Aquitaine décroissance

vers une démocratie générale

Nous ne sommes pas en démocratie


Le philosophe Alain Badiou sur la Démocratie

« NON je ne voterai pas! »

« Les élections servent à enterrer le mouvement de démocratie. »

« Il n’y a pas de relation entre la majorité et ce qui est juste »

« Dans notre régime quel est le pouvoir du peuple? en quoi le peuple participe-t-il aux décisions les plus fondamentales (les décisions de politique étrangère,  les décisions concernant les banques , l’économie et ses orientations… »

voir également : Nous ne sommes pas en démocratie

16 avril 2012 Posted by | Désobéissance civile, webTV | , , , , , | Laisser un commentaire

Les indigné-es et la mouvance autonome espagnole


Le mouvement des indigné-es serait-il un sorte de sous printemps arabe, de mobilisation contre la crise, contre la corruption ?! Ou la diffusion massive des idéaux autonomes ?

Il est temps de remettre nos pendules historiques à l’heure. Le mouvement n’est pas sorti de la cuisse de Madoff mais il a un histoire, longue et riche et c’est en s’appuyant sur celle-ci que le mouvement se construit, se répand et prend sa consistance. Je replacerais ici le mouvement du 15M dans la continuité des mouvements autonomes, anti autoritaires, auto gestionnaires espagnols à l’aide de textes extraits de diverses brochures issues du mouvement.

La movida sociale : un mouvement antiautoritaire

Les années 1980 représentent pour l’Espagne la seconde étape de ce que l’on a nommé la « transition démocratique » et son intégration à l’Europe. Cette période fut l’occasion d’une intense agitation sociale, particulièrement dans les territoires basques. Outre les mouvements nationalistes, on y vit fleurir un mouvement antiautoritaire, libertaire, prenant comme esthétique la vague punk qui balayait alors tout le pays.

Ce mouvement eut de multiples aspects : squats, radios pirates, fanzines, musique. Il se retrouva mêlé aux luttes ouvrières, étudiantes, féministes, antimilitaristes, écologistes, pour le logement…

Il fut en butte à la répression des États espagnol et français ainsi qu’à l’ostracisme ou aux calomnies du mouvement de libération nationale basque classique.

« A la fin des années 80 et au début des années 90, à chaque fois qu’un collectif de jeunes s’organisait, les partis d’extrême-gauche se précipitaient à leur tête, et plusieurs collectifs furent infiltrés par le parti maoïste Movimiento Comunista. Quand la direction du Movimiento Comunista fusionna avec celle du parti trotskyste LCR, une partie de leurs bases, et particulièrement les jeunes, commencèrent à s’intéresser au discours anti-parti. Quand les autonomes et les partis entraient en contact, c’était eux, plutôt que de nous absorber, qui assimilaient notre discours anti-parti, et de cette manière nous faisions un important travail de dissolution : des gens des jeunesses du MC, LCR, PCE, ML, ont fini dans des collectifs de la Coordinadora de Lucha Autonoma et dans d’autres structures du mouvement autonome. »

90s : coordination des collectifs

L’organisation de ces différents jeunes collectifs se cristallise en octobre 1990, dans des journées qui donnent naissance à la Coordinadora de Colectivos de Lucha Autonoma (Coordination de Collectifs de Lutte Autonome), comme structure de communication et de dynamisation de l’Autonomie.

Le discours anti-parti

La critique de l’avant-gardisme, des partis et des syndicats, est menée à travers une pratique d’organisation autogestionnaire, anti-hiérarchique et anti-autoritaire, réelle et effective.

