Aquitaine décroissance

vers une démocratie générale

les AMAP disent NON à la Ruche qui dit oui


Le “frelon” Parisien exterminateur de la petite paysannerie continue ses ravages !

Depuis plusieurs années, des groupes de consom-acteur-actrices se sont regroupés pour aider au maintien ou à l’installation de paysans (AMAP , ACAPE , centres de réinsertion, etc…), mais depuis peu cette mouvance semble s’essouffler.

Par contre, de nouveaux moyens de distribution ont vu le jour, via internet comme “La ruche qui dit oui”.

Grâce à la médiatisation énorme dont a bénéficié cette nouvelle formule, l’engouement auprès de celle-ci a bien pris. En effet, la presse laisse supposer aux lecteurs qu’il s’agit de distribution de paniers en vente directe, alors que c’est une plate-forme logistique qui prélève près de 20 % du chiffre d’affaires aux paysans adhérents à ce système.

Un apiculteur à 90% en vente directe, distribuant dans 10 lieux d’AMAP  a dit « NON » aux sollicitations d’une « ruche qui dit oui » (1) près de chez lui ! Pourquoi ?

Tout d’abord par tromperie pour le consommateur, qui pense acheter un produit en vente directela-ruche-qui-dit-non-150x134, alors qu’il s’agit de manière très subtile d’une vente par 2 intermédiaires : le propriétaire de la ruche qui prend 10% TTC sur le CA réalisé et 10% TTC pour une start-up parisienne qui grossit à vue d’œil (40 salariés, dont les créateurs sont tous diplômés de hautes écoles de commerce).

Ensuite par éthique, car rémunérer en dividendes  les actionnaires de cette entreprise commerciale de plus de 500 ruches qui sont ni plus ni moins que Xavier Niel (Président de Free), Marc Simoncini (co-fondateur du site de rencontres meetic.fr), Christophe Duhamel (co-fondateur du site marmitton.org). Les grandes enseignes de la distribution l’ont compris avec les « drive » les consommateurs cliquent sur internet pour commander leur alimentation industrielle. Ils répondent à une réelle demande : de plus pousser le caddie, ne plus perdre de temps à faire ses courses.

Quels prix pratiqués par les producteurs qui se lancent dans cette aventure ?
– soit le même prix qu’en contrat AMAP, et faire payer le consommateur 20% plus cher, le prix à payer pour choisir ce qu’il veut quand il veut !
– soit s’aligner sur le prix du marché en vendant moins cher ses produits de 10 à 20%, c’est ce que certains producteurs en AMAP ont malheureusement  commencé à subir comme pression, c’est toujours la même histoire !
Petit rappel : les grandes et moyennes surfaces prennent une marge brute de 27% en moyenne sur un produit alimentaire (intégrant la gestion des stocks et du personnel salarié, inexistant ici)

Origines des produits : on parle proximité des produits qui viennent parfois de très loin par l’intermédiaire de transformateurs ou d’artisans (et non des paysans). La gamme des produits n’est pas qu’alimentaire (crème solaire).

Alternative possible : créer de nouvelles AMAP, alors que l’offre des paysans producteurs bio continue de croitre, la demande stagne, profitant à des intermédiaires qui se sucrent sur leur dos. Faire circuler cette information auprès des amapiens qui pourraient être séduits sans être totalement informés par ce nouveau type de « drive » préfigurant  le nouveau i-commerce du 21ème siècle, sans changer les mêmes pratiques capitalistiques du marché.

(1) La ruche qui dit oui  = Vente par internet, sans engagement, les consommateurs viennent chercher leurs victuailles chez un particulier (responsable de la ruche) très souvent sans croiser le producteur, qui n’est pas obligatoirement paysan ni bio, mais souvent transformateur ou artisan.

par AMAP Bio Devant – Courbevoie

———————————————————————————————————————————————————————–

Petite mise à jour:

« La Ruche qui dit oui » est très hostile à ce débat et inonde les sites critiquant leur start up de « vrai-faux » commentaires et de mails.

Je vous propose donc de nouveaux documents sur cette tentative de récupération marchande du système associatif des AMAP.

  • La ruche qui dit oui…à qui? Un article sur les dangers pour la petite paysannerie du « drive paniers » par la ferme pédagogique en permaculture : www.lesdemainsdanslaterre.fr

N.B : le texte en format PDF.

la ruche qui dit oui…à qui.pdf
Document Adobe Acrobat [63.5 KB]
Télécharger
  • Vous pouvez aussi lire ce très bon décorticage du mécanisme capitaliste de la ruche qui dit oui, ainsi qu’un article de la revue silence à propos de l’impact du drive sur internet sur les circuits courts.

Les deux articles se trouvant ci-dessous.

Télécharger

la ruche qui dit oui_fnoc (1).pdf
Document Adobe Acrobat [138.3 KB]
Télécharger
Télécharger

article circuits courts revue silence n°
Image JPG [1.4 MB]
Télécharger
Télécharger

la ruche qui dit oui !!!!_.pdf
Document Adobe Acrobat [150.1 KB]
Télécharger

N.B : le texte ci-dessous en format PDF.

Télécharger

la ruche qui dit oui…à qui.pdf
Document Adobe Acrobat [63.5 KB]
Télécharger

——————————————-

Quelques repères

Si vous êtes décidés à créer une AMAP, le guide très détaillé du réseau AMAP: Créer une AMAP

——————————————–

 

9 novembre 2014 Posted by | Alimentation, DECROISSANCE | , , , , , | 6 commentaires

Les 12 meilleurs PDF et Ebook gratuits sur le potager


 

 

N.B: ADecroissance n’héberge pas ces fichiers.

Si un lien ne fonctionne pas, merci de nous le dire afin que nous puissions le réactualiser. Bon jardinage!

Vous pouvez suivre Aquitaine Décroissance sur Tweeter

 

19 mai 2014 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, DECROISSANCE, ebook | , , , , , | 70 commentaires

Journée internationale sans viande


Viande? Non merci. Pour adopter un régime sans cruauté envers les animaux et aux multiples avantages.

La journée internationale sans viande existe depuis 1985.Elle a une origine américaine puisque promulguée par l’association FARM qui milite pour une alimentation sans viande et se propose de lutter pour le respect des animaux, la préservation de la planète et l’amélioration de la santé humaine.Ses actions sont relayées en France par International campaigns, qui n’est autre que la plate-forme militante contre la vivisection et pour les droits des animaux.

Droits des animaux

En France, chaque jour, plus de 3 millions d’animaux, soit plus d’un milliard par ansont abattus pour la consommation humaine. Soit environ 65 milliards par an à travers le monde. Êtres sensibles, tous ces animaux réduits à l’état de marchandise sont drogués et élevés dans des conditions concentrationnaires avant d’être transportés  vers l’abattoir .

Santé

La viande favorise  le diabète, l’obésité, certains cancers et les infarctus. La consommation de produits animaux n’est non seulement pas nécessaire, mais bien souvent à éviter. Rappelons que le désormais fameux rapport de l’Association Américaine de Diététique (ADA), la plus grande association de nutritionnistes avec près de 72 000 membres, approuve que « les alimentations végétariennes bien conçues (y compris végétaliennes) sont bonnes pour la santé, adéquates sur le plan nutritionnel et peuvent être bénéfiques pour la prévention et le traitement de certaines maladies« .

Écologie

   l’élevage est responsable de la plus importante émission de gaz à effet de serre dans le monde.          

Un bœuf « fournira » 1500 repas alors que les céréales consommées durant sa courte vie auraient pu en fournir 18000.

Pour  1 kg de bœuf, 7 à 10 kg de céréales sont utilisés ainsi que 15 500 litres d’eau .

à visiter :

————————————-

:

20 mars 2014 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME | , , , | 4 commentaires

Sondage : la loi COV adoptée à l’Assemblée nationale. Une loi pour quoi?


Le projet de Loi sur les certificats d’obtention végétale a été voté hier par l’Assemblée Nationale. Les députés de la majorité, au service de l’agrosemence, ont adopté sans amendements ce texte qui permettra aux douanes de poursuivre les agriculteurs pour contrefaçon s’ils  utilisent leurs propres semences.

Et vous qu’en pensez-vous?

30 décembre 2013 Posted by | Alimentation, DECROISSANCE | , , | Laisser un commentaire

Intermarché: les retombées du bad buzz sur les euro députés


Eau trouble et faute politique

peche

Une belle démonstration du déplacement des rapports de force dans une société de communication où l’information est relayée par les citoyens eux-mêmes. Il ne suffit plus de faire du lobbying à la papa (à la HEC à la Science Po …) dans les couloirs des parlements…

Un lobbying certes efficace sur nos politiciens -grands amateurs de poissons de grands fonds?- puisqu’en effet sur ce dossier (comme sur tant d’autres touchant à l’industrie agroalimentaire, l’ecotaxe n’est pas loin) nos « représentants » de droite comme de gauche ont renouvelé le droit de  pratiquer cette forme de pêche destructrice. Cette affaire, ce « badbuzz », ne touche pas uniquement Intermarché mais également ces députés qui ont voté en toute inconscience et ont commis une lourde faute politique.

Ce scandale est désormais politique

Voici la liste des député-es français-es qui ont voté ce texte dans le plus grand  mépris des considérations écologiques des citoyens:

Les votes député par député

Les votes député par député

L’image de marque d’ Intermarché  mise à mal juste avant la période des gros bénéfices des fêtes.

Scapeche la flotte d’Intermarché (85% du total des captures d’espèces profondes)  communique sur sa reculade… mais à la façon d’un négociateur de contrat :

Capture d’écran 2013-12-13 à 14.22.52

« ne plus cibler EN PRIORITÉ espèces profondes »

On voit ici que ni le mot poisson, ni le mot fond marin n’est utilisé, que le terme « cibler » est utilisé alors que cette technique ne « cible » justement rien en arrachant tout,  mais surtout qu’ Intermarché n’annonce absolument pas son renoncement à la pêche de fond.

Fabien Dulon, directeur général de cette entreprise, dans un communiqué de presse :

« Celles-ci pourront cependant figurer parmi les prises accessoires… » la technique n’est absolument pas remise en cause, on continu à utiliser les chaluts géants qui raclent les fonds sous marins et si, par aventure, une de ces espèces en danger se trouve prise dans les filets … et bien on la vend.

De qui se moquent-ils?

Quand bien même Scapeche Intermarché annoncerait abandonner cette forme de pêche,  quand bien même les ONG comme Greenpeace ou Bloom se montreraient conciliantes en acceptant (encore un petit coup tordu de négociateur professionnel) :

qu’ « Intermarché s’engage d’ici cinq ans à changer ses pratiques »

le scandale reste : la collusion entre ces députés et l’industrie agroalimentaire est exposée au grand jour .

Le problème du « négociateur » c’est qu’ici, il ne s’agit plus de deux parties  cherchant à établir un contrat consensuel (genre donnant-donnant) puisque les consommateurs-électeurs n’ont rien à gagner à ce contrat de dupe et même, se sentent insultés par ces tentatives.

Devons-nous rappeler que cette pêche n’est rentable que parce qu’elle est subventionnée par nos impôts?

Intermarché Scapêche a bien senti qu’il y avait un problème de communication mais même l’aide de l’agence de communication Seatosea (« Marketing et communication-Relations presse et relations publiques Conseil aux entreprises » seatosea.fr ) semble insuffisante pour sortir de ce scandale qui ne peut que retomber sur les politiques qui ont voté cette autorisation, entrainant au passage, une dégradation d’image du distributeur Intermarché.

Non seulement cette affaire va coûter cher à Intermarché en raison du boycott qui se met en place, mais elle va également coûter cher au personnel politique impliqué ainsi qu’à leurs partis…

Non messieurs-dames les politiques, l’écologie n’est pas qu’un terme marketing: c’est également un coût que vous allez payer plus tôt que vous ne l’aviez prévu.

……………………………………………………………………………..

Sur le même sujet: Eaux profondes vers un boycott des consommateurs contre les lobbies industriels?

13 décembre 2013 Posted by | Alimentation, Désobéissance civile | , , , | Un commentaire

Eaux profondes vers un boycott des consommateurs contre les lobbies industriels?


Boycott des Consommateurs contre les lobbies industriels?

peche-en-eaux-profondes

La pêche en eau profonde est un type de pêche extrêmement destructeur pour la faune et la flore des fonds marins, mais comme ça ne se voit pas on continue… Les députés européens, par l’intermédiaire du Parlement, ont en effet votés le maintien cette pratique…

 

 

 

 

 

 

 

 

Une « déforestation marine » d’envergure

Seulement 3% des poissons collecté sont conservés les autres rejetés. La population de certaines espèces chute dramatiquement de 90% en 15 ans. Les coraux sont détruits.

Cette  exploitation n’est rentable économiquement que grâce à nos impôts . Intermarché (propriétaire de la flotte de chalut équipés pour ce type de pêche est l’enseigne qui profite le plus de nos « aides ».

Très peu d’emplois sont concernés par ce type de pêche industrielle. L’activité ne dégageant que 0,5% d’emplois.

La pétition appelant a son interdiction avait eue un grand succès grâce notamment à une BD  de la dessinatrice Pénélope Bagieu, qui avait permis de recueillir quelque 750.000 signatures . Nos « représentants » n’ont pas jugés bon d’écouter la voie de la raison.

Que faire ?

S’informer sur le mouvement de boycott citoyen qui se met en place sur les réseau sociaux par exemple:

  • Mettre en place des groupes et des actions locales.
  • Pétition devant Intermarché, lettre aux députés…

Cette mobilisation pourraient faire très mal à l’enseigne des Mousquetaires juste avant Noël. Le choix des consommateurs pourrait être grandement simplifié par les annonces récentes des groupes Casino et Carrefour de cesser toute vente d’espèces pêchées en eaux profondes.

L’association Bloom, principal fer de lance contre le chalutage n’a, de son côté, pas appelé au boycott du groupe de la grande distribution pour des raisons juridiques mais Claire Nouvian, directrice de Bloom appelle » les citoyens à boycotter partout les trois espèces concernées par le chalutage profond : le grenadier, le lingue bleu et le sabre noir ».

Les votes député par député

Les votes député par député

 

 

 

 

 

 

 

 

 

…………………………………………………………………………

sur le même sujet: Intermarché: les retombées du bad buzz sur les euro députés

12 décembre 2013 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME, DECROISSANCE | , , , , | Un commentaire

Open Source Seeds Licence : une licence pour libérer les semences


Les principes de l’Open Source s’étaient déjà propagés à des domaines relativement éloignés du logiciel, comme celui de l’Open Hardware ou de l’Open Design. Mais le projet Open Source Seeds propose un modèle de contrat pour placer des graines sous licence libre.

A première vue, l’idée peut paraître assez incongrue, car on voit assez mal ce que les semences peuvent avoir en commun avec les logiciels et pourquoi elles auraient besoin des licences libres. Mais il faut savoir que les variétés végétales peuvent faire l’objet de droits de propriété intellectuelle, que ce soit par le biais de Certificats d’obtention végétale (COV) en Europe ou de brevets aux Etats-Unis. Les Organismes génétiquement modifiés (OGM) peuvent également être protégés par des brevets, déposés par de grandes firmes comme Monsanto, dont les agissements soulèvent de plus en plus d’inquiétudes et protestations.

Une forme de copyleft « vert » est-il possible pour que les graines demeurent des biens communs ? La question mérite d’être posée !

Lutter contre l’appropriation des semences

Face à ces formes d’appropriation du vivant par la propriété intellectuelle, il existe tout un mouvement qui se bat pour que les semences demeurent « libres ». Des producteurs indépendants comme le Réseau Semences paysannes, Kokopelli ou Semailles préservent des variétés anciennes ou rares de graines, afin de favoriser la biodiversité. Mais le contexte juridique dans lequel ils oeuvrent est difficile, comme l’explique très bien cet article du site Ecoconso :

Depuis plusieurs décennies, il est obligatoire qu’une semence soit inscrite dans un catalogue officiel – européen ou national – avant d’être mise sur le marché.

L’inscription est liée à des conditions bien précises :

  • pour être inscrite, une semence doit entre autres répondre aux critères « DHS » : distinction, homogénéité, stabilité. En d’autres mots : une variété doit être facilement identifiable et bien distincte de celles déjà inscrites dans le catalogue, tous les individus doivent présenter les mêmes caractéristiques prévisibles et la variété doit rester stable dans le temps, année après année.
  • l’inscription au catalogue est payante.

Cette législation, qui avait pour but au départ de protéger l’agriculteur contre des fraudes, a un impact énorme sur la pérennité des semences de variétés locales et traditionnelles. Car il est impossible, pour la plupart des semences transmises de génération en génération, de paysan en paysan, de répondre à des critères conçus pour des variétés produites en laboratoire à partir d’un patrimoine génétique très restreint et testées dans des conditions contrôlées.

L’agriculteur, ici ou ailleurs, doit payer chaque année pour acheter ses semences et ne peut ressemer à partir de sa production ni développer son propre patrimoine de semences, qui seraient pourtant plus adaptées aux conditions locales et qui garderaient leur capacité de s’adapter plus facilement aux conditions climatiques changeantes, aux nouveaux ravageurs…

Pour ne s’être pas pliée à cette réglementation, l’association Kokopelli a été poursuivie en justice et lourdement condamnée en 2012. Cela ne l’empêche pas de continuer à dénoncer en des termes très durs l’instrumentalisation qui a été faite du Catalogue des variétés et du droit d’obtention végétale dans le sens des intérêts des grands semenciers :

les tarifs d’inscription au Catalogue sont prohibitifs (500 €en moyenne pour chaque variété, sans compter les droits annuels à payer pour les différents types d’examens obligatoires). En définitive, ce catalogue, initialement facultatif et ouvert à toutes les semences, est devenu, par une dérive administrative totalitaire, le pré carré exclusif des créations variétales issues de la recherche agronomique et protégées par un droit de propriété intellectuelle […] C’est ainsi que le catalogue est devenu un outil de promotion de ce droit de propriété particulier, et qu’il s’est progressivement fermé aux variétés, non appropriées, appartenant au domaine public.

Les semences comme biens communs ?

Il existe donc bien d’un côté des semences « propriétaires », sur lesquelles pèsent des droits de propriété intellectuelle et de l’autre des semences « libres », que l’on peut encore considérer comme des biens communs :

Les semences peuvent-elles être une marchandise comme une autre ? Est-ce acceptable qu’une petite dizaine de gros semenciers détienne plus de 80 % du patrimoine des semences, pourtant patiemment amélioré pendant des siècles par des générations de paysans ? Ne s’agit-il pas d’un patrimoine de l’humanité, d’un bien commun et collectif auquel tout un chacun devrait avoir accès ?

Il y a quelques semaines, un tribunal américain a pourtant estimé qu’un petit agriculteur américain s’était rendu coupable de contrefaçon en replantant d’une année sur l’autre les graines produites par des plats de soja brevetés par Monsanto. Cette firme a construit son business model en utilisant la propriété intellectuelle pour retirer ce droit élémentaire aux paysans, les forçant à acheter ses graines et ses herbicides chaque année.

Face à cette dérive propriétaire, certains comme l’indienne Vandana Shiva propose d’appliquer les principes de l’Open Source aux semences, en reliant cette problématique à celle des biens communs et à la préservation des Savoirs traditionnels :

D’autres, comme David Bollier, proposent d’aller plus loin encore en mettant en place un Copyleft pour les semences, comme il en existe un pour les logiciels :

Il existe un mouvement qui progresse parmi certains cercles d’agriculteurs pour créer un équivalent du copyleft pour les semences, de manière à ce que ces agriculteurs puissent produire des cultures open-source. Cette démarche sera peut-être la seule solution : développer un agriculture alternative en open source, bénéficiant de protections juridiques que le partage puisse continuer. Une manière de hacker la loi, comme l’a fait la General Public Licence avec les logiciels libres.

Une licence pour placer les graines sous copyleft

Pour concrétiser ces visions, l’initiative Open Source Seeds propose sur son site la première version d’une licence adaptant d’une manière originale les principes des licences libres aux semences, et notamment le fameux « partage à l’identique » (Share Alike) qui est le propre du copyleft

Voici une traduction en français que je propose de cette licence :

Open Source seed licence version 0.1

Vous êtes libres de :

Partager : partager, distribuer et donner ces semences
Remixer : cultiver ces semences
Faire un usage commercial de ces semences

Selon les conditions suivantes :

Attribution : Vous devez inclure une copie imprimée de cette licence lorsque vous partagez ces semences ou ds graines issues de ces semences (progeny of these seeds).

Pas de modification génétique : Vous n’êtes pas autorisé à procéder à des modifications génétiques en laboratoire de ces semences ou de graines issues de ces semences.

Partage à l’identique : Si vous recevez ces semences ou des graines issues de ces semences, suite à un don ou à un achat, vous acceptez en conséquence d’être lié par ces conditions.

Si vous récoltez à n’importe quel moment de l’année plus de 500 grammes de graines issues de ces semences, vous devez en mettre à disposition gratuitement au moins 10 grammes via le site www.open-seeds.org (les frais de port restant à la charge des demandeurs). Vous devez également enregistrer et publier les informations liées à votre pratique de culture, ainsi que les lieux dans lesquels ces semences ont été cultivées.

Si vous récoltez à n’importe quel moment de l’année plus de 100 kilos de graines issues de ces semences, vous devez en mettre à disposition gratuitement au moins 500 grammes via le site www.open-seeds.org (les frais de port restant à la charge des demandeurs). Vous devez également enregistrer et publier les informations liées à votre pratique de culture, ainsi que les lieux dans lesquels ces semences ont été cultivées.

Si vous cultivez ces semences, vous devez distribuer les semences des générations suivantes selon les termes de cette licence.

On relèvera l’effort intéressant pour adapter aux semences des notions comme celles de paternité, d’oeuvres dérivées ou de partage à l’identique.

Je trouve également très pertinent le fait de ranger dans les conditions imposées au titre du partage à l’identique le fait de devoir publier les informations liées à la culture des semences. De la même manière que les développeurs produisent de la documentation ou des manuels pour accompagner leurs logiciels, les agriculteurs Open Source devront documenter leur pratique et partager le fruit de leur expérience avec le reste de la communauté.

On voit d’ailleurs déjà une telle logique à l’oeuvre dans certains projets liés aux semences. Le projet Urbsly par exemple, actuellement en recherche de fonds par crowdfunding, propose de lutter contre l’appropriation des semences par de grosses entreprises utilisant des brevets, en créant un « Open Seed Data Catalog », qui recensera les variétés produites par des producteurs indépendants, ainsi que les données utiles aux agriculteurs pour choisir les graines les mieux appropriées à leurs cultures. Le projet vise aussi à publier en Open Access le séquençage génétique des variétés, afin d’empêcher le dépôt de brevets par de grandes marques. Cette approche est intéressante, car elle montre les ponts qui peuvent exister entre Biens communs de la nature et Biens communs de la connaissance, à travers l’Open Data et l’Open Access.

Retrouver des pratiques ancestrales de partage

Mettre en place des licences libres pour les semences risque d’être plus complexe que pour les logiciels. En effet, la législation en vigueur reconnaît un droit d’auteur aux créateurs de logiciels, qui peuvent ainsi « retourner » la logique du copyright grâce aux licences libres pour mettre leur propriété en partage.

Avec les semences, les choses sont plus complexes, car le régime spécial de propriété qui porte sur les variétés végétales est beaucoup plus adapté aux semences « propriétaires » qu’à celles des producteurs indépendants. Il en résulte que l’Open Source Seeds Licence pourrait manquer de base légale, comme l’explique les porteurs du projet qui sont conscients de cette faiblesse :

Il n’est pas certain que les conditions imposées par la licence puissent avoir une valeur juridique les rendant opposables. Il est possible qu’elles doivent être plutôt regardées comme un code de bonnes pratiques à respecter sur une base volontaire.

Les lois qui ont instauré un droit de propriété intellectuelle sur les semences sont très différentes de celles qui concernent les logiciels. Un des points essentiels à propos des droits de propriété intellectuelle sur les semences réside dans les critères deDdistinction, Homogénéité et Stabilité (DHS) qui sont nécessaires pour pouvoir bénéficier de la protection. C’est de cette manière que ces droits fonctionnent partout dans le monde, parce qu’une variété doit être suffisamment stable pour pouvoir être reconnue comme une variété. Mais les variétés les plus intéressantes pour la biodiversité sont généralement trop instables pour respecter ces critères. Or c’est précisément leur « instabilité » qui leur permet de s’adapter aux différentes conditions de culture.

On en arrive à ce paradoxe que l’absence de droit de propriété, qui est pourtant à la « racine » du problème de l’appropriation du vivant, pose ici difficulté puisque la licence libre en a quand même besoin pour être valide juridiquement. Pendant ce temps, les licences attachées aux semences produites par Monsanto peuvent s’appliquer devant les tribunaux, avec les conséquences désastreuses que l’on sait…

Il faudra suivre le développement de ces licences libres appliquées aux semences, car il s’agit d’une des pistes pour préserver des pratiques ancestrales de partage de graines, remontant sans doute à des millénaires et qui se réactivent aujourd’hui avec des associations comme Graines de troc.

Le compte Twitter d’André Le Nôtre (@Lenostre) signalait par exemple ces jours derniers que des pratiques d’échanges de plants rares existaient entre jardiniers au 17ème siècle, dont on retrouve la trace dans cet ouvrage.

« J’ay veu que quelques jardiniers curieux se fréquentoient les uns les autres amiablement, & faisoient recherche de ce qu’ils pouvoient avoir en leurs jardins, pour voir s’ils avoient quelques espèces de fleurs ou de fruicts que l’un ou l’autre n’eust point, afin de s’en entre-accommoder. C’est ce qu’il faut que les jardiniers de présent fassent, & qu’ils prennent la peine, & ne soient paresseux d’aller où ils sont advertis qu’il aura esté fait quelque beau jardin, pour voir s’il y a quelque chose de beau dont ils n’en ayent point la cognoissance, mesme, qu’il en demande au jardinier, peut-estre celuy qui demandera, aura aussy quelque fleur que l’autre n’aura point, & par ainsi feront eschange amiablement l’un à l’autre, de telle sorte que l’un et l’autre en seront fort contens. […] feu mon père avoit une quantité de fleurs de toutes sortes, c’est qu’il faisoit comme j’ay dit cy-dessus, il prenoit la peine & le plaisir en mesme temps d’aller voir les jardins qui estoient en réputation, et s’il se présentoit quelque fleur devant ses yeux dont il n’en avoit point, il en demandoit hardiment au jardinier, en luy offrant de luy en donner d’autres qu’il recognoissoit que le jardinier n’avoit pas aussi, par ce moyen ils s’accommodoient ensemble » Claude Mollet, Le théâtre des plans et jardinages, 1652, p. 185-187.

Merci à André @LeNostre pour la transcription !

Regard d’un bibliothécaire sur le droit d’auteur, le droit de l’information, le droit de l’internet et des nouvelles technologies, le droit de la culture, les libertés numériques et bien plus encore !

contact : calimaq at gmail.com
licence CC by

URL: http://scinfolex.wordpress.com/

Via un article de , publié le 5 mai 2013
©© a-brest, article sous licence creative common info

23 mai 2013 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, DECROISSANCE | , , , , , | 6 commentaires

Le Manuel des jardiniers sans moyens


Le Manuel des jardiniers sans moyens part de la conviction que tout le monde peut jardiner, malgré l’absence d’expérience, de terrain ou de moyens financiers.

Cet ouvrage est complet : Absolument tout du strict nécessaire pour se lancer dans la production de ses propres légumes, sans argent, sans expérience et sans complexe.

(téléchargement gratuit en pdf ):

Lien 2 si le lien précédent ne fonctionne pas

jardin

Vous désirez recevoir des ebook gratuits en lien avec les thématiques de la décroissance directement dans votre boite mail?

Rejoignez nos abonnés!

Articles liés:

Produire ses propres semences

Introduction à la permaculture pour les agriculteurs

-Le compost des templiers

——————————-

source: http://terredopale.fr

18 mars 2013 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, DECROISSANCE, ebook, ECONOMIE LOCALE | , , , , , | 10 commentaires

« Les enjeux des sols et de la terre arable »


terre-arable.jpeg

Ce film d’animation (en français) raconte la réalité des ressources en terre arable du monde entier.

Il couvre les questions de la dégradation des sols, de l’urbanisation, de l’accaparement des terres et leur surexploitation.

Le film offre des options pour rendre la façon dont nous gérons nos sols plus durable.

Pour plus d’informations visitez www.globalsoilweek.org

31 janvier 2013 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation | , , , , | 12 commentaires

Produire ses propres semences


Il existe plusieurs méthodes pour produire ses propres semences. La plus simple, ou quand on connaît un jardinier, est de garder les graines des légumes qu’on récolte soi-même – quand on jardine – ou qu’on a achetés ou que quelqu’un nous a donnés.

On peut ainsi récolter :

  • en laissant monter en graines : des radis, des navets…
  • à la condition de les laisser bien mûrir : des graines de tomate, de concombre, de courge, courgette, choux, melon, pastèque, phacélie, moutarde blanche ou jaune (ces trois derniers sont très bons pour comme engrais vert)… Bref, tous les fruits et légumes contenant des graines.
  • en sélectionnant des plants : des pommes de terre. On gardera des petites pommes de terre d’environ 3 cm de diamètre, au frais et à l’abri de la lumière.

Récolter des graines

Toutes les plantes ne produisent pas de graines (ou en produisent peu et/ou très peu fertiles). Les graines ne donnent pas toutes des sujets similaires à leurs parents. Ce sont les hasards de la génétique mais lorsque la génétique a été forcée comme dans le cas des hybrides (F1), les semences donneront des plantes très éloignées de la plante-mère, rarement intéressantes qui plus est… D’autres plantes ont une tendance compulsive à l’hybridation naturelle et le résultat n’est pas toujours bienvenu non plus. C’est particulièrement le cas des cucurbitacées. Moyennant quelques précautions, il est possible d’empêcher cette hybridation.

Qui dit récolte dit contenant. Les enveloppes sont une bonne solution. Il vaut mieux éviter les contenants étanches car les graines sont rarement complètement sèches et le peu d’humidité qu’elles contiennent suffira à faire moisir la récolte. Ne surtout pas ranger les enveloppes de graines dans un meuble en aggloméré, celui-ci dégage du formol pouvant inhiber le pouvoir germinatif de la graine.Enfin, il vaut mieux noter quelques indications bien utiles plus tard : la date et le lieu de la récolte, si possible le nom de la fleur (ou à défaut, une description détaillée, et si possible en prendre une photo) ainsi que certaines indications pour sa future culture (lieux très humides, très secs, etc.) Un paquet de graines sans indications ne sera jamais ressemé, inutile de récolter dans ces conditions…

Les plantes potagères

Avant toute chose, pour récolter des semences potagères, il faut cultiver des variétés non-hybrides. Les semences des hybrides F1 sont désespérantes .

