Aquitaine décroissance

vers une démocratie générale

Nous exigeons la GRATUITÉ des TRANSPORTS EN COMMUN !


Et si nous n’exigions qu’une mesure de nos gouvernements lors de la cop 21 :

La confiance dans l’efficacité des mesures éventuellement prises lors de la  cop21 par les gouvernements est au plus bas chez les citoyens qui ne supportent plus les doubles discours et les bonnes intentions de façade.

Une mesure simple qui profiterait à l’ensemble de la société et qui peut être portée par tous les mouvements citoyens et partis progressistes au-delà des clivages d’idées: La gratuité des TRANSPORTS EN COMMUN .

Les objectifs de la gratuité des transports en commun : des objectifs sociaux, économiques et environnementaux.

La ministre de l’écologie ne veut pas d’écologie punitive ? Qu’à cela ne tienne !

Les mesure gouvernementales d’aides à l’achat de voiture électriques , qui peuvent se monter à 10 000 euros sont avant tout une prime aux constructeurs automobiles, qui ont amassés les plus grosses fortunes du CAC 40 du pays.

Bien sûr certain/es diront qu’il faut soutenir les « fleurons «  de l’économie française or , justement , la remise en état de nos réseaux de transports en communs accompagnée de leur développement serait un formidable levier d’une économie repolitisée, au service des citoyen.nes et de leur environnement.

Plutôt que de financer la voiture au bénéfice de quelques privilégiés, nous exigeons que nos impôts servent à financer la gratuité des transports en commun ainsi que leur développement.

On souffre tou.te.s par exemple des prix démesurés du train et du démantèlement du réseau ferroviaire , pourquoi ?

On nous propose à la place des lignes de bus, pourquoi ?

Des voitures individuelles électriques ou hybrides qui n’ont rien d’écologique, pourquoi ?

L'évolution du réseau ferroviaire en France.

L’évolution du réseau ferroviaire en France.

 

Comment financer ?

On n’hésite pas à taxer les entreprises du tabac ou de l’alcool pour, en théorie, financer une partie des frais de santé que ces consommations génèrent pour la société . Pourquoi ne pas en faire autant avec les fournisseurs de transports polluants, dégradants nos conditions de vie et notre santé. Rappelons que des entreprises comme Total , malgré des profits records, ne paient pas d’impôts !! www.latribune.fr/malgre-ses-profits-records-total-ne-paie-pas-d-impots-en-france.

La pollution atmosphérique tue chaque année et nous, habitants ou usagers des grandes métropoles françaises constatons de nous-même ses conséquences sur notre santé :

« la pollution de l’air coûte de 0,7 à 1, 7 milliard d’euros par an au système de soins en France, selon un document daté d’octobre du Commissariat général au développement durable (CGDD). »
www.lemonde.fr/la-pollution-de-l-air-coute-cher-au-systeme-de-sante-francais

Une utopie ?

La gratuité des transports en commun n’est pas une nouveauté et est déjà pratiquée avec succès par plusieurs agglomérations.

De nombreuses villes européennes de taille moyenne et de nombreuses petites villes à travers le monde ont instauré la gratuité totale des transports en commun, que ce soit à l’échelle communale ou à l’échelle d’une agglomération.

En France, en 2012, 23 réseaux sur 290 appliquent la gratuité intégrale, essentiellement des petites villes. Selon le Groupement des autorités responsables de transport (GART), l’association française regroupant la quasi-totalité des autorités organisatrices de transports, si la gratuité des transports publics en France « reste […] minoritaire, elle séduit un nombre croissant d’agglomérations, majoritairement de moins de 50 000 habitants »3.

Sur la période récente, des villes de taille moyenne à grande sont passées à la gratuité totale de leur réseau de transports publics, comme Aubagne en France avec plus de 45 000 habitants ou Tallinn, la capitale de l’Estonie, avec plus de 420 000 habitants .

wikipedia.org/wiki/Gratuite_des_transports_en_commun

Plus on utilise les transports en commun , plus leur coût diminue :

Ainsi: « L’agglomération d’Aubagne, qui a fait le choix de la gratuité pour ses 100 000 habitants, est parvenue à le diviser par deux ! » carfree.fr/imaginez-des-transports-en-commun-gratuits-pour-tous/

« La gratuité du transport permet de réduire les coûts d’équipement et les frais de personnel, car certaines tâches comme la perception ou le contrôle des voyageurs ne sont plus nécessaires. L’augmentation de la demande qui résulte de la gratuité conduit par ailleurs à une augmentation de la fréquence des passages à condition que l’instauration de la gratuité s’inscrive dans un projet d’amélioration du transport public porté par la municipalité ou l’agglomération. » Wikipedia

« la gratuité n’est pas une absence de valeur, bien au contraire c’est redonner de la valeur aux communs »

Rassemblons nous autour d’une exigence commune , pour notre bien à tou.te.s !

Exigeons la gratuité des transports en commun !

AD

14 juin 2015 Posted by | DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE | , , , | 1 commentaire

Démocratie de manipulation ? Les éléments de langage de LA BATAILLE DE NOTRE DAME-DES -LANDES.


Un livre si clair sur les méthodes de manipulation étatiques qu’il ne faudrait pas qu’il tombe entre les mains du plus grand nombre...

La Bataille de Notre-Dame-des-Landes, Éléments de langage,

de Jean Petit, éd. harmattan

9782343064277f

………………………………………………………………………………….

Cet essai aborde les éléments de langage mis en place par le pouvoir lorsqu’il est confronté comme c’est le cas à Notre-Dame-Des-Landes à une opposition massive. Cette analyse de Jean Petit , membre d’un comité de lutte créé en 2012 lors de l’opération César* à Notre Dame Des Landes, est remarquable à plus d’ un titre.

Il s’agit d’un exposé magistral sur les méthodes d’ingénierie sociale de l’état, sur la façon de faire de « la politique de l’acceptabilité », sur les mécanismes de propagande.Sa lecture en est d’autant plus jubilatoire que dans le cas étudié ici (la construction d’un nouvel aéroport à NDDl) ces méthodes, cette rhétorique n’aboutissent pas. Le projet contesté aura finalement fédéré et conforté de nombreuses voix de défenseurs de l’environnement, de naturalistes, d’ anti-capitalistes, de décroissant.es, de démocrates réels, d’ indigné.es …

Patiemment, avec une rigueur scientifique, tous les arguments rhétoriques sont démontés et les méthodes mises à jour :

La communication visant à faire accepter le projet d’aéroport est analysée en 3 points :

Séduire

Pour séduire l’opinion les promoteurs du projet auront utilisé :

La croissance économique régionale, la « haute qualité environnementale » du projet, le chantage à l’emploi, la légitimité démocratique des défenseurs institutionnels du projet, et enfin le respect de la loi et de l’ordre. « C’est la position dominante des élus et du patronat qui est menacée si la légitimité de leur position était remise en cause. »

Diviser

Les « bons opposants » et les « méchants squatteurs »

« Diviser pour régner »

« … il leur faut briser l’unité du mouvement en faisant passer certains opposants pour violents et dangereux. »

Les bons citoyens contre les mauvais, les illégitimes, les dangereux, les casseurs, les « guérilleros » voire … les étrangers à la région ou à la nation.

Sans oublier ainsi de flatter la fibre « souverainiste » des autochtones.

Tromper

L’exagération des enjeux grâce à l’utilisation d’un vocabulaire de guerre.

Ce n’est pas plus compliqué qu’au Mali !” s’exclame l’inénarrable Jacques Auxiette **

L’opération César avait pour finalité l’expulsion des occupants et la destruction des lieux de vie sur la Zad. Soit près de 2 200 hommes »

« un hélicoptère EC 135, des équipes cynophiles, des brigades motorisées, le service des SIC, la cellule d’appui à la mobilité, le véhicule Œil et 2 véhicules blindés à roues gendarmerie ».

Dans l’ensemble, au plus fort de la crise, il y avait deux fois plus d’hommes mobilisés à Notre-Dame-des-Landes qu’en Afghanistan !

C’est qu’il y a urgence en la demeure : il faut juguler la radicalisation des classes moyennes sensibilisées à la protection de l’environnement et au manque de concertation dans les prises de décision d’aménagement du territoire.

Vieilles ficelles de la propagande d’état que cette utilisation de la « Stratégie du choc » :

«Pour être efficace, explique le sociologue Mathieu Rigouste, un montage doit théoriquement être basé sur un « choc » émotionnel, qui fait régresser le spectateur et le prépare à digérer la propagande »

Mais « ces différentes manipulations révèlent en creux les points faibles du dossier, et ce que les partisans du projet souhaiteraient « faire entrer » dans les têtes des citoyens. »

Si comme l’affirme le sociologue Mathieu Rigouste : « Même la terreur d’État industrielle ne peut rien contre un peuple uni et résolu »***

Jean Petit tempère l’apparente grossièreté des moyens utilisés en nous appelant à la vigilance et au décryptage :

« Ne soyons pas naïfs, aussi rudimentaires que peuvent être ces manipulations, elles s’adressent d’abord aux gens qui ne connaissent pas le dossier et peuvent donc porter. Le pouvoir ne cherche pas nécessairement à «faire mouche » d’un seul coup, mais bien plutôt à distiller dans les têtes telle ou telle notion pour renverser l’opinion à son avantage. »

Cette « bataille » de notre dame des landes : bataille idéologique et culturelle comme nous l’avons vu reste un magnifique exemple d’irruption et de réappropriation du débat démocratique face à un projet monté par et pour les tenants et bénéficiaires d’un système productiviste, marchand, bien loin des préoccupations réelles des citoyens .

« Ce qui est remarquable ici, c’est que les citoyens peuvent faire barrage à une entreprise internationale aussi puissante que Vinci, elle-même soutenue par l’État et tous les échelons des pouvoirs territoriaux! C’est la démonstration qu’une opposition structurée et déterminée peut faire échouer n’importe quel projet inutile et imposé. Nous sommes in fine les artisans de la société dans laquelle nous vivons. Les promoteurs du projet le savent parfaitement. Au- delà du cas NDDL, les tenants du pouvoir cherchent à empêcher toute percée de l’auto-détermination par la société civile. »

Il ne s’agit pas seulement de la contestation d’un simple aéroport de plus, le conflit porte sur « la subordination de l’économie à l’écologie »

Nous sommes contre le projet d’aéroport … et du monde qui va avec : un monde dirigé par les bénéfices de quelques actionnaires au détriment de notre environnement au sens le plus large.

ZAD partout !

AD

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 *S’il exista une Opération Caesar fin 1944 qui fut une mission secrète de l’Allemagne nazi, l’ opération César dont nous parlons ici est le nom choisi par le gouvernement pour la tentative d’évacuation de la zad de Notre Dame des Landes lancée en octobre 2012.

**les forces françaises sont alors officiellement envoyées au Mali pour « contrer le terrorisme »

Jacques Auxiette est président PS de la région des Pays de la Loire

*** dans Article 11 (29.11.2011)

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-Article dans les Inrocks: “La Bataille de Notre-Dame-des-Landes” dissèque les abus de langage du pouvoir

-Article de Jean Petit sur ADecroissance A propos du vote obligatoire

 

 

Plan de l’ouvrage

Introduction………………………………………………….9
Le rôle de l’opinion……………………………………….12
La propagande…………………………………………….15
La propagande, comment ça marche ?…………….18
I : Séduire…………………………………………………..21
L’emploi…………………………………………………….21
Légitimité démocratique………………………………24
Le respect de la loi………………………………………27
Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage…….33
Transfert……………………………………………………36
Un aéroport HQE………………………………………..39
II : Diviser………………………………………………….41
César 44 (Opération)…………………………………….41
Le bon grain de l’ivraie…………………………………44
Mouvement armé ?………………………………………48
Du régionalisme jacobin……………………………….51
III : Tromper………………………………………………55
Acipran………………………………………………………55
Dramatisation des enjeux……………………………..59
Faux et usage de faux…………………………………..62
Trop tard ?………………………………………………….65
Viabilité économique…………………………………..68
Conclusion………………………………………………….72
Quelques points de repères historiques…………..74

 

12 juin 2015 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE | , , , , , , | 1 commentaire

Barcelone indignée se réapproprie le pouvoir !


Ada Colau. crédit photo: alencontre.org

Ada Colau. crédit photo: alencontre.org

Oui l’élection d’Ada Colau à Barcelone est bien un tsunami politique !

Plus proches des zadistes et des décroissants que de nos « fronts de gauche » productivistes et centralisateurs , les Indignés sont de retour avec des listes militantes hors partis. Suite a l’expérience fantastique de réappropriation populaire de la démocratie avec le mouvement du 15 Mayo , Ada Colau s’investit dans la plateforme contre les expulsions immobilières (PAH). Cette mobilisation stoppera 550 processus d’expulsion .

Le pays en proie à la crise voit de plus en plus de personnes expulsées par les banques de leurs logements . Chaque jours les militants de l’association vont se confronter aux forces de police et bloquer des expulsions . C’est dans cet engagement radical que va se consolider la volonté de changements concrets , la volonté d’une alternative à un système politique coupé de la population , de ses réels besoins et aspirations , à une « caste » qui ne représente que ses propres intérêts .

Cette fois-ci les stratégies de fabrique de l’insécurité, les politiques de la peur ont échouées.

« Le désir de changement a vaincu la campagne de la peur, de la résignation, et avec ça, c’est nous tous qui gagnons, surtout Barcelone. »

Contre la politique de l’angoisse et de la peur : l’espoir et l’engagement de chacun.e
« Le message le plus important du PAH’S est que les petites gens (le peuple), s’ils sont organisés et s’aident, déplacent des montagnes et réalisent les choses qui  semblaient impossibles. »
La politique n’est pas une affaire d’experts , ni d’hommes (ou de femme) providentielles , contrairement à ce que ce système veut que nous pensions , c’est une question d’organisation et d’actions communes au jour le jour.
Ainsi , refusant toute affiliation à un parti, mais se fédérant en une plateforme, «Barcelona en comú», cette militante contre les expulsions , qui a ouvert et vécu dans des squats, a refusé de laisser des logements vides alors que de nombreuses personnes se retrouvaient à la rue.
Ce qui est légal n’est pas forcement légitime … et inversement.
CF10k5yWMAAXVGV

Ce qui est légal n’est pas forcement légitime et inversement

Un  changement « irréversible ».

« Nous aurions aimé que l’usure des vieux partis soit plus rapide, » a avoué Pablo Iglesias, mais cette victoire de « Davis contre Goliath  » ouvre des champs nouveaux à la pratique d’une politique citoyenne de terrain .

La fin du bipartisme …

« Qu’ils s’en aillent tous! » ,« Ils ne nous représentent pas! » entendait-on sur la place de Catalogne, au cœur de Barcelone, il a 4 ans .

La liste «Barcelone en commun», qui regroupe plusieurs formations de la gauche radicale sort de l’impasse des ambitions de partis et reprend la voix que ceux-ci ont confisqué pour la rendre aux « sans » (-emploi, -papiers,- logements,- dents? ) .

« Sans pouvoir médiatique, économique, judiciaire, nous avons démontré que l’on peut faire les choses autrement et (…) que le rêve et l’espoir peuvent l’emporter, » déclare Ada Colau,

Les habitant.es des quartiers populaires sont retourné.es aux urnes, jusqu’alors méprisées, voyant dans cette coalition de militants de terrain une réelle alternative aux partis traditionnels, « la CASTE » comme on les nomment ici .

D’où cette très forte hausse de la participation dans les quartiers populaires de Madrid et Barcelone.

…et  de la politique « comme papa « : changer les règles du jeu
« Une révolution démocratique balaie le pays qui vise, non seulement donner un coup de pied à la mafia de nos institutions, mais aussi à changer les règles du jeu pour que ceci ne puisse jamais arriver de nouveau.
Guanyem Barcelona a approuvé un code d’éthique politique qui limite des salaires, mais il traite aussi de beaucoup d’autres questions.
Il inclut 25 mesures concrètes groupées dans trois domaines  » :
  • l’audit et la responsabilité,
  • le financement et la transparence 
  • des mesures pour aborder la corruption et la professionnalisation excessive de politique.

http://adacolau.cat/en/post/making-democratic-revolution-happen

Refus du consumérisme , pragmatisme et décroissance
La décroissance est à l’ordre du jour de partis politiques comme Equo (les verts) et le parti Candidatura d’Unitat Popular (CUP), ainsi que de Podemos.
« Je vis de peu , je ne considère pas ça comme un renoncement : je ne possède ni voiture , ni propriétés , ni d’envies de luxe .
J’ai réalisé que moins c’est mieux. Ce qui me satisfait , c’est le partage d’expériences avec les autres notamment grâce à l’association. C’est mille fois plus satisfaisant de vivre avec moins que de faire partie de cette société de consommation qui promet le bonheur et en fin de compte vous fait vous sentir solitaire, faible et malheureuse. »
Ada Colau
Les premières mesures:

– stopper les expulsions dans la ville ;

-convertir les appartements vides en logements sociaux ;

-réduire les prix de l’eau, du gaz, de l’électricité ;

– lancer un revenu mensuel minimal de 600 euros pour les familles pauvres.

Ne comptons que sur nous même, chacun.e compte !

Les partis de la gauche française ne feront peut être pas de grandes déclarations sur cette victoire hautement symbolique et pour cause , ils sont violemment remis en cause .

Les défenseurs des droits sociaux ne sont pas des politiciens professionnels mais bel et bien les citoyens eux même .

Barcelone vient de nous expliquer que la politique est une chose bien trop quotidienne pour être confiées à des partis.

Oui , nous pouvons, nous avons le pouvoir ! Vive la démocratie réelle à l’œuvre et à venir!

Liens :

WZ/A.Décroissance

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Articles liés :

 

 

25 mai 2015 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE, Notre démocratie | , , , , | Laisser un commentaire

Carte de la pollution mondiale de l’air en temps réel


 

 

Un nouveau service en ligne permet de voir en temps réel la pollution de l’air à n’importe quel point du globe .

En collectant les données de nombreuses stations d’observation , la carte permet de connaitre la qualité de l’air  de chaque villes .

L’indice de la Qualité de l’Air  (‘Air quality index’ ) est utilisé pour enregistrer le niveau de pollution atmosphérique et déterminer si il est dangereux de le respirer . Les donnée sont actualisée toutes les heures:

clic sur la carte

On peut également connaitre la qualité de l’air d’une ville précise en cliquant dessus.

En vert les régions où l’air n’a pas d’impact sur la santé

en jaune les régions où l’air peut affecter les personnes sensibles

en orange : les enfants et les adultes doivent éviter les efforts physiques et prolongés à l’air libre .

et en rouge  des problèmes de santé dus à la pollution sont probables

le violet indique la pire situation d’alarme pour la santé.

4 mai 2015 Posted by | DECROISSANCE | , , | Laisser un commentaire

Réussir ses semis comme un pro (pdf)


E-Book « Réussis ses semis comme un pro ! » – Editions : De Vecchi

semons !

semons !

Tous les jardiniers, aguerris ou amateurs, le disent : faire ses propres semis procure une satisfaction intense, mais c’est un art délicat.
Aldo Colombo, horticulteur passionné, vous guidera dans l’apprentissage, si technique, de l’ensemencement.
Il procède, étape par étape : comment choisir les graines, quand et comment opérer, quelle partie de la plante prélever, quel mélange terreux préparer pour l’enracinement, quels soins apporter aux semis…
Et, parce que faire des semis c’est aussi connaître les plantes et leur classification et choisir parmi les différentes techniques de multiplication, l’auteur aborde ces points incontournables de façon claire et pédagogique.
Pratique et technique, ce manuel, qui vous apprendra les termes spécifiques, vous accompagnera tout au long de cette phase si réjouissante du jardinage où l’on observe s’épanouir jour après jour le fruit de son travail.

Réussir_ses_Semis_Comme_Un_Pro.pdf

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Articles liés:

-Manuel pratique de la culture maraîchère de Paris.

-Le Manuel des jardiniers sans moyens

-Produire ses propres semences

-Introduction à la permaculture pour les agriculteurs

-La permaculture: principes de design écologique

-Le compost des templiers

19 avril 2015 Posted by | Agriculture vivrière, DECROISSANCE, ebook | , , | 10 commentaires

L’écologie des pauvres et l’extractivisme.


 » Les sots confondent la valeur et le prix  »
Antonio Machado.

Le déplacement des coûts environnementaux du Nord vers le Sud.

buen vivir et neo-extractivisme

L’exploitation croissante et brutale des ressources naturelles que notre modèle économique provoque génère non seulement de nombreux problèmes environnementaux mais également de nombreux problèmes sociaux. Lors que l’on observe les flux de matières premières, on constate que celui-ci se fait des pays pauvres vers les pays riches: le pétrole, le charbon, les minerais, l’alimentation…

Un commerce écologique inégal existe.

Les communautés se défendent, et souvent des femmes sont à l’avant poste de ces luttes. Il existe d’innombrables expériences de résistance populaire et indigène contre la progression des activités extractives des entreprises multinationales.

La défense des mangroves; la défense des droits territoriaux face aux entreprises minières; la résistance aux multinationales pétrolières…

Ce sont toutes des luttes pour la justice environnementale.

Des gens protestent parce qu’il en va de leur vie.

Par exemple, les plantations de pin, en Équateur, destinées à capturer le dioxyde de carbone européen, ne peuvent pas se manger, les populations ne peuvent ni y cultiver ni y élever du bétail.

Ou encore face à la pêche industrielle; devant la construction de gazoducs; devant la construction du barrage dans la rivière Narmada en Inde qui inondera les terres fertiles…
Dans un conflit environnemental, les enjeux sont nombreux et variés : écologiques, culturels, de subsistance des populations, économiques.

Ce sont des enjeux qui s’expriment à des niveaux distincts.

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Source : article de Joan Martínez Alier  traduit par nos soins.
El ecologismo de los pobres

viernes, agosto 22, 2014  Joan Martínez Alier
Pour en savoir plus: El ecologismo de los pobres. Joan Martínez Alier.

 

12 février 2015 Posted by | DECROISSANCE, ENERGIE | , , | 2 commentaires

Pourquoi veut-on nous faire croire que l’écologie est un truc de « bobo » ?


 » Les sots confondent la valeur et le prix  »
Antonio Machado.

ecologie des pauvres

Le déplacement des coûts environnementaux du Nord vers le Sud.

 

L’exploitation croissante et brutale des ressources naturelles que notre modèle économique provoque génère non seulement de nombreux problèmes environnementaux mais également de nombreux problèmes sociaux. Lors que l’on observe les flux de matières premières, on constate que celui-ci se fait des pays pauvres vers les pays riches: le pétrole, le charbon, les minerais, l’alimentation…

Un commerce écologique inégal existe.

-3

Les communautés se défendent, et souvent des femmes sont à l’avant poste de ces luttes. Il existe d’innombrables expériences de résistance populaire et indigène contre la progression des activités extractives des entreprises multinationales.

La défense des mangroves; la défense des droits territoriaux face aux entreprises minières; la résistance aux multinationales pétrolières…

La dette écologique

Le concept transparaissait déjà dans les critiques de la colonisation et de l’esclavage, mais il n’apparait associé au mot écologique vers 1990 alors que la dette extérieure des pays en développement ne cesse de s’alourdir ; Alors que le Chili a coupé presque toutes ses forêts, l’Institut d’écologie politique du Chili propose ce concept nouveau qu’il existe une dette écologique, en évoquant dans ce cas les impacts de la dégradation de la couche d’ozone sur la santé (humaine et animale) dont en Patagonie, où les taux d’U.V. avaient fortement augmenté.
Le concept est ensuite évoqué lors de la conférence de Rio dans les forums parallèles, avec les ONG notamment qui le diffuseront, en Amérique du Sud puis au Nord ((via notamment les Amis de la Terre.

Dans ce contexte, la dette écologique se mesure notamment au regard :

  • de la surexploitation (parfois irréversible) des « ressources naturelles », via des prix qui n’intègrent pas les externalités écologiques et sociales locales, régionales ou nationales ; ces ressources sont agricoles, forestières, halieutiques, cynégétiques, minérales, énergétiques, marines, génétiques et foncières ; c’est le « passif environnemental » ;
  • du gaspillage ou pillage9 ou de la dégradation des sols et eaux les plus fertiles (dont pour les cultures d’exportation) avec des impacts sociaux-environnementaux, sanitaires, alimentaires (perte d’autonomie) et politiques (spoliation de territoires, perte de souveraineté). L’érosion de la biodiversité, la déforestation, la fragmentation des territoires par les routes d’exploitation font partie des impacts de ce pillage.
  • de l’exportation vers l’océan (ex munitions immergées ou vers des zones peu habitées, ou vers des pays ou régions pauvres, et/ou vers les générations futures dans le cas de l’enfouissement sur place de déchets dangereux ou de déchets toxiques.
    La délocalisation vers des régions pauvres ou laxistes sur le plan du droit socio-environnemental d’activités polluantes ou à risque (dont essais nucléaires), avec pollutions, nuisances sanitaires, environnementales et sociales avérées ou en suspens pour l’avenir ;
  • de l’appropriation de l’espace environnemental d’autrui (avec expulsions parfois), et des puits de carbone ou capacités d’auto-épuration de la planète pour aujourd’hui et demain : l’utilisation et la saturation des puits, en particulier pour les émissions de carbone atmosphérique. La dette écologique pose donc non seulement la question de la distribution des biens et des maux environnementaux, mais aussi de la répartition des droits collectifs et individuels à polluer ;
  • de la biopiraterie par l’Agro-industrie et l’industrie pharmaceutique : la brevetisation des savoirs traditionnels. Selon Vandana Shiva, un triple pillage est opéré : des ressources biologiques, des savoirs et cultures qui les utilisaient, et des bénéfices économiques, au détriment des populations qui commercialisaient ou usaient librement des produits avant qu’ils ne soient brevetés[11] [11] V. Shiva, Protect or plunder ? Understanding intellectual…
  • des puits de carbone, avec une dette du carbone qui est la dette accumulée en raison d’une part de la destruction des puits de carbone et d’autre part de la pollution atmosphérique disproportionnée due aux grandes émissions de gaz des pays les plus industrialisés avec, pour conséquences, la détérioration de la couche d’ozone et l’augmentation de l’effet de serre. Moins à même de faire face au dérèglement climatique, les pays du Sud en sont les premières victimes.
  • de la culture et de la paix, car au préjudice socio-économique s’ajoute un préjudice culturel, puisque l’esclavage est une des formes d’appropriation, et parce que des savoirs traditionnels ont été à la fois déniés et privatisés par des firmes occidentales, ce qui nourrit un certain nombre de conflits10 juridiques (comme pour la brevetisation du riz basmati) ou aggrave les tensions ethniques ou militaires.
    La reconnaissance du pillage des savoirs est inséparable d’un combat épistémologique pour la reconnaissance de la pluralité et diversité des formes de savoir.

Ce sont toutes des luttes pour la justice environnementale.

Des gens protestent parce qu’il en va de leur vie.

Par exemple, les plantations de pin, en Équateur, destinées à capturer le dioxyde de carbone européen, ne peuvent pas se manger, les populations ne peuvent ni y cultiver ni y élever du bétail.

Ou encore face à la pêche industrielle; devant la construction de gazoducs; devant la construction du barrage dans la rivière Narmada en Inde qui inondera les terres fertiles…
Dans un conflit environnemental, les enjeux sont nombreux et variés : écologiques, culturels, de subsistance des populations, économiques.

Ce sont des enjeux qui s’expriment à des niveaux distincts.

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Sources :

Wikipedia: la dette écologique

article de Joan Martínez Alier  traduit par nos soins.
El ecologismo de los pobres

viernes, agosto 22, 2014  Joan Martínez Alier
Pour en savoir plus: El ecologismo de los pobres. Joan Martínez Alier.

 

12 février 2015 Posted by | DECROISSANCE | 7 commentaires

Devant, et sur les flancs. Lettre un peu péremptoire mais amicale au mouvement zadiste.


30 décembre 2014 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE, Notre démocratie | , | 1 commentaire

Changeons le système, pas le climat (déclaration de Lima)


Ci-joint la déclaration des organisateurs du Sommet des Peuples à Lima, présentée au ministre de l’environnement du Pérou, président de la COP 20, le jeudi 11 décembre.

Changeons le système, pas le climat

Déclaration de Lima, Sommet des peuples face au changement climatique, Lima, 11 décembre 2014

Le sommet des peuples face au changement climatique, qui s’est tenu à Lima du 8 au 11 décembre 2014, correspond aux mobilisations et résistances actuelles d’une grande diversité d’organisations, mouvements, plateformes, réseaux et collectifs sociaux, syndicaux, femmes, paysans, indigènes, jeunes, écologistes, religieux, artistiques et culturels péruviens et internationaux . Nous nous réunissons pour poursuivre le débat et partager les nombreuses formes de luttes et de résistance pour la construction de la justice sociale contre le système capitaliste et patriarcal, raciste et homophobe, pour le respect des divers modes de vie sans exploitation ni spoliation des biens de la nature, pour que les peuples décident en commun de la gestion de leurs ressources d’énergie, pour la réduction des inégalités sociales ainsi que pour promouvoir le Buen Vivir (Bien Vivre) comme mode de vie en harmonie avec la Nature et la Terre Mère.

 

Le capital cherche à résoudre la crise systémique en imposant son emprise sur l’eau, le saccage des territoires et du patrimoine naturel, la rapacité, la production de combustibles fossiles, l’exploitation accrue des travailleurs et des travailleuses, la répression des mouvements sociaux accompagnée de violence physique et psychologique, augmentant de diverses manières la criminalisation des luttes, des peuples, la militarisation et le contrôle des territoires. Et tout cela est soutenu par les médias. A cela s’ajoute la mise sous tutelle des États et de leurs bureaucraties par le pouvoir économique, le paiement des dettes injustes et odieuses, et beaucoup de faits qui bénéficient exclusivement aux véritables détenteurs du pouvoir auxquels les États se soumettent docilement, les entreprises nationales et les multinationales avec leurs relais politiques.

 

Dans un tel contexte, le Sommet des Peuples est le porte-parole des secteurs exploités et opprimés du monde, de ceux et celles qui sont marginalisé-e-s par un système économique et culturel qui les soumet aux influences racistes, fondamentalistes, machistes et patronales qui bénéficient au modèle capitaliste. En ce moment crucial que traverse l’humanité, alors que le changement climatique très grave dont nous souffrons tous exige d’engager des actions urgentes à un niveau global, nous demandons aux gouvernements – et à l’Organisation des Nations Unies réunie pour la COP 20 – d’adopter des accords qui respectent et valorisent la vie des peuples autochtones, paysans et urbains, et qui promeuvent la préservation de la biodiversité dans son ensemble. Nous refusons tout mécanisme de marché proposé comme solution aux problèmes climatiques et environnementaux.

Nous qui nous réunissons dans ce Sommet des Peuples, nous héritons et faisons partie du processus de luttes menées au sein de nos peuples, et nous nous présentons aujourd’hui avec toute cette force et expression collective. C’est en ce nom que nous demandons :

 

– Que les gouvernements du monde respectent nos territoires, nos droits et nos modes de vie, nos cultures, nos coutumes et conceptions de la vie et du monde que nous habitons. Nous dénonçons l’exploitation de nos ressources naturelles et de nos territoires par l’industrie extractiviste, qui mettent en péril nos moyens de subsistance, notre identité et la relation harmonieuse de nos communautés avec la Terre Mère. Nous demandons la reconnaissance de la propriété territoriale des communautés qui y ont vécu jusqu’à aujourd’hui. Nous n’acceptons pas le contrôle par l’étranger des territoires, ni les processus de négociation ni les propositions de fausses solutions pour le climat.

Les gouvernements doivent garder comme principe de base le respect de nos formes de vie ancestrales et la reconnaissance au droit d’auto-détermination en tant que nation et peuples autochtones.

 

– Nous demandons aux Etats d’engager le débat avec la société civile sur le concept d’émissions nettes évitables, ce qui permettrait un accord climatique 2015 avec une compensation pour les pays non industrialisés du fait de non exploiter les énergies fossiles et permettant de financer la transformation des sources d’énergie. Nous insistons pour l’adoption d’un impôt global sur les transactions financières internationales, qui nous garantisse des fonds suffisants pour une réelle transition incluant une justice sociale.

 

– Ainsi, nous déclarons que l’ensemble des initiatives prises pour inverser la dramatique tendance climatique actuelle de la planète, doit prendre en compte les responsabilités historiques des pays développés, reconnaître la dette écologique historique qu’ils ont contracté envers les pays du Sud et la réparer. En particulier, les transnationales au capital privé situées dans les pays développés doivent être reconnues comme responsables de leurs pratiques à un niveau global. C’est pourquoi nous exigeons que Justice soit faite pour les cas de contamination de Newmont, Dorean au Pérou et de Chevron-Texaco entre autres, qui ont perpétré un des plus grands écocides de la planète en Amazonie.

 

– Nous exigeons des gouvernements et des entreprises d’accepter et de respecter notre droit humain à un travail digne, avec le plein exercice de nos droits individuels et collectifs, garantissant un processus de réelle transition vers un monde nous permettant d’améliorer notre qualité de vie. Nous demandons des garanties pour un accès universel aux systèmes de protection et de sécurité sociale, le respect de notre liberté syndicale et une répartition juste et équitable de la richesse produite par notre travail et nos connaissances.

 

– Nous considérons qu’aucune action pour faire face au changement climatique ne sera efficace ou viable si elle ne s’accompagne pas de politiques publiques en faveur de l’agriculture familiale et paysanne, d’une réforme agraire, de la souveraineté et la sécurité alimentaire de nos peuples, d’une production soutenable, à base d’agro-écologie, autochtone, sans OGM ni pesticides, produite pour l’alimentation humaine et pour la préservation de la biodiversité. Nous croyons que pour avancervers un monde juste et une économie locale, solidaire, coopérative, féministe et communale, il est fondamental de reconnaître le droit humain à l’alimentation, mais aussi l’apport fondamental de l’agriculture paysanne qui représente 70% de l’alimentation mondiale. Nous exigeons de ralentir la production et l’expansion des agro-carburants, qui engendrent déforestation, érosion des terres, contamination des sources d’eau et de l’air, et ne sont qu’une autre forme de recolonisation territoriale.

 

– Ces dernières années, une des stratégies du capital a été de renforcer les processus deprivatisation, de marchandisation et de financiarisation de la nature, à travers l’économie verte, qui nous propose de fausses solutions à la crise climatique. Parmi celles-ci, on note : le Mécanisme de Développement Propre (MDP), les projets de Réduction des Émissions liées à la Déforestation et la Dégradation des forêts (REDD), les OGM; les agro-carburants, la géo-ingéniérie, les méga projets hydroélectriques, les centrales nucléaires, la fracturation hydraulique, la smart agriculture ou agriculture intelligente.

 

– Une des stratégies du capital repose aussi sur ce qu’on appelle l’impunité des multinationales et des gouvernements, à travers les traités de libre-échange et de protection des investissements, entre autres, ceux qui veulent privatiser les services essentiels comme l’eau, l’éducation, la santé et l’habitat, et qui s’attaquent aux droits humains des travailleurs et des peuples. Le Sommet des Peuples refuse toutes ces stratégies du capital.

 

– Ainsi que nous l’avons dit plus haut, nous dénonçons le système capitaliste patriarcal qui maintient oppression et contrôle sur le corps, le travail et la vie des femmes, encourage la violence sexuelle et la traite, les exclut de secteurs de la vie sociale et des espaces publics. Il est nécessaire d’aller vers une autre division du travail, qui ne mette plus le travail féminin à un rang inférieur, qui ne rende pas invisible le travail domestique – grâce auquel la reproduction sociale est possible – ni le subordonne aux lois du marché. Nous exigeons un changement radical afin de reconnaître le travail reproductif comme base de l’humanité et des relations au sein des communautés.. Toutes les alternatives doivent prendre en compte la perspective féministe et encourager des relations plus justes entre hommes et femmes.

28 décembre 2014 Posted by | DECROISSANCE | , , , , | Laisser un commentaire

#ZAd d’Agen c’est parti !


#ZAd d’Agen c’est parti !

Suite à l’appel d’un paysan d’Agen pour empêcher la destruction de 600 hectares de terres agricoles

Joseph Bonotto et Jean-Christophe Robert
décembre 2014
Près d’Agen, la municipalité de Sainte-Colombe-en-Bruilhois veut créer une nouvelle zone d’activité économique en bordure de la Garonne. Un bétonnage insensé qui détruirait 600 hectares de terres agricoles. Un paysan, qui risque d’être exproprié, appelle à la création d’une ZAD sur son terrain le 13 décembre, pour résister à ce projet.
Lot en Action

Lot en Action


« Bonsoir la famille ça y c’est parti. Nous sommes là déterminés. Nous avançons dans notre occupation. Un premier tipi monté, des réunions, la presse s’est fendue d’un déplacement. Il fait froid mais il ne pleut pas c’est déjà ça. J’ai les pieds au chaud grâce à ma bouillotte ça fait du bien. Je vous poste des photos demain, là c’est dodo pour moi. Free hugs à vous ZAD PARTOUT! ! »

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La municipalité de Sainte-Colombe-en-Bruilhois (à dix kilomètres d’Agen) a décidé de créer une nouvelle zone d’activité économique en bordure de la Garonne. Cette zone va s’étaler sur 280 hectares de terres agricoles pour y implanter des entrepôts et des parkings.
Il faut également y rajouter 300 hectares d’infrastructures : ronds-points, rocades, échangeur d’autoroute, pont sur la Garonne, gare TGVsur la future ligne Bordeaux-Toulouse. Tout cela menace donc de détruire près de 600 hectares de terres alluviales de première catégorie situées en bordure de la Garonne sur une nappe d’eau qui a une valeur inestimable pour l’agriculture locale.
Logique suicidaire
Ce carnage est totalement délirant ! D’un côté, on construit des barrages surdimensionnés pour irriguer des zones naturellement adaptées à une agriculture pluviale. De l’autre, on bétonne des zones fertiles riches en eau et propices à l’irrigation. Cette logique de gaspillage foncier est tout simplement suicidaire dans un contexte de dérèglement climatique qui limite progressivement notre capacité de production alimentaire.
Cela provoque par ailleurs toujours plus d’inondations meurtrières par imperméabilisation de nos sols en limitant le renouvellement de nos nappes phréatiques au passage.
zad partout

zad partout

Dialogue de sourds
Tous ces grands projets inutiles pèsent également très lourd sur nos finances publiques de plus en plus précaires. Pour couronner le tout, ces grands aménagements, ces pôles d’activités, ces zones commerciales ne créent pas d’emplois nouveaux mais ne font que déplacer ces derniers en aggravant ainsi le trafic routier. Pire, ils provoquent même des disparitions nettes d’emplois dans certains secteurs d’activités (le commerce de détail notamment).
Concernant le développement économiques du pays d’Agen, d’autres solutions existent. Aucune des 29 zones d’activité du département ne sont actuellement saturées. De nombreux espaces vides et de nombreux locaux inutilisés sont ainsi disponibles à proximité.
C’est notamment le cas à l’Agropole-Estillac située à quelques kilomètres de Sainte-Colombe-en-Bruilhois. Ces solutions ont été proposées aux élus de l’Agglomération Agenaise mais ces derniers ne veulent rien entendre face aux enjeux politiques locaux qu’ils poursuivent.
Pour lutter contre cette aberration et contre les expropriations qui s’annoncent à Sainte-Colombe-en-Bruilhois, les habitants et les agriculteurs de la vallée se sont regroupés pour créer l’association TGV BA (Très Grande Vigilance du Bruilhois et de l’Agenais). Toutes les démarches et les recours qu’ils ont lancés jusque là n’ont servi à rien vu le dialogue de sourds qui règne avec les élus locaux.
13 décembre : création d’une ZAD*
Joseph Bonotto et son fils, qui cultivent une dizaine d’hectare de la commune depuis près de trente ans, risquent d’être expropriés de leurs terres à tout moment. Avec l’association TGV BA et l’association Filière Paysanne, ils proposent de créer une nouvelle ZAD au milieu de leurs champs afin de les occuper et de les cultiver de façon collective, légale et pacifique. Leur but commun est de montrer la volonté partagée de préserver cette vallée fertile.
Un premier rassemblement pour organiser la création de cette ZAD aura lieu sur place le samedi 13 décembre. L’accueil aura lieu le matin (à partir de 10h) et l’échange commencera vers midi autour d’un casse-croute partagé. Toutes les personnes qui sont intéressées par cette première rencontre sont les bienvenues (hébergement possible dans la grange de la ferme vendredi et samedi soir / prévoir le duvet).
* ZAD : « zone d’aménagement différé » pour les urbanistes ou « zone à défendre » pour le mouvement populaire de préservation des espaces naturels et agricoles.

Pour tout renseignement, vous pouvez joindre :
. Joseph Bonotto de l’association « Très Grande Vigilance du Bruilhois et de l’Agenais » : joseph.bonotto@orange.fr
. Jean-Christophe Robert de l’association « Filière Paysanne » : filiere.paysanne@gmail.com

14 décembre 2014 Posted by | Agriculture vivrière, Désobéissance civile, DECROISSANCE | , , | Laisser un commentaire

les AMAP disent NON à la Ruche qui dit oui


Le “frelon” Parisien exterminateur de la petite paysannerie continue ses ravages !

Depuis plusieurs années, des groupes de consom-acteur-actrices se sont regroupés pour aider au maintien ou à l’installation de paysans (AMAP , ACAPE , centres de réinsertion, etc…), mais depuis peu cette mouvance semble s’essouffler.

Par contre, de nouveaux moyens de distribution ont vu le jour, via internet comme “La ruche qui dit oui”.

Grâce à la médiatisation énorme dont a bénéficié cette nouvelle formule, l’engouement auprès de celle-ci a bien pris. En effet, la presse laisse supposer aux lecteurs qu’il s’agit de distribution de paniers en vente directe, alors que c’est une plate-forme logistique qui prélève près de 20 % du chiffre d’affaires aux paysans adhérents à ce système.

Un apiculteur à 90% en vente directe, distribuant dans 10 lieux d’AMAP  a dit « NON » aux sollicitations d’une « ruche qui dit oui » (1) près de chez lui ! Pourquoi ?

Tout d’abord par tromperie pour le consommateur, qui pense acheter un produit en vente directela-ruche-qui-dit-non-150x134, alors qu’il s’agit de manière très subtile d’une vente par 2 intermédiaires : le propriétaire de la ruche qui prend 10% TTC sur le CA réalisé et 10% TTC pour une start-up parisienne qui grossit à vue d’œil (40 salariés, dont les créateurs sont tous diplômés de hautes écoles de commerce).

