir avec celui de révolution


Si j’introduis dans mon propos le concept de sécession c’est pour que nous en finissions une fois pour toutes avec celui de révolution. Il n’y a pas de lendemains qui chantent. « Le réalisme veut que nous cessions d’attendre la Révolution, mais aussi que nous cessions de tendre vers elle, de la vouloir » (Hakim Bey, TAZ). La révolution est un mythe, un mirage par lequel les syndicats et groupuscules n’ont de cesse d’essayer de nous enrôler dans leurs dispositifs de contre-pouvoir. Attendre et préparer la révolution en militant, ce n’est qu’une autre manière de nous faire accepter notre soumission aux dispositifs et rôles dans lesquels nous sommes emprisonné-e-s en ce moment même. « Le slogan ‘révolution !’ est passé de tocsin à toxine, il est devenu un piège du destin, pseudo-gnostique et pernicieux, un cauchemar où nous avons beau combattre, nous n’échappons jamais au mauvais Eon, à cet Etat incube qui fait que, Etat après Etat, chaque paradis est administré par encore un nouvel ange de l’enfer »(ibidem). La révolution se pose comme une fin, un objectif à atteindre, une utopie mythique pour laquelle nous devrions agir, militer et même sacrifier nos vies. La perspective révolutionnaire c’est d’agir en vue de réaliser cette fin, d’atteindre cet objective inaccessible. Finissons-en avec ce mensonge !

Ce dont il est question pour Hakim Bey comme pour moi, c’est d’établir une autre perspective : ne plus agir en fonction d’une fin à atteindre mais bien pour ce qu’il est possible d’expérimenter et vivre immédiatement. La sécession « n’est pas le présage d’une quelconque utopie sociale toujours à venir, à laquelle nous devons sacrifier nos vies pour que les enfants de nos enfants puissent respirer un peu d’air libre »(ibidem).

La perspective sécessionniste commence par la sécession (alors que la perspective révolutionnaire vise la révolution) et s’apprécie comme processus en tant que tel :

le processus d’émancipation, la rupture, le soulèvement en tant que tel. La sécession n’est pas une fin à réaliser mais c’est un processus, de même que la liberté ne se ressent qu’au travers d’un processus de libération. La liberté en tant qu’état que nous atteignons une fois la république instaurée n’est qu’ un mensonge des nouveaux maîtres de l’Etat. Je ne peux vivre la liberté qu’au travers d’une émancipation ; il ne s’agit pas d’un état à atteindre mais d’une expérience à vivre. Cette expérience, pour Hakim Bey, c’est la TAZ, la Zone d’Autonomie Temporaire : « C’est-à-dire que nous devons réaliser (rendre réels) les moments et les espaces où la liberté est non seulement possible mais actuelle. Nous devons savoir de quelles façons nous sommes opprimés, et aussi de quelles façons nous nous auto-réprimons, ou nous nous prenons au piège d’un fantasme dont les idées nous oppriment. Le travail par exemple est une source de misère beaucoup plus grande pour la plupart d’entre nous, que la politique législative. L’aliénation est beaucoup plus dangereuse que de vieilles idéologies surannées, édentées et mourantes. S’accrocher mentalement à des ‘idéaux’ – qui s’avèrent n’être en fait que de pures projections de notre ressentiment et de notre impression d’être des victimes – ne fera jamais avancer notre projet » (Hakim Bey).

A l’idée de révolution s’attache celle de la prise de pouvoir :

l’idée de combattre puis conquérir le pouvoir ; se constituer dans un premier temps en contre-pouvoir, afin de remplacer ensuite le pouvoir. A ce concept de contre-pouvoir, John Holloway préfère celui de l’anti-pouvoir : « Quelle qu’en soit la forme, la conquête du pouvoir étatique n’a pas permis de réaliser les changements que les protagonistes espéraient ». « L’idée que l’on peut se servir de l’Etat pour changer le monde était une illusion ». « La seule façon de concevoir un changement radical aujourd’hui ne relève pas de la conquête du pouvoir mais de la dissolution du pouvoir » (Douze thèses sur l’anti-pouvoir). Dans le dernier chapitre du manifeste contre le travail, le groupe Krisis écrit : « les ennemi-e-s du travail ne veulent donc pas s’emparer des commandes du pouvoir mais les détruire. Leur lutte n’est pas politique, elle est anti-politique ». Car « le but de la politique ne peut être que la conquête de l’appareil d’Etat pour perpétuer la société de travail »(Krisis). « La nouveauté de la politique qui vient, c’est qu’elle ne sera plus une lutte pour la conquête ou le contrôle de l’Etat, mais une lutte entre l’Etat et le non-Etat, disjonction irrémédiable des singularités quelconques et de l’organisation étatique »(Giorgio Agamben, La communauté qui vient). Il s’agit de ne plus penser en terme d’intervention politique, de révolution et de prise de pouvoir mais en terme de création éthique, de sécession et de dissolution du pouvoir.

Hakim bey évoque également la tactique de la disparition : « une révolution de la vie quotidienne, de tous les instants : une lutte que rien ne peut arrêter, pas même l’échec ultime de la révolution politique et sociale ». « Initier une TAZ peut impliquer des stratégies de violence et de défense mais sa plus grande force réside dans son invisibilité. L’Etat ne peut la reconnaître parce que l’histoire n’en a pas la définition. Dés que la TAZ est nommée (représentée, médiatisée), elle doit disparaître, laissant derrière elle une coquille vide, pour resurgir ailleurs, à nouveau invisible puisqu’indéfinissable dans les termes du spectacle » (Hakim Bey).

Anti-pouvoir, tactique de la disparition, anti-politique, insurrection et sécession, zone autonome temporaire ; tous ces concepts témoignent d’une autre perspective que celle de la tradition révolutionnaire. Il y a clairement rupture : rupture d’avec cette conception révolutionnaire de l’opposition au pouvoir, tout autant que rupture d’avec les dispositifs de pouvoir qui nous écrasent.

C’est en quelque sorte une autre manière de s’insurger contre une loi ou un projet de loi : refuser de la respecter, désobéir, violer la loi et bafouer du même coup l’autorité et l’idée même d’Etat de droit. Il ne s’agit pas de manifester, de pétitionner et militer contre cette loi, mais de simplement les refuser : elle et le pouvoir qui l’impose. C’est la désobéissance civile, l’insoumission, l’illégalité. Nous ne revendiquons rien, nous n’avons rien à négocier ; cette loi n’est pas la nôtre et nous ne la respecterons pas. Il y a des lois qui ne peuvent prendre effet car trop de gens les refusent et il y a des délits, comme par exemple le vol à l’étalage, qui sont si fréquents que les pouvoirs publiques n’ont pas les moyens de les punir autant qu’ils le voudraient.

