Aquitaine décroissance

vers une démocratie générale

Stress et pression en milieu scolaire

un article de Théodore Macaigne

Tout d’abord je tenais à prévenir le lecteur que, oui, je sais que des enfants travaillent dans des usines et dans des mines pour un salaire de misère voir même pas de salaire du tout et qu’ils sont réduits à l’esclavage sans connaître l’enfance et l’adolescence. Et bien sûr, il faut penser à eux. Mais ne pas se dire qu’il y a pire que nous en les regardants mais que nous-même pouvons nous améliorer en espérant que les autres pays feront de même.
En France, l’accès à l’école est un droit et est (normalement) gratuit pour tous les enfants résidents en France. Ce n’est en aucun cas un obligation. C’est l’instruction qui est obligatoire de 6ans à 16ans. Elle peut être faite à domicile par des professionnels ou les parents. Néanmoins, peu importe le type d’instruction choisi, il y a un programme à respecter et les enfants peuvent être soumis à des tests.

La France bénéficie donc d’une école laïque et  »gratuite » pour les enfants de 2 ans (3 ans dans certaines régions) à 16 ans (voir plus selon la voie choisie). Cette éducation, bien qu’ayant déjà quelques problèmes est en pleine casse par le gouvernement actuel : réduction des effectifs de professeurs, suppression de la maternelle à 2 ans, privatisation de plus en plus de lycées… Mais, ce n’est pas sur ça que je souhaite m’attarder. Je vais m’attaquer directement aux fondements de l’éducation obligatoire.

Comprenez tout d’abord que si l’état dépense aujourd’hui autant d’argent à nous  »instruire », c’est bien parce qu’il y récupère beaucoup plus derrière : malgré le coup de la main d’œuvre, certaines entreprises produisent en France car les travailleurs sont déjà formés, même formatés à obéir sans contredire le maître, à chercher à faire le meilleur rendement possible, à être le meilleur…
Je m’explique : L’école utilise des méthodes  »masquées » pour nous apprendre :

* à obéir,
* à travailler sans réfléchir,
* à être productif,
* à essayer d’être le meilleur.

Obéir : Au début par le célèbre  »va au coin les mains sur la tête » l’enfant dés son plus jeune âge est soumis aux ordres d’une grande personne pendant 6 heures par jour. Ensuite par la punition idiote telle que recopier 50 fois que  »je ne dois pas manquer de respect à la maîtresse » ou la punition un tout petit peu plus intelligente (bien qu’une punition n’est jamais intelligente) comme  »conjuguer au présent les verbes obéir et se taire ». Puis au collège, la punition prends un autre aspect avec le fameux devoir supplémentaire, comme-ci les enfants de 10 ans n’avaient pas assez de leur heure quotidienne de devoirs que leurs profs leur demandent. Mais ce n’est pas le tout au collège, il y a aussi l’heure de colle : semblable (en moins important bien-sûr) à de la prison, l’heure de colle est la sanction la plus importante du collège (sans passage par le conseil de discipline) pourtant, elle peut être donné simplement pour un classeur mal rangé. Cette sanction, bien que très grave : la suppression d’au moins 1 heure dans le peu de temps libre que possède l’élève est banalisée. Ce qui fait que l’élève qui, parfois, ne fait qu’oublier son livre risque la même sanction que l’élève qui frappe un camarade. Durant toutes les années que je vient de vous passer, tout acte visant à chercher la discussion sur une sanction injustifiée est considéré comme de l’insolence.
A travailler sans réfléchir : La plupart des contrôles se font sur les leçons. C’est à dire que les élèves doivent apprendre par cœur des informations et les recracher sans les modifier. Les quelques contrôles où l’on nous demande une réflexion ne sont que des illusions car, à part en terminale pour la philosophie, aucun test n’est de la vraie réflexion. C’est soit recracher une information directement, soit utiliser cette information dans un seul but précis (les exercices de mathématiques par exemple).
A être productif : Toujours plus de devoirs, toujours travailler sans discuter, un minimum de temps entre les cours, un maximum de travail par heure de cour. C’est une pression insupportable pour des enfants de 10 ans. Devoir être assis à coté des amis sans pouvoir leur parler pendant 1 heure, devoir répondre à des questions qui n’ont un sens que pour le professeur, des journées interminables avec encore des devoirs à faire…
A être le meilleur : Notes, classements, esprit de compétition en EPS… Tout est fait pour que les élèves se fassent des petites guerres entre eux et qu’ils essaient de travailler du mieux possible, sans rien partager. Pendant des années, on apprend la valeur du mérite en faisant abstraction du partage de l’entraide et de l’altruisme.