Ensuite par éthique, car rémunérer en dividendes  les actionnaires de cette entreprise commerciale de plus de 500 ruches qui sont ni plus ni moins que Xavier Niel (Président de Free), Marc Simoncini (co-fondateur du site de rencontres meetic.fr), Christophe Duhamel (co-fondateur du site marmitton.org). Les grandes enseignes de la distribution l’ont compris avec les « drive » les consommateurs cliquent sur internet pour commander leur alimentation industrielle. Ils répondent à une réelle demande : de plus pousser le caddie, ne plus perdre de temps à faire ses courses.

Quels prix pratiqués par les producteurs qui se lancent dans cette aventure ?
– soit le même prix qu’en contrat AMAP, et faire payer le consommateur 20% plus cher, le prix à payer pour choisir ce qu’il veut quand il veut !
– soit s’aligner sur le prix du marché en vendant moins cher ses produits de 10 à 20%, c’est ce que certains producteurs en AMAP ont malheureusement  commencé à subir comme pression, c’est toujours la même histoire !
Petit rappel : les grandes et moyennes surfaces prennent une marge brute de 27% en moyenne sur un produit alimentaire (intégrant la gestion des stocks et du personnel salarié, inexistant ici)

Origines des produits : on parle proximité des produits qui viennent parfois de très loin par l’intermédiaire de transformateurs ou d’artisans (et non des paysans). La gamme des produits n’est pas qu’alimentaire (crème solaire).

Alternative possible : créer de nouvelles AMAP, alors que l’offre des paysans producteurs bio continue de croitre, la demande stagne, profitant à des intermédiaires qui se sucrent sur leur dos. Faire circuler cette information auprès des amapiens qui pourraient être séduits sans être totalement informés par ce nouveau type de « drive » préfigurant  le nouveau i-commerce du 21ème siècle, sans changer les mêmes pratiques capitalistiques du marché.

(1) La ruche qui dit oui  = Vente par internet, sans engagement, les consommateurs viennent chercher leurs victuailles chez un particulier (responsable de la ruche) très souvent sans croiser le producteur, qui n’est pas obligatoirement paysan ni bio, mais souvent transformateur ou artisan.

par AMAP Bio Devant – Courbevoie

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Petite mise à jour:

« La Ruche qui dit oui » est très hostile à ce débat et inonde les sites critiquant leur start up de « vrai-faux » commentaires et de mails.

Je vous propose donc de nouveaux documents sur cette tentative de récupération marchande du système associatif des AMAP.

  • La ruche qui dit oui…à qui? Un article sur les dangers pour la petite paysannerie du « drive paniers » par la ferme pédagogique en permaculture : www.lesdemainsdanslaterre.fr

N.B : le texte en format PDF.

la ruche qui dit oui…à qui.pdf
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  • Vous pouvez aussi lire ce très bon décorticage du mécanisme capitaliste de la ruche qui dit oui, ainsi qu’un article de la revue silence à propos de l’impact du drive sur internet sur les circuits courts.

Les deux articles se trouvant ci-dessous.

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article circuits courts revue silence n°
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N.B : le texte ci-dessous en format PDF.

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Quelques repères

Si vous êtes décidés à créer une AMAP, le guide très détaillé du réseau AMAP: Créer une AMAP

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9 novembre 2014 Posted by | Alimentation, DECROISSANCE | , , , , , | 6 commentaires

Les effets des nouveaux compteurs « intelligents » sur la santé.


Les compteurs émetteurs de radiofréquences sont contestés partout où ils sont implantés pour des raisons de santé publique, de sécurité, de protection de l’environnement et de la vie privée.

L’association Robin des Toits a écrit une lettre au ministre de l’Industrie et de l’Energie , dans laquelle elle le met en garde contre les éventuelles conséquences sanitaires des compteurs Linky. Ces compteurs « intelligents » équiperont tous les foyers français d’ici à 2020, a récemment annoncé le gouvernement. Via des informations mises à jour en temps réel, ils sont censés permettre de mieux gérer sa consommation.

compteur intelligent

Les radiations émises par un compteur intelligent sont 30 fois plus élevées que celles émises par un cellulaire, selon les mesures de la texane Laura Pressley, docteure en chimie physique. Dans leur sommeil, elle et son mari subissaient de petites secousses des jambes aux 25 secondes, soit à chaque fois que leur compteur pulsait des radiofréquences et micro-ondes. Symptômes qui ont disparu quand les émissions du compteur ont été désactivées par leur compagnie d’électricité. Elle recommande les filtres Stetzer pour éliminer les hautes fréquences transitoires que les compteurs génèrent sur le câblage domestique.

A lire également:

Sources:

5 septembre 2014 Posted by | DECROISSANCE, SANTE | , , , | 2 commentaires

Nouvelle spéciale de Kokopelli : Avaaz, bas les masques !


ATTENTION : Kokopelli dénonce la campagne frauduleuse d’AVAAZ concernant une prétendue « bourse aux graines » mondiale
Cher(e)s ami(e)s de Kokopelli,
L’organisation américaine AVAAZ a lancé il y a quelques jours une nouvelle campagne de levée de fonds, intitulée « La meilleure manière d’arrêter Monsanto », et diffusée largement sur Internet et par mail, visant supposément à créer le « tout premier eBay pour semences à but non lucratif ».

L’association KOKOPELLI n’est absolument pas à l’origine de cette campagne et ne connaît aucune organisation française ou européenne qui y participerait.

De plus, le courriel faisant la promotion de cette campagne prétend que « une coalition de 20 groupes et personnalités de l’agriculture durable tels que le Center for Food Safety et l’activiste Vandana Shiva sont prêts à lancer le projet. » Nous ne connaissons pas ces groupes, qui ne sont pas nommés, mais nous avons contacté Vandana Shiva à ce sujet et elle nous a répondu ceci : “I am not involved in this initiative, have never been contacted or consulted about it.” (je ne suis pas engagée dans cette initiative, et n’ai jamais été contactée ou consultée à son sujet) !!! Elle a également manifesté son indignation face à la récupération de ses nom et notoriété sur son blog SeedFreedom.

Si, sur ce blog, l’organisation américaine Center for Food Safety endosse ces manœuvres grotesques et parle « d’erreur » et de « malentendu », nous n’y croyons pas du tout. De quel type d’erreur peut-il s’agir lorsqu’il est question de lancer une campagne mondiale, dans 17 langues, pour récolter plusieurs centaines de milliers de dollars, voire des millions – car les sommes globales récoltées sont soigneusement occultées, mais ce sont déjà plus de 55.000 personnes qui ont donné – ?
Nous remarquons, de plus, que le texte de présentation de la campagne est très mal rédigé ; que ses termes sont particulièrement évasifs ; qu’il n’existe aucun site Internet relatif au projet évoqué ; que les “fermiers” et “organisations” partenaires ne sont pas nommés ; que les éventuels fournisseurs et bénéficiaires des semences ne sont pas identifiés ; que les actions projetées ne tiennent aucun compte des contraintes réglementaires qui nous obèrent depuis 60 ans, etc.
Tout cela n’est pas sérieux, et il semble donc que cette campagne soit une nouvelle imposture de l’organisation AVAAZ – dont nous-même, et d’autres, avons déjà dénoncé le caractère plus que douteux par le passé – destinée seulement à récolter des fonds auprès d’internautes généreux mais bien trop crédules.
Nous demandons donc le retrait immédiat de cette campagne – ou bien le détail exact et complet du projet évoqué dans celle-ci, s’il existe – et la transparence la plus totale sur l’utilisation des sommes récoltées, ou leur restitution aux donateurs trompés !
Nous vous recommandons donc la plus grande prudence vis-à-vis de cette campagne, et, de manière générale, vis-à-vis de l’organisation AVAAZ, et vous invitons à faire circuler ce message au plus grand nombre de destinataires possible.
L’équipe de Kokopelli – le 16 juillet 2014.

source: https://kokopelli-semences.fr

17 juillet 2014 Posted by | Agriculture vivrière, DECROISSANCE | , , | 2 commentaires

Déclaration commune sur l’armement de la police #NDDL


l’armement de la police et Notre Dame Des Landes

Signez avant la fin de l’été la pétition qui devra faire parler d’elle à la rentrée.
Un lien > http://27novembre2007.blogspot.fr/2014/06/lancement-de-la-petition-nationale.html

Déclaration commune sur l’armement de la police

5 juillet 2014 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE, Notre démocratie | , , | 1 commentaire

Rencontres de l’écologie radicale à Montreuil


Rencontres de l’écologie radicale- dimanche 8 juin 2014 à 10h

RENCONTRES DE L’ÉCOLOGIE RADICALE

Climat social / Rencontres de l’écologie radicale

« Évoquer l’écologie, c’est comme parler du suffrage universel et du repos du dimanche : dans un premier temps, tous les bourgeois et tous les partisans de l’ordre vous disent que vous voulez leur ruine, le triomphe de l’anarchie et de l’obscurantisme.

Puis, dans un deuxième temps, quand la force des choses et la pression populaire deviennent irrésistibles, on vous accorde ce qu’on vous refusait hier et, fondamentalement, rien ne change. C’est pourquoi il faut d’emblée poser la question franchement : que voulons-nous ? Un capitalisme qui s’accommode des contraintes écologiques ou une révolution économique, sociale et culturelle qui abolit les contraintes du capitalisme et par là même, instaure un nouveau rapport des hommes à la collectivité, à leur environnement et à la nature ? Il vaut mieux tenter de définir, dès le départ, pour quoi on lutte et pas seulement contre quoi. »

André Gorz

Pour envisager en commun ce « pourquoi on lutte », les rencontres Climat Social aborderont les visions et propositions de différents courants qui se revendiquent de l’écologie radicale et qui appellent, comme André Gorz en son temps, à une révolution économique, sociale et culturelle. Seule une telle révolution peut nous sortir de la crise écologique, sociale et économique actuelle, que le capitalisme a provoquée et qu’il ne pourra résoudre.

10h-12h : Table ronde sur l’écologie radicale

Visions croisées entre décroissance, écosocialisme, écologie libertaire et sociale.

14h-16h :Comment aborder la transition écologique dans le monde du travail et de la production ?

Quelle intervention des salarié-e-s ?

Désindustrialisation, reconversions, relocalisations, antiproductivisme.

Avec : CGT-forêt, Confédération paysanne, Sud-chimie (FRALIB), Sud-Énergie.

16h30-18h30 :Écologie : comment lutter, comment agir ?

Bilan de l’écologie « politique », stratégies de lutte d’une écologie radicale aujourd’hui.

18h30 : Apéro

À l’initiative de militant-e-s de l’écologie radicale membres d’Alternative Libertaire, des Amis de la Confédération Paysanne, des Amis de la Terre, d’Ensemble, du NPA, du Mouvement des objecteurs de croissance, de Collectifs contre les gaz de schistes, contre les Grands Projets Inutiles et Imposés, et antinucléaires.

 

6 juin 2014 Posted by | DECROISSANCE, Notre démocratie | , | Laisser un commentaire

la 7ème édition de l’AlterTour se déroulera du 12 juillet au 17 août 2014.


Bonjour,

Nous avons le plaisir de vous annoncer que la 7ème édition de l’AlterTour se déroulera du 12 juillet au 17 août 2014.

Il passera par la Haute-Loire, le Puy-de-Dome, le Cantal, la Corrèze, la Haute-Vienne, la Creuse, la Dordogne, la Charente, la Vienne, les Deux-Sèvres et la Charente-Maritime.

Le thème de cette année est : « Travailler, Pour Qui ? PourQuoi ? »

Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 30 juin 2014 sur le site internet de l’AlterTour :

Accès au parcours
Accès au programme
Accès aux inscriptions
Accès au Recueil des Alternatives de l’AlterTour 2014
Accès aux Flyers et affiches 2014

Aider nous à faire connaître l’AlterTour :

. Parlez-en autour de vous.
. Transférez ce message dans vos réseaux.
. Diffusez des affiches et des flyers lors de vos manifestations, dans vos réseaux…

Le numéro de juin 2014 de la revue S!lence est consacré aux voyages lents et contiendra le recueil des Alternatives rencontrées cette année.

Venez pédaler, goûter à l’autogestion, partager une belle tranche de vie collective dans la simplicité volontaire !
L’AlterTour est un relais solidaire ouvert à tous sans exigence de performance ou de durée (inscription à la journée).

 

5 juin 2014 Posted by | DECROISSANCE | , | Laisser un commentaire

25 LIBROS SOBRE CONSTRUCCION NATURAL


A-D:

Pour ceux-celles qui sont intéressé-es par la construction naturelle, l’autoconstruction et bâtiment, un cadeau… en espagnol

Originally posted on Creer para Crear:

 25 LIBROS SOBRE CONSTRUCCION NATURAL

enero 3, 2014 por maestroviejo

Nave Tierra – Michael Reynolds
Volumen 1: (parte 1: PDF – 6mb) – (parte 2: PDF – 12,9mb)
Volumen 2: (parte 1: PDF – 20mb) – (parte 2: PDF – 24mb)
Volumen 3: (parte 1: PDF – 29,6mb) – (parte 2: PDF – 15,1mb)
Gracias al excelente trabajo de traducción de Nave Tierra MDQ, los libros de Earthship en español.

La Casa Autónoma – Brenda y Robert Vale
RAR – 6,33mb
Libro que aborda todos los aspectos a tener en cuenta para una vivienda autónoma como manejo de aguas, energías y residuos.

Manual del arquitecto descalzo – Johan Van Lengen
PDF – 22mb
Famoso libro sobre autoconstrucción.

Cantos del arquitecto descalzo – Johan Van Lengen
PDF – 62mb
Otro libro de construcción natural del conocido Johan Van Lengen

Manual…

Voir l'original 569 mots de plus

5 juin 2014 Posted by | DECROISSANCE, ebook | , | 1 commentaire

Les 12 meilleurs PDF et Ebook gratuits sur le potager


 

 

N.B: ADecroissance n’héberge pas ces fichiers.

Si un lien ne fonctionne pas, merci de nous le dire afin que nous puissions le réactualiser. Bon jardinage!

Vous pouvez suivre Aquitaine Décroissance sur Tweeter

 

19 mai 2014 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, DECROISSANCE, ebook | , , , , , | 69 commentaires

Nos déchets sont des trésors


Dans le cadre de son action d’information et de sensibilisation du public, l’association RepEyre, ressourcerie en Val de l’Eyre, invite les habitants des 5 communes du Val de L’Eyre, et tous les girondins, à une soirée rencontre
NOS DÉCHETS SONT DES TRÉSORS

Venez nombreux découvrir le film Martin Esposito « SUPER TRASH » :

Photo : Dans le cadre de son action d'information et de sensibilisation du public, l'association RepEyre, ressourcerie en Val de l'Eyre,  invite les habitants des 5 communes du Val de L'Eyre, et tous les girondins,  à une soirée rencontre</p>
<p>NOS DÉCHETS SONT DES TRÉSORS</p>
<p>Venez nombreux découvrir le film Martin Esposito "SUPER TRASH" :</p>
<p>SYNOPSIS : "Martin revient sur les lieux de son enfance. Ces lieux sont maintenant ensevelis par unegigantesque décharge à ciel ouvert. Il décide de s'installer et de vivre dans ce monde fait d'ordures et rythmé par le ballet, le va-et-vient incessant des camions et bulldozers qui déchargent et nivellent les déchets. Au fil des mois, il devient le témoin d'un véritable scandale écologique et fait son trou dans ce monde invivable jusqu'à sembler aller vers la folie."</p>
<p>Venez nombreux débattre et apprendre avec :</p>
<p>- Le Collectif Déchets Girondin qui nous présentera la Taxe incitative et la Pesée embarquée, 2 systèmes incitatifs au tri des déchets qui ont fait leurs preuves</p>
<p>- L'entreprise PENA Environnement, gestionnaire de la filière des déchets en Aquitaine et particulièrement en Val de l'Eyre,<br />
viendra nous présenter la filière de recyclage des ordures ménagères.</p>
<p><a href=http://www.repeyre.fr" width="356" height="504" />

SYNOPSIS : « Martin revient sur les lieux de son enfance. Ces lieux sont maintenant ensevelis par unegigantesque décharge à ciel ouvert. Il décide de s’installer et de vivre dans ce monde fait d’ordures et rythmé par le ballet, le va-et-vient incessant des camions et bulldozers qui déchargent et nivellent les déchets. Au fil des mois, il devient le témoin d’un véritable scandale écologique et fait son trou dans ce monde invivable jusqu’à sembler aller vers la folie. »

Venez nombreux débattre et apprendre avec :

– Le Collectif Déchets Girondin qui nous présentera la Taxe incitative et la Pesée embarquée, 2 systèmes incitatifs au tri des déchets qui ont fait leurs preuves

– L’entreprise PENA Environnement, gestionnaire de la filière des déchets en Aquitaine et particulièrement en Val de l’Eyre,
viendra nous présenter la filière de recyclage des ordures ménagères.

www.repeyre.fr

— à belin-beliet.

14 mai 2014 Posted by | DECROISSANCE | , , , | Laisser un commentaire

Vers un monde post-extractiviste, le 5 Mars Journée de soutien pour le #Yasuni.


Pour un monde post-extractiviste , journée de soutien au Parc national  Yasuni en Équateur mis en danger par notre appétit de pétrole.

Le parc Yasuni en Équateur est certainement l’endroit du monde où la diversité biologique est la plus grande.

Chaque hectare contient trois fois plus d’espèces que dans la totalité des États Unis US et du Canada réunis .

Les premières études faites dans la zone de l’Añangu, notamment par l’Université du Texas, ont montré une richesse écologique très élevée pour les plantes (bien que sans atteindre, pour les arbres, certains records enregistrés dans d’autres forêts tropicales de plaine ), les amphibiens (environ 150 espèces, soit plus que dans toute l’Europe ou aux États-Unis et Canada réunis) et les insectes (100 000 espèces). Cette région est peuplée de groupes indigènes qui vivent sur leurs territoires .

Pour du pétrole cet endroit à la plus grande biodiversité du monde est en danger

Pour du pétrole cet endroit à la plus grande biodiversité du monde est en danger

Malheureusement, environ un cinquième des ressources supposées en pétrole de l’Équateur repose dans le sous-sol du parc Yasuni.

En 2007, à la tribune de l’ONU, le président Correa faisait une proposition « écosocialiste »  à la communauté internationale afin de préserver la forêt amazonienne: le projet ITT YAsuni qui entendait mettre les pays du  Nord , gros consommateurs d’énergie fossile face à leurs responsabilités environnementales planétaires.

La moitié de la valeur du pétrole devait être reversée à l’Équateur qui s’engageait à ne pas l’extraire.(soit 3,6 milliards de dollars)

Les levés de fonds insuffisantes , le président Correa avait fini par déclarer mi Aout 2013 , la fin de l’initiative ITT Yasuni et donc l’autorisation d’extraction du pétrole dans cette zone extrêmement fragile . Cependant, la Constitution, interdit lextraction des ressources non renouvelables dans les zones protégées. De plus les populations locales bénéficient d’une reconnaissance de leur territoire. Une  campagne pour un referendum a lieu en ce moment en Équateur , menée par tous les opposants à ce projet écocide dont Alberto Acosta , économiste , ex-president de l’Assemblée Constituante et ex-ministre de l’énergie et des mines de l’Équateur.

La totalité des réserves de pétroles de ce site protégé , lieu d’une extraordinaire biodiversité ne fournirait au final que l’équivalent de 10 jours de consommation mondiale…

En proposant une solution  environnementale à l’échelon global et en mettant les pays riches et consommateurs face à leurs responsabilités , l’Équateur est devenu une voie de la lutte contre le réchauffement climatique…

Soutenons les initiatives du 5 Mars Journée pour le Yasuni en tweetant #yasuni et #yasuniToFirmoPorTi

parc national du Yasuni

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Pour en savoir plus :

4 mars 2014 Posted by | DECROISSANCE, ENERGIE | , , , , | 4 commentaires

Notre-Dame-des-Landes : les casseurs et les casseuses sont nos enfants !


Notre-Dame-des-Landes: les casseurs et les casseuses sont nos enfants !

Non, nous ne crierons pas avec les moutons qu’il y avait ce jour là à Nantes des bons manifestants (Pcf*, eelv, FG) les familles paisibles et « bon enfant » et les mauvais, les casseurs , les black bloc ou l’ultra gauche et bien sûr que non ces quelques vitrines cassées ne discréditent pas le mouvement.

Les occupants de la première heure (avant que les verts et autre partis en campagne qui ne s’intéressent à ce levier dans le cadre de  leur course au pouvoir) ont déjà eu affaire à la violence des policiers et on vu se faire détruire de nombreuses cabanes et maisons d’habitation au cours de l’occupation de cette zone à défendre. La violence est bien de ce coté là. Le pouvoir politique qui utilise cette ZAD à des fins électorales (distribuer des grands chantiers aux amis , cristalliser une opposition sur un point…)

Non, nous ne cracherons pas sur ces jeunes qui sont l’âme du mouvement et qui pratiquent une résistance active et courageuse!

 » Allons nous encore obéir, ou allons-nous être révoltés, et du coup désobéir, ce qui amènera forcément aux affrontements et à la violence » Milou

La pensée unique à réussi à déplacer le débat sur : faut-il dénoncer ces violences?

Et tous les acteurs suivent , la presse et les politicienNEs professionnelLEs évidement, mais également certainEs opposantEs à nddl.

Face à la force brute de l’État quelle résistance ?

Les seuls casseurs à Nantes ne sont-ils pas Vinci et Valls?

La violence n’est pas dans la destruction d’un bulldozer (mon dieu la propriété prive pour les uns , mon dieu l’outil de production  pour d’autres encore.) mais bien dans les destructions futures que réaliserons (violemment) ces bulldozers de tout un eco système fragile.

Où est-il écrit qu’il faut que dans une manif de résistance à un projet anti-démocratique la bonne humeur règne, que l’ambiance soit festive et bon enfant? Il est scandaleux de voir « les biens pensants » s’offusquer et tenter de différencier leur lutte de celle des jeunes qui renvoient ( en prenant de gros risques) aux policiers leurs propres grenades lacrymogène, qui se prennent des coups et des grenades et des balles caoutchouc .

La manif a-t-elle « dégénérée »?

L’Ukraine , dernier exemple de soulèvement, montre bien, une fois de plus que les détenteurs du « pouvoir » sont près à toutes les violences pour conserver leur « légitimité » et qu’il ne peut y avoir de changement sans résistance physique.

Mais ils ont cassés des vitrines, quand même!!!

Non, on ne va pas pleurer les vitrines de Vinci (véritable pompe à argent publique), il n’y a aucune communes mesures entre dégrader un symbole de violence (violence écologique, économique, démocratique) et la violence des destructions écologiques réelles programmées .

Messieurs , Dames les pro de la politique, les jeunes « casseurs » , ce sont nos frères et sœurs, nos fils et filles et leur engagement est sincère autant que celui de nos pères et mères qui, peut-être, manifestaient dans le cortège « officiel ».

La violence policière est-elle légitime?

Oui parlons en:

Témoignage de l’équipe médicale:

« Comme équipe medic on a vu une cinquantaine de blessés, dont 13 blessures au visage par flashball : 4 hématomes à l’œil, 2 arcades ouvertes, hémorragies faciale, saignement à l’oreille, fracture du nez, plusieurs blessures au crane . Aussi plusieurs impacts de flashball au thorax, jambes, un doigt cassé . Aussi 2 personnes avec des brulures par gaz poivrée, 3 désorientées par grenades assourdissantes et des coups de bâtons. Un enfant de 4 ans en état de choc suite à tir de grenade. Au moins 4 pris en charge par les pompiers. + le journaliste de Rennes Tv blessé par éclats de grenade dans les jambes : http://www.rennestv.fr/catalogue/info/un-journaliste-de-rennestv-blesse-par-des-eclats-de-grenade-assourdissante-a-nantes.html »

Dans le cadre de son utilisation par les forces de l’ordre, le LBD (flash ball) a déjà causé des blessures irréparables : une personne est décédée et au moins treize autres ont perdu l’usage d’un œil en France depuis 2004, après avoir été touchées au visage par un tir de LBD.

Une arme critiquée

Plusieurs groupes de défense des droits de l’homme, dont, notamment, et surtout Amnesty International, ont exprimé leur crainte que le déploiement d’armes de ce type n’amène une augmentation des violences policières.

Une proposition de loi a été enregistrée le 29 mai 2012 visant à interdire cette arme.

De plus la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) apporte une précision importante :  » Compte tenu d’une part de l’imprécision des trajectoires de tirs de flash-ball qui rendent inutiles les conseils d’utilisation théoriques et, d’autre part, de la gravité comme de l’irréversibilité des dommages collatéraux manifestement inévitables qu’ils occasionnent, la CNDS recommande de ne pas utiliser cette arme lors de manifestations sur la voie publique, or les cas très exceptionnels qu’il conviendrait de définir très strictement. »

Nous restons mobiliséEs et uniEs contre ce projet inutile et nuisible.

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*Le PCF de Loire-Atlantique, par l’intermédiaire de son secrétaire départemental s’est lâché : « Les groupes d’opposants violents à l’Aéroport du Grand-Ouest dont les exactions sont nombreuses depuis plusieurs années » ou encore « l’ACIPA, principale organisation d’opposants se refuse à condamner les violences, tend à les justifier et les instrumentalise même en menaçant quant à toute avancée du projet. C’est inacceptable ». On reconnait l’organe qui travaille main dans la main avec le PS, l’UMP et le MEDEF pour la promotion de l’Aéroport Grand Ouest. D’ailleurs, le PCF a Nantes fait liste commune avec le PS, pour dire la relation qu’il y a entre les deux sections.

**En dix ans, #Vinci est devenue une machine à aspirer les fonds publics http://www.politis.fr/Vinci-La-verite-sur-un-empire,25752.html

25 février 2014 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE | , , , | Laisser un commentaire

Film intégral NE VIVONS PLUS COMME DES ESCLAVES


(septembre 2013, durée 89mn) de Yannis Youlountas

Résumé du film :
Venu des catacombes grecques de l’Europe, un murmure traverse le continent dévasté : « Ne vivons plus comme des esclaves » (prononcer « Na mi zisoumé san douli » en grec). Sur les murs des villes et sur les rochers des campagnes, sur les panneaux publicitaires vides ou détournés, dans les journaux alternatifs et sur les radios rebelles, dans les lieux d’occupation et d’autogestion qui se multiplient, tel est le slogan que la résistance grecque diffuse, jour après jour, et nous invite à reprendre en chœur sur les mélodies de ce film à ses côtés. Un grand bol d’air frais, d’enthousiasme et d’utopies en marche, venu de la mer Égée.

Yannis Youlountas  est un philosophe, poète, écrivain et réalisateur franco-grec contemporain. Formateur et intervenant auprès de publics frappés d’exclusion sociale (classes relais, détenus, migrants, sdf, handicapés), créateur de dispositifs d’éducation à l’image et de philosophie pour les enfants, il est également chroniqueur dans Siné Mensuel, Le Monde libertaire et Les Zindigné(e)s.

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Liens:

http://nevivonspluscommedesesclaves.net

http://youlountas.net/

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7 janvier 2014 Posted by | DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE, Notre démocratie | , , , | 1 commentaire

Sondage : la loi COV adoptée à l’Assemblée nationale. Une loi pour quoi?


Le projet de Loi sur les certificats d’obtention végétale a été voté hier par l’Assemblée Nationale. Les députés de la majorité, au service de l’agrosemence, ont adopté sans amendements ce texte qui permettra aux douanes de poursuivre les agriculteurs pour contrefaçon s’ils  utilisent leurs propres semences.

Et vous qu’en pensez-vous?

30 décembre 2013 Posted by | Alimentation, DECROISSANCE | , , | Laisser un commentaire

Eaux profondes vers un boycott des consommateurs contre les lobbies industriels?


Boycott des Consommateurs contre les lobbies industriels?

peche-en-eaux-profondes

La pêche en eau profonde est un type de pêche extrêmement destructeur pour la faune et la flore des fonds marins, mais comme ça ne se voit pas on continue… Les députés européens, par l’intermédiaire du Parlement, ont en effet votés le maintien cette pratique…

 

 

 

 

 

 

 

 

Une « déforestation marine » d’envergure

Seulement 3% des poissons collecté sont conservés les autres rejetés. La population de certaines espèces chute dramatiquement de 90% en 15 ans. Les coraux sont détruits.

Cette  exploitation n’est rentable économiquement que grâce à nos impôts . Intermarché (propriétaire de la flotte de chalut équipés pour ce type de pêche est l’enseigne qui profite le plus de nos « aides ».

Très peu d’emplois sont concernés par ce type de pêche industrielle. L’activité ne dégageant que 0,5% d’emplois.

La pétition appelant a son interdiction avait eue un grand succès grâce notamment à une BD  de la dessinatrice Pénélope Bagieu, qui avait permis de recueillir quelque 750.000 signatures . Nos « représentants » n’ont pas jugés bon d’écouter la voie de la raison.

Que faire ?

S’informer sur le mouvement de boycott citoyen qui se met en place sur les réseau sociaux par exemple:

  • Mettre en place des groupes et des actions locales.
  • Pétition devant Intermarché, lettre aux députés…

Cette mobilisation pourraient faire très mal à l’enseigne des Mousquetaires juste avant Noël. Le choix des consommateurs pourrait être grandement simplifié par les annonces récentes des groupes Casino et Carrefour de cesser toute vente d’espèces pêchées en eaux profondes.

L’association Bloom, principal fer de lance contre le chalutage n’a, de son côté, pas appelé au boycott du groupe de la grande distribution pour des raisons juridiques mais Claire Nouvian, directrice de Bloom appelle » les citoyens à boycotter partout les trois espèces concernées par le chalutage profond : le grenadier, le lingue bleu et le sabre noir ».

Les votes député par député

Les votes député par député

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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sur le même sujet: Intermarché: les retombées du bad buzz sur les euro députés

12 décembre 2013 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME, DECROISSANCE | , , , , | 1 commentaire

« Les précurseurs de la décroissance » Jean Giono


Le concept de décroissance est relativement nouveau.

Le terme même de « décroissance », réactualisé en 2001 pour dénoncer l’imposture du développement durable, est volontiers provocateur.
Il s’agit de mettre l’accent sur l’urgence d’un constat : une croissance infinie de la production et de la consommation matérielles ne saurait être tenable dans
un monde fini.

La collection des Précurseurs de la décroissance dirigée par Serge Latouche donne une visibilité à cette réflexion en cours.

À travers la présentation de certaines figures de la pensée humaine et de leurs écrits, elle fait émerger une nouvelle histoire des idées susceptibles d’étayer et d’enrichir la pensée de la décroissance. Elle fournira ainsi à un large public aussi bien qu’au lecteur averti un état des lieux du travail en cours, en même temps qu’un répertoire commun
de références parfois vieilles comme l’humanité, mais exposées ici sous un nouveau jour.

Elle contribue ainsi au développement de l’un des rares courants de pensée capable de faire pièce à l’idéologie productiviste qui structure, aujourd’hui, nos sociétés.

A-Décroissance vous présentera régulièrement un ouvrage de la collection « Les précurseurs de la décroissance ».

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Jean Giono, « Pour une révolution à hauteur d’hommes »

par Édouard Schaelchli

« Les hommes ont créé une planète nouvelle : la planète de la misère et du malheur des corps.

Ils ont déserté la terre. Ils ne veulent plus ni fruits, ni blé, ni liberté, ni joie.

Ils ne veulent plus que ce qu’ils inventent et fabriquent eux-mêmes. » (Giono, 1937)

Les essais de Jean Giono ne sont guère connus.

Il s’y déploie une vision d’un « monde paysan », rempart contre la démesure industrielle et technicienne, où le travail n’est pas l’envers de la vie ni de l’économie l’autre nom de la guerre, et qui ouvre à une humanité possédée par l’argent la possibilité de se réapproprier ses savoirs-faire en même temps que la joie de vivre.

Sans chercher à masquer les oppositions entre une pensée marquée par les circonstances historiques et suspectée de passéisme et le mouvement des objecteurs de croissance, Edouard Schaelchli met en lumière les affinités profondes entre la « révolution d’hommes » voulue par Giono et la vision du monde incarnée par les luttes du Larzac naguère, de Notre-Dame-des-Landes aujourd’hui.

http://lepassagerclandestin.fr/les-precurseurs-de-la-decroissance

2 décembre 2013 Posted by | DECROISSANCE | , , , , | Laisser un commentaire

RENCART DE L’ESCARGOT


Samedi 26 octobre, 20h30 à Belin-Béliet (33830), l’association COURANT ALTERNATIF vous invite à la soirée-débat organisée autour du livre : Un projet de Décroissance – Manifeste pour une Dotation Inconditionelle d’Autonomie (DIA), paru aux éditions Utopia en janvier 2013, en présence de Stéphane Madelaine, l’un des quatre co-auteurs.

DecroissanceEtDotationInconditionnelleD_autonomieBelinbeliet26_10_2013

« Sans un minimum de ressources, le nouveau citoyen ne peut vivre pleinement les principes républicains de liberté, d’égalité et de fraternité »,déclarait Thomas Paine en 1792. …

Et pourtant deux siècles plus tard cette idée semble être restée lettre morte. A travers la critique radicale de la société de Croissance, La DIA (Dotation Inconditionnelle d’Autonomie), couplée à un Revenu Maximum Acceptable (RMA), est un outil pour sortir de l’impasse destructrice vers laquelle nous entraîne toujours plus vite la société de Croissance. Au-delà d’un simple correctif, la DIA vise à susciter dialogues et débats sur ce qu’est le « vivre ensemble », sur la manière de créer « plus de liens » sans pour autant créer « plus de biens ».

C’est ce que nous vous proposons à l’occasion de cette rencontre.

(source : www.projet-decroissance.net)

Nous partagerons en fin de soirée les spécialités sucrées et breuvages que chacun aura apportés, accompagnés de chansons impliquées mais pas compliquées ! Une ZONE DE GRATUITE temporaire sera établie pour l’occasion.

9 octobre 2013 Posted by | DECROISSANCE | , , , | Laisser un commentaire

Le prix 2013 de l’intrusion la plus dégoûtante décerné à…


À l’occasion de la Journée nationale « Stop pub à l’école », le vendredi 27 septembre 2013
Le prix de l’intrusion publicitaire la plus dégoûtante
est décerné aux supermarchés « E. Leclerc »

au titre de leur opération « Nettoyons la nature ».

Prix Stop Pub Ecole 2013

Le prix de « l’intrusion publicitaire la plus dégoûtante » sera décerné chaque année pour pointer du doigt les acteurs économiques qui visent l’école et les enfants. Ce coup de projecteur doit permettre de mieux dénoncer ces pratiques, souvent pernicieuses, souvent cachées par des discours « de prévention » ou des opérations « pseudo-pédagogiques ».

L’opération « Nettoyons la nature », organisée depuis plusieurs années par les supermarchés « E. Leclerc », est un exemple d’action commerciale dirigée tout particulièrement vers l’école. Sous couvert d’opération « verte » (contestée par certaines associations écologistes) le dispositif vise à la diffusion d’une image de marque flatteuse auprès des enfants : des produits alimentaires à marque de distributeur sont distribués aux participants en guise de « goûter », des T-shirts publicitaires sont offerts aux enfants, et les enseignants sont encouragés à faire venir la presse locale pour prendre les élèves en photo devant des banderoles au logo bien visible…
Réagissons à cette intrusion ! L’alerte est lancée par cette 1ère journée nationale, le 27 septembre 2013.
Enseignants, parents, associations… faisons entendre le message « Stop pub à l’école » !
Une simple recherche sur internet permet parfois de prendre conscience d’un phénomène majeur…
Recherche : Images « Nettoyons la nature école »

par: www.stop-pub-ecole

27 septembre 2013 Posted by | DECROISSANCE | , , | 3 commentaires

Leclerc explique la protection de l’environnement aux enfants, et Mac Do la nutrition…


La Publicité à l’école, ça suffit !

Cette année encore les centres E.Leclerc organise leur opération de greenwashing « Nettoyons la nature » dans nos écoles .

Quentin, 6 ans, élève de CP, rentre de l’école et raconte : « Aujourd’hui avec l’école, on a nettoyé la nature ! On avait mis un t-shirt pour ne pas se salir, et on a même eu le droit de le garder ! ». Et là, il lève à bout de bras, fièrement, un t-shirt au logo de Leclerc « NETTOYONS LA NATURE AVEC E.LECLERC ».

Certaines écoles n’hésitent pas à faire poser les élèves portant un gilet E.Leclerc dans la presse régionale.

Quentin, 6 ans, élève de CP, rentre de l’école et raconte : « Aujourd’hui avec l’école, on a nettoyé la nature ! On avait mis un t-shirt pour ne pas se salir, et on a même eu le droit de le garder ! ». Et là, il lève à bout de bras, fièrement, un t-shirt au logo de Leclerc « NETTOYONS LA NATURE AVEC E.LECLERC ».
 

Le principe de neutralité de l’école et le code de bonne conduite des interventions des entreprises en milieu scolaire.

Un immense calicot portant le même logo décore la grille de l’école. La maman de Quentin s’étonne et interroge la maitresse sur cette intrusion publicitaire. « Il ne faut pas voir le mal, c’est une occasion de sensibiliser les enfants dans le cadre de la semaine citoyenne, c’était pratique, on nous a fourni les gants, les sacs poubelles, les t-shirts… »

En effet, sur le site de Leclerc, on peut en quelques clics inscrire sa classe à cette opération de « protection de l’environnement » (sic !). Des opérations du même goût, aux vocations citoyennes plus ou moins douteuses, se rencontrent chez Danone, Nestlé, Signal, et d’autres…

Comment cela est-il possible ? La publicité n’est-elle pas interdite à l’école ?

Le principe de neutralité de l’école: « en aucun cas et en aucune manière les maitres et les élèves ne doivent servir directement ou indirectement à aucune publicité commerciale. »

Ce principe est inscrit dans la constitution. L’interdiction de la publicité à l’école, en vigueur depuis 1936, a été réaffirmée à plusieurs reprises dans plusieurs circulaires. (circ. du 8/11/1953, circ. n°II-67-290 du 3/7/1967, circ. n°76-440 du 10/12/1976). Elles rappellent notamment que « en aucun cas et en aucune manière les maitres et les élèves ne doivent servir directement ou indirectement à aucune publicité commerciale. »

Malgré cela, la publicité et les pratiques commerciales envahissent le système éducatif!

Les enfants constituent une cible de plus en plus prisée par les publicitaires, ce qui n’a rien d’étonnant quand on sait que les deux tiers des produits consommés par les enfants le seront encore à l’âge adulte, et que ceux-ci sont de plus en plus les prescripteurs des achats de leurs parents. L’école représente le lieu idéal pour diffuser des messages publicitaires à l’attention des enfants. « C’est là qu’ils se trouvent tous rassemblés », déclare une agence de conseil en marketing, « et le lieu même tend à garantir l’intérêt et la qualité des messages qui y circulent » (agence GMV Conseil, oct. 1998)

Le code de bonne conduite des interventions des entreprises en milieu scolaire.

Sous couvert d’empêcher des pratiques commerciales de plus en plus nombreuses, Jack Lang, alors ministre de l’Éducation Nationale, publie en 2001 au bulletin officiel un « code de bonne conduite » ( circ. n°2001-053 du 28/3/2001 – BO n°14 du 5/4/2001).

Or, malgré un rappel du principe de neutralité de l’école, ce texte donne aux établissements scolaires la possibilité de conclure des partenariats, officialise la présence de logos sur les mallettes pédagogiques et tolère la publicité sur les outils informatiques et certaines publications. Il remplace en outre la notion de neutralité scolaire par celle de neutralité commerciale, précaution révélatrice d’une volonté de marchandisation de l’école. Ce code ne viserait-il pas en réalité à légitimer et développer les pratiques publicitaires et commerciales ?

C’est ainsi que, loin d’empêcher l’opération « Nettoyons la nature avec E Leclerc », ce code la justifie par un « partenariat ».

Cette circulaire constitue donc une immense brèche précisément parce qu’elle remet en cause l’interdiction de la publicité à l’école.

« les enfants sont immunisés contre la pub »

Pub non merci

D’aucuns déclarent, comme la maitresse de Quentin, « qu’il ne faut pas voir le mal ». Les kits pédagogiques sont bien faits, gratuits, colorés, tout prêts à utiliser. C’est si pratique quand on sait que les budgets sont si serrés ! Naturellement, on nous jure que les intentions des publicitaires sont « pures et désintéressées » : « les consommateurs demandent aux marques d’avoir une fonction citoyenne », affirme-t-on chez l’agence de conseil EuroRSCG, « L’institut Danone est l’allié des mamans pour l’éducation alimentaire des enfants. Mais les mères se sentent de plus en plus seules. Plus personne n’incarne l’autorité, les valeurs. Les Pères ont démissionné, l’Etat est absent. Qui va donner des repères moraux aux enfants ? Les marques peuvent jouer ce rôle. »

C’est ainsi que Leclerc explique la protection de l’environnement aux enfants, et Mac Do la nutrition… On entend parfois : « la pub est partout, il faut que l’école prépare les enfants à la décoder », « les enfants sont immunisés contre la pub ».

Ces remarques font preuve pour le moins :

  •  d’une confusion des registres : est-on à l’école pour devenir un bon consommateur ? La publicité, c’est l’anti culture par excellence. L’école doit être un lieu de transmission de la culture.
  •  d’une confusion des genres : la pub, c’est du dressage et de la manipulation. L’école doit être un lieu de confiance et d’émancipation.

Résister.

Pour résister à l’intrusion grandissante de la publicité à l’école, on peut entre autres :

  •  traquer la pub à l’école et la dénoncer chaque fois que c’est possible en interpellant les enseignants de nos enfants, nos collègues, les parents d’élèves,
  •  Ne pas participer à des « partenariats », « jeu concours », refuser d’y faire participer nos élèves,
  •  « Nettoyer » les casiers, salles des profs, panneaux d’affichages, plaquettes…
  •  Revendiquer les moyens nécessaires au bon fonctionnement de l’école. C’est à l’Éducation Nationale de subvenir à ses besoins au lieu de se faire offrir ce dont elle manque par les grandes marques.
  •  Signer la pétition pour l’annulation du code de bonne conduite des entreprises en milieu scolaire.

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sources:

26 septembre 2013 Posted by | DECROISSANCE, Non classé | , , , , , , | 5 commentaires

AlterTour 2013


Aquitaine Décroissance soutient la 6ème édition de l’AlterTour qui se déroulera du 18 juillet au 20 août 2013.

L’AlterTour est une manifestation cycliste organisée en France depuis 2008 par l’association AlterCampagne.

Cet alter-Tour de France, pour une planète non dopée, est un relais cycliste familial et sans compétition qui parcourt les routes de France chaque été à la rencontre d’initiatives alternatives : agricoles, sociales, énergétiques, économiques, solidaires etc.

Il passera cette année par le Loiret, la Nièvre, l’Yonne, la Côte d’Or, la Saône-et-Loire, le Jura et le Doubs.

Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 15 juin 2013 sur le site internet de l’AlterTour : http://www.altertour.net

Aux Grands Projets Inutiles et Imposés s’opposent une multitude d’Alternatives concrètes qui construisent une société plus solidaire, écologiquement et socialement durable. Ce sont ces Petits Projets Grandement Utiles que l’AlterTour soutient d’année en année en leur rendant visite à vélo.

Venez pédaler, goûter à l’autogestion, partager une belle tranche de vie collective dans la simplicité volontaire ! L’AlterTour est un relais solidaire ouvert à tous sans exigence de performance ou de durée (inscriptions à la journée).

L’AlterTour résiste à l’esprit de compétition qui conduit à toutes sortes de dopage :
– dans le sport où la santé passe après les bénéfices de la société du spectacle ;
– dans l’agriculture industrielle, où pesticides et OGM portent atteinte aux paysans et à la biodiversité au seul profit d’une poignée de multinationales ;
– dans l’économie de marché, où subprimes et paradis fiscaux amplifient les inégalités ;
– dans la société de consommation, du greenwashing et de l’obsolescence programmée où l’offre conditionne la demande à grand renfort de publicité.

Faites connaître l’AlterTour

En transférant ce message dans vos réseaux.

En pièce jointe vous trouverez également l’affiche imprimable que vous pouvez la diffuser lors de vos manifestations, dans vos réseaux locaux et également auprès des AMAP, Biocoop, vélocistes, groupes de cyclistes, randonneurs, affichage municipal, commerçants etc.

Le numéro de juin 2013 de la revue S!lence consacré aux grands projets inutiles contiendra le recueil d’Alternatives de l’AlterTour et les coordonnées de tous les accueillants.


Mathieu Fromont
Coordinateur de l’AlterTour
altertour@gmail.com
Réseau REPAS: http://www.reseaurepas.free.fr/

28 mai 2013 Posted by | DECROISSANCE, TRANSPORTS | , , , | 7 commentaires

Open Source Seeds Licence : une licence pour libérer les semences


Les principes de l’Open Source s’étaient déjà propagés à des domaines relativement éloignés du logiciel, comme celui de l’Open Hardware ou de l’Open Design. Mais le projet Open Source Seeds propose un modèle de contrat pour placer des graines sous licence libre.

A première vue, l’idée peut paraître assez incongrue, car on voit assez mal ce que les semences peuvent avoir en commun avec les logiciels et pourquoi elles auraient besoin des licences libres. Mais il faut savoir que les variétés végétales peuvent faire l’objet de droits de propriété intellectuelle, que ce soit par le biais de Certificats d’obtention végétale (COV) en Europe ou de brevets aux Etats-Unis. Les Organismes génétiquement modifiés (OGM) peuvent également être protégés par des brevets, déposés par de grandes firmes comme Monsanto, dont les agissements soulèvent de plus en plus d’inquiétudes et protestations.

Une forme de copyleft « vert » est-il possible pour que les graines demeurent des biens communs ? La question mérite d’être posée !

Lutter contre l’appropriation des semences

Face à ces formes d’appropriation du vivant par la propriété intellectuelle, il existe tout un mouvement qui se bat pour que les semences demeurent « libres ». Des producteurs indépendants comme le Réseau Semences paysannes, Kokopelli ou Semailles préservent des variétés anciennes ou rares de graines, afin de favoriser la biodiversité. Mais le contexte juridique dans lequel ils oeuvrent est difficile, comme l’explique très bien cet article du site Ecoconso :

Depuis plusieurs décennies, il est obligatoire qu’une semence soit inscrite dans un catalogue officiel – européen ou national – avant d’être mise sur le marché.

L’inscription est liée à des conditions bien précises :

  • pour être inscrite, une semence doit entre autres répondre aux critères « DHS » : distinction, homogénéité, stabilité. En d’autres mots : une variété doit être facilement identifiable et bien distincte de celles déjà inscrites dans le catalogue, tous les individus doivent présenter les mêmes caractéristiques prévisibles et la variété doit rester stable dans le temps, année après année.
  • l’inscription au catalogue est payante.

Cette législation, qui avait pour but au départ de protéger l’agriculteur contre des fraudes, a un impact énorme sur la pérennité des semences de variétés locales et traditionnelles. Car il est impossible, pour la plupart des semences transmises de génération en génération, de paysan en paysan, de répondre à des critères conçus pour des variétés produites en laboratoire à partir d’un patrimoine génétique très restreint et testées dans des conditions contrôlées.

L’agriculteur, ici ou ailleurs, doit payer chaque année pour acheter ses semences et ne peut ressemer à partir de sa production ni développer son propre patrimoine de semences, qui seraient pourtant plus adaptées aux conditions locales et qui garderaient leur capacité de s’adapter plus facilement aux conditions climatiques changeantes, aux nouveaux ravageurs…

Pour ne s’être pas pliée à cette réglementation, l’association Kokopelli a été poursuivie en justice et lourdement condamnée en 2012. Cela ne l’empêche pas de continuer à dénoncer en des termes très durs l’instrumentalisation qui a été faite du Catalogue des variétés et du droit d’obtention végétale dans le sens des intérêts des grands semenciers :

les tarifs d’inscription au Catalogue sont prohibitifs (500 €en moyenne pour chaque variété, sans compter les droits annuels à payer pour les différents types d’examens obligatoires). En définitive, ce catalogue, initialement facultatif et ouvert à toutes les semences, est devenu, par une dérive administrative totalitaire, le pré carré exclusif des créations variétales issues de la recherche agronomique et protégées par un droit de propriété intellectuelle […] C’est ainsi que le catalogue est devenu un outil de promotion de ce droit de propriété particulier, et qu’il s’est progressivement fermé aux variétés, non appropriées, appartenant au domaine public.

Les semences comme biens communs ?

Il existe donc bien d’un côté des semences « propriétaires », sur lesquelles pèsent des droits de propriété intellectuelle et de l’autre des semences « libres », que l’on peut encore considérer comme des biens communs :

Les semences peuvent-elles être une marchandise comme une autre ? Est-ce acceptable qu’une petite dizaine de gros semenciers détienne plus de 80 % du patrimoine des semences, pourtant patiemment amélioré pendant des siècles par des générations de paysans ? Ne s’agit-il pas d’un patrimoine de l’humanité, d’un bien commun et collectif auquel tout un chacun devrait avoir accès ?

Il y a quelques semaines, un tribunal américain a pourtant estimé qu’un petit agriculteur américain s’était rendu coupable de contrefaçon en replantant d’une année sur l’autre les graines produites par des plats de soja brevetés par Monsanto. Cette firme a construit son business model en utilisant la propriété intellectuelle pour retirer ce droit élémentaire aux paysans, les forçant à acheter ses graines et ses herbicides chaque année.

Face à cette dérive propriétaire, certains comme l’indienne Vandana Shiva propose d’appliquer les principes de l’Open Source aux semences, en reliant cette problématique à celle des biens communs et à la préservation des Savoirs traditionnels :

D’autres, comme David Bollier, proposent d’aller plus loin encore en mettant en place un Copyleft pour les semences, comme il en existe un pour les logiciels :

Il existe un mouvement qui progresse parmi certains cercles d’agriculteurs pour créer un équivalent du copyleft pour les semences, de manière à ce que ces agriculteurs puissent produire des cultures open-source. Cette démarche sera peut-être la seule solution : développer un agriculture alternative en open source, bénéficiant de protections juridiques que le partage puisse continuer. Une manière de hacker la loi, comme l’a fait la General Public Licence avec les logiciels libres.

Une licence pour placer les graines sous copyleft

Pour concrétiser ces visions, l’initiative Open Source Seeds propose sur son site la première version d’une licence adaptant d’une manière originale les principes des licences libres aux semences, et notamment le fameux « partage à l’identique » (Share Alike) qui est le propre du copyleft

Voici une traduction en français que je propose de cette licence :

Open Source seed licence version 0.1

Vous êtes libres de :

Partager : partager, distribuer et donner ces semences
Remixer : cultiver ces semences
Faire un usage commercial de ces semences

Selon les conditions suivantes :

Attribution : Vous devez inclure une copie imprimée de cette licence lorsque vous partagez ces semences ou ds graines issues de ces semences (progeny of these seeds).

Pas de modification génétique : Vous n’êtes pas autorisé à procéder à des modifications génétiques en laboratoire de ces semences ou de graines issues de ces semences.

Partage à l’identique : Si vous recevez ces semences ou des graines issues de ces semences, suite à un don ou à un achat, vous acceptez en conséquence d’être lié par ces conditions.

Si vous récoltez à n’importe quel moment de l’année plus de 500 grammes de graines issues de ces semences, vous devez en mettre à disposition gratuitement au moins 10 grammes via le site www.open-seeds.org (les frais de port restant à la charge des demandeurs). Vous devez également enregistrer et publier les informations liées à votre pratique de culture, ainsi que les lieux dans lesquels ces semences ont été cultivées.

Si vous récoltez à n’importe quel moment de l’année plus de 100 kilos de graines issues de ces semences, vous devez en mettre à disposition gratuitement au moins 500 grammes via le site www.open-seeds.org (les frais de port restant à la charge des demandeurs). Vous devez également enregistrer et publier les informations liées à votre pratique de culture, ainsi que les lieux dans lesquels ces semences ont été cultivées.

Si vous cultivez ces semences, vous devez distribuer les semences des générations suivantes selon les termes de cette licence.

On relèvera l’effort intéressant pour adapter aux semences des notions comme celles de paternité, d’oeuvres dérivées ou de partage à l’identique.

Je trouve également très pertinent le fait de ranger dans les conditions imposées au titre du partage à l’identique le fait de devoir publier les informations liées à la culture des semences. De la même manière que les développeurs produisent de la documentation ou des manuels pour accompagner leurs logiciels, les agriculteurs Open Source devront documenter leur pratique et partager le fruit de leur expérience avec le reste de la communauté.

On voit d’ailleurs déjà une telle logique à l’oeuvre dans certains projets liés aux semences. Le projet Urbsly par exemple, actuellement en recherche de fonds par crowdfunding, propose de lutter contre l’appropriation des semences par de grosses entreprises utilisant des brevets, en créant un « Open Seed Data Catalog », qui recensera les variétés produites par des producteurs indépendants, ainsi que les données utiles aux agriculteurs pour choisir les graines les mieux appropriées à leurs cultures. Le projet vise aussi à publier en Open Access le séquençage génétique des variétés, afin d’empêcher le dépôt de brevets par de grandes marques. Cette approche est intéressante, car elle montre les ponts qui peuvent exister entre Biens communs de la nature et Biens communs de la connaissance, à travers l’Open Data et l’Open Access.

Retrouver des pratiques ancestrales de partage

Mettre en place des licences libres pour les semences risque d’être plus complexe que pour les logiciels. En effet, la législation en vigueur reconnaît un droit d’auteur aux créateurs de logiciels, qui peuvent ainsi « retourner » la logique du copyright grâce aux licences libres pour mettre leur propriété en partage.

Avec les semences, les choses sont plus complexes, car le régime spécial de propriété qui porte sur les variétés végétales est beaucoup plus adapté aux semences « propriétaires » qu’à celles des producteurs indépendants. Il en résulte que l’Open Source Seeds Licence pourrait manquer de base légale, comme l’explique les porteurs du projet qui sont conscients de cette faiblesse :

Il n’est pas certain que les conditions imposées par la licence puissent avoir une valeur juridique les rendant opposables. Il est possible qu’elles doivent être plutôt regardées comme un code de bonnes pratiques à respecter sur une base volontaire.

Les lois qui ont instauré un droit de propriété intellectuelle sur les semences sont très différentes de celles qui concernent les logiciels. Un des points essentiels à propos des droits de propriété intellectuelle sur les semences réside dans les critères deDdistinction, Homogénéité et Stabilité (DHS) qui sont nécessaires pour pouvoir bénéficier de la protection. C’est de cette manière que ces droits fonctionnent partout dans le monde, parce qu’une variété doit être suffisamment stable pour pouvoir être reconnue comme une variété. Mais les variétés les plus intéressantes pour la biodiversité sont généralement trop instables pour respecter ces critères. Or c’est précisément leur « instabilité » qui leur permet de s’adapter aux différentes conditions de culture.

On en arrive à ce paradoxe que l’absence de droit de propriété, qui est pourtant à la « racine » du problème de l’appropriation du vivant, pose ici difficulté puisque la licence libre en a quand même besoin pour être valide juridiquement. Pendant ce temps, les licences attachées aux semences produites par Monsanto peuvent s’appliquer devant les tribunaux, avec les conséquences désastreuses que l’on sait…

Il faudra suivre le développement de ces licences libres appliquées aux semences, car il s’agit d’une des pistes pour préserver des pratiques ancestrales de partage de graines, remontant sans doute à des millénaires et qui se réactivent aujourd’hui avec des associations comme Graines de troc.

Le compte Twitter d’André Le Nôtre (@Lenostre) signalait par exemple ces jours derniers que des pratiques d’échanges de plants rares existaient entre jardiniers au 17ème siècle, dont on retrouve la trace dans cet ouvrage.

« J’ay veu que quelques jardiniers curieux se fréquentoient les uns les autres amiablement, & faisoient recherche de ce qu’ils pouvoient avoir en leurs jardins, pour voir s’ils avoient quelques espèces de fleurs ou de fruicts que l’un ou l’autre n’eust point, afin de s’en entre-accommoder. C’est ce qu’il faut que les jardiniers de présent fassent, & qu’ils prennent la peine, & ne soient paresseux d’aller où ils sont advertis qu’il aura esté fait quelque beau jardin, pour voir s’il y a quelque chose de beau dont ils n’en ayent point la cognoissance, mesme, qu’il en demande au jardinier, peut-estre celuy qui demandera, aura aussy quelque fleur que l’autre n’aura point, & par ainsi feront eschange amiablement l’un à l’autre, de telle sorte que l’un et l’autre en seront fort contens. […] feu mon père avoit une quantité de fleurs de toutes sortes, c’est qu’il faisoit comme j’ay dit cy-dessus, il prenoit la peine & le plaisir en mesme temps d’aller voir les jardins qui estoient en réputation, et s’il se présentoit quelque fleur devant ses yeux dont il n’en avoit point, il en demandoit hardiment au jardinier, en luy offrant de luy en donner d’autres qu’il recognoissoit que le jardinier n’avoit pas aussi, par ce moyen ils s’accommodoient ensemble » Claude Mollet, Le théâtre des plans et jardinages, 1652, p. 185-187.

Merci à André @LeNostre pour la transcription !

Regard d’un bibliothécaire sur le droit d’auteur, le droit de l’information, le droit de l’internet et des nouvelles technologies, le droit de la culture, les libertés numériques et bien plus encore !

contact : calimaq at gmail.com
licence CC by

URL: http://scinfolex.wordpress.com/

Via un article de , publié le 5 mai 2013
©© a-brest, article sous licence creative common info

23 mai 2013 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, DECROISSANCE | , , , , , | 6 commentaires

Manuel pratique de la culture maraîchère de Paris.


Un guide écrit en 1845 de la main des maraichers qui travaillaient au alentour de Paris.

Ce guide a inspiré certains maraichers comme  Eliot Colleman ce maraicher, inventeur est l’un des pionniers du maraîchage bio aux USA.

En 45 ans de recherches il a créé un modèle de maraîchage très intensif sur buttes plates et mis au point des outils spécifiques.

Ce guide a inspiré aussi le maraicher parisien Louis Savier.

Une époque où l’agriculture n’était ni bio ni chimique.

A lire et à diffuser : 

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Merci aux paysans sans frontière pour l’archive.

 

15 avril 2013 Posted by | Agriculture vivrière, DECROISSANCE, ebook | , , , , , , | 6 commentaires

Bernard Charbonneau. La décroissance contre le totalitarisme de l’écologisme politique.


Bernard Charbonneau

Ecologie politique et totalitarisme : la décroissance politicienne est-elle le « Nouvel Ordre écologique » ?

« La protection de la nature suppose un minimum d’organisation, mais celle-ci étant l’antithèse de la nature, l’organiser équivaut le plus souvent à la détruire ».

« Nous courons d’abord le risque, non négligeable, d’une destruction de l’homme par celle de son milieu ; car une bonne prospective ne doit pas oublier qu’un siècle de société industrielle n’est rien, et qu’elle vient juste de naître. Et même si la connaissance scientifique et la maîtrise technique du milieu humain devaient progresser au même rythme géométrique que sa destruction, il n’en reste pas moins que, pour sauver l’homme d’une destruction physique, il faudra mettre sur pied une organisation totale qui risque d’atrophier cette liberté, spirituelle et charnelle, sans laquelle le nom de l’homme n’est plus qu’un mot. En dehors de l’équilibre naturel dont nous sommes issus – si les données actuelles ne changent pas -, nous n’avons qu’un autre avenir : un univers résolument artificiel, purement social. […] Mais, tels que nous sommes encore, qui de nous prétendrait sérieusement assumer un tel avenir ? Il nous faut l’infini du ciel sur la tête ; sinon nous perdrons la vue, surtout celle de la conscience. Si l’espèce humaine s’enfonçait ainsi dans les ténèbres, elle n’aurait fait qu’aboutir, un peu plus loin, à la même impasse obscure que les insectes ».

Bernard Charbonneau, Le Jardin de Babylone.

Publié pour la première fois en 1969, Le Jardin de Babylone est parmi la vingtaine de livres de Bernard Charbonneau [1] celui où il s’est plus particulièrement attaché à montrer comment, après avoir ravagé la nature, la société industrielle finissait de l’anéantir en la « protégeant », en l’organisant. Le « sentiment de la nature » et la compassion envers elle, si présents chez les professionnels de l’écologisme politique, étaient alors interprétés magistralement comme le produit même des sociétés industrielles. Et ce n’est pas le moindre mérite de cet ouvrage que d’avoir dénoncé si tôt ce que devait nécessairement devenir la « défense de la nature » dès lors qu’elle séparait sa cause de celle de la liberté. « L’indigne régression que constitue de ce point de vue l’écologisme politique écrit ainsi les éditions de l’encyclopédie des Nuisances, était ainsi jugée là par avance » [2].

Charbonneau écrivait ainsi au lendemain de la candidature de Dumont, « la rapidité avec laquelle la société industrielle a récupéré le mouvement écologique s’explique par des raisons que l’on peut ramener à deux :

1) Elle ne peut continuer quelque temps de plus à détruire la nature que si elle contrôle un peu mieux ses propres nuisances. Il est évident que si l’on ne dépollue pas les rivières, les usines s’arrêteront de tourner parce que l’eau deviendra inutilisable. Et cette dépollution est appelée à devenir la grande affaire de demain.

2) Dans la mesure ou le matériel humain, notamment la jeunesse, réagit au monde invivable que lui fait la croissance, il importe de contrôler ses réactions en lui fournissant les divers placebos intellectuels qui les détourneront dans l’imaginaire » [3]. On se demande parfois si les illusionnés de la politique parmi nos actuels objecteurs de croissance ne reproduisent pas à la lettre près les mêmes travers et mêmes ambiguïtés que Charbonneau analysait dans le « mouvement écologiste » au milieu des années soixante-dix. La comparaison est vraiment frappante.

Les « illusions politiques »

Partageant les critiques faites par son ami J. Ellul des « illusions politiques » qui meuvent les politiciens de tous bords et de trop nombreux « objecteurs de croissance » [4], Charbonneau écrivait plus encore à l’encontre de ses amis écologistes, que « si jamais, tentant de vivre ce rêve jusqu’au bout, nous faisions de l’Eden une réalité quotidienne, alors, il est probable qu’en nous réveillant enfermés dans cet univers total, nous découvrions l’enfer » [5]. En effet remarquait-il, l’intégration prochaine du projet d’auto-limitation de l’écologie politique radicale au Léviathan techno-économique, risque bien d’être la dernière pièce apportée au château fort mondial : le sauvetage de la nature par son organisation ne sera que la poursuite de la rationalisation toujours plus achevée des comportements sociaux. Le moralisme écologiste aura alors pour seul visage celui de la société totalitaire : une « organisation sociale totale ». Car lorsque la raison humaine s’applique avec les écologistes comme avec les politiciens de la décroissance, à sauver l’étant naturel qu’elle estime avoir malmené dans sa conquête technicienne, elle en reste à une attitude naturelle face à la vie. Bien que louable, cette attitude pourrait bien n’être en fait que l’ultime péripétie de la même entreprise d’arraisonnement de la nature qui a dirigé l’ère industrielle. Ainsi, « ce seront les divers responsables de la ruine de la terre qui organiseront le sauvetage du peu qui en restera, et qui après l’abondance géreront la pénurie et la survie » [6]. Voilà résumé ce qu’est au fond l’écologisme économiciste et développementiste, comme celui qui va servir demain au renforcement de la Méga-machine et qui nous affirme dès aujourd’hui que « seule l’innovation peut vaincre les réticences de ceux, majoritaires dans le monde, qui craignent que la lutte pour le climat impose des restrictions négatives pour la croissance, donc l’emploi. Il faut pouvoir les persuader qu’une croissance  » écologique « , économe, est possible, qu’elle sera positive pour l’emploi et qu’elle ne plongera pas le monde dans un malthusianisme dépressif » [7].

Le projet éco-technocratique de faire de « la planète un objet de gestion »

W. Sachs montre lui aussi fort justement que les écologistes dans leur projet éco-technocratique de faire de « la planète un objet de gestion », ne marquent en rien une rupture avec les pratiques existantes puisqu’en fin de compte ils ne font que pousser à son terme la rationalisation du monde déjà amorcée. « Puisque leur sens écologique se contente d’une cure d’efficacité pour les moyens et ne remet pas en question la croissance constante des objectifs, ils ne peuvent s’empêcher de pousser plus loin la rationalisation du monde au nom de l’écologie » [8]. « Se dessine ainsi au nom de l’écologie poursuit-il, l’occidentalisation du monde poussée plus loin, un colonialisme culturel (non intentionnel) qui finalement, se retourne contre l’objectif premier qui est de trouver la paix avec la nature ».

Ainsi écrivait de façon des plus pertinentes l’objecteur de croissance gascon à propos de l’écologisme : « réaction contre l’organisation, le sentiment de la nature aboutit à l’organisation ». Chaque nouvelles propositions écologistes la plus politicienne qui soit, consiste dans le renforcement de la Méga-machine, c’est-à-dire le suréquiment de la forme-marchandise. Ainsi, « avec la crise du pétrole on peut penser que l’énergie solaire deviendra une réalité. Mais dans le cadre du Développement elle ne remplacera pas le nucléaire, elle si ajoutera » [9].

Et il en est de même avec la fameuse « agriculture biologique » [10], les « parcs naturels » ou encore les « énergies éoliennes » industrielles que soutiennent par exemple un des innombrables magazines de l’écologie marchande comme la revue Silence [11] : « La campagne n’est campagne et le paysan, paysan, écrit Charbonneau que s’il existe une agriculture qui ne soit pas le simple prête-nom de l’industrie agrochimique. Une agriculture tout court ; nul besoin de lui ajouter le qualificatif de « biologique », c’est une tautologie puisque, lorsqu’elle mérite son nom, elle est pour l’essentiel une technique du vivant. (…) Le mythe du bio ne produit pas seulement des aliments “ naturels ” , depuis qu’il est devenu à la mode, il alimente aussi en rêves la nostalgie de nature des sociétés industrielles. Toute frustration [provoquée par le système industriel agro-chimique] entraîne deux sortes de réactions : la volonté active d’y mettre fin ou l’évasion dans l’imaginaire, bien plus facile et à effet immédiat. C’est pourquoi au totalitarisme industriel répliquent une mythologie et une idéologie naturistes qui, elle aussi, nourrissent le public d’ersatz en lui vendant de la nature trop chimiquement pure pour être naturelle » [12].

Selon Charbonneau il n’y a donc pas de critère plus sûr de la civilisation industrielle que le « sentiment de la nature » si cher aux écologistes de caserne comme aux politiciens de la décroissance.

« D’instinct poursuit-il, la société industrielle se défend de cette puissance qui la menace, elle prend les devants pour la contrôler, et dans cette entreprise d’intégration trouve la complicité de individus. Les passionnés de la nature sont en général à l’avant-garde de sa destruction ». Ainsi la société de croissance ne paie pas ses serviteurs pour rien. La politique, quand elle est réduite à de la technique de gestion comme le faisait remarquer Ellul, ou encore quand elle n’a fait que s’économiciser un peu plus, n’est qu’une formidable illusion quand elle n’est pas une véritable machine de guerre contre ce qu’il reste de la vie sur Terre. La politique n’est donc pas la solution pour la décroissance et les écologistes. Bien au contraire. Car les risques d’un totalitarisme écologiste sont certains, la politique fait donc partie intégrante du problème écologique et humain que posent les sociétés de croissance. Lorsque les scientifiques, les ingénieurs et les politiques font bloc, ça ne présage en général rien de bon… pour les humains. Voir les précédents historiques : nazisme, communisme, Inquisition (les docteurs sont des théologiens). Cela Charbonneau l’aura vu avant tout les politiciens de l’écologie. Marqué par son expérience de l’économie de guerre lors du Premier conflit mondial, il rejoint la question fondamentale que pose la philosophe Hanna Arendt au lendemain de la Seconde guerre mondiale : après l’ère de la « politisation totale », « la politique a-t-elle finalement encore un sens ? » [13]. Dans « l’expérience des formes des régimes totalitaires dans lesquelles c’est l’existence tout entière des hommes qui a été complètement politisée, ne laissant en conséquence subsister absolument aucune liberté », « le doute concernant la compatibilité de la politique et de la liberté, la question de savoir si la liberté en général ne commence pas précisément là où cesse la politique, en sorte qu’il n’y a précisément plus de liberté là où le politique ne trouve nulle part sa fin et ses limites » s’imposent désormais [14].

Et cette impérieuse nécessité de ne pas éliminer la liberté en politisant l’écologie, aura été tout le combat de Charbonneau. A contre-pied de l’ensemble des politiciens de l’écologie (y compris et surtout René Dumont), l’alliance de l’écologie et de la liberté aura été le leitmotiv de toute sa vie. Il commença alors la critique préalable du totalitarisme, et en creux de l’écologie politique étatique, dans son magnifique ouvrage intitulé L’Etat. Il rejoint encore une fois la pertinence de l’analyse d’Arendt qui écrivait que la question qu’elle posait – la politique a-t-elle encore un sens ? -, « rend toute politique suspecte, elle fait apparaître comme douteuse la comptabilité de la politique et du maintien de la vie dans les conditions modernes, et elle espère secrètement que les hommes se rendront à la raison et se débarrasseront d’une manière ou d’une autre de la politique avant qu’elle ne les fasse tous périr. Mais l’on pourrait objecter que l’espoir que tous les Etats dépérissent, à moins que ce ne soit la politique qui disparaisse d’une manière ou d’une autre, est utopique, et il est probable que la plupart des gens seraient d’accord avec cette objection. Cela ne modifie pourtant en rien poursuit Arendt, cet espoir et cette question » [15]. Plaçant son projet en dehors de toutes propositions politiques et étatiques qui ne font toujours que renforcer l’organisation de la nature et rationaliser totalitairement l’organisation écologiste et sociale de la société, Charbonneau aura été ainsi le premier et l’unique penseur écologiste anti-totalitaire.

Post-politique de décroissance : sortir de l’écologisme politique comme de l’économie [16].

Ainsi donc comme le remarquait déjà l’Encyclopédie des nuisances dans un texte qui a déjà aujourd’hui, dix-sept ans, et intitulé « A ceux qui ne veulent pas gérer les nuisances mais les supprimer », « la censure de la critique sociale latente dans la lutte contre les nuisances a pour principal agent l’écologisme : l’illusion selon laquelle on pourrait efficacement réfuter les résultats du travail aliéné sans s’en prendre au travail lui-même et à toute la société fondée sur l’exploitation du travail. Quand tous les hommes d’Etat deviennent écologistes, les écologistes se déclarent sans hésitation étatistes. Ils n’ont pas vraiment changé, depuis leurs velléités  » alternatives  » des années soixante-dix. Mais maintenant on leur offre partout des postes, des fonctions, des crédits, et ils ne voient aucune raison de les refuser, tant il est vrai qu’ils n’ont jamais réellement rompu avec la déraison dominante. Les écologistes sont sur le terrain de la lutte contre les nuisances ce qu’étaient, sur celui des luttes ouvrières, les syndicalistes : des intermédiaires intéressés à conserver les contradictions dont ils assurent la régulation, des négociateurs voués au marchandage (la révision des normes et des taux de nocivité remplaçant les pourcentages des hausses de salaire), des défenseurs du quantitatif au moment où le calcul économique s’étend à de nouveaux domaines (l’air, l’eau, les embryons humains ou la sociabilité de synthèse) ; bref, les nouveaux courtiers d’un assujettissement a l’économie dont le prix doit maintenant intégrer le coût d’un  » environnement de qualité « . On voit déjà se mettre en place, cogérée par les experts  » verts « , une redistribution du territoire entre zones sacrifiées et zones protégées, une division spatiale qui réglera l’accès hiérarchisé à la marchandise-nature. Quant a la radioactivité, il y en aura pour tout le monde. Dire de la pratique des écologistes qu’elle est réformiste serait encore lui faire trop d’honneur, car elle s’inscrit directement et délibérément dans la logique de la domination capitaliste, qui étend sans cesse, par ses destructions mêmes, le terrain de son exercice. Dans cette production cyclique des maux et de leurs remèdes aggravants, l’écologisme n’aura été que l’armée de réserve d’une époque de bureaucratisation, ou la rationalité est toujours définie loin des individus concernés et de toute connaissance réaliste, avec les catastrophes renouvelées que cela implique » [17].

Dans les pas de Charbonneau, la décroissance ne peut alors qu’être à l’opposé de l’actuelle régression de l’écologisme politique.

Il s’agit ainsi de sortir des faux choix immanents au système de la société de croissance et d’abord remettre en question la domination et l’aliénation politique. Faire en sorte que l’on ne puisse « programmer l’espérance » et le sauvetage de la Planète, comme l’on organiserait un défilé des Jeunesses Ecologistes marchant au pas. Seule une position résolument hors système, à la fois contre le mythe occidental de la croissance comme métaphore biologique du « développement », et contre la politique comme sphère autonome surplombant et logicialisant la société, sera à même de faire dérailler la société de la croissance de la valeur. Sans remettre en cause l’ontologie politique de la modernité, la mouvance pour la décroissance risque en effet de ne proposer que le renforcement du processus moderne de rationalisation des rapports sociaux marchands (toujours plus cohérents et efficients car toujours plus spectaculaires) en tenant compte des capacités d’auto-limitation des individus.

La politique des valeurs, de l’auto-limitation et la nécessaire responsabilisation de chacun doit-elle être posée en terme de politique instrumentale séparée d’avec notre propre vie, demandaient Charbonneau et J. Ellul ? Quelles que soient les bonnes intentions de ceux qui croient encore incarner une pseudo « écologie politique antitotalitaire » avec des instruments comme l’Etat (social), la Loi et le Droit, la pente réactionnaire ouvrant sur « l’éco-fascisme » nous attend ici au coin de la rue si nous ne posons pas de nouvelles questions, et si nous préférons par facilité et par paresse, nous replier sur le catalogue du vieux monde des idées toutes faites. Car comme le faisait encore remarquer Charbonneau, à l’Etat libéral, « l’Etat totalitaire n’est qu’une conclusion » [18]. Et il en serait de même – et surtout – pour un Etat prônant la décroissance « équitable » et « humaniste ». Cela, Catherine Tarral en a déjà fait longuement la remarque à certains des politiciens de la décroissance, en leurs disant que « l’essentiel de leurs propositions était des propositions réglementaires qui supposaient un Etat et même un Etat fort.

A aucun moment ces auteurs [Helena Norbert-Hodge, François Schneider, Vincent Cheynet, Mario Buonatti, Paul Ariès, Bruno Clémentin, etc] ne semblent se poser la question de la nature de l’Etat, de l’appareil coercitif indispensable à l’application des mesures parfois rudes qu’ils préconisent, ils n’imaginent pas non plus apparemment que l’Etat pourrait ne pas être l’instrument adéquat d’une entreprise de libération de l’humanité » [19].

Charbonneau en juillet 1974 dans La Gueule Ouverte, faisait les mêmes remarques mais à propos de nos écologistes de l’époque (René Dumont) : « Bien des mouvements d’opposition et même des révolutions sont ambigus. Autant ils détruisent une société, autant ils regénèrent le gouvernement, l’économie, la morale, l’armée et la police. L’histoire de l’U.R.S.S. en est un bon exemple. Elle a réussi un renforcement de l’Etat et de la société russes que le régime tsariste était impuissant à réaliser. Le ‘‘ mouvement écologiste ’’ n’échappe pas à cette ambiguïté, surtout en France » [20].

La décroissance ne servira-t-elle finalement qu’à repeindre en vert les guérites de l’ « économie inventée » [21] ? Sera-t-elle le nouveau gadget idéologique du système dominant pour en gérer toujours mieux les contradictions, un énième cache-misère dont la fausse rapidité spectaculaire est marquée au fer de l’effroyable lenteur de ce qui inlassablement essaie péniblement de se faire passer pour un renouvellement [22] ? L’écologisme a toujours donné l’impression depuis les années 70 qu’il était en train de nous envoyer la marchandise ultime. Et là encore dans le renouvellement des mots que le Spectacle diffuse et renouvelle par stocks trimestriels, le « mot-obus » a trop souvent été présenté par nos actuels écologistes comme la revente à l’étalage de l’antiproductivisme économiciste de leurs aînés, argutie sur ce qui continue à flotter à la surface gélatineuse du Spectacle, c’est-à-dire qui ne met jamais en cause les « catégories de base de l’économie » (A. Jappe). Pour les écologistes en effet, cette vieille énormité crevée qu’est l’économie, « reste très importante » comme écrit l’écologiste traditionnel Vincent Cheynet. Il est donc temps de liquider l’écologie quand la myopie économiciste reprend du poil de la bête. L’artificialisation et la méga-machinisation de nos vies en une sphère d’interdépendances générale et de plus en plus planétaire, où nous sommes toujours plus irresponsables à mesure que nous devenons impuissants, voilà l’ennemi à abattre ! L’autonomie du monde de la production comme les écologistes ne connaîtront plus de répits. Car le politique dans son stade moderne d’économicisation achevée, n’est que l’autre visage de la marchandise à renverser. Le dégonflement des rôles entretenus par la Séparation de la vie avec sa représentation (et la victoire de cette dernière sur la première), précipite dès lors le temps spectaculaire au profit de l’espace d’un éternel présent vivant. Le rôle (économique, politiste, social, syndical… c’est-à-dire machinal et machinique) laisse sa place à une « forme-de-vie » décroissante.

La décroissance de l’empreinte écologique de nos sociétés par une « sortie de l’économie » (S. Latouche), c’est-à-dire la sortie des conditions de possibilité de l’échange marchand, ne peut ainsi qu’impliquer derechef la sortie de l’ontologie politique de la modernité qui n’est que le suréquipement de la marchandise. A moins de verser dans un éco-totalitarisme de décroissance qui n’aura même plus le bénéfice d’avoir le « visage humain » de l’écologisation de l’économie chère au cybernétique Georgescu-Roegen.

Avec Charbonneau et pour la décroissance, la politique est ainsi très loin d’être la solution, elle est au contraire la partie intégrante du problème que posent les sociétés de croissance [23].

L’après-développement ne peut ainsi qu’ouvrir selon les termes de Robert Kurz, que sur l’horizon « post-politique » de la décroissance comme sur celui de « l’après-développement ». Car la modernité politique fait partie intégrante de la « Grande mue », parce que l’autonomie du politique et l’autonomie de l’économique sont l’avers et le revers d’une même monnaie, la mise en branle de la mégamachinisation de nos vies. Si la question politique se pose pour la décroissance, elle se pose en de tout autres termes que ceux des politiciens de la décroissance et de l’écologie politique. C’est de notre capacité pratique et intellectuelle à penser le mouvement de sortie de la croissance économique en dehors des termes de l’autonomie du politique, qu’il découlera que la décroissance renforcera ou non l’actuelle poursuite du processus totalisant. Plus que la question de la politique, dé-penser et ré-inventer le politique est ainsi bien au cœur de la décroissance [24].

Clément Homs.


[1] On se reportera à l’ouvrage désormais de référence sur Charbonneau, Daniel Cérézuelle, Bernard Charbonneau. Ecologie et Liberté, Parangon, Coll. L’après-développement, 2006.
[2] Présentation par l’Encyclopédie des Nuisances de l’ouvrage de Charbonneau, Le Jardin de Babylone, in Catalogue 2005 des éditions.
[3] B. Charbonneau, « Le mouvement écologiste mise en question ou raison sociale », in La Gueule ouverte n°21, juillet, 1974, p. 24.
[4] Jacques Ellul, L’illusion politique, La Table ronde, 2004.
[5] B. Charbonneau, Le Jardin de Babylone, Encyclopédie des nuisances, 2002, p. 18.
[6] B. Charbonneau, Le Feu vert. Auto-critique du mouvement écologiste, p. 131.
[7] Dans l’éditorial du journal Le Monde du 5 février 2007, qui depuis 5-6 mois s’est lui aussi converti à prôner aux milieux des machinistes et « propriétaires de la société » (Max Weber) comme l’ont toujours fait nos écologistes politiciens comme « alternatifs », le nouveau paradigme écologiste de la gouvernance mondiale au sein de la Méga-machine techno-économique : l’écologisme économiciste, c’est-à-dire le nouvel âge de la forme-marchandise dans son suréquipement écologique. La planète devient un nouveau objet de gestion, car il s’agit maintenant de rentabiliser le changement climatique.
[8] Wolfgang Sachs, Des ruines du développement, Ecosociété, 1996, p. 76. p73-74 pour la citation suivante.
[9] B. Charbonneau, Le Feu vert, op. cit., p. 129
[10] Bernard Charbonneau condamne fortement l’agriculture biologique, il écrit ainsi qu’elle « s’efforce de commercialiser des produits aussi naturels que possible, comme Nature et Progrès, trop soucieuse d’orthodoxie, elle ne peut fournir qu’une faible part du marché alimentaire ; et elle n’évitera pas d’être plus ou moins victime d’une pollution généralisée. Par ailleurs, ayant un complexe d’infériorité vis-à-vis de l’agronomie et de l’agrochimie officielles – quelle a le tort de qualifier de « classiques » alors qu’elles sont exactement le contraire – et se voulant crédible, elle leur emprunte, outre leur langage, leurs critères de productivité et de rentabilité. Demandant plus de travail pour des rendements ordinairement plus faibles, l’agriculture bio est obligée de vendre ses produits nettement plus cher que les autres. Elle s’enferme ainsi dans un ghetto qui écoule sa marchandise dans la bourgoisie. Cette production marginale ne concurrence donc en rien celle de l’agrochimie qui est prête à l’intégrer dans son système en lui accordant un label de « produit naturel » décerné par le service dit « des fraudes » parce qu’il sert les fraudeurs industriels du faux poulet ou du faux pain. Et un beau jour, déjà proche, les trusts-de-la-bouffe-lourde complèteront la gamme de leur production en réservant un banc à l’agriculture biologique dans leurs supermarchés. Celle-ci jouera ainsi dans l’alimentation le même rôle que le parc national dans le tourisme : la réserve alimentaire justifiera l’abandon de tout le reste à l’industrie. Comme c’est déjà le cas pour certains produits, comme le vin, elle contribuera à faire éclater le marché entre le secteur de la qualité d’appellation contrôlée pour les riches et de la quantité non-contrôlée pour les pauvres. Ce qui signifie la distinction radicale de la société en classes, la fin de la fête populaire quotidienne, réduite en pilule de survie. » in Bernard Charbonneau, Sauver nos régions. Ecologie, régionalisme et sociétés locales, Sang de la Terre, 1991, chapitre 10 « Les pieds sur Terre », p.179.
[11] On verra par exemple l’article de Bertrand Louart, « Silence, on tourne ! Lettre Ouverte à la revue écologiste Silence ! et aux admirateurs des éoliennes industrielles récement construites en France », in revue Notes et Morceaux choisis, Bulletin n°5, février 2002. Que l’on peut lire en pdf ici.
[12] Bernard Charbonneau, Sauver nos régions. Ecologie, régionalisme et sociétés locales, Sang de la Terre, 1991, chapitre 10 « Les pieds sur Terre », p.178.
[13] Hannah Arendt, Qu’est-ce que la politique ?, Seuil, 1995.
[14] H. Arendt, ibid., p. 65
[15] H. Arendt, ibid, p. 66.
[16] Pour un plus ample développement de la perspective post-politique, voir mon texte (à paraître), « Que la vie l’emporte sur sa représentation. Brèves remarques sur les illusions politiques et des moyens impolitiques de s’en débarrasser », revue Entropia, mars 2007.
[17] Encyclopédie des nuisances, « A ceux qui ne veulent pas gérer les nuisances mais les supprimer », in Revue de L’EDN, janvier 1990. Article que l’on retrouve sous forme de brochure sur le site infokiosque.net et le site decroissance.info.
[18] B. Charbonneau, L’Etat, Economica, Paris, 1987, p. 235.
[19] Catherine Tarral, « La décroissance, l’économie, l’Etat », in revue Notes et morceaux choisis, Editions de La Lenteur, décembre 2006. Une version initiale est également parue dans le Bulletin de La Ligne d’Horizon et sur le site internet decroissance.info.
[20] B. Charbonneau, « Le ‘‘ mouvement écologiste ’’ mise en question ou raison sociale », in La Gueule Ouverte, juillet 1974, n°21.
[21] Voir S. Latouche, L’invention de l’économie, Albin Michel, 2005.
[22] On peut voir par exemple l’article de Bertrand Louart, « La Décroissance, le journal de l’Ordre », paru dans la revue Notes et Morceaux choisis, n°7, op. cit.
[23] On peut voir aussi le chapitre « La politique n’est pas la solution » in Anselm Jappe, Les aventures de la marchandise. Pour une nouvelle critique de la valeur, Denoël, 2003.
[24] Cf. par exemple S. Latouche dans son livre, Le pari de la décroissance, Fayard, 2006, qui aborde ainsi la question de la relocalisation du et de la politique.

le vendredi 6 avril 2007
par Clément Homs ; Décroissance.info

Pour approfondir : La décroissance: naissance d’une pensée anti-systémique , Timothée Duverger

12 avril 2013 Posted by | DECROISSANCE, Notre démocratie | , , , , , , | 7 commentaires

Mobilité, Technique et Développement


Un séminaire d’histoire de la mobilité s’est tenu le 5 avril 2012 à Paris sur le  thème « mobilité et démocratie »,

Timothée Duverger de l’Université Bordeaux III et Bruno Clémentin du journal La Décroissance sont intervenus sur le sujet « Mobilité, technique et développement ».