Ensuite, il faut distinguer les annuelles des bisanuelles. Beaucoup de légumes sont récoltés dans leur première année et ne fleuriront que la deuxième année. Cela implique d’isoler dans un coin de potager les « porteurs de semence ».

a. légumes à floraison dans l’année

Toutes les salades, les chou-fleurs et brocolis, la claytone de Cuba, le pourpier, la ficoïde, l’arroche, l’épinard, le tétragone, etc., « montent en graines » pour peu qu’on les laisse faire… Tous les légumes-fruits donnent également une semence dans l’année : tomates, potirons, piments, aubergines, poivrons, pois, haricots, fèves, cornichons, concombres, courgettes, potirons,…

Pour les premiers, soyez vigilants car si vous laissez passer la récolte, les semis spontanés envahiront les planches et les alentours (l’arroche est une grande spécialiste de la colonisation). Pour les seconds, prenons d’abord les fruits qu’on consomment mûrs : tomates, poivrons, potirons… Pour ceux-là, il suffit de récolter les graines à l’épluchage. Un petit truc pour la tomate (valable aussi pour les poivrons et piments) : rincer les graines dans une passoire puis les étaler sur un papier essuie-tout en les espaçant bien. Laisser sécher à l’air libre, puis détacher le premier feuillet, le plier et le ranger soigneusement pour les semis de printemps. Vous venez de fabriquer un tapis de graines ;) Une autre technique consiste à enterrer une tomate mûre dans un pot de terreau bien sec, de stocker le tout à la cave et de le ressortir au printemps pour commencer à l’arroser. Le taux de germination est excellent mais il faut s’attendre à devoir énormément éclaircir (une tomate produit énormément de graines!)

Les tomates s’hybrident rarement naturellement. Le fait de récolter ses propres graines permet de sélectionner des plantes bien adaptées au terrain et au climat. La résistance des plants est déjà bien améliorée après 3 ans de culture.

Pour les fruits récoltés avant maturité, il faut sélectionner les porte-semences et les laisser mûrir. Concombres, cornichons et courgettes deviennent énormes, jaunes avec une peau coriace (et l’automne est largement arrivé). Si les premiers gels menacent, les fruits seront rentrés à l’abri et achèveront de mûrir sur l’appui de fenêtre.

Ces plantes ont en plus la désagréable habitude de s’hybrider entre elles (ainsi que les potirons, potimarrons, citrouilles, pâtissons, coloquintes). Pour pouvoir récolter des graines non-hybridées, cela demande un peu de soin et de technique. Tout d’abord, repérer une fleur femelle prête à s’ouvrir (au petit matin, c’est un sport pour lève-tôt). Les fleurs femelles ont un renflement sphérique sous la corolle, contrairement aux fleurs mâles. Dès qu’elle commence à s’entrouvrir, se munir d’un pinceau, prendre le pollen d’une fleur mâle voisine et venir en badigeonner le pistil. Ligaturer immédiatement la fleur avec un élastique. Pour plus de sûreté, on peut ajouter un cornet de papier soigneusement lié à la base de la fleur. Le but est d’éviter au moindre butineur de s’égarer par là… Marquer de manière durable la fleur car la récolte n’aura lieu qu’en automne!

Viennent enfin les légumineuses, pois, fèves et haricots. Ceux-ci sont souvent récoltés en vert, c’est-à-dire avant la maturité des graines. Pour avoir de bonnes semences, attendre que les cosses soient devenues parcheminées. L’été touchera alors à sa fin…

b. légumes à floraison bisannuelle

Radis, navets, choux, oignons, ails, poireaux, scorsonères, carottes, panais… Pour ceux-là, il sera nécessaire de leur trouver un coin de planche où ils pourront produire tranquillement leurs graines.

Les fruitiers

Peu de fruitiers peuvent se reproduire par semis. D’abord parce que la plupart sont des hybrides et ne donnent pas de rejetons fidèles mais en plus, ils sont aussi généralement greffés. Et souvent, c’est le porte-greffe qui apporte la vigueur, la résistance aux maladies, l’adaptation au climat ou au terrain…

Il y a heureusement quelques exceptions à cette limitation frustrante. Parmi les fruits à noyaux, les mirabelles et certaines prunes, les pêches et les brugnons donnent souvent des arbres fruitiers corrects. Plus la variété est de type sauvage ou ancienne, plus les chances de succès augmentent. Essayez donc la mirabelle de Nancy, la reine-claude crottée, le myrobolan… Pour les pêches, brugnons et même abricots, le mieux est de planter plusieurs noyaux et de ne conserver que les sujets qui fructifient bien. Et si vous ne savez que faire des « mauvais » sujets, pourquoi ne pas les utiliser comme porte-greffe? C’est ainsi que faisait les anciens jardiniers…

Les fruits à pépins ne donnent généralement pas de bons résultats, à l’exception du néflier (arbre proche du type sauvage), du cognassier et de la mandarine chinoise ou japonaise (de toutes petites mandarines à saveur douce).

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les petits fruitiers tels que groseilles, cassis, myrtilles, framboises ou fraises ne donnent que très rarement un bon résultat. En réalité, ils sont issus d’une très longue sélection et le type sauvage (celui qui risque de ressortir) portent des fruits plus petits, moins juteux, moins goûteux… Quand aux fraises, elles sont par essence des hybrides.

—————————————————————————————————————————————

source: wikibooks.org/wiki/Jardinage/Produire_ses_semences

Voir également:

Le Manuel des jardiniers sans moyens

Semeur (wiki) pour échanger ses graines et une jeune pousse : grainesdetroc  

26 juillet 2012 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, DECROISSANCE | , , , , , | 10 commentaires

Conférence à Bordeaux de Yves Bonnardel sur la question animale


Lundi 4 Juin, Yves Bonnardel sera présent sur Bordeaux et tiendra une conférence à cette occasion sur la question animale.

La conférence aura lieu au Samovar, 18 rue Camille Sauvageau, à 18h30. Possibilité de se restaurer, assiettes de tapas végétale.

La question animale, une question politique cruciale : Les êtres sensibles non humains sont de loin les premières victimes de notre société, de par leur nombre et l’intensité de l’exploitation qu’ils subissent. Nous sommes peu solidaires à leur égard, nous les dominons et considérons que leur exploitation n’est pas un problème social, ni un problème éthique, ni un problème politique. C’est une vision du monde, une idéologie, qui nous permet de mettre la « question animale » de côté : les animaux ne sont pas « comme nous » ; ce sont des êtres de « nature », d’instinct, etc. Cette idéologie, depuis qu’elle a commencé à être dénoncée, a reçu un nom : spécisme. Quelles perspectives ouvre la critique du spécisme ? Quels basculements de notre vision du monde, quelle révolution des rapports sociaux, du rapport aux identités, et finalement de la politique ?

Voir le ste d’Acta -Gironde

31 mai 2012 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME, DECROISSANCE | , , , , , | Laisser un commentaire

 » La démocratie de la terre  » Vandana Shiva


« Aujourd’hui, la démocratie est moribonde »

Vandana Shiva est docteur en philosophie de l’Université de Western Ontario en 1978. Elle est l’une des chefs de file des écologistes de terrain et des altermondialistes au niveau mondial, notamment pour la défense de l’agriculture paysanne et biologique face à la politique d’expansion des multinationales agro-alimentaires et aux effets pervers du génie génétique. Elle lutte contre le brevetage du vivant et la biopiraterie, c’est-à-dire l’appropriation par les firmes agro-chimiques transnationales des ressources universelles, notamment les semences.

Vandana Shiva est à l’origine de la démocratie de la terre. Elle dirige la Fondation de recherches pour les sciences, la technologie et l’écologie. Parmi ses nombreux livres, mentionnons, traduits en français, La guerre de l’eau (Parangon), Le terrorisme alimentaire (Fayard) et La biopiraterie ou le pillage de la nature et de la connaissance (Alias etc.). Elle est également rédactrice en chef adjointe de la revue The Ecologist. Vandana Shiva a dit lors d’un interview :

« Aujourd’hui, la démocratie est moribonde. La démocratie est censée être le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. Pourtant, des millions de gens ont beau manifester contre la guerre, tous les gouvernements des pays riches envoient des troupes en Irak et en Afghanistan. À travers le monde, les gens disent : « Empêchez les grandes banques de continuer à voler notre argent », mais les gouvernements se bornent à renflouer les banques, et les gens se retrouvent plus vulnérables encore. Quand des entreprises influencent chaque décision gouvernementale, quand des lobbyistes se substituent au peuple, on obtient un gouvernement des entreprises par les entreprises et pour les entreprises, et le peuple est réduit au rang de quantité négligeable. C’est cette menace qui pèse sur la démocratie. Voilà pourquoi nous devons réinventer la démocratie, et promouvoir ce que j’ai appelé la « démocratie de la Terre ».

La globalisation a changé la donne. L’agriculture s’est retrouvée exposée à l’avidité mondiale, à l’avidité de l’industrie agroalimentaire mondiale. Des multinationales comme Monsanto ont eu toute liberté de vendre des semences OGM brevetées aux agriculteurs indiens, et parallèlement des multinationales comme Cargill ont pu faire du dumping sur le marché indien, et réduire le prix du pétrole, du coton, entre autres.

La main mise de Monsanto sur les semences a de nombreuses conséquences. Les semences, qui étaient autrefois gratuites, ou que les fermiers payaient 5 ou 6 roupies le kilo (env. 0,12 €), leur coûtent maintenant 1 800 roupies les 450 grammes, ce qui revient à environ 3 600 roupies le kilo (env. 58€). Sur ces 1 800 roupies, Monsanto récupère 1 200 roupies de royalties (1). Le coton transgénique, appelé « coton BT », est censé résister aux parasites, mais comme cette technologie est violente et peu fiable, elle perturbe les mécanismes de défense propres à la plante, qui se retrouve menacée par d’autres parasites. Quant au parasite ciblé, le ver de la capsule, il a maintenant développé une résistance. En fait, les attaques parasitaires augmentent. D’après notre étude, on utilise 13 fois plus de pesticides dans les plantations de coton OGM. Le coût élevé des semences et l’emploi accru de pesticides ont provoqué l’endettement des fermiers. Ils ne se sont pas endettés auprès du gouvernement ou des banques, mais auprès des agents des multinationales. Quand ces agents viennent prendre procession de leurs terres, les fermiers boivent du pesticide pour mettre fin à leurs jours, parce que pour eux, la terre est une mère. Aucun fermier ne peut imaginer vivre sans la terre. Le jour où on vient leur confisquer leur terre à cause des dettes qu’ils sont incapables de payer, les fermiers se suppriment. Voilà l’histoire du suicide des fermiers indiens. 200 000 fermiers indiens se sont suicidés. Si l’on établit la carte des États et régions où se produisent les suicides, et la carte des régions où Monsanto vend son coton BT, on obtient la même carte. Même si Monsanto refuse d’admettre ce lien, les faits sont là, sur le terrain.

En 1984, les événements m’ont poussée à m’intéresser à l’agriculture. Dans l’État du Punjab, la Révolution verte était censée avoir été vecteur de prospérité et de paix. C’est sur ces valeurs que Norman Borlaug, son investigateur, avait reçu le prix Nobel de la paix [en 1970]. Au lieu de ça, le Punjab était déchiré par la violence. En 1984, il y a eu 30 000 morts et notre Premier ministre, Indira Gandhi, a été assassinée. Je me suis donc demandé pourquoi ce déchaînement de violence avait remplacé la paix attendue. Cette année-là, au mois de décembre, 3 000 innocents qui dormaient dans les bidonvilles de Bhopal, ont été tué par une fuite de gaz dans une usine de pesticides, propriété de Union Carbide, et maintenant de Dow Chemical. Il y a eu des milliers d’estropiés et des enfants sont nés infirmes. Je me suis alors interrogée sur l’agriculture : pourquoi ressemblait-elle à une guerre ? J’ai écrit mon livre La violence de la Révolution verte après une étude complète sur le sujet, ce qui m’a valu d’être invitée à des conférences bien que n’étant pas agronome.

En 1987, une conférence a réuni les grands noms de l’industrie : BASF, Bayer, Ciba et Sandoz [en 1996, la société Sandoz a fusionné avec Ciba-Geigy pour former Novartis]. Ils ont exposé leurs projets d’avenir : cinq multinationales contrôleraient l’alimentation et la santé, la moindre semence serait brevetée et génétiquement modifiée. Je me suis dit : « Ce contrôle de la vie sur Terre est une dictature. Que puis-je faire ? »

Navdanya est un mouvement que j’ai initié en 1987. Ça veut dire « 9 semences », c’est symbole de diversité, mais ça signifie aussi « le nouveau don ». Les semences sont au cœur même du travail de Navdanya, parce que c’est ce qui manquait aux fermiers. S’ils ont leurs propres semences, les fermiers ne s’endettent pas, parce qu’ils n’ont ni semences, ni pesticides à acheter. Nous avons donc créé des banques de semences, et nous avons aidé les fermiers à renouer avec l’agriculture biologique, et à trouver des débouchés équitables pour leur coton. La combinaison de ces trois éléments : les semences, l’agriculture biologique et le commerce équitable, permettent aux fermiers de gagner dix fois plus que ceux qui cultivent du coton BT. Notre action a porté ses fruits.
Les grandes fermes à soja et à maïs des États-Unis passent pour les formes d’agriculture les plus productives que l’humanité ait jamais inventées. Mais il n’est pas très intelligent d’insuffler dix unités d’énergie dans un système pour produire une seule unité de nourriture, ce n’est pas viable. En revanche, si on mise sur la biodiversité et ses effets induits, on peut produire quatre à dix fois plus que ces exploitations industrielles américaines qui sont exportées à travers le monde comme un modèle d’agriculture de pointe. On ne peut pas raisonner en terme de rendements. Bien sûr la monoculture qui se concentre sur une seule donnée aura une production supérieure, et la biodiversité produira moins de cette denrée donnée. Mais la biodiversité produit plus de nourriture à l’hectare que la monoculture. Nous avons des centaines de données chiffrées qui prouvent que les polycultures biologiques ont une productivité beaucoup plus élevée en terme de production de nourriture par hectare.

La société actuelle a été construite sur l’idée que la nature est morte (sans vie, inerte), d’où cette profonde crise de survie. Mais la nature n’est pas morte, elle est bien vivante dans toute sa diversité. Prenez une poignée de terre : elle contient des millions et des milliards d’organismes qui travaillent à rendre le sol fertile. Un sol vivant, voilà ce qui nous donne de la nourriture, et non pas les toxiques produits par des usines explosives [en France, l’usine chimique de fertilisants AZF a explosé à Toulouse le 21 septembre 2011, tuant 30 personnes] , pas le phosphate dont nos réserves ne sauraient excéder vingt ans, pas les combustibles fossiles déjà utilisés en quantité excessive ! Les turricules (ou excréments) de vers de terre apportent sept fois plus d’azote que les sols classiques, onze fois plus de potassium, cinq fois plus de phosphate. Un ver de terre qui, selon Darwin, est l’espèce la plus miraculeuse dont l’humanité ait jamais dépendu, est plus efficace que toutes les usines d’engrais du monde. Tâchons d’en prendre conscience. C’est formidable. Les pollinisateurs reviennent, les oiseaux aussi. Nous produisons davantage de nourriture sans utiliser de pesticides, et nous utilisons 70% moins d’eau qu’à nos débuts, parce que le sol fertilisé par les vers de terre agit comme un réservoir dans lequel l’eau est retenue.

Les réserves de semences peuvent être réduites à néant en une seule saison. Dans les régions où les fermiers se suicident, il ne reste plus de semence, ni de semence de coton, ni d’aucune culture vivrière, parce que Monsanto a lancé un programme de remplacement : on encourage les fermiers à livrer leurs stocks, Monsanto leur distribue même de l’argent contre leurs semences. Alors, les fermiers se disent : « Je leur vends les miennes, et je récupère les leurs. » Tous les fermiers, les uns après les autres, et au bout du compte, plus personne n’en a. En une saison, il y a pénurie de semences. En vingt ans, les réserves mondiales seront réduites à néant. Chacun aura beau être libre de faire ce qu’il veut, il n’y aura plus de semences. C’est pour ça qu’il faut interdire le brevetage des semences. L’humanité, dans sa grande majorité, n’a aucune envie de poursuivre sur cette voie de destruction de notre avenir. On force les gens à s’engager dans ce projet d’anéantissement pour servir la cupidité à court terme d’une toute petite minorité.

En premier lieu, l’humanité doit reconquérir sa capacité à concevoir la liberté, sa capacité à exercer une démocratie véritable et profonde. Ensuite, l’humanité doit aussi prendre conscience que l’être humain ne peut sûrement pas être sur Terre pour s’enrichir et faire des profits. Préserver la vie, la vie de notre espèce, la vie de la planète, l’écosystème qui permet toute vie sur Terre, voilà l’objectif suprême qui doit guider notre action. »

Vandana Shiva

1) Le salaire minimum indien est de 2€/jour, mais les agriculteurs gagnent moins.

Source :
http://www.maicha.free.fr/wordpress/?p=138

21 mai 2012 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE, Notre démocratie | , , , , , , , , , | Un commentaire

Déclaration des organisations africaines présentes au forum alternatif mondial de l’eau


Nous, organisations africaines ayant participé au Forum Alternatif Mondial de l’Eau à Marseille du 14 au 17 mars 2012,

  • Considérant les pressions toujours accrues des multinationales sur les ressources en eau en Afrique,
  • Considérant la privatisation des régies publiques et des sociétés de distribution d’eau en Afrique,
  • Considérant les multiples atteintes aux droits des peuples africains à l’accès à l’eau potable,
  • Considérant les luttes menées notamment au Maroc, au Ghana, au Kenya pour la défense du droit d’accès à l’eau et à l’assainissement par les mouvements sociaux et les syndicats,
  • Considérant les conséquences des diverses pollutions des ressources en eau en Afrique après un siècle d’extractivisme et d’exploitation minière anarchique sur le continent,
  • Considérant la virulente attaque du capitalisme mondialisé contre les terres et les ressources en eau partout en Afrique qui constitue une véritable recolonisation du continent,
  • Considérant les luttes des paysans africains contre l’accaparement des terres, des forêts, et des ressources en eau (cas symbolique de Ben S’mim au Maroc),
  • Considérant les souffrances des femmes et des jeunes filles africaines pour assurer à leurs familles l’accès à une eau saine,
  • Considérant les dommages causés par les barrages existant sur les fleuves Nil, Congo et autres fleuves africains,
  • Vues les victoires éclatantes des mobilisations populaires des peuples au Maghreb pour la démocratie et l’accès à l’eau pour tous,
  • Nous saluons la reconnaissance par les Nations Unies du droit à l’eau comme un droit universel.

Nous appelons à ce que :

  • Le droit à l’eau soit reconnu dans la charte africaine des droits humains
  • Des politiques publiques soient développées pour éviter que les têtes des femmes et des enfants ne servent de tuyaux d’adduction d’eau
    Nous exigeons :
  • La fin des privatisations des régies publiques et des sociétés de distribution d’eau en Afrique
  • La reconnaissance de la dette écologique due par les multinationales après des siècles d’exploitation des ressources minières en Afrique
  • La participation des usagers, de la société civile et particulièrement des femmes dans la gestion des ressources en eau en Afrique
  • La fin des prêts de la Banque mondiale et des banques de développement pour les projets d’adduction d’eau en Afrique et l’augmentation des aides publiques sans conditionnalités pour la mise en œuvre de ces projets,
  • La fin de la construction des barrages sur les fleuves d’Afrique et le dédommagement de toutes les populations africaines ayant souffert des projets de barrages,
  • Davantage de financement pour le développement des toilettes sèches et des structures d’assainissement en Afrique
  • Nous appelons les organisations et réseaux de la société civile en Afrique à s’unir pour que l’eau soit à jamais mise hors des marchés financiers et qu’elle ne soit plus source de profit.

EAU SOURCE DE VIE PAS DE PROFIT

Fait à Marseille le 17 mars 2012

Organisations signataires
1- ATTAC/CADTM – TOGO
2- ACME MAROC
3- COMITE MALIEN POUR LA DEFENSE DE L’EAU
4- LAAWOL DIAM LA VOIE DE LA PAIX – SENEGAL
5- ENDA RUP – SENEGAL
6- VISIONS SOLIDAIRES – TOGO
7- ONG EL WAFA – MAURITANIE
8- SYNDICAT AUTONOME DES TRAVAILLEURS DE LA SENEGALAISE DES EAUX
9- PUBLIC SERVICE INTERNATIONAL – AFRIQUE
10- ONG MARS -TOGO
11- ASSOCIATION SONG-TAABA (ASFUD) – BURKINA FASO
12- AGDF – MALI
13- DSF FEGUI – MALI
14- MIKA KAYES – MALI
15- ASSOCIATION POUR LA DEFENSE DES DROITS DE L’EAU ET DE L’ASSAINISSEMENT – SENEGAL
16- CONGO ACTION – RD CONGO
17- ONG RAYOUWAN – MATA – NIGER
18- ASSOCIATION PANAFRICANISTE DES DROITS CIVIQUES DES FEMMES
19- TUICO- SYNDICAT DES TRAVAILLEURS – TANZANIE
20- WETUM – SYNDICAT DES TRAVAILLEURS – MALAWI
21- VILLAGES DURABLES – RD CONGO
22- RESEAU EAU HYGIENE ET ASSAINISSEMENT (REHA)- RD CONGO
23- HESHIMA
24- PLANETE AFRIQUE – GABON / REPUBLIQUE CENTRALE AFRICAINE.
25- ZANZIBAR WATER AUTHORITY – TANZANIE
26- ASSOCIATION METOKA – BENIN

23 mars 2012 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, ECONOMIE LOCALE | | Laisser un commentaire

Introduction à la permaculture pour les agriculteurs


par Dominique Kuster /imago.hautetfort

25 février 2012 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation | , , | 2 commentaires

La fermeture de la centrale du Blayais: catastrophe ou nécessité économique pour l’Aquitaine?


les vignes du futur?

Alors que le vin de Bordeaux fait sa réputation dans le monde, la centrale nucléaire de Blaye continue à être une centrale à haut risque (-zone inondable , voir l’accident de 1999) qui (comme toutes les centrales nucléaires) rejette de fortes doses de radioactivité dans son environnement et dans la Garonne. Par ailleurs, il est scandaleux que la région soit parmi les seules à ne pas être impliquée dans le développement des énergies renouvelable avec… zéro éolien!!

Les rejets radioactifs et chimiques de la centrale nucléaire du Blayais

Rejets radioactifs :  voir étude Criirad  ICI

Rejets chimiques : voir tableau ci-dessous

Attention :

Ne pas se laisser tromper par les quantités annuelles autorisées (qui sont gigantesques) :
l’information à retenir est qu’une centrale nucléaire rejette continuellement dans son
environnement d’immenses quantités de produits chimiques (en plus des produits radiocatifs)

…………………………………

Articles liés:

2 janvier 2012 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, ENERGIE | , , , , , | 3 commentaires

Victimes des pesticides et reconnaissance de la maladie professionnelle


Le 15 janvier 2011 Monsieur Yannick Chénet, 43 ans, viticulteur en Charente-Maritime est décédé des suites d’une leucémie, qui avait été reconnue comme une maladie professionnelle par la mutualité sociale agricole.*

Comme lui, beaucoup d’agriculteurs et de professionnels manipulant des produits phytosanitaires, ayant développé diverses maladies (troubles digestifs, respiratoires, nerveux, vasculaires..) ont tenté avec plus ou moins de succès d’obtenir la reconnaissance de leur maladie professionnelle.

Très souvent cependant les professionnels se heurtent au fait que peu de maladies en relation avec les pesticides sont inscrites dans le tableau de reconnaissance des maladies professionnelles.

En effet, pour qu’une maladie puisse être reconnue comme étant professionnelle, il faut en principe qu’elle soit inscrite sur la liste des maladies professionnelles.

Cependant, le législateur est venu assouplir cette situation, particulièrement défavorable aux victimes, en modifiant l’article L 461-1 du code de la sécurité sociale, ce qui permet désormais aux victimes de pouvoir néanmoins obtenir la reconnaissance de leur maladie professionnelle, dès lors qu’elles parviennent à démontrer que la maladie qu’ils ont développée est en lien direct avec la manipulation de certaines substances dans le cadre de leur travail.

Pour pouvoir parvenir à cette démonstration il est indispensable de pouvoir rapporter la preuve de l’utilisation des pesticides incriminés, et de rapporter la preuve de l’existence d’un lien de causalité, entre l’utilisation de ces produits et les pathologies développées.

Dans tous les cas, la procédure de reconnaissance débute par l’établissement d’un certificat de travail constatant la maladie professionnelle par un médecin du travail. La victime dispose alors, à compter de la date d’établissement de ce certificat, d’un délai de deux ans pour faire reconnaitre par la CPAM sa maladie professionnelle.

La victime adresse ensuite une copie de ce certificat à la CPAM dont il dépend déclarant sa maladie professionnelle, qui dispose alors d’un délai de 3 mois pour répondre. Passé ce délai, et sans réponse de la part de la CPAM, la maladie professionnelle est considérée comme étant reconnue.

La CPAM a également possibilité de notifier à la victime un rejet de sa demande, et dans ce cas la victime dispose d’un délai de deux mois pour former une contestation devant la commission de recours amiable.

Dans l’hypothèse d’un rejet, un recours est possible dans le délai d’un mois à compter de la notification du rejet, devant le tribunal des affaires de sécurité sociale. La décision qui sera rendue par cette juridiction est elle-même susceptible d’appel.

L’ensemble de ces procédures peut être menée par les victimes seules, puisque l’assistance d’un avocat n’est pas nécessaire. Toutefois, et compte tenu des aspects juridiques et médicaux des demandes à formuler et des argumentaires à développer, il semble préférable que les victimes puissent se faire assister dans le cadre de leurs démarches à la fois par un médecin expert et par un avocat.

Ces procédures sont souvent longues et ardues, et les victimes se trouvent souvent démunies face aux questions qui leur sont posées et aux difficultés rencontrées pour faire reconnaitre leur maladie professionnelle.

A cet égard, leur situation ressemble beaucoup à celle des personnes victimes de l’amiante : même parcours du combattant pour faire reconnaitre aux victimes leur qualité et obtenir leur indemnisation.

Cette situation apparait en l’espèce d’autant plus anormale que de leur côté, les firmes qui commercialisent ces produits, continuent quant à elle de s’enrichir.

Martine LAUTREDOU
source: www.avocat-lautredou.com
…………………………………………………………………………………………………

Article lié:

2 janvier 2012 Posted by | Alimentation, SANTE | , , , | 2 commentaires

Mobilisation pour la liberté de refuser la viande !


Appel à mobilisation

Luttons pour la liberté de refuser la viande!

Un décret vient d’être publié ce mois, qui rend obligatoire la consommation des produits issus de l’exploitation animale dans la restauration collective.
Il était déjà très difficile d’obtenir des repas végétariens, voire impossible de demander des repas végétaliens.
Aujourd’hui c’est illégal.
Illustration Insolente Veggie
Si nous ne faisons rien, nous laissons se refermer la porte sur l’éthique végétarienne, végétalienne ou végane en France.
Passons en mode action !

Qu’est-ce que ce délire ?

La loi n°2010-874 du 27 juillet 2010 dite « loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche » contraint les services de restauration à respecter des « règles nutritionnelles » édictées par décret.
Le décret et l’arrêté publiés le 2 octobre 2011 réglementent la restauration scolaire.

Des décrets et arrêtés analogues sont en préparation pour la quasi-totalité de la restauration collective en France, depuis la maternelle jusqu’aux établissements pour personnes âgées, en passant par les restaurants universitaires, les hôpitaux et les prisons.

Une intox nutritionnelle

Alors que la presse reprend ingénument le communiqué du gouvernement et se réjouit de voir moins de frites à la cantine dans les assiettes des enfants, il apparaît très clairement que cet arrêté est une intox ! Il laisse entendre que le calcium, le fer, les oligoéléments tout comme les protéines se trouvent exclusivement dans les produits animaux. En omettant toute alternative végétale cet arrêté impose des produits animaux et des sous produits animaux à tous les repas et dans la quasi totalité des plats (entrée, plat principal, dessert).

En édictant de telles règles alimentaires comme seul modèle alimentaire possible, le gouvernement confirme les préjugés bien français selon lesquels les alimentations sans produits animaux sont « restrictives », compliquées et dangereuses, préjugés que le corps médical, les professionnels de la restauration, de l’éducation, de l’information, les assistantes sociales, les juges, etc. relayeront.

Alors que des millions de personnes sont végétariennes de par le monde, on continue de nier notre existence !

L’influence de l’agro-business

Les lobbies de l’élevage et de l’agro-business (Centre d’Information des viandes, Syndicat des industries de la viande, Nestlé, etc.) font partie du GEMRCN [1], à l’origine des recommandations en matière de restauration collective.
Dès janvier 2010 le Ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire avait annoncé la mise en place d’un programme national pour l’alimentation avec pour objectif prioritaire de défendre le secteur de l’élevage [2], précisant : « Ces batailles contre la viande ne sont pas acceptables. [3] »
Les Français consomment de moins en moins de viande pour des raisons éthiques, ou tout simplement pour leur santé : l’industrie agro-alimentaire réagit avec force et prend des mesures dictatoriales.
Nous devons désormais consommer « aux ordres » !
Toute alternative est désormais illégale

Les enfants végétariens sont désormais contraints de consommer des animaux et des sous produits animaux ou bien réduits à manger des repas carencés, voire du pain et de l’eau selon les repas. C’est intolérable ! Leurs parents n’ont pas tous les moyens de les faire manger avec eux ou de payer une nounou. Nous devons nous battre pour que ces enfants aient le droit de manger dans les établissements scolaires et pour qu’ils puissent, eux aussi, se sentir en cohérence avec leurs idées – pour qu’eux aussi puissent refuser de participer à l’exploitation animale.

Après les enfants, ce seront d’autres publics captifs, comme les personnes âgées en maisons de retraite, les détenus en prison, etc. qui seront forcés de manger des produits animaux. C’est tout aussi inacceptable !

Une atteinte aux libertés de conviction

Nous sommes rarement végétar-liens pour rien, nous avons au contraire tous des raisons altruistes de l’être et il est illégitime de nous interdire de mettre en pratique notre éthique !
Ce décret porte atteinte aux libertés individuelles fondamentales en restreignant le libre exercice des convictions personnelles.
Cela nous concerne tous, non seulement les végétariens, mais au final tout le monde.
Défendons nos droits fondamentaux !
Opposons-nous à ce coup de force !

Refusons toute réglementation de la restauration collective imposant des normes de consommation de produits d’origine animale. Les considérations éthiques, mais aussi environnementales ou de santé publique, devraient plutôt généraliser la mise a disposition de menus végétaliens dans la restauration collective.

Le collectif  «Liberté de refuser l’exploitation animale !» regroupant actuellement plus de 30 organisations, travaille à alerter l’opinion publique et plusieurs associations (L214, l’Association Végétarienne de France, L’Initiative citoyenne pour les droits des végétariens, Aquitaine décroissance, etc.) étudient les voies de recours contre cet arrêté et ce décret. Une mobilisation internationale s’organise également.
Rejoignez-nous !
Utilisez vos contacts et vos réseaux sociaux pour faire passer l’info et organiser des actions de protestation ! Si on laisse passer un tel décret, on laissera toujours tout passer !

Des pages facebook en français et en anglais ont été créées pour aider à la diffusion de l’information :
http://tinyurl.com/facebook-decret-fr (en français)

et http://tinyurl.com/facebook-decret-en (en anglais)

Une pétition contre ces textes législatifs peut être signée ici :

http://petition.icdv.info/ (en français)
http://petition.icdv.info/en (en anglais)

Des tracts, des communiqués de presse sont disponibles ci-dessous :
http://www.icdv.info/
http://www.vegetarisme.fr/_pdfs/cp/CP%20loi%20collectivits%20.pdf
http://www.vegetarisme.fr/_pdfs/cp/CP_cantines.pdf
http://www.l214.com/communications/20110902-restauration-collective-GEMRCN-produits-animaux
http://www.l214.com/restauration-collective-scolaire
http://www.l214.com/manifestation-restauration-scolaire

Il faut absolument nous rendre visible sur la place publique. Contactez-nous pour nous faire part de vos idées d’action et/ou de votre mobilisation !

