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Construire une société écologiquement, économiquement et humainement envisageable.

pic pétrolier mondialLes modèles d’exploitations sur lesquels repose notre société montrent leurs limites mortifères. L’homme doit renoncer à l’ exploitation de toutes matières, de touts vivants .  La pensée des objecteurs de croissance est en rupture avec le principe anthropocentrique qui place l’humanité en « maître et possesseur de la nature ».  Nous récusons ce modèle de civilisation productiviste et cette notion même de progrès. Nous ne nous reconnaissons pas dans la lutte pour la réappropriation des forces productives existantes ; ni dans aucune forme de productivisme.

« La pollution et le prolétariat sont aujourd’hui les deux côtés concrets de la critique de l’économie politique » Dans La véritable scission dans l’Internationale (1972), Guy Debord et Gianfranco Sanguinetti

Un développement économique infini dans un monde fini ?*

La création de richesse mesurée par  le PIB est proportionnel à une destruction du capital naturel or celui-ci est limité.

Épuisement des ressources énergétiques :

  • pétrole (pic pétrolier mondial arrivant entre 2008 et 2040 selon les prévisions des compagnies et des gouvernements),
  • gaz (70 ans),
  • uranium (entre 50 et 220 ans),
  • charbon (200 ans, au rythme actuel de consommation) ou qui serait déjà passé en 2005 selon Colin Campbell de l’ASPO.Association for the Study of Peak Oil and Gas.
  • Raréfaction de nombreuses ressources minières : indium, nickel, cobalt (ces deux derniers éléments entrent dans la composition de certains aciers), cuivre, iridium, etc.

La croissance basée sur ces ressources est terminée.

Il y a donc des changements de conscience à accomplir rapidement afin de sortir au plus vite du fétichisme de la marchandise et de la sur-consommation qui engendrent des pénuries, des tensions géopolitiques et une destruction de l’environnement .


*Nicholas Georgescu-Roegen, présentation et traduction de Jacques Grinevald et Ivo Rens, La décroissance : entropie, écologie, économie, Éd. Sang de la terre, nouvelle éd., 1995

Énergie

Décroissance énergétique

La consommation d’énergie est impactée par tous les autres domaines. Ainsi, une agriculture biologique, le choix des transports en commun, de produits locaux et de saison diminue l’empreinte énergétique au niveau local comme global.

Le scénario négawatt propose une réduction de l’empreinte énergétique sur la période 2000-2050 suivant trois axes : sobriété, éfficacité et utilisation d’énergies renouvelables.

Le concept de décroissance énergétique (« energy descent » en anglais) a été formulé en 2001 par les écologistes Odum et Odum. Selon les auteurs, la décroissance énergétique est la seule alternative qui s’offre à nous après une ère de croissance énergétique (« energy ascent ») caractérisée par l’abondance de ressources fossiles (pétrole) à bon marché. C’est un des concepts-clés de l’écologie actuelle. Sur celui trop vague de développement durable, il a l’avantage de préciser très clairement une des conditions essentielles de toute action écologique cohérente : il n’y aura pas de développement durable sans décroissance de la consommation des ressources géologiques. Pour certains auteurs tels que Holmgren (2003), la décroissance implique une diminution quantitative sur tous les plans : énergie, consommation, nombre d’humains (par contrôle des naissances), etc. Voici la définition qu’en donne Rob Hopkins, le fondateur des Transition Towns : « [...] le déclin inexorable des ressources nettes disponibles pour soutenir l’humanité, qui reflète la croissance de la demande en énergies depuis la Révolution industrielle. Il s’agit d’un scénario d’avenir selon lequel le monde aura su s’adapter à cette diminution en relocalisant son activité et redéveloppant son autonomie (résilience).” Pour Hopkins, la décroissance énergétique est la seule alternative à un avenir où les nations risquent de s’affronter dans des combats sans merci pour les ressources naturelles : « L’idée de décroissance est mûre. C’est une nouvelle frontière qu’il faut aborder avec enthousiasme et détermination, en autant que chacun comprenne la nécessité de diminuer la consommation. » Adaptation de What is energy descent, de Rob Hopkins, par Bernard Lebleu