Voici la vidéo de la conférence, en deux parties.

Première Partie: Histoire du développement des sociétés et de leur mobilité

Conférence Mobilité, Technique et Développement… par Master_HCEAI

Deuxième partie: Déconstruire la critique écologique de l’automobilisme.

7 avril 2013 Posted by | DECROISSANCE, TRANSPORTS | , , , | 2 commentaires

Enric Duran (le Robin des Banques) doit rester libre!


Enric Duran est le créateur du concept de Coopérative Intégrale.

Il a exproprié 492 000€ aux banques, qu’il a reversé dans les mouvements sociaux et l’édition des publications de Crisi? et Podem!, deux journaux gratuits distribués respectivement à 200 000 et 350 000 exemplaires. Dans le premier le collectif Crisi faisait l’état des lieux de cette crise systémique qui deux jours plus tard commençait (avec l’épisode Lehman Brother). Le second, se voulait être le journal des possibles.

Pour signer la pétition en soutien à Enric Duran : ICI

Juste après sa sortie, alors que la conférence de presse se terminait à l’université de Barcelone, Enric fut arrêté et emprisonné un peu plus de deux mois.
Le dispositif policier auquel il a eu droit était digne de ceux qu’on réserve au grand banditisme…
L’opinion publique n’a pour autant pas mordu à l’hameçon: cet homme présenté comme un escroc par la presse dominante, n’en était pas un, loin s’en faut. En 2 mois, on a collecté 50 000€ pour payer sa remise en liberté et depuis, vous connaissez la suite, la Coopérative Intégrale Catalane est née, les projets sont de plus en plus ambitieux et répondent de plus en plus aux nécessités des unEs et des autres. L’alternative grandit jusqu’à se faire connaître outre Pyrénées.
L’EcoRéseau du Roannais fut la première tentative (nous ignorons si elle a repris ou périclité), puis le lien entre nos régions s’est crée, et en Bretagne deux EcoRéseaux existent dans le Pays Nantais et le Pays de Questembert.

Aujourd’hui, Enric est menacé par la justice espagnole : La fiscalité et 14 des banques qu’il a exproprié réclament à son encontre 8 ans de prison. Enric résiste et désobéit car ses droits fondamentaux ne sont en rien respectés.

Fort de liens avec d’autres groupes révolutionnaires, l’activiste Catalan a entrepris de faire de ce temps fort de la lutte anticapitaliste, une tribune pour la Révolution Intégrale . Il fait écho à l’appel du Sous Commandant Insurgé Marcos « El tiempo del Si » (« le temps du oui ») et s’adresse aux camarades de la ZAD pour internationaliser le mouvement.

L’EcoRéseau est un outil pour la Révolution Intégrale. Nous voulons un changement que nous opérons depuis la base et sur un mode autogéré. En unissant nos forces, partageant nos expériences, et nous concentrant sur ce qui nous unis les unEs aux autres, plutôt que sur ce qui nous sépare, nous sommes en capacité de l’opérer ici et maintenant.

Nous devons user de nos propres moyens pour faire circuler ces informations. Nous comptons sur vous touTEs!

Source: EcoRéseau Pays nantais Par ouestecorezo Février 2013

30 mars 2013 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE | , , , , | 4 commentaires

Le Manuel des jardiniers sans moyens


Le Manuel des jardiniers sans moyens part de la conviction que tout le monde peut jardiner, malgré l’absence d’expérience, de terrain ou de moyens financiers.

Cet ouvrage est complet : Absolument tout du strict nécessaire pour se lancer dans la production de ses propres légumes, sans argent, sans expérience et sans complexe.

(téléchargement gratuit en pdf ):

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jardin

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Articles liés:

Produire ses propres semences

Introduction à la permaculture pour les agriculteurs

-Le compost des templiers

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source: http://terredopale.fr

18 mars 2013 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, DECROISSANCE, ebook, ECONOMIE LOCALE | , , , , , | 10 commentaires

Camarades de la Zone À Défendre (ZAD)


la zad de Notre Dame des Landes

Communiqué de Enric Duran aux Camarades de la Zone À Défendre ( #ZAD )

Je vous écris à titre personnel, en tant que membre de la Coopérative Intégrale Catalane et du groupe instigateur de l’appel pour la Révolution Intégrale.

Comme vous le savez, à la suite de la diffusion publique de mon action de désobéissance face à la justice et du récent appel à la Révolution Intégrale (http://www.integrarevolucio.net) nous avons repris contact avec des personnes actives sur la ZAD.

“Nous suivons avec beaucoup de respect et d’intérêt la lutte pour la défense et la préservation du bocage nantais, face à ce monumental aéroport que ceux-d’en-haut veulent imposer coûte que coûte.”

De notre côté, nous avons débuté et renforcé un processus accéléré de construction d’une autre société au travers de notre démarche de Coopérative Intégrale; une structure dans laquelle il est possible de vivre dans le respect du bien commun. Vous pouvez découvrir plus en détail l’évolution du projet des Coopératives Intégrales en suivant ce lien :

http://enricduran.cat/es/el-tiempo-del-si/

Depuis l’été dernier, nous travaillons à générer une proposition d’espace politique et idéologique international avec des camarades issus d’autres collectifs. Il s’agirait aussi d’un espace de soutien mutuel et de solidarité entre les mouvements d’auto-organisation provenant de la base. Nous croyons que le concept de Révolution Intégrale pourrait convenir à cette tâche, même si le plus important est d’avoir en commun ces fondements que nous partageons.

Quand nous avons appris la date de mon procès – c’est à dire très récemment – il nous a paru important de créer la connexion entre ma réponse face à l’autoritarisme judiciaire, et cet appel. Cette dernière semaine, nous avons donc fait coïncider ces deux informations; elles représentent toutes deux l’amorce d’un tournant important dans notre action.

Mardi dernier, je ne me suis pas présenté à la farce judiciaire orchestrée en mon honneur.

On requiert contre moi huit ans de prison pour m’être rapproprié une petite partie du patrimoine collectif que la banque a volé au peuple. Plus d’information sur ce sujet : http://7seizh.info/2013/02/13/catalogne-desobeissance-civile-pour-enric-duran-le-robin-des-banques-catalan/

Étant donné que nous n’accordons aucun crédit au système judiciaire de l’État – comme au reste des institutions représentant le pouvoir – nous persisterons sur cette voie [de désobéissance] jusqu’à ce qu’on laisse nos camarades en paix, tout en continuant à construire une autre société, à partir de la rébellion.

Je crois comprendre que nous sommes en phase: Vous avez généré une importante expérience d’auto-organisation et d’autonomie et, comme la nôtre, votre réalité est en train de se transformer grâce au temps de création collective que vous vivez au quotidien.

Résistance et autonomie ; désobéissance et autogestion, sont deux dimensions d’un même chemin vers le monde que nous voulons.

Les zapatistes, dont notre action s’inspire beaucoup, ont récemment formulé un appel à cet objectif constructif que de plus en plus de mouvements à travers le monde considèrent comme une manière de faire la révolution ; ils l’ont appellé “El Tiempo del Si”, “Le Temps du Oui”. Votre lutte fait aussi partie des éléments importants de cet appel à la Révolution Intégrale; elle force le respect.

Nous pensons que votre participation sera importante pour impulser ce processus de rencontre pour la Révolution Intégrale, tant à l’échelle la plus locale que dans l’ensemble de l’Europe et du monde.

Votre lutte est notre lutte : notre autonomie est la vôtre.

Enric Duran

15/ 02/2013

http://enricduran.cat/es/carta-de-enric-duran-a-la-zone-a-defendre-zad-2/

Català, Castellano

24 février 2013 Posted by | Agriculture vivrière, Désobéissance civile, DECROISSANCE | , , , | 2 commentaires

Collectifs girondins contre tous les grands projets inutiles et imposés.


grands projets inutiles

CRÉATION D’UN COMITÉ DE SOUTIEN
BASSIN D’ARCACHON – VAL DE L’EYRE – NORD DES LANDES
À LA MOBILISATION CONTRE LE PROJET D’AEROPORT DE NOTRE DAME DES LANDES
ET CONTRE TOUS LES GRANDS PROJETS INUTILES ET IMPOSES

A l’attention de l’ensemble des citoyens,

Trois collectifs girondins sont en cours de création :

  • Bordeaux,
  • Libourne
  • Bazas-Langon.

L’idée de relocaliser les manifestations nationales ou régionales chez nous, d’organiser des rassemblements en « circuit court », prend tout son sens.

Un appel à rassemblement citoyen avait été lancé et qu’une cinquantaine de personnes se sont réunies de manière conviviale mais convaincues sur la place de la mairie de Belin-Béliet le 17 novembre 2012 (ici).
C’est pourquoi, nous lançons un appel à création d’un comité de soutien sur le Bassin d’Arcachon-Val de l’Eyre et Nord des Landes.

Les quatre comités seront en lien pour coordonner les collectes et soutiens matériels éventuels à acheminer sur la ZAD tout au long de l’hiver.

  • Pour soutenir les initiatives des occupants de la Zone À Défendre, en opposition aux expulsions de Notre Dame Des Landes
  • Pour demander une consultation systématique et démocratique des citoyens face à tous ces Grands Projets Inutiles Imposés, dont l’Ayraultport de Notre Dame Des Landes est devenu le symbole…
  • Pour réclamer des politiques responsables écologiquement et socialement, sur l’ensemble de nos territoires.

Alors que la situation économique, sociale et environnementale se dégrade chaque jour en France, la mobilisation contre Notre Dame des Landes est devenue le symbole de la lutte contre les grands projets inutiles qui :

  • Dilapident l’argent public au seul profit des multinationales
  • Détruisent des terres agricoles et des zones humides
  • Participent au saccage du modèle social issu de la résistance
  • Nie les conséquences du pic du pétrole et la déplétion des ressources en générale
  • Contribuent à la production de CO² et aux changements climatiques

Nous proposons à l’ensemble des citoyens qui se sentent concernés de se manifester afin de créer un comité de soutien et d’organiser des actions communes, et s’inscrire par mail à : soutien.nddl-bassinvaldeleyre@riseup.net

Prochain rassemblement de soutien à Belin-Béliet le samedi 15 décembre, à 11h, place de la Mairie. Venez avec votre pique-nique !

Merci de faire circuler l’information dans vos réseaux.

Plus d’infos : Notre Dame des Landes – Zone à défendre https://zad.nadir.org/?lang=fr

Pour la création du collectif,
Sophie et Cynthia
de Belin-Béliet

1 décembre 2012 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE | , , , | 3 commentaires

La crise symptome d’un manque de démocratie directe.



Préoccupé de ce qu’il estime être des dérives de nos sociétés, Jacques Testart s’affirme le défenseur têtu d’une science contenue dans les limites de la dignité humaine et de la démocratie réelle1.

Jacques Testart est chroniqueur du journal La Décroissance2 ainsi que du journal Le Sarkophage. Il a soutenu José Bové lors de l’élection présidentielle de 2007.

Il est le fondateur et le président d’honneur de la Fédération des biologistes de la fécondation et de la conservation de l’œuf (BLEFCO). Il est également fondateur ancien administrateur du Groupe d’étude de la FIV en France (GEFF) et du dossier national informatisé (FIVNAT). Il est membre de la Commission nationale de médecine et biologie de la reproduction (CNMBR) 1988-2000 et membre du Conseil pour les droits des générations futures 1993-1995. Il devient président de la Commission française du développement durable (CFDD) entre 1999 et 2003 et membre du Conseil d’évaluation et de prospective de la Commission des affaires étrangères et du plan du Sénat (depuis 2003).

Jacques Testart est aussi administrateur de Inf’OGM et président de l’association Fondation Sciences Citoyennes3, et est membre du Conseil scientifique d’Attac. Il est également très critique envers les OGM.

Jacques Testart se pose en ennemi du libéralisme économique4. Il soutient que l’eugénisme est au service du libéralisme5 et que le scientisme est l’allié naturel de ce dernier. Jacques Testart appelle à une « science citoyenne », indiquant qu’il faut « refonder notre système de recherche autour d’un nouveau contrat entre science et société, de nouvelles missions et orientations de la recherche et d’une alliance forte entre les acteurs de la recherche publique et la société civile, porteuse d’intérêts non marchands »6.

Jacques Testart a écrit plusieurs ouvrages de vulgarisation et de réflexion (voir « Ouvrages » ci-dessous) où les propositions techniques de la biomédecine sont analysées et critiquées, ainsi que de très nombreux articles dans la presse où il expose ses prises de positions scientifiques et éthiques. Il se définit lui-même comme un critique de science, expliquant que « comme le critique d’art ou le critique littéraire, le critique de science, qui n’est absolument pas un ennemi des sciences, s’autorise à porter des jugements plutôt qu’applaudir religieusement toutes les productions de laboratoire »7.

29 novembre 2012 Posted by | DECROISSANCE | , , | Laisser un commentaire

Notre Dame Des Landes en images.


Photos et reportage vidéo sur la manif du 17 à diffuser !

Un montage photo, sur la bande son de la Rue Kétanou :

Un superbe montage photo avec une bande son bien choisi :

Un reportage vidéo qui vaut vraiment le coup d’oeil :

Et pour finir une vidéo de BastaMAG :

Notre-Dame-des-Landes from Bastamag on Vimeo.

Un autre beau montage photo ici :

http://wp.me/p1hwU8-16r
Un reportage vidéo à voir absolument :

http://wp.me/p1hwU8-15K

Un reportage de Rennes TV qui vaut aussi le coup d’oeil :

http://wp.me/p1hwU8-15G

Des vidéos en vrac de la manif du 17 :

http://wp.me/p1hwU8-15J

Et enfin, de nombreuses vidéos des semaines d’occupation militaire de la ZAD et de la résistance à cette dernière ici :

https://zad.nadir.org/spip.php?article510

…………………………………………………….

source:lutteaeroportnddl.com

24 novembre 2012 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE | , , | Laisser un commentaire

Megajoule: laboratoire de crimes nucléaires


RASSEMBLEMENT pour la JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA PAIX
le 21 septembre 2012 – Le Barp, Gironde

La violence exercée contre notre planète pour en tirer ses dernières ressources, la guerre économique qui met en compétition tous contre tous, les menaces terribles des changements climatiques, les manipulations du génome et le nucléaire sont porteurs de graves menaces pour la survie même de l’humanité. Notre monde est de plus en plus violent et nous en sommes indignés.

L’association Négajoule dénonce la préparation de futurs crimes contre l’humanité en préparation au laser Mégajoule.
La mise au point de nouvelles générations d’armes nucléaires et radioactives est intolérable,d’autant plus dans le contexte de Fukushima qui menace l’humanité d’une catastrophe encore pire que Tchernobyl. Nous serons donc de nouveau devant le Mégajoule pour exiger sa fermeture.

Dans la même commune, le Barp (Gironde) a été érigée une stèle en mémoire de Jean Cassin, prix Nobel de la paix 1968, co-rédacteur de la déclaration universelle de droits de l’homme et contributeur de la création de l’Unesco. C’est donc naturellement que nous y rappellerons les principes généraux de ce qui fait notre humanité et ce qui motive notre colère contre les guerres.

Jean-Marc Louvet / Négajoule

Rassemblement pacifiste devant le Mégajoule (entre Le Barp et Marcheprime) ce 21 septembre 2012 , Le Barp, Gironde à 10h30.

La finalité du Laser Mégajoule -simuler les essais nucléaires pour la mise au point de

bombes atomiques- est moralement intolérable.

En ne visant que les populations civiles, la bombe atomique bafoue la Déclaration
Universelle des droits de l’Homme.
En violant les traités internationaux de non prolifération et d’interdiction complète des
essais, la France persiste à rester hors la loi internationale et se rend responsable de la
dissémination des armes nucléaires.A midi, nous partagerons le déjeuner sur place (auberge espagnole).
 
14h00- Rassemblement à l’espace René Cassin (Le Barp centre, route d’Hostens)
(René Cassin a été co-rédacteur de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, prix Nobel
de la Paix 1968, et contributeur de la création de l’Unesco.)
Présence d’un stand « Food not Bombs »
………………………………………………………………………………………………

19 septembre 2012 Posted by | DECROISSANCE, ENERGIE | , , , , , | 1 commentaire

Produire ses propres semences


Il existe plusieurs méthodes pour produire ses propres semences. La plus simple, ou quand on connaît un jardinier, est de garder les graines des légumes qu’on récolte soi-même – quand on jardine – ou qu’on a achetés ou que quelqu’un nous a donnés.

On peut ainsi récolter :

  • en laissant monter en graines : des radis, des navets…
  • à la condition de les laisser bien mûrir : des graines de tomate, de concombre, de courge, courgette, choux, melon, pastèque, phacélie, moutarde blanche ou jaune (ces trois derniers sont très bons pour comme engrais vert)… Bref, tous les fruits et légumes contenant des graines.
  • en sélectionnant des plants : des pommes de terre. On gardera des petites pommes de terre d’environ 3 cm de diamètre, au frais et à l’abri de la lumière.

Récolter des graines

Toutes les plantes ne produisent pas de graines (ou en produisent peu et/ou très peu fertiles). Les graines ne donnent pas toutes des sujets similaires à leurs parents. Ce sont les hasards de la génétique mais lorsque la génétique a été forcée comme dans le cas des hybrides (F1), les semences donneront des plantes très éloignées de la plante-mère, rarement intéressantes qui plus est… D’autres plantes ont une tendance compulsive à l’hybridation naturelle et le résultat n’est pas toujours bienvenu non plus. C’est particulièrement le cas des cucurbitacées. Moyennant quelques précautions, il est possible d’empêcher cette hybridation.

Qui dit récolte dit contenant. Les enveloppes sont une bonne solution. Il vaut mieux éviter les contenants étanches car les graines sont rarement complètement sèches et le peu d’humidité qu’elles contiennent suffira à faire moisir la récolte. Ne surtout pas ranger les enveloppes de graines dans un meuble en aggloméré, celui-ci dégage du formol pouvant inhiber le pouvoir germinatif de la graine.Enfin, il vaut mieux noter quelques indications bien utiles plus tard : la date et le lieu de la récolte, si possible le nom de la fleur (ou à défaut, une description détaillée, et si possible en prendre une photo) ainsi que certaines indications pour sa future culture (lieux très humides, très secs, etc.) Un paquet de graines sans indications ne sera jamais ressemé, inutile de récolter dans ces conditions…

Les plantes potagères

Avant toute chose, pour récolter des semences potagères, il faut cultiver des variétés non-hybrides. Les semences des hybrides F1 sont désespérantes .

Ensuite, il faut distinguer les annuelles des bisanuelles. Beaucoup de légumes sont récoltés dans leur première année et ne fleuriront que la deuxième année. Cela implique d’isoler dans un coin de potager les « porteurs de semence ».

a. légumes à floraison dans l’année

Toutes les salades, les chou-fleurs et brocolis, la claytone de Cuba, le pourpier, la ficoïde, l’arroche, l’épinard, le tétragone, etc., « montent en graines » pour peu qu’on les laisse faire… Tous les légumes-fruits donnent également une semence dans l’année : tomates, potirons, piments, aubergines, poivrons, pois, haricots, fèves, cornichons, concombres, courgettes, potirons,…

Pour les premiers, soyez vigilants car si vous laissez passer la récolte, les semis spontanés envahiront les planches et les alentours (l’arroche est une grande spécialiste de la colonisation). Pour les seconds, prenons d’abord les fruits qu’on consomment mûrs : tomates, poivrons, potirons… Pour ceux-là, il suffit de récolter les graines à l’épluchage. Un petit truc pour la tomate (valable aussi pour les poivrons et piments) : rincer les graines dans une passoire puis les étaler sur un papier essuie-tout en les espaçant bien. Laisser sécher à l’air libre, puis détacher le premier feuillet, le plier et le ranger soigneusement pour les semis de printemps. Vous venez de fabriquer un tapis de graines ;) Une autre technique consiste à enterrer une tomate mûre dans un pot de terreau bien sec, de stocker le tout à la cave et de le ressortir au printemps pour commencer à l’arroser. Le taux de germination est excellent mais il faut s’attendre à devoir énormément éclaircir (une tomate produit énormément de graines!)

Les tomates s’hybrident rarement naturellement. Le fait de récolter ses propres graines permet de sélectionner des plantes bien adaptées au terrain et au climat. La résistance des plants est déjà bien améliorée après 3 ans de culture.

Pour les fruits récoltés avant maturité, il faut sélectionner les porte-semences et les laisser mûrir. Concombres, cornichons et courgettes deviennent énormes, jaunes avec une peau coriace (et l’automne est largement arrivé). Si les premiers gels menacent, les fruits seront rentrés à l’abri et achèveront de mûrir sur l’appui de fenêtre.

Ces plantes ont en plus la désagréable habitude de s’hybrider entre elles (ainsi que les potirons, potimarrons, citrouilles, pâtissons, coloquintes). Pour pouvoir récolter des graines non-hybridées, cela demande un peu de soin et de technique. Tout d’abord, repérer une fleur femelle prête à s’ouvrir (au petit matin, c’est un sport pour lève-tôt). Les fleurs femelles ont un renflement sphérique sous la corolle, contrairement aux fleurs mâles. Dès qu’elle commence à s’entrouvrir, se munir d’un pinceau, prendre le pollen d’une fleur mâle voisine et venir en badigeonner le pistil. Ligaturer immédiatement la fleur avec un élastique. Pour plus de sûreté, on peut ajouter un cornet de papier soigneusement lié à la base de la fleur. Le but est d’éviter au moindre butineur de s’égarer par là… Marquer de manière durable la fleur car la récolte n’aura lieu qu’en automne!

Viennent enfin les légumineuses, pois, fèves et haricots. Ceux-ci sont souvent récoltés en vert, c’est-à-dire avant la maturité des graines. Pour avoir de bonnes semences, attendre que les cosses soient devenues parcheminées. L’été touchera alors à sa fin…

b. légumes à floraison bisannuelle

Radis, navets, choux, oignons, ails, poireaux, scorsonères, carottes, panais… Pour ceux-là, il sera nécessaire de leur trouver un coin de planche où ils pourront produire tranquillement leurs graines.

Les fruitiers

Peu de fruitiers peuvent se reproduire par semis. D’abord parce que la plupart sont des hybrides et ne donnent pas de rejetons fidèles mais en plus, ils sont aussi généralement greffés. Et souvent, c’est le porte-greffe qui apporte la vigueur, la résistance aux maladies, l’adaptation au climat ou au terrain…

Il y a heureusement quelques exceptions à cette limitation frustrante. Parmi les fruits à noyaux, les mirabelles et certaines prunes, les pêches et les brugnons donnent souvent des arbres fruitiers corrects. Plus la variété est de type sauvage ou ancienne, plus les chances de succès augmentent. Essayez donc la mirabelle de Nancy, la reine-claude crottée, le myrobolan… Pour les pêches, brugnons et même abricots, le mieux est de planter plusieurs noyaux et de ne conserver que les sujets qui fructifient bien. Et si vous ne savez que faire des « mauvais » sujets, pourquoi ne pas les utiliser comme porte-greffe? C’est ainsi que faisait les anciens jardiniers…

Les fruits à pépins ne donnent généralement pas de bons résultats, à l’exception du néflier (arbre proche du type sauvage), du cognassier et de la mandarine chinoise ou japonaise (de toutes petites mandarines à saveur douce).

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les petits fruitiers tels que groseilles, cassis, myrtilles, framboises ou fraises ne donnent que très rarement un bon résultat. En réalité, ils sont issus d’une très longue sélection et le type sauvage (celui qui risque de ressortir) portent des fruits plus petits, moins juteux, moins goûteux… Quand aux fraises, elles sont par essence des hybrides.

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source: wikibooks.org/wiki/Jardinage/Produire_ses_semences

Voir également:

Le Manuel des jardiniers sans moyens

Semeur (wiki) pour échanger ses graines et une jeune pousse : grainesdetroc  

26 juillet 2012 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, DECROISSANCE | , , , , , | 9 commentaires

L’agenda des alternatives de l’été


– 22 au 24 juin 2012 : cyclo-tour à Fessenheim http://stopfessen.celeonet.fr/content/view/279/147/
– 23 et 24 juin 2012 : http://www.foire-autogestion.org/
– 6 juillet au 19 septembre 2012 : ecotopia Biketour entre Barcelone et Venise autour du thème de « vers la Décroissance » http://www.ecotopiabiketour.net/fr/
– 5 au 8 juillet 2012 : rassemblement RAGA à Istanbul http://www.alternatifs.org/spip/le-rassemblement-c-est-maintenant
– 6 au 14 juillet 2012 : festival de films Résistances à Foix en Ariège http://festival-resistances.fr/
– 7 au 11 juillet 2012 : 2ème forum européen contre les grands projets inutiles imposés à Notre-Dame-Des-Landes http://forum-gpii-2012-ndl.blogspot.fr/
– 9 au 22 juillet 2012 : rencontres des Ami-e-s de Silence à Loubières (Ariège) où seront fêtés les 30 ans de la Revue.
– du 11 juillet au 19 août 2012 : L’Alter Tour entre Foix et Bedous. Pour plus de renseignements : http://www.altertour.net
– 13-14 et juillet 2012 : vélorution universelle à Concarneau http://forum-gpii-2012-ndl.blogspot.fr/
– 13 au 22 juillet 2012 : No Border Camp 2012 à Cologne/Düsseldorf pour s’engager ensemble sous différentes formes contre les expulsions de masse, Frontex, l’antiziganisme, le racisme ordinaire et les discours d’extrême droite http://noborder.antira.info/fr/
– 22 au 26 juillet 2012 : Altervillage 2012 organisé par Attac-France à Saint-Jean de Ollières (63) http://www.france.attac.org/articles/altervillage-2012-programme
– 17 au 19 août 2012 : rencontres d’été anti-nucléaires à la Féclaz (Savoie). Pour plus de renseignements : SDN73@no-log.org
– 18 au 25 août 2012 : une Marche pour la Vie, au coeur du triangle de la mort dans le Vaucluse, le Gard et la Drôme pour demander l’arrêt immédiat des nucléaires et dire oui à la vie. Pour plus de renseignements : collectifantinucleaire84@hotmail.fr
– 24 au 26 août 2012 : les (f)estives de de l’objection de croissance à Rossignol en Belgique http://www.objecteursdecroissance.be/spip.php?article314

source:http://www.partipourladecroissance.net/

19 juin 2012 Posted by | DECROISSANCE | , , , , , , | 2 commentaires

Album jeunesse sur la surconsommation


Papa contre Trucman

Franck Prévot, Laurianne Chevalier

Éditionsl’Edune

 » Papa n’aime pas les grands magasins. Il dit que la consommation tuera les gens. Parfois, nous avons pourtant des courses à faire. Et là, c’était la rentrée.

Alors nous avions beaucoup de courses à faire.  » Une partie serrée se joue entre Papa et Trucman. Qui remportera la victoire ?

Papa contre Trucman dont le but est d’initier les enfants à d’autres modes de consommation est édité par
une petite maison d’édition indépendante installée à Andernos les bains, spécialisée en littérature jeunesse, soucieuse de traiter  de sujets peu abordés en jeunesse.

Les Éditions l’Édune ont choisi d’éditer des livres qui favorisent les échanges et le questionnement et développent chez l’enfant la vivacité d’esprit, la compréhension et l’esprit critique.
Cet album est proposé à nos lecteurs  à un prix soldé de 3€50.
Éditions l’Édune
09 77 95 18 11
06 89 53 08 82

14 juin 2012 Posted by | DECROISSANCE | , , | 2 commentaires

Contre Eurosatory


Événement contre Eurosatory. Pyramide du Louvre.
12/06. 16h


Mobilisation contre Eurosatory – salon des ventes d’armes
A 16h30, avant le dîner de Gala, Pyramide du Louvre
http://www.demosphere.eu/node/30331
Le Collectif Francilien pour la Décroissance, le Parti pour la Décroissance (PPLD), le
Mouvement des Objecteurs de croissance (MOC), les OC (franciliens rattachés au MOC) et
le parti EPOC (Ecologie Pacifisme Objection de croissance), ainsi que d’autres mouvements
pacifistes appellent à une mobilisation collective contre ce commerce inique qu’est le
commerce des armes.
Alors que le monde s’enfonce chroniquement dans une crise globale, les dépenses militaires
mondiales sont en augmentation pour atteindre aujourd’hui le record de 1630 milliards de
dollars ! Alors que des coupes sombres sont pratiquées dans les dépenses publiques (santé,
éducation, logement) les énergies (humaines, financières, matières premières) mises dans
l’armement sont de toute évidence scandaleuses : la France seule a dépensé 67 milliards d’euro
dans ce poste budgétaire en 2011. Dans ce « capitalisme du désastre », selon l’expression de
Naomi Klein, que la marchandise produite soit utile, nuisible, toxique ou criminelle n’a qu’une
importance secondaire, le but est de produire des profits. Car le commerce des armes,
atrocement criminel, est l’un des plus rentables pour les maîtres du monde.
La démilitarisation permettrait d’arrêter un gigantesque gaspillage de ressources financières et
physiques, tout en éliminant une des premières causes de destruction écologique et de
souffrance du monde moderne. La production, les essais, l’entretien et le déploiement (et
l’utilisation) des armes conventionnelles, chimiques, biologiques et nucléaires engendrent
d’énormes quantités de déchets toxiques et radioactifs. Les forces armées mondiales, dont
l’armada étatsunienne, de loin la plus écrasante, coûteuse et dominante, sont les plus grands
pollueurs et les plus grands assassins des temps modernes. Le transfert massif des dépenses
militaires vers des activités civiles permettrait tout de suite de faire face à de vrais besoins.
Par exemple, ici et maintenant, en France, rémunérer 20000 enseignants pendant 5 ans au lieu
d’entretenir un sous marin nucléaire. Ou payer 85000 enseignants ou lieu d’un laser
mégajoule.
Le Collectif Francilien pour la Décroissance, les OC, le Parti pour la Décroissance (PPLD),
le MOC ( Mouvement des Objecteurs de Croissance) et l’EPOC (Ecologie Pacifisme
Objection de Croissance) donnent donc rendez vous à touTEs les militantEs écologistes,
antimilitaristes, pacifistes et à toutTEs les personnes fort justement indignéEs par ce
commerce des armes, le mardi 12 juin à 16h30 à la Pyramide du Louvre, jour du dîner de
Gala de l’ouverture de ce salon des marchands de canons (salon qui se tient du 10 au 15 juin).
paris-decroissance@laposte.net
http://ocparis.canalblog.com/

4 juin 2012 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE | , , , , , , | Laisser un commentaire

Conférence à Bordeaux de Yves Bonnardel sur la question animale


Lundi 4 Juin, Yves Bonnardel sera présent sur Bordeaux et tiendra une conférence à cette occasion sur la question animale.

La conférence aura lieu au Samovar, 18 rue Camille Sauvageau, à 18h30. Possibilité de se restaurer, assiettes de tapas végétale.

La question animale, une question politique cruciale : Les êtres sensibles non humains sont de loin les premières victimes de notre société, de par leur nombre et l’intensité de l’exploitation qu’ils subissent. Nous sommes peu solidaires à leur égard, nous les dominons et considérons que leur exploitation n’est pas un problème social, ni un problème éthique, ni un problème politique. C’est une vision du monde, une idéologie, qui nous permet de mettre la « question animale » de côté : les animaux ne sont pas « comme nous » ; ce sont des êtres de « nature », d’instinct, etc. Cette idéologie, depuis qu’elle a commencé à être dénoncée, a reçu un nom : spécisme. Quelles perspectives ouvre la critique du spécisme ? Quels basculements de notre vision du monde, quelle révolution des rapports sociaux, du rapport aux identités, et finalement de la politique ?

Voir le ste d’Acta -Gironde

31 mai 2012 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME, DECROISSANCE | , , , , , | Laisser un commentaire

La décroissance est-elle à vendre?


La décroissance : une nouvelle forme de citoyenneté encore à inventer.

Contradiction dans la participation au jeu de la démocratie représentative capitaliste et les objectifs du mouvement décroissant

Il n’est pas suffisant de répéter comme un mantra « il faut décoloniser l’imaginaire » et d’un autre coté de participer et donc valider un système de contrôle vertical . Il ne suffit pas de croire en la démocratie, en l’auto gestion et en l’horizontalité , car il s’agit là d’une pratique et non d’une idée. Nous croyons en la force de la volonté d’auto-organisation. On ne peut pas construire de société égalitaire à partir de l’ambition de quelques petits chefs.

« Plus profondément, à la suite de L’EZLN (Armée zapatiste de libération nationale) , notre critique se porte sur la stratégie de la « prise du pouvoir » qui a inspiré depuis près d’un siècle la plupart des projets révolutionnaires. Au nom de cette finalité, il fallait faire silence sur les pratiques collectives présentes. Or ce point de vue a permis toutes les saloperies possibles, jusqu’à la création d’alliances avec les pires dictatures, au nom encore une fois d’un éventuel pouvoir futur. Comme le dit le dicton, « la fin justifie les moyens » i.

Mais cette contradiction apparente (le fait de présenter des candidats aux élections présidentielles ou législative) est-elle vraiment une contradiction ou une stratégie ?

On a pu observer , lors des dernières élections , le « putsch » mené par le Frère Ariès, qui en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, a réuni les deux mouvements, le MOC et le PPLD, avant de déclarer unilatéralement notre soutien à Mélenchon, lequel utilise la même stratégie de conquête du pouvoir (et des dissidences) au profit du parti capitaliste PS.

Nous n’omettrons pas, outre les égotismes, la question de l’argent qui se trouve (bien trop souvent) au centre des batailles politiques institutionnalisées. En effet, désormais, la loi de financement public des partis supplée aux dépenses des partis ayant obtenu au moins 1% des voix dans 50 circonscriptions ii. Voir également le fonctionnement des associations de financement ici

On voit bien que face à cela, l’argument officiel « rendre visible le mouvement » est bien court ( les AMAP par exemple, n’ont pas eu besoin de candidats aux élections pour avoir une audience) …

La décroissance, ce n’est pas uniquement consommer moins !

Il n’est pas dans notre propos de nous poser en spécialistes du comment vivre avec moins, ou comment négocier avec des maires PS de la gratuité de l’eau; la question est bien la relocalisation de la production, la prise en main des décisions politiques, économiques, écologiques, par les citoyens ; en un mot, la mise en place de décisions réellement démocratique. Or, l’horizontalité ne se décrète pas, elle se travaille chaque jour et le véritable combat de la décroissance est bien là. La participation au jeu politique capitaliste ne peut que dévoyer le mouvement et le transformer en succursale (au mieux en think tank) pour les partis dominants.

Nous ne voulons pas être un mouvement de gestion de leur crise, apprendre aux pauvres à se contenter de ce que le système moribond voudra bien leur laisser.

Face aux crises multidimensionnelles le changement doit être structurel.

« Comme l’ont souligné Starhawk et Isabelle Stengers, nous ne devons jamais oublier que les sociétés capitalistes se sont constituées sur la destruction des communautés villageoises et ont voué les sorcières au bûcher. Ce faisant, elles nous ont privées des savoirs et des manières de faire qui rendaient possible cette « vie commune ». Et ce geste de destruction, elles n’ont cessé de le répéter et le répètent encore et toujours, quand se tente ou s’expérimente un mode de vie basé sur d’autres histoires, d’autres fabulations, d’autres coordonnées, d’autres relations. »

Ce n’est pas cet avenir que nous voulons pour la décroissance .

Et nous lutterons pour que le mouvement ne se transforme pas en simples idées monnayables sur le grand marché des voix des électeurs. Nous ne voulons pas devenir un autre Parti des verts…

Bien entendu, le mouvement a besoin de liens, de se fédérer, de partager ses expériences et ses espoirs mais il nous appartient de trouver pour cela d’autres formes que celles que l’on nous proposent.

Wajeb/Aquitaine décroissance

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i L’EZLN s’est fait connaître le 1er janvier 1994 dans le sud-est Mexicain en occupant sept villes du Chiapas. Leurs revendications portent sur les droits et le maintien des cultures des peuples indigènes, et l’une de leurs pratiques est celle de l’auto-gouvernement. Voir G. Munoz Ramirez « 20 et 10, le feu et la parole », éd. Nautilus, 2004
ii La nouveauté, apportée par les lois sur le financement des partis, est le financement public des partis. Si, depuis longtemps, les dépenses électorales sont remboursées aux candidats ayant atteint un certain seuil (5 %), il n’en allait pas de même des dépenses permanentes des partis. Désormais, la loi prévoit un financement public accordé aux différents partis, en fonction de deux critères cumulatifs : les résultats aux élections législatives, pour ceux qui ont présenté des candidats ayant obtenu au moins 1% dans au moins 50 circonscriptions, et le nombre de parlementaires. voir sur le site vie-publique.fr
iv www.cst.collectifs.net
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28 mai 2012 Posted by | DECROISSANCE, Notre démocratie | , , , , | 6 commentaires

Un AlterTour de France pour une planète sans dopage


La 5ème édition de l’AlterTour se déroulera du 11 juillet au 19 août 2012 dans le grand Sud-Ouest. Il s’élancera de Foix et reliera Castres, Rodez, Périgueux, Bordeaux, Toulouse, Auch et Pau.

L’AlterTour est ouvert aux personnes qui aiment le vélo, sans exigence de performance. En relais solidaire, les altercyclistes voyagent ensemble à la rencontre d’Alternatives. C’est un tour « à la carte », en autogestion pour celles et ceux qui souhaitent partager une belle tranche de vie collective dans la simplicité volontaire, découvrir des terroirs préservés, avoir une activité physique source de santé, et dire ensemble : « Nous voulons un monde sans dopages, plus équitable et plus juste ».

L’AlterTour résiste à l’esprit de compétition qui conduit aux dopages sous toutes ses formes :
dans le sport où la santé passe après les bénéfice$ de la société du spectacle.
dans l’agriculture industrielle, où agrotoxiques et OGM portent atteinte aux paysans et à la biodiversité aux bénéfices d’une poignée de multinationales.
dans l’économie de marché, où sub-primes et autres paradis fiscaux amplifient les inégalités.
dans la société de consommation, du greenwashing et de l’obsolescence programmée où l’offre conditionne la demande à grand renfort de publicité.

Oui, une autre FAIM du monde est possible, car “le monde est assez grand pour satisfaire les besoins de tous, mais il sera toujours trop petit pour satisfaire l’avidité de quelques uns” ; nous devons “Vivre simplement pour que d’autres puissent simplement vivre” (Gandhi).

Les inscriptions sont ouvertes sur notre site internet jusqu’au 15 juin 2012.

Mathieu Fromont

http://www.altertour.net

Reportage de la Télé Libre sur l’AlterTour 2011 : http://www.youtube.com/watch?v=FH1rIWTPptU&amp;list=UUlu3x-HNbVLYta5eyHQfwWQ&amp;index=5&amp;feature=plcp

Chaine de l’AlterTour : http://www.youtube.com/watch?v=NC-yp1ti5x4&amp;list=PL306FB4A2164C5919&amp;feature=plpp_play_all

25 mai 2012 Posted by | DECROISSANCE, TRANSPORTS | , , | Laisser un commentaire

 » La démocratie de la terre  » Vandana Shiva


« Aujourd’hui, la démocratie est moribonde »

Vandana Shiva est docteur en philosophie de l’Université de Western Ontario en 1978. Elle est l’une des chefs de file des écologistes de terrain et des altermondialistes au niveau mondial, notamment pour la défense de l’agriculture paysanne et biologique face à la politique d’expansion des multinationales agro-alimentaires et aux effets pervers du génie génétique. Elle lutte contre le brevetage du vivant et la biopiraterie, c’est-à-dire l’appropriation par les firmes agro-chimiques transnationales des ressources universelles, notamment les semences.

Vandana Shiva est à l’origine de la démocratie de la terre. Elle dirige la Fondation de recherches pour les sciences, la technologie et l’écologie. Parmi ses nombreux livres, mentionnons, traduits en français, La guerre de l’eau (Parangon), Le terrorisme alimentaire (Fayard) et La biopiraterie ou le pillage de la nature et de la connaissance (Alias etc.). Elle est également rédactrice en chef adjointe de la revue The Ecologist. Vandana Shiva a dit lors d’un interview :

« Aujourd’hui, la démocratie est moribonde. La démocratie est censée être le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. Pourtant, des millions de gens ont beau manifester contre la guerre, tous les gouvernements des pays riches envoient des troupes en Irak et en Afghanistan. À travers le monde, les gens disent : « Empêchez les grandes banques de continuer à voler notre argent », mais les gouvernements se bornent à renflouer les banques, et les gens se retrouvent plus vulnérables encore. Quand des entreprises influencent chaque décision gouvernementale, quand des lobbyistes se substituent au peuple, on obtient un gouvernement des entreprises par les entreprises et pour les entreprises, et le peuple est réduit au rang de quantité négligeable. C’est cette menace qui pèse sur la démocratie. Voilà pourquoi nous devons réinventer la démocratie, et promouvoir ce que j’ai appelé la « démocratie de la Terre ».

La globalisation a changé la donne. L’agriculture s’est retrouvée exposée à l’avidité mondiale, à l’avidité de l’industrie agroalimentaire mondiale. Des multinationales comme Monsanto ont eu toute liberté de vendre des semences OGM brevetées aux agriculteurs indiens, et parallèlement des multinationales comme Cargill ont pu faire du dumping sur le marché indien, et réduire le prix du pétrole, du coton, entre autres.

La main mise de Monsanto sur les semences a de nombreuses conséquences. Les semences, qui étaient autrefois gratuites, ou que les fermiers payaient 5 ou 6 roupies le kilo (env. 0,12 €), leur coûtent maintenant 1 800 roupies les 450 grammes, ce qui revient à environ 3 600 roupies le kilo (env. 58€). Sur ces 1 800 roupies, Monsanto récupère 1 200 roupies de royalties (1). Le coton transgénique, appelé « coton BT », est censé résister aux parasites, mais comme cette technologie est violente et peu fiable, elle perturbe les mécanismes de défense propres à la plante, qui se retrouve menacée par d’autres parasites. Quant au parasite ciblé, le ver de la capsule, il a maintenant développé une résistance. En fait, les attaques parasitaires augmentent. D’après notre étude, on utilise 13 fois plus de pesticides dans les plantations de coton OGM. Le coût élevé des semences et l’emploi accru de pesticides ont provoqué l’endettement des fermiers. Ils ne se sont pas endettés auprès du gouvernement ou des banques, mais auprès des agents des multinationales. Quand ces agents viennent prendre procession de leurs terres, les fermiers boivent du pesticide pour mettre fin à leurs jours, parce que pour eux, la terre est une mère. Aucun fermier ne peut imaginer vivre sans la terre. Le jour où on vient leur confisquer leur terre à cause des dettes qu’ils sont incapables de payer, les fermiers se suppriment. Voilà l’histoire du suicide des fermiers indiens. 200 000 fermiers indiens se sont suicidés. Si l’on établit la carte des États et régions où se produisent les suicides, et la carte des régions où Monsanto vend son coton BT, on obtient la même carte. Même si Monsanto refuse d’admettre ce lien, les faits sont là, sur le terrain.