« Une loi colmate une fuite mais une autre fuite se déclare un peu plus loin. »

Je ne connais de métaphore plus enthousiasmante pour nous redonner courage face à l’arsenal répressif et technologique qui se met en place en ce moment, que celle du tuyau d’arrosage qui fuit par tous les bouts : « il n’y a pas de système social qui ne fuie par tous les bouts, même si ces segments ne cessent de se durcir pour colmater les lignes de fuite » (Deleuze, Guattari, Mille Plateaux). Une loi colmate une fuite mais une autre fuite se déclare un peu plus loin. Les dispositifs de pouvoir consacrent une énergies considérables à colmater les fuites car ils fuient de toutes parts. Le désir de fuir gronde toujours quoi que fasse l’autorité. Il n’y a pas de transports en commun payants sans fraude, de guerre sans déserteurs, de magasin sans vol, d’école sans absentéisme, de loi respectée par toutes et tous, de prison sans tentative d’évasion. Et c’est sur toutes ces pratiques que se dessine la perspective sécessionniste.

Juillet 2006, Simon.

lien texte integral: rupture simon en pdf

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29 mai 2011 Posted by | Désobéissance civile, Notre démocratie | , , , , , , , , , , , | 5 commentaires

Propositions de l’Assemblée de Barcelone


propositions de l’Assemblée de Barcelone

Traducción francesa de las propuestas del ACAMPADA BCN.

Traduction française des propositions de l’Assemblée réunie place de Catalogne (Catalunya) à Barcelone.

À Barcelone, en rassemblant le savoir et les apports de centaines de personnes, nous avons rédigé collectivement plusieurs documents de travail au sujet des différents niveaux sur lesqu…els nous allons agir pour obtenir le changement. Tous ces documents sont ouverts aux modifications et améliorations constantes.

Le texte qui suit n’est que l’un de ceux-là.

Nous sommes en train de changer le monde. Complètement.

Pendant ce temps, les politiques qui ne nous représentent pas sont toujours là, changeant sans cesse d’avis et légiférant sur nos vies.

C’est pourquoi nous leur écrivons ici quelques mesures qu’ils peuvent facilement comprendre, et que nous voulons voir appliquées immédiatement.

Attention ! Ce programme est minimal. En réalité ce que nous voulons est beaucoup plus grand, quelque chose qu’ils ne comprendront possiblement jamais.

Ce texte sera présenté aux maires élus demain – 22 mai – et à leurs conseillers municipaux.

Nous leur demanderons point par point d’appliquer ce qui suit, en commençant par le point 1.

1 – ABOLITION DES PRIVILEGES DES HOMMES ET FEMMES POLITIQUES, A COMMENCER PAR BARCELONE :

– Une coupe drastique dans les revenus des hommes et des femmes politiques, les ajustant au revenu moyen de la population.

– La suppression des privilèges concernant les impôts, les indemnités, les années de cotisation et les retraites (rien qu’à Barcelone l’économie serait au minimum d’un demi-million d’euros par mois.)

– Le plafonnement des retraites sur la base de la pension maximale établie pour les autres citoyens et citoyennes.

– La suppression de l’immunité juridique et de la prescription pour les cas de corruption. La révocation des hommes et femmes politiques corrompu-e-s.

2 – ABOLITION DES PRIVILEGES DES BANQUIERS ET BANQUIERES :

– La prohibition de tout type de sauvetage ou d’injection de capital dans les entités bancaires et les caisses d’épargne : ces entités, en difficulté, doivent faire faillite ou être nationalisées pour constituer une banque publique sous contrôle social.

– La restitution transparente et immédiate aux coffres publics, de la part des banques, de tout le capital public apporté.

– La régulation des mouvements spéculatifs et des sanctions envers les mauvaises pratiques bancaires. La prohibition des placements dans les paradis fiscaux.

– Que tous les logements acquis via des opérations hypothécaires abritent sous un régime de loyer social les familles expulsées.

3 – ABOLITION DES PRIVILEGES DES GRANDES FORTUNES :

[Il suffirait d’appliquer la coupe de 5% des revenus, qui fut appliquée aux fonctionnaires, aux 50 plus grandes fortunes et le problème de déficit de l’Etat espagnol serait résolu.]

– L’augmentation du taux d’imposition des grandes fortunes et entités bancaires, l’élimination des SICAV.

– Non à l’élimination des droits de succession. Pour le retour de l’impôt sur le patrimoine.

– Le contrôle réel et effectif de la fraude fiscale et de la fuite de capitaux vers les paradis fiscaux.

– La promotion au niveau international de l’adoption d’une taxe des transactions financières (taxe Tobin.)

De par l’application de ces 3 points on obtient le budget pour les quatre suivants. Parce que l’argent ne manque pas, il est évident qu’il existe des moyens.

4 – REVENUS DIGNES ET QUALITE DE VIE POUR TOUT LE MONDE :

– L’économie au service des personnes et non le contraire.

– L’établissement d’un salaire maximum tout comme il existe un salaire minimum.

– La réduction de temps de travail quotidien, de façon que tout le monde puisse profiter, prendre le temps de penser et concilier sa vie personnelle avec la vie professionnelle, sans réduction de revenu.

– Le retrait de la réforme des retraites.

– La sécurité de l’emploi : l’impossibilité d’effectuer des licenciements économiques dans les grandes entreprises réalisant des bénéfices ; le contrôle financier des grandes entreprises pour s’assurer qu’elles n’embauchent pas en CDD lorsqu’elles pourraient le faire en CDI.

– La reconnaissance du travail domestique, reproductif et de soins.

5 – DROIT AU LOGEMENT :

– L’expropriation des logements inoccupés n’ayant pas été vendus pour augmenter le parc public de logements en régime de loyer social.

– La déclaration que les villes sont libérées des expulsions de locataires et de squatteurs.

– La pénalisation du mobbing.

– La dation en paiement des logements pour annuler les hypothèques, de manière rétroactive depuis le début de la crise.

– La prohibition de la spéculation immobilière.

***

LES POINTS SUIVANTS RESTENT A DISCUTER EN ASSEMBLEE :

6 – SERVICES PUBLICS DE QUALITE :

– Le retrait des propositions de coupes budgétaires du Gouvernement de la Généralitat.

– Le rétablissement des services de santé et d’éducation qui ont subi les coupes budgétaires.

– L’engagement du personnel sanitaire jusqu’à la fin des listes d’attente.