Une première vague d’actions est prévue à partir du 26 octobre : à Paris, Marseille, Lyon… D’autres villes vont également participer. Lancez aussi la mobilisation par chez vous !
Ensemble, végétariens, végétaliennes, vegan, nous serons plus forts pour défendre nos droits et faire connaître le bien fondé de nos choix alimentaires !!!
Signé : Collectif  «Liberté de refuser l’exploitation animale !»
Contact :
Mail : contact@icdv.info
Site : http://www.icdv.info/
Pour infos sur les décrets et arrêtés : Brigitte 06 20 03 32 66
Pour organiser les actions : Charlotte 06 14 18 73 89
Si vous souhaitez organiser des actions, envoyez par texto la date de l’action, votre nom et un numéro de téléphone, afin que Charlotte puisse les communiquer aux personnes susceptibles de se joindre à vous.
notes :
[1] Groupement d’étude des marchés, restauration collective et nutrition, qui dépend du ministère… des finances !
[2] Dépêche AFP du 21/01/2010.
[3] Cf. G. Launay, « La filière viande sur le grill », Libération du 6 mars 2010.

23 octobre 2011 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME, DECROISSANCE | , , , , , | Laisser un commentaire

Contre le décret rendant obligatoires les protéines d’origine animale à la cantine.


 -2

– Cet article est une mise à jour de celui paru en 2011 au moment du vote du décret. Il est plus que jamais d’actualité malheureusement.

Les végétariens défendent leur liberté de conviction

Contre le décret rendant obligatoires les protéines d’origine animale.

Ces règles de composition des repas concernent l’ensemble de la restauration scolaire publique comme privée.

Elles imposent à six millions d’enfants en âge scolaire la consommation de la viande, du poisson, des produits laitiers et des œufs.

Des décrets analogues sont en préparation pour la quasi-totalité de la restauration collective en France, depuis la maternelle jusqu’aux établissements pour personnes âgées, en passant par les restaurants universitaires, les hôpitaux et les prisons.

C’est ainsi que la loi française, sous couvert d’une mesure de santé publique, interdit l’expression concrète d’une conviction.

Les citoyens végétariens se mobilisent pour défendre leur droit au choix alimentaire.

Un décret excluant

-5

Un décret et un arrêté publiés au Journal officiel du 2 octobre dernier 2011 [1] imposent aux cantines scolaires le respect d’un ensemble de normes censées garantir l’équilibre nutritionnel des repas. Chaque repas doit obligatoirement comporter un «plat protidique» dont les protéines sont exclusivement d’origine animale (viande, poisson, œufs ou fromage), en ignorance de l’existence de sources abondantes de protéines végétales, et un produit laitier supposé représenter le seul moyen de couvrir les besoins en calcium, en ignorance de l’existence d’alternatives végétales et minérales. Une fréquence minimum obligatoire de viande et de poisson est spécifiée.

Il sera donc désormais impossible pour les usagers réguliers des cantines d’être végétariens, c’est-à-dire de l’être tous les jours. Quant à être végétalien, ce ne sera pas possible ne serait-ce que le temps d’un seul repas.

L’enfant végétarien qui parviendrait malgré tout à laisser la viande sur le bord de l’assiette serait contraint de consommer des repas carencés, aucune alternative équilibrée n’étant proposée.

Une attaque contre la liberté de conviction

-4

De nombreuses personnes dans le monde ont la conviction profonde que la consommation des animaux et des produits de leur exploitation n’est pas légitime. Le végétarisme et le végétalisme sont l’expression concrète incontournable de cette conviction.

Le décret gouvernemental porte atteinte aux libertés individuelles fondamentales en restreignant le libre exercice des convictions personnelles tel qu’il est proclamé par les Nations Unies:

Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Ce droit implique la liberté d’avoir une religion ou n’importe quelle conviction de son choix, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, individuellement ou en commun, tant en public qu’en privé, par le culte et l’accomplissement des rites, les pratiques et l’enseignement [2].

Le traitement des animaux fait l’objet d’un débat d’opinion croissant en France même, comme en témoigne la parution de plusieurs ouvrages récents mettant en cause, ou au contraire défendant, la légitimité de la consommation de la viande [3].

La volonté du gouvernement d’imposer dans ce contexte ses propres choix idéologiques et économiques est ouvertement admise:

Le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, a annoncé la mise en place d’un programme national pour l’alimentation [qui] vise aussi à freiner l’impact de certains discours, comme celui de l’ex-Beatle Paul McCartney qui a appelé en décembre, en marge du sommet de Copenhague, à une journée hebdomadaire sans viande pour lutter contre le réchauffement climatique. Cet appel avait suscité une levée de boucliers chez les éleveurs […] [4].

La poursuite d’un mensonge nutritionnel institutionnel

Depuis plusieurs années, à travers notamment des éditions successives du Plan National Nutrition Santé (PNNS) et son visage public mangerbouger.fr, les pouvoirs publics diffament le végétarisme et le végétalisme.

Il est au contraire reconnu par de nombreuses autorités médicales et sanitaires dans le monde que l’on peut vivre, et bien, sans consommer la viande et les produits animaux. Par exemple:

La position de l’Association Américaine de Diététique est que les alimentations végétariennes (y compris végétaliennes) bien conçues sont bonnes pour la santé, adéquates sur le plan nutritionnel et peuvent être bénéfiques pour la prévention et le traitement de certaines maladies. Les alimentations végétariennes bien conçues sont appropriées à tous les âges de la vie, y compris pendant la grossesse, l’allaitement, la petite enfance, l’enfance et l’adolescence, ainsi que pour les sportifs [5].

Le débat sur la légitimité de l’exploitation des animaux est de nature philosophique, éthique et politique et doit pouvoir se poursuivre. Il n’est pas acceptable que l’État français, sous couvert d’une mesure de santé publique fondée sur des contre-vérités nutritionnelles, veuille interdire ce débat par la mise hors-la-loi de l’expression concrète d’une conviction.

Les végétariens se mobilisent

Des collectifs et associations végétariens s’organisent partout en France pour exprimer leur indignation face à ce décret, alerter l’opinion publique et contester les affirmations nutritionnelles diffusées par les pouvoirs publics. Des actions vont être organisées de manière imminente dans toutes les régions de France.

Ils appellent toutes les personnes et organisations soucieuses de défendre la liberté de conviction, quelles que soient leurs propres positions concernant l’exploitation animale, à joindre leur voix à ces protestations.

L’Initiative Citoyenne pour les Droits des Végétariens a déjà contacté les Nations Unies en mai dernier pour signaler des épisodes concrets de discrimination à l’encontre de personnes végétariennes en France[6]. Si le décret n’est pas retiré, l’ICDV annonce une nouvelle plainte contre la France pour violation de la liberté de conviction.

Signé par :

ACTA, ALARM, Animalsace, Animavie, Aquitaine décroissance, Association pour un homme plus humain, Avis, CABle, CLEDA, CLAM, Convention Vie et Nature, ICDV, One Voice, Nea, Revégez-vous, Veggie Pride, VegFest, VG56, Vivants, etc.

notes :

[1] Décret n° 2011-1227 du 30 septembre 2011 et arrêté du 30 septembre 2011. Ces textes font suite à la loi n°2010-874 du 27 juillet 2010 dite «loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche», qui dispose que : « Les gestionnaires, publics et privés, des services de restauration scolaire et universitaire ainsi que des services de restauration des établissements d’accueil des enfants de moins de six ans, des établissements de santé, des établissements sociaux et médico-sociaux et des établissements pénitentiaires sont tenus de respecter des règles, déterminées par décret, relatives à la qualité nutritionnelle des repas qu’ils proposent […]. »

[2] Déclaration sur l’élimination de toutes formes d’intolérance et de discrimination fondées sur la religion ou la conviction, proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 25 novembre 1981 (http://www2.ohchr.org/french/law/religion.htm), art. 1.1.

[3] En particulier Jonathan Safran Foer, Faut-il manger les animaux ? (Éd. de l’olivier, janvier 2011) ; Marcela Iacub, Confessions d’une mangeuse de viande – Pourquoi je ne suis plus carnivore (Fayard, mars 2011) ; Dominique Lestel, Apologie du carnivore (Fayard, avril 2011).

[4] Dépêche AFP du 21/01/2010.

[5] Position officielle de l’Association Américaine de Diététique.

[6] Voir sur le blog de l’ICDV, http://www.icdv.info/.

…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

Signez la pétition contre ce décret:
Pétition contre l’obligation de manger de la viande à l’école

> http://petition.icdv.info/

> http://petition.icdv.info/accueil

> et en anglais : http://petition.icdv.info/en

6 octobre 2011 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME, DECROISSANCE | , , , , | 4 commentaires

La suspension du maïs OGM MON 810:une mesure d’urgence


La Cour de justice européenne a demandé à la France de revoir sa copie sur la suspension de culture du maïs génétiquement modifié de Monsanto, estimant que cette décision remontant à 2008 n’avait pas été prise de façon satisfaisante sur le plan juridique.

La justice européenne note que Paris était en droit d’adopter « des mesures d’urgence » pour suspendre la mise en culture de cet OGM controversé mais souligne que cette procédure est soumise à des règles précises et contraignantes.

Le Conseil d’État français devra se prononcer sur la légalité ou non de la décision des autorités françaises de suspendre la mise en culture de l’OGM MON 810 à la lumière de l’arrêt de la Cour européenne de justice (CEJ).

La France a suspendu en février 2008 la mise en culture de l?OGM MON 810 sur le territoire national en recourant à une clause de sauvegarde prévue par la législation européenne et en invoquant des « risques sérieux pour l?environnement ».

Or, note la CEJ, « un État membre (de l’UE) ne peut recourir à la clause de sauvegarde pour adopter des mesures suspendant puis interdisant provisoirement l’utilisation ou la mise sur le marché d’un OGM tel que le maïs MON 810 ».

En revanche, ajoute l’arrêt, des « mesures d’urgence » peuvent être adoptées.

La France a donc été invitée par la Cour de justice européenne à revoir sa copie sur sa décision de 2008 concernant la suspension de culture du maïs génétiquement modifié MON 810 de Monsanto. Pour la Cour, les « mesures d’urgence » pour suspendre la mise en culture de cet OGM controversé n’ont pas totalement respecté les règles précises et contraignantes en vigueur.

Avec cet arrêt de la Cour européenne de justice (CEJ), le Conseil d’État français devra se prononcer sur la légalité ou non de la décision des autorités françaises de suspendre la mise en culture de l’OGM MON 810, car la CEJ répondait à une demande du Conseil d’État en France, saisi de plusieurs recours introduits par le géant américain Monsanto, l’Association générale des producteurs de maïs et par plusieurs producteurs de semences.

Pour cette suspension, la France avait eu recours à une clause de sauvegarde prévue par la législation européenne et avait invoqué des « risques sérieux pour l’environnement ». La CEJ indique dans son arrêt qu’un « Etat membre (de l’UE) ne peut recourir à la clause de sauvegarde pour adopter des mesures suspendant puis interdisant provisoirement l’utilisation ou la mise sur le marché d’un OGM tel que le maïs MON 810 », mais elle précise que des « mesures d’urgence » peuvent, elles, être adoptées.

Ces mesures d’urgence doivent faire l’objet par le pays qui les prend d’une information officielle de la Commission Européenne sur la nécessité de les prendre. Si la Commission ne prend pas de mesures, l’État doit alors l’informer « immédiatement » de la teneur des mesures conservatoires qu’il a adoptées. Cette information doit intervenir « au plus tard de manière concomitante à l’adoption des mesures d’urgence », précise la Cour. Outre l’urgence, les États sont dans l’obligation d’établir l’existence d’une situation susceptible de présenter un risque important « mettant en péril de façon manifeste la santé humaine, la santé animale ou l’environnement », souligne également la Cour. L’évaluation des risques doit être « aussi complète que possible », insiste le tribunal.

Rappelons que 6 autre pays (Allemagne, Hongrie, Grèce, Luxembourg, Autriche et Bulgarie) ont comme la France suspendu la culture du maïs de Monsanto sur leur territoire, et que le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a été désavoué de manière cinglante en fédérant contre lui 22 des 27 des États lorsqu’il a voulu contraindre en mars 2009 les pays à lever leur interdiction de culture. Aujourd’hui, 2 OGM sont cultivés dans l’UE : le maïs MON 810 en Espagne, au Portugal, en République tchèque et en Slovaquie, et la pomme de terre OGM Amflora développée par le groupe allemand BASF, en Allemagne et en Suède, mais 15 autres plantes OGM, pour la plupart des maïs génétiquement modifiés, ont demandé une autorisation de culture.

24 septembre 2011 Posted by | Alimentation, SANTE | , , , | Laisser un commentaire

Semaine Mondiale pour l’Abolition de la Viande (SMAV) : 23-30 septembre 2011


Semaine Mondiale pour l’Abolition de la Viande (SMAV) : 23-30 septembre 2011
Pour la troisième fois cette année est organisée une Semaine Mondiale d’actions pour l’Abolition de la Viande (SMAV), du 23 au 30 septembre 2011.
L’élevage, la pêche et la chasse occasionnent en permanence un préjudice immense à un nombre incalculable d’êtres sentients qui souffrent et sont tués pour fournir de la viande.
Plus de 60 milliards d’animaux terrestres sont tués chaque année dans le monde pour être mangés. Infiniment supérieur encore, le nombre de poissons pêchés ou élevés pour finir dans les assiettes.
Les personnes qui refusent de cautionner l’exploitation des animaux pour leur chair sont de plus en plus nombreuses de par le monde. Néanmoins, le nombre de victimes de l’exploitation croît de façon exponentielle : toujours plus d’animaux sont élevés en batterie, toujours plus de poissons sont pêchés…
crédit photo : Colin Gildas/SIPA
Ces Semaines Mondiales d’actions pour l’Abolition de la Viande sont l’occasion d’affirmer publiquement que la consommation de produits animaux n’est pas un choix personnel : la question de la souffrance et de la mort que nous infligeons à des myriades d’autres êtres sentients engage évidemment les valeurs de notre société.
La légitimité morale de l’exploitation des animaux élevés, chassés et pêchés doit faire l’objet d’un débat de société.
Nous affirmons qu’aucun argument convaincant ne justifie ce massacre permanent : le plus grand carnage ayant jamais existé à la surface de notre planète doit cesser au plus vite.
Nous agirons sans relâche jusqu’à ce que le débat devienne possible et que nos sociétés en tirent les conséquences politiques.
Nous parions que le XXIème siècle sera celui de l’abolition de « la viande », c’est-à-dire de l’interdiction des produits de la chasse, de la pêche et de l’élevage.
Source: Communiqué de Presse

Pour de plus amples informations sur la démarche de la revendication de l’abolition de la viande :
http://meat-abolition.org/
http://abolir-la-viande.org/
http://abolitionblog.blogspot.com/

20 septembre 2011 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME, DECROISSANCE | , , , | 3 commentaires

20 mars : Journée Sans Viande (International Campaigns)


 

Une alimentation insoutenable

Ce texte propose une réflexion sur les raisons écologiques pouvant mener à adopter une alimentation végétalienne, et sur quelques questions qu’un-e écologiste radical-e peut se poser au sujet de l’exploitation animale.

Selon l’argumentation environnementaliste classique des végétalienNEs, l’alimentation à base animale est trop peu efficace, car elle consomme beaucoup plus de ressources et génère beaucoup plus de pollution que l’alimentation végétalienne. On peut définir l’efficacité de la production alimentaire comme le rapport entre les quantités de nourriture que mange l’humainE et ce qui est mis en œuvre pour que la nourriture arrive dans son assiette : agriculture, élevage, industries, transports, … La production alimentaire animale est d’une efficacité très faible, car elle se place au sommet d’une chaîne alimentaire à plusieurs étages, selon une hiérarchie humain/animal/végétal. Alors qu’une alimentation totalement végétale comporte un étage de moins : humain/végétal seulement, ce qui implique une base végétale environ 10 fois moins importante pour nourrir un être humain, car le rendement de l’élevage (par rapport aux végétaux de fourrage qui y entrent) dépasse rarement 10%.

La consommation de produits animaux implique donc non seulement une production végétale beaucoup plus importante qu’une alimentation végétale directe, mais la multiplication des étapes de production (élevage, boucherie, fromagerie, transports, congélation, conditionnement, emballage…) multiplie aussi les déchets, les sous-produits potentiellement polluants. Les conséquences de notre alimentation carnée et lactée sont dramatiques pour les sols, les eaux souterraines et de surface, les forêts et l’atmosphère.

La réponse des végétalienNEs à ces problèmes est de diminuer toutes ces pressions sur l’environnement en supprimant leur demande en élevage, ce qui diminue aussi leur demande indirecte en végétaux.

La nourriture :

La consommation d’animaux, eux-mêmes nourris de végétaux, est pour les humains une forme d’alimentation indirecte. En conséquence, pour obtenir la même quantité de calories ou de protéines dans l’assiette, il aura fallu cultiver 5 à 10 fois plus de végétaux pour de la viande que pour du pain. Dans les années 1990, 50% des céréales cultivées en Suisse (70% aux USA) étaient destinées à l’alimentation des animaux. Vous avez dit gaspillage ?

Les sols et les forêts :

Nourrir des animaux d’élevage demande plus de surface à cultiver pour faire pousser des céréales et autres végétaux. Comme il y a concurrence dans le monde entier entre l’agriculture et la forêt, et que les intérêts des humains priment sur ceux des autres espèces, ce sont les forêts qui trinquent ! La déforestation de la forêt amazonienne est en bonne partie destinée aux grands propriétaires terriens qui font de l’élevage et de la culture de soja pour l’exportation dans les pays riches. Comme les arbres maintiennent le sol grâce à leurs racines et diminuent le ruissellement de l’eau, le passage d’une forêt à une surface agricole se traduit souvent par une destruction des sols à court ou moyen terme. L’intérêt des humains est donc de minimiser leurs besoins en surface agricole, car l’épuisement des sols va bon train.

Pour ce qui est des terres trop pauvres pour l’agriculture et utilisées pour le pâturage, elles sont souvent surexploitées, notamment à cause de la misère de nombreuses communautés pastorales qui les pousse à user leurs terres au maximum, causant ainsi un appauvrissement des sols et une désertification progressive.

L’eau :

Le gaspillage devient encore plus criant lorsqu’on observe les conséquences de l’élevage sur les eaux, qui sont de plus en plus rares et/ou polluées dans de nombreux endroits de la planète. D’une part on consomme une grande quantité d’eau propre : alors que la production d’un kg de céréales nécessite environ 100 l d’eau, celle de viande nécessite 2000 à 15000 l d’eau ; d’autre part on rejette dans l’environnement des eaux fortement polluées.

Les surfaces agricoles destinées au fourrage nécessitent de l’irrigation, et sont largement cultivées de manière intensive, avec moult nitrates et produits biocides, et la pollution des nappes phréatiques que cela implique.

A cela s’ajoutent bien sûr les eaux usées issues de l’élevage, qui sont fortement chargées en ammoniac, ce qui est une des causes majeures (avec les nitrates et les phosphates) d’eutrophisation des eaux de surface. L’eutrophisation est une sur-fertilisation des écosystèmes aquatiques qui amène une prolifération d’algues, jusqu’à priver le fond de lumière et d’oxygène, ce qui fait d’abord disparaître presque toute la biodiversité puis crée des conditions anaérobies nauséabondes et polluantes.

Environ 50% de la pollution des eaux en Europe est due aux élevages massifs d’animaux. En Bretagne, la pollution des eaux due aux élevages porcins est une catastrophe majeure. Aux USA, la part de pollution des eaux due à l’agriculture est plus importante que celle due aux villes et aux industries réunies. En Suisse centrale, plusieurs petits lacs comme ceux de Sempach et de Baldegg sont si eutrophes (à cause de l’élevage bovin) qu’on a dû les oxygéner artificiellement à l’aide de pompes.

La biodiversité :

La destruction des forêts et le sur-pâturage, la pollution des eaux et le dérèglement climatique détruisent l’habitat d’innombrables espèces, ce qui ne manque pas de causer la disparition définitive de nombre d’entre elles.

De plus, les animaux que les humains utilisent pour se nourrir sont le fruit d’une très étroite sélection des espèces et races les plus rentables, que l’on reproduit à volonté au détriment de l’immense variété existant à l’état sauvage. Ce processus atteint actuellement son paroxysme avec les OGM qui sont en train d’être expérimentés tant sur les végétaux que sur les animaux.

L’effet de serre :

On a vu les problèmes de déforestation causées par l’élevage et le pâturage, et on peut facilement en déduire les conséquences en terme de larguage de dioxide de carbone (CO2) dans l’atmosphère, donc d’augmentation de l’effet de serre.

On sait moins que la production de méthane par les pets des vaches suisses augmente plus l’effet de serre que nos transports ! En effet, le méthane (CH4), gaz produit dans les processus de dégradation anaérobie (sans oxygène) de la matière organique, est environ 20 fois plus efficace que le CO2 en terme d’effet de serre. Or, les intestins des ruminants en produisent beaucoup, d’autant plus s’ils sont nourris de manière intensive avec des céréales. Résultat : la quantité de méthane dans l’atmosphère a augmenté de 150% en moins de deux siècles (les ruminants n’en sont pas la seule cause, mais une des principales).

N’oublions pas la consommation accrue d’énergie destinée à faire parvenir les produits d’origine animale dans nos assiettes : les tracteurs roulent au Diesel ; les intrants chimiques (fertilisants, biocides) demandent de l’énergie à la fabrication ; le transport du fourrage et du bétail se font souvent sur de longues distances ; les élevages, les abattoirs, les fromageries, la pasteurisation, le conditionnement, les congélateurs consomment de l’électricité et de la chaleur.

La médecine :

L’alimentation animale augmente indiscutablement les dégâts sanitaires de la « malbouffe » dans les pays riches : cholestérol, cancers, ostéoporose… Voir la brochure « Végétalisme et santé » aux éditions T’okup.

Le coût environnemental du traitement médical de ces maladies « de civilisation » n’a probablement pas encore été évalué. On peut toutefois imaginer qu’il est très important !

Illusions des omnivores bien-pensant-e-s

Pour répondre à l’argument : « je ne mange que peu de viande », il faut bien constater que ce n’est pas le cas de tout le monde. La consommation mondiale de viande a plus que doublé depuis 1950. En 1990, la consommation de viande en Suisse avait dépassé la consommation de pain. L’alimentation de ce pays est aussi caractérisée par une consommation élevée de lait et de fromages. Une étude récente s’inquiète du fait qu’une forte proportion de la population ne mange pratiquement pas de légumes. La Suisse n’est bien sûr pas un cas isolé dans les pays industrialisés. C’est donc bien d’une alimentation basée sur la consommation d’animaux que nous parlons. Même si la tendance au cours des années 1990 a été une lente diminution de la consommation de viande et une progression des aliments végétariens « de substitution », l’ensemble de la société n’a pas changé de mode de consommation en 10 ans.

Certaines personnes, en discutant avec des végétalienNEs, justifient leur consommation d’animaux par le fait qu’ »il faut bien que les vaches et les chèvres broutent l’herbe des prairies et des alpages ». Ensuite, ces personnes en concluent que « la viande, c’est écologique ». Ceci sous-entend qu’illes ne consomment que des produits animaux issus du pâturage, ce qui est généralement faux malgré le fait qu’illes « font attention ». La réalité est que la majorité du bétail est nourri avec des aliments concentrés : céréales, soja, farines douteuses, qui doivent être cultivés à cet effet. Leur raisonnement est d’autant plus déplacé qu’il fait référence à un contexte qui n’est plus celui d’aujourd’hui, celui où la production alimentaire était intégrée dans la société paysanne. Ensuite, on peut discuter de l’impact écologique du pâturage, qui dépend fortement des conditions économiques des communautés pastorales qui ont souvent mené au surpâturage, et donc à un fort appauvrissement des écosystèmes exploités.

Posons-nous plutôt la question : quel est le rôle écologique, aujourd’hui, de notre alimentation basée sur l’exploitation des animaux ? Il faut pour cela considérer le contexte dans lequel nous vivons : une société urbaine, industrielle et marchande.

Finie l’autonomie alimentaire, bonjour l’agriculture et l’élevage intensifs, l’industrialisation tous azimuts. Même s’il existe encore des bergerEs sympas et depuis peu des éleveurEs bio, l’écrasante majorité de la production alimentaire est organisée, rationalisée à grande échelle, et représente pour l’économie capitaliste un secteur industriel comme un autre.

Urbanisation et alimentation

Un des facteurs psychologiques masquant la réalité est le suivant : les habitantEs de la campagne sont maintenant intégréEs au mode de vie urbain, mais ne veulent souvent pas l’admettre. Ce paradoxe est caricaturé par la ménagère vaudoise remplissant son caddie de viande emballée sous plastique, au supermarché de gros… Un reste de culture issue d’un mode de vie paysan, en réalité en déclin depuis plusieurs générations. La production agricole (bio y compris) passe par des grandes centrales de distribution, pour alimenter les supermarchés des villes et des campagnes. Les petites boucheries se font rares, et l’abattage « à la maison » est illégal, car non soumis à l’impôt. Pourquoi un tel système s’est-il mis en place ?

Les régions densément peuplées, les systèmes urbains en particulier, doivent importer des ressources pour s’alimenter. Ceci implique que d’autres régions doivent produire plus que ce qui est nécessaire à leur propre consommation, pour pouvoir exporter vers les villes. Pour s’assurer de leur alimentation continue, les villes doivent s’assurer de la collaboration sans faille des campagnes ou des régions qui les nourrissent, et le font en établissement sur celles-ci des rapports de domination sociale : propriété privée, étatisation, colonisation, industrialisation, guerres. Pensons au colonialisme et à son importance pour le développement des villes et des états occidentaux. Tout au cours de l’histoire, les villes ont progressivement constitué le lieu du pouvoir, menant les processus de domestication de l’humanité : agriculture, esclavage, servage et salariat. Le salariat est la forme de domestication qui correspond à la révolution industrielle, et l’exode rural forma le prolétariat industriel, dépendant de l’État bourgeois.

Parallèlement progressa aussi la domination de la nature : de la révolution néolithique à la révolution industrielle, la « nature sauvage » s’est transformée aux yeux des humains en « ressources naturelles », à mesure que les progrès techniques poussèrent de plus en plus loin les possibilités d’exploitation de la nature. La domestication des céréales permit non seulement à des plus grands groupes humains de se rassembler et créer des villes, mais aussi à des élites de se former dans ces villes autour du savoir technique et du stockage des céréales, indispensables aux populations urbaines qui en dépendaient. C’est le même schéma qui n’a cessé de se répéter depuis : la domestication d’un élément préexistant dans la nature permet à une élite de domestiquer d’autres humains.

Prenons maintenant le contexte actuel des États industrialisés. L’ancienne classe paysanne y est maintenant considérée comme un ensemble de salarié-e-s, qui sont exploité-e-s par divers groupes privés (grands propriétaires, centrales de distribution alimentaires, semenciers, industries des machines agricoles, des pesticides, des antibiotiques, etc…) mais aussi par l’Etat (TVA, impôts fonciers, impôts de succession lors de l’héritage de la ferme, …) Dans un tel rapport de domination et d’exploitation, les agriculteur-ice-s luttent pour leur survie et doivent produire à moindre coût, ce que les pouvoirs en place justifient grâce à leur idéologie productiviste.

Le végétalisme contre le productivisme ?

Selon cette idéologie, la voie du progrès est l’augmentation continue de la productivité, c’est-à-dire la diminution des coûts de production par rapport à la richesse produite. Un exemple typique de l’idéal productiviste est l’énergie nucléaire, qui était vantée à ses débuts comme une source d’énergie tellement bon marché que la mesure de sa production coûterait plus cher que la production elle-même (« too cheap to meter »). Ce qu’on voit en pratique, c’est que cette idéologie profite uniquement aux possédantEs et néglige les conséquences sociales et environnementales de la production. Le productivisme est la logique de la privatisation des profits et de la collectivisation des coûts (les fameux « coûts externes »).

Ça s’applique bien sûr au nucléaire, mais aussi à l’élevage : l’exigence de minimisation des coûts conduit à la concentration et à l’industrialisation des élevages, ce qui profite aux capitalistes énumérés précédemment (grands propriétaires, Migros, etc…) et coûte au bien-être des animaux et à la société en général. Gestion publique des pollutions, endettement de la petite paysannerie puis mise au chômage, subventions de la production de viande, de lait, etc… Il est donc faux de dire que les consommateurs et consommatrices bénéficient du faible coût des produits animaux, puisqu’en tant que contribuables, illes assument les « coûts externes ».

Le raisonnement environnementaliste de certain-e-s végétalien-ne-s comporte une dimension économiste qui ne se distancie pas clairement de l’idéal productiviste, car elle inciterait à passer à une alimentation végétalienne pour des raisons d’efficacité économique. Habituellement, cet argument est ajouté pêle-mêle à ceux qui contestent l’exploitation des animaux, et la destruction du monde en général. Un point de vue écologiste radical devrait se contenter de ces derniers arguments pour contester tant l’alimentation prédatrice que le productivisme.

Vers un élevage industriel propre ?

Les adeptes du développement durable et de l’écologie industrielle voudraient recycler systématiquement les sous-produits animaux dans des nouveaux procédés industriels, offrant du coup des débouchés aux industries animalivores. Premièrement, c’est une illusion que de vouloir tout recycler, puisque tout procédé dégrade de la matière et de l’énergie, comme le décrit le deuxième principe de la thermodynamique, donc essayer de tendre vers la production « zéro-déchet » se heurte à des problèmes croissants de coûts financiers, énergétiques et matériels. Des limites de l’écologie industrielle : les risques de contamination dans le recyclage des farines animales nécessitent qu’une partie des déchets animaux solides soit brûlée, ce qui est un recyclage entropiquement moins efficace que le recyclage de matière.

Autre exemple : considérons par exemple le problème des pets de vache. Supposons que ces émanations empêchent la Suisse de respecter le protocole de Kyoto. Les ingénieurEs se demanderont : comment valoriser ce sous-produit de l’industrie laitière, ce qui nous permettra du même coup de protéger l’environnement ? On peut imaginer de traiter l’air des étables, et il faudrait pour cela que les vaches elles-mêmes y soient confinées et ne voient jamais la lumière du jour. Outre le fait que ce soit contraire aux objectifs de la libération animale, le méthane est surtout trop dilué dans l’air des étables pour être récupéré de manière rentable. On entendra alors la plaisanterie habituelle : « Ya qu’à mettre un sac au cul des vaches ! » que les ingénieurEs risquent fort de prendre au sérieux quand on sait la sophistication qu’illes mettent déjà à concevoir des techniques adaptant la vie du bétail aux impératifs économiques. Imaginons qu’illes trouvent un moyen de fixer une prothèse aux vaches pour capter leurs bio-pets, ce que les vaches apprécieront aussi… Mal(?)heureusement, des économistes de l’environnement viendront expertiser que le coût de ces prothèses dépasse les coûts externes engendrés par l’augmentation de l’effet de serre. Finalement, la solution qui s’impose : créer des vaches génétiquement modifiées pour ne pas polluer. Il paraît que la recherche scientifique y travaille déjà… Et voilà : on saura alors apprécier ces nouvelles manipulations qui réifient (en font des choses) encore plus les animaux, si c’est encore possible, sous des prétextes environnementalistes.

Ne pas choisir entre les humains et les autres

Nous avons pu constater, vu ses conséquences environnementales et son utilisation économique, que l’alimentation prédatrice contribue à piller la terre et à créer la misère généralisée.

Au lieu de ne faire que déplacer les problèmes, il faut se rendre à l’évidence que le meilleur moyen de réduire la consommation est de ne pas consommer, et que la voie la plus simple pour réduire les déchets est de ne pas en produire.