En 1984, les événements m’ont poussée à m’intéresser à l’agriculture. Dans l’État du Punjab, la Révolution verte était censée avoir été vecteur de prospérité et de paix. C’est sur ces valeurs que Norman Borlaug, son investigateur, avait reçu le prix Nobel de la paix [en 1970]. Au lieu de ça, le Punjab était déchiré par la violence. En 1984, il y a eu 30 000 morts et notre Premier ministre, Indira Gandhi, a été assassinée. Je me suis donc demandé pourquoi ce déchaînement de violence avait remplacé la paix attendue. Cette année-là, au mois de décembre, 3 000 innocents qui dormaient dans les bidonvilles de Bhopal, ont été tué par une fuite de gaz dans une usine de pesticides, propriété de Union Carbide, et maintenant de Dow Chemical. Il y a eu des milliers d’estropiés et des enfants sont nés infirmes. Je me suis alors interrogée sur l’agriculture : pourquoi ressemblait-elle à une guerre ? J’ai écrit mon livre La violence de la Révolution verte après une étude complète sur le sujet, ce qui m’a valu d’être invitée à des conférences bien que n’étant pas agronome.

En 1987, une conférence a réuni les grands noms de l’industrie : BASF, Bayer, Ciba et Sandoz [en 1996, la société Sandoz a fusionné avec Ciba-Geigy pour former Novartis]. Ils ont exposé leurs projets d’avenir : cinq multinationales contrôleraient l’alimentation et la santé, la moindre semence serait brevetée et génétiquement modifiée. Je me suis dit : « Ce contrôle de la vie sur Terre est une dictature. Que puis-je faire ? »

Navdanya est un mouvement que j’ai initié en 1987. Ça veut dire « 9 semences », c’est symbole de diversité, mais ça signifie aussi « le nouveau don ». Les semences sont au cœur même du travail de Navdanya, parce que c’est ce qui manquait aux fermiers. S’ils ont leurs propres semences, les fermiers ne s’endettent pas, parce qu’ils n’ont ni semences, ni pesticides à acheter. Nous avons donc créé des banques de semences, et nous avons aidé les fermiers à renouer avec l’agriculture biologique, et à trouver des débouchés équitables pour leur coton. La combinaison de ces trois éléments : les semences, l’agriculture biologique et le commerce équitable, permettent aux fermiers de gagner dix fois plus que ceux qui cultivent du coton BT. Notre action a porté ses fruits.
Les grandes fermes à soja et à maïs des États-Unis passent pour les formes d’agriculture les plus productives que l’humanité ait jamais inventées. Mais il n’est pas très intelligent d’insuffler dix unités d’énergie dans un système pour produire une seule unité de nourriture, ce n’est pas viable. En revanche, si on mise sur la biodiversité et ses effets induits, on peut produire quatre à dix fois plus que ces exploitations industrielles américaines qui sont exportées à travers le monde comme un modèle d’agriculture de pointe. On ne peut pas raisonner en terme de rendements. Bien sûr la monoculture qui se concentre sur une seule donnée aura une production supérieure, et la biodiversité produira moins de cette denrée donnée. Mais la biodiversité produit plus de nourriture à l’hectare que la monoculture. Nous avons des centaines de données chiffrées qui prouvent que les polycultures biologiques ont une productivité beaucoup plus élevée en terme de production de nourriture par hectare.

La société actuelle a été construite sur l’idée que la nature est morte (sans vie, inerte), d’où cette profonde crise de survie. Mais la nature n’est pas morte, elle est bien vivante dans toute sa diversité. Prenez une poignée de terre : elle contient des millions et des milliards d’organismes qui travaillent à rendre le sol fertile. Un sol vivant, voilà ce qui nous donne de la nourriture, et non pas les toxiques produits par des usines explosives [en France, l’usine chimique de fertilisants AZF a explosé à Toulouse le 21 septembre 2011, tuant 30 personnes] , pas le phosphate dont nos réserves ne sauraient excéder vingt ans, pas les combustibles fossiles déjà utilisés en quantité excessive ! Les turricules (ou excréments) de vers de terre apportent sept fois plus d’azote que les sols classiques, onze fois plus de potassium, cinq fois plus de phosphate. Un ver de terre qui, selon Darwin, est l’espèce la plus miraculeuse dont l’humanité ait jamais dépendu, est plus efficace que toutes les usines d’engrais du monde. Tâchons d’en prendre conscience. C’est formidable. Les pollinisateurs reviennent, les oiseaux aussi. Nous produisons davantage de nourriture sans utiliser de pesticides, et nous utilisons 70% moins d’eau qu’à nos débuts, parce que le sol fertilisé par les vers de terre agit comme un réservoir dans lequel l’eau est retenue.

Les réserves de semences peuvent être réduites à néant en une seule saison. Dans les régions où les fermiers se suicident, il ne reste plus de semence, ni de semence de coton, ni d’aucune culture vivrière, parce que Monsanto a lancé un programme de remplacement : on encourage les fermiers à livrer leurs stocks, Monsanto leur distribue même de l’argent contre leurs semences. Alors, les fermiers se disent : « Je leur vends les miennes, et je récupère les leurs. » Tous les fermiers, les uns après les autres, et au bout du compte, plus personne n’en a. En une saison, il y a pénurie de semences. En vingt ans, les réserves mondiales seront réduites à néant. Chacun aura beau être libre de faire ce qu’il veut, il n’y aura plus de semences. C’est pour ça qu’il faut interdire le brevetage des semences. L’humanité, dans sa grande majorité, n’a aucune envie de poursuivre sur cette voie de destruction de notre avenir. On force les gens à s’engager dans ce projet d’anéantissement pour servir la cupidité à court terme d’une toute petite minorité.

En premier lieu, l’humanité doit reconquérir sa capacité à concevoir la liberté, sa capacité à exercer une démocratie véritable et profonde. Ensuite, l’humanité doit aussi prendre conscience que l’être humain ne peut sûrement pas être sur Terre pour s’enrichir et faire des profits. Préserver la vie, la vie de notre espèce, la vie de la planète, l’écosystème qui permet toute vie sur Terre, voilà l’objectif suprême qui doit guider notre action. »

Vandana Shiva

1) Le salaire minimum indien est de 2€/jour, mais les agriculteurs gagnent moins.

Source :
http://www.maicha.free.fr/wordpress/?p=138

21 mai 2012 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE, Notre démocratie | , , , , , , , , , | 1 commentaire

ciné débat à Béliet « Tous au Larzac » !


De : Courant Alternatif Association <courant-alternatif@orange.fr>

Bonjour à tous,

Le Courant Alternatif de Belin-Béliet et l’AMAP des jardins de Sillac de Salles vous convient à la projection du film Tous au Larzac le vendredi 25 mai à 21h à la salle des fêtes de Béliet.

L’entrée est libre et la projection du film sera suivie d’une discussion animée par des acteurs de la lutte du Larzac présents dans la salle.

Les échanges, les évocations passées ou perspectives futures pourront se prolonger autour d’un verre (ou deux) offert par les associations en toute convivialité et où vous pourrez apporter quelque chose à grignoter !

Vous ne connaissez pas l’histoire ? ne manquez ce film sous aucun prétexte….

Vous connaissez l’histoire : faites-vous du bien en (ré)écoutant les détails de cette lutte collective !!

A propos du film :

Marizette, Christiane, Pierre, Léon, José… sont quelques uns des acteurs, drôles et émouvants, d’une incroyable lutte, celle des paysans du Larzac contre l’Etat, affrontement du faible contre le fort, qui les a unis dans un combat sans merci pour sauver leurs terres. Un combat déterminé et joyeux, mais parfois aussi éprouvant et périlleux. Tout commence en 1971, lorsque le gouvernement, par la voix de son ministre de la Défense Michel Debré, déclare que le camp militaire du Larzac doit s’étendre. Radicale, la colère se répand comme une traînée de poudre, les paysans se mobilisent et signent un serment : jamais ils ne céderont leurs terres. Dans le face à face quotidien avec l’armée et les forces de l’ordre, ils déploieront des trésors d’imagination pour faire entendre leur voix. Bientôt des centaines de comités Larzac naitront dans toute la France… Dix ans de résistance, d’intelligence collective et de solidarité, qui les porteront vers la victoire.

Documentaire sorti le 23 novembre 2011 – Durée 1h 58min – Réalisé par Christian Rouaud


Au plaisir de vous retrouver à l’occasion de cette soirée,
affichetteLARZACweb.jpg affichetteLARZACweb.jpg
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20 mai 2012 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE | , | Laisser un commentaire

Il vient de sortir : LE GUIDE LOCAL des pratiques décroissantes


 

Les Jardins de Sillac, le Courant Alternatif et les Faire Ailleurs se
sont associés pour proposer un petit guide bien concret ! Nous avons
souhaité faire connaître quelques initiatives spécifiques à notre
canton (Val de l’Eyre – Gironde 33) ;
Dans quel domaine ? Consommer moins mais mieux, cultiver le lien
social local et privilégier l’être, plus que l’avoir !

Voici donc un petit travail collectif qui pourra en inspirer bien
d’autres au niveau local… des guides altern’actifs de ce style
existent déjà dans de nombreuses villes, mais offrir ce genre de
support est véritablement intéressant pour tous ceux qui sont en
transition vers une vie plus respectueuse de l’humain et de la
planète… Voici donc notre petite contribution à faire évoluer au fur
et à mesure des initiatives !

Pour en savoir plus
:http://www.courant-alternatif.fr/index.php/actualites/389-viens-de-sortir-guide-des-pratiques-decroissantes

13 avril 2012 Posted by | DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE | , , , , | 1 commentaire

Rencontre des OC à Saint-Jean les 9-10 et 11 mars


Bonjour à touTEs,

Depuis 2009, les objecteurs de croissance se rencontrent en hiver et en été (les (F)Estives) : « Economie alternative au capitalisme » en février 2009, « Habiter, une critique de l’urbanisme » en mars 2010, « Territoires en transition » en mars 2011. Cet année :

–> 9-10 et 11 mars 2012, toujours à (10 km de) Saint-Jean du Gard : Sortir de l’industrialisme et du productivisme.

Même si vous n’y venez qu’une journée, ce sera déjà une bonne occasion de se rencontrer, de se connaître… D’autant que le programme est vraiment très riche :

Lutte contre le TGV Lyon-Turin, réappropriation des usages, syndicat du bien-vivre, luttes contre l’extractivisme, Fab Lab, atelier de bricologie, démantèlement du nucléaire, c’est du vent, reconversion par l’autogestion, revenir à une agriculture paysanne, scientisme et démocratie, le cas des grands chantiers navals, mesures de la Transition (Energie, CO2, déchets et décroissance)…

Merci d’avoir lu. En espérant vous voir lors d’une de nos rencontres cet hiver ou cet été…

Michel Lepesant et Christian Sunt.

24 février 2012 Posted by | DECROISSANCE | , , , , | Laisser un commentaire

La légende des mille grues


La légende des mille grues (senbazuru ou zenbazuru) est une légende originaire du Japon, où l’origami est très pratiqué, qui raconte que si l’on plie mille grues en papier, on peut voir son vœu de santé, longévité, d’amour ou de bonheur exaucé.

Cette légende a inspiré l’histoire de Sadako Sasaki, une fillette japonaise atteinte de leucémie à la suite de l’explosion de la bombe atomique d’Hiroshima, qui avait entrepris de réaliser mille grues en origami. Comme elle est morte avant d’avoir pu achever sa tâche, les élèves de sa classe ont terminé ce qu’elle avait commencé et son histoire a fait de la grue en papier un symbole de la paix.

20 février 2012 Posted by | DECROISSANCE, ENERGIE | , , , , | 2 commentaires

le transport des déchets nucléaires (les trains CASTOR)


Fukushima, c’était il y a huit mois. Il n’y a pas de « retour à la normale » après une catastrophe nucléaire.

Il y a un nouvel état du monde, une nouvelle géographie du ravage dont l’information régnante voudrait que l’on s’accommode, par la force des choses. Le spectacle des explosions de Fukushima offert en live streaming à la planète entière, les dépêches sans queue ni tête livrées d’heure en heure à l’avidité des peuples obéissent à la même logique qui commande aujourd’hui le plus complet silence sur les conséquences de la catastrophe. Qui sait que le Japon a mis à l’arrêt à ce jour 44 de ses réacteurs, que seuls dix fonctionnent encore et qu’à Tokyo on préfère désormais les coupures d’électricité aux merveilles de l’atome ? Qui se soucie que 90 % des enfants naissant actuellement dans la zone contaminée autour de Tchernobyl soient frappés de tares génétiques ? La vie est assez dure comme ça pour s’épargner d’avoir, de surcroît, conscience de son horreur. Les pays les plus nucléarisés sont ceux où l’on se rebelle le moins contre le nucléaire. Les prisonniers finissent généralement par aimer leur geôlier, pour peu qu’on les résigne assez à leur sort.

le nucléaire fonctionne comme un verrou sur la situation politique

Dans l’ambiance de fin du monde, d’apocalypse symbolique, d’effondrement généralisé où nous baignons présentement, le nucléaire fonctionne comme un verrou sur la situation politique. C’est un ciel bas et lourd qui pèse comme un couvercle sur toute idée de bouleversement. Ce qui est en jeu là, ce n’est évidemment pas la révolution, tout juste sa possibilité. D’autant plus cette société épuise le peu de crédit qu’il lui reste, d’autant plus le réseau de centrales qui enserre le territoire nous fait l’effet d’un corset, d’une camisole. Comment un régime qui ne s’aventure plus à faire de promesse pour l’année suivante ose-t-il produire des déchets radioactifs pour encore cent mille ans ? Comment ignorer que la dépendance énergétique où l’on nous tient, et la sorte de chantage qui l’accompagne, réduisent à l’insignifiant toutes nos prétentions à la liberté ? Il y a quelque chose de morbide dans l’investissement libidinal dont l’Etat français a couvert ses centrales et ses bombes à neutrons. A mesure que gouvernements étrangers et capitalistes éclairés font savoir l’un après l’autre leur intention de renoncer au nucléaire, la France préfère se dire que si elle est de plus en plus seule dans son impasse, c’est simplement qu’elle est la meilleure. Alors que l’EPR est en bonne voie pour égaler Superphénix dans la catégorie des folies furieuses, EDF dévoile à présent son intention de relancer la surgénération. C’est un spectacle atterrant qu’un tel déni du réel, une telle imperméabilité à l’expérience, une telle façon d’exposer au monde entier ses verrues comme un titre de gloire.

L’opération Tarnac

Trois ans se sont écoulés depuis ce 11 novembre où la Sous-Direction Antiterroriste a trouvé bon d’investir le village de Tarnac et quelques autres domiciles en France, afin d’y arrêter une dizaine de personnes. Renseignements pris, nous avons fini par acquérir une idée assez précise de l’étonnante convergence d’intérêts qui a amené à ces arrestations : l’affaire de Tarnac fut d’abord une tentative forcenée, et à ce jour réussie, pour contenir aux frontières l’extension du mouvement anti-nucléaire allemand. Toute l’opération aura consisté à travestir une action de blocage de trains revendiquée par un groupe anti-nucléaire allemand et exécutée par une méthode assez usuelle et assez sûre ­ les fameux « crochets » – pour avoir été employée jusqu’à une centaine de fois en une seule année de l’autre côté du Rhin sans jamais blesser quiconque, en un « acte terroriste » immotivé visant à faire dérailler des trains. Il aura suffi pour cela, d’un côté, d’occulter la revendication allemande transmise dès le 9 novembre 2008 par Interpol, et de l’autre de faire le plus de bruit possible autour de l’arrestation d’un groupe que l’on avait depuis longtemps dans le viseur. Comme l’assassinat de Vital Michalon lors de la manifestation de Malville en 1977, comme les tendons tranchés volontairement, l’année dernière, aux militants du Groupe d’Action Non-Violent Antinucléaire (GANVA) qui s’étaient enchaînés sur la route du train de transport de déchets ultra-radioactifs CASTOR (CAsk for Storage and Transport Of Radioactive material), l’affaire de Tarnac témoigne de la nervosité pathologique qui atteint l’Etat français dès que l’on touche à la question nucléaire. Il est vrai qu’il a sur ce point des décennies de mensonge et des milliers de morts à faire oublier.

Cette année que se prépare, pour la première fois peut-être, une action de masse pour bloquer à son point de départ, le 24 novembre prochain à Valognes (Manche), le train CASTOR, nous ne pouvons décemment manquer le rendez-vous. Nous devons bien cela à l’Etat français, et à ses nucléocrates. Et il serait malséant, après Fukushima, qu’il y ait 50 000 Allemands pour le bloquer à son arrivée à Gorleben, et personne pour l’entraver en France. Alors que huit nouveaux trains de déchets provenant de Hollande doivent bientôt traverser les gares de RER franciliennes pour rallier La Hague, nous devons donner raison au collectif Valognes Stop Castor (http://valognesstopcastor.noblogs.org/ *) : « La question des déchets constitue le maillon faible de l’industrie nucléaire, et l’illustration la plus frappante du scandale qu’elle est dans son ensemble ». C’est donc là qu’il faut l’attaquer. C’est là qu’il faut, à quelques milliers, lui porter un coup décisif. Polluer, c’est toujours s’approprier. En polluant pour les cent mille ans qui viennent, l’Etat nucléaire s’approprie tout futur pensable et toute vie possible. Nous sommes le futur. Nous sommes la vie. Nous arrêterons les centrales.

Tous à Valognes ! Comité anti-CASTOR de Tarnac =====

bonjour,
Extraits du communiqué  « Nous aussi, nous irons à Valognes » du comité anti-CASTOR de Tarnac, qui constitue un appel à rejoindre la lutte contre le transport des déchets nucléaires (les trains CASTOR) aux environs de Cherbourg, du 22 au 24 nov
yves

Tous renseignements utiles sur : http://valognesstopcastor.noblogs.org/

* Le texte d’appel au camp : http://valognesstopcastor.noblogs.org/files/2011/10/CampValognes_folioA3_rectoverso.pdf

20 novembre 2011 Posted by | Désobéissance civile, DECROISSANCE, ENERGIE | , , , , , , , | Laisser un commentaire

Mobilisation pour la liberté de refuser la viande !


Appel à mobilisation

Luttons pour la liberté de refuser la viande!

Un décret vient d’être publié ce mois, qui rend obligatoire la consommation des produits issus de l’exploitation animale dans la restauration collective.
Il était déjà très difficile d’obtenir des repas végétariens, voire impossible de demander des repas végétaliens.
Aujourd’hui c’est illégal.
Illustration Insolente Veggie
Si nous ne faisons rien, nous laissons se refermer la porte sur l’éthique végétarienne, végétalienne ou végane en France.
Passons en mode action !

Qu’est-ce que ce délire ?

La loi n°2010-874 du 27 juillet 2010 dite « loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche » contraint les services de restauration à respecter des « règles nutritionnelles » édictées par décret.
Le décret et l’arrêté publiés le 2 octobre 2011 réglementent la restauration scolaire.

Des décrets et arrêtés analogues sont en préparation pour la quasi-totalité de la restauration collective en France, depuis la maternelle jusqu’aux établissements pour personnes âgées, en passant par les restaurants universitaires, les hôpitaux et les prisons.

Une intox nutritionnelle

Alors que la presse reprend ingénument le communiqué du gouvernement et se réjouit de voir moins de frites à la cantine dans les assiettes des enfants, il apparaît très clairement que cet arrêté est une intox ! Il laisse entendre que le calcium, le fer, les oligoéléments tout comme les protéines se trouvent exclusivement dans les produits animaux. En omettant toute alternative végétale cet arrêté impose des produits animaux et des sous produits animaux à tous les repas et dans la quasi totalité des plats (entrée, plat principal, dessert).

En édictant de telles règles alimentaires comme seul modèle alimentaire possible, le gouvernement confirme les préjugés bien français selon lesquels les alimentations sans produits animaux sont « restrictives », compliquées et dangereuses, préjugés que le corps médical, les professionnels de la restauration, de l’éducation, de l’information, les assistantes sociales, les juges, etc. relayeront.

Alors que des millions de personnes sont végétariennes de par le monde, on continue de nier notre existence !

L’influence de l’agro-business

Les lobbies de l’élevage et de l’agro-business (Centre d’Information des viandes, Syndicat des industries de la viande, Nestlé, etc.) font partie du GEMRCN [1], à l’origine des recommandations en matière de restauration collective.
Dès janvier 2010 le Ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire avait annoncé la mise en place d’un programme national pour l’alimentation avec pour objectif prioritaire de défendre le secteur de l’élevage [2], précisant : « Ces batailles contre la viande ne sont pas acceptables. [3] »
Les Français consomment de moins en moins de viande pour des raisons éthiques, ou tout simplement pour leur santé : l’industrie agro-alimentaire réagit avec force et prend des mesures dictatoriales.
Nous devons désormais consommer « aux ordres » !
Toute alternative est désormais illégale

Les enfants végétariens sont désormais contraints de consommer des animaux et des sous produits animaux ou bien réduits à manger des repas carencés, voire du pain et de l’eau selon les repas. C’est intolérable ! Leurs parents n’ont pas tous les moyens de les faire manger avec eux ou de payer une nounou. Nous devons nous battre pour que ces enfants aient le droit de manger dans les établissements scolaires et pour qu’ils puissent, eux aussi, se sentir en cohérence avec leurs idées – pour qu’eux aussi puissent refuser de participer à l’exploitation animale.

Après les enfants, ce seront d’autres publics captifs, comme les personnes âgées en maisons de retraite, les détenus en prison, etc. qui seront forcés de manger des produits animaux. C’est tout aussi inacceptable !

Une atteinte aux libertés de conviction

Nous sommes rarement végétar-liens pour rien, nous avons au contraire tous des raisons altruistes de l’être et il est illégitime de nous interdire de mettre en pratique notre éthique !
Ce décret porte atteinte aux libertés individuelles fondamentales en restreignant le libre exercice des convictions personnelles.
Cela nous concerne tous, non seulement les végétariens, mais au final tout le monde.
Défendons nos droits fondamentaux !
Opposons-nous à ce coup de force !

Refusons toute réglementation de la restauration collective imposant des normes de consommation de produits d’origine animale. Les considérations éthiques, mais aussi environnementales ou de santé publique, devraient plutôt généraliser la mise a disposition de menus végétaliens dans la restauration collective.

Le collectif  «Liberté de refuser l’exploitation animale !» regroupant actuellement plus de 30 organisations, travaille à alerter l’opinion publique et plusieurs associations (L214, l’Association Végétarienne de France, L’Initiative citoyenne pour les droits des végétariens, Aquitaine décroissance, etc.) étudient les voies de recours contre cet arrêté et ce décret. Une mobilisation internationale s’organise également.
Rejoignez-nous !
Utilisez vos contacts et vos réseaux sociaux pour faire passer l’info et organiser des actions de protestation ! Si on laisse passer un tel décret, on laissera toujours tout passer !

Des pages facebook en français et en anglais ont été créées pour aider à la diffusion de l’information :
http://tinyurl.com/facebook-decret-fr (en français)

et http://tinyurl.com/facebook-decret-en (en anglais)

Une pétition contre ces textes législatifs peut être signée ici :

http://petition.icdv.info/ (en français)
http://petition.icdv.info/en (en anglais)

Des tracts, des communiqués de presse sont disponibles ci-dessous :
http://www.icdv.info/
http://www.vegetarisme.fr/_pdfs/cp/CP%20loi%20collectivits%20.pdf
http://www.vegetarisme.fr/_pdfs/cp/CP_cantines.pdf
http://www.l214.com/communications/20110902-restauration-collective-GEMRCN-produits-animaux
http://www.l214.com/restauration-collective-scolaire
http://www.l214.com/manifestation-restauration-scolaire

Il faut absolument nous rendre visible sur la place publique. Contactez-nous pour nous faire part de vos idées d’action et/ou de votre mobilisation !

Une première vague d’actions est prévue à partir du 26 octobre : à Paris, Marseille, Lyon… D’autres villes vont également participer. Lancez aussi la mobilisation par chez vous !
Ensemble, végétariens, végétaliennes, vegan, nous serons plus forts pour défendre nos droits et faire connaître le bien fondé de nos choix alimentaires !!!
Signé : Collectif  «Liberté de refuser l’exploitation animale !»
Contact :
Mail : contact@icdv.info
Site : http://www.icdv.info/
Pour infos sur les décrets et arrêtés : Brigitte 06 20 03 32 66
Pour organiser les actions : Charlotte 06 14 18 73 89
Si vous souhaitez organiser des actions, envoyez par texto la date de l’action, votre nom et un numéro de téléphone, afin que Charlotte puisse les communiquer aux personnes susceptibles de se joindre à vous.
notes :
[1] Groupement d’étude des marchés, restauration collective et nutrition, qui dépend du ministère… des finances !
[2] Dépêche AFP du 21/01/2010.
[3] Cf. G. Launay, « La filière viande sur le grill », Libération du 6 mars 2010.

23 octobre 2011 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME, DECROISSANCE | , , , , , | Laisser un commentaire

Parabole du banquier et du marchand d’ânes


Un homme portant cravate se présenta un jour dans un village. Monté sur une caisse, il cria à qui voulait l’entendre qu’il achèterait cash 100 euros l’unité tous les ânes qu’on lui proposerait.
Les paysans le trouvaient bien un peu étrange mais son prix était très intéressant et ceux qui topaient avec lui repartaient le portefeuille rebondi, la mine réjouie. Il revint le lendemain et offrit cette fois 150 € par tête, et là encore une grande partie des habitants lui vendirent leurs bêtes. Les jours suivants, il offrit 300 € et ceux qui ne l’avaient pas encore fait vendirent les derniers ânes existants. Constatant qu’il n’en restait plus un seul, il fit savoir qu’il reviendrait les acheter 500 € dans huit jours et il quitta le village.
Le lendemain, il confia à son associé le troupeau qu’il venait d’acheter et l’envoya dans ce même village avec ordre de revendre les bêtes 400 € l’unité. Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100 € dès la semaine suivante, tous les villageois rachetèrent leur âne quatre fois le prix qu’ils l’avaient vendu et pour ce faire, tous empruntèrent.
Comme il fallait s’y attendre, les deux hommes d’affaire s’en allèrent prendre des vacances méritées dans un paradis fiscal et tous les villageois se retrouvèrent avec des ânes sans valeur, endettés jusqu’au cou, ruinés.
Les malheureux tentèrent vainement de les revendre pour rembourser leur emprunt. Le cours de l’âne s’effondra. Les animaux furent saisis puis loués à leurs précédents propriétaires par le banquier. Celui-ci pourtant s’en alla pleurer auprès du maire en expliquant que s’il ne rentrait pas dans ses fonds, il serait ruiné lui aussi et devrait exiger le remboursement immédiat de tous les prêts accordés à la commune.
Pour éviter ce désastre, le Maire, au lieu de donner de l’argent aux habitants du village pour qu’ils paient leurs dettes, le donna au banquier, ami intime et premier adjoint, soit dit en passant. Or celui-ci, après avoir rétabli sa trésorerie, ne fit pas pour autant un trait sur les dettes des villageois ni sur celles de la commune et tous se trouvèrent proches du surendettement.
Voyant sa note en passe d’être dégradée et pris à la gorge par les taux d’intérêts, la commune demanda l’aide des communes voisines, mais ces dernières lui répondirent qu’elles ne pouvaient en aucun cas l’aider car elles avaient connu les mêmes infortunes.
Sur les conseils avisés et désintéressés du banquier, toutes décidèrent de réduire leurs dépenses : moins d’argent pour les écoles, pour les programmes sociaux, la voirie, la police municipale… On repoussa l’âge de départ à la retraite, on supprima des postes d’employés communaux, on baissa les salaires et parallèlement on augmenta les impôts. C’était, disait-on, inévitable mais on promit de moraliser ce scandaleux commerce des ânes.
Cette bien triste histoire prend tout son sel, quand on sait que le banquier et les deux escrocs sont frères et vivent ensemble sur une île des Bermudes, achetée à la sueur de leur front. On les appelle les frères Marchés.
Très généreusement, ils ont promis de subventionner la campagne électorale des maires sortants.
Cette histoire n’est toutefois pas finie car on ignore ce que firent les villageois. Et vous, qu’auriez-vous fait à leur place? Que ferez-vous ?

Pour se retrouver tous sur la place du village  samedi 15 octobre 2011 (journée internationale des indignés) faites déjà passer cette histoire à votre voisin..

10 octobre 2011 Posted by | DECROISSANCE | , , , , | 3 commentaires

Guide de mise en oeuvre d’une monnaie complémentaire locale


Françoise Lenoble, une des fondatrices et animatrices de l'Abeille, monnaie locale créée en janvier 2010 sur Villeneuve-sur-Lot. Un an plus tard, 44 entreprises, commerces et producteurs locaux utilisent l'Abeille, monnaie permettant de relocaliser et réorienter une partie de la production et de la consommation.


Un outil pour initier une économie respectueuse de l’être humain et de la nature

Conçu par Philippe Derudder

Les membres du Gresso

et de l’association Aises

derudder@lhed.fr

I – Pourquoi mettre en place une monnaie locale ?

Pour disposer d’un outil qui favorise l’avènement d’une économie plus respectueuse de l’être humain et de son environnement naturel et ainsi :

* mettre l’économie au service de l’homme et de la planète,

* développer la solidarité

* favoriser les échanges locaux

* soutenir des projets locaux d’intérêt commun

* réduire l’impact écologique

II – Historique :

L’idée de monnaie complémentaire peut surprendre. Pourtant ce fut une pratique courante tout au long de l’histoire et en particulier au moyen âge où les villes, les monastères, les seigneurs avaient leur monnaie en complément de la monnaie royale. Ainsi de très nombreuses monnaies circulaient à l’intérieur d’un territoire. C’est la recherche de monopolisation du pouvoir qui a conduit à l’abandon de la multiplicité des monnaies, jusqu’à la première grande crise de 1929. C’est à cette époque, au cœur de la crise, qu’est ré apparu l’usage de monnaies complémentaires, lorsque la monnaie nationale se faisait trop rare. De ces expériences d’alors sont nés deux système principaux :

1 – Le système « barter » ou système de troc… (pour les entreprises)

De nombreuses entreprises dans le monde sont membres de réseaux utilisant le “Barter system“ ou système de troc. Ce système est « vendu » par des entreprises de services (comme celles qui vendent les tickets-restaurant par exemple). Leur but est de réunir à l’intérieur de leur réseau le plus grand nombre possible d’entreprises aux activités les plus variées pour permettre l’échange entre elles des biens et services qu’elles produisent, à l’aide de moyens de paiement exprimés dans une unité de compte propre au réseau. Ainsi, au lieu d’utiliser seulement la monnaie nationale, elles utilisent en plus une autre unité que nous appellerons ici UCR (Unité de Compte Réseau). Mais pour ceux qui ont déjà entendu parler de cela, nommons le WIR en Suisse (créé en 1933 il regroupe aujourd’hui 60.000 entreprises) ou le RES en Belgique (initié au milieu des années 90 il relie plus de 3000 entreprises). Cette formule offre deux avantages principaux aux entreprises affiliées :

* L’entreprise ne se défait pas de ses liquidités en monnaie nationale lors de ses achats auprès des autres membres, car elle peut les régler avec ses UCR. Sa trésorerie en monnaie nationale s’en trouve allégée d’autant.

* Elle bénéficie de l’effet réseau qui soutient son activité. Si l’entreprise « X » invite par exemple un client au restaurant, elle ira de préférence dans un restaurant affilié où elle pourra payer en UCR

Pourquoi appelle-t-on ce système « troc » puisqu’il y a utilisation d’un moyen de paiement comparable à la monnaie de banque ?

Dans le troc ancestral il y a échange d’une richesse réelle (bien ou service) contre une autre richesse réelle. Avec la variété des biens et services qui existent de nos jours, le troc est quasiment impossible à réaliser car on tombe rarement sur la personne qui offre ce que l’on cherche et qui désire au même moment une quantité équivalente de ce que l’on peut offrir. D’où l’introduction dans le système d’une « représentation symbolique » des biens et services : l’UCR. En réalité on retrouve là l’essence de la monnaie qui n’aurait jamais dû être autre chose qu’une unité de mesure pour évaluer les échanges et un moyen universel pour les faciliter entre les individus. Toutefois les réseaux en question refusent absolument que l’on considère les UCR comme de l’argent car elles n’en présentent pas toutes les caractéristiques. Elles sont outil de mesure et d’échange mais pas réserve de valeur : lorsqu’un membre achète un bien ou un service avec des UCR, il s’engage par cet acte vis-à- vis des membres du réseau à créer et mettre à leur disposition la valeur équivalente de bien ou service relevant de sa compétence. La finalité n’est pas d’accumuler des UCR mais de faciliter les échanges nécessaires à la vie des membres du réseau. Ainsi les comptes sont-ils rarement très créditeurs ou très débiteurs longtemps. Une limite dans chaque sens est en général fixée à chaque membre selon ses caractéristiques. Les dépôts ne sont pas rémunérés. Au contraire, certains réseaux appliquent même un intérêt négatif (principe de la fonte Geselienne des monnaies) afin d’encourager l’échange et non la thésaurisation. Il est aussi possible d’emprunter des UCR et, dans ce cas, les réseaux ne réclament pas ou peu d’intérêt. Lorsqu’il y en a, c’est seulement pour couvrir les frais de fonctionnement de l’organe gestionnaire du réseau.

Ces systèmes sont tout à fait officiels et légaux. Le chiffre d’affaire réalisé en UCR est déclaré en comptabilité comme s’il s’agissait d’un règlement effectué avec une devise étrangère. La fiscalité du pays peut donc s’exercer normalement. La limite de cela est qu’une entreprise ne peut réaliser qu’une partie minoritaire de son chiffre d’affaire en UCR, faute de quoi elle ne pourrait plus faire face au paiement des taxes, salaires et charges sociales et frais généraux.

2 – Les SEL – Système d’échanges locaux.(pour les particuliers)

Vous l’aurez remarqué, le système barter ne s’adresse qu’aux entreprises. Parallèlement se sont développés, à l’initiative de Michael Linton depuis 1983 les LETS (local exchange trading system) plus connus en France sous l’appellation SEL (Système d’échanges Locaux) qui eux, ne concernent que les particuliers. Les participants échangent biens et services, mais surtout des services, dans une unité de compte qu’il n’est pas nécessaire de posséder à priori.

C’est la réalisation de l’échange qui « crée » la monnaie. La vraie richesse est dans le bien ou le service et dans la qualité de la relation. C’est un argent dont la provenance est basée sur l’égalitarisme de l’offreur et du demandeur, il décourage l’accumulation et encourage la coopération parmi ses usagers. Cette monnaie n’est qu’un outil d’échange qui permet d’éviter les contraintes liées au troc, il n’a ni valeur d’épargne, ni valeur spéculative.

Le compte de l’offreur est crédité du nombre de « grains de SEL » qui aura été convenu, la même somme sera débitée du compte du receveur. Préalablement, bien sûr, le groupe aura défini ce que représente un grain de SEL (une unité de la monnaie nationale par exemple, mais le plus souvent un grain de SEL = une unité de temps par exemple 1 minute ou 5 …) Ensuite est établi un inventaire des offres disponibles au sein de la communauté pour permettre aux membres de savoir qui fait quoi et qui offre quoi. Les échanges se font de gré à gré, les comptes sont soit centralisés soit tenus par chacun sur un carnet.

III – L’Actualité :

Expérimentations en cours de développement dans le monde

Ces deux expériences fondamentales ont donné naissance à un vaste mouvement de monnaies complémentaires de par le monde (plus de 5000 expériences en cours, de nature très variées) mais qui s’adressent cette fois à la société dans toutes ses composantes: particuliers, entreprises et souvent collectivités locales. Elles visent toutes à ré introduire dans l’économie du sens, des valeurs sociales et écologiques. Citons le « Chiemgauer » en Allemagne, le « Ithaca Hour » aux Etats Unis, le « Calgary Dollar » au Canada, ou le SOL en France, plus spécifique à l’économie sociale et solidaire. Des centaines sont en train de fleurir à la surface du globe.

Dans le cadre de ces expériences, deux grands courants sont explorés :

a) Les monnaies non appuyées sur la monnaie nationale.

Appelons-là pour simplifier, « monnaie de type SEL ». La communauté qui décide de la mettre en place crée purement et simplement son unité de compte sans rapport et sans convertibilité possible avec la monnaie nationale. On se trouve alors dans un cas de figure inverse à celui qui préside dans nos sociétés. En effet la monnaie n’est plus raréfiée car on n’a pas besoin de la posséder pour accéder à un bien ou un service. Cela ouvre naturellement de vastes horizons mais on butte rapidement sur une question majeure: Que représente cette monnaie? Le commerçant qui va la recevoir en paiement est -il satisfait ? S’il est au cœur d’un vaste réseau qui lui permet de régler ses propres dépenses avec la monnaie locale qu’il a encaissée, oui, sinon, non.

Si on choisit ce cas de figure, il faut donc être:

* soit très patient et motivé afin que le développement des échanges s’appuie ce que le réseau est capable d’absorber,

* soit avoir au départ un réseau assez vaste et diversifié en productions essentielles pour permettre une circulation fluide de la monnaie, dans la confiance.

b) Les monnaies appuyées sur la monnaie nationale

C’est ce cas de figure que nous allons regarder de plus près dans ce guide, car c’est celui qui permet une mise en place de l’expérience à partir d’un petit noyau de quelques personnes et d’un professionnel.

IV – Comment cela fonctionne-t’il ?

Principe général

a) Transactions entre entreprises et particuliers

Les particuliers membres règlent leurs achats effectués dans les commerces et entreprises du réseau au moyen de « bons d’échanges en monnaie locale » (équivalents des billets de banque) qu’ils se procurent contre des euros, auprès de l’organe de gestion des comptes, dans un rapport par exemple de 90/100 (euros/bons d’échange). Cette « prime à l’achat» constitue une émission de monnaie non appuyée sur la monnaie nationale. Elle est incitative pour les adhérents car elle améliore leur pouvoir d’achat. Nous conseillons toutefois que cette amélioration profite surtout aux plus démunis. Ainsi, lorsque l’on « achète » les bons d’échanges, on peut choisir de les acquérir dans un rapport de 1/1, la prime allant alors alimenter un fonds qui permettra d’offrir aux plus démunis une amélioration de pouvoir d’achat supérieure au taux nominal, par exemple 75 ou 80/100.

Chaque entreprise reste libre de sa politique commerciale et décide de ce qu’elle rend disponible en échange des bons : quelle gamme de produits ou de services, payable en tout ou partie en bons d’échange…

Les bons d’échange sont au porteur ; ils peuvent circuler à l’intérieur du réseau au gré des échanges. Nous suggérons d’émettre des coupures de 1 – 2 – 5 – 10 et 20. Lorsque le prix d’un achat n’est pas rond, il suffit de régler à la valeur du bon supérieur et de se faire rendre la monnaie en centimes d’euros.

Les sommes collectées en euros constituent un fond de garantie qui est placé de façon éthique (NEF, Crédit Coopératif,…) sur un compte rémunéré, permettant des retraits à vue très rapides.

Ce fond permet :

* de reconvertir en euros les bons d’échange excédentaires. Cette faculté est réservée aux entreprises seulement. En effet si un particulier peut décider de la quantité de bons qu’il veut acquérir, tel n’est pas le cas pour un professionnel. A moins d’une gestion fine et difficile à mettre en œuvre, il ne peut équilibrer facilement ses encaisses en monnaie nationale et monnaie locale.

* Grâce à cette possibilité les professionnels peuvent s’engager en confiance car ils savent qu’ils ne se retrouveront pas avec des bons inutilisables. Cela permet en outre de démarrer l’expérience avec un seul professionnel. Bien sûr, cela n’a pas grand intérêt puisqu’alors tous les bons seront re convertis mais l’essentiel au départ est de lancer la dynamique concrètement.

* Nous conseillons d’introduire dès le départ une contribution à la reconversion Bons d’échange/ euros. Cette contribution a pour but :

1. D’inciter tous les professionnels à rechercher auprès de leurs fournisseurs, collègues, amis, de nouveaux participants, car le but n’est évidemment pas de se limiter à la reconversion de la monnaie locale, mais à sa circulation dans la communauté.

2. A alimenter avec cette ressource un fonds de soutien à des projets éthiques et solidaires locaux ou autres, au gré de ce que voudront les membres de l’association.

3. Attention, veillez au départ à faire coïncider le taux de la prime à l’achat avec celui de la contribution. S’il est proposé par exemple 105 unités locales pour 100 euros à l’achat, la contribution à la re conversion doit être du même ordre 105 unités locales pour 100 euros. Si la prime à l’achat est supérieure à la contribution de reconversion, il y a risque de ne pouvoir faire face aux engagements pris à l’égard des professionnels ce qui pourrait entrainer l’échec de l’expérience. Ce n’est qu’au fur et à mesure que la potentiel d’échanges grandira au sein de la communauté et que l’on constatera que les demandes de re conversion diminuent que l’on pourra affiner les choses et régler de façon différentes la prime et la contribution, Ces décisions devront faire l’objet d’un accord collectif appuyées sur des données statistiques concrètes..

b) Entre entreprises :

Au départ, le plus simple est de lancer l’expérience avec un seul moyen de paiement: le bon d’échange. Simple support papier, en prenant toutefois la précaution d’utiliser des billets non falsifiables. Les techniques abordables existent.

Mais le réseau s’étendant, les professionnels auront besoin de pouvoir se régler mutuellement sans se déplacer et sans risquer de poster des bons au porteur. Dès que la nécessité se fera sentir, il faudra donc introduire un autre moyen, le chèque.

Il est à noter que les factures et tickets de caisse se font en euros. C’est le paiement qui peut se faire en tout ou partie en monnaie locale. Une facture de 100 euros peut par exemple être réglée avec un chèque de 80 euros et un autre de 20 Unités de compte locale. L’essentiel est que le professionnel puisse reconstituer les paiements en comptabilité. Les chèques libellés en UCR sont donc adressés à l’organe de gestion des comptes qui, à l’instar d’une banque, tiendra l’écriture des mouvement et adressera un relevé.

Les règlements en monnaie locale entre entreprises affiliées ne résulte ni d’une obligation, ni d’une décision unilatérales, mais d’une entente négociée soit sur un volume ou une durée, soit au coup par coup.