L’engrenage dangereux qu’entraîne le stress et la pression en milieu scolaire :

En primaire :

Le bruit de la classe, le commencement des devoirs et leçons à la maison, les contrôles sont autant de soucis qui risquent, à terme, de donner à l’élève un énervement incontrôlable, un renfermement sur lui-même, une phobie scolaire ou un trouble du sommeil. Les troubles de sommeil engendrent une spirale qui peut durer toute une période scolaire, parfois une année et même -malheureusement- toute l’enfance. En fait, l’élève s’épuise et se stress à donner le meilleur de lui-même pour son maître, au point d’en avoir u mal à dormir la nuit (cauchemars, stress pour l’école le lendemain…) ce qui rend l’élève encore plus fatigué, il a plus de mal à travailler, de moins bonnes notes/appréciations et donc il est encore plus stressé, à plus de mal à dormir etc

Au collège :

•6ème 5ème : C’est à peu près le même problème qu’un primaire mais amplifié par la pression des notes qui est beaucoup plus importante qu’en primaire et les nouvelles sanctions qui font leur apparition dans la vie de l’élève : devoirs supplémentaires et heures de retenue.

•4ème 3ème : La pression des notes s’amplifie toujours, on commence à parler du métier comme-si des enfants de 13-14 ans pouvait décider maintenant de ce qu’ils feront le reste de leur vie. Les sanctions s’intensifient, il est maintenant possible d’être viré de l’établissement pour avoir tenté de se justifier.

Au lycée :

C’est toujours la même spirale mais qui empire encore. Là, il y a aussi le stress du métier. On nous en parle tous les jours; Tout acte de tricherie, toute mauvaise note, devoir non rendu… sont caractérisés par les professeurs comme un risque de ne pas avoir l’orientation souhaitée.

Les quelques bons côtés de l’école

Bien que faite pour que l’élève deviennent un futur esclave de cette société, bien que l’école peut avoir un effet très néfaste et dangereux pour l’élève (dépression), elle a quelques effets  »positifs ».

La rencontre avec d’autres élèves : le fait d’aller à l’école oblige les enfants à rencontrer d’autres enfants de leur age. Lors des récréations/pauses ils peuvent donc faire connaissance et devenir amis. Par-contre, dés qu’ils sont dans la classe, même l’un à coté de l’autre ils n’ont pas le droit de communiquer ni de s’aider.

La culture : l’école offre aussi un accès -très limité- à la culture. En plus des cours de base (apprentissage de la lecture, de l’écriture, du calcul) elle donne aussi un enseignement sur l’histoire, la géographie, les sciences… Par-contre, le système éducatif est très limité sur l’art (2h d’arts/semaine au collège, l’art uniquement en option au lycée). Il faut croire que le seul moyen de création : l’art n’est pas important pour réussir dans la vie. L’important étant de retenir et recracher les informations qui nous sont données.

Conclusion

L’école est un passage presque obligatoire pour tous les enfants français puisque rares sont les enfants qui peuvent offrir à leurs enfants un enseignement à domicile. Les programmes créés par par le gouvernement ne cherchent qu’une seule chose : manipuler les élèves, les faire devenir des petits travailleurs bien obéissants et productifs.

http://voix-eleve.doomby.com/

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22 décembre 2010 - Posted by | EDUCATION

2 commentaires »

  1. Les amis que vous vous faites au lycée sont très rarement de vrais amis :

    On vous enferme 8h par jour avec une trentaine personnes de votre âge. Vous avez rarement des intérêts communs entre vous. Mais le fait d’être enfermé 8h par jour avec eux vous force à créer des liens entre vous plus ou moins bons (selon les centres d’intérêt et les idées de chacun de vos camarades). Donc, par la force des choses, vous considérez les personnes avec lesquelles vous vous entendez le mieux comme des amis. Alors que ces personnes ne sont en réalité que des  »adversaires ». Ils font de leur mieux pour avoir une meilleur moyenne que vous dans le classement. S’ils doivent vous battre à une partie de badminton en EPS, ils le feront même si vous risquez d’avoir une mauvaise note de leur faute.
    Je ne dis pas qu’il est impossible d’avoir des vrais amis par le collège ou lycée, mais que c’est très rare et que souvent, pour qu’ils deviennent de vrais amis, vous les voyez aussi dans des activités extra-scolaire (puisqu’ils partagent les même centre d’intérêts que vous).

    Commentaire par Macaigne | 26 décembre 2010 | Répondre

    • effectivement c’est une remarque très juste. L’école forme à la compétition, au chacun pour soi, alors que la coopération est bien plus efficace.

      Commentaire par coordinateur | 26 décembre 2010 | Répondre


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