Au niveau éthique, le végétalisme s’inscrit dans le cadre de l’antispécisme (voir dans les définitions). On peut considérer que les souffrances des animaux d’élevage sont les souffrances directes que refusent les antispécistes, alors que les dégâts environnementaux de l’alimentation actuelle causent des souffrances indirectes aux animaux en détruisant leurs habitats. C’est une dimension non négligeable des intérêts en jeu dans nos choix alimentaires.

On peut même élargir la perspective, et considérer que le végétalisme s’inscrit dans la philosophie de l’écologie profonde, qui prône notamment l’égalité morale entre toute espèce vivante, humaine, animale, végétale ou autre, et attribue aussi une valeur propre aux écosystèmes (égalitarisme biocentrique). Il s’agit selon l’écologie profonde de mettre en question non seulement la souffrance (pathocentrisme), mais globalement l’utilitarisme qui nuit au droit à l’existence de la majorité des espèces « inutiles » et condamne les autres à devenir des choses (réification), par exemple pour l’alimentation humaine. Ce point de vue serait d’autant plus cohérent pour un-e végétalien-ne que la destruction des écosystèmes comme les lacs ou les forêts à cause de nos choix alimentaires serait moralement désapprouvée en tant qu’écologiste « profond-e ».

Par contre, aucun de ces courants d’idées n’attaque implicitement les hiérarchies internes à l’espèce humaine. Il existe une tendance chez les végétalienNEs, les partisanEs de la libération animale et les écologistes profonds à considérer l’espèce humaine comme un tout indifférencié, indépendamment de la position sociale des individuEs. Ce qui n’incite guère à combattre l’injustice sociale, ni à analyser les causes internes à la société de l’écrasement de la vie non-humaine. La lutte pour la libération animale aurait tout à gagner de comprendre certaines dynamiques culturelles qui façonnent le rapport aux animaux non-humains et l’idée de « nature », pour pouvoir ensuite mieux les contrer.

Un des risques des analyses « a-sociales » est de préconiser de réduire le nombre d’êtres humains par tous les moyens, et d’encourager les épidémies, les stérilisations forcées et les génocides. Certains déclarations de ce types ont été faites dans les années 1980 par des « deep ecologists » américains. S’il faut effectivement constater d’une part que le niveau actuel de la population humaine n’est pas soutenable pour la planète, d’autre part que l’humanisme exclusif est inacceptable, il est tout aussi inacceptable de proposer des solutions négligeant la souffrance et les intérêts des humain-e-s. Il ne s’agit pas de « venger la nature », car cela reproduit l’erreur fondamentale de considérer l’humanité comme étant séparée de la nature.

Pour éviter ces lourdes erreurs idéologiques, il faut réaliser la complexité de la société, dont tou-te-s les écologistes et les végétalien-ne-s sont issu-e-s, et en tenir compte pour mettre en place des stratégies efficaces. Par exemple, la plus efficace et la plus digne des stratégies de contraception est une éducation féministe. En ce qui concerne l’alimentation, le passage du fast-food à une alimentation écologique et non-prédatrice ne se fera pas s’il manque le plaisir et la convivialité d’une bonne bouffe partagée. Dans ces deux exemples, on peut à la fois les intérêts humains et non-humains. Il faut conjuguer la libération animale et le respect de la biosphère en général avec la libération humaine.

Révolution sociale et écologique !

Il faut aussi pour cela éviter les pièges de l’environnementalisme qui ne rompt pas avec les fondements de la domination et de l’exploitation. L’idéologie du développement durable pourrait-elle récupérer le végétalisme pour sauver le capitalisme ? Le végétalisme semble pourtant en nette opposition avec l’idéologie de la croissance, ne justifiant pas l’existence d’un secteur industriel par sa contribution au PIB, mais jugeant son activité comme étant nuisible en soi.

Dans une perspective libertaire et réellement écologiste, il faut penser le végétalisme dans une perspective de décroissance économique, de réappropriation de l’alimentation. Dans le contexte actuel, être végétalienNE pousse à cuisiner soi-même, à questionner l’industrialisation, mais à partir d’un certain seuil de tension écologique et sanitaire que nous sommes en train de passer, l’industrie produira de plus en plus de produits « écologiques et sains » ainsi que végétaliens, au-delà même des bénéfices d’image pour les entreprises.

Mais rien ne pousse le système productif capitaliste à dépasser les conditions de production esclavagistes, que ce soit pour du bétail OGM ou des légumes bio. Rien ne le pousse à dépasser le schéma « bouffe de merde pour les prolos, diététique pour les riches ». La logique productiviste demeure si on ne renverse pas le système économique qui l’incarne. La lutte pour les intérêts humains doit être intégrée de manière cohérente dans une stratégie antispéciste.

Un des enjeux principaux est de sortir du salariat et se battre pour atteindre l’autonomie alimentaire et économique, pour l’autonomie politique (autogestion). On doit pour cela se défaire de la dépendance et de la domination de l’Occident sur le reste du monde, défier l’urbanisation/industrialisation de nos espaces, s’approprier des technologies émancipatrices, combattre la marchandisation du vivant.

Selon ce dernier objectif, on peut argumenter qu’en étant plus sain, le végétalisme nous aide aussi à une réappropriation de la santé, évitant de recourir au salaire pour rétribuer le savoir spécialisé de la médecine bourgeoise. Certain-e-s préconisent « l’exode urbain ». Pour nourrir un nombre énorme d’humain-e-s, on peut imaginer des sociétés agro-forestières communautaires, plus nourrissantes que les monocultures, en s’inspirant par exemple de la permaculture. Et si l’on ne peut pas éliminer les villes, le végétalisme peut réduire leur rapacité, et rendre plus envisageable l’autonomie alimentaire.

Mais ces stratégies sont insuffisantes, car pour éviter de se cantonner à des expériences marginales, il faut renverser le système en place. Car, comme le montre l’histoire, l’Etat capitaliste, productiviste, marchand, etc… s’oppose toujours violemment à ce qui menace sa perennité, ce à quoi il ne peut pas s’adapter. L’objectif d’une alimentation non-prédatrice, ni pour les humains ni pour les autres espèces, s’inscrit dans une rupture vis-à-vis du rapport à la « nature » qui fonde notre société de domination et d’exploitation. Il y a donc fort à craindre que sans révolution sociale, tant la libération humaine que la libération animale se feront attendre !

(Brochure éditée à l’occasion du festival Viva Vegan à l’Espace Autogéré, Lausanne, du 11 au 13 avril 2003)

Le texte en pdf sur infokiosques

Plus d’infos sur cette brochure en contactant l’infokiosque de l’Espace autogéré de Lausanne (av. César-Roux 30, http://squat.net/ea).

Lire également l’article Comment l’état veut imposer la (sur)consommation de produits d’origine animale

Quelques définitions

Ces définitions sont proposées dans le but de faciliter la compréhension de certains termes. Les types d’alimentation ne sont pas à considérer comme des catégories exclusives ; dans la pratique elles sont parfois élastiques, et chacun/e définit son alimentation de façon personnelle.

Végétarien/ne – ne consommant aucun produit issu de l’abattage des animaux, c’est-à-dire ni viande d’animaux terrestres, ni viande d’animaux marins, ni gélatine, ni présure, ni caviar.

Végétalien/ne(ou végétarien/ne strict/e) – ne consommant que des végétaux, c’est-à-dire ni viande, ni produits laitiers, ni miel.

Vegan – terme anglo-saxon, souvent traduit par végétalien/ne en français. Un/e vegan, en plus d’être végétalien/ne, n’utilise aucun produit d’origine animale, dans toutes les facettes de sa vie, c’est-à-dire ni laine, ni cuir, ni fourrure, ni cire d’abeille, ni produits testés sur les animaux, etc…

Freegan – ce terme anglo-saxon s’applique aux personnes dont le mode de consommation est vegan, mais qui acceptent de se nourrir de produits d’origine animale lorsque ceux-ci sont obtenus sans soutenir leur production. Par exemple, un/e freegan mange du fromage récupéré gratuitement auprès de qulequ’un qui s’en débarasse, mais n’en achète pas.

Frugivore / fruitarien/ne – ne se nourrissant que de fruits (frais, secs, graines) pour ne pas détruire de plantes, ce qui peut être évité dans une certaine mesure en se limitant à la cueillette de fruits.

Crudivore – ne se nourrissant que d’aliments crus. CertainEs crudivores sont aussi végétarien/nes ou végétalien/nes.

Libération animale – terme définissant la volonté que les animaux ne soient plus exploités par les humains, dans le but de leur en épargner la souffrance, que ce soit pour les manger, utiliser leur force, s’en servir pour la recherche, pour ses loisirs, ou autre.

Antispécisme – courant éthique s’opposant au spécisme, c’est-à-dire à la discrimination sur la base de l’appartenance à une espèce. Très proche de la libération animale, ce courant se fonde sur le principe que les intérêts d’un animal à ne pas souffrir et à vivre une vie satisfaisante importent autant, moralement, que les intérêts équivalents d’un être humain.

Ecologie profonde(en anglais « deep ecology ») – éthique écologique selon laquelle toute la nature a une valeur propre (biocentrisme, holisme), et pas seulement une valeur utilitaire pour les humains (anthropocentrisme, environnementalisme). Toutes les espèces vivantes, mais aussi les écosystèmes, sont des sujets moraux selon l’écologie profonde. Vu la situation actuelle, certainEs « deep ecologists » préconisent une réduction importante de la population humaine.

Ecologie sociale – ce courant de l’écologie politique propose d’analyser les causes sociales de la destruction de l’environnement, et de s’appuyer sur les luttes sociales pour créer une société écologique et libertaire.

Ecologie industrielle – approche de l’ingéniérie visant à recycler tous les déchets industriels dans d’autres procédés, en planifiant les procédés industriels de manière intégrée. Ses promoteurs prétendent s’inspirer de la nature.

Développement durable – terme utilisé pour désigner un développement économique qui concilierait la croissance économique avec le respect de l’environnement et l’équité sociale. Ses promoteur-ices ne remettent pratiquement jamais en cause l’idéologie et la symbolique du développement, ni les fondements de l’économie marchande.

Permaculture – approche de l’agriculture et de l’habitat visant l’autonomie et la stabilité à long terme et à minimiser les besoins en travail et en énergie, notamment en imitant les écosystèmes naturels par la complémentarité des espèces. L’organisation dans l’espace et dans le temps doit être planifiée de telle sorte que chaque fonction soit assurée par plusieurs éléments (plantes, animaux, eau, soleil…), et que chaque élément ait plusieurs fonctions (nourriture, protection, chauffage, épuration…), pour garantir la pérennité du système.

…………………………………………………………………………………………………

Bibliographie / à lire

Renato Pichler, « Les conséquences écologiques et économiques d’une alimentation basée sur la viande », Sennwald, ASV, 1998.

Ed Ayres, « Beyond 2000 – will we still eat meat ? », Time Magazine (traduction Vegi-Info, Lausanne), 1999

André Gasser, « Ecologie et végétarisme », in Vegi Info n°8, p.8-9, 1999

Jean-Michel Jaquet, cours sur les « Ressources naturelles », Université de Genève, 2001.

« Végétarien & Végétalien, vivre sans manger les animaux », Toulouse, A.V.I.S., 1999.

« Manger est un acte politique ! », FTP n°8, 1999.

Clémentine Guyard, « Dame Nature est mythée : seconde mutation », Lyon, Carobella ex-natura, 2002.

Murray Bookchin et Dave Foreman, « Quelle écologie radicale ? Ecologie sociale et écologie profonde en débat », Lyon, Atelier de création libertaire, 1994

« Communautés, naturiens, végétariens, végétaliens et crudivégétaliens dans le mouvement anarchiste français : textes », Invariance, 1994

« Justicia animal » No1, Madrid, 2001


9 septembre 2011 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME, DECROISSANCE | , , , , , | 3 commentaires

Comment l’État veut imposer la (sur)consommation de produits d’origine animale


Aquitaine décroissance s’associe à AVF, ICDV, société végane, L214, Veggie Pride, DDA, VegFest, CLEDA, CLAM, VegFest, Paris Vegan Day, etc. pour dénoncer la préparation de décrets instituants une réglementation de la restauration collective publique fondée sur la recommandation du GEMRCN.

La restauration collective aux ordres de l’agroalimentaire

Des décrets en préparation vont réglementer la restauration collective1. Ces décrets basés sur la recommandation du Groupement d’Étude des Marchés de la Restauration Collective et de la Nutrition (GEMRCN2) imposeraient, à hautes doses, la présence de produits d’origine animale dans les menus.
Rien d’étonnant, le GEMRCN compte parmi ses membres de nombreux représentants des industries agroalimentaires comme l’Association Nationale des Industries Agro-alimentaires, le Syndicat des entreprises françaises des viandes (SNIV- SNCP), Nestlé… dont la vocation naturelle est de placer au mieux leurs produits.

Les règles régissant la restauration collective devraient prendre en compte les questions nutritionnelles et également l’ensemble des aspects liés à l’alimentation : environnement, équité dans le partage des ressources, souffrance animale, santé publique et liberté de conscience.

L’association L214, coordinatrice de viande.info, a adressé un courrier au Président de la République et au Premier Ministre leur demandant de renoncer à promulguer des décrets qui imposeraient une vision étriquée et néfaste de l’alimentation à l’opposé d’une approche globale, pourtant indispensable.

→Lire la lettre adressée à Messieurs Sarkozy et Fillon

Un sujet d’importance

  • La restauration collective s’adresse à de très nombreux usagers captifs (public scolaire, personnes hospitalisées ou en maison de retraite, détenus…).
  • Les normes édictées ont vocation à former les habitudes alimentaires des jeunes, et à servir de modèle pour l’alimentation des Français en général.

Quelles normes ?

Selon toute probabilité, les décrets en préparation reprendront la recommandation du Groupement d’Étude des Marchés de la Restauration Collective et de la Nutrition (GEMRCN), un organisme qui compte parmi ses membres de nombreux représentants des industries agroalimentaires.
Au lieu d’indiquer les apports nécessaires en divers types de nutriments et d’indiquer les divers moyens de les satisfaire, la recommandation du GEMRCN fixe des normes en termes de produits. Elle impose notamment des seuils minimum de viande de bœuf, veau et agneau, de poisson et de produits laitiers3. À de rares exceptions près, le document du GEMRCN assimile le « plat protidique » (qui doit figurer à chaque menu) à un apport de protéines animales (viande, poisson, œufs, abats, charcuterie).

Pourquoi s’alarmer ?

Une réglementation de la restauration collective publique fondée sur la recommandation du GEMRCN serait inacceptable :

  • Elle constituerait une violation de la liberté de conscience. En effet, elle interdirait aux responsables de la restauration collective publique d’offrir des repas végétariens aux usagers qui refusent l’alimentation carnée en collectivité, soit parce qu’ils sont végétariens par conviction éthique, soit parce qu’ils ne veulent pas de produits animaux non halal ou non casher par conviction religieuse.
  • Elle érigerait en norme un modèle alimentaire fondé sur la surconsommation de produits d’origine animale : un modèle égoïste qui accapare une part démesurée des ressources agricoles alors que près d’un milliard de personnes souffrent de la faim, un modèle au coût effroyable en termes de souffrance animale, un modèle désastreux pour l’environnement.

→Plus d’informations sur viande.info

Un pas de plus dans la mauvaise direction

En réalité, le mal est déjà largement fait. Le dispositif qui fait de la recommandation du GEMRCN le document de référence pour la restauration collective est déjà en place. Pour autant, l’acte politique consistant à rendre obligatoire un modèle alimentaire désastreux n’a rien d’innocent. Il importe symboliquement. Et il importe en pratique : les décrets sont un moyen de verrouiller le système en place et d’empêcher les évolutions nécessaires.

Parce que la restauration collective publique doit être exemplaire d’une alimentation responsable et solidaire, nous ne voulons pas d’une restauration collective régie par la recommandation du GEMRCN !

1. Selon une réponse à une question parlementaire publiée au J.O. le 30 août 2011, les textes sont en cours de signature. Voir également la réponse à une question parlementaire publiée au J.O. le 30 novembre 2010.

2. GEMRCN, Recommandation nutrition, version actualisée du 15 juin 2011.

3. Voir annexes 3, 4 et 5 de la recommandation précitée. Par exemple, les produits laitiers seraient obligatoires dans 18 menus sur 20 dans la restauration scolaire.

………………………………………………………………………………………….

source:

articles liés: sur aquitaine anti-speciste

7 septembre 2011 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME, Désobéissance civile | , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 commentaires

Présence toxique de PCB dans la Garonne.



Interdiction de la pêche de certains poissons en vue de la commercialisation et
de la consommation sur la Garonne et le canal de Montech

( La mesure s’applique aussi en partie au canal latéral de la Garonne (canal parallèle au fleuve), et au canal de Montech (qui relie le canal latéral et le Tarn).

Ces mesures d’interdiction ne sont pas les premières prises pour la Garonne. La pêche de l’anguille est ainsi interdite dans le fleuve en aval de Langoiran (Gironde),

au sud-est de Bordeaux, jusqu’à l’estuaire de la Gironde.)
Le système de surveillance des contaminants mis en oeuvre dans le cadre du plan national d’action
sur les polychlorobiphényles (PCB) a montré la présence de taux de PCB supérieurs à la norme
dans la chair des aloses feintes et de certaines anguilles pêchées sur la Garonne.
Les PCB, plus connus sous le nom de pyralènes, sont des contaminants environnementaux liés à
l’activité humaine et fabriqués industriellement depuis 1930. Leur commercialisation est interdite
depuis 1987. Ces molécules sont très stables dans l’environnement et se concentrent d’un maillon
à l’autre de la chaîne alimentaire. En milieu aquatique, elles s’accumulent dans les sédiments et
peuvent se fixer dans la matière grasse des poissons qui se contaminent par leur alimentation, tout
au long de leur croissance. Certaines espèces de poissons dont l’anguille sont « bio-
accumulatrices ».

C’est la consommation réitérée de poissons contaminés qui constitue un risque pour la
santé humaine. ( les effets chroniques entraînent des dommages du foie, des effets sur la reproduction et la croissance. Les PCB sont classés en tant que substances probablement cancérigènes pour l’homme.
En outre, la combustion des PCB peut se traduire par le dégagement de composés à forte toxicité, les « furannes » (PCDF) et « dioxines » (PCDD), qui sont surtout connues pour leurs effets cancérigènes.,)
Aussi, en vertu du principe de précaution, la pêche des anguilles de plus de 60 cm et des aloses
feintes en vue de la commercialisation et de la consommation est-elle interdite sur la Garonne dans
le département du Tarn-et-Garonne par un arrêté préfectoral du 29 août 2011. Des mesures
d’interdiction similaires sont également prises dans les autres départements du bassin de la Garonne
(Haute-Garonne, Lot-et-Garonne, Gironde).
L’interdiction concerne également les poissons pêchés sur le canal latéral de la Garonne en amont
de Castelsarrasin à partir de l’écluse n°18 de Prades située 950 m en amont du Port de
Castelsarrasin, et sur le canal de Montech.
Ces mesures de protection du consommateur seront réévaluées en fonction des résultats des futurs
plans de surveillance.

——————————————————-

En France, environ 500 000 transformateurs et condensateurs au PCB ont été recensés.

source: préfecture du Tarn-et-Garonne

à lire sur le même sujet:

  • Le WWF France lance une grande étude d’imprégnation en collaboration avec l’ASEP, une association de 300 médecins afin d’évaluer le niveau de contamination de l’homme aux PCB.

 

30 août 2011 Posted by | Alimentation, SANTE | , , , | Laisser un commentaire

Utilisation massive des pesticides de plus en plus dramatique.


L »utilisation massive des pesticides, insecticides et autres produits chimiques est de plus en plus dramatique en France.

C’est ce que révèle un rapport de l’Institut national de veille sanitaire (InVS) publié le 14 mars 2011, où les chercheurs indiquent que «le sang des Français contiendrait trois fois plus de certains pesticides que celui des Américains ou des Allemands…»

L’étude a été menée en 2006-2007 dans le cadre du programme national Nutrition-santé (PNNS). Elle entendait «mesurer les concentrations de plusieurs polluants de l’environnement (42 au total) dans le sang, les cheveux et l’urine de 3.100 personnes.

Au total:

  • 11 métaux,
  • 6 PCB (polychlorobiphényles),
  • trois familles chimiques de pesticides (organochlorés, organophosphorés er pyréthrinoïdes) et leurs métabolites ont été dosés. Les pyréthrinoïdes sont des pesticides utilisés contre une grande variété d’insectes en agriculture, en horticulture, dans les hôpitaux, mais aussi pour un usage domestique…»
Bruxelles, en abaissant les seuils de tolérance reconnaît la nocivité grandissante des pesticides.
A quand un prise en compte de « l’effet cocktail » (interaction des différentes molécules en cause)?
La Commission européenne a abaissé les niveaux maximum de résidus de 13 pesticides aujourd’hui interdits dans l’Union européenne.
Elle a pris sa décision en se fondant sur de nouvelles preuves scientifiques démontrant que les seuils actuels sont trop élevés pour la santé humaine.
Les nouveaux seuils ont été publiés au Journal officiel de l’UE le 1er avril et prendront effet le 21 octobre.
Les pesticides concernés comprennent:
  • l’endosulfan (qu’on trouve par exemple dans les tomates),
  • l’aldicarb (dans les céréales),
  • le fenthion (dans l’huile d’olive),
  • le fomesafen (dans les haricots et petits pois),
  • le tétradifon (dans le vin)
  • le méthabenzthiazuron (dans tous les légumes).

15 juillet 2011 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, SANTE | , , , , | 3 commentaires

La permaculture à Cuba : exemple de conversion en culture urbaine biologique


……………………………………………..

L’association France Amérique Latine Bordeaux (FAL33) mène en partenariat avec une Fondation cubaine [1] un projet de solidarité internationale pour la mise en place de la permaculture sur le plateau de Bellamar, à Matanzas. Dans le cadre de ce projet, FAL33 a le plaisir d’accueillir du 1er juillet au 15 juillet deux permaculteurs de la FANJ pour renforcer les échanges sur la permaculture et la diffusion de connaissances en Aquitaine.

Ces évènements sont dans le calendrier des Estivales de la Permaculture

Nous vous invitons à participer aux plusieurs activités mise en place lors du séjour de Maria Caridad Cruz et Roberto Sanchez, permaculteurs et formateurs de la FANJ, en Aquitaine :

Conférence « Permaculture cubaine : développement durable face aux défis environnementaux, sociaux, économiques et culturels ».

Le 2 juillet à partir de 11h30 à Barsac : Cette conférence se tiendra dans le cadre du Festival cubain Duende Cubano (www.duendecubano.eu). Entrée libre pour cette conférence.

L’association France Amérique Latine Bordeaux (FAL33) mène en partenariat avec une Fondation cubaine [1] un projet de solidarité internationale pour la mise en place de la permaculture sur le plateau de Bellamar, à Matanzas. Dans le cadre de ce projet, FAL33 a le plaisir d’accueillir du 1er juillet au 15 juillet deux permaculteurs de la FANJ pour renforcer les échanges sur la permaculture et la diffusion de connaissances en Aquitaine.Ces évènements sont dans le calendrier des Estivales de la Permaculture

Nous vous invitons à participer aux plusieurs activités mise en place lors du séjour de Maria Caridad Cruz et Roberto Sanchez, permaculteurs et formateurs de la FANJ, en Aquitaine :

Conférence « Permaculture cubaine : développement durable face aux défis environnementaux, sociaux, économiques et culturels ».

Le 2 juillet à partir de 11h30 à Barsac : Cette conférence se tiendra dans le cadre du Festival cubain Duende Cubano (www.duendecubano.eu).

Entrée libre pour cette conférence.

source: fal33

18 juin 2011 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE, résilience, SANTE, webTV | , , , , , , | Laisser un commentaire

Que mange le monde?


Peter Menzel, autour du livre Hungry Planet:

What the World Eats, a réalisé une série de photos de famille devant leurs rations de nourriture pour une semaine.
Les différences culturelles et économiques sont très visibles entre les différentes parties du monde.
Le journaliste a rendu visite a 30 familles de pays différents, d’origines différentes et de milieux sociaux bien distincts.
Chacun des chapitres comporte une photo de la famille avec la nourriture qu’elle consomme durant une semaine entière,
accompagnée du budget hebdomadaire et suivie de photographies de la vie quotidienne du foyer.
De la France au Mexique, Mali, Australie, en passant par l’Allemagne ou le Tchad, chaque continent est représenté par quelques clichés photos.

Allemagne

États-Unis

Japon

Italie

Mexique

Pologne

Égypte

Équateur

Bhoutan

Tchad

France

http://bbcom21.files.wordpress.com/2010/05/image1.jpg

Australie
http://bbcom21.files.wordpress.com/2010/05/image2.jpg

Mali

https://i0.wp.com/publikart.net/wp-content/uploads/2010/04/MALI.jpg

Chine

http://bbcom21.files.wordpress.com/2010/05/image3.jpg

D’autres clichés sont à découvrir sur le site de Peter Menzel ou du Time.

Vous pouvez également télécharger ce powerpoint qui circule sur le net.
Under Creative Commons License: Attribution Non-Commercial

14 juin 2011 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation | , , , , | Un commentaire

Bactérie E. coli la viande dans le colimateur?


mise à jour 5 juin 2011

Étrange histoire qui semble se diriger tout droit vers un scandale sanitaire majeur,

Les antibiotiques « risquent de détruire encore plus la flore naturelle de l’intestin et d’être de ce fait contreproductifs », a-t-il soutenu.

L’infection par la bactérie tueuse Escherichia coli serait véhiculée non pas par les légumes mais par la viande, selon un expert de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), cité samedi par le quotidien italien +La Repubblica+.

« Habituellement, ce micro-organisme vit dans les intestins des bovins et peut donc se retrouver dans de la viande crue comme le +tartare+ mais également dans les hamburgers », a expliqué Donato Greco, épidémiologue expert en maladies bactériennes auprès de l’OMS.

L’expert, qui a écarté aussi que la contagion puisse être le fait d’une contamination de l’eau, a mis en garde contre l’usage dans le cas d’espèce des antibiotiques comme thérapie.

 

Les antibiotiques « risquent de détruire encore plus la flore naturelle de l’intestin et d’être de ce fait contreproductifs », a-t-il soutenu.

Vendredi, un laboratoire de référence européen, dont le siège se trouve à Rome, avait déjà souligné que les analyses de laboratoires ne permettaient pas de dire que les légumes sont à l’origine de l’infection par la bactérie tueuse.

« L’alarmisme envers la consommation des légumes est injustifié (…) car les analyses de laboratoire n’ont pas permis de soutenir l’hypothèse que des légumes contaminés étaient à l’origine de l’infection », avait assuré le Laboratoire européen de référence pour l’Escherichia coli (Eceh) dans un communiqué.

« Les analyses réalisées sur des échantillons de concombres suspects (…) ont par ailleurs clarifié définitivement qu’ils n’étaient pas contaminés » par la bactérie tueuse, selon cette structure installée auprès de l’Institut supérieur italien de la santé (ISS).
« Les normes d’hygiène habituelles concernant la sécurité alimentaire sont suffisantes pour éviter les infections », avait-elle ajouté.

Le laboratoire avait, lui aussi, insisté sur le fait que « pour cette infection particulière, la thérapie antibiotique n’est pas conseillée, elle peut même être contre-productive en causant une augmentation du relâchement de la toxine ».

Selon l’OMS, 12 pays ont déjà signalé des cas de contamination par cette bactérie apparue en Allemagne qui provoque des hémorragies du système digestif et, dans les cas les plus graves, des troubles rénaux (syndrome hémolytique et urémique, SHU).

La bactérie tueuse a déjà fait 19 morts en Europe.

…………………………………………………………………………………………………………………………………………………

Samedi 4 Juin 2011 – 14:35

Mise à jour 4/juin 2011
Bruxelles lance une alerte sanitaire à la bactérie tueuse Escherichia coli enterohémorragique (ECEH)

Depuis la fin du mois de mai, près d’une dizaine de pays ont identifié plus de 1.500 de cas d’Escherichia coli entérohémorragique (ECEH) et plusieurs centaines de cas de syndrome hémolytique et urémique (SHU), a indiqué vendredi l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui précise que les souches identifiées peuvent être mortelles.Au 2 juin 2011, 520 cas de syndrome hémolytique et urémique ( SHU), dont 11 mortels, et 1.213 cas d’infection à Escherichia coli entérohémorragique (ECEH), dont 6 cas mortels, ont été signalés par l’Allemagne, portant le nombre total des cas dans ce pays à 1. 733, dont 17 cas mortels. Ceci représente une augmentation de 50 cas de SHU et de 149 cas d’infection à ECEH entre le 31 mai et le 2 juin 2011 en Allemagne, a précisé l’OMS.

Entre le 31 mai et le 2 juin, 56 nouveaux cas de SHU (dont 2 mortels) et 156 nouveaux cas d’ECEH (dont 2 mortels) ont été signalés dans le monde.

L’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, l’Espagne, la Norvège, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse ont signalé des cas de syndrome hémolytique et urémique (SHU) et/ou de diarrhée avec émission de sang. Le SHU, qui peut entraîner une insuffisance rénale, est une complication d’une infection causée par la bactérie Escherichia coli, E. coli entérohémorragique (ECEH) , qui peut provoquer des colites hémorragiques accompagnées de diarrhées sanglantes.

La souche d’Escherichia coli entérohémorragique (ECEH) isolée à partir de cas d’infection en Allemagne est une souche rare, rencontrée auparavant chez l’être humain, mais jamais lors d’une flambée épidémique provoquée par cet agent pathogène. C’est ce qui a été confirmé par le Statens Serum Institut (Danemark), centre de référence et de recherche sur Escherichia et Klebsiella de l’OMS.

« Il convient d’observer les mesures d’hygiène normales, à savoir le lavage des mains après un passage aux toilettes et avant de toucher des aliments. Toute personne souffrant de diarrhée avec émission de sang et de crampes abdominales et ayant eu des contacts récents en Allemagne du nord est priée de s’adresser de toute urgence à un médecin », a précisé l’OMS.

L’ECEH se transmet aux humains principalement par la consommation d’aliments contaminés, comme la viande hachée crue ou mal cuite et le lait cru, les produits frais, l’eau contaminée, le contact direct avec des animaux ou avec des personnes infectées. Une bonne cuisson des aliments, jusqu’à ce que tous les éléments atteignent une température d’au moins 70°C, détruit l’ECEH.

Le SHU est une maladie qui peut entraîner une insuffisance rénale aiguë (urémie), une anémie hémolytique et une faible numération plaquettaire (thrombopénie). Il touche principalement, mais pas exclusivement, les enfants. Le SHU est provoqué par une infection à l’ECEH. Selon les estimations, jusqu’à 10 % des patients touchés par cette infection peuvent développer un syndrome hémolytique-urémique, avec un taux de mortalité pouvant atteindre 5%.

27 mai 2011 Posted by | Alimentation, SANTE | , , , , , , | 3 commentaires

Pas de béton, des jardins !


photo: brassicanigra.org

 Le texte qui suit a été écrit par R. Vaneigem en soutien à la lutte locale d’un collectif spontané de Turin qui a transformé des terrains laissés dans une triste situation d’abandon en une joyeuse fête des Jardins Potagers de Mirafiori.

Ces terres, entourant l’ancienne gare de chemin de fer délaissée par l’incurie du profit, ont retrouvé les couleurs de la vie, mais cela ne plait pas – et pour cause – aux marchands de mort du capitalisme. Ainsi cette lutte continue, sous la menace d’une intervention policière vouée à la défense, aussi symbolique que musclée, d’une propriété privée de tout et, notamment, désormais,  privée de sens.