Rappelons que le système est tout à fait légal: le chiffre d’affaire réalisé en unités de compte locales, sous forme de bons d’échanges ou de chèques est déclaré en comptabilité comme s’il s’agissait d’un règlement effectué en devise étrangère.

Dans une étape ultérieure, lorsque le réseau se sera élargi, il est recommandé d’introduire une gestion informatisée afin d’alléger la gestion et l’efficacité tant pour les professionnels que pour les particuliers. L ‘usage d’une carte à puce viendra donc compléter le dispositif.

V – Chronologie des actions pour initier une monnaie complémentaire adossée à la monnaie nationale

Si l’on choisit une monnaie libre, de type SEL, la chronologie reste la même, mais il faut dès le départ se poser la question de la capacité d’échange qui existe dans le réseau ou qui est à constituer pour que l’expérience soit viable

Ce qui suit n’a pas à être suivi à la lettre. Nous cherchons ici à donner un fil conducteur pour faciliter la mise en œuvre de l’expérience laissée à la créativité de chaque groupe.

1. Constituer le noyau des fondateurs

A l’origine est la volonté d’une ou plusieurs personnes, d’une ou plusieurs entreprises Une poignée de personnes suffit; ce n’est pas le nombre qui compte mais la motivation. Il faut toutefois veiller à avoir dans ce groupe de pionniers au moins un professionnel, dans un secteur d’activité qui répond à des besoins courants, afin de pouvoir offrir dès le départ un lieu où le paiement en monnaie locale est accepté (Une coop bio, une Amap… C’est ce qui touche toute la population). Sans professionnel engagé on reste dans le cadre du SEL, et l’expérience ne peut démarrer

2. Définir la finalité du projet

Une monnaie locale, oui, mais pour quoi ? Quelles sont les valeurs, quels sont les objectifs que nous voulons atteindre, qu’une monnaie locale peut soutenir.

3. Rédiger la charte

La charte résume la raison d’être de l’action. Elle doit être simple et courte pour être facilement mémorisée pour l’essentiel. C’est elle qui fixe le cap, donne le sens; c’est à partir d’elle que toute difficulté au fil du temps doit être considérée pour que l’expérience ne perde pas son sens. C’est la signature de cette charte (ainsi que le règlement en monnaie nationale de la cotisation dont le but est de couvrir tout ou partie des frais de fonctionnement) qui validera l’adhésion de la personne ou du professionnel. Nous proposons un modèle de charte (voir annexe 1), mais chaque réseau peut établir la sienne.

4. Définir le cadre légal

La monnaie doit circuler entre acteurs engagés à incarner les valeurs et objectifs de la charte. Ils doivent donc être adhérents d’un groupe identifiable. L’association ou la coopérative sont à priori les cadres les mieux adaptés… Définir les statuts, l’objet cohérent avec la charte, les règles de fonctionnement. Accomplir les démarches administratives appropriées pour enregistrer la structure choisie et ainsi définie. Si le choix se porte sur l’association à but non lucratif, penser à la constituer de façon à ce que son utilité générale soit reconnue pour permettre des dons déductibles. Si c’est utile ou souhaité , chaque membre reçoit une carte d’adhésion portant sa photo et sa référence. Cela facilitera l’identification des membres lors de l’achat des bons.

5. Définir le calendrier des réunions

Il est difficile de parvenir à réunir tous les intéressés en même temps en raison des contraintes professionnelles et familiales de chacun. Il est donc souhaitable de définir dès le départ un calendrier qui convienne à tous la majeure partie du temps. Au départ, tenir compte que les réunions doivent être plus fréquentes.

6. Définir les règles du jeu au sein des réunions

Les réunions sont essentielles puisque c’est là que se décident les choses. Mais dans la pratique elles peuvent devenir ennuyeuses et démotivantes si on n’y prend pas garde (voir le document : conseils pour tenir des réunions agréables et efficaces)

7. Définir le processus de prise de décision

Le plus simple consiste à voter à la majorité (à préciser). Cela permet d’avancer vite, mais cela crée aussi de nombreuses frustrations qui se traduisent dans le temps par des désaffections ou des problèmes relationnels qui peuvent faire exploser le groupe. Nous suggérons vivement d’adopter de processus « sociocratique » où les décisions sont l’aboutissement d’échanges conduisant au consentement de l’ensemble des participants par levée progressive des objections. Nous ne pouvons en dire plus ici.

( pour plus d’information, vous reporter à l’annexe 5 « Conseils pour qu’une réunion soit agréable et efficace » + http://fr.wikipedia.org/wiki/Sociocratie)

Ce processus commence à être connu et vous pourrez trouver dans votre entourage une personne ressource qui pourra vous familiariser et vous former rapidement. Comprenez toutefois que ce processus implique d’accepter à priori de sortir de la logique du pouvoir pyramidal. Il demande à chacun une ouverture car tout le monde a exactement le même pouvoir. L’objectif est d’aboutir à une solution admise par tous où chacun se sente respecté. Tant que ce point de rencontre n’a pas été trouvé, c’est le signe que les membres du groupe sont accrochés à des croyances et convictions qui les empêchent encore de voir la question sous un autre regard. Chacun doit donc pouvoir envisager de modifier sa position jusqu’à trouver ce point de rencontre. Contrairement à ce que l’on pourrait penser il ne s’agit pas de se résoudre à des compromis, mais au contraire à enrichir la proposition de base grâce aux objections qui sont faites et dont il est tenu compte. Chacun se trouve ainsi écouté, reconnu, et la décision finale devient efficace parce que chacun peut la faire sienne.

8. Définir le fonctionnement de la monnaie

Conditions d’achat (auprès de qui ? Avec ou sans prime ? Mise en perspective avec le développement à prévoir au fil du temps)

Conditions de reconversion en monnaie nationale pour les professionnels (auprès de qui ? Avec ou sans contribution financière ? Mise en perspective avec le développement à prévoir au fil du temps)

Adoption ou non du principe de fonte et si oui définition des périodicités et modicités.

Désignation / création de l’organe d’émission et gestion de la monnaie locale : Ce peut être l’association elle-même, une agence bancaire locale qui accepte de « jouer le jeu », un notaire, une entreprise de service…

Choisir le nom de la monnaie

Choisir le support : le plus simple est de démarrer avec des « bons d’échange en papier »

Définir les coupures

Illustration des coupures : Le bon d’échange, au delà de sa fonction économique, est un indicateur d’engagement sociétal puissant; ce sera lui qui sera remarqué et qui fera poser des questions, interpellant ainsi toute la population sur son utilité et sa vocation. Nous vous invitons donc à soigner l’illustration des coupures en utilisant par exemple les talents d’artistes locaux et en valorisant par l’image ce que vous avez envie de mettre en lumière localement. Une face peut représenter des lieux ou des monuments qui caractérisent la région où les bons ont cours, l’autre face peut symboliser les valeurs que l’association désire promouvoir.

Fabrication et prévention contre la fraude : veiller à rendre les bons non falsifiables le plus tôt possible (encre / papier spéciaux )

Mise en perspective d’évolution avec le temps : vers le passage à la monnaie électronique

Placement du fonds de garanti constitué par la monnaie nationale reçue lors de l’achat de la monnaie locale cohérent avec la charte. (placement éthique, facilement disponible pour pouvoir répondre aux demandes de re conversion; auprès de quel organisme ?

Définition et organisation des éventuels fonds d’aide à des projets de développement local ou autres prévus dans le projet

9. Préparation de la promotion pour le lancement officiel

Créer une plaquette/tract d’information simple et convivial pour permettre de comprendre facilement de quoi il retourne, à distribuer lors des opérations de promotion (nous vous proposons un modèle en annexe 6 mais n’hésitez pas à faire selon votre inspiration)

Un site web est-il nécessaire ?

Définir l’action de promotion pour le lancement de l’opération Cela peut aller depuis une simple information bien visible dans le magasin pionnier avec permanence assurée aux heures d’affluence par les membres adhérents pour expliquer et distribuer le tract jusqu’à une rencontre grand public autour d’un film ou d’une conférence portant sur le sujet des monnaies locales.

Imaginer ensuite ce que vous ferez pour faire connaître le réseau et le développer. Dans tous les cas nous vous conseillons d’étendre le réseau par phénomène de tache d’huile. C’est chaque membre qui, mieux que quiconque a la capacité de sensibiliser son entourage. Toutefois, et chaque fois que vous le jugerez opportun, n’hésitez pas à organiser des rencontres avec la population locale pour présenter l’expérience autour d’une conférence, d’un film, d’une foire bio, ou de toute autre manifestation… N’omettez pas d’informer votre maire et les membres du conseil municipal afin d’inciter la commune à s’impliquer en veillant toutefois à ne pas se faire récupérer.

VI – Comment faire vivre les valeurs de la charte

Nous attitrons votre attention sur un piège qui peut conduire dans une impasse les expériences de monnaie complémentaire. Selon nous, elles ne doivent pas être considérées comme de simples bouées de sauvetage destinées à survivre à des crises, ou à pallier les insuffisances des monnaies nationales. Elles forment un vaste champ d’expériences au cœur duquel va se former une nouvelle conscience collective de la richesse et de son partage, devant aboutir à terme à une évolution globale des comportements économiques dans le monde. Mais cela ne se fera pas tout seul. Si la monnaie locale est cantonnée à sa seule fonction d’échange le sens de l’expérience, affiché dans la charte ne s’ancre pas dans un vécu et il ne reste qu’à un niveau symbolique qui sera oublié avec le temps. Il s’agit donc de faire vivre la charte:

En faisant se rencontrer les membres autour d’actions concrètes

Pratiquement, les membres du réseau peuvent se donner comme objectifs de:

* Mettre plus de conscience dans leur façon de produire et de consommer.

* Développer la coopération et la solidarité.

Pour tendre vers le premier objectif : chacun est invité à se demander « en son âme et conscience », comme on dit, ce qu’il pourrait faire concrètement dans sa vie, tant sur le plan personnel que professionnel, pour se sentir plus en harmonie avec lui-même, les autres et la nature. Cette réflexion conduit à entreprendre des actions d’évolution.

Pour tendre vers le deuxième objectif : sur la base du simple volontariat, les membres s’organisent en groupes locaux (10 à 50 personnes ) et groupes de soutien (4 à 8 personnes) :

Le groupe local

Plusieurs groupes peuvent cohabiter dans une même région. La convivialité est en effet plus facile à obtenir dans des groupes de taille modeste. L’essentiel est de ne pas jouer la carte de la compétition entre groupes mais celle de la coopération. Ainsi pourra-t-on bénéficier de la légèreté et du caractère chaleureux des petites structures sans se priver des avantages liés aux grands nombres. Toute personne a le libre choix du groupe où elle veut s’investir. Chaque groupe définit lui-même sa mission. Les groupes locaux se réunissent à un rythme régulier (une fois par mois ?) pour mener des réflexions et mettre en œuvre des actions d’évolution. Cette réunion est consacrée à la définition des actions à entreprendre et au feed-back d’avancement de celles qui sont en cours. Ces actions tournent principalement autour de projets collectifs d’intérêt commun ou d’aide au développement du comportement citoyen des entreprises membres, à leur demande (voir en annexe 5 le « fil d’Ariane pour inspirer les réflexions et actions d’évolution au sein de l’entreprise). C’est dans ce dernier cas qu’est formé un groupe de soutien.

Le groupe de soutien

A la demande d’un particulier ou d’une entreprise, un groupe de soutien est constitué par des membres volontaires, incluant le demandeur lui-même. La mission de ce groupe est

* D’aider un membre en difficulté : par des actions simples de solidarité entre membres, lorsque l’un d’eux est confronté à une difficulté, de quelque ordre qu’elle soit. A la demande du membre en difficulté, le groupe étudie toutes les possibilités pour résoudre la question.

* Aider au montage d’un projet éthique, humaniste ou écologique. Le groupe se mobilise autour du porteur de projet pour le soutenir dans sa démarche. L’aide commence, si nécessaire, à la conception même d’un projet (car un projet peut consister à en élaborer un à partir d’une simple réflexion) ; elle passe par son élaboration détaillée, elle se poursuit par son accompagnement dans ses phases de mise en œuvre et elle s’achève lorsqu’il a abouti ou lorsqu’il est abandonné d’un commun accord.

* Aider un professionnel à faire évoluer son activité pour qu’elle soit plus respectueuse de l’humain et de la nature. Nous invitons en effet à ne pas réserver l’expérience des monnaies complémentaires à des groupes élitistes où seuls pourraient participer des organisations déjà très engagées sur le plan de l’éthique. Ces expériences doivent à notre sens être une porte ouverte, une invitation et une aide pour tout professionnel qui a envie de contribuer à cette mutation qu’il ressent nécessaire, sans pour autant savoir comment faire. Un professionnel membre, dans cette situation, demandera la constitution d’un groupe de soutien pour l’aider dans cette démarche d’évolution.

* d’être le garant de l’éthique : le groupe de soutien enrichit la démarche par ses réflexions selon les connaissances et informations technologiques qu’il détient et vérifie que le projet, tel qu’il est présenté, répond aux préoccupations humanistes et écologiques du réseau.

Mode de prise de décision :

La encore nous recommandons de recourir le plus souvent possible au processus sociocratique par consentement unanime des membres actifs présents. N’oublions pas toutefois que « le mieux est l’ennemi du bien » et que l’entreprise reste souveraine de sa politique. Le groupe n’est là que pour aider..

VII – Les avantages liés à une telle expérience :

Au plan collectif

* dynamiser et inspirer la pensée collective

* Grâce aux réflexions et actions menées en commun dans les groupes locaux et groupes de soutien dans un esprit de coopération et de solidarité

* Grâce à l’usage des monnaies complémentaires qui permettront de nous ouvrir à une nouvelle conception de la monnaie, où celle-ci n’est plus la richesse après laquelle on court, mais l’outil qui permet d’échanger la vraie richesse : ce que nous offre la terre, valorisé par l’activité humaine

* favoriser l’implication citoyenne ouvrant la voie à une démocratie plus participative

* créer ou renforcer le lien entre le citoyen et l’entreprise. Les liens actuels sont faussés et souvent hypocrites dans la mesure où le rapport n’est que marchand. Au travers des groupes de soutien, le citoyen « entre dans l’entreprise » et l’on peut espérer une évolution globale qui, à terme, se traduira par une économie soutenable au service de tous les êtres humains.

Au plan individuel

* améliorer le pouvoir d’achat des plus fragiles

* améliorer la qualité de la vie

* s’impliquer dans la vie locale : les réflexions et travaux menés en commun sont porteurs de convivialité, de sens et d’expériences nouvelles, favorisant une dynamique d’épanouissement personnel.

* participer à l’expérience indique qu’on se sent concerné par les enjeux et que l’on veut apporter sa propre pierre au changement.

Au plan de l’entreprise :

* dynamiser et humaniser les échanges grâce à l’effet réseau et à l’esprit qui l’anime

* accepter d’entrer dans le jeu d’une monnaie complémentaire est un signe certain de responsabilité citoyenne pour une cause qui dépasse l’intérêt immédiat de l’entreprise.

* fédérer les collaborateurs par l’inspiration. La motivation au travail est toujours un point délicat. Si le salaire ne doit pas être négligé, il ne sera jamais suffisant pour compenser le manque de « sens ». Une entreprise qui redonne du sens et, a fortiori, un sens qui répond aux aspirations profondes des individus, ne peut que favoriser un courant d’adhésion plus fort.

* valoriser son image de marque

* s’ouvrir à une économie responsable, fondée sur l’amélioration de la qualité de la vie pour tous. Certes cela ne les affranchira pas de l’obligation de compétitivité, mais elles pourront parler un langage plus « citoyen », plus « vrai » et développer des relations avec leurs fournisseurs et clients dans un rapport gagnant/gagnant et non gagnant/perdant.

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Quelques références :

* Bernard Lietaer a travaillé pendant 30 ans sur les systèmes monétaires. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Monnaies régionales co-écrit avec Margrit Kennedy (éd. Charles Léopold Mayer, 2008).

* Pour plus d’informations sur le sujet des monnaies, vous pouvez consulter le site de l’association AISES (Association Internationale pour le Soutien aux Economies Sociétales) http://www.aises-fr.org

* Philippe Derudder est un des pionniers de la création de monnaies locales en France. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et donne régulièrement conférences et stages. Contact : derudder@lhed.fr

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ANNEXES

Annexe 1

La Charte

Notre ambition

Nous organiser pour initier une évolution de l’économie

afin qu’elle réponde aux besoins de tous les êtres humains

dans un rapport harmonieux avec leur environnement

et apprendre à coopérer

pour que s’épanouisse la Vie.

Pour cela nous veillons à :

Utiliser la monnaie complémentaire

Comme un outil de mesure et d’échange économique pour fluidifier les échanges dans un esprit d’équité et d’entraide entre citoyens et entreprises

Développer collectivement des réflexions et actions visant à :

Adopter des comportements économiques de production et de consommation plus cohérents,

afin de maintenir et restaurer les équilibres naturels de la Terre

et sauvegarder l’évolution de la vie.

Reconnaître que la seule vraie richesse nous est offerte gratuitement par la planète Terre,

et que c’est celle-là que l’activité humaine doit valoriser,

la monnaie n’étant qu’un outil collectif dont le but est d’assurer

une répartition équitable de cette richesse à chaque être humain

Envisager le bien-être individuel comme indissociable du bien-être collectif.

Contribuer individuellement et collectivement à la construction de ce nouveau paradigme

au travers des réflexions et actions menées dans le réseau

et par l’esprit d’ouverture et de coopération que chacun s’efforcera de développer.

§

Chaque personne physique ou morale adhérant au réseau agit de son mieux pour tendre vers cette ambition. Il s’agit d’apprendre à exprimer une « facette » humaine plus responsable et affinée en dépassant les peurs et croyances qui nous poussent à lutter les uns contre les autres

Annexe 2

Modèle de chèque d’échange

Modèle de chèque

Annexe 3

Informatisation du système

Il est souhaitable d’informatiser le plus tôt possible la gestion des échanges. En effet, les entreprises et le commerce ont besoin d’outils fiables et rapides. De plus, l’étendue probable du/des réseaux (zone euro…) nécessite des moyens performants.

La « formule papier » reste toutefois importante et doit être possible à tout moment pour permettre la continuation des activités et des échanges même en cas de crise et de désorganisation majeure.

Chaque réseau pourra développer le système qui lui convient. Toutefois et afin de ne pas avoir à réinventer le fil à couper le beurre, nous vous conseillons de vous rapprocher de réseaux déjà informatisés comme le réseau SOL http://www.sol-reseau.coop/ dont le développement informatique et la gestion des unités de compte ont été confiés à la société Chèques-Déjeuner, ou en Allemagne auprès du réseau Chiemgauer http://chiemgauer.info/ .

Ils seront certainement prêts à coopérer d’une façon ou d’une autre. Ces deux réseaux utilisent entre autre des terminaux rendant possibles les règlements par carte à puce. Ainsi, sans changer le fond du fonctionnement décrit ci-dessus, les procédures pourraient être allégées, automatisées, et permettre, outre la gestion des comptes et des paiements, des échanges d’informations entre affiliés. A noter aussi à toutes fins utiles http://project.cyclos.org/ qui propose un logiciel libre pour la gestion des réseaux utilisant des monnaies complémentaires.

L’informatisation des procédures d’échanges, de gestion de comptes, d’échanges d’information ne doit pas être exclusive aux entreprises, mais inclure l’ensemble des affiliés et permettre aussi aux particuliers d’échanger entre eux, soit par mouvement de compte comme le font les entreprises entre elles, soit par bons d’échanges.

Remarque : dans le cas où le système bancaire national serait défaillant, cette monnaie pourrait remplacer l’euro pour permettre la poursuite des activités et des échanges

§

Annexe 4

Fil d’Ariane pour inspirer les réflexions et actions d’évolution au sein de l’entreprise

Voici quelques critères qui permettent d’évaluer l’action de l’entreprise

et de l’orienter vers plus de cohérence.

Les objectifs exposés ci-dessous sont idéaux. Ils ne visent pas à être atteints à court terme mais à donner une orientation aux réflexions et actions menées dans le réseau.

Dans notre monde où le respect des équilibres écologiques et l’épanouissement des tous les humains doivent devenir la priorité, la raison d’être de l’entreprise est de contribuer à satisfaire les besoins réels des humains, en favorisant leur autonomie et leur dignité et en respectant les équilibres nécessaires à l’épanouissement de la vie sous toutes ses formes sur la planète. Cela suppose :

– Une contribution sociale fondée sur l’utilité réelle

L’entreprise s’attache à fournir des biens et des services réellement utiles à l’humanité. Elle ne suscite plus les besoins, elle se contente d’y répondre en visant le plus haut niveau possible de satisfaction. La limite de production et de distribution des richesses est fixée par ce que la planète est capable de supporter. C’est le critère prioritaire qui oriente les réflexions, recherches, développements et productions.

– Une production soucieuse de la pérennité de la planète

a) Les ressources naturelles non renouvelables

L’entreprise se fixe comme objectif à terme de ne plus utiliser directement et indirectement de ressources naturelles non renouvelables. Elle les remplace par des ressources et énergies renouvelables ou inépuisables.

b) Les ressources renouvelables

L’entreprise se fixe comme objectif de compenser au moins à équivalence quantitative et qualitative (eau, biodiversité, etc.) les prélèvements en ressources renouvelables nécessaires à sa production.

c) La pollution

L’entreprise se fixe comme objectif « zéro pollution » : pollution provenant non seulement de ses processus directs de fabrication mais aussi celle qui pourrait être générée en amont ou en aval depuis les matières premières jusqu’à la fin de vie du produit ou du service.

d) Les déchets

L’entreprise se fixe comme objectif « zéro déchet ». Toute la production depuis les matières premières jusqu’à la fin de vie du produit doit être repensée de façon à ne produire que des déchets biodégradables ou totalement recyclables, à l’image de la nature où tout déchet d’une espèce devient la nourriture d’une autre. Cela conduit l’entreprise à se soucier de ce qui se passe avant la fabrication qu’elle met en œuvre et après que la marchandise ait quitté ses murs jusqu’à la fin de vie du produit. Lorsqu’un produit n’est pas complètement biodégradable, cela suppose qu’il doit être récupéré par le fabricant ou le vendeur ou un organisme spécialisé, récupération dont le coût est inclus dans le prix du produit à fin de recyclage à 100 % ou nouvelle utilisation pour une autre fonction ou une autre catégorie d’utilisateurs ou retraitement pour assimilation totale par la nature sans nuisance.

e) L’intégration de l’entreprise dans la nature

Architecture, esthétisme, espaces verts, luminosité, confort, bruit, isolation, stationnement, services au personnel, visiteurs, fournisseurs, utilisation d’énergie, etc.

L’entreprise veille à s’intégrer le plus harmonieusement possible à l’environnement en tenant compte des particularités locales et régionales et des aspirations de ceux qui fréquentent l’entreprise. Elle adopte ce qui se fait de mieux technologiquement pour améliorer l’esthétisme, économiser les énergies, gérer l’eau, améliorer les conditions de travail.

f) L’adéquation entre l’implantation de l’entreprise et sa mission

Les entreprises décident de leur implantation et de la nature de leur activité en fonction des besoins exprimés et du meilleur rapport demande/écologie.

Les critères d’implantation d’une activité répondent à des soucis de respect des ressources naturelles, d’économie d’énergie, de sécurité alimentaire et d’autonomie des peuples.

Les entreprises se décentralisent et, chaque fois que leur activité le justifie, s’éparpillent en petites unités s’intégrant dans des marchés de proximité destinés à répondre aux besoins et aspirations des populations locales.

Certaines productions restent centralisées chaque fois que c’est justifié par une demande généralisée et uniforme justifiant des productions de masse telles que l’automobile, les machines outils, l’informatique, etc.

Les échanges mondiaux ne valent qu’en cas de pénurie accidentelle de produits de base ou pour l’échange de produits spécifiques régionaux ou nationaux difficilement productibles localement, utiles et demandés par la population locale.

– Une action entièrement dédiée au service de l’humanité

a) Rapports entre les êtres dans l’entreprise

* L’activité professionnelle est l’une des composantes de la vie d’une personne. Il y a continuité entre la vie personnelle, familiale et professionnelle. C’est dans cette dernière que l’être humain peut le mieux exercer sa créativité et contribuer le plus activement à une œuvre d’intérêt général. On s’efforcera donc à :

* responsabiliser le collaborateur même dans les fonctions les plus simples. Il sera reconnu, soutenu, informé, écouté et respecté.

* traiter et considérer chacun de la même façon quels que soient son sexe, sa race, sa fonction et la précarité de son poste.

* faire que son travail corresponde à ses aspirations et à son savoir-faire.

* lui faire comprendre ce à quoi il participe. Son travail a un sens et est en résonance avec ses valeurs.

* l’inviter à participer à des réflexions ou travaux visant à améliorer en permanence la qualité de l’entreprise dans ses diverses dimensions. La créativité de chacun est favorisée et récompensée dès lors qu’elle permet une amélioration de la qualité de la vie interne ou externe.

* abandonner le management pyramidal au profit d’un management sociocratique où le pouvoir de décision et le pouvoir d’exécution est séparés. Actuellement, décision et exécution sont monopolisés par la même hiérarchie de sorte qu’une bonne partie de l’énergie s’évapore dans la lutte contre les résistances des exécutants. Le processus sociocratique permet une prise de décision collective où l’avis de chacun a le même poids, au consensus par levée progressive des objections. Si le processus de décision est plus long, l’exécution est beaucoup plus efficace car elle ne souffre plus d’oppositions.

* rechercher une solution de type gagnant/gagnant en cas de difficulté ou de conflit avec toujours le souci de préserver un respect mutuel.

* repenser la politique salariale : les écarts de salaires sont réduits au maximum. Les rémunérations sont proportionnelles au degré de responsabilité, d’inconfort en terme de qualité de vie, de pénibilité, de saleté, de danger, de répétitivité. Elle fait l’objet d’une règle précise et claire. A l’embauche, l’entreprise vérifie que le candidat a pris connaissance de cette politique et l’a faite sienne. La politique salariale reflète une volonté partagée d’équité, de justice, de transparence, d’intégrité, de participation aux fruits de l’entreprise au niveau le plus élevé possible.

* prendre en compte le besoin naturel d’épanouissement de chacun dans toutes ses dimensions (matérielles, émotionnelles, intellectuelles et spirituelles), dans le total respect des libertés individuelles. L’entreprise aide à l’amélioration de la communication entre les personnes. Elle œuvre pour une expression toujours plus élevée du respect mutuel, de la solidarité, de la tolérance. Elle prend en compte les aspirations d’évolution des individus dans leur existence et les aide dans cette démarche au plus haut niveau de ses possibilités.

b) Rapport avec les autres entreprises

Elles sont en synergie et non en compétition dans la mise en commun de leurs savoir-faire pour répondre au mieux aux besoins qu’elles ont choisi de satisfaire là où elles se trouvent. Toutes les entreprises d’un même secteur d’activité développent des relations de partenariat guidées par la simple volonté commune de servir les êtres humains et d’améliorer la qualité de la vie. Elles développent aussi entre elles la solidarité et l’entraide. Elles travaillent en réseau et mettent en commun leurs connaissances, leurs recherches, leurs découvertes.

c) Rapports avec les communautés locales, régionales, nationales et Internationales

* L’entreprise est à l’écoute et au service de sa communauté. Selon la nature de son activité, elle peut être locale, régionale, nationale ou internationale.

* Elle veille toujours à la meilleure intégration possible dans son milieu en respectant les particularités traditionnelles, culturelles et religieuses.

* Elle fait tout ce qu’elle peut pour améliorer les conditions de vie là où elle se trouve. Plus elle opère avec le reste du monde en raison de l’étendue de son marché naturel, des produits qui entrent dans ses fabrications, etc., plus elle veille aux conséquences possibles de son action sur les populations qu’elle touche directement et indirectement. Ceci prend toute son importance dans les relations nord/sud. En règle générale, l’entreprise ayant une influence sur les pays déshérités œuvre pour aider ces peuples à atteindre le plus rapidement possible la suffisance et l’autonomie économique avec des méthodes appropriées aux régions et populations concernées.

* Elle aide par son exemple et sans ingérence ni esprit de supériorité à la démocratisation et à la reconnaissance des droits de l’être humain.

§

Annexe 5

Conseils pour qu’une réunion

soit agréable et efficace

La ponctualité

Il est important qu’une réunion commence et se termine à l’heure. Ne pas entrer dans je jeu du « 1/4 heure » local. Ce jeu incite chacun à arriver en retard et, de proche en proche le ¼ d’heure glisse vers la ½ heure. Les personnes qui ont l’habitude d’être ponctuelles ne se sentent pas respectées et cela envenime le climat relationnel avant même que la réunion ait commencé. Pour éviter cela il suffit de commencer à l’heure prévue sans attendre les retardataires.

De même, la réunion doit se terminer à l’heure prévue., c’est là aussi une question de respect des contraintes de chacun.

La ponctualité n’est pas une simple question de politesse. Si elle est respectée elle créé une trame de sécurité et de respect mutuel qui prédispose les esprits à la bonne humeur et l’ouverture.

L’ordre du jour

Établir un ordre du jour compatible avec la durée de la réunion en veillant à réserver une marge:

Pour inclure un ou deux sujets qui pourraient être demandés au début de la réunion en raison leur actualité

Pour permettre de commencer la réunion par un temps d’expression libre destiné à évacuer d’éventuelles tensions, partager un ressenti, témoigner d’un événement qui puisse intéresser le groupe ou éclairer l’expérience en cours, partager quelque chose de personnel, etc…

L’ordre du jour est établi par l’animateur de la réunion précédente et envoyé à chaque participant par internet au moins 48h avant la réunion. Toutefois si les circonstances ne le permettent pas l’ordre du jour est remis aux personnes présentes à l’ouverture de séance. Un temps est prévu pour chaque sujet de sorte que l’addition des temps prévus + la marge, corresponde à la durée de la réunion.

En début de séance, (après le temps d’expression libre, la désignation de l’animateur(trice) de réunion et du gardien du temps), l’ordre du jour tel qu’il est présenté est soumis à adoption. On peut alors décider d’accorder plus de temps à tel ou tel sujet quitte à évacuer un autre qui peut attendre, inclure un nouveau sujet qui mérite d’être examiné pour sa pertinence et son actualité, etc… Si nécessaire une prolongation de séance peut être alors demandée en veillant à ce que cela soit accepté de bonne grâce par tous, y compris par celles et ceux qui ne pourraient pas rester au delà de l’heure initiale prévue. Il est toutefois souhaitable d’éviter cela, d’où la nécessité de prévoir une marge confortable.

Désignation d’un(e) animateur(trice) de séance

Quelle que soit l’organisation hiérarchique existante sur le papier, il est souhaitable que les responsabilités, à tous niveaux, ne deviennent pas des « rentes de position ». Ainsi, dans le cadre des réunions, nous recommandons de désigner un(e) animateur(trice) par tout procéder au choix (tirage au sort en début de réunion, liste tournante…) de sorte que ce rôle revienne indifféremment à chacun au fil du temps. Son rôle est de veiller à ce que toute personne demandant la parole puisse la prendre à son tour et sans la monopoliser et que la forme de communication soit respectée (voir plus loin). Il tâche aussi de prévenir les conflits en invitant le groupe à prendre du recul, « respirer », si les débats commencent à prendre la tournure de prise de position ou si le ton monte.

Désignation d’un(e) gardien(ne) du temps

Sur le même mode que l’animateur de séance, un(e) gardien(ne) du temps est désigné(e) en début de séance. Il (elle) veille a ce que le temps prévu pour chaque point de l’ordre du jour soit respecté. Il(elle) prévient le groupe lorsque la moitié du temps est écoulé, puis les ¾ puis. Les 5 dernières minute sont réservées à la rédaction du « QQCQ » (voir plus loin). Si un point de l’ordre du jour n’a pu être mené à son terme dans le temps prévu il est reporté à la réunion suivante. Une réunion spécifique peut être décidée en raison de son importance, ou un sous groupe peut être créé pour travailler spécifiquement sur lui. C’est sur la base de ce qu’aura produit ce sous groupe que la question sera ré examinée ultérieurement par l’ensemble des participants.

Désignation (éventuelle) d’un(e) secrétaire de séance

A moins que cela soit demandé ou reconnu nécessaire, nous suggérons de ne pas y recourir et d’adopter une alternative dans la rédaction d’un document de fin de séance que nous appelons le « QQCQ » dont nous parlerons à la fin de ce document.

Écrire un procès verbal de réunion est un travail fastidieux qui demande du temps à ceux qui le rédigent, et qui est souvent mal reçu dans la mesure où il ne peut que traduire de manière très abrégée ce qui a été dit. Beaucoup de personnes ne s’y reconnaissent pas et en fin de compte le résultat est globalement négatif. La décision de rédiger des procès verbaux de réunion doit être consciente quant à ses limites et contraintes; c’est pourquoi nous vous suggérons une autre méthode.

Définition du mode de prise de décision:

Ceci n’a pas à être décidé à chaque fois. Le mode de prise de décision doit être la première question abordée dans le groupe lors de la première réunion puisque l’action du groupe dépend des décisions qui seront prise en son sein. Encore une fois nous suggérons d’adopter le mode sociocratique (voir plus bas + http://fr.wikipedia.org/wiki/Sociocratie)http://fr.wikipedia.org/wiki/Sociocratie

Quel que soit le mode adopté, nous recommandons que les décisions soient prises par les personnes présentes habilitées à voter. Toute personne absente, habilitée à voter, accepte les décisions votées en son absence. Elle peut toutefois demander la révision d’une décision si elle apporte un éclairage nouveau et pertinent sur le sujet traité. Si (et seulement si) le groupe accepte de revenir sur le sujet en raison de l’importance des éléments exposés, la décision peut être rediscutée. Sinon, elle s’impose aux personnes absentes qui doivent les accueillir de bonne grâce.

L’organisation de la prise de parole

A – Les règles

Quelle que soit la forme de communication utilisée, quelques règles simples d’une grande valeur pour obtenir des échanges riches et agréables ont intérêt à être instituées à l’intérieur du groupe. Ces règles ne doivent pas être considérées comme des contraintes mais au contraire comme des outils d’aide à une communication saine. Elles ne doivent pas être imposées mais adoptées par consentement de l’ensemble des participants. Les règles ne doivent toutefois pas devenir des carcans. Si à l’usage on s’aperçoit que telle ou telle règle est mal vécue et génère des effets secondaires négatifs, il ne faut pas hésiter à la revoir. Bien veiller à rester dans la souplesse afin que les réunions soient des moments inspirants et conviviaux d’où on sort motivé. Voici quelques règles qui, selon nous, permettent cela :

* Un temps maximum d’expression: Une ou deux minutes par exemple. Cela a trois avantages au moins. Celui d’éviter la monopolisation de la parole (à laquelle certains sont coutumiers); celui d’apprendre à exprimer ce que l’on veut dire de façon concise; celui d’offrir à tous de nombreuses occasions d’expression. Toutefois, si nécessaire, une personne peut demander à avoir un temps élargi en raison de l’importance du sujet qu’il a à exposer. Le(a) gardien(ne) du temps veille à ce que chacun respecte l’espace convenu et fait signe à l’animateur(trice) quand le temps est écoulé.

* Demander la parole : Toute personne désirant la parole la demande ostensiblement en levant la main.

* Parler à son tour : Il appartient à l’animateur(trice) de séance de remarquer et noter les personnes qui ont demandé la parole, afin de la leur donner dans l’ordre.

S’il se révèle difficile d’obtenir une prise de parle harmonieuse, nous suggérons l’utilisation d’un « bâton de parole ». Il s’agit d’un petit objet qui donne la parole uniquement à la personne qui le tient. Dès qu’elle a terminé, elle le passe à la personne qui a demandé la parole immédiatement après, (désignée si nécessaire par l’animateur(trice) des débats). C’est également lui (elle) qui peut interrompre une personne détentrice du bâton si elle a dépassé son temps sur signe du (de la) gardien(ne) du temps. Lorsque le pli est pris, l’objet physique n’est plus nécessaire mais peut être réintroduit à tout moment si une dérive est constatée.

* Bannir les apartés et les discussions croisées: non seulement cela empêche ceux qui parlent entre eux d’entendre ce qui se passe, mais les personnes qui parlent ne se sentent pas écoutées. L’effet psychologique est très préjudiciable à l’harmonie du groupe et à l’efficacité de la réunion. L’animateur(trice) doit intervenir gentiment chaque fois que cela se produit.

* Non mise en cause des personnes, non jugement: Les échanges portent sur les idées et les projets. Chacun s’interdit la mise en cause, le jugement ou la critique des personnes. De même, évitez la critique ou le jugement négatifs des idées et propositions du genre « ça ne tient pas debout », « c’est idiot », « ça n’a pas de sens », (ou pire), etc… cela n’apporte rien si ce n’est de nuire à l’harmonie du groupe . Une façon positive et respectueuse de l’autre peut toujours être trouvée pour faire valoir une autre piste, un autre point de vue.

* Incarner les règles: elles ne sont là que pour favoriser un fonctionnement harmonieux. Elles sont la rampe à laquelle on peut se raccrocher pour éviter de tomber mais elles ne sauraient remplacer la bonne volonté, le plaisir d’être ensemble, le désir de participer à quelque chose de plus grand que soi et d’évoluer ensemble. Si cet esprit prédomine, les règles ne s’imposent plus de l’extérieur mais deviennent l’expression naturelle de la relation avec les autres. Pour cela, nous vous recommandons d’introduire dans la vie du groupe, dans le cadre des réunions et en dehors, tout ce qui peut alimenter la convivialité. Pots de l’amitié, fêtes, repas en commun… Surtout ne jamais se prendre au sérieux et laisser une bonne place à l’humour.

B – Les formes de communication

Les échanges sont différents selon la forme de communication. On la choisira on fonction de ce qui semble le plus adapté au travail en cours.

– L’expression libre: surtout utilisée en début de séance avant de commencer les travaux. Chacun peut dire comme il veut ce qu’il souhaite. En général il n’y a pas d’échange en ce sens que l’on est là dans le « témoignage » qui n’invite pas à réponse sauf si la personne pose une question. Le groupe se positionne dans l’écoute de la personne qui s’exprime et ne « réagit » pas aux propos sauf éventuellement pour honorer ce qui vient d’être dit

– L’information descendante : Une personne détient une information et désire en faire part au groupe. Là encore cette forme d’expression n’engage pas d’échange

– Le remue-méninges (brain storming): Forme de communication utilisée en créativité dont les but est de favoriser la production d’idées. Là, plus d’ordre, on est dans la spontanéité, on peut dire tout et n’importe quoi. On n’est pas dans un propos structuré mais dans le jaillissement d’idées reliées à l’objectif recherché, incluant une bonne dose d’humour.

– Le débat – la discussion: Partant d’une question, d’une idée, d’une proposition, un débat peut être lancé. Chacun, dans le respect des règles adoptées par le groupe donne son avis, amende, suggère etc… Le débat peut être intéressant lorsque l’on part de quelque chose qui est encore très vague pour faire émerger une orientation, définir un projet, préciser une idée. Sa limite toutefois est qu’il peut conduire à tourner rapidement en rond en ce sens qu’il devient un simple échange de positions personnelles. « moi je pense que »… « mais non il faudrait » … « vous n’y pensez pas au contraire je crois que … ». Bref, aboutir à des débats du type de ce que l’on voit à la télévision, où chacun reste sur sa position et d’où tout le monde sort frustré. Dans tous les cas, lorsque vous utilisez ce mode de communication, tâchez de ne pas être dans l’attitude de « vouloir l’emporter » mais de vouloir contribuer à amener l’idée ou le projet à un niveau d’expression plus précis et plus complet.

– Le processus sociocratique: plus qu’un mode d’expression, c’est un processus de décision. Mais celui-ci influence la forme de la communication. Le processus sociocratique ne peut se résumer en quelques phrases, il est beaucoup plus que ce que nous allons en dire. Mais nous voulons simplement souligner ici quelques caractéristiques qui permettent d’obtenir des échanges riches et agréables au sein d’un groupe.

Quel que soit le sujet, le but est d’obtenir un consentement de l’ensemble des participants par levée progressive des objections. Cela suppose qu’il y ait une proposition formulée au départ par l’un des participants. Une fois formulée il est simplement demandé « qui a une objection ?»

* Si l’on n’a pas d’objection, cela veut dire que l’on fait sienne à 100% la proposition. Ainsi, en admettant qu’elle ne soulève aucune objection dans le groupe cela signifie que, si le résultat ne correspond pas à ce qui est attendu, tout le monde sera solidaire.

* Avoir une objection ne signifie pas « ne pas être d’accord », « refuser » ou « critiquer ». C’est percevoir une limite personnelle ou collective; c’est vouloir préciser un risque, un point que l’on perçoit et qui semble ne pas avoir été pris en compte. Ainsi, même si une « solution » n’est pas proposée, l’expression de l’objection permet d’affiner, d’enrichir la proposition ou l’idée. Toute personne qui formule une objection doit être consciente de cela.

* Aucun débat, aucune discussion, aucun commentaire, aucune réaction ne s’instaurent à la suite d’une objection formulée par l’un ou l’autre, même si elle nous semble de peu de valeur au fond de nous. Ce point est capital. Il a au moins deux avantages :

* On ne se perd pas dans des discussions sans fin qui rendent les réunions stériles et frustrantes

* Chaque intervenant se sent écouté sans risquer d’avoir à se justifier, de se sentir jugé ou critiqué

* Une fois les objections exprimées, la proposition est amendée, enrichie pour en tenir compte. Cela peut se faire dans l’instant, ou demander un travail hors séance. La nouvelle proposition qui en découle est soumise de nouveau à objections et ceci jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’objection.

Ce processus implique que chaque participant s’engage tacitement à ne jamais rester sur une position de blocage, principalement quand l’objection repose sur une croyance ou conviction personnelle. En contrepartie aussi longtemps qu’une objection est soulevée elle doit être considérée comme une occasion d’amélioration de la proposition et non comme un obstacle à renverser. Le groupe s’engage donc à ne pas faire pression sur la ou les personnes qui ont encore une objection sous le simple prétexte qu’elle(s) « retarde(nt) ou empêche(nt) » la prise de décision. L’objectif n’est pas d’amener les minoritaires et les isolés à rejoindre la majorité mais d’écouter chacun, indifféremment du nombre pour trouver une position à laquelle chacun consent. Ces temps de « crispation » peuvent être une opportunité pour chacun dans la mesure où ils permettent de sortir des jeux de pouvoir classiques et d’expérimenter un mode relationnel plus respectueux de chacun.

A noter que le consentement représente un niveau plus élevé que le consensus. La recherche d’un consensus peut supposer des résignations, des compromis et à la fin la décision, même unanime, porte en elle de tels abandons que l’accord obtenu est plus une apparence qu’une réalité vécue.