– L’engagement de la profession enseignante pour garantir le ratio d’élèves par salle, les groupes dédoublés et les groupes de soutien.

– La garantie réelle de l’égalité des chances pour l’accès à tous les niveaux d’éducation, indépendamment de l’origine sociale. Enseignement laïc.

– Le financement public de la recherche afin de garantir son indépendance.

– Des transports publics de qualité et écologiquement soutenables.

– Des services publics et gratuits de soins à l’enfance et aux personnes nécessitant de soins particuliers.

– La prohibition de la privatisation des services publics.

7 – LIBERTES ET DEMOCRATIE PARTICIPATIVE :

– Non au contrôle d’Internet. Abolition de la loi Sinde. Non à ACTA.

– La protection de la liberté d’information et du journalisme d’investigation ainsi que de son indépendance.

L’élimination des obstacles légaux entravant le droit d’émission des médias communautaires libres et à but non lucratif. L’élimination des monopoles de fait des espaces radio.

– L’utilisation de logiciels libres dans les institutions publiques afin de les adapter à l’ère digitale, à coûts soutenables.

– Le retrait de l’ordonnance sur le civisme ; le retrait de toute ordonnance qui limite les libertés de mouvement et d’expression.

– Des référendums obligatoires et inaliénables pour les questions de grande ampleur (dont les directives européennes.)

– L’élimination des rafles d’immigrés en situation irrégulière et le retrait de la loi relative au statut des étrangers. La fermeture des centres d’identification et d’expulsion (CIE) et le droit de vote pour les immigrés.

– Une modification de la loi électorale pour garantir un système authentiquement représentatif et proportionnel, qui ne discrimine aucune force politique ni volonté sociale – dans lequel le vote blanc et le vote nul trouvent également une forme de représentant et où l’abstention active puisse avoir son espace d’auto-organisation dans les quartiers.

– L’établissement de dispositifs effectifs qui garantissent la démocratie interne aux partis politiques, listes ouvertes, élection directe des conseillers municipaux et transparence sur le financement des partis.

– Budget participatif.

– Respect de la planète et de tous les êtres qui l’habitent. Consommation responsable.

– Défense du droit des peuples à décider de la gestion des ressources naturelles.

– La monarchie est un anachronisme qui ne nous représente pas et qui, de là-haut, ne paie pas d’impôts.

8 – REDUCTION DE LA DEPENSE MILITAIRE

Voici donc les revendications minimales et d’application immédiate. Demain, les autres.

Parce que les gens doivent pouvoir organiser leur vie en coopération et en liberté.

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voir aussi:Vive le 15-M ! Democracia real!

22 mai 2011 Posted by | Désobéissance civile, Notre démocratie | , , , , , | 2 commentaires

Vive le 15-M ! Democracia real!


Samedi 21 mai,  les principales places des grandes villes de la péninsule ibérique toujours occupées pour protester contre le manque de démocratie réelle, pour le boycott des deux principaux partis,contre un système qui considère le citoyen comme simple consommateur. le chômage et les mesures d’austérité… C’est ensemble que les Espagnol-es entrent en lutte.Malgré une interdiction de manifester plus de 25 000 manifestant-es étaient vendredi soir à la Puerta del Sol de Madrid. Après les révolutions arabes voilà le printemps européen. Chaud.

  • Message de soutien d’Islande; El impulsor de la revolución islandesa, manda un mensaje de apoyo a los españoles. English/spanish
  • Traduction française des propositions de l’Assemblée réunie place Puerta del Sol, à Madrid.

Traducción francesa de las propuestas del SOL.

MADRID, 20 mai 2011
Suite au consensus atteint par l’Assemblée réunie le 20 mai à ACAMPADA SOL (le camp place Puerta del Sol), une première liste de propositions, résultant de la compilation et de la synthèse des milles propositions reçues tout au long de ces jours, a été élaborée.
Nous rappelons que l’Assemblée est un processus ouvert et collaboratif.
Cette liste ne se conçoit pas comme étant fermée.

1. Le changement de la loi électorale pour que les listes soient ouvertes et avec circonscription unique. L’obtention de sièges doit être proportionnelle au nombre de voix.
2. Une attention aux droits basiques et fondamentaux reconnus dans la Constitution tels que :
– Le droit à un logement digne, par la rédaction d’une réforme de la loi hypothécaire afin que la remise du logement annule la dette en cas d’impayé.
– La santé publique, gratuite et universelle.
– La libre circulation des personnes et le renforcement d’une éducation publique et laïque.
3. L’abolition des lois et des mesures discriminatoires et injustes telles que le plan de Bologne et l’Espace européen de l’enseignement supérieur, la loi relative au statut des étrangers et celle connue sous le nom de loi Sinde.
4. Une réforme fiscale favorable aux plus bas revenus, une réforme des impôts sur le patrimoine et les droits de succession. L’application de la taxe Tobin, laquelle impose les transferts financiers internationaux. La suppression des paradis fiscaux.
5. Une réforme des conditions de travail de la classe politique afin que soient abolies leurs indemnités de fonction. Que les programmes et les propositions politiques acquièrent un caractère inaliénable.
6. Le rejet et la condamnation de la corruption. Qu’il soit rendu obligatoire par la loi électorale de présenter des listes nettes et libres de toute personne accusée ou condamnée de corruption.
7. Des mesures plurielles à l’égard des banques et des marchés financiers dans l’esprit de l’article 128 de la Constitution, qu stipule que « toute la richesse du pays, sous ses différentes formes et quelle que soit son appartenance est subordonnée à l’intérêt général. » La réduction des pouvoirs du FMI et de la BCE. La nationalisation immédiate de toutes ces entités bancaires ayant requis le sauvetage de l’Etat. Le durcissement des contrôles sur ces entités et sur les opérations financières afin d’éviter de possibles abus quelle que soient leur forme.
8. Une vraie séparation de l’Eglise et de l’État, comme le stipule l’article 16 de la Constitution.
9. Une démocratie participative et directe dans laquelle la citoyenneté prend part activement.
Un accès populaire aux médias, qui devront être éthiques et vrais.
10. Une vraie régulation des conditions de travail. Que son application soit surveillée par l’Etat.
11. La fermeture de toutes les centrales nucléaires et la promotion d’énergies renouvelables et gratuites.
12. La récupération des entreprises publiques privatisées.
13. Une séparation effective des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.
14. Une réduction de la dépense militaire, la fermeture immédiate des usines d’armement et un plus grand contrôle de la sécurité par l’Etat. En tant que mouvement pacifiste nous croyons au « Non à la guerre. »
15. La récupération de la mémoire historique et des principes fondateurs de la lutte par la Démocratie dans notre pays.
16. La totale transparence des comptes et du financement des partis politiques comme moyen de contention de la corruption politique.
@acampadasol – Movimiento #15M