« Les nouveaux militants de Lucha Autonoma sont jeunes et peu expérimenté-e-s. « La majorité des gens entrent dans le collectif avec un idéal vaguement anti-capitaliste, l’impression qu’il faut se battre contre le système et que le réformisme ne mène à rien. En réalité, c’est dans le collectif qu’ils se forment politiquement. Aussi bien au niveau théorique que pratique : comment convoquer une mobilisation, comment faire une assemblée… Les gens les plus vieux, venant d’autres collectifs, s’occupent de la formation des plus inexpérimenté-e-s. Pendant la première année, dans toutes les assemblées il y avait quelqu’un-e qui apparaissait avec un texte sur l’organisation, la violence, la femme… Et puis, quand tu commences, tu lis tout ce qui te tombe entre les mains… En plus nous faisions beaucoup de débats, parce que nous n’avions clairement qu’une toute petite base théorique, et nous faisions beaucoup de choses, et donc tu te retrouves face à des doutes que tu dois résoudre : le droit à l’auto-défense, le travail avec les associations de voisin-e-s, les partis politiques… »

La rupture avec les dogmes et les formes de militantisme de la vieille gauche se manifeste de cette manière mais aussi sous l’aspect de peurs. Peur du leadership des vétérans, peur d’un militantisme exhaustif et prenant, peur des assemblées interminables qui font fuir celleux qui débutent dans le collectif.

Presque tous les ans ont été réalisées des assemblées de bilan dans lesquelles, de façon progressive et parfois insistante, des débats se sont produits et des textes ont été élaborés, sur des thèmes comme le travail de quartier, la critique de la forme-parti, l’expérience des centres sociaux autogérés, l’autonomie et la coordination, l’intervention sociale, les drogues, le patriarcat, les groupes non-mixtes, le mouvement autonome, les tentatives de coordination nationale de l’Autonomie, l’anti-fascisme, l’anti-militarisme, etc… »

Les « ilôts subversifs »

« Nous voulons nous assembler entre plusieurs groupes, parce que les conceptions anti-autoritaires (ou de démocratie directe ou populaire) que nous défendons, pour avoir du sens, doivent être acceptées, intériorisées et pratiquées par l’immense majorité de la société. Nous devons pour cela construire un mouvement, avec une vocation de mouvement de masse (pour de vrai, pas pour rire), doté d’un poids social, dans lequel convergent les différents « ilôts subversifs », et où nous nous reconnaissions, derrière des pratiques collectives plus que derrière une étiquette. Ce mouvement doit être autonome, c’est-à-dire séparé et opposé aux intérêts, rapports et « subjectivités » (représentations du monde, passions, idées…) que le capitalisme nous impose, son axe doit se trouver dans la lutte pour nos conditions de vie immédiates, pour la réappropriation du contrôle de nos existences (à travers le rejet collectif de l’argent et de l’échange marchand comme centre de tout), et pour le développement de notre créativité, écrasée depuis le berceau. Quand nous parlons de la « subjectivité capitaliste », nous y incluons une partie du paradigme traditionnel du mouvement ouvrier. Nous faisons nôtres ses aspirations, sa défense du soutien mutuel et de la solidarité, mais nous rejetons frontalement sa considération du travail salarié comme axe fondamental de la réalisation de soi, sa façon de s’en remettre à un futur prometteur au lieu d’assumer la révolution comme processus quotidien, sa foi productiviste selon laquelle plus on produit plus la richesse sociale est grande, et sa subordination systématique de l’émancipation de la femme à une révolution lointaine. »

la conscience que quelque chose doit changer…

Cependant nous voyons quelque chose de neuf dans ce processus, par rapport aux essais antérieurs de convergence : la conscience que quelque chose doit changer… qu’il est absolument nécessaire de réenvisager la recomposition de la subjectivité autonome pour recommencer à réfléchir avec notre propre tête dans l’essai de compréhension de nouvelles trajectoires. Nous en sommes au point, semble-t-il, où presque tout le monde est convaincu qu’il en est ainsi. Mais, même en étant convaincu-e-s, rien ne nous garantit que nous ne nous tromperons pas, les choses qui valent le coup portent toujours sur le dos une dose de danger…

la « zone d’autonomie »