Dans la recherche du consentement, on peut être amené à abandonner une position personnelle, non par lassitude ou résignation, mais par confiance dans le fait que la production du groupe est supérieure à la sommes des apports individuels. Le processus s’ancre dans la conscience d’un enrichissement progressif même dans les temps de « crispation ».

Ce processus est de plus en plus connu. Nous vous invitons à rechercher dans vote entourage une personne ressource qui pourra vous guider.

Conclusion des pmoints de l’ordre du jour et de la réunion

Le piège dans lequel on tombe facilement est de beaucoup parler dans le cadre des réunions, mais de laisser dans le flou les prochaines étapes et qui doit faire quoi. Pour éviter ce piège, nous recommandons d’utiliser la pratique suivante :

Où que l’on soit parvenu à la fin de chaque point de l’ordre du jour, on complète le document « QQCQ » (entendez Quoi – Qui – Comment – Quand).

tableau

– Quoi : Cela revient à se dire, « là où nous en sommes de ce point, quelle est la prochaine étape; donc que convient-il de faire maintenant ?

– Qui : Quelle est la (les) personne(s) la(les) plus apte(s) à le faire avec son(leur) accord bien entendu

– Comment : On décrit là la façon dont la(les) personne(s) va(vont) s’y prendre pour atteindre l’objectif résumé dans le « quoi »,

– Quand : La date à laquelle l’objectif devrait être atteint. On ne parle pas d’une date idéale, mais de ce qui est compatible avec la teneur de l’action à entreprendre et les possibilités de la /les personne(s) chargé(es) de l’action.

De cette façon, à la fin de la réunion, on a un panorama complet de la situation avec une vision claire de ce qu’il y a à faire en prochaine étape avec indication des personnes qui en sont chargées.

Ce document, dont une copie est remise à chacun des participants à l’issue de la réunion, remplace avantageusement le PV de réunion.

– Contrairement au PV souvent remis très tard, là, on sort de la réunion muni de la synthèse de la séance.

– Chacun sait exactement ce qu’il a à faire et le délai qu’il a pour le faire.

– Sans avoir à lire une abondante littérature on a l’information essentielle.

– Toute personne ayant besoin d’un renseignement spécifique sait, par la lecture du QQCQ, qui contacter précisément.

Enfin, le QQCQ permet de construire facilement l’ordre du jour de la réunion suivante. Il suffit de reprendre les points qui ne nécessitaient pas d’action et qu’il était prévu de reprendre à la réunion suivante et ceux dont la date d’échéance des actions à entreprendre est antérieure à celle de la réunion

§

Annexe 6

Recto

Pour comprendre le document qui suit il faut vous figurer une feuille A4 imprimée recto – verso et pliée en trois. Il s’agit donc d’un triptyque

Recto illustration charte

Modèle de plaquette

de présentation

Le modèle que nous vous proposons ci après n’est là que pour vous aider. Vous êtes bien entendu libre de créer le document issu de votre inspiration

Verso

version pdf

……………………………………………………………………………………………………..

source:http://www.aises-fr.org/303-meo-monnaie-compl-FR.html

8 octobre 2011 Posted by | DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE | , , , , | 5 commentaires

Contre le décret rendant obligatoires les protéines d’origine animale à la cantine.


 -2

– Cet article est une mise à jour de celui paru en 2011 au moment du vote du décret. Il est plus que jamais d’actualité malheureusement.

Les végétariens défendent leur liberté de conviction

Contre le décret rendant obligatoires les protéines d’origine animale.

Ces règles de composition des repas concernent l’ensemble de la restauration scolaire publique comme privée.

Elles imposent à six millions d’enfants en âge scolaire la consommation de la viande, du poisson, des produits laitiers et des œufs.

Des décrets analogues sont en préparation pour la quasi-totalité de la restauration collective en France, depuis la maternelle jusqu’aux établissements pour personnes âgées, en passant par les restaurants universitaires, les hôpitaux et les prisons.

C’est ainsi que la loi française, sous couvert d’une mesure de santé publique, interdit l’expression concrète d’une conviction.

Les citoyens végétariens se mobilisent pour défendre leur droit au choix alimentaire.

Un décret excluant

-5

Un décret et un arrêté publiés au Journal officiel du 2 octobre dernier 2011 [1] imposent aux cantines scolaires le respect d’un ensemble de normes censées garantir l’équilibre nutritionnel des repas. Chaque repas doit obligatoirement comporter un «plat protidique» dont les protéines sont exclusivement d’origine animale (viande, poisson, œufs ou fromage), en ignorance de l’existence de sources abondantes de protéines végétales, et un produit laitier supposé représenter le seul moyen de couvrir les besoins en calcium, en ignorance de l’existence d’alternatives végétales et minérales. Une fréquence minimum obligatoire de viande et de poisson est spécifiée.

Il sera donc désormais impossible pour les usagers réguliers des cantines d’être végétariens, c’est-à-dire de l’être tous les jours. Quant à être végétalien, ce ne sera pas possible ne serait-ce que le temps d’un seul repas.

L’enfant végétarien qui parviendrait malgré tout à laisser la viande sur le bord de l’assiette serait contraint de consommer des repas carencés, aucune alternative équilibrée n’étant proposée.

Une attaque contre la liberté de conviction

-4

De nombreuses personnes dans le monde ont la conviction profonde que la consommation des animaux et des produits de leur exploitation n’est pas légitime. Le végétarisme et le végétalisme sont l’expression concrète incontournable de cette conviction.

Le décret gouvernemental porte atteinte aux libertés individuelles fondamentales en restreignant le libre exercice des convictions personnelles tel qu’il est proclamé par les Nations Unies:

Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Ce droit implique la liberté d’avoir une religion ou n’importe quelle conviction de son choix, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, individuellement ou en commun, tant en public qu’en privé, par le culte et l’accomplissement des rites, les pratiques et l’enseignement [2].

Le traitement des animaux fait l’objet d’un débat d’opinion croissant en France même, comme en témoigne la parution de plusieurs ouvrages récents mettant en cause, ou au contraire défendant, la légitimité de la consommation de la viande [3].

La volonté du gouvernement d’imposer dans ce contexte ses propres choix idéologiques et économiques est ouvertement admise:

Le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, a annoncé la mise en place d’un programme national pour l’alimentation [qui] vise aussi à freiner l’impact de certains discours, comme celui de l’ex-Beatle Paul McCartney qui a appelé en décembre, en marge du sommet de Copenhague, à une journée hebdomadaire sans viande pour lutter contre le réchauffement climatique. Cet appel avait suscité une levée de boucliers chez les éleveurs […] [4].

La poursuite d’un mensonge nutritionnel institutionnel

Depuis plusieurs années, à travers notamment des éditions successives du Plan National Nutrition Santé (PNNS) et son visage public mangerbouger.fr, les pouvoirs publics diffament le végétarisme et le végétalisme.

Il est au contraire reconnu par de nombreuses autorités médicales et sanitaires dans le monde que l’on peut vivre, et bien, sans consommer la viande et les produits animaux. Par exemple:

La position de l’Association Américaine de Diététique est que les alimentations végétariennes (y compris végétaliennes) bien conçues sont bonnes pour la santé, adéquates sur le plan nutritionnel et peuvent être bénéfiques pour la prévention et le traitement de certaines maladies. Les alimentations végétariennes bien conçues sont appropriées à tous les âges de la vie, y compris pendant la grossesse, l’allaitement, la petite enfance, l’enfance et l’adolescence, ainsi que pour les sportifs [5].

Le débat sur la légitimité de l’exploitation des animaux est de nature philosophique, éthique et politique et doit pouvoir se poursuivre. Il n’est pas acceptable que l’État français, sous couvert d’une mesure de santé publique fondée sur des contre-vérités nutritionnelles, veuille interdire ce débat par la mise hors-la-loi de l’expression concrète d’une conviction.

Les végétariens se mobilisent

Des collectifs et associations végétariens s’organisent partout en France pour exprimer leur indignation face à ce décret, alerter l’opinion publique et contester les affirmations nutritionnelles diffusées par les pouvoirs publics. Des actions vont être organisées de manière imminente dans toutes les régions de France.

Ils appellent toutes les personnes et organisations soucieuses de défendre la liberté de conviction, quelles que soient leurs propres positions concernant l’exploitation animale, à joindre leur voix à ces protestations.

L’Initiative Citoyenne pour les Droits des Végétariens a déjà contacté les Nations Unies en mai dernier pour signaler des épisodes concrets de discrimination à l’encontre de personnes végétariennes en France[6]. Si le décret n’est pas retiré, l’ICDV annonce une nouvelle plainte contre la France pour violation de la liberté de conviction.

Signé par :

ACTA, ALARM, Animalsace, Animavie, Aquitaine décroissance, Association pour un homme plus humain, Avis, CABle, CLEDA, CLAM, Convention Vie et Nature, ICDV, One Voice, Nea, Revégez-vous, Veggie Pride, VegFest, VG56, Vivants, etc.

notes :

[1] Décret n° 2011-1227 du 30 septembre 2011 et arrêté du 30 septembre 2011. Ces textes font suite à la loi n°2010-874 du 27 juillet 2010 dite «loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche», qui dispose que : « Les gestionnaires, publics et privés, des services de restauration scolaire et universitaire ainsi que des services de restauration des établissements d’accueil des enfants de moins de six ans, des établissements de santé, des établissements sociaux et médico-sociaux et des établissements pénitentiaires sont tenus de respecter des règles, déterminées par décret, relatives à la qualité nutritionnelle des repas qu’ils proposent […]. »

[2] Déclaration sur l’élimination de toutes formes d’intolérance et de discrimination fondées sur la religion ou la conviction, proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 25 novembre 1981 (http://www2.ohchr.org/french/law/religion.htm), art. 1.1.

[3] En particulier Jonathan Safran Foer, Faut-il manger les animaux ? (Éd. de l’olivier, janvier 2011) ; Marcela Iacub, Confessions d’une mangeuse de viande – Pourquoi je ne suis plus carnivore (Fayard, mars 2011) ; Dominique Lestel, Apologie du carnivore (Fayard, avril 2011).

[4] Dépêche AFP du 21/01/2010.

[5] Position officielle de l’Association Américaine de Diététique.

[6] Voir sur le blog de l’ICDV, http://www.icdv.info/.

…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

Signez la pétition contre ce décret:
Pétition contre l’obligation de manger de la viande à l’école

> http://petition.icdv.info/

> http://petition.icdv.info/accueil

> et en anglais : http://petition.icdv.info/en

6 octobre 2011 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME, DECROISSANCE | , , , , | 4 commentaires

Semaine Mondiale pour l’Abolition de la Viande (SMAV) : 23-30 septembre 2011


Semaine Mondiale pour l’Abolition de la Viande (SMAV) : 23-30 septembre 2011
Pour la troisième fois cette année est organisée une Semaine Mondiale d’actions pour l’Abolition de la Viande (SMAV), du 23 au 30 septembre 2011.
L’élevage, la pêche et la chasse occasionnent en permanence un préjudice immense à un nombre incalculable d’êtres sentients qui souffrent et sont tués pour fournir de la viande.
Plus de 60 milliards d’animaux terrestres sont tués chaque année dans le monde pour être mangés. Infiniment supérieur encore, le nombre de poissons pêchés ou élevés pour finir dans les assiettes.
Les personnes qui refusent de cautionner l’exploitation des animaux pour leur chair sont de plus en plus nombreuses de par le monde. Néanmoins, le nombre de victimes de l’exploitation croît de façon exponentielle : toujours plus d’animaux sont élevés en batterie, toujours plus de poissons sont pêchés…
crédit photo : Colin Gildas/SIPA
Ces Semaines Mondiales d’actions pour l’Abolition de la Viande sont l’occasion d’affirmer publiquement que la consommation de produits animaux n’est pas un choix personnel : la question de la souffrance et de la mort que nous infligeons à des myriades d’autres êtres sentients engage évidemment les valeurs de notre société.
La légitimité morale de l’exploitation des animaux élevés, chassés et pêchés doit faire l’objet d’un débat de société.
Nous affirmons qu’aucun argument convaincant ne justifie ce massacre permanent : le plus grand carnage ayant jamais existé à la surface de notre planète doit cesser au plus vite.
Nous agirons sans relâche jusqu’à ce que le débat devienne possible et que nos sociétés en tirent les conséquences politiques.
Nous parions que le XXIème siècle sera celui de l’abolition de « la viande », c’est-à-dire de l’interdiction des produits de la chasse, de la pêche et de l’élevage.
Source: Communiqué de Presse

Pour de plus amples informations sur la démarche de la revendication de l’abolition de la viande :
http://meat-abolition.org/
http://abolir-la-viande.org/
http://abolitionblog.blogspot.com/

20 septembre 2011 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME, DECROISSANCE | , , , | 3 commentaires

20 mars : Journée Sans Viande (International Campaigns)


 

Une alimentation insoutenable

Ce texte propose une réflexion sur les raisons écologiques pouvant mener à adopter une alimentation végétalienne, et sur quelques questions qu’un-e écologiste radical-e peut se poser au sujet de l’exploitation animale.

Selon l’argumentation environnementaliste classique des végétalienNEs, l’alimentation à base animale est trop peu efficace, car elle consomme beaucoup plus de ressources et génère beaucoup plus de pollution que l’alimentation végétalienne. On peut définir l’efficacité de la production alimentaire comme le rapport entre les quantités de nourriture que mange l’humainE et ce qui est mis en œuvre pour que la nourriture arrive dans son assiette : agriculture, élevage, industries, transports, … La production alimentaire animale est d’une efficacité très faible, car elle se place au sommet d’une chaîne alimentaire à plusieurs étages, selon une hiérarchie humain/animal/végétal. Alors qu’une alimentation totalement végétale comporte un étage de moins : humain/végétal seulement, ce qui implique une base végétale environ 10 fois moins importante pour nourrir un être humain, car le rendement de l’élevage (par rapport aux végétaux de fourrage qui y entrent) dépasse rarement 10%.

La consommation de produits animaux implique donc non seulement une production végétale beaucoup plus importante qu’une alimentation végétale directe, mais la multiplication des étapes de production (élevage, boucherie, fromagerie, transports, congélation, conditionnement, emballage…) multiplie aussi les déchets, les sous-produits potentiellement polluants. Les conséquences de notre alimentation carnée et lactée sont dramatiques pour les sols, les eaux souterraines et de surface, les forêts et l’atmosphère.

La réponse des végétalienNEs à ces problèmes est de diminuer toutes ces pressions sur l’environnement en supprimant leur demande en élevage, ce qui diminue aussi leur demande indirecte en végétaux.

La nourriture :

La consommation d’animaux, eux-mêmes nourris de végétaux, est pour les humains une forme d’alimentation indirecte. En conséquence, pour obtenir la même quantité de calories ou de protéines dans l’assiette, il aura fallu cultiver 5 à 10 fois plus de végétaux pour de la viande que pour du pain. Dans les années 1990, 50% des céréales cultivées en Suisse (70% aux USA) étaient destinées à l’alimentation des animaux. Vous avez dit gaspillage ?

Les sols et les forêts :

Nourrir des animaux d’élevage demande plus de surface à cultiver pour faire pousser des céréales et autres végétaux. Comme il y a concurrence dans le monde entier entre l’agriculture et la forêt, et que les intérêts des humains priment sur ceux des autres espèces, ce sont les forêts qui trinquent ! La déforestation de la forêt amazonienne est en bonne partie destinée aux grands propriétaires terriens qui font de l’élevage et de la culture de soja pour l’exportation dans les pays riches. Comme les arbres maintiennent le sol grâce à leurs racines et diminuent le ruissellement de l’eau, le passage d’une forêt à une surface agricole se traduit souvent par une destruction des sols à court ou moyen terme. L’intérêt des humains est donc de minimiser leurs besoins en surface agricole, car l’épuisement des sols va bon train.

Pour ce qui est des terres trop pauvres pour l’agriculture et utilisées pour le pâturage, elles sont souvent surexploitées, notamment à cause de la misère de nombreuses communautés pastorales qui les pousse à user leurs terres au maximum, causant ainsi un appauvrissement des sols et une désertification progressive.

L’eau :

Le gaspillage devient encore plus criant lorsqu’on observe les conséquences de l’élevage sur les eaux, qui sont de plus en plus rares et/ou polluées dans de nombreux endroits de la planète. D’une part on consomme une grande quantité d’eau propre : alors que la production d’un kg de céréales nécessite environ 100 l d’eau, celle de viande nécessite 2000 à 15000 l d’eau ; d’autre part on rejette dans l’environnement des eaux fortement polluées.

Les surfaces agricoles destinées au fourrage nécessitent de l’irrigation, et sont largement cultivées de manière intensive, avec moult nitrates et produits biocides, et la pollution des nappes phréatiques que cela implique.

A cela s’ajoutent bien sûr les eaux usées issues de l’élevage, qui sont fortement chargées en ammoniac, ce qui est une des causes majeures (avec les nitrates et les phosphates) d’eutrophisation des eaux de surface. L’eutrophisation est une sur-fertilisation des écosystèmes aquatiques qui amène une prolifération d’algues, jusqu’à priver le fond de lumière et d’oxygène, ce qui fait d’abord disparaître presque toute la biodiversité puis crée des conditions anaérobies nauséabondes et polluantes.

Environ 50% de la pollution des eaux en Europe est due aux élevages massifs d’animaux. En Bretagne, la pollution des eaux due aux élevages porcins est une catastrophe majeure. Aux USA, la part de pollution des eaux due à l’agriculture est plus importante que celle due aux villes et aux industries réunies. En Suisse centrale, plusieurs petits lacs comme ceux de Sempach et de Baldegg sont si eutrophes (à cause de l’élevage bovin) qu’on a dû les oxygéner artificiellement à l’aide de pompes.

La biodiversité :

La destruction des forêts et le sur-pâturage, la pollution des eaux et le dérèglement climatique détruisent l’habitat d’innombrables espèces, ce qui ne manque pas de causer la disparition définitive de nombre d’entre elles.

De plus, les animaux que les humains utilisent pour se nourrir sont le fruit d’une très étroite sélection des espèces et races les plus rentables, que l’on reproduit à volonté au détriment de l’immense variété existant à l’état sauvage. Ce processus atteint actuellement son paroxysme avec les OGM qui sont en train d’être expérimentés tant sur les végétaux que sur les animaux.

L’effet de serre :

On a vu les problèmes de déforestation causées par l’élevage et le pâturage, et on peut facilement en déduire les conséquences en terme de larguage de dioxide de carbone (CO2) dans l’atmosphère, donc d’augmentation de l’effet de serre.

On sait moins que la production de méthane par les pets des vaches suisses augmente plus l’effet de serre que nos transports ! En effet, le méthane (CH4), gaz produit dans les processus de dégradation anaérobie (sans oxygène) de la matière organique, est environ 20 fois plus efficace que le CO2 en terme d’effet de serre. Or, les intestins des ruminants en produisent beaucoup, d’autant plus s’ils sont nourris de manière intensive avec des céréales. Résultat : la quantité de méthane dans l’atmosphère a augmenté de 150% en moins de deux siècles (les ruminants n’en sont pas la seule cause, mais une des principales).

N’oublions pas la consommation accrue d’énergie destinée à faire parvenir les produits d’origine animale dans nos assiettes : les tracteurs roulent au Diesel ; les intrants chimiques (fertilisants, biocides) demandent de l’énergie à la fabrication ; le transport du fourrage et du bétail se font souvent sur de longues distances ; les élevages, les abattoirs, les fromageries, la pasteurisation, le conditionnement, les congélateurs consomment de l’électricité et de la chaleur.

La médecine :

L’alimentation animale augmente indiscutablement les dégâts sanitaires de la « malbouffe » dans les pays riches : cholestérol, cancers, ostéoporose… Voir la brochure « Végétalisme et santé » aux éditions T’okup.

Le coût environnemental du traitement médical de ces maladies « de civilisation » n’a probablement pas encore été évalué. On peut toutefois imaginer qu’il est très important !

Illusions des omnivores bien-pensant-e-s

Pour répondre à l’argument : « je ne mange que peu de viande », il faut bien constater que ce n’est pas le cas de tout le monde. La consommation mondiale de viande a plus que doublé depuis 1950. En 1990, la consommation de viande en Suisse avait dépassé la consommation de pain. L’alimentation de ce pays est aussi caractérisée par une consommation élevée de lait et de fromages. Une étude récente s’inquiète du fait qu’une forte proportion de la population ne mange pratiquement pas de légumes. La Suisse n’est bien sûr pas un cas isolé dans les pays industrialisés. C’est donc bien d’une alimentation basée sur la consommation d’animaux que nous parlons. Même si la tendance au cours des années 1990 a été une lente diminution de la consommation de viande et une progression des aliments végétariens « de substitution », l’ensemble de la société n’a pas changé de mode de consommation en 10 ans.

Certaines personnes, en discutant avec des végétalienNEs, justifient leur consommation d’animaux par le fait qu’ »il faut bien que les vaches et les chèvres broutent l’herbe des prairies et des alpages ». Ensuite, ces personnes en concluent que « la viande, c’est écologique ». Ceci sous-entend qu’illes ne consomment que des produits animaux issus du pâturage, ce qui est généralement faux malgré le fait qu’illes « font attention ». La réalité est que la majorité du bétail est nourri avec des aliments concentrés : céréales, soja, farines douteuses, qui doivent être cultivés à cet effet. Leur raisonnement est d’autant plus déplacé qu’il fait référence à un contexte qui n’est plus celui d’aujourd’hui, celui où la production alimentaire était intégrée dans la société paysanne. Ensuite, on peut discuter de l’impact écologique du pâturage, qui dépend fortement des conditions économiques des communautés pastorales qui ont souvent mené au surpâturage, et donc à un fort appauvrissement des écosystèmes exploités.

Posons-nous plutôt la question : quel est le rôle écologique, aujourd’hui, de notre alimentation basée sur l’exploitation des animaux ? Il faut pour cela considérer le contexte dans lequel nous vivons : une société urbaine, industrielle et marchande.

Finie l’autonomie alimentaire, bonjour l’agriculture et l’élevage intensifs, l’industrialisation tous azimuts. Même s’il existe encore des bergerEs sympas et depuis peu des éleveurEs bio, l’écrasante majorité de la production alimentaire est organisée, rationalisée à grande échelle, et représente pour l’économie capitaliste un secteur industriel comme un autre.

Urbanisation et alimentation

Un des facteurs psychologiques masquant la réalité est le suivant : les habitantEs de la campagne sont maintenant intégréEs au mode de vie urbain, mais ne veulent souvent pas l’admettre. Ce paradoxe est caricaturé par la ménagère vaudoise remplissant son caddie de viande emballée sous plastique, au supermarché de gros… Un reste de culture issue d’un mode de vie paysan, en réalité en déclin depuis plusieurs générations. La production agricole (bio y compris) passe par des grandes centrales de distribution, pour alimenter les supermarchés des villes et des campagnes. Les petites boucheries se font rares, et l’abattage « à la maison » est illégal, car non soumis à l’impôt. Pourquoi un tel système s’est-il mis en place ?

Les régions densément peuplées, les systèmes urbains en particulier, doivent importer des ressources pour s’alimenter. Ceci implique que d’autres régions doivent produire plus que ce qui est nécessaire à leur propre consommation, pour pouvoir exporter vers les villes. Pour s’assurer de leur alimentation continue, les villes doivent s’assurer de la collaboration sans faille des campagnes ou des régions qui les nourrissent, et le font en établissement sur celles-ci des rapports de domination sociale : propriété privée, étatisation, colonisation, industrialisation, guerres. Pensons au colonialisme et à son importance pour le développement des villes et des états occidentaux. Tout au cours de l’histoire, les villes ont progressivement constitué le lieu du pouvoir, menant les processus de domestication de l’humanité : agriculture, esclavage, servage et salariat. Le salariat est la forme de domestication qui correspond à la révolution industrielle, et l’exode rural forma le prolétariat industriel, dépendant de l’État bourgeois.

Parallèlement progressa aussi la domination de la nature : de la révolution néolithique à la révolution industrielle, la « nature sauvage » s’est transformée aux yeux des humains en « ressources naturelles », à mesure que les progrès techniques poussèrent de plus en plus loin les possibilités d’exploitation de la nature. La domestication des céréales permit non seulement à des plus grands groupes humains de se rassembler et créer des villes, mais aussi à des élites de se former dans ces villes autour du savoir technique et du stockage des céréales, indispensables aux populations urbaines qui en dépendaient. C’est le même schéma qui n’a cessé de se répéter depuis : la domestication d’un élément préexistant dans la nature permet à une élite de domestiquer d’autres humains.

Prenons maintenant le contexte actuel des États industrialisés. L’ancienne classe paysanne y est maintenant considérée comme un ensemble de salarié-e-s, qui sont exploité-e-s par divers groupes privés (grands propriétaires, centrales de distribution alimentaires, semenciers, industries des machines agricoles, des pesticides, des antibiotiques, etc…) mais aussi par l’Etat (TVA, impôts fonciers, impôts de succession lors de l’héritage de la ferme, …) Dans un tel rapport de domination et d’exploitation, les agriculteur-ice-s luttent pour leur survie et doivent produire à moindre coût, ce que les pouvoirs en place justifient grâce à leur idéologie productiviste.

Le végétalisme contre le productivisme ?

Selon cette idéologie, la voie du progrès est l’augmentation continue de la productivité, c’est-à-dire la diminution des coûts de production par rapport à la richesse produite. Un exemple typique de l’idéal productiviste est l’énergie nucléaire, qui était vantée à ses débuts comme une source d’énergie tellement bon marché que la mesure de sa production coûterait plus cher que la production elle-même (« too cheap to meter »). Ce qu’on voit en pratique, c’est que cette idéologie profite uniquement aux possédantEs et néglige les conséquences sociales et environnementales de la production. Le productivisme est la logique de la privatisation des profits et de la collectivisation des coûts (les fameux « coûts externes »).

Ça s’applique bien sûr au nucléaire, mais aussi à l’élevage : l’exigence de minimisation des coûts conduit à la concentration et à l’industrialisation des élevages, ce qui profite aux capitalistes énumérés précédemment (grands propriétaires, Migros, etc…) et coûte au bien-être des animaux et à la société en général. Gestion publique des pollutions, endettement de la petite paysannerie puis mise au chômage, subventions de la production de viande, de lait, etc… Il est donc faux de dire que les consommateurs et consommatrices bénéficient du faible coût des produits animaux, puisqu’en tant que contribuables, illes assument les « coûts externes ».

Le raisonnement environnementaliste de certain-e-s végétalien-ne-s comporte une dimension économiste qui ne se distancie pas clairement de l’idéal productiviste, car elle inciterait à passer à une alimentation végétalienne pour des raisons d’efficacité économique. Habituellement, cet argument est ajouté pêle-mêle à ceux qui contestent l’exploitation des animaux, et la destruction du monde en général. Un point de vue écologiste radical devrait se contenter de ces derniers arguments pour contester tant l’alimentation prédatrice que le productivisme.

Vers un élevage industriel propre ?

Les adeptes du développement durable et de l’écologie industrielle voudraient recycler systématiquement les sous-produits animaux dans des nouveaux procédés industriels, offrant du coup des débouchés aux industries animalivores. Premièrement, c’est une illusion que de vouloir tout recycler, puisque tout procédé dégrade de la matière et de l’énergie, comme le décrit le deuxième principe de la thermodynamique, donc essayer de tendre vers la production « zéro-déchet » se heurte à des problèmes croissants de coûts financiers, énergétiques et matériels. Des limites de l’écologie industrielle : les risques de contamination dans le recyclage des farines animales nécessitent qu’une partie des déchets animaux solides soit brûlée, ce qui est un recyclage entropiquement moins efficace que le recyclage de matière.

Autre exemple : considérons par exemple le problème des pets de vache. Supposons que ces émanations empêchent la Suisse de respecter le protocole de Kyoto. Les ingénieurEs se demanderont : comment valoriser ce sous-produit de l’industrie laitière, ce qui nous permettra du même coup de protéger l’environnement ? On peut imaginer de traiter l’air des étables, et il faudrait pour cela que les vaches elles-mêmes y soient confinées et ne voient jamais la lumière du jour. Outre le fait que ce soit contraire aux objectifs de la libération animale, le méthane est surtout trop dilué dans l’air des étables pour être récupéré de manière rentable. On entendra alors la plaisanterie habituelle : « Ya qu’à mettre un sac au cul des vaches ! » que les ingénieurEs risquent fort de prendre au sérieux quand on sait la sophistication qu’illes mettent déjà à concevoir des techniques adaptant la vie du bétail aux impératifs économiques. Imaginons qu’illes trouvent un moyen de fixer une prothèse aux vaches pour capter leurs bio-pets, ce que les vaches apprécieront aussi… Mal(?)heureusement, des économistes de l’environnement viendront expertiser que le coût de ces prothèses dépasse les coûts externes engendrés par l’augmentation de l’effet de serre. Finalement, la solution qui s’impose : créer des vaches génétiquement modifiées pour ne pas polluer. Il paraît que la recherche scientifique y travaille déjà… Et voilà : on saura alors apprécier ces nouvelles manipulations qui réifient (en font des choses) encore plus les animaux, si c’est encore possible, sous des prétextes environnementalistes.

Ne pas choisir entre les humains et les autres

Nous avons pu constater, vu ses conséquences environnementales et son utilisation économique, que l’alimentation prédatrice contribue à piller la terre et à créer la misère généralisée.

Au lieu de ne faire que déplacer les problèmes, il faut se rendre à l’évidence que le meilleur moyen de réduire la consommation est de ne pas consommer, et que la voie la plus simple pour réduire les déchets est de ne pas en produire.

Au niveau éthique, le végétalisme s’inscrit dans le cadre de l’antispécisme (voir dans les définitions). On peut considérer que les souffrances des animaux d’élevage sont les souffrances directes que refusent les antispécistes, alors que les dégâts environnementaux de l’alimentation actuelle causent des souffrances indirectes aux animaux en détruisant leurs habitats. C’est une dimension non négligeable des intérêts en jeu dans nos choix alimentaires.

On peut même élargir la perspective, et considérer que le végétalisme s’inscrit dans la philosophie de l’écologie profonde, qui prône notamment l’égalité morale entre toute espèce vivante, humaine, animale, végétale ou autre, et attribue aussi une valeur propre aux écosystèmes (égalitarisme biocentrique). Il s’agit selon l’écologie profonde de mettre en question non seulement la souffrance (pathocentrisme), mais globalement l’utilitarisme qui nuit au droit à l’existence de la majorité des espèces « inutiles » et condamne les autres à devenir des choses (réification), par exemple pour l’alimentation humaine. Ce point de vue serait d’autant plus cohérent pour un-e végétalien-ne que la destruction des écosystèmes comme les lacs ou les forêts à cause de nos choix alimentaires serait moralement désapprouvée en tant qu’écologiste « profond-e ».

Par contre, aucun de ces courants d’idées n’attaque implicitement les hiérarchies internes à l’espèce humaine. Il existe une tendance chez les végétalienNEs, les partisanEs de la libération animale et les écologistes profonds à considérer l’espèce humaine comme un tout indifférencié, indépendamment de la position sociale des individuEs. Ce qui n’incite guère à combattre l’injustice sociale, ni à analyser les causes internes à la société de l’écrasement de la vie non-humaine. La lutte pour la libération animale aurait tout à gagner de comprendre certaines dynamiques culturelles qui façonnent le rapport aux animaux non-humains et l’idée de « nature », pour pouvoir ensuite mieux les contrer.

Un des risques des analyses « a-sociales » est de préconiser de réduire le nombre d’êtres humains par tous les moyens, et d’encourager les épidémies, les stérilisations forcées et les génocides. Certains déclarations de ce types ont été faites dans les années 1980 par des « deep ecologists » américains. S’il faut effectivement constater d’une part que le niveau actuel de la population humaine n’est pas soutenable pour la planète, d’autre part que l’humanisme exclusif est inacceptable, il est tout aussi inacceptable de proposer des solutions négligeant la souffrance et les intérêts des humain-e-s. Il ne s’agit pas de « venger la nature », car cela reproduit l’erreur fondamentale de considérer l’humanité comme étant séparée de la nature.

Pour éviter ces lourdes erreurs idéologiques, il faut réaliser la complexité de la société, dont tou-te-s les écologistes et les végétalien-ne-s sont issu-e-s, et en tenir compte pour mettre en place des stratégies efficaces. Par exemple, la plus efficace et la plus digne des stratégies de contraception est une éducation féministe. En ce qui concerne l’alimentation, le passage du fast-food à une alimentation écologique et non-prédatrice ne se fera pas s’il manque le plaisir et la convivialité d’une bonne bouffe partagée. Dans ces deux exemples, on peut à la fois les intérêts humains et non-humains. Il faut conjuguer la libération animale et le respect de la biosphère en général avec la libération humaine.

Révolution sociale et écologique !

Il faut aussi pour cela éviter les pièges de l’environnementalisme qui ne rompt pas avec les fondements de la domination et de l’exploitation. L’idéologie du développement durable pourrait-elle récupérer le végétalisme pour sauver le capitalisme ? Le végétalisme semble pourtant en nette opposition avec l’idéologie de la croissance, ne justifiant pas l’existence d’un secteur industriel par sa contribution au PIB, mais jugeant son activité comme étant nuisible en soi.

Dans une perspective libertaire et réellement écologiste, il faut penser le végétalisme dans une perspective de décroissance économique, de réappropriation de l’alimentation. Dans le contexte actuel, être végétalienNE pousse à cuisiner soi-même, à questionner l’industrialisation, mais à partir d’un certain seuil de tension écologique et sanitaire que nous sommes en train de passer, l’industrie produira de plus en plus de produits « écologiques et sains » ainsi que végétaliens, au-delà même des bénéfices d’image pour les entreprises.

Mais rien ne pousse le système productif capitaliste à dépasser les conditions de production esclavagistes, que ce soit pour du bétail OGM ou des légumes bio. Rien ne le pousse à dépasser le schéma « bouffe de merde pour les prolos, diététique pour les riches ». La logique productiviste demeure si on ne renverse pas le système économique qui l’incarne. La lutte pour les intérêts humains doit être intégrée de manière cohérente dans une stratégie antispéciste.

Un des enjeux principaux est de sortir du salariat et se battre pour atteindre l’autonomie alimentaire et économique, pour l’autonomie politique (autogestion). On doit pour cela se défaire de la dépendance et de la domination de l’Occident sur le reste du monde, défier l’urbanisation/industrialisation de nos espaces, s’approprier des technologies émancipatrices, combattre la marchandisation du vivant.

Selon ce dernier objectif, on peut argumenter qu’en étant plus sain, le végétalisme nous aide aussi à une réappropriation de la santé, évitant de recourir au salaire pour rétribuer le savoir spécialisé de la médecine bourgeoise. Certain-e-s préconisent « l’exode urbain ». Pour nourrir un nombre énorme d’humain-e-s, on peut imaginer des sociétés agro-forestières communautaires, plus nourrissantes que les monocultures, en s’inspirant par exemple de la permaculture. Et si l’on ne peut pas éliminer les villes, le végétalisme peut réduire leur rapacité, et rendre plus envisageable l’autonomie alimentaire.

Mais ces stratégies sont insuffisantes, car pour éviter de se cantonner à des expériences marginales, il faut renverser le système en place. Car, comme le montre l’histoire, l’Etat capitaliste, productiviste, marchand, etc… s’oppose toujours violemment à ce qui menace sa perennité, ce à quoi il ne peut pas s’adapter. L’objectif d’une alimentation non-prédatrice, ni pour les humains ni pour les autres espèces, s’inscrit dans une rupture vis-à-vis du rapport à la « nature » qui fonde notre société de domination et d’exploitation. Il y a donc fort à craindre que sans révolution sociale, tant la libération humaine que la libération animale se feront attendre !

(Brochure éditée à l’occasion du festival Viva Vegan à l’Espace Autogéré, Lausanne, du 11 au 13 avril 2003)

Le texte en pdf sur infokiosques

Plus d’infos sur cette brochure en contactant l’infokiosque de l’Espace autogéré de Lausanne (av. César-Roux 30, http://squat.net/ea).

Lire également l’article Comment l’état veut imposer la (sur)consommation de produits d’origine animale

Quelques définitions

Ces définitions sont proposées dans le but de faciliter la compréhension de certains termes. Les types d’alimentation ne sont pas à considérer comme des catégories exclusives ; dans la pratique elles sont parfois élastiques, et chacun/e définit son alimentation de façon personnelle.

Végétarien/ne – ne consommant aucun produit issu de l’abattage des animaux, c’est-à-dire ni viande d’animaux terrestres, ni viande d’animaux marins, ni gélatine, ni présure, ni caviar.

Végétalien/ne(ou végétarien/ne strict/e) – ne consommant que des végétaux, c’est-à-dire ni viande, ni produits laitiers, ni miel.

Vegan – terme anglo-saxon, souvent traduit par végétalien/ne en français. Un/e vegan, en plus d’être végétalien/ne, n’utilise aucun produit d’origine animale, dans toutes les facettes de sa vie, c’est-à-dire ni laine, ni cuir, ni fourrure, ni cire d’abeille, ni produits testés sur les animaux, etc…

Freegan – ce terme anglo-saxon s’applique aux personnes dont le mode de consommation est vegan, mais qui acceptent de se nourrir de produits d’origine animale lorsque ceux-ci sont obtenus sans soutenir leur production. Par exemple, un/e freegan mange du fromage récupéré gratuitement auprès de qulequ’un qui s’en débarasse, mais n’en achète pas.

Frugivore / fruitarien/ne – ne se nourrissant que de fruits (frais, secs, graines) pour ne pas détruire de plantes, ce qui peut être évité dans une certaine mesure en se limitant à la cueillette de fruits.

Crudivore – ne se nourrissant que d’aliments crus. CertainEs crudivores sont aussi végétarien/nes ou végétalien/nes.

Libération animale – terme définissant la volonté que les animaux ne soient plus exploités par les humains, dans le but de leur en épargner la souffrance, que ce soit pour les manger, utiliser leur force, s’en servir pour la recherche, pour ses loisirs, ou autre.

Antispécisme – courant éthique s’opposant au spécisme, c’est-à-dire à la discrimination sur la base de l’appartenance à une espèce. Très proche de la libération animale, ce courant se fonde sur le principe que les intérêts d’un animal à ne pas souffrir et à vivre une vie satisfaisante importent autant, moralement, que les intérêts équivalents d’un être humain.

Ecologie profonde(en anglais « deep ecology ») – éthique écologique selon laquelle toute la nature a une valeur propre (biocentrisme, holisme), et pas seulement une valeur utilitaire pour les humains (anthropocentrisme, environnementalisme). Toutes les espèces vivantes, mais aussi les écosystèmes, sont des sujets moraux selon l’écologie profonde. Vu la situation actuelle, certainEs « deep ecologists » préconisent une réduction importante de la population humaine.

Ecologie sociale – ce courant de l’écologie politique propose d’analyser les causes sociales de la destruction de l’environnement, et de s’appuyer sur les luttes sociales pour créer une société écologique et libertaire.

Ecologie industrielle – approche de l’ingéniérie visant à recycler tous les déchets industriels dans d’autres procédés, en planifiant les procédés industriels de manière intégrée. Ses promoteurs prétendent s’inspirer de la nature.

Développement durable – terme utilisé pour désigner un développement économique qui concilierait la croissance économique avec le respect de l’environnement et l’équité sociale. Ses promoteur-ices ne remettent pratiquement jamais en cause l’idéologie et la symbolique du développement, ni les fondements de l’économie marchande.

Permaculture – approche de l’agriculture et de l’habitat visant l’autonomie et la stabilité à long terme et à minimiser les besoins en travail et en énergie, notamment en imitant les écosystèmes naturels par la complémentarité des espèces. L’organisation dans l’espace et dans le temps doit être planifiée de telle sorte que chaque fonction soit assurée par plusieurs éléments (plantes, animaux, eau, soleil…), et que chaque élément ait plusieurs fonctions (nourriture, protection, chauffage, épuration…), pour garantir la pérennité du système.

…………………………………………………………………………………………………

Bibliographie / à lire

Renato Pichler, « Les conséquences écologiques et économiques d’une alimentation basée sur la viande », Sennwald, ASV, 1998.

Ed Ayres, « Beyond 2000 – will we still eat meat ? », Time Magazine (traduction Vegi-Info, Lausanne), 1999

André Gasser, « Ecologie et végétarisme », in Vegi Info n°8, p.8-9, 1999

Jean-Michel Jaquet, cours sur les « Ressources naturelles », Université de Genève, 2001.

« Végétarien & Végétalien, vivre sans manger les animaux », Toulouse, A.V.I.S., 1999.

« Manger est un acte politique ! », FTP n°8, 1999.

Clémentine Guyard, « Dame Nature est mythée : seconde mutation », Lyon, Carobella ex-natura, 2002.

Murray Bookchin et Dave Foreman, « Quelle écologie radicale ? Ecologie sociale et écologie profonde en débat », Lyon, Atelier de création libertaire, 1994

« Communautés, naturiens, végétariens, végétaliens et crudivégétaliens dans le mouvement anarchiste français : textes », Invariance, 1994

« Justicia animal » No1, Madrid, 2001


9 septembre 2011 Posted by | Alimentation, ANTI SPECISME, DECROISSANCE | , , , , , | 3 commentaires

(F)Estives de l’objection de croissance – Moissac 2011


[lettre-des-oc] FEstives à Moissac : dans 10 jours

Bonjour à touTEs

1- Voilà le programme des (F)Estives de l’objection de croissance est « bouclé » : à Moissac (Tarn et Garonne), les 19-20 et 21 août :

2- Rappel : la semaine suivante, du 25 au 28 août : Convergence citoyenne pour une Transition Énergétique à Lézan (Cévennes) dans le Gard : http://www.convergenceenergetique.org/

 


(F)Estives de l’objection de croissance – Moissac

Exposition de photos pendant nos (F)Estives de Nicolas Salaün : Travail et ressources (10 photos format 45×30 en noir et blanc) : http://www.les-oc.info/?p=1516

Vendredi 19 août

9h30 : prises de contact et jeux coopératifs (Alain Joffre)

Vers 10h15 : Ouverture des (F)Estives 2011 de l’objection de croissance : par Boris Prat et Michel Lepesant

  • Axe 1 : Est-il suffisant d’être « anti » ? C’est dans les luttes que se trouvent de réelles conditions pour susciter des débats et ouvrir des voies pour l’expérimentation sociale : mais est-ce suffisant ?
    • Après les réseaux de résistances, un réseau des réseaux ?
    • Une résistance locale peut-elle se contenter de rester locale ?
  • Axe 2 : Décroissance et convergences : dans quelle mesure la décroissance peut-elle être porteuse de convergence pour Dire, Faire et Agir sans attendre avec tous ceux qui portent les résistances ? Sous quelles formes co-construire ces convergences : plate-forme, rassemblement, réseau…

11h30 – 12h30 : Espace ateliers : graines de possibles :

  • Salle 1 : Thierry Sallantin, ethnologue : de l’antitourisme à l’invention d’un autre usage du temps
  • Salle 2 : Séverine Popec, l’expérience de La cyclofficine populaire d’Ivry sur Seine
  • Salle 3 : Martine Tiravy et Christian Sunt, ProXimités, comment et pourquoi faire vivre des médias papier ? http://proximites-lr.blogspot.com/
  • Salle 4 : Alain Joffre, jeux coopératifs : vers une écologie relationnelle
  • Salle 5 : Quelle position des OC sur le nucléaire ?