  • Manifeste

Nous sommes des personnes normales et ordinaires. Nous sommes comme toi : des gens qui se lèvent tous les matins pour étudier, pour travailler ou pour chercher du travail, des personnes qui ont une famille et des amis. Nous travaillons dur tous les jours pour vivre et donner un futur meilleur à ceux qui nous entourent. Certains d’entre nous se considèrent progressistes, d’autres plus conservateurs. Croyants ou non, avec des idéologies bien définies, ou apolitiques. Cependant nous sommes tous préoccupés et indignés par le contexte politique, économique et social qui nous entoure, par la corruption des politiciens, des chefs d’entreprises, des banquiers… par le manque de défense du citoyen. Cette situation nuisible au quotidien, peut être changée si nous nous unissons. Il est temps de se mettre en marche, de construire ensemble une société meilleure. Pour cela nous soutenons fermement ce qui suit :

-Les priorités de toute société avancée doivent être l’égalité, le progrès, la solidarité, le libre accès à la culture, le développement écologique durable, l’épanouissement, le bien-être du citoyen.

-Il existe des droits fondamentaux qui devraient être couverts dans ces sociétés tels que le droit au logement, au travail, à la culture, à la santé, à l’éducation, à la participation à la vie politique, au libre développement personnel ainsi que le droit à la consommation des biens nécessaires pour mener une vie saine et heureuse.

-L’actuel fonctionnement de notre système économique et gouvernemental ne répond pas à

ces priorités et représente un obstacle pour le progrès de l’humanité.

– La démocratie part du peuple (dêmos=peuple ; kratos=le pouvoir) et dans cette optique le gouvernement doit naitre du peuple. Toutefois, dans ce pays, la majorité de la classe politique ne nous écoute pas. Alors que ses fonctions devraient être celles de porte- paroles de nos revendications auprès des institutions, en permettant la participation politique des citoyens au moyen de voies directes procurant ainsi un meilleur bénéfice pour l’ensemble de la société, nous assistons à un enrichissement et à leur prospérité à nos dépends.

-Le besoin irrépressible de pouvoir de certains d’entre eux provoque une inégalité, de la crispation et de l’injustice, ce qui conduit à la violence que nous rejetons. Le modèle économique en vigueur, obsolète et antinaturel bloque la machine sociale et la convertit en une spirale qui se consume en enrichissant quelques-uns et en plongeant dans la pauvreté et la pénurie les autres. Jusqu’à l’effondrement.

-La volonté et la finalité du système est l’accumulation d’argent, la plaçant au-dessus de l’efficacité et le bien-être de la société. En gaspillant des ressources, détruisant la planète, produisant du chômage et des consommateurs malheureux.

La démocratie réelle maintenant!-les citoyens font partie de l’engrenage d’une machine destinée à enrichir une minorité qui ignore tout de nos besoins. Nous sommes anonymes, mais sans nous, rien de ceci n’existerait parce que nous faisons bouger le monde.

-Si comme société nous apprenons à ne pas confier notre futur à une rentabilité économique abstraite qui n’est jamais favorable à la majorité, nous pourrons éliminer les abus et les manques que nous souffrons tous.

Une Révolution Morale est nécessaire. Nous avons mis l’argent au-dessus de l’Être Humain alors que nous devrions le mettre à notre service. Nous sommes des personnes, non des produits de marché. Je ne suis pas seulement ce que j’achète, pourquoi et à qui je l’achète.

Pour tout ce qui précède, je suis indigné.

Je crois que je peux le changer.

Je crois que je peux aider.

Je sais qu’unis nous pouvons.

Sort avec nous. C’est ton droit.

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21 mai 2011 Posted by | Désobéissance civile, Notre démocratie | , , , , , , | 2 commentaires

Pas de béton, des jardins !


photo: brassicanigra.org

 Le texte qui suit a été écrit par R. Vaneigem en soutien à la lutte locale d’un collectif spontané de Turin qui a transformé des terrains laissés dans une triste situation d’abandon en une joyeuse fête des Jardins Potagers de Mirafiori.

Ces terres, entourant l’ancienne gare de chemin de fer délaissée par l’incurie du profit, ont retrouvé les couleurs de la vie, mais cela ne plait pas – et pour cause – aux marchands de mort du capitalisme. Ainsi cette lutte continue, sous la menace d’une intervention policière vouée à la défense, aussi symbolique que musclée, d’une propriété privée de tout et, notamment, désormais,  privée de sens.

La terre appartient à qui la rend meilleure

Si une municipalité se montrait soucieuse du bien-être des citoyens, dont elle sollicite les suffrages et qu’elle est donc censée servir et représenter, elle entreprendrait de transformer partout les terrains vagues et les bâtiments inoccupés ou parasitaires en jardins, en potagers, en vergers. Alors que l’appauvrissement progresse et, avec lui, la violence inhérente à la misère et au désespoir, quoi de plus simple, de moins coûteux et de plus efficace que d’encourager la population à cultiver des lopins de terre et à améliorer ainsi ses moyens de  subsistance ?

Une communauté résolue à multiplier les arbres fruitiers, les fleurs et les légumes n’est-elle pas le meilleur garant d’une solidarité capable de désamorcer la délinquance que les pouvoirs dits « publics » affirment si souvent redouter ? Cette façon d’aérer, d’égayer et de nourrir les villes devrait être le cheval de bataille de tout homme politique sincèrement préoccupé par le bien-être de ceux qu’il appelle ses administrés. Une telle mesure n’a en soi rien de révolutionnaire, elle s’inscrit seulement dans un plan de réformes capables de prendre en compte les intérêts de la population.

Mais l’Etat et les pouvoirs régionaux montrent par leur cynisme et leur incompétence qu’ils se moquent des citoyens. Ils sont à la botte du marché mondial, des puissances de l’argent, des hommes d’affaires, des mafias locales et internationales. La corruption n’en finit pas de ronger un système de représentation factice où droite et gauche sont désormais interchangeables parce que les élus ne représentent plus que leurs intérêts personnels, conjugués aux intérêts du marché mondial. Nos démocraties parlementaires sont devenues des démocraties véreuses gouvernées par les banques.

Or cette planète partout dévastée par la cupidité, stérilisée par le profit, bétonnée par le calcul égoïste et absurde, c’est à nous qu’il appartient d’en revendiquer la propriété collective. C’est à nous de l’arracher aux multinationales, qui la condamnent à dépérir pour en tirer un ultime bénéfice et l’investir sottement dans une bulle spéculative vouée à imploser.