La terre appartient à qui la rend meilleure

Si une municipalité se montrait soucieuse du bien-être des citoyens, dont elle sollicite les suffrages et qu’elle est donc censée servir et représenter, elle entreprendrait de transformer partout les terrains vagues et les bâtiments inoccupés ou parasitaires en jardins, en potagers, en vergers. Alors que l’appauvrissement progresse et, avec lui, la violence inhérente à la misère et au désespoir, quoi de plus simple, de moins coûteux et de plus efficace que d’encourager la population à cultiver des lopins de terre et à améliorer ainsi ses moyens de  subsistance ?

Une communauté résolue à multiplier les arbres fruitiers, les fleurs et les légumes n’est-elle pas le meilleur garant d’une solidarité capable de désamorcer la délinquance que les pouvoirs dits « publics » affirment si souvent redouter ? Cette façon d’aérer, d’égayer et de nourrir les villes devrait être le cheval de bataille de tout homme politique sincèrement préoccupé par le bien-être de ceux qu’il appelle ses administrés. Une telle mesure n’a en soi rien de révolutionnaire, elle s’inscrit seulement dans un plan de réformes capables de prendre en compte les intérêts de la population.

Mais l’Etat et les pouvoirs régionaux montrent par leur cynisme et leur incompétence qu’ils se moquent des citoyens. Ils sont à la botte du marché mondial, des puissances de l’argent, des hommes d’affaires, des mafias locales et internationales. La corruption n’en finit pas de ronger un système de représentation factice où droite et gauche sont désormais interchangeables parce que les élus ne représentent plus que leurs intérêts personnels, conjugués aux intérêts du marché mondial. Nos démocraties parlementaires sont devenues des démocraties véreuses gouvernées par les banques.

Or cette planète partout dévastée par la cupidité, stérilisée par le profit, bétonnée par le calcul égoïste et absurde, c’est à nous qu’il appartient d’en revendiquer la propriété collective. C’est à nous de l’arracher aux multinationales, qui la condamnent à dépérir pour en tirer un ultime bénéfice et l’investir sottement dans une bulle spéculative vouée à imploser.

Se réapproprier l’eau, fertiliser le sol, recourir aux énergies renouvelables et gratuites, instaurer l’autogestion généralisée, voilà les seuls moyens de sauver la société du désastre dont la menace cet argent fou qui tourne en rond en s’épuisant et en épuisant ce qui subsiste de vivant en nous et autour de nous. Ne s’agit-il pas de remettre sur ses pieds un monde à l’envers dont les aberrations oppriment et crétinisent ?

Comment tolérer que la servilité des médias accrédite cet incroyable tour de passe-passe où l’on voit le parasitisme des mafias financières et de l’Etat escroc dénoncer comme parasites les victimes de ses malversations ? Ainsi, les parasites ne seraient pas les puissances bancaires qui ferment les entreprises pour enrichir leurs actionnaires mais bien les chômeurs, les déshérités, les malades, les exilés, les exclus, les bénéficiaires des acquis sociaux pour lesquels le prolétariat s’est battu si longtemps : retraites, allocations de chômage, sécurité sociale, bourses d’études, aides à la création.

Un système de profit semant partout la misère et la ruine pointe comme responsables du malaise psychologique et social ceux qui en pâtissent le plus. La conscience est-elle si avilie et l’intelligence si abâtardie que l’énormité d’un tel mensonge passe pour un état de fait auquel il faut se résigner ?

Allons-nous continuer à nous laisser expulser de la vie comme de cette terre qui doit appartenir à qui la rend meilleure ? Dans une époque où le retour du bouc émissaire permet aux politiciens de tourner contre le tsigane, le juif, l’arabe, l’homosexuel, l’étranger, l’en-dehors la colère suscitée par la dictature des puissances financières, notre résolution de créer collectivement des espaces et du temps  affranchis du quadrillage policier de la marchandise doit rester notre objectif prioritaire, parce que de tels lieux d’activité restaurent à la fois et la solidarité et la gratuité, toutes deux incompatibles avec la dictature de l’argent et du pouvoir.

C’est au départ d’initiatives apparemment anodines que la lutte se généralisera peu à peu. En Grèce, les conducteurs de voiture refusent les péages (on lève la barrière et on passe) et les parcmètres, que l’on rend inutilisables. L’argument juridique revendique pour le réseau autoroutier le caractère d’un bien public sur lequel les entreprises privées n’ont aucun droit de prélever un tribut. C’est un exemple qui mériterait de s’étendre au refus de payer les transports publics et d’acquitter les taxes ou impôts, qui servent désormais à nourrir les malversations de la finance internationale et les marchés de l’endettement lucratif.

La seule arme absolue capable d’éradiquer l’économie marchande, c’est la gratuité de la vie, une vie qui a la faculté de se propager par effet de résonance. Voilà ce que le chaos organisé par les multinationales tente à tout prix de dissimuler aux individus et aux collectivités en propageant la morbidité, le désespoir, la haine, l’autodestruction. La confusion émotionnelle, attisée par les derniers prédateurs, pousse aveuglément une communauté contre une autre, déchaîne l’agressivité des individus. C’est une peste qui n’est ni noire, ni brune, ni rouge mais multicolore car, de droite comme de gauche, les manipulateurs populistes en propagent le virus afin de s’arroger un pouvoir de guérisseur et de purificateur. Mais cette maladie du ressentiment qui ronge la société ronge aussi de l’intérieur leurs sottes prétentions spectaculaires

Même les policiers n’ignorent plus à quel point la construction de grands ensembles et de parkings a constitué des milieux criminogènes. Qu’ils tentent aujourd’hui de décourager la pacifique initiative qui veut rendre son humanité au paysage urbain, et ils seront demain confrontés au pire : aux émeutes de la faim, de l’ennui, du désespoir, au pillage des supermarchés, à la folie agressive, à la guerre de tous contre tous ! Eux qui sont guettés de plus en plus par le malaise général, comment pourraient-ils l’ignorer ?

Le projet «  Pas de béton, des jardins ! » est un cri de résistance joyeuse qui va se répandre partout et éradiquer peu à peu cette haine née de la frustration et du sentiment d’être exclu de sa propre vie. Nous voulons retrouver le charme de l’errance urbaine, le mariage de l’utile et de la beauté, l’ensoleillement d’une culture maraîchère où puissent fleurir aussi les œuvres d’art que tant d’artistes anonymes n’ont jamais eu l’occasion de livrer au regard des autres. Nous voulons disposer librement de zones de création, de rêverie, de poésie ; ou, nous avons un droit imprescriptible à la jouissance de lieux où la vie se restaure pour partir à l’assaut d’un monde principalement gouverné par la mort.

Nous n’avons pas besoin d’armes mais nous saurons montrer que les armes de l’argent, de la corruption et du pouvoir ne l’emporteront pas sur nous.

La conquête de la terre par la volonté de vivre souveraine implique seulement une mobilisation collective, passionnelle et consciente, qui a besoin, non de violence aveugle, mais d’une fermeté résolue à « passer outre » à toute mesure coercitive et à briser tout ce qui tenterait de l’entraver. La désobéissance civile ne progressera que là où nous construirons les conditions d’une vie meilleure.

Raoul Vaneigem, le 20 janvier 2011

……………………………………………………………..

articles liés:

10 mai 2011 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, Désobéissance civile, DECROISSANCE, résilience | , , , , , , , | Laisser un commentaire

L’importation des produits alimentaires radioactifs originaires du Japon


L’union européenne doit définitivement réduire les normes de radioactivité des produits alimentaires importés japonais .

Ces normes fixées par la Commission européenne, en 1987, année de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl,  sont très élevées et laisseraient entrer en UE des aliments jugés contaminés au Japon même!

Les normes de contamination japonaises étant beaucoup plus basses que les nôtres.

Les normes européennes sont de 1.000 Bq/l en césium pour les liquides et produits laitiers alors que les seuils japonais sont limités à 200 Bq/l.

Les normes en Europe de contamination à l’iode sont également de 500 Bq/l contre 300 Bq/l au Japon.

Trois types de normes concernent les denrées alimentaires, les enfants et le bétail.

Elles vont de plus de 500 Becquerels (Bq) par kilos ou litres pour l’iode à 1.000 Bq pour le césium.

De récentes analyses démontrent qu’un enfant consommant du lait dépasse très facilement la dose maximum admissible autorisée fixée à 1 milli-sivert (msv) par an ! Or, le césium 134, 137 et l’iode 131 sont des contaminations qui s’ajoutent à la radioactivité naturelle et occasionnent des cancers.(lire les conseils sanitaires)

Il a  été voté par le Parlement européen en février dernier que la Commission propose de nouvelles évaluations sanitaires pour chaque radionucléide et tienne compte de l’expérience morbide de Tchernobyl.

En attendant, les États-Unis et l’Europe, ont décidé de renforcer les contrôles ou de bloquer  les importations de produits alimentaires japonais. En Europe, la France a demandé à la Commission européenne d’imposer un « contrôle systématique » sur les importations de produits frais japonais aux frontières. « … les flux de ces marchandises en provenance du Japon (fruits, légumes, algues) sont interrompus, pour le moment », indique sur son site l’Autorité de sûreté nucléaire.

A suivre…


…………………………………………………………………

Articles liés:

27 avril 2011 Posted by | Alimentation, SANTE | , , , , , , | 2 commentaires

Les risques de radiation en provenance de Fukushima ne sont « plus négligeables » en Europe


Les risques associés à la contamination à l’iode-131 en Europe ne sont plus « négligeables », selon le CRIIRAD, un organisme français de recherche sur la radioactivité. L’ONG met en garde les femmes enceintes et les enfants contre les « comportements à risque » tels que la consommation de lait frais ou de légumes possédant de larges feuilles.

Rappel

Après que le nuage radioactif issu de la centrale nucléaire de Fukushima a atteint l’Europe fin mars, le CRIIRAD, un organisme de recherche sur la radioactivité basé en France, a affirmé avoir détecté de l’iode-131 dans l’eau de pluie au sud de la France.

Lors d’un test parallèle, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), l’institution publique nationale chargée de surveiller les risques nucléaires et radiologiques, a trouvé de l’iode-131 dans le lait.

En temps normal, aucune trace d’iode 131 ne devrait être détectée dans l’eau de pluie ou le lait.

La Directive Euratom du 13 mai 1996 établit les principes généraux et les normes de sécurité sur la protection contre les radiations en Europe.

En réponse aux milliers de questions de citoyens inquiets quant aux retombées en Europe de la catastrophe nucléaire de Fukushima, le CRIIRAD a compilé des informations sur les risques d’une contamination à l’iode-131 radioactif en Europe.

Ce document, publié le 7 avril, met en garde contre la consommation de l’eau de pluie et affirme que les groupes à risque, comme les enfants, les femmes enceintes ou les femmes qui allaitent, devraient éviter de consommer les légumes à feuilles, le lait et le fromage frais.

Ces risques, liés à une contamination prolongée au sein des groupes à risque de la population, ne peuvent plus être considérés comme « négligeables » et il est temps aujourd’hui d’éviter les « comportements à risque », explique le CRIIRAD.

Toutefois, l’organisation souligne qu’il n’est pas nécessaire rester à l’intérieur ou de prendre des comprimés d’iode.

Le CRIIRAD précise que cette note d’information ne se limite pas à la France, mais s’applique également aux autres pays européens, dans la mesure où le niveau de contamination de l’air est actuellement le même en Belgique, en Allemagne, en Italie et en Suisse, par exemple.

Les données concernant la côte ouest des Etats-Unis, qui a reçu des retombées radioactives de Fukushima 6-10 jours avant la France, révèlent que les niveaux de concentration d’iode-131 radioactif sont 8 à 10 fois plus élevés qu’en Europe, affirme le CRIIRAD.

Eau de pluie et eau du robinet

Selon le CRIIRAD, la plupart des questions qu’ils ont reçues concernent les risques liés à l’eau de pluie et à la consommation de l’eau du robinet.

L’organisation souligne que rester sous la pluie sans protection ne représente aucun risque, même pour les enfants. En revanche, l’utilisation de l’eau de pluie comme source principale d’alimentation est déconseillée, en particulier si les consommateurs sont de jeunes enfants.

Concernant l’eau du robinet, les sources souterraines ou les fleuves ne devraient pas poser de problème. Toutefois, l’institut précise que l’eau en provenance de citernes qui collectent l’eau de pluie sur les toits des habitations doit être examinée de plus près.

S’agissant de l’arrosage des jardins avec l’eau collectée, le CRIIRAD conseille de n’arroser que la terre et non pas les feuilles des légumes, dans la mesure où l’absorption est plus rapide et plus important à la surface des feuilles que par les racines.

Chaîne alimentaire

Les épinards, les salades, le choux et les autres légumes à feuille font partie des produits alimentaires qui sont particulièrement sensibles à la contamination à l’iode-131 s’ils sont cultivés à l’extérieur et exposés à l’eau de pluie. Laver les légumes ne sert à rien étant donné que l’iode-131 est rapidement métabolisé par les plantes, explique le CRIIRAD.

Le lait et les fromages frais, ainsi que la viande issus du bétail qui s’est nourri d’’herbe poussant à l’extérieur, sont catégorisés comme des produits pouvant avoir été contaminés indirectement et doivent aussi être contrôlés. La contamination du lait et du fromage de chèvre et de brebis serait plus importante que celle des produits bovins.

Dose à risque

La directive Euratom du 13 mai 1996 établit les principes généraux et les normes de sécurités liés à la protection contre les radiations en Europe.

Selon cette directive, l’impact de l’activité nucléaire peut être considérée comme négligeable si les doses de radiation n’excèdent pas dix micros sieverts (mSv) par an. Au-delà de cette limite, des mesures peuvent être envisagées pour réduire l’exposition.

Alors que l’iode-131 radioactif est principalement présent dans l’air sous forme de gaz, le CRIIRAD précise que dans le cas des retombées de Fukushima, le principal problème consiste à limiter l’ingestion d’iode-131.

Le CRIIRAD affirme que la quantité d’iode-131 capable de fournir une dose de 10 mSv varie largement en fonction de l’âge des consommateurs. Les enfants jusqu’à deux ans sont les plus vulnérables et l’ingestion de 50 becquerels (Bq) est suffisante pour fournir au corps une dose de 10 mSv, selon l’institut.

Si les aliments (légumes à feuilles, lait, etc.) contiennent entre un et dix Bq par kg ou plus, il est possible que le niveau de référence de 10 mSv soit dépassé en deux ou trois semaines, ajoute le CRIIRAD.

Les niveaux d’iode-131 radioactif mesurés par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) ces derniers jours montrent des niveaux différents de contamination : 0,08 Bq/kg dans la salade, les épinards et les poireaux à Aix-en-Provence, 0,17 Bq par litre dans le lait à Lourdes et 2,1 Bq par litre dans le lait de chèvre à Clansayes.

La contamination va se poursuivre

Le CRIIRAD explique que « d’importantes quantités de produits radioactifs sont rejetées par la centrale nucléaire de FUKUSHIMA DAIICHI depuis le samedi 12 mars. Ce mardi 5 avril, soit 24 jours plus tard, les rejets continuent. Cela signifie que les apports d’air contaminé sur l’Europe dureront tout autant, avec un décalage dans le temps lié au déplacement des gaz et aérosols radioactifs sur quelques 15 000 km. »

L’organisation cite également un rapport technique de l’exploitant TEPCO et de l’autorité de sûreté nucléaire japonaise (NISA) qui « laissent craindre des rejets sur encore plusieurs jours voire plusieurs semaines ».

Si d’autres incendies se déclenchent ou si les opérateurs sont à nouveau contraints de relâcher de la vapeur afin d’éviter les explosions d’hydrogène, de nouvelles phases de rejets massifs pourraient survenir, met en garde l’institut.

………………………………………………………….

26 avril 2011 Posted by | Alimentation, ENERGIE, SANTE | , , , , , | 7 commentaires

Recettes végé:


Quelques bons sites ou blog de recettes vegans

(si vous en connaissez d’autres que vous aimez, laissez un commentaire que je les rajoute)


http://mamapasta.over-blog.com/ l’excellent blog de mamapasta:
http://vegansfields.over-blog.com/
http://vg-zone.net/
Le blog d’un couple de vegans, militants pour les animaux et supers cuisiniers.
On est dans de la cuisine gastronomique là, mais ça ne veux pas dire que ce n’est pas réalisable !

http://www.veganwiz.fr/
Un site de cuisine où tout le monde peux poster (coopératif) ce qui permet d’avoir beaucoup de recettes, et de nouvelles tout les jours ! les créateurs sont italiens mais parlent français, donc en plus du reste c’est un bon site pour découvrir des recettes vegans italiennes.

http://recettes.vegan.fr/
Là aussi un site participatif, qui débute bien, à suivre de près !

http://absolutegreen.blogspot.com/
Connue pour ses articles et ses publications, Virginie Péan nous plonge dans ses découvertes culinaires originales et variées.

http://cuisinez-vegetalien.net/
Un excellent site, très bien fourni (500 recettes !) des grands classiques revisités, aux plus originales. Pour le moment il n’est pas réactualisé, mais il y a déjà de quoi faire !

http://avis.free.fr/livret_278_recettes.pdf
Un livret en PDF de 278 recettes vegan, de l’entrée au dessert, pratique !

http://animaux-et-loisirs-creatifs.over-blog.fr/categorie-10663050.html
Le blog de Quenotte, du forum

http://www.vegetalou.com/ visiblement de très bonnes recettes là aussi…
edit : recettes en pause pour l’instant, l’auteur est aux US et elle y raconte ses découvertes culinaires

http://pigut.mintyway.com/ le site de Sayang, du forum, recettes très natures

Et quelques autres…

http://plaisirvegan.blogspot.com/

http://macuisinevegetalienne.blogspot.com/

http://www.plaisirvegetal.fr/

http://www.veganquebec.net/spip.php?rubrique2

http://www.veganpeace.org/fr/recettes/recettes.htm

http://www.100vegetal.blogspot.com/

http://goinfrounet.wordpress.com/

http://adorateurs2seitan.free.fr/

http://veganmorgane.canalblog.com/

http://recettes-veganes.blogspot.com/

http://doyouspeakvegan.blogspot.com/

http://www.lacuillere.com/recettes/recherche?avec_tag=veg2 sur ce site tout n’est pas végétalien, mais il y a une recherche vegan rapide

http://vivrevegan.fr/category/manger-vegan/recettes/

http://aequoanimo.com/vegrecettes.html

http://vivezvege.blogspot.com/

http://www.jardinvegan.com/

http://saveurs-et-gourmandises-d-eugenie.over-blog.com/

http://100poursans.over-blog.com/

http://vegetalimpro.canalblog.com/

http://www.vegetarisme.fr/ressources.php?content=ressources_cuisine_recettes

http://www.metagama.com/pap/index.php/Chronique-culinaire-kecily

http://aspiringvegan.eu/

Manger végétalien:http://www.cuisinez-vegetalien.net/

Plein de recettes

 

26 avril 2011 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME | , , | 4 commentaires

Les agriculteurs et leurs familles, premières victimes des pesticides


Par Nolwenn Weiler

D’ici quelques années, les victimes de pesticides pourraient se compter par milliers… Il y a en effet de plus en plus de malades parmi les agriculteurs français, leurs salariés et leurs familles. Et les maux constatés sont clairement liés aux produits phytosanitaires déversés sur les cultures depuis plusieurs dizaines d’années. Quelques victimes ont décidé de sortir du silence.

Photo : © www.mdrgf.org

Oser prendre la parole. C’est sans doute l’une des difficultés majeures auxquelles sont confrontés les agriculteurs victimes des pesticides. La France est, avec 65.000 tonnes pulvérisées chaque année, le premier consommateur européen. Gilbert Vendée, 55 ans, atteint de la maladie de Parkinson, fait partie de ceux qui ont choisi de témoigner. Salarié agricole, il était, en tant que chef de culture, chargé de préparer et épandre les pesticides.

Il ne s’est jamais protégé pendant la phase de traitement. « Avoir un masque, même dans une cabine climatisée, c’est horrible, précise-t-il. Surtout que l’on travaille souvent, dans ces périodes-là, de 12 à 22 heures ! » Quand un jet du pulvérisateur est bouché, « on n’a pas le temps d’attraper le masque », ajoute-il. Résultat : un contact respiratoire et cutané très important avec des molécules dont on sait aujourd’hui qu’elles peuvent provoquer de très graves maladies.

Un déni très fort

Après plusieurs années de combat, Gilbert Vendée a obtenu la reconnaissance du caractère professionnel de sa maladie. Devenant l’une des toutes premières victimes officielles des pesticides. Soutenues par l’association Générations futures, ces personnes ont décidé de créer une association d’aide et de soutien aux professionnels victimes des pesticides. Constituée le 19 mars dernier à Ruffec, en Charente-Maritime, Phyto-victimes entend, pour commencer, « informer les professionnels de l’impact des pesticides sur leur santé ».

Le lien entre travail et maladie ne va pas de soi pour le corps médical français. Et la question du parcours professionnel est trop peu souvent posée aux personnes atteintes de maladie graves, comme des cancers ou des maladies neuro-dégénératives. Dans le milieu agricole, le déni est particulièrement fort. Xavier Beulin, président de la toute puissante Fédération nationale des syndicats des exploitants agricoles (FNSEA) n’a-t-il pas annoncé sur RTL le 24 janvier dernier que le cas de Yannick Chenet, un agriculteur décédé quelques jours avant d’une leucémie due aux pesticides, était isolé ? Et que les dispositifs d’épidémio-surveillance étaient performants en France ?

Quand on dit qu’on est malade, on abonde en plus dans le sens de tous les citoyens qui assimilent les agriculteurs à de simples pollueurs. Et ce n’est pas facile à porter. Remettre en cause une vie entière de travail (souvent rude), n’est pas chose aisée non plus. La conséquence ? Pour le moment, sur le million d’agriculteurs et salariés agricoles français, dont la grande majorité utilisent des pesticides, ils ne sont qu’une trentaine à avoir obtenu la reconnaissance de maladie professionnelle.

L’omerta se brise

Mais le silence se fait moins pesant. Au sein de la Mutualité sociale agricole (MSA), ce problème majeur de santé publique est pris très au sérieux. Au moins par une partie du personnel. En témoigne le travail mené depuis 10 ans par Phyt’attitude, le réseau de surveillance toxicologique de la Mutuelle, qui note que de plus en plus d’agriculteurs et de salariés se plaignent d’affections chroniques et persistantes, certainement liées aux produits chimiques : des symptômes cutanés (démangeaisons et brûlures), digestifs (nausées, vomissements, douleurs abdominales), neuromusculaires (maux de tête, vertiges ou fourmillements) et ophtalmologiques.

Si les données épidémiologiques manquent en France, on sait aujourd’hui, grâce à des études réalisées ailleurs dans le monde (et notamment aux États-Unis) que les pesticides peuvent causer des maux plus graves encore. Notamment ces cancers, des troubles de la reproduction (infertilités, malformations, morts-nés, fausse-couches) ou des risques neurologiques (comme la maladie de Parkinson). C’est par les voies respiratoire ou cutanée que les molécules mortelles pénètrent le corps des agriculteurs, à divers moments du traitement : pendant la préparation du produit, la manipulation des semences traitées, l’application (mécanisée ou manuelle) et le nettoyage du matériel ou de l’Équipement de Protection Individuel (EPI), qui comprend masques, gants et combinaison.

Des protections inefficaces

Les informations sur la dangerosité des molécules et les précautions d’utilisation – que les fabricants se vantent de fournir – sont très difficiles d’accès. Parce que très denses et parfois écrites avec des caractères illisibles. « Le système actuel de notification de l’information toxicologique n’est pas toujours accessible aux non initiés car le langage utilisé est souvent par trop scientifique  », note Laure Ledouce, Ingénieur prévention risques phytosanitaires à la MSA [1].

Les vendeurs conseillent par ailleurs aux agriculteurs l’utilisation de « matériel performant  ». Entendez : des tracteurs avec cabines, par exemple. Ou des pulvérisateurs dernier cri que la plupart des paysans n’ont pas les moyens de se payer. Dans la région du Beaujolais, 60% des équipements ne sont pas récents. À peine 15% des tracteurs ont des cabines. Le port des gants évidemment recommandé n’est quasiment jamais appliqué parce qu’ils font perdre en dextérité.

Quant aux combinaisons, préconisées, elles sont simplement inefficaces ! Dans un rapport rendu en janvier 2010, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) précise que les résultats des deux campagnes d’essais portant sur l’efficacité des combinaisons de protection chimique « indiquent que seulement deux modèles sur les dix testés sont conformes en matière de perméation aux performances annoncées par les fabricants ».

Femmes et enfants victimes aussi

Les agriculteurs ne sont pas les seuls à être touchés. On estime que 40 à 60% des produits n’atteignent pas le sol. Et restent en suspension dans l’air. Les femmes sont particulièrement concernées par cette exposition « post-traitement ». Mais les données épidémiologiques manquent sur l’état sanitaire de cette population qui, pendant longtemps, n’a pas eu de statut au sein des exploitations. Et cette contamination féminine est d’autant plus problématique qu’elle implique, en cas de grossesse, une contamination fœtale. En plein développement cellulaire, le fœtus est plus fragile aux agressions de son environnement. C’est ce qu’ont montré différentes études.

Outre les risques de malformations (notamment génitales) à la naissance, cette exposition précoce multiplie les risques de cancers : les effets additionnels ou synergiques des cocktail de substances chimiques s’avèrent (quand ils sont évalués) catastrophiques. Les enfants d’agriculteurs sont en contact avec les pesticides in utero et après la naissance avec les particules en suspension dans l’air à proximité de l’habitation, ou sur les vêtements et la peau des parents. Cette proximité directe en fait des victimes directes, et pas toujours identifiées.

Les fondateurs de l’association Phyto-victimes entendent bien aider leurs pairs, et leurs familles, à sortir de l’ombre. « Suite aux articles parus dans un quotidien régional, informant de la fondation de l’association, nous avons eu une trentaine d’appels, de personnes malades, » rapporte Nadine Lauverjeat, porte-parole de Générations futures. « C’est un signe à la fois encourageant et inquiétant. Nous soupçonnons qu’il risque d’y avoir des milliers de victimes…  »

Vers une autre agriculture ?

Pour ce recensement, qui s’avèrera peut-être apocalyptique, Phyto-victimes entend mailler le territoire de comités régionaux. « L’objectif, c’est aussi d’apporter des réponses concrètes aux personnes concernées en leur prodiguant des conseils juridiques, médicaux et scientifiques », poursuit Nadine Lauverjeat. Parmi les conseils à retenir : l’importance de se faire épauler par un avocat compétent sur ces questions pour entamer les démarches de reconnaissance de maladie professionnelle. Un processus spécifique, notamment dans le milieu agricole. « Avoir l’appui d’un médecin, et des écrits de toxicologue(s) est un plus intéressant, précise Nadine Lauverjeat. De même que la liste précise des produits utilisés au cours de la vie professionnelle. »

Autre ligne d’attaque : l’évolution vers d’autres pratiques agricoles. Un apprentissage qui peut prendre du temps. La déconstruction d’un mode de travail pratiqué pendant de nombreuses années peut être longue et douloureuse. Mais elle est loin d’être impossible. Cela implique de revenir aux fondamentaux de l’agriculture, et de « faire plus d’agronomie et moins de chimie », comme le résume Paul François, agriculteur, victime de pesticide, et président de Phyto-victimes. Une démarche qui est « un vrai casse-tête mais très intéressante ».

Le gouvernement actuel semble malheureusement peu intéressé par ce possible renouveau agricole. En 2011, le crédit d’impôt dont bénéficiait l’agriculture biologique, qui n’utilise jamais de pesticides, a été divisé par deux. Et les agrocarburants, jamais bios, ont été gratifiés d’une aide de 196 millions d’euros (via des exonérations fiscales) ! L’Institut national de recherche agronomique (Inra) a pourtant expliqué que leur développement était incompatible avec une diminution des pesticides. Mais l’environnement, « ça commence à bien faire  », pour reprendre une célèbre saillie de notre Président de la république, au salon de l’agriculture 2010. La santé des agriculteurs aussi ?

Nolwenn Weiler

Notes

[1] intervention lors du colloque « Phytosanitaires : quelle place pour la santé des agriculteurs ? » organisé en mars 2010 par la Mutuelle

……………………………………………………………………….;

source:bastamag

22 avril 2011 Posted by | Alimentation, DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE, SANTE, TRAVAIL | , , , , | 2 commentaires

FOOD, INC.


Food, Inc. décortique les rouages d’une industrie qui altère chaque jour notre environnement et notre santé. Des immenses champs de maïs aux rayons colorés des supermarchés, en passant par des abattoirs insalubres, un journaliste mène l’enquête pour savoir comment est fabriqué ce que nous mettons dans nos assiettes. Derrière les étiquettes pastorales de « produits fermiers », il découvre avec beaucoup de difficulté le tableau bien peu bucolique que les lobbys agro-alimentaires tentent de cacher : conditions d’élevage et d’abattage du bétail désastreuses, collusion entre les industriels et les institutions de régulation, absence de scrupules environnementaux, scandales sanitaires…

Éleveurs désespérés, experts indépendants, entrepreneurs intègres et défenseurs du droit des consommateurs esquissent, chacun à leur manière, le portrait d’une industrie qui sacrifie la qualité des produits et la santé de ses clients sur l’autel du rendement.

28 février 2011 Posted by | Alimentation, SANTE, webTV | , , , | Laisser un commentaire

Le compost des templiers


  • La Méthode templière

(courtoisie d’Armand ELL)

Recette synthétisée par Armand Ell en 1972 à partir de la traduction du bas-latin en français par l’historien français Laurent Dailliez du manuscrit templier du 12e siècle .

Il s’agit ici du compost no 1: « Fertilitate ac necessitate » (le plus intéressant des huit dont DAILLIEZ a retrouvé la description).

Armand Ell explique la fabrication alchimique de L’Or Organique, « Humus Vivant », déjà employé par les agriculteurs de l’Ordre du Temple, dès l’an 1 160, à Tomar, sous l’impulsion du Grand Maître Gualdim Pais.

Cette méthode était également utilisée dans les abbayes cisterciennes au Moyen-Age.

