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La France occupe le troisième rang mondial sur le marché des pesticides

La France occupe le troisième rang mondial sur le marché des pesticides (insecticides, fongicides, herbicides) et le premier rang européen avec 76 000 tonnes de substances actives, dont 90 % pour les usages agricoles.

Les productions les plus consommatrices (céréales à paille, maïs, colza et vigne) qui occupent moins de 40 % de la surface agricole utile (SAU) nationale, utilisent à elles seules près de 80 % des pesticides vendus chaque année en France. L’arboriculture fruitière, qui représente 1 % de la SAU, représente en valeur 4 % du marché national des fongicides et 21 % du marché des insecticides.

Une contamination généralisée des eaux par les pesticides est constatée dans 80 % des stations de mesure en eau superficielle et 57 % en eau souterraine ainsi qu’une rémanence forte dans les sols de produits interdits depuis de nombreuses années (pour exemple le chlordécone dans les DOM). Quant à leur impact sur la qualité de l’air, des effets sur la santé humaine ont déjà justifié le lancement d’études épidémiologiques.

Cette situation découle directement des choix politiques en matière de développement agricole et rural. La distribution des soutiens financiers de la PAC a orienté l’agriculture vers la spécialisation, avec, d’un côté, des plaines de monoculture de blé, de maïs,de betteraves, de fruits et légumes … et, de l’autre, des concentrations d’élevages de type industriel, générant d’importantes quantités de lisier qui refroidissent les sols et asphyxient la vie microbienne.

Dans le premier cas, les sols sont usés, compacts, bétonnés et sans humus, nécessitant d’importants travaux mécaniques accompagnés de l’utilisation massive de désherbants, d’insecticides et d’intrants chimiques. Dans le second, la résorption des déchets de l’élevage provoque systématiquement des labours répétés (problème d’émanations et absorption des nitrates et de l’azote par des plantes gourmandes en intrants et en eau).

Les résultats sont sans appel. Les sols se sont chargés de nitrates, de pesticides et désormais de métaux lourds quasiment impossibles à résorber et dont les combinaisons pourraient créer des surprises irréversibles, notamment par des mutations bactériologiques.

Dans le même temps, la réduction massive du nombre de paysans (80 % ont disparu entre 1960 et 2004*) a provoqué un changement radical des choix de développement agronomique.

L’exemple de la production laitière est parlant : plus l’élevage grandit en nombre d’UGB (unité de gros bétail), plus le recours à l’alimentation à l’auge est important. Résultat : le retournement des prairies a fait place à la culture de maïs, consommatrice d’intrants… et source de bénéfices pour les firmes agrochimiques et semencières. Ainsi, les prairies ont disparu, les eaux souterraines et les nappes superficielles sont devenues les réservoirs poubelle de produits chimiques et de molécules soit disant biodégradables. Le système devient irréversible, ôtant toute autonomie au paysan, ou le peu qui lui en restait dans le cadre d’une politique agricole commune contraignante. On fabrique des matières agricoles à bas prix et on enferme l’agriculture et les territoires ruraux dans un cadre défini aux antipodes des attentes de la société française a pris la mesure des enjeux à haut risque depuis les crises sanitaires récentes. La fonction paysanne d’agronomie disparaît quasiment en éloignant notre métier du triptyque vivant « végétal, animal et biodiversité ».


source:Confédération Paysanne


* Source : INSEE (recensement 1993) et AGRESTE (Graphagri 2005)

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3 février 2011 - Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation | , ,

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