Se réapproprier l’eau, fertiliser le sol, recourir aux énergies renouvelables et gratuites, instaurer l’autogestion généralisée, voilà les seuls moyens de sauver la société du désastre dont la menace cet argent fou qui tourne en rond en s’épuisant et en épuisant ce qui subsiste de vivant en nous et autour de nous. Ne s’agit-il pas de remettre sur ses pieds un monde à l’envers dont les aberrations oppriment et crétinisent ?

Comment tolérer que la servilité des médias accrédite cet incroyable tour de passe-passe où l’on voit le parasitisme des mafias financières et de l’Etat escroc dénoncer comme parasites les victimes de ses malversations ? Ainsi, les parasites ne seraient pas les puissances bancaires qui ferment les entreprises pour enrichir leurs actionnaires mais bien les chômeurs, les déshérités, les malades, les exilés, les exclus, les bénéficiaires des acquis sociaux pour lesquels le prolétariat s’est battu si longtemps : retraites, allocations de chômage, sécurité sociale, bourses d’études, aides à la création.

Un système de profit semant partout la misère et la ruine pointe comme responsables du malaise psychologique et social ceux qui en pâtissent le plus. La conscience est-elle si avilie et l’intelligence si abâtardie que l’énormité d’un tel mensonge passe pour un état de fait auquel il faut se résigner ?

Allons-nous continuer à nous laisser expulser de la vie comme de cette terre qui doit appartenir à qui la rend meilleure ? Dans une époque où le retour du bouc émissaire permet aux politiciens de tourner contre le tsigane, le juif, l’arabe, l’homosexuel, l’étranger, l’en-dehors la colère suscitée par la dictature des puissances financières, notre résolution de créer collectivement des espaces et du temps  affranchis du quadrillage policier de la marchandise doit rester notre objectif prioritaire, parce que de tels lieux d’activité restaurent à la fois et la solidarité et la gratuité, toutes deux incompatibles avec la dictature de l’argent et du pouvoir.

C’est au départ d’initiatives apparemment anodines que la lutte se généralisera peu à peu. En Grèce, les conducteurs de voiture refusent les péages (on lève la barrière et on passe) et les parcmètres, que l’on rend inutilisables. L’argument juridique revendique pour le réseau autoroutier le caractère d’un bien public sur lequel les entreprises privées n’ont aucun droit de prélever un tribut. C’est un exemple qui mériterait de s’étendre au refus de payer les transports publics et d’acquitter les taxes ou impôts, qui servent désormais à nourrir les malversations de la finance internationale et les marchés de l’endettement lucratif.

La seule arme absolue capable d’éradiquer l’économie marchande, c’est la gratuité de la vie, une vie qui a la faculté de se propager par effet de résonance. Voilà ce que le chaos organisé par les multinationales tente à tout prix de dissimuler aux individus et aux collectivités en propageant la morbidité, le désespoir, la haine, l’autodestruction. La confusion émotionnelle, attisée par les derniers prédateurs, pousse aveuglément une communauté contre une autre, déchaîne l’agressivité des individus. C’est une peste qui n’est ni noire, ni brune, ni rouge mais multicolore car, de droite comme de gauche, les manipulateurs populistes en propagent le virus afin de s’arroger un pouvoir de guérisseur et de purificateur. Mais cette maladie du ressentiment qui ronge la société ronge aussi de l’intérieur leurs sottes prétentions spectaculaires

Même les policiers n’ignorent plus à quel point la construction de grands ensembles et de parkings a constitué des milieux criminogènes. Qu’ils tentent aujourd’hui de décourager la pacifique initiative qui veut rendre son humanité au paysage urbain, et ils seront demain confrontés au pire : aux émeutes de la faim, de l’ennui, du désespoir, au pillage des supermarchés, à la folie agressive, à la guerre de tous contre tous ! Eux qui sont guettés de plus en plus par le malaise général, comment pourraient-ils l’ignorer ?

Le projet «  Pas de béton, des jardins ! » est un cri de résistance joyeuse qui va se répandre partout et éradiquer peu à peu cette haine née de la frustration et du sentiment d’être exclu de sa propre vie. Nous voulons retrouver le charme de l’errance urbaine, le mariage de l’utile et de la beauté, l’ensoleillement d’une culture maraîchère où puissent fleurir aussi les œuvres d’art que tant d’artistes anonymes n’ont jamais eu l’occasion de livrer au regard des autres. Nous voulons disposer librement de zones de création, de rêverie, de poésie ; ou, nous avons un droit imprescriptible à la jouissance de lieux où la vie se restaure pour partir à l’assaut d’un monde principalement gouverné par la mort.

Nous n’avons pas besoin d’armes mais nous saurons montrer que les armes de l’argent, de la corruption et du pouvoir ne l’emporteront pas sur nous.

La conquête de la terre par la volonté de vivre souveraine implique seulement une mobilisation collective, passionnelle et consciente, qui a besoin, non de violence aveugle, mais d’une fermeté résolue à « passer outre » à toute mesure coercitive et à briser tout ce qui tenterait de l’entraver. La désobéissance civile ne progressera que là où nous construirons les conditions d’une vie meilleure.

Raoul Vaneigem, le 20 janvier 2011

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10 mai 2011 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, Désobéissance civile, DECROISSANCE, résilience | , , , , , , , | Laisser un commentaire

Les insurgés de la Terre


Les insurgés de la terre – Un film de Philippe Borrel
Présentation éditeur :
Pour protéger la planète, certains jeunes militants écologistes vont très loin dans leur engagement. Mais leurs actions radicales servent de prétexte aux États pour criminaliser la désobéissance civile.
Ils ont établi leur camp dans la canopée des séquoias de Californie du Nord ou de l’Oregon. En rupture avec l’American way of life, ils ont décidé de donner leur temps, et pour certains leur vie, à la protection de la nature. Leurs inspirateurs sont des poètes et des philosophes comme Henri David Thoreau (l’auteur de La désobéissance civile). Ils ont des airs angéliques, tiennent des propos fondés mais qui sonnent le plus souvent utopiques. Ailleurs, ces nouveaux guérilleros éperonnent les baleiniers japonais en Antarctique ou s’accrochent au-dessus des voies ferrées pour bloquer les trains de déchets nucléaires en Allemagne. Parfois, pour défendre ce à quoi ils croient, certains basculent dans l’illégalité, s’en prennent aux forestiers ou aux exploitants de bois, sabotent des laboratoires de vivisection ou brûlent des 4×4. Ils sont alors forcés à la cavale ou à la clandestinité.
Pour le FBI, ce sont des terroristes. L’agence fédérale les a officiellement désignés comme la seconde menace pour la sécurité intérieure des États-Unis après Al-Qaida. Elle fait peser sur ces militants verts une répression féroce et sans précédent. Le Animal and enterprise terrorism act, un volet spécial des Patriot acts américains adopté sous la pression des lobbies industriels, donne désormais la possibilité aux autorités de réprimer toute forme de protestation. Des avocats défenseurs des libertés publiques et des ONG comme Greenpeace dénoncent cette dérive liberticide, aux États-Unis comme en Europe.