  • Il faut couper uniquement de matière végétale VIVANTE avec les feuilles et les rameaux en sève, du printemps à l’automne, et cela sans tri ni dosage!!! (Broussailles, arbustes, herbacées en voie de lignification, taille de haies, de rosiers, ronces, résineux,…)
      A) préparation manuelle: ne jamais dépasser 8 mm. d’épaisseur, la longueur des branches n’ayant pas d’importance. B) préparation mécanique: on peut utiliser tous les diamètres acceptés par le broyeur à condition que le broyât soit réduit également 8 mm. d’épaisseur (inutile d’affiner sous nos climats).
  • Trempage à cœur de la matière vivante fraîchement coupée, et cela uniquement dans de l’eau pendant environ 24 h. (ne pas jeter le jus).
  • Pré-compostage:
    avec les végétaux nobles et non résiduels imprégnés d’eau, on confectionne un tas TRÈS TASSÉ qui va rester en place à même le sol pendant 21 jours minimum. Ce tas doit obligatoirement avoir un volume minimum de 4m3, mais il peut être préparé en plusieurs jours (voire semaines). Le pré-compostage de 21 jours commence lorsque le tas est terminé aux mesures et tonnage désiré!!! La fermentation bactérienne se manifeste par une chaleur interne du tas pouvant atteindre 60 à 70 , et même plus.
  • Passé les 21 jours, on ouvre le tas en le cardant, avec une fourche ou un croc retourné, afin de l’aérer.
  • Le compostage proprement dit commence:
    mesurer à même le sol une base de 2,2 m. et placer au centre un bâton de 1,6 m. (absolument indispensable). A l’inverse du pré-compostage, les végétaux en décomposition seront « très aérés ». Terminé, le tas sera recouvert, pour le protéger, de 2 cm. de terre ou de sable (ou les deux), toujours sans tasser. Pour terminer, il faut encore le mettre à l’abri du vent, c’est-à-dire, recouvrir le tout de branchages ou autre couverture (surtout pas de plastique, pour ne pas l’étouffer). Cette phase dure 90 jours
  • Ce compost vivant ne peut être employé qu’en surface.
    Pour vos semis en ligne ou à la volée, par exemple, procéder comme pour un semis classique dans le sol, puis recouvrir, dans le cas « sans aucun arrosage », de 7 cm. d’humus vivant. Pour les semis ou plantations faits ultérieurement à l’épandage du compost des Templiers, ouvrir un sillon, ou un trou, dans la nourriture originelle du sol, semer ou planter et recouvrir (même les graines de carottes passent à travers les 7 cm. de compost de broussailles!!!).
  • Pour un jardin potager de 100 m2, il faut compter environ 4 m3 de matière pour obtenir des « produits sains et exempts de tous résidus, et sans aucune maladie. Cela sans aucun traitement d’aucune sorte, sans aucun arrosage (voir sécheresse en 1976)

La méthode de Jean Pain (d’après « Les méthodes Jean Pain » Ida et Jean Pain, auteurs-éditeurs, Villecroze 1980, pages 16 à 21)

Matière première: Jean Pain utilisait tous végétaux de la forêt méridionale française (chêne, pin, bruyère, thym, romarin, lavande, sariette, genêts, cade, genèvrier, lentisque, filaria, cystes, fougère, euphorbe, daphnée, rue, salsepareille,…) sans choix, ni tri, ni dosage. La seule restriction étant un diamètre de branches limité à 8 mm. pour le compostage sans broyage.
Imprégnation: la broussaille doit être imprégnée d’eau pendant un ou plusieurs jours, suivant le diamètre des branches. Les broussailles imprégnées sont mises en tas (4 m3 min.) bien tassé puis laissé pendant 3 semaines.
Ensuite, le tas est cardé et réentassé sur 2m20, à la base, et 1m60 de hauteur, sans tasser, cette fois-ci. Toujours sans tasser, on répand, sur le tas, une couche de 2 cm de terre ou de sable, ou de terreau ou encore d’ancien compost. Pour finir, de gros branchages viennent protéger le tas contre le soleil et les intempéries.
Dans les jours suivants, une vive fermentation se déclenchera culminant parfois à 75 degrés C.
Après 3 mois, le compost de broussailles est prêt à l’emploi. En tout, les opérations auront duré 111 jours. Le compost sera utilisé en surface (il n’est enfouissable qu’après le neuvième mois).

 

Télécharger en pdf

Les-Templiers-et-l-agriculture-ou-les-composts-templiers-pdf.Capture d’écran 2015-06-16 à 09.29.50

……………………………………………..

Article lié: le compost lasagne

 

14 février 2011 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation | , , , , | 3 commentaires

L’autonomie alimentaire en France


Définie pour la première fois en 1996 par Via Campesina, la souveraineté alimentaire est un droit international qui laisse la possibilité aux pays de mettre en place les politiques agricoles les mieux adaptées à leurs populations sans impact négatif sur les populations d’autres pays. Elle accorde une importance aux conditions sociales et environnementales de production des aliments et prône un accès plus équitable à la terre pour les paysans.

Localement, la souveraineté alimentaire favorise le maintien d’une agriculture de proximité destinée en priorité à alimenter les marchés régionaux et nationaux. Les cultures vivrières et l’agriculture familiale de petite échelle doivent être favorisées, du fait de leur plus grande efficacité économique, sociale et environnementale.

RECREER UN PERIMETRE DE SECURITE ALIMENTAIRE revient à nourrir sa population avec des aliments en quantité suffisante, d’une qualité sanitaire et nutritionnelle remarquables, produits localement avec l’énergie locale et apportant à l’agriculteur un revenu juste et une position sociale reconnue.

La question de la souveraineté alimentaire est déjà cruciale dans bon nombre de pays qui n’ont pas la capacité de se nourrir par eux-mêmes ou l’ont perdue à cause de la déstructuration de leur agriculture imposée par le marché et/ou les pays colonisateurs  (L’Inde par l’Empire britannique, bon nombre de pays africains par la France…).

1274875803

La raréfaction du pétrole, la stérilisation systématique des terres fertiles et la déstructuration des filières locales risque de la faire devenir non moins primordiale pour la France et les pays occidentaux d’ici quelques années.

Si elle n’est plus approvisionnée par camions l’Ile-de-France ne dispose que de quelques jours d’autonomie alimentaire.


Dans sa production, l’Ile-de-France est autonome à 26 % seulement pour ses besoins en pommes de terre, 0,5 % pour la viande, 10 % pour les légumes frais, 1,5 % pour les fruits (à l’exception des pommes 5,5 %), 1 % pour le lait, 12 % pour les œufs. En revanche, elle est autonome à 159 % pour le blé et 117 % pour le sucre…

L’autonomie globale de la France pour les légumes frais et les fruits n’est que de 91% et 59% (à l’exception des pommes 166%)… source écopédia

 

sur le même sujet:



8 février 2011 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, DECROISSANCE | , , , | 2 commentaires

Les prix de la nourriture atteignent des niveaux record dans le monde


Les prix de la nourriture atteignent des niveaux record dans le monde

La FAO a annoncé que les prix de la nourriture avaient atteint un niveau record en janvier 2011 au niveau mondial, du fait notamment des phénomènes météorologiques extrêmes qui affectent de nombreux pays.

Les prix de la nourriture au niveau mondial ont atteint un niveau record en janvier, et les récents événements météorologiques catastrophiques autour du globe pourraient mettre encore davantage de pression sur le coût de la nourriture.

Pour le septième mois consécutif, l’Indice des Prix de la Nourriture mis à jour par l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) a atteint son niveau le plus haut jeudi depuis ses début en 1990, et a dépassé le pic des 224,1 de juin 2008, dernier record en date lié à la crise alimentaire de 2007/2008, d’après un communiqué.

« Les nouveaux chiffres montrent clairement que la pression sur les prix mondiaux de la nourriture ne décroît pas. Ces prix élevés sont susceptibles de persister dans les mois à venir » a déclaré un expert économiste de la FAO, Abdolreza Abbassian.

Les prix de la nourriture au niveau mondial ont atteint un niveau record en janvier

La montée des prix de la nourriture est revenue sur le devant de la scène après avoir participé à aviver le mécontentement du peuple tunisien qui a débouché sur une révolution politique en janvier conduisant à la démission du Président du pays.

Ce mouvement de contestation s’est depuis lors étendu à l’Egypte et à la Jordanie, et laisse supposer que d’autres pays de la région sécuriseront leurs stocks de céréales pour rassurer leur population.

Le Président de la Banque Mondiale Robert Zoellick a demandé aux leaders mondiaux de « placer l’alimentation en premier » et a souligné le besoin de réduire la volatilité des prix.

« Nous sommes sur le point d’être confrontés à une tendance plus large d’augmentation des prix des biens de base, y compris des prix de la nourriture » a-t-il déclaré.

Une série de phénomènes climatiques affectant les principales cultures de plusieurs pays pourrait par ailleurs exercer davantage de pression sur les prix de la nourriture dans les semaines à venir, alors qu’un cyclone considérable balaie actuellement l’Australie, qu’une tempête de neige ravage les cultures américaines et que des inondations dévastent la Malaisie.

La sécheresse dans la région de la Mer Noire l’an dernier, les pluies diluviennes en Australie, le climat sec en Argentine et l’anticipation d’une augmentation de la demande après les mouvements sociaux en Afrique du Nord et au Moyen Orient, ont déjà fait augmenter le prix du blé jusqu’à son niveau le plus haut depuis deux ans et demi.

L’expert de la FAO a mis l’accent sur l’état actuel des cultures : « C’est la situation des réserves [qui est préoccupante]. Ce n’est pas le moment où nous obtiendrons des réserves supplémentaires du monde entier » a-t-il indiqué.

« Les réserves ne vont pas s’améliorer jusqu’à ce que nous saurons ce qui va se passer (pour les cultures des principaux pays producteurs) plus tard dans l’année » a-t-il ajouté.

La combinaison des prix élevés du pétrole et du carburant, de l’utilisation croissante des biocarburants, du mauvais temps et de l’extension des futurs marchés avait fait augmenter les prix de la nourriture en 2007/2008, provoquant des manifestations violentes dans des pays tels que l’Egypte, le Cameroun et Haïti.

Le Cameroun a déclaré jeudi qu’il avait créé une agence pour acheter et réguler les prix des importations de nourriture, une initiative visant à éviter de revivre l’augmentation des prix qui avait conduit aux émeutes de 2008 au cours desquelles 100 personnes avaient été tuées par les forces de sécurité du pays.

Les économistes européens ont souligné la menace que représente cette soudaine inflation des prix de la nourriture sur les économies mondiales.

D’après Janis Huebner, un économiste pour la banque allemande DekaBank, l’inflation en partie alimentée par l’augmentation des prix de la nourriture pourrait en retour provoquer une augmentation des taux d’intérêt dans plusieurs pays cette année.

« Cela pourrait signifier un ralentissement de la croissance dans les pays qui augmenteront leurs taux d’intérêt » a-t-il indiqué. « Cela pourrait impliquer les pays asiatiques et d’autres régions »

Par Sandra BESSON

6 février 2011 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation | , , , | Laisser un commentaire

Pour une charte de bonne pratiques de l’épandage


Tulle: pomiculteurs et élus pour une charte de bonne pratiques de l’épandage

TULLE – Une quarantaine de pomiculteurs, élus et riverains ont participé mercredi à Tulle à une réunion au cours de laquelle ils se sont mis d’accord sur l’adoption d’une charte de bonnes pratiques de l’épandage de pesticides, a constaté un correspondant de l’AFP.

Cette rencontre, initiée par le préfet, a permis aux différentes parties en présence d’élaborer un certain nombre de règles que chacun s’est engagé à respecter afin de limiter les problèmes liés à l’utilisation des pesticides et à leur épandage.

Ainsi, cette charte des bonnes pratiques de voisinage devra être prête d’ici mi-mars, date du début de la campagne de sulfatage. Elle prévoit notamment une distance à respecter entre les vergers et les habitations, une information des riverains sur les dates des sulfatages et une cartographie des zones risques.

« Cela fait deux ou trois ans que je souhaitais une charte de bons voisinages. On ne pouvait pas continuer comme ça. (…) L’agriculteur est un homme libre mais encadré dans le respect des règles », a souligné à l’issue de la rencontre Yves Chauffaille, président de la coopérative Perlim et de l’association Pommes du Limousin.

« Je ne suis pas surpris mais déçu. Le volet sanitaire a été écarté par le préfet alors que j’avais demandé des expertises sur les conséquences pour la santé », a pour sa part regretté Fabrice Micouraud, président d’Allassac-Oeuvrons pour les générations futures, qui demande non pas une charte mais la simple application de l’arrêté du 12 sept 2006 qui réglemente les épandages.

Trois pomiculteurs de Corrèze avaient comparu mi-janvier devant le tribunal correctionnel de Brive pour avoir épandu des pesticides sur leurs vergers par vent trop fort, un procès pénal qui pourrait faire jurisprudence.

La décision a été mise en délibéré au 10 mars.

(©AFP / 02 février 2011 19h54)

3 février 2011 Posted by | Alimentation, SANTE | , , , | Laisser un commentaire

La France occupe le troisième rang mondial sur le marché des pesticides


La France occupe le troisième rang mondial sur le marché des pesticides (insecticides, fongicides, herbicides) et le premier rang européen avec 76 000 tonnes de substances actives, dont 90 % pour les usages agricoles.

Les productions les plus consommatrices (céréales à paille, maïs, colza et vigne) qui occupent moins de 40 % de la surface agricole utile (SAU) nationale, utilisent à elles seules près de 80 % des pesticides vendus chaque année en France. L’arboriculture fruitière, qui représente 1 % de la SAU, représente en valeur 4 % du marché national des fongicides et 21 % du marché des insecticides.

Une contamination généralisée des eaux par les pesticides est constatée dans 80 % des stations de mesure en eau superficielle et 57 % en eau souterraine ainsi qu’une rémanence forte dans les sols de produits interdits depuis de nombreuses années (pour exemple le chlordécone dans les DOM). Quant à leur impact sur la qualité de l’air, des effets sur la santé humaine ont déjà justifié le lancement d’études épidémiologiques.

Cette situation découle directement des choix politiques en matière de développement agricole et rural. La distribution des soutiens financiers de la PAC a orienté l’agriculture vers la spécialisation, avec, d’un côté, des plaines de monoculture de blé, de maïs,de betteraves, de fruits et légumes … et, de l’autre, des concentrations d’élevages de type industriel, générant d’importantes quantités de lisier qui refroidissent les sols et asphyxient la vie microbienne.

Dans le premier cas, les sols sont usés, compacts, bétonnés et sans humus, nécessitant d’importants travaux mécaniques accompagnés de l’utilisation massive de désherbants, d’insecticides et d’intrants chimiques. Dans le second, la résorption des déchets de l’élevage provoque systématiquement des labours répétés (problème d’émanations et absorption des nitrates et de l’azote par des plantes gourmandes en intrants et en eau).

Les résultats sont sans appel. Les sols se sont chargés de nitrates, de pesticides et désormais de métaux lourds quasiment impossibles à résorber et dont les combinaisons pourraient créer des surprises irréversibles, notamment par des mutations bactériologiques.

Dans le même temps, la réduction massive du nombre de paysans (80 % ont disparu entre 1960 et 2004*) a provoqué un changement radical des choix de développement agronomique.

L’exemple de la production laitière est parlant : plus l’élevage grandit en nombre d’UGB (unité de gros bétail), plus le recours à l’alimentation à l’auge est important. Résultat : le retournement des prairies a fait place à la culture de maïs, consommatrice d’intrants… et source de bénéfices pour les firmes agrochimiques et semencières. Ainsi, les prairies ont disparu, les eaux souterraines et les nappes superficielles sont devenues les réservoirs poubelle de produits chimiques et de molécules soit disant biodégradables. Le système devient irréversible, ôtant toute autonomie au paysan, ou le peu qui lui en restait dans le cadre d’une politique agricole commune contraignante. On fabrique des matières agricoles à bas prix et on enferme l’agriculture et les territoires ruraux dans un cadre défini aux antipodes des attentes de la société française a pris la mesure des enjeux à haut risque depuis les crises sanitaires récentes. La fonction paysanne d’agronomie disparaît quasiment en éloignant notre métier du triptyque vivant « végétal, animal et biodiversité ».


source:Confédération Paysanne


* Source : INSEE (recensement 1993) et AGRESTE (Graphagri 2005)

3 février 2011 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation | , , | Laisser un commentaire

Un viticulteur meurt d’une « maladie professionnelle » due aux pesticides



Yannick Chénet, 45 ans, viticulteur à Saujon (Charente-Maritime) s’est éteint samedi soir des suites d’une leucémie reconnue comme maladie professionnelle par la Mutualité sociale agricole. Il avait notamment témoigné dans le film « Severn » de Jean-Paul Jaud sur le danger des pesticides.

Dans ce long métrage, Yannick Chénet livrait un témoignage poignant sur sa maladie :  « Les produits qui m’ont empoisonné et ceux qu’on me donne pour me guérir sont fabriqués par une seule et unique firme. »

………………………………………………………………………………………………..

Lire également:

19 janvier 2011 Posted by | Alimentation, SANTE, TRAVAIL | 3 commentaires

Claude Bourguignon – Extrait 2 «Sous les pavés, la Terre»


Extrait de « Sous les pavés, la Terre », un documentaire environnementaliste de Thierry Kruger et Pablo Girault

Claude Lydia BOURGUIGNON, mort des sols = mort des hommes !


12 janvier 2011 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, webTV | , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

la préparation des pousses de bambou.


Il y a des bambous dans votre entourage ? Vous avez bien de la chance !

Les turions (les pousses) de toutes les espèces sont comestibles, bien que certains puissent être assez amers. Phyllostachys edulis fait l’objet de cultures industrielles dans ce but. Les jeunes pousses sont cueillies, un peu comme des asperges, dès qu’elles commencent à sortir de terre. La plupart des espèces ne se mangent pas crues à cause de leur amertume. On les fait bouillir ou griller dans leur enveloppe, que l’on enlève ensuite, avant d’émincer le cœur des pousses pour les préparer en salade, en friture ou en sauce. Les pousses de certaines espèces (Sasa) peuvent être grillées au four et dégustées directement.

Voici la méthode japonaise de préparation des pousses de bambou.

-Laver et retirer quelques feuilles à la base de la pousse

-fendre en deux a partir de la moitie vers le haut,

-Disposer les pousses dans une casserole pleine d’eau avec une poigné de riz (l’amidon conservera la couleur de la pousse)

-Porter à ébullition

-Laisser mijoter à feu doux une bonne heure.

-Quand la base est suffisamment tendre pour y planter un couteau,

-retirer du feu et laisser refroidir complètement

-Quand c’est froid, sortir les pousses de bambou de l’eau.
-Enlever les feuilles de la partie supérieure.

-Utiliser tel quel ou en tant qu’ingrédient.

Les pousses de bambou ont une forte teneur en fibres et en minéraux pour un faible apport calorique. Leur teneur en germanium, notamment, leur conférerait un  effet positif contre le vieillissement des cellules, alors à vos baguettes!

8 janvier 2011 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation | , , , | Un commentaire

Trois pomiculteurs de Corrèze coupables!


Mardi à Brive, trois pomiculteurs de Corrèze étaient assignés en justice pour une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. La plainte avait été portée par l’ONGF d’Allassac « Œuvrons pour la Nature et les Générations Futures » contre les cultivateurs qui ont utilisé, en mai 2010, des pesticides par un vent supérieur à 20km/h, ce qui est interdit par le code rural. Les pomiculteurs ont plaidé coupable de non-respect des conditions d’épandage de pesticides. La date du jugement a été arrêté le 13 janvier prochain.

Ce procès, le premier du genre « pourrait offrir l’opportunité de créer une jurisprudence favorable aux particuliers vivant à proximité de champs cultivés de manière intensive, toutes les personnes concernées, pourraient invoquer cette décision de justice en cas de non-respect de la loi », a déclaré François Veillerette, porte-parole de Générations Futures qui s’est constituée partie civile aux côtés de l’association ALLASSAC ONGF.  Des milliers de personnes seraient  »potentiellement concernées par une telle situation. » Cette action,’‘ doit permettre à terme d’envisager la mise en place de zone de protection pour les particuliers qui vivent à proximité de zones traitées », espère-t-il.

La population vivant en Aquitaine est particulièrement sensible à ce problème, la viticulture étant la culture employant la plus grande quantité de biocides.

+études sur les pesticides et les cancers:

des milliers de personnes seraient  »potentiellement concernées par une telle situation. » Cette action,’‘ doit permettre à terme d’envisager la mise en place de zone de protection pour les particuliers qui vivent à proximité de zones traitées », espère-t-il.

7 janvier 2011 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, SANTE | , , , , | Laisser un commentaire

il faut 4 à 10 fois plus de terre pour nourrir des mangeurs de viande que des végétariens.


Dans « Diet for a small planet », France Moore Lappe nous demande de nous imaginer… assis devant un bifteck de 200 g.

« Imaginez alors la pièce remplie de 45 à 50 personnes avec des assiettes vides devant eux. Pour ‘ le coût d’alimentaire ‘ de votre bifteck, chacune de leur assiette pourrait être remplie d’une pleine tasse de céréales cuisinées. »

RÉDUISONS NOTRE CONSOMMATION DE VIANDE

33% des terres cultivables de la planète sont utilisées à produire l’alimentation des animaux d’élevage ; 26% de la surface des terres émergées non couvertes par les glaces est employée pour le pâturage.
Au total, ce sont 70% des terres à usage agricole et 30% de la surface de la terre qui, directement ou indirectement, sont consacrées à l’élevage. De plus, 35,5% du volume des céréales produites dans le monde sert à nourrir les animaux d’élevage. Soit 670 millions de tonnes au total ! Un volume qui suffirait amplement à nourrir les 850 millions d’êtres humains souffrant de malnutrition.

il faut 4 à 10 fois plus de terre pour nourrir des mangeurs de viande que des végétariens.

Par exemple, il faut 300 g de céréales pour produire 100 g de poulet, 500 g de céréales pour 100 g de bœuf. Il en faut encore plus pour produire 100 g de porc.
500 g de céréales sont donc nécessaires à la production de 100 g de bœuf. Juste une petite comparaison, 100 g de bœuf fournissent 16 g de protéines alors que 500 g de céréales fournissent 50 g de protéines. Ne pensez-vous pas que nous avons perdu des protéines en chemin? Est ce qu’il ne serait pas intelligent que les personnes qui ont les moyens et la possibilité de s’acheter un steak partagent leurs protéines avec ceux qui en ont besoin tout simplement en préférant occasionnellement des plats de végétaux ou céréales?
· Quelques chiffres intéressants

Apparemment si les Américains réduisaient leur consommation de viande de 10 %, cent million de personnes pourraient être nourries par les céréales qui étaient utilisées pour le bétail. Et si chacun d’entre nous réduisait sa consommation de viande ou même devenait végétarien? Faites-en les calculs.

Aux États-Unis 70 % des céréales vont aux animaux d’élevage. En Inde seulement 2 % des céréales vont aux animaux.

Selon la section d’« Agriculture mondiale » de la FAO, à l’heure actuelle 776 millions de personnes, soit 1 sur 6 souffrent de malnutrition et, en dépit d’une production céréalière en augmentation de près d’un milliard de tonnes depuis le milieu des années 1960, un pourcentage important de cette quantité n’est pas utilisé au bénéfice des humains. Un peu plus d’un tiers du rendement mondial en céréales est destiné aux animaux chaque année, de même qu’un quart de la production mondiale de poissons.

En 1985, pendant la famine en Éthiopie, alors que la population mourait de faim, le même pays exportait des céréales pour le bétail anglais.

Ce modèle s’étend même à la Chine qui augmente sa consommation de viande à mesure que sa population s’enrichit. Certains agriculteurs américains prévoient que dans l’avenir, l’agriculture intensive (occidentale) permettra d’alimenter la production animale en Chine.L’institut de recherche américain Earth Policy Institute soulignait, en mars dernier, que si les chinois consomment les ressources en 2031 de manière si vorace que les Américains, la consommation de grains par personne là-bas augmenterait de 291 kilos actuellement à 935 kilos. C’est-à-dire que la Chine consommera 1,352 millions de tonnes de grains, une quantité lointaine des 382 millions de tonnes usées en 2004. Cela est égal à deux tiers de la consommation totale de céréales en 2004.7

En résumé, sur une même terre, nous pouvons produire plus de céréales que de viande et les céréales sont données aux animaux. Il y a une double perte. Nous pourrions alimenter beaucoup plus de personnes si celles-ci consommaient directement les céréales. La faim dans le monde pourrait alors être largement limitée si nous réduisions ou éliminions nos habitudes carnivores

4 janvier 2011 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME, DECROISSANCE | , , , | 15 commentaires

non au brevet sur le brocoli!


L’Office européen des brevets lève deux brevets litigieux sur le brocoli et la tomate

L’Office européen des brevets a annoncé la semaine dernière avoir révoqué deux brevets controversés portant sur la sélection d’un type de brocoli et d’une tomate, un jugement synonyme de victoire pour les agriculteurs et dont l’enjeu était la distinction entre découverte et innovation.

Selon un communiqué de l’Office (OEB) basé à Munich (sud de l’Allemagne), la Grande Chambre de recours est parvenue à la conclusion qu’un procédé essentiellement biologique d’obtention de végétaux, par exemple par croisement de génomes, n’était pas brevetable.

La Grande Chambre de recours de l’OEB n’a toutefois invalidé que la partie du brevet touchant au procédé, mais non au résultat.

Une décision doit ainsi être prise ultérieurement sur les brevets attachés aux plantes elles-mêmes.

La ministre de l’Agriculture allemande Ilse Aigner a salué la décision de l’Office, estimant qu’elle allait dans la bonne direction.

Un responsable de Greenpeace, Christoph Then, y a vu « une victoire partielle importante« , tout en demeurant « très prudent » car ces deux brevets contestés restent pour l’instant valables sur les semences et les plantes.

Cette décision était attendue comme une étape importante dans le débat sur le brevetage de plantes et d’animaux. La matière vivante fait déjà l’objet de brevets, notamment les organismes génétiquement modifiés (OGM), mais la question posée à l’Office touchait à des plantes issues de l’agriculture conventionnelle.

En cause: un brevet sur un brocoli soi-disant anti-cancérigène et un autre portant sur une tomate ridée à faible teneur en eau.

La société britannique Plant Bioscience a identifié dans ce brocoli un gène qui serait bénéfique, et a fait breveter en 2002 le processus de sélection, les semences et chaque pied de cette plante. Le brevet était contesté par deux concurrents.

Dans le cas de la tomate, l’Etat d’Israël détient depuis 2000 le brevet, mais le géant agro-alimentaire Unilever le contestait.

Les détracteurs de ces brevets demandaient leur révocation, arguant qu’ils reposaient non pas sur des innovations, mais sur la découverte de propriétés présentes à l’état naturel.

Une vaste coalition de mouvements de protection de l’environnement, d’aide au développement ou caritatifs, et de fédérations agricoles, avaient embrassé la cause du brocoli et de la tomate et appelé à la révocation des brevets.

Les agriculteurs craignent une concentration du marché des semences chez quelques grands groupes si elles sont de plus en plus nombreuses à être brevetées. Dans les pays en développement en particulier, l’agriculture pourrait être sérieusement entravée, et les problèmes de faim s’en trouver aggravés, argumentent les ONG.

© AFP

La contestation en cours d’un brevet sur un procédé de sélection d’un brocoli devant l’Office européen des brevets va peut-être étendre encore davantage l’appropriation du vivant par des firmes. Ce cas pratique permet de voir l’évolution de la pratique des droits de propriété intellectuelle (brevet et certificat d’obtention végétale) en la matière et leurs implications sur le monde paysan, celui des sélectionneurs et in fine, de la société tout entière.

de http://www.semencespaysannes.org à télécharger :

  • brevet_brocoli_101010 [ .pdf (140 Kio) ]

30 décembre 2010 Posted by | Alimentation | , | Laisser un commentaire

Le charbon dans la terra preta


Incorporation de charbon de bois

Méthode d’identification du charbon dans la terra preta

La transformation de la biomasse en charbon produit une série de dérivés charbonneux désignés sous le nom de carbone noir ou pyrogénique, dont la composition varie; allant de matière organique légèrement charbonnée, jusqu’à des particules de suie très graphitées formées par la recomposition de radicaux libres (Hedges et al. 2000). Ici, tous les types de matériaux charbonneux sont appelés charbon. Par convention, est considérée comme charbon la matière organique naturelle transformée thermiquement avec un pourcentage O/C de moins de 0.6 (des valeurs plus petites ont cependant été suggérées). À cause des interactions possibles avec les minéraux du sol et la matière organique, il est quasiment impossible d’identifier le charbon avec sûreté en le déterminant uniquement par le simple pourcentage O/C. Le pourcentage H/C ou des marqueurs moléculaires comme l’acide benzènepolycarboxylique sont donc utilisés comme seconde dimension d’identification.

Le charbon dans la terra preta

Du carbone a été ajouté aux sols pauvres, sous forme de charbon de bois fabriqué à basse température et en présence d’une quantité d’oxygène limitée (à l’aide de feu étouffés). William Woods (Université du Kansas, à Lawrence), expert en sites d’habitations abandonnés, a mesuré dans la terra preta jusqu’à 9% de carbone noir (contre 0.5% pour les sols environnants). B. Glaser et al ont trouvé jusqu’à 70% de carbone de plus que dans les Ferralsols avoisinants, avec des valeurs moyennes approx. de 50 Mg ha-1 m-1.

La chercheuse finlandaise Janna Pitkien a mené des tests sur des matériaux à haute porosité tels que la zéolite, le carbone activé et le charbon; ces tests montrent – contrairement à ses attentes – que la croissance microbienne est substantiellement améliorée avec le charbon. Il est possible que ces petits morceaux de charbon tendent à migrer à l’intérieur du sol, fournissant un habitat pour les microbes qui assimilent la biomasse de la couverture de surface.

La structure chimique du charbon dans les sols de terra preta est caractérisée par des groupes aromatiques poly-condensés, à qui sont dus d’une part la stabilité biologique et chimique prolongée combattant la dégradation microbiale; et d’autre part, après oxydation partielle, la plus grande rétention de nutriments. Le charbon de bois (mais non celui d’herbacées ) fabriqué à basse température, a donc une couche interne de condensats d’huiles biologiques que les microbes consomment et qui est similaire à la cellulose de par ses effets sur la croissance microbienne (Christoph Steiner, EACU 2004). Le charbonnage à haute température fait perdre cette couche et accroît peu la fertilité du sol. Glaser et al. (1998 et 2003) et Brodowski et al. (2005) ont démontré que la formation de structures aromatiques condensées dépend du processus de manufacture du charbon. C’est l’oxydation lente du charbon qui crée des groupes carboxyliques; ceux-ci augmentent la capacité d’échange des cations dans le sol. Lehmann et al ont étudié le noyau des particules de carbone noir produit par la biomasse. Ils l’ont trouvé hautement aromatique même après des milliers d’années d’exposition dans le sol et présentant les caractéristiques spectrales du charbon frais. Autour de ce noyau et sur la surface des particules de carbone noir ont cependant été identifiées de bien plus larges proportions de formes de C carboxyliques et phénoliques spatialement et structuralement distinctes du noyau de la particule. L’analyse des groupes de molécules fournit des évidences à la fois pour l’oxydation de la particule de carbone noir même, aussi bien que pour l’absorption de carbone non-noir.

Ce charbon est ainsi décisif pour le caractère de soutenabilité de la culture sur sols de terra preta. Des amendements de Ferrasol avec du charbon de bois augmentent considérablement la productivité végétale. Les sols agricoles ont perdu en moyenne à 50% de leur carbone suite à l’agriculture intensive et autres dégradations d’origine humaine.