« Quoi qu’il en soit, il serait imbécile de notre part de ne pas nous rendre compte qu’il y a des espaces où coïncident fondamentalement les collectifs autonomes, qu’il y a des langages et des politiques qui n’affectent que les collectifs de la « zone de l’autonomie ». Il y a, par conséquent, des espaces exclusifs du commun : des espaces qu’il faut analyser et discuter, pour libérer l’autonomie dans la société. Organiser cela est indispensable, parce que la possibilité d’autonomie dépend en grande partie de la potentialisation de ces espaces exclusifs

L’autonomie, comme pièce centrale de l’organisation et de l’action politique, s’appuie sur la volonté que la communauté sociale décide directement de l’organisation et des buts de sa propre existence. C’est-à-dire que les individus réalisent un effort intense de réappropriation de leur vie.

L’autonomie comporte ainsi tout un ensemble de traductions bien connues, comme le rejet du patriarcat ou des relations de domination de genre, l’anticapitalisme, l’autogestion, l’anti-étatisme, l’auto-organisation, etc… Des luttes et des positions qui ont toutes une longue expérience historique. Ainsi le projet se place dans une tradition historique déterminée, non pas pour répéter d’anciennes formules, mais pour en produire de nouvelles qui reprennent et rénovent l’ancien sens de la théorie et de la pratique. »

(Les textes sont extraits de brochures traduites et mises en ligne sur infokiosque)

Chronologie

– 1990 : création de la coordination de collectifs autonomes madrilènes Lucha Autonoma.

janvier 1999 : début de la refondation de Lucha Autonoma : première assemblée.

premiers mois de 1999 surtout : écriture, par les différents collectifs impliqués dans cette refondation, des textes présentés dans cette brochure.

automne 1999 : parution de ces textes, et d’autres textes sur les mêmes thèmes, dans le troisième numéro de la revue ContraPoder (organe de communication et de débat des collectifs autonomes).

juillet 2001 : traduction de ces textes, par un non-spécialiste, du castillan au français. Toute envie de participer à la correction et à la retraduction de ces versions est la bienvenue. Dans cette optique, ou dans celle d’une simple consultation, l’original en espagnol de la revue était disponible à l’infokiosque de feu les 400 Couverts, à Grenoble.

Le 20/02/1999 s’ouvrit la première assemblée de la refondation de Lucha Autonoma. Cinq assemblées suivirent jusqu’à juillet 1999. Les critères de sélection des collectifs invités étaient variés : « Être extérieurs aux institutions, vouloir créer des structures stables, avoir une mentalité unitaire et intégratrice, avoir une pratique commune et pas seulement une théorie commune, être des collectifs autogérés et non hiérarchisés. »

L’appel du 15 mai 2011

50 000 personnes

Le 15 octobre : première journée mondiale des indignés

951 villes de 82 pays

etc… ce n’est ni le début ni la fin de la lutte pour l’autonomie

7 novembre 2011 Posted by | Désobéissance civile, Non classé, Notre démocratie | , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Samedi 15 octobre : rassemblement international des indignés


Dans 950 villes de 82 pays, les indignés du monde entiers sont invités ce samedi à descendre dans la rue, à occuper les places, pour réclamer une démocratie réelle et directe et mettre fin à la dictature de la « démocratie représentative » et de ses amis de la finance.

Liens streaming des manifestations en direct ici

Le mouvement est devenu planétaire. Il grandit aux Etats-Unis, autour d’Occupy Wall Street, et des Indignados espagnols de la première heure, partis pour une longue marche de protestation, arrivent à Bruxelles pour porter leur voix au Parlement Européen,

« Unis d’une seule voix, nous allons faire savoir aux politiciens, et aux élites financières qu’ils servent, que c’est à nous, le peuple, de décider de notre avenir. Nous ne sommes pas des marchandises entre leurs mains, ni entre celles des banquiers, qui ne nous représentent pas. »

Voici les lieux de rassemblements en France de ce samedi 15 octobre :

* Aix-en-Provence

11h00 : rencontre avec les gens du quartier sur le marché du Jas de Bouffan

13h30 : pique-nique partagé au bas du cours Mirabeau

15h00 : dessert et animations aux allées provençales.