15 mars 2011 Posted by | Désobéissance civile, webTV | , , , , , , , | Laisser un commentaire

QU’EST-CE QUE L’HABITAT CHOISI ?


Qui sommes-nous ?
Toutes sortes de gens prenant la liberté de choisir leur mode de vie
Quel que soit le type de logement, beaucoup subissent leur habitat. Aujourd’hui, des centaines de
milliers de personnes ont décidé de le choisir en sortant des sentiers battus. Vie proche de la nature,
éco-construction, financement léger et mobilité sont des critères de plus en plus retenus pour faire son
lieu de vie.
Ces “habichoix” sont des jeunes et des vieux, des personnes seules et des familles, des plus ou moins
intégrés socialement et économiquement… Certains qui descendent de traditions nomades
multiséculaires, d’autres qui ont franchi le pas hier soir… Chacun ses raisons: la proximité de la
nature, la décroissance, l’autosuffisance, une vie saine, une démarche spirituelle…
Ce que nous avons en commun c’est notre démarche de prendre la liberté de choisir notre mode de
vie, d’habitat et de subsistance sans accepter d’être victimes de discriminations pour autant.
Pourquoi ?
La liberté de choix c’est une possibilité d’épanouissement.
Tout le monde “choisi” à l’intérieur de la palette que lui laisse ses possibilités et ses contraintes :
financières, professionnelles, familiales, amoureuses, affectives… C’est comme cela que certains sont,
par exemple, amenés à “choisir” un HLM.
La liberté de choix dans une recherche d’autonomie, c’est la possibilité de se réaliser, soi et ses projets.
C’est ainsi que la majorité de ceux qui vivent en habitat hors normes finissent par l’adopter et ne
veulent plus d’un logement social en échange quand on le leur propose !
Pour les enfants, c’est souvent l’occasion d’une vie saine et épanouissante en contact avec la nature et
le sens de la vie, un éveil leur donnant le potentiel d’emprunter par la suite le chemin de leur choix.
Comment ?
Rechercher l’autonomie : le logement et la subsistance.
En s’autonomisant, en cherchant chacun son niveau de besoins et ses moyens de subvenir à ses besoins.
Pour beaucoup il s’agira de simplicité choisie, de circuits courts (autoconstruction, agriculture vivrière,
échanges de savoir, entraide…)
Une cabane, une yourte, une maison en bottes de paille ou en torchis… dans un pré abandonné que
l’on aura généralement acheté ou loué. Des activités d’autoproduction: potager, poulailler, faire du bois,
ramasser des fruits sauvages, des champignons, des échanges de coups de main et de biens de
première nécessité… Production de biens à échanger ou à vendre: artisanat, confitures, pain… ou de
services: jardinage, petite maçonnerie, menuiserie… ou de culture: musique, spectacles, brocante…
Certains, ayant des activités liées à une implantation géographique fixe, vivent à demeure en ayant à
l’occasion un confort et un équipement de haut niveau.
D’autres, notamment ceux qui ont des activités non agricoles sont plus mobiles, changeant d’endroit
parfois plusieurs fois dans l’année avec roulotte, caravane, véhicule aménagé…
Où ?
Là où il y a de la place – mais où il est le plus souvent interdit d’habiter…
Sur la planète terre, dont nous sommes, nous aussi, co-héritiers et où nous estimons légitime de poser
notre habitat. En ayant un mode de vie et souvent de subsistance lié à l’utilisation d’un espace dont
nous réclamons le droit d’usage.
Globalement, le choix du milieu rural est ressenti comme plus riche de possibilités d’autonomie, mais
où il est difficile de trouver des terrains à vivre, souvent rares et toujours chers. Ces obstacles
poussent des centaines de milliers de personnes à s’installer sur des terrains “non constructibles”, ce
qui est actuellement illégal.
Mais aussi, sur des terrains de camping, des terrains familiaux, des aires d’accueil ou de stationnement
et, par défaut, notamment pour les plus mobiles d’entre nous, là où il y a de la place, où on peut
stationner quelques jours ou quelques semaines, souvent en forçant plus ou moins les choses, avant
de reprendre la route.
Et pour certains, dans les interstices du paysage urbain.
Éthique :
Chaque individu étant un univers, aucune solution ne convient à tout le monde.
Trois principes:
• Respect de la personne – Mes besoins, mes désirs et mes rêves sont intimement liés à mon histoire
personnelle. Prendre le temps de les connaître et de choisir la vie qui me convient est un droit
imprescriptible. Quels que soient sa formation, son expérience ou son statut, nul n’est habilité à définir
ce qui est “bien” pour moi.
• Respect de la planète – La planète, l’écosystème, la terre, l’eau, l’air, la biodiversité, le pétrole…
font partie de notre héritage commun en tant qu’êtres vivants. Notre droit se limite donc à un droit
d’usage dans le respect de tous les êtres vivants de toutes les espèces et de leurs descendants. Mobiles
(roulotte, caravane, véhicules aménagés…), transportables (yourte, tipi, mobile homes…) ou
biodégradables (paille, bois, pisé, torchis…), nos aménagements ont une durée d’occupation du sol qui
n’excède pas, ou de très peu, leur utilité.
• Nécessité de la diversité – Pour trouver l’équilibre entre le respect de la personne et celui de la
planète, et de façon à éviter toute situation subie, la société se doit de proposer un grande variété de
modèles et de statuts réellement disponibles et accessibles à chacun dans le respect des différences.
Viabilité
Le module habitable – la viabilisation autonome
Est digne pour une personne ce qu’elle perçoit comme digne, ce qu’elle serait non seulement
prête à accepter faute de mieux, mais qu’elle retient en présence d’autres alternatives disponibles et
financièrement accessibles pour elle. C’est ce qu’il s’agit de vérifier en premier pour se prononcer sur la
viabilité d’un logement.
Le module habitable :
Dans l’éphémère et le mobile, comme dans le bâti conventionnel, on trouve le meilleur et le pire, des
choses qui sont viables et d’autres qui ne le sont pas. La viabilité ou non d’un logement découle non
pas de sa nature mais de ses caractéristiques, de son état et du rapport avec ses habitants.
Comme dans le bâti normalisé, sauf mauvais état, toutes les formules alternatives d’habitat
« protèg(ent) les locaux contre les eaux de ruissellement et les remontées d’eau » mais aussi des
infiltrations. (Décret n°2002-120 du 30 janvier 2002 relatif aux caractéristiques du logement décent pris pour
l’application de l’article 187 de la loi n°2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement
urbains).
De plus, l’autoconstruction rendue possible par l’habitat léger facilite une adaptation constante de
l’habitat à l’évolution des besoins et permet une installation progressive, mûrie dans le temps.
Les normes :
Les notions de surface et de volume n’ont pas la même pertinence pour des gens qui investissent
autant l’espace extérieur que l’intérieur (moins en hiver, plus en été) que pour ceux qui ne peuvent
dépasser les murs de leur appartement.
La viabilisation autonome :
La technologie actuelle permet un niveau d’autonomie qu’il est curieux de voir réprimé: toilettes sèches,