26 décembre 2010 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, ENERGIE | , , , , | 7 commentaires

Miniaturisation de l’agriculture


John Jeavons : Sens de l’Humus. Extraits
Ce dont nous parlons maintenant est la miniaturisation de l’agriculture. Nous ne l’avons pas inventée. Ce sont les Chinois qui l’ont mis en oeuvre il y a 4 à 6000 ans et les Grecs et les Boliviens il y a à peu près 2000 ans. La question est maintenant de savoir, en termes de production de calories, de combien la pomme de terre est plus performante que le soja. De 25 %, de 100 %, de 200 %, de plus de 200 %? En fait, la pomme de terre possède la capacité de produire 2000 % plus de calories que le soja, par unité de terre! C’est un phénomène très complexe que l’on ne peut qu’évoquer ce soir mais la pomme de terre peut produire 20 fois plus de calories que le soja sur une même surface de terre.
Cela signifie que vous pouvez produire toutes les calories nécessaires durant une année pour une personne avec des pommes de terre sur une surface aussi petite que 0,6 unité de terre. Pas 4, ni 6 mais 0,6 unité de terre, ce qui équivaut approximativement à 75 m2 . Par contre, la production de ces mêmes calories avec du soja requiert jusqu’à 12 unités de terre, à savoir plus que les 9 unités de terre qui seront disponibles pour les habitants des pays du Tiers Monde en l’an 2014. Je vais m’attirer des ennuis ici en plein milieu des plaines du Mid-West et je ne devrais sans doute pas dire cela mais le soja n’est pas la nourriture du futur car il n’est pas assez performant en termes de ratio surface/calories. J’aime beaucoup le tofu, le miso, le tamari et j’apprécie parfois de manger de la viande d’animaux nourris avec du soja, mais il y a de plus un autre problème avec le soja, tout aussi bien d’ailleurs qu’avec la pomme de terre. Ni l’un, ni l’autre ne produisent beaucoup de carbone. Vous obtenez à peu près 2,5 kg de matière compostable sèche avec une culture de soja ou de pomme de terre sur une parcelle de 10 m2 alors qu’il nous est nécessaire de produire entre 7,5 kg et 15 kg de matière sèche compostable sur une parcelle de cette surface afin de générer une fertilité du sol qui soit durable. Ainsi, afin qu’un régime alimentaire fondé sur la pomme de terre soit viable quant à l’aspect de la durabilité, il est nécessaire de cultiver six autres planches d’une culture tel que le maïs, parce que cette plante peut produire assez de carbone pour la surface sur laquelle il croît. En fait, le maïs peut même en produire assez pour le double de la parcelle sur laquelle il croît, et peut-être même plus. Cette performance dans la capacité de produire du carbone est essentielle. Dans le futur, une agriculture et un jardinage générateurs de carbone seront les seules issues de secours pour assurer la fertilité des sols. De plus, une agriculture et un jardinage générateurs de calories seront essentiels à l’équilibre nutritionnel et ce sont les plantes à racines qui permettront en grande partie de produire ces calories.
lien http://www.growbiointensive.org/

26 décembre 2010 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation | , , | 2 commentaires

Être autonome avec 2500 m2 grâce à la micro-agriculture bio-intensive


La butte autofertile dite « Butte Morez »

La butte autofertile dite « Butte Morez »

Grands principes

1. Culture sur buttes avec double-bêchage (c’est à dire travail du sol sur une profondeur de deux fers de bêche, soit environ 60 cm) initial. Par la suite, lorsque le sol acquiert une bonne structure, on ne le travaille et n’y incorpore le compost qu’en surface, et on l’ameublit sans retournement à l’aide d’une grelinette ou outil similaire. L’ameublissement du sol en profondeur permet une meilleure aération en même temps qu’une meilleure pénétration de l’eau (ce qui limite les besoins en arrosage), et permet un développement racinaire plus profond. Cela permettra aux plantes d’aller chercher plus facilement certains nutriments situés en profondeur, et d’être plantées de façon plus serrée sans qu’elles se gênent au niveau racinaire.

2. Apports en matière organique humifiante (compost, mulch), cette matière étant produite par les plantes elles-mêmes. Ainsi aucun apport organique extérieur n’est indispensable après la première année de culture.

3. Semis/plantations en quinconces pour mieux utiliser l’espace (pas de rangées et de bandes vides entre elles) en respectant les distances de semis/plantation propres à chaque plante. Ce mode de plantation génère un microclimat plus frais et humide à la surface du sol, ce qui limite les besoins en arrosage. Elle assure par ailleurs une meilleure résistance des plantes au vent.

4. Association d’espèces à bénéfices réciproques (ou « plantes compagnes »), et rotations des cultures en fonction de leurs besoins en azote. Ces deux pratiques sont bien connues et appliquées dans toutes les pratiques agro-écologiques.

5. Usage de trois grands types de plantes :
– les plantes à grains, à haute teneur calorique et protéique par gramme d’aliment, représentent 60% de la surface cultivée. Ce sont leurs tiges et leurs feuilles qui fourniront de l’humus pour l’ensemble des plantations. Il s’agit donc d’un système autofertile. Ces plantes sont entre autres les fèves, le sarrasin, le quinoa, amarante, le tournesol, le noisetier, et toutes les céréales. Bien qu’il ne soit pas une plante à grains, le topinambour entre aussi dans cette catégorie car il produit une importante biomasse aérienne.
– les légumes-racines et bulbes à forte productivité calorique et protéique par unité de surface, représentent 30% de la surface cultivée. Ces plantes sont la pomme de terre, la patate douce, l’ail, le panais, le salsifis, la scorsonère, la bardane, le rutabaga, le navet (si on consomme aussi les fanes), le poireau, l’oignon.
– les légumes-feuilles, légumes-fruits, pois et haricots, représentent 10% de la surface cultivée.

Ces proportions ont été pensées en fonction des besoins en biomasse pour la production d’humus, ainsi que des besoins alimentaires humains. Pour ce dernier point on veillera en particulier, si on cultive des céréales, à cultiver suffisamment de fabacées (fèves, haricots, pois) pour complémenter leur apport protéique.

6. Autoproduction de semences, utilisation de variétés-populations.

voir : produire soi même ses semences

7. Nécessité de mettre en pratique ces 6 choses à la fois. Le fait de planter serré ne peut donner de bons rendements que si le sol est amendé en humus et ameubli en profondeur. D’un autre côté, les plantes à grains peuvent en effet fournir l’humus nécessaire à l’ensemble des cultures, mais à condition que tout soit planté serré, utilisant ainsi une surface minimale.

Avantages

– Elle enrichit le sol en humus et y permet le développement des êtres vivants associés (champignons, bactéries, vers de terre etc.)
– Elle fixe une grande quantité de carbone atmosphérique par unité de surface sous forme d’humus.
– Elle ne nécessite aucun outillage onéreux ou énergivore
– Elle permet une autonomie alimentaire durable, sans intrant, sur une petite surface (440 m² en moyenne pour une autonomie alimentaire totale en régime végétalien et pour une saison de croissance de 6 mois). Bien entendu il ne s’agit pas d’une méthode réservée aux végétaliens, seulement dans l’idée de minimiser la surface nécessaire pour produire sa nourriture, l’alimentation végétalienne est celle qui demande le moins de surface à cultiver, c’est pourquoi elle est mise en avant dans cette méthode.
– Elle permet de réduire au minimum la part alimentaire de notre empreinte écologique, d’une part du fait de la faible surface cultivée nécessaire, d’autre part du fait de l’absence de transport et de transformation industrielle des aliments.
– De par la faible surface cultivée nécessaire, elle permet de laisser de la place pour le développement d’écosystèmes sauvages.
– Elle répond à la nécessité de diminuer la surface de terre cultivée pour se nourrir, sachant qu’actuellement la surface moyenne disponible est d’environ 2500 m² par personne et que cette surface tend à diminuer.
– L’autoproduction de semences de variétés-populations permet de contribuer à sauvegarder la biodiversité des plantes cultivées.

Inconvénients

– Le double-bêchage initial peut représenter un effort important, notamment si le terrain est compact.
– Il est nécessaire d’appliquer en même temps les différents principes mentionnés ci-dessus.
– Du compost est nécessaire au départ

permaculture homestead integrated systems

26 décembre 2010 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation | , , , , , , , | Un commentaire

le compost lasagne



Le lasagne est une technique issue du compostage sur place et de la permaculture.

Le sol n’a pas besoin d’être bêché, il suffit d’avoir passé la tondeuse ou arraché les herbes hautes. On commence par mettre 2 couches de cartons sur le sol en les faisant se chevaucher pour éviter la levée d’adventices. Puis on fait des couches comme une lasagne, avec alternativement des composants « verts » (tontes de gazon fraîches, « mauvaises herbes », déchets de cuisine…) et des composants « bruns » (broyats de branches, cartons, tontes de gazon sèches, paille, feuilles mortes).

En terme d’organisation, il est utile de stocker le « brun » par définition plus facile à conserver et à faire des lasagnes dès que vous avez du « vert ».

Pour terminer, une couche de terre ou de terreau complète le lasagne. Attention à ce que le lasagne ne soit pas bombé, car il s’effondrerait.

On peut commencer à planter en mélangeant le plus possible les variétés de légumes et de fleurs pour assurer une biodiversité qui protège des maladies et des appétits indésirables.

On utilise la technique du dropping qui consiste à jeter au hasard les plants ou les graines sur le lasagne pour obtenir un effet de plantation naturel.

Jean-Paul Collaert, qui a écrit « l’art du potager en carré », a fait une démonstration de cette technique le 20 Juin 2009 à l’occasion des portes ouvertes du « Chênelet », un Jardin de Cocagne situé près de la côte d’opale. Il a constaté que les plants se développent plus vite sur le lasagne que lors d’une plantation classique.

………………………………………………………………

La plantation sur lasagne est une technique revendiquée également par l’américaine Patricia Lanza.

L’histoire raconte qu’elle souhaitait entourer d’un jardin son auberge dans les monts Catskill. Mais le sol, composé de rochers et d’argile, était impossible à travailler, même à l’aide d’une pioche hache. Elle a alors essayé avec un motoculteur qui a été rapidement endommagé par les rocs. Découragée, elle allait abandonner l’idée d’un jardin quand, se promenant dans une forêt voisine, elle eut une révélation. « J’y ai découvert comment la nature arrivait sans motoculteur à faire pousser des plantes, simplement en utilisant les couches de feuilles et autres résidus végétaux tombant au sol et se décomposant ». A partir de cette constatation, elle essaya de reproduire ce mécanisme naturel dans son jardin. Elle commença par disposer sur le sol des cartons et des journaux pour étouffer les mauvaises herbes. Puis elle ajouta une bonne couche de tontes de pelouse, de feuilles mortes, de paille et enfin de fumier de cheval. Puis elle recouvrit le tout de tourbe. Le tas mesurait près d’un mètre ! Mais au fil des semaines il se tassa et quand il atteignit 30 cm, elle y sema des légumes. Quelle ne fut pas sa surprise de les voir pousser très rapidement, sans mauvaises herbes et avec peu d’arrosage.

Cependant on peut remonter aux temps des templiers qui maitrisaient parfaitement l’art du compostage en place.

En 1969, le Français Laurent Dailliez, chercheur en histoire médiévale au C.N.R.S., et Jaime y Mora y Aragon découvrent, dans le grenier d’un curé de Trujillo (Espagne), un manuscrit du 12e siècle de la Commanderie des Templiers d’Alcanegre. Dans ce document, on trouve notamment la description de la fabrication de huit différents composts de broussailles (appelés « vivus humus » par les Templiers). Curieux de voir la renaissance de cette pratique culturale apparemment disparue, Laurent Dailliez fait connaître cette description au Français Jean Pain, alors gardien d’un immense domaine faisant partie de l’ancienne commanderie templière de Villecroze (Var) et au Français Armand Ell, négociant en vins naturels.
C’est, lors d’un voyage professionnel dans le Midi, que ce dernier avait fait, fortuitement, la connaissance des deux autres hommes.

Article lié: le compost des templiers

lire également: Le Manuel des jardiniers sans moyens

26 décembre 2010 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation | , , , , , , , , | 3 commentaires

autonomie alimentaire


Objectifs alimentaires :
On se basera sur un objectif de production d’un kilogramme de nourriture par jour et par personne…
En diversifiant les plantations axées sur sept sortes d’aliments à raison d’environ 50 kg de chaque, cela donnera alors 350kg (en arrondissant donc, les 365 kg dont on a besoin, chacun)

– 50 kg de céréales (blé, orge, seigle, maïs, avoine, etc…) cultivés sur 100m2 avec 1,5 kg de semences.
– 50 kg d’oléagineux (noix, noisettes, graines de courge, tournesol, pavot, colza, etc…) cultivés sur 100m2 avec … semences (sauf arbres = vivaces)
– 50 kg de pommes de terre (+ autres tubercules, châtaignes, etc…) cultivés sur 20m2 avec une centaine de plants de pommes de terre p.ex.
– 50 kg de fruits (pommes, poires, raisins, etc…) cultivés en vivaces sur environ 100m2.
– 50 kg de choux (divers y compris rutabagas, navets, etc…) cultivés sur environ 20m2.
– 50 kg de légumes (carottes, oignons, poireaux, céleris, etc…) cultivés sur environ 15m2.
– 50 kg de légumineuses (haricots, pois, (secs) etc…) cultivés sur 200m2 avec 2 à 3 kg de semences.

NB: ces chiffres ont été proposés par Geispe (Après Pétrole)
Articles liés:

26 décembre 2010 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE | , , , , | Un commentaire

consommation de viande et changement climatique


CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Le méthane produit par les bovins engendre un effet de serre qui correspond environ aux polluants du transport automobile global.

L’effet de serre est causé entre autres par trois gaz: le méthane, le protoxyde d’azote et le dioxyde de carbone .
  • Le méthane: il affecte la couche d’ozone dans l’atmosphère et contribue au réchauffement de la planète et aux changements climatiques globaux. Une des sources les plus importantes de production de méthane provient des ruminants: bœufs, vaches, buffles, moutons, chèvres et chameaux . Le méthane est rejeté par les animaux comme produit de la digestion. Il est exhalé au cours de la respiration, au cours d’éructations ou sous forme de flatulences. Il est également rejeté par les déchets solides produits par ces animaux, par la décomposition du fumier . Le fumier de tous les types d’animaux peut produire du méthane . Depuis 2 siècles, la concentration de méthane dans l’atmosphère a plus que doublé. Entre l5 à 20% des émissions mondiales de méthane sont liées à l’élevage des animaux. Les l.3 milliard de bovins de la planète produisent ll5 millions de tonnes de gaz de méthane annuellement . Une molécule de méthane contribue 25 fois plus à l’effet de serre qu’une molécule de dioxyde de carbone. (Jeremy Rifkin) Un boeuf produit environ 65 kg de méthane par année. Une vache laitière plus de l30 kg soit 500 litres par jour. (R. Desjardins, Agriculture et Agroalimentaire Canada)
  • Protoxyde d’azote : il représente le gaz à effet de serre le plus agressif (320 fois plus agressif que le dioxyde de carbone). Il est produit au cours du stockage du fumier ou lorsqu’il est appliqué sur le sol. C’est un décomposé stable qui se décompose difficilement et qui possède un temps de séjour dans l’atmosphère de 120 ans. Les principales sources agricoles de production de ce gaz , outre les déchets d’élevage comme le fumier, sont les engrais minéraux et la culture des aliments pour animaux.
  • Dioxyde de carbone: provient de la combustion de combustibles fossiles. La concentration atmosphérique de ce gaz a augmenté de 30% depuis les deux derniers siècles . L’industrie de la viande y contribue largement en raison de sa dépendance à la mécanisation pour produire l’énorme quantité de céréales et d’aliments servant à l’alimentation des animaux. Le déboisement – pour faire place aux pâturages et aux cultures – est une source d’émission de ce gaz. Les engrais chimiques (hydrocarbures) sont à base de pétrole ainsi que certains pesticides. De plus, les animaux sont transportés du lieu de leur naissance, vers l’encan, vers l’abattoir, chez le boucher, l’épicier et ces déplacements se font par camions , une autre source de pollution par l’essence.
    1 kg de viande de cochon équivaut à l’énergie de 4 litres d’essence (David Pimentel, Cornell University)
    1 kg de viande de boeuf engendre 50 fois plus d’émissions de gaz à effet de serre qu’un kilo de blé . (Jean-Marc Jacovi « L’avenir climatique »)
    Une auto produit 3 Kg/par jour de dioxyde de carbone. La destruction d’une forêt tropicale pour produire un hamburger produit 75 kg/par jour de dioxyde de carbone. (Steve Boyan, University of Maryland)
    Bien que ces gaz soient naturellement présents dans l’atmosphère, leur récente accumulation résulte en grande partie des activités humaines. Cette augmentation a modifié la composition de l’atmosphère terrestre et aura un impact sur le futur climat mondial . L’effet de serre est lié à la fonte des glaciers, à la montée des eaux, à une recrudescence des inondations, des tempêtes, des tornades , à une aggravation des problèmes d’eau ainsi qu’à des sécheresses. Les impacts sur l’agriculture seront considérables.

DES SOLUTIONS?

Le prix de la viande ne reflète pas les désastres environnementaux qu’elle engendre. Selon les estimations du Worldwatch Institute, le prix de la viande devrait être doublé ou triplé si on prend en considération ses coûts liés à l’utilisation de l’énergie fossile, du gaspillage de l’eau, des céréales , de la pollution des sols et des émissions de gaz à effet de serre. Et ce sans compter les coûts des nombreuses maladies humaines causées par la consommation de produits animaux. Au lieu d’être largement subventionnée par les gouvernements, la viande devrait être au contraire lourdement taxée afin d’encourager les consommateurs à se tourner vers une alimentation à base de fruits, de légumes, de céréales, une alimentation moins catastrophique pour la santé de la planète mais aussi pour les humains et les animaux. De plus, une alimentation végétale démontre une plus grande compassion envers la souffrance et l’esclavage des animaux.

Viande biologique? Certains se donnent bonne conscience en mangeant de la viande provenant d’élevages dits biologiques. Cependant, ces animaux consomment aussi de grandes quantités d’eau potable, de céréales, rejettent des tonnes d’excréments et polluent l’atmosphère par le méthane et autres gaz nuisibles . Ils sont transportés vers l’abattoir, vers l’épicier par des camions fonctionnant à l’essence . Tous ces animaux finissent dans l’horreur de l’abattoir, car même s’ils sont dits biologiques, ils ne beuglent pas de plaisir sous le couteau du boucher. Le lait et le fromage dits biologiques proviennent de vaches dont les veaux sont envoyés à l’abattoir afin de fournir l’industrie de la viande. Idem pour le lait ou le fromage de chèvre. La chair animale peut être dommageable pour la santé humaine, même si elle est dite biologique. Elle contient des résidus de la pollution industrielle venant de l’atmosphère, comme les dioxides, le cadmium ou le mercure. Sous l’effet du stress à l’abattoir, l’animal qu’il soit biologique ou pas , libère de son squelette du plomb. Nous avons tous le pouvoir d’aider à la santé de notre planète et de ses habitants en ayant une alimentation végétale, sans viande ni produits animaux.

26 décembre 2010 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME, DECROISSANCE | , , , , , , | Un commentaire

recette de Noel vegan


Marrons au fenouil

Ingrédients

2 pommes de terre coupée en dés
1 ou 2 fenouils émincés
4 tomates séchées hachée
4 tasses de marrons cuits
1 tasse de pois chiches cuits
2 tasses de blette (sans les cotes) fraîches émincés
1 càc de noix de muscade en poudre
1/2 tasse de noix hachées
1 càs de citron
1càc de miel
1 feuille de sauge
2 gousses d’ail émincées
1 oignon rouge émincée
1/2 tasse d’eau
sel, poivre

Préparation
Faire revenir l’ail et l’oignon rouge dans un peu d’huile de noix (ou d’olive). Ajouter les deux pommes de terre et les tomates séchées. Faire revenir 5 minutes. Il faut que les pomme de terre soient dorées.
Ajoutez la demie tasse d’eau, la noix de muscade, le miel, la feuille de sauge, les marrons, le fenouil et les pois chiches, salez, poivrez et laisser mijoter à feu doux pendant 20 minutes.
Une fois que l’eau est presque totalement évaporée, ajoutez les blettes et le jus de citron. Dès que les blettes fondent, dresser dans un plat. Saupoudrer de noix avant de servir.
une recette d’Aquitania

21 décembre 2010 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME | , | Laisser un commentaire

Conference du Professeur Belpomme le 5/02/09 à St André de Cubzac


Santé et Environnement

par bio service

I – LE CANCER

POUR QU’IL Y AIT CANCER IL FAUT

1) 3 à 6 mutations par « microprocesseur » (les gènes de la cellule)
2) des stimulants de la division qui jouent le rôle de starter (les promoteurs)

Il ne peut y avoir de cancer sans mutation.
Le tabagisme peut provoquer des mutations : les goudrons et la fumée contiennent des mutagènes.

Où sont les autres facteurs mutagènes ?
Réponse : dans l’environnement !

Tout se joue dans le ventre de la mère.
Un cancer sur quatre est lié au tabagisme.
Les ¾ restants sont liés à l’environnement .

LES RESPONSABLES :

Les virus,
La radioactivité naturelle et artificielle,
Les ultra-violets,
Les produits chlorés qui diminuent la couche d’ozone.
Le brome, 45 fois plus actif que le chlore. Si à la place du chlore on avait utilisé aussi largement le brome, nous aurions déjà disparu de la surface de la terre. Il y a du brome dans les incinérateurs !
Les champs électromagnétiques : lignes à haute tension, les portables, les antennes-relais, la wifi. Une femme enceinte ne doit utiliser un portable qu’en cas d’extrême urgence.

Virus et rayonnements représentent 50 °/°, les produits chimiques 50 °/°

Les garages à cause du benzène
Les meubles, la moquette, les peintures (formaldéhydes) : 100 fois les doses maximum recommandées dans les locaux de maternelles…
L’alimentation : contaminants (nitrates, pesticides) et additifs.
Les pesticides qui engendrent malformations et troubles se fixent de façon indélébile dans les sols.
20 à 40 générations d’antillais sont concernées. Ce qui est grave c’est la répétition des petites doses.

AÉRER – DÉPOUSSIÉRER – MANGER BIO

Les malformations congénitales sont liées aux pesticides ainsi que les troubles de la reproduction et nombre d’avortements. Un couple sur 3 n’a pas d’enfants en Europe. 15 °/° en veulent et ne peuvent pas en avoir. L’Europe est devenue le berceau vide de la planète. On peut prévoir de 75 à 125 millions d’habitants en moins en Europe dans les 50 ans qui viennent.

Mais il n’y a pas que les cancers qui résultent de l’état de notre environnement. Il y a aussi les allergies et les maladies du système nerveux.

II – LES ALLERGIES

Elles touchent 20 °/° de la population. Elles ont plus que doublé en  ? ans.
1 enfant sur 7 est asthmatique.
Nous manquons de statistiques : la France est au 14è rang mondial pour les statistiques. L’OMS est corrompue.
C’est nous qui créons les maladies.
Moins de 1 °/° du budget est consacré à la prévention !

III – LES MALADIES DU SYSTEME NERVEUX CENTRAL,

Parkinson et Alzheimer proviennent des radiofréquences
Nous passons d’un problème de société à un problème de civilisation puis à un problème humanitaire.

Voir l’appel de Paris en 2004 :
1 pollution chimique
2 l’enfant est en danger
3 C’est l’espèce humaine qui se met en danger.

Tous les nouveau-nés sont contaminés par 200 substances en moyenne, d’où :
avortements,
malformations,
maladies par la suite.

SEULE L’ UNION FAIT LA FORCE.
NOUS SOMMES DANS LE MEME BATEAU.
LE CANCER N’ EST NI DE DROITE NI DE GAUCHE.
CE SIECLE SERA ECOLOGIQUE OU NOUS NE SERONS PLUS.

La médecine c’est la rencontre d’une âme malade et de la conscience du médecin.

Les solutions sont individuelles et collectives.
Les femmes et les enfants d’abord.
Voir la campagne de l’ARTAC

IL FAUT CHANGER DE SYSTEME . IL FAUT LA REVOLUTION !

.
Question sur les OGM : OGM/Pesticides, même combat !
Question sur le stress : il joue le rôle de starter.

Compte-rendu non-exhaustif par Christiane Dayma.
Pour plus d’informations voir le site de l’ARTAC : www.artac.info
Ainsi que les ouvrages du Pr Belpomme.

13 décembre 2010 Posted by | Alimentation, SANTE | , , , , , , | Laisser un commentaire

Des pommes OGM


L’USDA a demandé une autorisation pour une pomme génétiquement modifiée [OGM] qui ne brunit pas.

Article de SHANNON DININNY Associated Press. CACHEMIRE, Washington (AP)

Une entreprise canadienne de biotechnologie a demandé aux États-Unis  d’approuver une pomme génétiquement modifiés qui ne brunit pas après avoir  été découpée. en prétextant que ce serait une amélioration qui pourrait stimuler les ventes des pommes pour les snacks, les salades et pour d’autres utilisations. Les producteurs de pommes des États-Unis disent qu’il est trop tôt pour savoir s’ils seraient par cette pomme. Il leur apparaît nécessaire de répondre au préalable à des questions sur les qualités du fruit, sur le coût des plantations, et surtout si les consommateurs seraient preneurs de cette innovation.  « Les OGM, Organismes génétiquement modifiés ont une mauvaise réputation dans leur secteur de production», a déclaré Todd Fryhover, le président de la commission des pommes dans l’État de Washington, qui produit plus de la moitié de la récolte américaine. Mais Neal Carter, président de la société qui a développé cette pomme OGM, dit que la technologie permettrait de réduire les coûts de production des tranches de pommes fraîches qui sont devenues l’un des composants les plus populaires dans les boîtes à lunch pour les enfants, et qu’elle pourrait rendre les pommes plus populaires dans les salades et autres repas rapides.  La société Carter, spécialiste des fruits de l’Okanagan, dans le Summerland, en Colombie Britannique au Canada, a pris la licence pour la technologie de non-brunissement auprès de chercheurs australiens qui  furent les premiers à l’utiliser chez la pomme de terre.  Essentiellement, les gènes qui sont responsableq de la production de l’enzyme qui induit le brunissement dans les produits frais, ont été réduits au silence dans la pomme de la variété commercialisée et distribuée sous le nom « Arctic ».  « Elle ressemble à d’autres pommiers et elle pousse comme les autres pommiers et elle produit des pommes qui ressemblent à toutes les autres pommes, et lorsque vous coupez ces pommes, elles ne brunissent pas », a déclaré Carter. « Son avantage est quelque chose qui peut être identifié à peu près par tout le monde ». Le Service d’inspection de la santé auprès du Département de l’agriculture animale et végétale des Etats-Unis a considéré environ 100 pétitions concernant des aliments génétiquement modifiés ou des cultures de plants génétiquement modifiées. Ceux qui ont retenu le plus d’attention ont été conçus pour résister à certains désherbants, mais parmi ceux qui l’agence  a autorisés, ils sont génétiquement modifiés pour faire mûrir les tomates plus lentement – la première des plantes génétiquement modifiées, et autorisée aux États-Unis en 1992 – ainsi que des pruniers qui peuvent résister à un virus particulier. « Il s’agit de la première pétition pour des pommes. Les règlements de l’USDA en matière de biotechnologie sont conçus pour veiller à ce que les  cultures de plantes génétiquement modifiées  soient aussi sûres pour l’agriculture et l’environnement, que les variétés  qui sont traditionnellement cultivées », a déclaré le porte-parole André  R. Bell dans un communiqué.

Le Service d’inspection de la Santé animale et végétale fonctionne avec  les services de l’Agence pour la protection de l’environnement et ceux de  la Food and Drug Administration, l’Administration des aliments et des  médicaments, selon le type de produit, pour en assurer la sécurité. Le  processus d’approbation peut prendre des années et il n’est pas sûr du  tout que les  pommes seront autorisées, même si elle passe à travers les épreuves de  l’inspection gouvernementale.  Fryhover a soulevé des préoccupations quant à la pollinisation croisée  entre les arbres classiques et les arbres génétiquement modifiés, s’ils sont plantés en étroite proximité. Il s’est également interrogé sur le  fait de savoir si les pommes ‘Arctic’ vont pouvoir générer suffisamment de ventes et de profits pour supporter les 10.000 $ à 20.000 $ de coût de  replantation par acre. Carter a déclaré que les producteurs replantent leurs vergers  régulièrement et l’entreprise vise à permettre aux gros arboriculteurs de planter ces pommiers sur de grandes parcelles, de façon à ce que la pollinisation croisée soit réduite au maximum. Carter a dit qu’il était  confiant et que ces cultures fruitières ne nuiront pas à l’environnement ;  il a remis des documents à l’USDA et la FDA pour apporter la preuve de cela. «Certaines personnes ne l’aimeront pas simplement en raison de ce  qu’elle est », dit-il. « En fin de compte, c’est un grand produit, sans aucun doute à ce sujet, et les gens verront que le processus utilisé pour  obtenir cela avait une très solide base scientifique ». « Les entreprises ont investi massivement dans les plantes génétiquement  modifiées pour  améliorer le goût, pour augmenter les rendements ou les qualités  nutritionnelles et pour les rendre résistantes à la sécheresse », a  déclaré Andrew Kimbrell, directeur exécutif du Centre pour la sécurité alimentaire, un groupement d’intérêt public à but non lucratif basé à  Washington, D. C. « Souvent, cependant, les gènes qui définissent ces  traits de caractères ne sont qu’une petite partie d’un système complexe »,  a-t-il dit.  « Les scientifiques ont dit qu’ils n’avaient fait que de fermer  interrupteur, mais l’interrupteur est connecté à un autre interrupteur et  puis à un autre commutateur », rappelle Kimbrell. « Vous ne pouvez pas  faire quelque chose de simple comme cela dans la Nature : c’est confortable de penser ainsi, mais ça ne fonctionne tout simplement pas de cette manière ».  il a également dit que la technologie du non-brunissement semble bénéficier avant tout aux agriculteurs et aux expéditeurs, plus qu’aux consommateurs, en permettant  aux entreprises de vendre des pommes qui sont plus âgées que leur  aparence ne le laisse supposer.  « Une pomme botox n’est pas ce que les gens recherchent », dit Kimbrell ; et il prédit l’échec  . L’entreprise Crunch Pak, basée à Cachemire, Washington, est n° 1 sur le  marché des tranches de pomme, avec des clients comme Costco, Kroger Co.,  Publix et Wal-Mart Stores Inc. L’entreprise, fondée en 2000, a triplé de  taille dans un passé de quatre ans, avec près de 500 employés et une  nouvelle usine de traitement en Pennsylvanie. Ses pommes sont rincées dans  une combinaison de calcium et d’acide ascorbique – la vitamine C – pour  conserver la fraîcheur. Le goût et la qualité sont toujours importants,  mais le porte-parole Tony Freytag a déclaré que le plus gros problème est la sécurité des aliments. « Tout à fait honnêtement, je préfère avoir  affaire à une pomme brune que de penser qu’elle est encore OK parce  qu’elle est encore blanche » dit-il. « Je n’adhère pas à l’actualisation des anti-brunissements : ce n’est tout simplement pas la panacée » Tout le monde a convenu que ce sont les consommateurs qui trancheront finalement. Ils ont largement accepté les autres cultures de plantes génétiquement modifiées, mais quant à savoir s’ils feront la même chose  avec des pommes, cela reste à voir.  « Il y a quelque chose de particulier au sujet des pommes. C’est le  symbole de la santé et de la nutrition ; et puis se dire que ces pommes  ont été génétiquement modifiées, n’est-ca pas aller à l’encontre ce que les consommateurs disent et de ce qu’ils recherchent? », s’est demandé Fryhover. « En ce moment, je ne dirais pas que l’industrie est prête à  aller dans n’importe quelle direction. Nous devons en savoir plus ».

9 décembre 2010 Posted by | Alimentation, SANTE | , | Laisser un commentaire

Démanteler l’industrie de la viande


Erik Marcus

Traduit de l’américain par Antonin Chiswick

Meat Market – Animals, Ethics and Money est un livre d’Erik Marcus, paru en 2005 aux Etats-Unis, aux éditions Brio Press. L’extrait dont nous publions la traduction ici correspond aux chapitres 5 et 6 de ce livre.

Les trois mouvements existants
dans la protection animale*

L’industrie de la viande peut être comparée à un géant : trop grand et trop puissant pour être battu par une approche unique. Fort heureusement, trois mouvements différents œuvrent à protéger les animaux d’élevage : les mouvements pour le végétarisme, pour les droits des animaux, et pour le bien-être animal. Ensemble, ces trois mouvements agissent comme une équipe de lutteurs. Chacun d’entre eux s’attaque à l’élevage d’une manière unique, et se spécialise dans l’exploitation d’une vulnérabilité particulière.