17h00 : assemblée citoyenne au bas du cours Mirabeau,

* Ales : Alès, place du Cratère 14h-17h

* Angers : 14 h, Place du ralliement

* Amiens 15h Place Gambetta

* bayonne, 14h place de la liberté (devant la mairie)

* Bordeaux : Départ 14h Place Pey-Berland (mairie de Bordeaux) Parcours : rue des Frères Bonie, Cours d’Albret, place Gambetta, Clémenceau, allées de Tourny, Grand théâtre, rue Esprit des lois, miroir d’eau sur les quais, Alsace Lorraine, Pey Berland. Plusieurs interventions, prises de paroles et animations sont prévues tout au long du parcours, ainsi que 5 mn de vacarme ! (Apportez des casseroles, crécelles, tambours, etc.) Prévoyez votre pique-nique.

* Caen : 18h face à la préfecture

* Chalon-sur-Saône A partir de 15 h00 Place de Beaune déambulation festive, assemblée populaire, concerts.

* Clermont-Ferrand : 15h Place de Jaude

* Dax : à partir de 9h30 au marché couvert, rue d’Aulan

* Genève : 13:30 – 21:00 devant le Palais des Nations

* Grenoble : Place Victor Hugo à 14h

* Limoges : 14 Heures place de la motte

* Lyon : 14h, place Bellecour (Apportez tout ce que vous jugerez utile à votre confort et au confort collectif (pique-nique, tentes, instruments de musique, banderoles…)

* Marseille :

13H00 place Général de Gaulle Pique-nique de partage, puis ateliers, débats et rencontres.

16H00 départ pour le Cours Julien afin d’y tenir l’assemblée populaire marseillaise du 15 octobre

* Montpellier : sur l’Esplanade à 14h

* Nantes : 14h00 place royal (place du peuple)

* Narbonne : 9h30 déambulation, et à 14h un rassemblement est prévu à Port la Nouvelle

* Nice 13H30 place Massena Pique-nique de partage, puis ateliers, débats et rencontres

* Nimes à 15 h devant la maison carrée

* Orléans : 15h place Louis Roguet (rue de Bourgogne)

* Paris : Rendez-vous à 14h pour des assemblées populaires locales devant les gares de Lyon, de Châtelet, Austerlitz, du Nord, de Saint-Lazare, et dans d’autres lieux (Belleville…)

17h à l’Hôtel de Ville pour une AG connectée aux AG de Barcelone, New York, Madrid, Bruxelles etc.

* Pau : départ de la Place Clemenceau à 11H, jusqu’à la MJC Berlioz, Construction de la tente des indignés

* Perpignan 11 H place de la Victoire (Castillet)

* Pezenas Rassemblement à 9h30 sur la place du marché

* Poitiers Rassemblement à 14h30, Place d’Armes

* Rennes : 12h au mail François Mitterrand

* Saint Etienne : la place de l’Hôtel de Ville

* Strasbourg : place Kléber de 14 à 17h

* Tarbes : 10h30 derrière le tribunal

* Tour : 12h, place de la victoire

* Toulouse : Place Arnaud Bernard à 14h

* Valence : 10h: Rassemblement une banque à Valence (sur boulevard, statue qui lit)

liens :

http://15october.net/fr/ : Site international du 15 octobre
http://occupywallst.org/ : Site d’Occupy Wall Street
http://occupyfrance.org : Site français

15 octobre 2011 Posted by | Désobéissance civile, Notre démocratie | , , , , | Un commentaire