phytoépuration, électricité solaire, éolienne, collecte et potabilisation d’eaux de pluie…
ÉLECTRICITÉ : Différentes formules existent pour produire l’électricité solaire ou éolienne. Sachant
que chaque foyer français consomme en moyenne 2500kWh par an (hors chauffage), l’installation de
20 à 25m2 de capteurs photovoltaïques suffit pour générer assez d’électricité pour un foyer moyen de
4 personnes. L’expérience montre que la majorité des personnes ayant choisi un mode de vie
alternatif sont des consommateurs beaucoup plus sobres et s’en sortent avec 4 à 5 fois moins de
surface. Souvent, la seule conception de l’habitat peut réduire considérablement les besoins en
énergie.
D’autres solutions existent, comme le solaire avec réflecteur et turbine ou moteur Stirling.
EAU : Dans beaucoup d’endroits il y a des sources, ou la possibilité de creuser un puits. Dans le pire
des cas, le captage de l’eau de pluie peut fournir l’eau nécessaire. Filtrée par osmose inverse, elle est
tellement pure qu’elle doit être remineralisée pour la consommation quotidienne.
L’eau chaude est un élément de confort encore absent dans bien de logements bâtis. Facilement
accessible par le solaire ou à partir d’un chauffage à bois… son prix de revient à l’utilisation est
souvent nul (hors amortissement et travail pour faire son bois) donc éminemment accessible à toutes
les bourses.
De même toutes les formules prévoient, en principe, un moyen de chauffage, de l’eau à l’intérieur ou
à proximité immédiate, etc.
ASSAINISSEMENT : Bien meilleures pour l’environnement que les stations d’épuration classiques, les
systèmes de phytoépuration non seulement décomposent les molécules organiques, mais elles piègent
les composées d’azote et de phosphate qui sont absorbés par les plantes. L’excédant de matière
verte est composté ou donné aux poules… Les bassins ainsi créés (3m2 / personne en comptant
large) contribuent à l’aménagement du paysage et à la biodiversité.
WC SECS : Ils s’utilisent comme des WC habituels, excepté que la “chasse” est une bolée de sciure,
copeaux ou autre source de cellulose en petits morceaux. Le tout s’accumule dans un réservoir qui
est vidé de temps en temps pour faire du compost. Ce système de chasse est lui aussi sans odeur
mais permet d’amender le sol, sans polluer l’eau et sans coûts et impacts de raccordements, tout en
restant autonome.
Pertinence
Dans son mode de vie traditionnel, l’homme faisait partie de l’équilibre de l’écosystème. Suite à des
millénaires d’occupation humaine du territoire français, le monde rural et même les espaces naturels
sont le résultat de l’interaction de l’homme avec son environnement. Fossés, terrasses et chemins font
partie du patrimoine en perdition. Il y a cinquante ans, il y avait encore des hameaux partout,
maintenant il y a une désertification de la campagne avec des exploitations toujours plus grandes et,
souvent, des déprises agricoles synonymes de terres à l’abandon, de risque de feu et parfois de perte de
biodiversité.
En réinvestissant l’espace rural, les habichoix font vivre le tissu social et économique environnant. Nos
enfants maintiennent les écoles là où elles seraient fermées, nos emplettes font vivre les commerçants,
nos bras nettoient, cueillent, œuvrent aux besoins locaux. Notre musique, nos chants, nos spectacles
font vivre les foyers ruraux. Nous participons à la vie locale et nous enrichissons toutes les sphères de
la vie rurale.
Nous matérialisons des possibilités de vie autonome et satisfaisante pour beaucoup qui ne peuvent ou ne
veulent pas se couler dans le moule dominant et à laquelle une société qui se veut libre ouverte et
novatrice doit avoir d’autres réponses que la prison ou l’hôpital psychiatrique.
Prendre la vie à bras le corps est, pour certains, le débouché constructif pour une opiniâtreté qui
pourrait autrement devenir l’embrasement du désespoir.
Liberté de choix
La circulaire du 13 juillet 2006 est venue préciser la définition de l’intérêt communautaire en matière
“d’habitat” au profit des communes et de leurs groupements. Les compétences “politique du logement
et du cadre de vie” des communautés de communes et “équilibre social de l’habitat” des communautés
urbaines et des communautés d’agglomération peuvent être regroupées sous le terme de “politique
locale d’habitat”. Parmi les objectifs attendus, il s’agit de « favoriser la satisfaction des besoins de
logements, de promouvoir la qualité de l’habitat et l’habitat durable ou encore de favoriser une offre de
logements qui par sa diversité de statuts d’occupation et de répartition spatiale, assure la liberté de choix
pour tous de son mode d’habitation »…
Or si la politique de l’habitat est une compétence obligatoire des communautés d’agglomération et
des communautés urbaines, elle est optionnelle pour les communautés de communes. Instaurée par la
loi du 6 février 1992, la communauté de communes doit associer des communes au sein d’un “espace
de solidarité” en vue de l’élaboration d’un projet commun de développement et d’aménagement de
l’espace en milieu rural.
Nous revendiquons
1. Le droit du choix de notre mode de vie et la reconnaissance de nos habitats comme logements au
même titre que le bâti conventionnel ce qui implique que nous ayons les mêmes droits que tous nos
concitoyens. Cette liberté de choix suppose que soient réellement disponibles des logements
conventionnels accessibles à toutes les couches de la population.
2. Le droit universel au logement et à la subsistance, le droit d’usage la terre dont nous nous estimons co-
propriétaires à l’instar de tous les êtres vivants de la planète.
3. L’obligation pour toutes les communes d’affecter une certaine surface à l’habitat éphémère ou mobile.
4. La possibilité d’investir des zones non constructibles sans sensibilité particulière par un aménagement
réversible, autonome et respectueux de l’environnement sans artificialisation des sols ni constructions
en dur et ce dans le but de recevoir des logements éphémères ou mobiles…
5. L’acceptation du choix de la simplicité, la dignité ne devant pas se confondre avec l’obligation de
consommer des biens et des services dont le besoin n’est pas ressenti.
Nous demandons
6. La mise en place d’une commission paritaire “habichoix / pouvoirs publics” pour fixer les modalités
d’application de ces points et tous les autres points litigieux qui pourront apparaître dans ce domaine.
7. La définition d’un statut d’expérimentation permettant d’éviter des situations d’illégalité pendant le
temps de ce travail.
8. Le gel ou l’abandon des poursuites judiciaires envers les personnes ayant opté par choix ou par
nécessité pour ces solutions d’habitat et de vie.
Texte collectif, mars 2008.
Halém (HAbitants de Logements Éphémères ou Mobiles)
http://www.halemfrance.org
halemfrance@halemfrance.org
Ma Cabane (Mouvement Autogéré des Chercheurs(euses) en hABitats Autonomes,
Novateurs et Ecologiques)
7 rue de la Basse, 66500 Prades
http://www.macabane.info
contact@macabane.info