Le mouvement végétarien

Le premier lutteur auquel l’industrie de la viande se voit confrontée est le mouvement végétarien. En effet, l’une des plus grandes forces de l’industrie de la viande réside dans le fait que la plupart des Américains n’ont aucune idée de la facilité avec laquelle on peut passer à un régime végétarien ou végétalien. Des publicités aux menus des restaurants, en passant par les livres de cuisine, les produits animaux sont fortement ancrés dans notre culture. Pour la plupart des Américains, le végétarisme semble réclamer des efforts considérables en termes de volonté et d’abnégation.

C’est dans ce gouffre de méconnaissance que s’introduit le mouvement végétarien, proposant des repas collectifs, diffusant des tracts d’information, organisant des conférences. Le mouvement végétarien rompt ainsi l’isolement et les inquiétudes qu’éprouve chacun face à la perspective d’un changement de régime. Les associations rendent publics les nombreux avantages d’une alimentation végétarienne, et amènent les gens à se rencontrer et à s’encourager mutuellement. Nombreux sont les végétaliens de longue date qui ont franchi le premier pas grâce à une association végétarienne locale.

Le mouvement pour les droits des animaux

Le lutteur suivant de l’équipe est tout aussi formidable. L’industrie de la viande doit sa pérennité à l’idée largement admise qu’il est acceptable d’élever des animaux pour notre alimentation. Le mouvement pour les droits des animaux s’attaque à cette croyance, armé d’une série d’arguments philosophiques redoutablement convaincants. Le mouvement moderne pour les droits des animaux est largement redevable à l’ouvrage de Peter Singer, La libération animale, qui s’est vendu à plus d’un demi million d’exemplaires à ce jour. Singer est professeur au Centre des Valeurs Humaines [Center for Human Values] à l’université de Princeton. Il a développé des arguments rationnels et saisissants sur l’immoralité de l’élevage. Ces arguments s’appuient sur le fait que, comme les humains, les animaux d’élevage sont capables de ressentir le mal-être et la douleur. Selon la philosophie utilitariste de Singer, le plaisir que nous retirons de la consommation de produits animaux se voit surpassé par la douleur et le mal-être qu’endurent les animaux qui les produisent. Ainsi, dans la mesure où une nourriture végétalienne variée et succulente est à notre disposition, Singer établit qu’il n’y a aucune raison éthique de consommer des produits animaux. Une des meilleurs choses qui puissent arriver aux animaux est que les gens se mettent à douter de la légitimité morale de s’en servir comme aliments. Le mouvement pour les droits des animaux amène de nombreuses personnes à s’interroger sur les implications éthiques de l’élevage. Il dispose pour cela d’un arsenal d’arguments merveilleusement pensés et particulièrement difficiles à réfuter.

Le mouvement pour le bien-être animal

Le troisième lutteur auquel est confronté l’élevage est le mouvement pour le bien-être animal, dont les efforts visent à éliminer les pratiques cruelles. Des progrès notables ont été obtenus par ses militants. En 1994, le regretté Henry Spira est parvenu à convaincre le ministère de l’agriculture américain (USDA) de renoncer à son exigence de marquage au visage des bovins importés du Mexique. En 2001, PETA et d’autres associations sont parvenus à convaincre les trois premières chaînes de restauration rapide d’imposer de nouvelles normes en matière de bien-être animal à leurs fournisseurs. En 2002, Farm Sanctuary et HSUS* initièrent un referendum qui conduisit à l’interdiction des stalles de gestation pour les truies en Floride.

Ces résultats ne sont que le début de ce qu’il est possible d’accomplir ; l’immense potentiel que recèle le bien-être animal demeure encore largement sous-exploité. À l’heure actuelle, en termes de préoccupation pour le bien-être animal, les consommateurs de viande américains demeurent sur le banc de touche. Il s’agit de les impliquer davantage.

Au fil des années passées à militer pour les animaux, j’ai fini par réaliser que la plupart des Américains ne sont tout simplement pas disposés à cesser de manger de la viande (et cela m’a été particulièrement désagréable). Ils écoutent souvent attentivement les arguments en faveur du végétarisme, mais refusent de changer d’alimentation. Pourtant, nombreux sont ceux qui sont sincèrement sensibles au sort des animaux et sont clairement opposés à toute forme de cruauté. On trouve peu de mangeurs de viande adhérant à des associations végétariennes ou finançant des groupes pour les droits des animaux. Mais nombreux sont ceux qui pourraient se rallier à la cause du bien-être animal, indépendamment de leur alimentation. Je pense que quiconque mange de la viande tout en refusant la maltraitance animale se trouve devant l’impératif moral de chercher à améliorer la condition des animaux d’élevage.

De nombreuses réformes de l’élevage industriel sont initiées par des organisations militant pour les droits des animaux. Le mouvement pour le bien-être animal atteindra son plein potentiel lorsqu’il sera parvenu à véritablement impliquer les consommateurs de viande dans la recherche de réformes. Lorsque le jour sera venu où les mangeurs de viande du pays exigeront de meilleures conditions d’élevage des animaux, des progrès considérables seront accomplis du jour au lendemain.

Les limites des trois mouvements

Chacun des trois mouvements que nous venons de considérer présente des atouts uniques, et chacun joue un rôle vital dans la protection des animaux. Le mouvement végétarien éveille les gens aux avantages d’une alimentation sans viande, et les aide à sauter le pas. Le mouvement pour les droits des animaux les invite à réfléchir à la légitimité éthique de l’alimentation carnée. Enfin, le mouvement pour le bien-être animal peut les inciter à lutter massivement pour mettre un terme à certaines souffrances animales induites par l’élevage.

Toutefois, l’industrie de la viande est si grande et si puissante qu’elle peut probablement survivre aux menaces que représentent pour elle ces trois mouvements. C’est pourquoi je défends ici l’idée que l’apparition d’un quatrième mouvement est nécessaire. Avec un quatrième membre dans notre équipe de lutteurs, l’industrie de la viande se verra finalement vaincue.

Je présenterai ce quatrième mouvement dans le prochain chapitre, en expliquant en quoi il est nécessaire. Mais auparavant, considérons à nouveau les mouvements végétarien, pour les droits des animaux et pour le bien-être animal. Jusqu’ici nous avons examiné les atouts de ces trois mouvements. L’examen de leurs faiblesses, que je propose maintenant, permettra de révéler en quoi l’émergence d’un quatrième mouvement est un besoin urgent.

Les limites du mouvement végétarien

Tel qu’il existe actuellement, le mouvement végétarien présente des faiblesses dans deux domaines particuliers. Si l’une de ces faiblesses peut être aisément corrigée, il n’en va pas de même de la seconde. La première faiblesse – celle à laquelle on peut aisément remédier – concerne les arguments que le mouvement emploie en faveur de l’alimentation végétarienne ou végétalienne. La majorité des ouvrages d’importance publiés depuis les années 1970 ont accordé une place égale à la santé, à l’environnement et aux animaux. De ce fait, lorsqu’elles éditent du matériel militant, les associations végétariennes accordent elles aussi généralement une importance égale à ces trois aspects. Malheureusement, un grand nombre des arguments relatifs à la santé ou à l’environnement diffusés par le mouvement dans ses écrits sont assez discutables.

Afin que le mouvement végétarien gagne en crédibilité et en force de persuasion, il faudrait que ses responsables reconsidèrent les arguments liés à la santé et à l’environnement. L’impact de nos choix alimentaires sur notre santé et sur notre environnement sont attentivement étudiés dans les appendices A à D de ce livre. J’y arrive à la conclusion que le mouvement végétarien serait bien avisé d’accorder moins d’importance aux considérations sanitaires et environnementales. Je ne prétends pas que les défenseurs du végétarisme doivent totalement renoncer à recourir à ces arguments, mais qu’ils doivent les utiliser avec prudence, en les associant à des choix alimentaires précis. Ces appendices fournissent aux végétariens un arrière-plan solide pour une argumentation gagnant en crédibilité.

Il est assez improbable que l’on puisse remédier aussi aisément à la seconde faiblesse du mouvement végétarien : je parle de sa tendance à privilégier la convivialité au détriment de l’action. L’une des grandes forces du mouvement végétarien tient à ce qu’il parvient à rendre sympathique l’idée d’éliminer les produits animaux de notre alimentation. À travers le pays, la plupart des associations végétariennes sont occupées à organiser des événements festifs : pique-niques, sorties, repas de Thanksgiving sans dinde, etc.

Assurément, il y a besoin d’une association végétarienne active et organisée dans chaque ville. La condition des animaux d’élevage s’améliore sans aucun doute chaque fois que des personnes se réunissent pour promouvoir une alimentation sans violence. Mais l’efficacité de ces réunions amicales n’en demeure pas moins limitée. Si elles font preuve d’un talent exceptionnel pour organiser des événements conviviaux, les associations végétariennes se montrent moins aptes à se tourner vers l’action. Je ne dis pas que les associations végétariennes devraient disparaître – loin s’en faut ! – mais plutôt qu’elles devraient être rejointes par des associations cherchant plus directement à affaiblir le pouvoir de l’industrie de la viande.

Les limites du mouvement pour les droits des animaux

[…] En termes d’opinion publique, la radio, la télévision et les journaux constituent le champ de bataille où le débat a véritablement lieu. Malheureusement, aucun de ces media ne constitue un terrain adapté à des débats approfondis. Lorsque les défenseurs des animaux et les représentants de l’industrie débattent en public ou sont cités dans des articles, il est rare qu’ils aient l’opportunité d’exposer une argumentation longue et cohérente. Le grand public ne retient généralement que des slogans. C’est dans ce contexte que l’étendue de la philosophie des droits des animaux devient un terrible handicap pour les défenseurs des animaux. Régulièrement, dans les débats publics, les représentants de l’industrie de la viande ont su faire dévier la discussion loin des pratiques brutales de l’élevage. Le cœur du débat se voit constamment poussé vers les recoins les plus épineux de la philosophie des droits des animaux. Les défenseurs se trouvent alors dans la position peu enviable d’avoir à expliquer pourquoi ils s’opposent à l’expérimentation animale, alors qu’elle pourrait permettre de trouver des traitements à des maladies jusqu’alors incurables.

Pourtant, ce sont les représentants de l’industrie de la viande qui devraient être constamment sur la défensive. Les défenseurs des animaux devraient saisir chaque occasion pour demander à l’industrie de la viande de rendre des comptes sur la souffrance générée par les élevages intensifs. Hélas, il est impossible de maintenir le projecteur braqué sur cette cruauté lorsque les droits des animaux s’invitent dans les débats. Les représentants de l’exploitation animale parviennent avec suffisamment de malice à détourner l’attention du public du sort des dix milliards d’animaux qui meurent chaque année, et à la réorienter vers les contradictions qui découlent de l’interprétation simpliste que se fait le public de la question des droits des animaux.

Assurément, la philosophie des droits des animaux a beaucoup à dire sur les questions éthiques soulevées lorsque des intérêts animaux et des intérêts humains entrent en conflit.. Elle s’est malheureusement avérée être un outil peu efficace s’agissant des animaux d’élevage. Ceux qui cherchent à combattre l’industrie de la viande seraient bien inspirés d’approfondir les écrits sur les droits des animaux, mais ils doivent également avoir conscience que les arguments en jeu sont souvent trop complexes pour être exposés au public. L’opposition à l’élevage industriel se doit d’être simple, facile à comprendre, et principalement axée sur la vie misérable imposée aux animaux. Les protecteurs des animaux de ferme devraient ainsi éviter de parler de philosophie en public. Au contraire, le public doit entendre le plus simple des arguments : que l’industrie de la viande est intrinsèquement cruelle, qu’elle s’oppose systématiquement à toute réforme et qu’elle doit, en conséquence, être abolie.

Quand il s’agit d’argumenter contre l’élevage, évoquer les droits des animaux se révèle souvent contre-productif. La doctrine philosophique est trop complexe pour être exposée en peu de mots, et l’ampleur de ses implications permet à ceux qui exploitent les animaux d’élevage de prendre les discussions en otage, et de remporter des débats dont ils devraient pourtant sortir perdants.

Les limites du mouvement pour le bien-être animal

Il est indéniable que, pour les animaux d’élevage, les réformes en faveur du bien-être animal ont été plus bénéfiques que les initiatives émanant du mouvement végétarien ou du mouvement pour les droits des animaux. Cependant, en dépit de son potentiel, le mouvement pour le bien-être animal souffre de sérieuses limites. Ses militants disposent de peu de moyens, et doivent concentrer leurs efforts sur les cruautés les plus indéfendables de l’élevage, négligeant ainsi les pratiques moins graves. Il est vrai que les pratiques moins cruelles finiront par être abordées, avec le temps. Mais l’élevage est une cible mouvante car il déploie sans cesse de nouvelles méthodes. S’il y a une chose dont nous pouvons être certains, c’est que ceux qui ont conçu des méthodes telles que le débecquage, les stalles de gestation ou les cages en batterie demeureront tout aussi susceptibles d’imaginer de nouvelles cruautés pour l’avenir. Ainsi, tandis que le mouvement pour le bien-être animal se focalise sur la barbarie d’aujourd’hui, l’industrie imagine rapidement les cruautés de demain. Pire encore : le développement de ces nouvelles pratiques étant graduel, il peut s’écouler un temps assez long avant qu’elles ne deviennent répandues, et attirent l’attention des militants. Le problème des campagnes réformistes est qu’elles ont toujours un temps de retard. En dépit de la capacité du mouvement réformiste à faire progressivement disparaître les cruautés existantes, il se verra toujours dans l’incapacité d’empêcher l’apparition de nouvelles formes de barbarie.

Construire un quatrième mouvement

Les trois mouvements que nous avons examinés dans ce chapitre jouent chacun un rôle indispensable dans la protection des animaux d’élevage. Par nature, chacun de ces mouvements est essentiellement défensif, visant à défaire des pratiques industrielles établies et des schémas sociaux séculaires. Le mouvement végétarien tente de sevrer les gens d’une vie entière fondée sur la consommation d’animaux. Le mouvement pour les droits des animaux cherche à bouleverser, à l’échelle de la société, les croyances sur la légitimité de leur exploitation. Et le mouvement pour le bien-être animal met un terme, l’une après l’autre, à quelques unes des pratiques les plus cruelles inhérentes à l’élevage.

Ces trois mouvements font un travail indispensable pour défendre les animaux de ferme, mais aucun ne parvient réellement à se montrer offensif. Je crois que l’émergence d’un tout nouveau mouvement, destiné à identifier et à réduire à néant les principaux atouts de l’élevage, est un besoin urgent. La manière la plus sûre d’éliminer les cruautés inhérentes à l’élevage est d’éliminer l’élevage lui-même. Afin d’y parvenir, nous avons besoin d’un nouveau mouvement conçu pour passer à l’offensive, avec l’objectif de mettre un terme définitif à l’élevage des animaux. Comme nous le verrons dans le chapitre suivant, cette visée est loin d’être hors de portée. Même si l’exploitation des animaux d’élevage ne saurait être éradiquée du jour au lendemain, il nous faut faire le premier pas en direction de cet objectif.

Un mouvement visant à affaiblir – et un jour renverser – l’industrie de la viande constituera le parfait complément au travail qu’effectuent déjà les mouvements végétarien, pour les droits et pour le bien-être des animaux. Pour la première fois, le mouvement de protection animale disposera d’une attaque aussi puissante que sa défense. Examinons à présent comment un tel mouvement peut voir le jour.

Créer un mouvement de démantèlement**

Dans le chapitre précédent, j’ai soutenu qu’il est nécessaire qu’apparaisse un tout nouveau mouvement, dédié à affaiblir et in fine à éliminer l’industrie de la viande.

J’appelle ce nouveau courant le mouvement de démantèlement, en me fondant sur un a priori audacieux : que les militants sont capables de s’unir pour affaiblir et finalement défaire toute l’industrie de la viande. Même les éléments les plus radicaux du mouvement de protection animale n’ont jamais explicitement désigné l’élimination de l’élevage comme un but à atteindre1, ce qui tient – selon moi – au souci de ne pas apparaître trop déconnecté de la réalité. Mais tant que nous ne nous fixons pas cet objectif, le sort des animaux d’élevage aux Etats-Unis demeurera scellé. Les dix milliards d’animaux abattus chaque année ont besoin que nous ayons le courage suffisant pour commencer cette tâche immense, susceptible en outre de s’étendre sur plusieurs générations.

Le terme de démantèlement recèle en lui-même la méthode permettant de venir à bout de l’exploitation des animaux en élevage. Il n’y a aucune notion de violence ou d’hystérie dans le mot « démantèlement*** ». Au contraire, il suggère que l’exploitation des animaux de ferme peut être techniquement démontée pièce par pièce, à la manière d’une machine, calmement, méticuleusement. Le lecteur trouvera dans ce livre les idées principales qui sous-tendent ce démantèlement. Croyez-le ou non, il y a de bonnes raisons de penser que des efforts concertés peuvent venir à bout de l’industrie de la viande, malgré sa force et malgré ses dimensions. Avant d’aborder ce que ce mouvement de démantèlement pourrait accomplir, je souhaite apporter une précision sur les divers aspects de la protection animale. Dans cet ouvrage, j’ai analysé jusqu’ici les trois mouvements qui la composent (pour ce qui est des animaux de ferme). Mais faut-il parler de mouvements ou de stratégies ? La question fait débat parmi les militants. Certains soutiennent par exemple que les actions menées en faveur du bien être et en faveur des droits participent en réalité d’un même mouvement. D’autres considèrent qu’il n’y a en réalité qu’un seul mouvement protégeant les animaux, et que les efforts pour promouvoir les droits des animaux, le bien-être animal ou le végétarisme constituent les différentes stratégies de ce mouvement.

Dans ce livre, j’ai présenté les militantismes végétarien, pour les droits et pour le bien-être comme trois mouvements distincts, parce que je pense qu’une description séparée est mieux comprise. Pour la même raison, je présenterai le mouvement de démantèlement comme un mouvement à part. Je suppose que certains lecteurs considèreront que le mouvement de démantèlement que je propose n’est qu’une stratégie qui prend place dans le panorama animaliste existant, et cela ne me pose aucun problème. Il importe peu, en effet, que le démantèlement soit considéré comme un mouvement ou comme une stratégie. Mon objectif premier est que ses idées et ses buts retiennent l’attention des militants, et encouragent de nouvelles personnes à s’engager dans la protection des animaux d’élevage. Cette précision étant faite, commençons l’examen du mouvement de démantèlement par l’étude de l’une de ses plus évidentes références historiques.

La comparaison avec l’abolition de l’esclavage

Vraisemblablement, les efforts actuels pour démanteler l’élevage se verront souvent comparés au mouvement pour l’abolition de l’esclavage au XIXe siècle. Cette comparaison est justifiée, car chacun de ces mouvements s’est donné pour objectif d’en finir avec une forme institutionnelle d’oppression ancrée dans la société. Il peut même être tentant de considérer le mouvement de démantèlement comme la réincarnation de l’abolitionnisme. Toutefois, les militants doivent comprendre qu’il existe des différences importantes entre les deux. Ces différences s’expriment dans les noms que se donnent ces deux mouvements. Comme son nom l’indique, le mouvement abolitionniste visait à convaincre une tierce partie – le gouvernement fédéral – d’intervenir pour abolir l’esclavage2. Les abolitionnistes pouvaient raisonnablement espérer obtenir le soutien du gouvernement. Par contre, les militants qui cherchent à faire disparaître l’élevage ne peuvent rien espérer de tel. Aux Etats-Unis, l’industrie de la viande compte parmi celles dont les intérêts sont les mieux défendus au niveau politique, et il n’y a aucune chance de voir cette industrie interdite par la loi. En conséquence, nous ne pouvons pas espérer voir le gouvernement jouer un rôle moteur dans l’élimination de l’élevage. Le démantèlement de l’industrie de la viande ne repose pas sur le gouvernement, mais sur l’action des individus et des associations.

Contrairement aux abolitionnistes, qui manquaient souvent de moyens pour s’attaquer aux racines de l’esclavage, les militants de la cause animale peuvent obtenir de nombreux résultats sans la moindre assistance du gouvernement. Il existe en effet de nombreuses possibilités d’actions légales et efficaces pour qui veut s’engager en faveur des animaux de ferme, et quiconque rejoint cette lutte peut, en réalité, être à l’origine de profonds bouleversements. Durant les années à venir, le mouvement de démantèlement viendra sans doute à bout de certains points forts de l’industrie de la viande. Si les efforts des militants sont suffisamment soutenus et organisés, l’industrie de la viande perdra ses précieux appuis politiques. À ce stade, l’industrie et toute la cruauté qu’elle engendre pourront être renversées.

Savoir renoncer à être parfait

Le mouvement de démantèlement se développera certainement différemment du mouvement abolitionniste, mais les deux mouvements ont un point commun : aucun ne se fixe pour objectif ultime d’atteindre la perfection3.

A l’issue de la guerre civile, les Noirs américains affrontèrent de nombreuses difficultés, telles que la ségrégation ou la discrimination à l’embauche. Ces injustices – et d’autres – ont perduré durant plus d’un siècle, jusqu’à l’avènement du mouvement pour les droits civiques. Les dirigeants du mouvement abolitionniste auraient certainement pu prévoir cette oppression post-esclavage. Pourquoi leur programme était-il donc si limité ?

Ces limites ne doivent pas être imputées à la paresse ou à la vanité. Elles constituent, au contraire, la pierre angulaire d’une stratégie brillante. À cette époque, l’esclavage représentait la pire forme de maltraitance de Noirs par des Blancs. Elle s’appuyait sur le fait que beaucoup d’Américains considéraient les Noirs comme des hommes de race inférieure, et n’auraient jamais accepté le principe d’une égalité sociale des Noirs et des Blancs. Le coup de maître du mouvement abolitionniste fut de comprendre que, quoi qu’on pense des races, il n’est pas nécessaire d’être terriblement progressiste pour voir que l’esclavage est une abomination.

La clef du succès a résidé dans la démarche consistant à circonscrire l’objectif à l’affaiblissement – puis à la disparition – de l’esclavage, accroissant en cela le nombre de sympathisants actifs. Exiger des Américains du XIXe siècle d’adhérer à une doctrine de l’égalité raciale aurait certainement empoisonné le mouvement. En réalité, beaucoup de ceux qui se sont battus ou sont morts pour l’abolition de l’esclavage avaient des opinions qui seraient aujourd’hui jugées racistes4. Mais, d’un point de vue abolitionniste, il n’était pas nécessaire de croire à la parfaite égalité des races. Les abolitionnistes demandaient simplement aux Américains de reconnaître que l’esclavage était une barbarie absurde, et d’agir pour y mettre fin. Une fois l’esclavage aboli, la disparition des formes d’oppression plus subtiles ne devenait qu’une question de temps. Mais avant que ces avancées puissent se produire, il fallait d’abord éliminer l’esclavage.

Donner à l’élevage la priorité qu’il mérite

Autrefois, l’esclavage constituait la violation des droits humains la plus urgente à régler. De même, aujourd’hui, il est évident que l’effort pour éliminer la cruauté envers les animaux devrait se concentrer sur l’élevage. 97 % des animaux tués par l’homme aux Etats-Unis5 le sont à cause de l’élevage. Il faut donc donner aux animaux de ferme la priorité qu’ils méritent, et les arguments en leur faveur ne doivent pas être affaiblis en y mêlant une rhétorique relative aux animaux chassés, utilisés pour la recherche ou comme compagnons.

En effet, nous vivons dans un monde où l’attitude de la majorité des gens envers les animaux est fondée sur leur exploitation. Il est donc capital de convaincre le public que l’élevage est une activité barbare et que, quoi qu’on pense des autres utilisations des animaux, la condition des animaux de ferme est intolérable. En attirant continuellement l’attention sur la brutalité de l’élevage, nous pourrons persuader un nombre croissant d’individus de se joindre à la lutte.

La guerre civile fut gagnée grâce à la participation massive d’individus aux préjugés racistes, qui n’en considéraient pourtant pas moins l’esclavage comme un affront à la dignité humaine. De la même manière, en concentrant notre discours et notre action sur les injustices inhérentes à l’élevage, nous permettrons à un vaste public de se sentir concerné et de s’investir6.

Les avantages du mouvement de démantèlement

Comme le mouvement végétarien, le mouvement de démantèlement repose sur le travail militant en direction du public : parler à nos amis, à nos proches, ou à quiconque se montre disposé à nous écouter. Le lecteur trouvera dans la suite de ce livre une multitude d’idées pour rendre l’argument végétarien plus honnête et plus attractif. Je crois cependant que la meilleure argumentation en faveur du végétarisme ne surpassera jamais en force de persuasion l’argumentation en faveur du démantèlement. La raison en est que l’argumentation végétarienne comporte un point délicat inhérent à sa structure même. Le problème est qu’elle repose sur la formule : « Vous devez changer votre alimentation, et voici pourquoi… »

Il est pratiquement impossible de promouvoir le végétarisme sans évoquer d’emblée ce qu’il implique comme bouleversements dans l’alimentation de l’auditeur, qui en retire l’impression que le passage à une nourriture sans souffrances ne peut que s’accompagner d’immenses sacrifices personnels. En conséquence, peu de gens se montrent aptes à écouter et à porter une appréciation objective sur les arguments avancés, tant ils sont préoccupés par les difficultés qu’ils imaginent en termes de régime. Au cours de ma longue expérience de militant, j’ai souvent échoué à convaincre mes interlocuteurs que ne plus manger de produits animaux est en réalité assez simple, voire très plaisant.

L’approche du démantèlement contourne cet obstacle en recourant prioritairement à l’argument de la cruauté inhérente à l’industrie de la viande. Plutôt que de promouvoir le végétarisme ou le végétalisme, le mouvement de démantèlement cherche uniquement à susciter un dégoût personnel pour l’exploitation des animaux d’élevage, et à convaincre les gens de s’engager pour en venir à bout. Finalement, le mouvement de démantèlement permet ainsi d’encourager le végétalisme d’une manière qui n’effraie pas les gens. Dès lors que le public comprend que l’industrie de la viande perpétue le confinement et la cruauté, il devient plus facile de susciter des changements de régime alimentaire. Il est presque inévitable pour quiconque adhère aux arguments en faveur du démantèlement de s’engager vers le militantisme et le végétalisme.

De plus, ceux qui adhèrent au projet de démantèlement sont bien plus susceptibles d’agir et de militer que ceux qui sont simplement végétariens. Et la plus grande menace pour l’industrie de la viande est que les gens quittent le banc de touche et s’engagent activement pour la combattre. Même si cette industrie se voit affaiblie chaque fois que quelqu’un devient végétarien ou végétalien, elle peut survivre à la perte d’un consommateur. Mais elle ne pourrait résister à un flot continu de nouveaux militants déterminés à abolir l’élevage des animaux.

La force des idées

L’industrie de la viande est un secteur immense, qui possède des ressources quasi-illimitées pour se défendre. Pourtant, en dépit de sa puissance, il s’agit d’une industrie extrêmement vulnérable. Afin de maintenir le prix de la viande, du lait et des œufs au plus bas, elle doit recourir à des pratiques d’élevage cruelles. À mesure que cette cruauté sera révélée par les militants, l’opinion publique se retournera de plus en plus contre cette industrie.

Comme nous ne pouvons nous attendre à ce que le mouvement pour l’abolition de l’élevage soit conduit par le gouvernement, il nous faut construire un mouvement capable de convaincre les individus de se joindre à la lutte pour mettre un terme à l’exploitation des animaux de ferme. La méthode clef pour y rallier le public repose sur une approche honnête et précise, qui met en lumière les problèmes éthiques que soulève l’exploitation des animaux pour la nourriture.

Ainsi, nos chances de succès reposent sur notre capacité à attirer une large variété de participants. Des personnes, parmi lesquelles beaucoup de mangeurs de viande, se rallieront pour combattre certaines pratiques spécifiques, tandis que d’autres œuvreront à affaiblir et finalement éliminer l’industrie. Mais en ralliant de nouveaux militants à la lutte, nous ne parcourrons que la moitié du chemin. Le chemin restant consiste à s’assurer qu’il existe des associations influentes capables d’exploiter ces nouveaux talents et cette nouvelle énergie.


Notes :

*. Chapitre 5 de Meat Market [NdT].

**. Chapitre 6 de Meat Market [NdT].

1. Ma conviction que l’élevage peut être éliminé est à distinguer de la position selon laquelle il doit être éliminé. Les partisans des droits des animaux – et c’est tout à leur honneur – n’ont cessé de clamer haut et fort que l’élevage devrait disparaître. Mais personne n’a sérieusement avancé l’idée que, de notre vivant, nous pouvions créer une force qui mette l’élevage sur la pente d’un inexorable déclin.

***. En anglais, le premier sens du verbe « to dismantle » est « démonter » [NdT].

2. Je parle de « tierce partie », dans le sens où trois « parties » étaient en cause : 1) les esclaves et propriétaires d’esclaves, 2) les abolitionnistes, 3) le gouvernement fédéral.

3. Les actions et méthodes du mouvement de démantèlement différeront profondément de celles utilisées dans la lutte pour l’abolition de l’esclavage. La différence la plus notable est qu’il ne faudra pas une guerre pour éliminer l’industrie de la viande ; en fait, tout devrait se passer de façon non violente, sans qu’aucun des camps ne subisse de pertes humaines.

4. Les préjugés racistes étaient communs, non seulement chez les soldats de l’Union, mais aussi parmi les abolitionnistes. Ainsi, lors du débat entre Lincoln et Douglas du 13 octobre 1858, Lincoln suggéra qu’il se pourrait que les Noirs ne possèdent pas « les facultés morales et intellectuelles » des Blancs.

5. Le nombre d’animaux tués chaque année pour la recherche, la chasse, la fourrure et en raison des euthanasies de chiens et chats pratiquées dans les refuges surpeuplés s’élève au total à moins de 300 millions […].

6. Un jour, la société s’attachera aux questions plus complexes de la vivisection, des animaux de compagnie et de la chasse. Mais tant que nous vivrons dans une société qui permet l’existence d’une activité aussi cruelle et inutile que l’élevage, on ne peut espérer un débat public constructif sur les autres sujets. En ce sens, le démantèlement est probablement le meilleur ami des animaux de laboratoire, en ce qu’il hâte la venue du jour où la société sera en état d’évaluer rationnellement tous les usages des animaux.

2 décembre 2010 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME | , , | Laisser un commentaire

Circuits courts


Notre alimentation est dépendante des énergies fossiles. Une transition dans ce domaine est donc inévitable. La résilience dans ce domaine passe par une relocalisation et des modifications de la production agricole. Nos projets ont comme objectif le développement de potagers ruraux ou urbains, individuels ou collectifs (jardins familiaux, jardins communautaires), la plantation d’arbres ou les échanges de graines, la diffusion gratuite des savoirs, des pratiques et de l’auto-production .

Circuits courts:

Relocaliser la production et raccourcir les circuits de distribution.

Création de marchés de producteurs, d’AMAP ou de coopératives d’achat…les pratiques agricoles doivent évoluer vers une agriculture respectueuse de l’environnement et moins consommatrice d’hydrocarbures (pétrole pour les pesticides et la mécanisation, gaz naturel pour les engrais minéraux). Nos projets sont la mise en place d’une agriculture biologique ou biodynamique. La permaculture offre également des solutions d’avenir en matière agricole.

Liste des AMAP en Aquitaine:

Proposez des producteurs locaux:

  • Verger pédagogique de sauvegarde de variétés locales de pommes: Le Verger de la Garonelle

Autoproduire:

Liens utiles sur l’autonomie alimentaire:

  • Un blog sur tous ce qu’il faut savoir pour aller vers l’autonomie alimentaire (surfaces, techniques agricoles…): Ninkilim


18 novembre 2010 Posted by | Alimentation | Laisser un commentaire

   

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 4 628 autres abonnés

%d blogueurs aiment cette page :