Parabole du banquier et du marchand d’ânes


Un homme portant cravate se présenta un jour dans un village. Monté sur une caisse, il cria à qui voulait l’entendre qu’il achèterait cash 100 euros l’unité tous les ânes qu’on lui proposerait.
Les paysans le trouvaient bien un peu étrange mais son prix était très intéressant et ceux qui topaient avec lui repartaient le portefeuille rebondi, la mine réjouie. Il revint le lendemain et offrit cette fois 150 € par tête, et là encore une grande partie des habitants lui vendirent leurs bêtes. Les jours suivants, il offrit 300 € et ceux qui ne l’avaient pas encore fait vendirent les derniers ânes existants. Constatant qu’il n’en restait plus un seul, il fit savoir qu’il reviendrait les acheter 500 € dans huit jours et il quitta le village.
Le lendemain, il confia à son associé le troupeau qu’il venait d’acheter et l’envoya dans ce même village avec ordre de revendre les bêtes 400 € l’unité. Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100 € dès la semaine suivante, tous les villageois rachetèrent leur âne quatre fois le prix qu’ils l’avaient vendu et pour ce faire, tous empruntèrent.
Comme il fallait s’y attendre, les deux hommes d’affaire s’en allèrent prendre des vacances méritées dans un paradis fiscal et tous les villageois se retrouvèrent avec des ânes sans valeur, endettés jusqu’au cou, ruinés.
Les malheureux tentèrent vainement de les revendre pour rembourser leur emprunt. Le cours de l’âne s’effondra. Les animaux furent saisis puis loués à leurs précédents propriétaires par le banquier. Celui-ci pourtant s’en alla pleurer auprès du maire en expliquant que s’il ne rentrait pas dans ses fonds, il serait ruiné lui aussi et devrait exiger le remboursement immédiat de tous les prêts accordés à la commune.
Pour éviter ce désastre, le Maire, au lieu de donner de l’argent aux habitants du village pour qu’ils paient leurs dettes, le donna au banquier, ami intime et premier adjoint, soit dit en passant. Or celui-ci, après avoir rétabli sa trésorerie, ne fit pas pour autant un trait sur les dettes des villageois ni sur celles de la commune et tous se trouvèrent proches du surendettement.
Voyant sa note en passe d’être dégradée et pris à la gorge par les taux d’intérêts, la commune demanda l’aide des communes voisines, mais ces dernières lui répondirent qu’elles ne pouvaient en aucun cas l’aider car elles avaient connu les mêmes infortunes.
Sur les conseils avisés et désintéressés du banquier, toutes décidèrent de réduire leurs dépenses : moins d’argent pour les écoles, pour les programmes sociaux, la voirie, la police municipale… On repoussa l’âge de départ à la retraite, on supprima des postes d’employés communaux, on baissa les salaires et parallèlement on augmenta les impôts. C’était, disait-on, inévitable mais on promit de moraliser ce scandaleux commerce des ânes.
Cette bien triste histoire prend tout son sel, quand on sait que le banquier et les deux escrocs sont frères et vivent ensemble sur une île des Bermudes, achetée à la sueur de leur front. On les appelle les frères Marchés.
Très généreusement, ils ont promis de subventionner la campagne électorale des maires sortants.
Cette histoire n’est toutefois pas finie car on ignore ce que firent les villageois. Et vous, qu’auriez-vous fait à leur place? Que ferez-vous ?

Pour se retrouver tous sur la place du village  samedi 15 octobre 2011 (journée internationale des indignés) faites déjà passer cette histoire à votre voisin..

10 octobre 2011 Posted by | DECROISSANCE | , , , , | 3 commentaires

Propositions de l’Assemblée de Barcelone


propositions de l’Assemblée de Barcelone

Traducción francesa de las propuestas del ACAMPADA BCN.

Traduction française des propositions de l’Assemblée réunie place de Catalogne (Catalunya) à Barcelone.