27 février 2011 Posted by | Désobéissance civile, LOGEMENT, Notre démocratie | , , , , , , | Laisser un commentaire

Vers une démocratie générale ?


Vers une démocratie générale de Takis Fotopoulos

On objecte souvent au mouvement de résistance à la mondialisation libérale de n’offrir aucune alternative aux modes d’organisation actuelles des sociétés de marchés. Dans le même temps, la plupart d’entre nous ressentons confusément que ces sociétés, à défaut d’un changement radical de trajectoire, détruisent la planète, engendrent l’instabilité économique et sont menacées d’implosion sociale. La gauche — désormais alliée aux écologistes — semble pourtant avoir renoncé à toute rupture avec les principes essentiels des économies de marche et des démocraties représentatives. Or, depuis deux siècles, ces institutions engendrent une concentration des pouvoirs économiques et politiques qui autorisent les élites dominantes à promouvoir une logique de croissance destructrice qui est au cœur de la crise multidimensionnelle que nous vivons aujourd’hui

Une autre histoire, tournée vers la quête du bien commun, est donc impossible sans une libération globale du pouvoir citoyen.La démocratie générale opère cette libération en appliquant à tous les champs de la société le principe d’un partage égal du pouvoir. Cela implique donc, outre une démocratie politique directe, une démocratie économique et sociale qui reconsidère de l’organisation de la production et de sa gestion. Loin de suggérer une nouvelle utopie destinée au seul débat philosophique, il s’agit ici de dessiner les contours concrets d’une nouvelle société ainsi qu’une stratégie plausible de transition

« Ce livre a un but, montrer qu’on ne peut sortir de la crise qu’en sortant du cadre institutionnel actuel et non en restant à l’intérieur.»

« Voici un auteur remarquablement inconnu des militants hexagonaux
mais qui pourtant manifeste des approches libertaires de l’Homme, de la société et du
devenir social et économique du monde. auteur:Jean-Claude Richard

Takis Fotopoulos ‘ nous propose en effet la mise en place d’une démocratie générale dont
les principes sont tout à fait dans les formes de l’idéal libertaire. Rien d’étonnant puisque
l’on relève dans le livre de constantes références à Pierre Kropotkine., à Murray Bookchin,
à John Clark et, surtout, à Cornélius Castoriadis, un ancien de la feue revue Socialisme ou
Barbarie.
Dès l’introduction de l’édition française, nous sommes en terrain connu: « Ce livre a un
but, montrer qu’on ne peut sortir de la crise qu’en sortant du cadre institutionnel actuel et
non en restant à l’intérieur.»
À partir de ce postulat essentiel, Takis Fotopoulos développe – sur une base économique
égalitaire – le concept de démocratie générale. Concept qui implique l’abolition des
formes de répartition inégale du pouvoir politique.
La situation actuelle du inonde est l’effet d’une
dynamique…
L’apport théorique et militant du discours de Takis Fotopoulos est surtout de rompre avec
la conception marxienne voulant, via Attac et les partis de gauche, trotskistes compris,
considérer l’état actuel du monde comme une conspiration des politiques de méchants
partis neo-liberaux ou sociaux démocrates alors qu’il s’agit ni plus ni moins que de
l’aboutissement d’une dynamique qui s’est construite sur l’économie de marché et son
corollaire, la démocratie représentative.
Il est bien évident qu’à partir de cette approche les actions à entreprendre ne se situeront
pas dans le cadre du système repré-sentatif (élections, parlement, etc.) mais à l’extérieur
de ce système. Pourquoi lutter pour changer les gouvernements puisque ces gou-
vernements ne sont qu’accessoires dans la res-ponsabilité de l’actuel état des choses?

Une stratégie de transition

Vouloir transformer la société pose bien évidemment la question des moyens. Là encore,
la pensée de Takis Fotopoulos s’ancre dans le discours libertaire: «Un grand principe nous
oriente dans le choix d’une stratégie de transition appropriée: la cohérence entre la fin et
les moyens. » Contrairement aux méthodes étatistes qui se proposent de changer la société
par le haut et les approches dites de la « société civile» qui, elles, ne visent pas à changer le
système, Takis Fotopoulos ne propose pas une organisation politique de type nouveau,
mais une confédération de communautés fonctionnant suivant les principes de la
démocratie générale (égalité économique -propriété collective, égalité politique – démo-
cratie directe).
Ce livre, d’où les mots volontairement scientifiques ou difficiles ont été bannis, est
absolument accessible à quiconque. Les démonstrations y sont claires, logiques et
cohérentes. Une volonté d’être compris du plus grand nombre se fait sentir à chaque page
et place ainsi Takis Fotopoulos dans la ligné d’un Kropotkine ou d’un Reclus. »

Jean-Claude Richard
groupe Henry-Poulaille de Saint-Denis
Le monde Libertaire

[1] Économiste et politiste, il est directeur de la revue Democracy & Nature, The International Journal
of Inclusive Democracy (voir sur le net une multitude de textes sur Takis Fotopoulos)

 

17 février 2011 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE | , , , | 7 commentaires

   

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