À Barcelone, en rassemblant le savoir et les apports de centaines de personnes, nous avons rédigé collectivement plusieurs documents de travail au sujet des différents niveaux sur lesqu…els nous allons agir pour obtenir le changement. Tous ces documents sont ouverts aux modifications et améliorations constantes.

Le texte qui suit n’est que l’un de ceux-là.

Nous sommes en train de changer le monde. Complètement.

Pendant ce temps, les politiques qui ne nous représentent pas sont toujours là, changeant sans cesse d’avis et légiférant sur nos vies.

C’est pourquoi nous leur écrivons ici quelques mesures qu’ils peuvent facilement comprendre, et que nous voulons voir appliquées immédiatement.

Attention ! Ce programme est minimal. En réalité ce que nous voulons est beaucoup plus grand, quelque chose qu’ils ne comprendront possiblement jamais.

Ce texte sera présenté aux maires élus demain – 22 mai – et à leurs conseillers municipaux.

Nous leur demanderons point par point d’appliquer ce qui suit, en commençant par le point 1.

1 – ABOLITION DES PRIVILEGES DES HOMMES ET FEMMES POLITIQUES, A COMMENCER PAR BARCELONE :

– Une coupe drastique dans les revenus des hommes et des femmes politiques, les ajustant au revenu moyen de la population.

– La suppression des privilèges concernant les impôts, les indemnités, les années de cotisation et les retraites (rien qu’à Barcelone l’économie serait au minimum d’un demi-million d’euros par mois.)

– Le plafonnement des retraites sur la base de la pension maximale établie pour les autres citoyens et citoyennes.

– La suppression de l’immunité juridique et de la prescription pour les cas de corruption. La révocation des hommes et femmes politiques corrompu-e-s.

2 – ABOLITION DES PRIVILEGES DES BANQUIERS ET BANQUIERES :

– La prohibition de tout type de sauvetage ou d’injection de capital dans les entités bancaires et les caisses d’épargne : ces entités, en difficulté, doivent faire faillite ou être nationalisées pour constituer une banque publique sous contrôle social.

– La restitution transparente et immédiate aux coffres publics, de la part des banques, de tout le capital public apporté.

– La régulation des mouvements spéculatifs et des sanctions envers les mauvaises pratiques bancaires. La prohibition des placements dans les paradis fiscaux.

– Que tous les logements acquis via des opérations hypothécaires abritent sous un régime de loyer social les familles expulsées.

3 – ABOLITION DES PRIVILEGES DES GRANDES FORTUNES :

[Il suffirait d’appliquer la coupe de 5% des revenus, qui fut appliquée aux fonctionnaires, aux 50 plus grandes fortunes et le problème de déficit de l’Etat espagnol serait résolu.]

– L’augmentation du taux d’imposition des grandes fortunes et entités bancaires, l’élimination des SICAV.

– Non à l’élimination des droits de succession. Pour le retour de l’impôt sur le patrimoine.

– Le contrôle réel et effectif de la fraude fiscale et de la fuite de capitaux vers les paradis fiscaux.

– La promotion au niveau international de l’adoption d’une taxe des transactions financières (taxe Tobin.)

De par l’application de ces 3 points on obtient le budget pour les quatre suivants. Parce que l’argent ne manque pas, il est évident qu’il existe des moyens.

4 – REVENUS DIGNES ET QUALITE DE VIE POUR TOUT LE MONDE :

– L’économie au service des personnes et non le contraire.

– L’établissement d’un salaire maximum tout comme il existe un salaire minimum.

– La réduction de temps de travail quotidien, de façon que tout le monde puisse profiter, prendre le temps de penser et concilier sa vie personnelle avec la vie professionnelle, sans réduction de revenu.

– Le retrait de la réforme des retraites.

– La sécurité de l’emploi : l’impossibilité d’effectuer des licenciements économiques dans les grandes entreprises réalisant des bénéfices ; le contrôle financier des grandes entreprises pour s’assurer qu’elles n’embauchent pas en CDD lorsqu’elles pourraient le faire en CDI.

– La reconnaissance du travail domestique, reproductif et de soins.

5 – DROIT AU LOGEMENT :

– L’expropriation des logements inoccupés n’ayant pas été vendus pour augmenter le parc public de logements en régime de loyer social.

– La déclaration que les villes sont libérées des expulsions de locataires et de squatteurs.

– La pénalisation du mobbing.

– La dation en paiement des logements pour annuler les hypothèques, de manière rétroactive depuis le début de la crise.

– La prohibition de la spéculation immobilière.

***

LES POINTS SUIVANTS RESTENT A DISCUTER EN ASSEMBLEE :

6 – SERVICES PUBLICS DE QUALITE :

– Le retrait des propositions de coupes budgétaires du Gouvernement de la Généralitat.

– Le rétablissement des services de santé et d’éducation qui ont subi les coupes budgétaires.

– L’engagement du personnel sanitaire jusqu’à la fin des listes d’attente.

– L’engagement de la profession enseignante pour garantir le ratio d’élèves par salle, les groupes dédoublés et les groupes de soutien.

– La garantie réelle de l’égalité des chances pour l’accès à tous les niveaux d’éducation, indépendamment de l’origine sociale. Enseignement laïc.

– Le financement public de la recherche afin de garantir son indépendance.

– Des transports publics de qualité et écologiquement soutenables.

– Des services publics et gratuits de soins à l’enfance et aux personnes nécessitant de soins particuliers.

– La prohibition de la privatisation des services publics.

7 – LIBERTES ET DEMOCRATIE PARTICIPATIVE :

– Non au contrôle d’Internet. Abolition de la loi Sinde. Non à ACTA.

– La protection de la liberté d’information et du journalisme d’investigation ainsi que de son indépendance.

L’élimination des obstacles légaux entravant le droit d’émission des médias communautaires libres et à but non lucratif. L’élimination des monopoles de fait des espaces radio.

– L’utilisation de logiciels libres dans les institutions publiques afin de les adapter à l’ère digitale, à coûts soutenables.

– Le retrait de l’ordonnance sur le civisme ; le retrait de toute ordonnance qui limite les libertés de mouvement et d’expression.

– Des référendums obligatoires et inaliénables pour les questions de grande ampleur (dont les directives européennes.)

– L’élimination des rafles d’immigrés en situation irrégulière et le retrait de la loi relative au statut des étrangers. La fermeture des centres d’identification et d’expulsion (CIE) et le droit de vote pour les immigrés.

– Une modification de la loi électorale pour garantir un système authentiquement représentatif et proportionnel, qui ne discrimine aucune force politique ni volonté sociale – dans lequel le vote blanc et le vote nul trouvent également une forme de représentant et où l’abstention active puisse avoir son espace d’auto-organisation dans les quartiers.

– L’établissement de dispositifs effectifs qui garantissent la démocratie interne aux partis politiques, listes ouvertes, élection directe des conseillers municipaux et transparence sur le financement des partis.

– Budget participatif.

– Respect de la planète et de tous les êtres qui l’habitent. Consommation responsable.

– Défense du droit des peuples à décider de la gestion des ressources naturelles.

– La monarchie est un anachronisme qui ne nous représente pas et qui, de là-haut, ne paie pas d’impôts.

8 – REDUCTION DE LA DEPENSE MILITAIRE

Voici donc les revendications minimales et d’application immédiate. Demain, les autres.

Parce que les gens doivent pouvoir organiser leur vie en coopération et en liberté.

………………………………………………………………….

articles liés: ici

voir aussi:Vive le 15-M ! Democracia real!

22 mai 2011 Posted by | Désobéissance civile, Notre démocratie | , , , , , | 2 commentaires

   

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