15h00 – 16h30 : Table ronde : Axe 1 : Est-il suffisant d’être anti ?

Puissance et limites des réseaux de résistances

17h30 – 18h30 : Espace ateliers : graines de possibles

  • Salle 1 : Thierry Brulavoine (Lien ElémentTerre http://lienelementerre.perso.sfr.fr/) et Raoul Jacquin (Kokopelli)
  • Salle 2 : Sergio Ghirardi : L’Italie entre le pire et le mieux: informations et débat sur la récente victoire antinucléaire du referendum et la résistance des NO-TAV en Val di Susa.
  • Salle 3 : Pierre Alliot : à quoi sert une monnaie locale ? http://monnaie-locale-romans.org/
  • Salle 4 : Alain Joffre, jeux coopératifs : vers une écologie relationnelle
  • Salle 5 : Les OC dans les élections 2012

19h00 – 20h00 : Festivités

Poésie sonore : Nathalie Desouches http://www.myspace.com/nathaliedesouches

21h00 : Après le repas : Projection du film « Simplicité volontaire et décroissance 3 (changer, et changer le Monde)» avec la présence du réalisateur Jean-Claude Decourt. http://utopimages.org/

Samedi 20 août

9h30 – 11h00 : Table ronde : Axe 2 : Décroissance et convergences

Que peut-on faire converger ?

11h30 – 12h30 : Espace ateliers : graines de possibles :

  • Salle 1 : Alain Duez : Une décroissance juste dans une économie solidaire : présentation du Plan ESSE et débats. http://www.le-plan-esse.org/. La sortie durable des crises passe inéluctablement par un changement profond de nos pratiques économiques. L’économie sociale et solidaire qui doit aujourd’hui intégrer l’écologie à ses valeurs (ESSE), a vocation à participer largement à cette mutation. Créer les conditions d’une évolution ambitieuse et significative de son emprise (passer en 20 ans des quelque 8 % actuel du PIB à 35 %), tel est la raison d’être du Plan ESSE. Le projet est étonnamment simple, eu égard aux enjeux et aux changements que l’on est en droit d’en attendre.
  • Salle 2 : Christophe Degennes (PPLD – Solidaires) http://www.solidaires.org/ et Thomas Couderette : Décroissance et syndicat : vers un Syndicat du Bien-Vivre ?
  • Salle 3 : Atelier d’écriture (Nathalie Desouches)
  • Salle 4 : replacer l’émancipation dans une perspective sécessionniste http://opdlm.jimdo.com/ : Bernard Bruyat et Caterine Tarral
  • Salle 5 : une association de financement commune aux OC

15h00 – 16h30 : Table ronde : Axe 1 : Est-il suffisant d’être anti ?

Puissances et limites des résistances locales

17h30 – 18h30 : Espace ateliers : graines de possibles

  • Salle 1 : Madani Doumi et Alain Duez : quelle ESS pour quels territoires ?
  • Salle 2 : Boris Prat – Saint Antonin Noble Val, cas concret  de coopérative d’activités et entrepreneurs pour travailler autrement avec des projets porteurs de sens http://www.ozon82.com/ . Avec Didac, Sanchez Costa i Larraburu, membre fondateur de la Coopérative Intégrale Catalane – Sarra, EcoRéseaux en région nantaise
  • Salle 3 : Jean-Yves Renouf, Objection(s) à la croissance démographique ?
  • Salle 4 : Claude Le Guerrannic : Quelle place pour l’individualisme dans une société conviviale ? http://editions-libertaires.org/?p=148
  • Salle 5 : la Coopérative du MOC ?
  • + : Wilhem Sunt : comment l’habitat pourrait permettre de sortir de la précarité ?

19h00 – 20h00 : Festivités

Poésie sonore : Nathalie Desouches

21h00 : Après le repas : Film (28′) « RFID : la police totale » par le collectif Pièces et Main d’œuvre. http://www.piecesetmaindoeuvre.com/

Dimanche 21 août

9h30 – 12h00 : Table ronde : Axe 2 : Décroissance et convergences

Rassembler les radicalités anti-productivistes et écologistes ?

  • Elodie Vieille-Blanchard (les Alternatifs)
  • Corinne Morel Darleux (PG)
  • Vincent Gay (NPA)
  • Christian Sunt (MOC)

15h00 – 16h30 : Espace ateliers

  • Atelier Aderoc : Organisation et projets

15h00 : On range avec ceux qui restent

RDV pour les (F)Estives 2012 en Belgique




Si vous avez des informations à faire diffuser (initiative concrète, rencontre et revue), merci de nous écrire pour la prochaine
Lettre des OC (une seule condition incontournable : l’esprit de convergence). Merci à tous ceux qui ont déjà répondu aux précédentes lettres. Ensemble, « soyons le changement que nous voulons voir pour le Monde » (Gandhi).

Merci d’avoir lu. En espérant vous voir lors d’une des rencontres de cet été…

Michel Lepesant et Christian Sunt.


Pour abonner vos amis : http://les-oc.info/lettre/

9 août 2011 Posted by | DECROISSANCE | , | Laisser un commentaire

Cet été 2011 [lettre-des-oc]


Bonjour à touTEs

1- Multiples possibilités de se rencontrer cet été ; inutile de faire à son tour doublon avec des recensements déjà très bien faits par d’autres. Donc, à chacun d’aller voir :

2- Nous en mettons en avant 4 :

3- Comment ne pas faire une lettre des OC sans un mot sur le feuilleton des OC en politique/présidentielle/campagne 2012 ?

  • Initiative du PPLD sous le nom de Collectif Décroissance 2012 : http://www.decroissance2012.fr/?page_id=88
  • Clément Wittmann continue à pédaler : http://clementwittmann2012.fr/ et est toujours soutenu par le POC ; et il soutient aussi l’initiative précédente…
  • Dans une perspective de rassemblement des radicalités de gauche antiproductivistes et écologistes, le MOC a rencontré le NPA et s’est adressé directement aux militants du NPA lors de leur conférence nationale de la semaine dernière : http://www.les-oc.info/?p=1282
  • Paul Ariès soutient toutes les initiatives « qui permettront de faire converger les antiproductivistes des gauches et les écologistes antilibéraux ».




Si vous avez des informations à faire diffuser (initiative concrète, rencontre et revue), merci de nous écrire pour la prochaine
Lettre des OC (une seule condition incontournable : l’esprit de convergence). Merci à tous ceux qui ont déjà répondu aux précédentes lettres. Ensemble, « soyons le changement que nous voulons voir pour le Monde » (Gandhi).

Merci d’avoir lu. En espérant vous voir lors d’une des rencontres de cet été…

Michel Lepesant et Christian Sunt.

13 juillet 2011 Posted by | DECROISSANCE | , , , , , | Laisser un commentaire

La permaculture à Cuba : exemple de conversion en culture urbaine biologique


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L’association France Amérique Latine Bordeaux (FAL33) mène en partenariat avec une Fondation cubaine [1] un projet de solidarité internationale pour la mise en place de la permaculture sur le plateau de Bellamar, à Matanzas. Dans le cadre de ce projet, FAL33 a le plaisir d’accueillir du 1er juillet au 15 juillet deux permaculteurs de la FANJ pour renforcer les échanges sur la permaculture et la diffusion de connaissances en Aquitaine.

Ces évènements sont dans le calendrier des Estivales de la Permaculture

Nous vous invitons à participer aux plusieurs activités mise en place lors du séjour de Maria Caridad Cruz et Roberto Sanchez, permaculteurs et formateurs de la FANJ, en Aquitaine :

Conférence « Permaculture cubaine : développement durable face aux défis environnementaux, sociaux, économiques et culturels ».

Le 2 juillet à partir de 11h30 à Barsac : Cette conférence se tiendra dans le cadre du Festival cubain Duende Cubano (www.duendecubano.eu). Entrée libre pour cette conférence.

L’association France Amérique Latine Bordeaux (FAL33) mène en partenariat avec une Fondation cubaine [1] un projet de solidarité internationale pour la mise en place de la permaculture sur le plateau de Bellamar, à Matanzas. Dans le cadre de ce projet, FAL33 a le plaisir d’accueillir du 1er juillet au 15 juillet deux permaculteurs de la FANJ pour renforcer les échanges sur la permaculture et la diffusion de connaissances en Aquitaine.Ces évènements sont dans le calendrier des Estivales de la Permaculture

Nous vous invitons à participer aux plusieurs activités mise en place lors du séjour de Maria Caridad Cruz et Roberto Sanchez, permaculteurs et formateurs de la FANJ, en Aquitaine :

Conférence « Permaculture cubaine : développement durable face aux défis environnementaux, sociaux, économiques et culturels ».

Le 2 juillet à partir de 11h30 à Barsac : Cette conférence se tiendra dans le cadre du Festival cubain Duende Cubano (www.duendecubano.eu).

Entrée libre pour cette conférence.

source: fal33

18 juin 2011 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE, résilience, SANTE, webTV | , , , , , , | Laisser un commentaire

Rencontres Objecteurs de Croissance à Moissac en Août


communiqué de la Coopérative du MOC
Les Objecteurs de Croissance se rencontrent à Moissac, dans le tarn et Garonne (82) du 19 au 21 août Nous espérons que comme les fois précédentes toutes les sensibilités du mouvement de la décroissance, de l’anti-productivisme et de l’après-développement seront présentes à ces rencontres pour en faire un moment unique de dialogue.

 

– Commençons par un mea culpa : nous, ceux du MOC, nous ne sommes pas bons du tout dans l’organisation :

  • Nous le regrettons à moitié parce que le MOC, c’est le Mouvement des OC qui a quelques très fortes réticences pour tout ce qui ressemble à un parti, avec sa structure pyramidale, ses porte-paroles…
  • Pour ceux qui préfèrent un parti pour les OC, il faut se désabonner de cette liste et aller visiter les sites de nos amis « partidaires » : le PPLD et le POC
  • Pour les autres, nous pensons qu’il y a une occasion à ne pas manquer pour tenter un début de bout d’organisation du MOC dans les régions : ce sont les rencontres d’été que nous appelons les (F)Estives.

Pour une présentation rapide du MOC et son « inorganisation » : http://www.les-oc.info/category/moc/

Pour des informations sur les (F)Estives qui auront lieu à Moissac (82) du 19 au 21 août : http://www.les-oc.info/category/visibilite/moissac/

– Difficile de « construire » un « réseau du MOC en régions » par mail :

  • C’est pourquoi nous ferons de ces rencontres l’occasion pour les présents de se rencontrer et surtout de discuter ensemble pour FAIRE ensemble ce réseau
  • En attendant, ce serait bien que ceux qui le peuvent/veulent puissent :
    • prendre contact avec nous : par l’intermédiaire de cette liste (à utiliser sans abus – dès que possible, faire un mail direct)
    • s’organiser au plus près de chez eux pour mutualiser le covoiturage
    • diffuser dans les blogs/sites amis l’information sur ces (F)Estives
  • Faire d’ores et déjà des propositions pour cette construction du MOC dans les régions (comment mutualiser et « faire réseau » avec : nos informations, nos réflexions, nos alternatives…)

4- Dernier point : la « Coopérative du MOC », c’est pour le moment une vingtaine d’OC (plutôt dans une grande moitié sud de la France) qui par cooptation travaillent plus ou moins pour la visibilité politique des OC en général et plus particulièrement du MOC. Certains sont des OC à l’intérieur de formations politiques existantes (NPA, PG, EELV, Utopia…), nous sommes tous engagés dans des alternatives concrètes et les diverses résistances…

Cette « coopérative » n’est pas fermée, elle est une « cooptérative » ouverte à tous les engagés dans les résistances (contre-pouvoirs et anti-pouvoirs) et les alternatives concrètes en local…

Merci d’avoir lu

Michel Lepesant, membre de la Coopérative du MOC

7 juin 2011 Posted by | DECROISSANCE | , , , , , , , , | 1 commentaire

Fukushima (chronologie des événements-mois de Mai)


1er mai

* 13h, François Chérèque aborde la question de la sortie du nucléaire à l’issu du défilé du 1er mai. Pour lui, si la sortie du nucléaire n’est pas possible dans l’immédiat, on peut au moins chercher à en diminuer l’importance, cela passe par l’arrêt de la construction de nouveaux réacteurs et la fermeture des réacteurs les plus dangereux.

2 mai

* 4h15, cinquante manifestants de Greenpeace bloquent l’entrée du chantier de l’EPR à Flamanville à l’aide de deux camions placés en travers des portails d’entrée. D’autres manifestants ont réussi à pénétrer sur le site et trois grues sont occupées.

* 5h, TEPCO annonce la construction d’une digue au large de Fukushima pour éviter les risques de tsunami au moment où les réacteurs ont leur cœur à l’air libre. La digue sera construite d’ici la mi-juin.

* 7h, TEPCO s’inquiète d’une remontée de la radioactivité en iode 131 (30 % plus haute ce matin que jeudi dernier, craignant l’apparition d’une nouvelle fuite sur le réacteur n°2.

* 17h, les forces de police ont réussi à aller décrocher les militants de Greenpeace et à libérer les grues du chantier de l’EPR occupées. Quatre militants ont été molestés. 42 placés en garde à vue. Ils sont convoqués au tribunal de Cherbourg le 16 juin.

* 19h, Suite à une rencontre post-Grenelle, Sarkozy propose un Grenelle de l’efficacité énergétique… sans aborder la question du nucléaire. Greenpeace, FNE et WWF rejettent la proposition. Par contre les associations obtiennent la promesse d’un audit de la Cour des comptes sur les coûts de l’ensemble de la filière nucléaire.

3 mai

* 8h, premier jour de production pour la centrale éolienne Baltic 1 construite en mer au large du nord de l’Allemagne. Cette centrale offshore de 40 MW appartient à Siemens qui communique en se présentant comme « leader dans le domaine de l’éolien ». Il y a quelques années, elle était leader dans le domaine du nucléaire. Le vent tourne… Pour le moment, il y a 21 éoliennes, mais il est prévu progressivement de monter à des centaines de machines pour atteindre plusieurs milliers de MW.

* 10h, TEPCO explique qu’avec le temps qui passe, le site de Fukushima devient de plus en plus radioactif et les zones où les humains ne peuvent pénétrer s’étendent. TEPCO lance donc un appel aux fabricants pour récupérer des robots commandables à distance pour pouvoir effectuer la suite des opérations. L’armée américaine pourrait fournir en partie ce type de matériel, le Japon n’ayant pas de robots programmés pour ce genre d’interventions.

* 12h, environ 400 petits actionnaires de TEPCO ont déposé une motion pour l’assemblée générale de la société demandant que celle-ci renonce à l’énergie nucléaire. 232 actionnaires ont fait la même demande à la société Tohoku Electric.

* 14h, le gouvernement japonais a décidé de créer une provision de 33 milliards d’euros pour indemniser les populations déplacées.

* 17h, Sarkozy en visite à Gravelines, fustige les antinucléaires : « si on arrête le nucléaire, le prix de l’électricité sera multiplié par 4 (…) Il faudrait dépenser 45 milliards d’euros pour fermer le parc nucléaire ». Pour le prix, il n’y a qu’à regarder les prix dans les pays sans nucléaire : c’est sensiblement le même qu’en France. Quant au prix pour arrêter le nucléaire, il se trompe également : c’est beaucoup plus car le démantèlement des réacteurs actuels (qu’il faudra bien faire un jour de toute manière) coûtera sans doute entre 100 et 200 milliards. Greenpeace lui répond que maintenir le nucléaire a aussi un prix : remplacer les 58 réacteurs actuels vieillissants coûterait au bas mot 200 milliards… les remplacer par des éoliennes ne coûterait pas aussi cher. Cécile Duflot pour EELV a répondu également : « Nicolas Sarkozy a servi aux Français une soupe caricaturale, mensongère et méprisante au sujet de l’énergie nucléaire (…) Nicolas Sarkozy se comporte aujourd’hui en camelot et débite des poncifs », « le nécessaire débat sur le nucléaire et l’énergie mérite une posture plus digne de la part du président français ».

4 mai

* 9h, TEPCO annonce que l’eau de mer, à 15 km de la centrale, présente un taux de radioactivité 600 fois supérieur à la normale : 1400 bq/l de césium 137, 1300 bq/l de césium 134 et 190 bq/l d’iode 131. Les antinucléaires s’inquiètent que les mesures ne soient faites que sur quelques radionucléides alors qu’il y en a des milliers dont certains sont encore plus toxiques (uranium, plutonium, américium…).

* 12h, polémique autour de la présence de femmes parmi les travailleurs exposés sur le site de Fukushima. TEPCO n’a pas tenu compte de leur plus grande sensibilité aux radiations et plusieurs femmes sont gravement contaminées.

* 12h, lancement d’un appel international des « Mères pour sauver les enfants des radiations » qui protestent contre le relèvement des taux de radioactivité admissible pour les enfants… au niveau des travailleurs du nucléaire (voir site http://mscr2011.jugem.jp)

* 12h, le gouvernement estime le coût de l’accident à plus de 4000 milliards de yen (33 milliards d’euros) et demande que TEPCO en paie la moitié, que les huit autres électriciens paient le reste. TEPCO entame un lobbying pour essayer de bloquer tout projet de nouvelle loi qui irait dans ce sens.

* 16h, huit associations (Greenpeace, WEFC, Hespul, Réseau Sortir du nucléaire, Agir pour l’environnement, Les Amis de la terre, le CLER et le Réseau action climat) ont adressé une fin de non recevoir à Nicolas Sarkozy concernant l’organisation d’un Grenelle de la sobriété énergétique qui ne prendrait pas en compte le nucléaire.

* 16h, à Besançon, en soutien au mouvement Independent Who (voir ci-après), une exposition des portraits de 270 liquidateurs de Tchernobyl est installée place Pasteur par le collectif antinucléaire bisontin.

* 18h, après quatre ans de présence devant l’entrée de l’OMS, six militants d' »Independent Who – OMS indépendante » et un représentant de la ville de Genève sont reçus pour la première fois par Margaret Chan, la directrice générale de l’OMS. L’entretien a duré deux heures, mais les promesses concernant la publication des documents disponibles sur les conséquences sanitaires de Tchernobyl sont restées floues. La directrice s’est retranchée derrière le manque de personnel et d’expertise dans ce domaine, pour justifier le manque d’implication dans le domaine nucléaire. Elle a annoncée la mise en place d’une étude épidémiologique pour le suivi de l’accident de Fukushima, mais ne s’est engagé en rien concernant la publication des données. Elle a refusé toute révision de l’accord entre l’OMS et l’AIEA, estimant que cela ne nuisait pas à l’indépendance de l’OMS.

* 19h, Christophe de Margerie, P-DG de Total qui a, pour la première fois, pris 8 % dans la capital de l’EPR de Penly (Seine-Maritime) annonce dans un entretien à Challenges que le projet pour ce 2e EPR est stoppé. Eric Besson, pour le gouvernement, a vivement réagi contre cette affirmation. Mais c’est bien Total qui paie, pas Eric Besson ! Dans le même entretien, Christophe de Margerie déclare : « Avant même Fukushima, la situation n’était pas très encourageante. Les Allemands, les Italiens et les Britanniques étaient incertains. Il y avait une envie de faire, mais rien de concret, sauf en Chine, peut-être en Inde et à Abou Dhabi. Depuis l’accident japonais, l’hésitation de l’Allemagne s’est fixée sur le retrait du nucléaire. En Italie, c’est la même chose. Aux Etats-Unis, c’est pareil ».

* 19h, André-Claude Lacoste, président de l’Autorité de Sûreté nucléaire, s’inquiète du calendrier prévu pour faire les tests sur les réacteurs nucléaires : seulement deux mois et demi à la rentrée 2011. Il reconnaît qu’il n’est pas possible d’être transparent sur des questions comme les chutes d’avion ou les risques terroristes. Il répond aussi au vœu de l’AIEA que les normes internationales soient contraignantes : pour lui, ce n’est pas possible car plusieurs Etats dont les Etats-Unis, la Chine, la Russie et l’Inde s’y opposent.

* 20h, le gouvernement autrichien dénonce le laxisme des tests envisagés sur les réacteurs européens. Il demande notamment que soient envisagés des attentats terroristes. Le groupe des Verts au Parlement européen estime que la Grande-Bretagne et la France ont tout fait pour en arriver là. Le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung révèle que ces deux pays ont tout fait pour que l’on évite de parler de la chute d’un avion… car aucun réacteur ne pourrait résister à cela et logiquement, il faudrait donc tous les fermer ! Des élus Verts révèlent que la cybercriminalité n’est pas — officiellement du moins — prise en compte… alors que le projet de réacteur iranien a été récemment stoppé par un sabotage informatique.

5 mai

* 7h30, pour la première fois depuis le 11 mars 2011, deux ouvriers ont pénétré dans le réacteur n°1 pour essayer de rebrancher des systèmes de ventilation. Ils sont habillés avec des tenues de protection maximales, le taux de rayonnement, 700 millisieverts par heure, ne permettant de rester que quelques minutes.

* 8h, le site Altermonde reprend un entretien diffusé le 27 avril sur la chaîne de télévision belge 7sur7. La physicienne australienne Helen Caldicott, experte en armes nucléaires depuis trente ans, y explique pourquoi Fukushima est pire que Tchernobyl : pour elle, si Tchernobyl a déjà tué environ un million de personnes et contaminé 40 % des sols européens, elle estime que Fukushima est encore pire : 6 réacteurs d’un coup et ceci dans une zone très densément peuplée. Il y avait 250 kg de plutonium dans ces six réacteurs et les piscines de stockage. Même si on ne sait pas encore quel pourcentage est parti dans l’atmosphère, elle rappelle que sa toxicité est énorme et pourra contaminer d’autant plus de gens que la contamination circule par les produits alimentaires.

* 9h, la température du combustible dans le réacteur n°3 est remonté à 143°C soit 33°C de plus en une semaine. TEPCO cherche l’explication et craint un nouvel incendie.

* 10h, polémique au Japon sur l’état des réacteurs nucléaires. Selon un rapport de la JANTI (Japan Nuclear Technology Institute), un organisme de promotion du nucléaire, les scénarios communiqués par TEPCO et par le gouvernement sont erronés. Pour son directeur, Mishio Ishikawa, ancien conseille de l’AIEA, les cœurs des réacteurs 1, 2 et 3 ont fondu à 100 %.

* 15h, le gouvernement bulgare annonce que la moitié des gaines de protection du réacteur n°5 de la centrale nucléaire de Kozlodoui sont fissurées, libérant un gaz radioactif (le xénon 133) sans émission hors du réacteur. Cela a été découvert lors d’une opération de maintenance. Les mêmes défauts avaient déjà été trouvés dans le réacteur n°6. Seuls les réacteurs 5 et 6 sont encore en fonctionnement. Les 4 premiers ont été fermés entre 2002 et 2006.

* 15h, l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire suisse reconnaît que les piscines de combustibles des cinq réacteurs suisses ne résisteraient pas à un fort séisme. Elles ne sont pas non plus sûre en cas de forte inondation. Les exploitants ont jusqu’à fin août pour proposer des solutions.

* 17h, devant l’Assemblée nationale, Jacques Repussard, directeur général de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, affirme « Il faut accepter de se préparer à des situations complètement inimaginables ». Non, merci, vraiment, on préfèrerait se passer du nucléaire.

6 mai

* 7h, environ 10 000 manifestants ont manifesté sous la pluie à Tokyo pour demander une sortie du nucléaire.

* 8h, manifestation de sous-traitants polonais devant le chantier de l’EPR. Ils dénoncent le non-respect de la législation sur le travail, avec le soutien de la CGT.

* 13h30, le gouvernement japonais demande à la compagnie Chubu Electric, l’arrêt des réacteurs de la centrale d’Hamaola située à 200 km au sud-ouest de Tokyo. Cette centrale est dans une zone fortement séismique et également proche de la mer. La fermeture serait pour le temps de construire une digue anti-tsunami et une vérification des capacités à résister à un séisme important. La centrale compte 2 réacteurs à l’arrêt et 3 autres en fonctionnement. Cela représente une perte de 3360 MW de puissance supplémentaire (en plus des 11 réacteurs arrêtés le 11 mars et de 3 autres toujours arrêtés depuis le séisme de 2007).

* 15h, une cinquantaine de manifestants des Jeunes écologistes manifestent à la défense pour — faussement — défendre les groupes industriels victimes des normes vertes liberticides.

7 mai

* 12h, un projet de nouveau rapport du Groupe intergouvernemental d’experts de l’ONU sur l’évolution du climat (Giec) est rendu public par l’AFP. Ce rapport de 1500 pages doit encore être soumis aux Etats avant validation. Dans les données, il y est dit que charbon, pétrole et gaz représentent 85 % de notre consommation énergétique mondiale, les renouvelables 13 % et le nucléaire… 2 %. Le rapport compare 164 scénarios. Selon les choix qui sont faits, la part du renouvelable devrait, d’ici 2050, augmenter de 3 à 20 fois. Le GIEC insiste pour qu’il y ait une modification des subventions en leur direction au détriment des énergies fossiles. Même dans le cas le plus favorable (77 % de renouvelables en 2050), les gaz à effet de serre ne baisseraient que de 30 % ce qui est insuffisant. Evidemment, ce rapport n’envisage pas des situations décroissantes où la consommation d’énergie serait de plus en plus limitée, pourtant la seule manière d’arriver à stabiliser le climat et limiter la destruction de la planète. Ce rapport intermédiaire devrait conduire à un 5e grand rapport en 2014.

8 mai

* 14h, un millier de personnes manifestent à Madrid pour demander la fermeture des derniers réacteurs du pays. Le plus ancien, à Garona, date de 1971 et est de même type que Fukushima.

* 15h, le gouvernement américain renouvelle sa demande au gouvernement japonais d’étendre à 80 km la zone d’extension de l’évacuation des populations, en particulier dans la direction nord-ouest particulièrement touchée. Le département d’Etat à l’énergie des Etats-Unis a publié une nouvelle carte montrant des taches de radioactivité dans la zone située entre 60 et 80 km du site qui atteignent entre 3 et 14,7 millions de becquerels/m2 en césium 137. Il rappelle qu’au moment de Tchernobyl, les personnes ont été évacuées dans les zones où cette contamination atteignait seulement 0,550 millions de bq/m2. Le problème pour le gouvernement japonais est que pour déjà évacuer à 60 km, il faudrait évacuer plus de 8 millions de personnes.

9 mai

* 9h, le Japon et les Etats-Unis signent un accord pour essayer de convaincre la Mongolie d’ouvrir un site de stockage pour les déchets nucléaires. Sachant la dangerosité des transports, c’est pour le moins une très mauvaise idée… d’autant plus que la Mongolie n’a aucune expérience dans le domaine du nucléaire.

* 10h, la Chine annonce une révision complète de ses procédures d’urgence et de ses normes en matière de construction : actuellement les 13 centrales du pays sont toutes en bord de mer. Tous les chantiers en cours restent arrêtés en attendant.

* 15h, l’ASN, Autorité de sûreté nucléaire publie un cahier des charges pour les tests à réaliser sur les réacteurs français. N’y figurent pas les risques terroristes, le risque de chute d’un avion, le facteur humain (première cause d’accident) et oublie les transports où peuvent se concentrer des quantités de radioactivité supérieures à celles d’un réacteur. Pour clore, le manque de sérieux de ces propositions, les tests sont à effectuer par les exploitants eux-mêmes (donc par EDF).

* 20h, selon une revue automobile, le prochain salon de la voiture de Tokyo a complètement supprimé toute référence à la voiture électrique. Il y a en effet un retournement de situation depuis l’accident nucléaire : alors que jusqu’alors la voiture électrique était perçue comme propre, elle est maintenant associée au nucléaire.

* 21h, la majorité UMP du conseil général du Haut-Rhin repousse une motion présentée par une élue EELV demandant l’arrêt de la centrale de Fessenheim. 32 élus ont votés contre (UMP), 13 pour (écologistes, socialistes et une indépendante) et 4 abstentions (centristes et indépendants).

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source:revue silence

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Article liés:

13 mai 2011 Posted by | DECROISSANCE, ENERGIE, SANTE | , | 3 commentaires

gaz de schiste dans le Sud Ouest


10 mai 2011 Posted by | DECROISSANCE, ENERGIE, SANTE | , | 1 commentaire

Gaz de schiste : Plus de 50 permis de recherche d’hydrocarbures en France



Plus de 50 permis de recherche d’hydrocarbures en France

Si les médias focalisent depuis quelques jours sur la contestation qui accompagne la délivrance en mars 2010 de permis d’exploration de gaz de schiste à Montélimar (26), à Villeneuve-de-Berg (07) et sur le secteur de Nant à Alès (30), ce n’est pas 3 mais plus de 50 permis de recherche qui ont été accordés aux compagnies pétrolières et gazières en France ces dernières années. Ces permis ne concernent pas nécessairement des gaz de schiste, seuls les 3 incriminés ont été délivrés pour ce type de recherche, mais d’une manière plus globale la recherche « d’hydrocarbures liquides ou gazeux », « simplement, commente Adeline Mathien, chargée de mission pour l’énergie chez France nature environnement, s’il y avait du pétrole on le saurait, selon toute vraisemblance c’est bien du gaz que recherchent les industriels ».
Outre la zone qui s’étend de Valence à Montpellier, d’autres secteurs sont aussi concernés en Languedoc-Roussillon, en PACA, en Midi-Pyrénées, en Aquitaine, en Rhône Alpes, en Champagne Ardennes, dans le Nord et en région parisienne (voir carte de la Direction générale énergie et climat). Dans un communiqué publié le 17 janvier, FNE faisait part de sa « stupéfaction » après avoir découvert « le très grand nombre de permis exclusifs de recherche pour des hydrocarbures non conventionnels, en particulier les gaz de schiste, délivrés par le précédent ministre de l’environnement Jean-Louis Borloo sur des superficies considérables, sans que la moindre information n’ait été donnée au public et aux associations ».

La saisine de la Commission nationale du débat public

Selon l’association, cette démarche entre « en contradiction avec la convention d’Aarhus » qui « porte sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement ». Le ministère de l’écologie assure de son côté que comme le prévoit le code minier et le code de l’environnement les mises en exploitation feraient l’objet d’enquêtes publiques Par ailleurs, alors que le ministère affirme que « ce qui se passe au Canada ou aux USA n’est pas du tout notre modèle » et qu’il faudra trouver des modes d’exploitation respectueux de l’environnement, Adeline Mathien souligne « qu’il n’en existe pas d’autre que celle de la fracturation hydraulique ».
Selon elle, au-delà des risques de pollution de la nappe, cette méthode présente aussi le désavantage d’être fortement émettrice de gaz à effet de serre, « bien plus que celle liée à l’exploitation du charbon » affirme-t-elle. FNE, qui regroupe 3 000 associations de défense de l’environnement en France, demande à Nathalie Kosciusko-Morizet la ministre de l’écologie et du développement durable, de saisir la Commission nationale du débat public « avant toute décision d’exploitation et de prendre un moratoire pour les autorisations déjà délivrées ».

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voir la carte du gaz de schiste Sud Ouest: ici

10 mai 2011 Posted by | DECROISSANCE, ENERGIE, Non classé, résilience, SANTE | , , | Laisser un commentaire

Pas de béton, des jardins !


photo: brassicanigra.org

 Le texte qui suit a été écrit par R. Vaneigem en soutien à la lutte locale d’un collectif spontané de Turin qui a transformé des terrains laissés dans une triste situation d’abandon en une joyeuse fête des Jardins Potagers de Mirafiori.

Ces terres, entourant l’ancienne gare de chemin de fer délaissée par l’incurie du profit, ont retrouvé les couleurs de la vie, mais cela ne plait pas – et pour cause – aux marchands de mort du capitalisme. Ainsi cette lutte continue, sous la menace d’une intervention policière vouée à la défense, aussi symbolique que musclée, d’une propriété privée de tout et, notamment, désormais,  privée de sens.

La terre appartient à qui la rend meilleure

Si une municipalité se montrait soucieuse du bien-être des citoyens, dont elle sollicite les suffrages et qu’elle est donc censée servir et représenter, elle entreprendrait de transformer partout les terrains vagues et les bâtiments inoccupés ou parasitaires en jardins, en potagers, en vergers. Alors que l’appauvrissement progresse et, avec lui, la violence inhérente à la misère et au désespoir, quoi de plus simple, de moins coûteux et de plus efficace que d’encourager la population à cultiver des lopins de terre et à améliorer ainsi ses moyens de  subsistance ?

Une communauté résolue à multiplier les arbres fruitiers, les fleurs et les légumes n’est-elle pas le meilleur garant d’une solidarité capable de désamorcer la délinquance que les pouvoirs dits « publics » affirment si souvent redouter ? Cette façon d’aérer, d’égayer et de nourrir les villes devrait être le cheval de bataille de tout homme politique sincèrement préoccupé par le bien-être de ceux qu’il appelle ses administrés. Une telle mesure n’a en soi rien de révolutionnaire, elle s’inscrit seulement dans un plan de réformes capables de prendre en compte les intérêts de la population.

Mais l’Etat et les pouvoirs régionaux montrent par leur cynisme et leur incompétence qu’ils se moquent des citoyens. Ils sont à la botte du marché mondial, des puissances de l’argent, des hommes d’affaires, des mafias locales et internationales. La corruption n’en finit pas de ronger un système de représentation factice où droite et gauche sont désormais interchangeables parce que les élus ne représentent plus que leurs intérêts personnels, conjugués aux intérêts du marché mondial. Nos démocraties parlementaires sont devenues des démocraties véreuses gouvernées par les banques.

Or cette planète partout dévastée par la cupidité, stérilisée par le profit, bétonnée par le calcul égoïste et absurde, c’est à nous qu’il appartient d’en revendiquer la propriété collective. C’est à nous de l’arracher aux multinationales, qui la condamnent à dépérir pour en tirer un ultime bénéfice et l’investir sottement dans une bulle spéculative vouée à imploser.

Se réapproprier l’eau, fertiliser le sol, recourir aux énergies renouvelables et gratuites, instaurer l’autogestion généralisée, voilà les seuls moyens de sauver la société du désastre dont la menace cet argent fou qui tourne en rond en s’épuisant et en épuisant ce qui subsiste de vivant en nous et autour de nous. Ne s’agit-il pas de remettre sur ses pieds un monde à l’envers dont les aberrations oppriment et crétinisent ?

Comment tolérer que la servilité des médias accrédite cet incroyable tour de passe-passe où l’on voit le parasitisme des mafias financières et de l’Etat escroc dénoncer comme parasites les victimes de ses malversations ? Ainsi, les parasites ne seraient pas les puissances bancaires qui ferment les entreprises pour enrichir leurs actionnaires mais bien les chômeurs, les déshérités, les malades, les exilés, les exclus, les bénéficiaires des acquis sociaux pour lesquels le prolétariat s’est battu si longtemps : retraites, allocations de chômage, sécurité sociale, bourses d’études, aides à la création.

Un système de profit semant partout la misère et la ruine pointe comme responsables du malaise psychologique et social ceux qui en pâtissent le plus. La conscience est-elle si avilie et l’intelligence si abâtardie que l’énormité d’un tel mensonge passe pour un état de fait auquel il faut se résigner ?

Allons-nous continuer à nous laisser expulser de la vie comme de cette terre qui doit appartenir à qui la rend meilleure ? Dans une époque où le retour du bouc émissaire permet aux politiciens de tourner contre le tsigane, le juif, l’arabe, l’homosexuel, l’étranger, l’en-dehors la colère suscitée par la dictature des puissances financières, notre résolution de créer collectivement des espaces et du temps  affranchis du quadrillage policier de la marchandise doit rester notre objectif prioritaire, parce que de tels lieux d’activité restaurent à la fois et la solidarité et la gratuité, toutes deux incompatibles avec la dictature de l’argent et du pouvoir.

C’est au départ d’initiatives apparemment anodines que la lutte se généralisera peu à peu. En Grèce, les conducteurs de voiture refusent les péages (on lève la barrière et on passe) et les parcmètres, que l’on rend inutilisables. L’argument juridique revendique pour le réseau autoroutier le caractère d’un bien public sur lequel les entreprises privées n’ont aucun droit de prélever un tribut. C’est un exemple qui mériterait de s’étendre au refus de payer les transports publics et d’acquitter les taxes ou impôts, qui servent désormais à nourrir les malversations de la finance internationale et les marchés de l’endettement lucratif.

La seule arme absolue capable d’éradiquer l’économie marchande, c’est la gratuité de la vie, une vie qui a la faculté de se propager par effet de résonance. Voilà ce que le chaos organisé par les multinationales tente à tout prix de dissimuler aux individus et aux collectivités en propageant la morbidité, le désespoir, la haine, l’autodestruction. La confusion émotionnelle, attisée par les derniers prédateurs, pousse aveuglément une communauté contre une autre, déchaîne l’agressivité des individus. C’est une peste qui n’est ni noire, ni brune, ni rouge mais multicolore car, de droite comme de gauche, les manipulateurs populistes en propagent le virus afin de s’arroger un pouvoir de guérisseur et de purificateur. Mais cette maladie du ressentiment qui ronge la société ronge aussi de l’intérieur leurs sottes prétentions spectaculaires

Même les policiers n’ignorent plus à quel point la construction de grands ensembles et de parkings a constitué des milieux criminogènes. Qu’ils tentent aujourd’hui de décourager la pacifique initiative qui veut rendre son humanité au paysage urbain, et ils seront demain confrontés au pire : aux émeutes de la faim, de l’ennui, du désespoir, au pillage des supermarchés, à la folie agressive, à la guerre de tous contre tous ! Eux qui sont guettés de plus en plus par le malaise général, comment pourraient-ils l’ignorer ?

Le projet «  Pas de béton, des jardins ! » est un cri de résistance joyeuse qui va se répandre partout et éradiquer peu à peu cette haine née de la frustration et du sentiment d’être exclu de sa propre vie. Nous voulons retrouver le charme de l’errance urbaine, le mariage de l’utile et de la beauté, l’ensoleillement d’une culture maraîchère où puissent fleurir aussi les œuvres d’art que tant d’artistes anonymes n’ont jamais eu l’occasion de livrer au regard des autres. Nous voulons disposer librement de zones de création, de rêverie, de poésie ; ou, nous avons un droit imprescriptible à la jouissance de lieux où la vie se restaure pour partir à l’assaut d’un monde principalement gouverné par la mort.

Nous n’avons pas besoin d’armes mais nous saurons montrer que les armes de l’argent, de la corruption et du pouvoir ne l’emporteront pas sur nous.

La conquête de la terre par la volonté de vivre souveraine implique seulement une mobilisation collective, passionnelle et consciente, qui a besoin, non de violence aveugle, mais d’une fermeté résolue à « passer outre » à toute mesure coercitive et à briser tout ce qui tenterait de l’entraver. La désobéissance civile ne progressera que là où nous construirons les conditions d’une vie meilleure.

Raoul Vaneigem, le 20 janvier 2011

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10 mai 2011 Posted by | Agriculture vivrière, Alimentation, Désobéissance civile, DECROISSANCE, résilience | , , , , , , , | Laisser un commentaire

Rencontres Objecteurs de Croissance à Libourne le 7 Mai


Nous avons reçu un mail de Michel Lepesant nous invitant à venir à Libourne samedi 7 Mai.

Si certains sont intéressés qu’ils se signalent afin d’organiser un co-voiturage.

« – samedi prochain, le 7 mai, à Libourne Rencontres à partir du dernier numéro de  la revue Entropia consacré aux « ressources de la décroissance » : j’y serai pour y parler de « socialismes et utopies »

– cet été, nous (= le MOC) prévoyons d’organiser nos rencontres que nous appelons les (F)Estives, dans votre « région » : près de Montauban, à Moissac je crois.Si certains d’entre vous étaient samedi prochain à Libourne, ce serait bien qu’on puisse se rencontrer pour voir comment vous pourriez vous y associer. »

AmitiEs

Michel Lepesant

http://www.les-oc.info/

2 mai 2011 Posted by | DECROISSANCE | | 2 commentaires

Les agriculteurs et leurs familles, premières victimes des pesticides


Par Nolwenn Weiler

D’ici quelques années, les victimes de pesticides pourraient se compter par milliers… Il y a en effet de plus en plus de malades parmi les agriculteurs français, leurs salariés et leurs familles. Et les maux constatés sont clairement liés aux produits phytosanitaires déversés sur les cultures depuis plusieurs dizaines d’années. Quelques victimes ont décidé de sortir du silence.

Photo : © www.mdrgf.org

Oser prendre la parole. C’est sans doute l’une des difficultés majeures auxquelles sont confrontés les agriculteurs victimes des pesticides. La France est, avec 65.000 tonnes pulvérisées chaque année, le premier consommateur européen. Gilbert Vendée, 55 ans, atteint de la maladie de Parkinson, fait partie de ceux qui ont choisi de témoigner. Salarié agricole, il était, en tant que chef de culture, chargé de préparer et épandre les pesticides.

Il ne s’est jamais protégé pendant la phase de traitement. « Avoir un masque, même dans une cabine climatisée, c’est horrible, précise-t-il. Surtout que l’on travaille souvent, dans ces périodes-là, de 12 à 22 heures ! » Quand un jet du pulvérisateur est bouché, « on n’a pas le temps d’attraper le masque », ajoute-il. Résultat : un contact respiratoire et cutané très important avec des molécules dont on sait aujourd’hui qu’elles peuvent provoquer de très graves maladies.

Un déni très fort

Après plusieurs années de combat, Gilbert Vendée a obtenu la reconnaissance du caractère professionnel de sa maladie. Devenant l’une des toutes premières victimes officielles des pesticides. Soutenues par l’association Générations futures, ces personnes ont décidé de créer une association d’aide et de soutien aux professionnels victimes des pesticides. Constituée le 19 mars dernier à Ruffec, en Charente-Maritime, Phyto-victimes entend, pour commencer, « informer les professionnels de l’impact des pesticides sur leur santé ».

Le lien entre travail et maladie ne va pas de soi pour le corps médical français. Et la question du parcours professionnel est trop peu souvent posée aux personnes atteintes de maladie graves, comme des cancers ou des maladies neuro-dégénératives. Dans le milieu agricole, le déni est particulièrement fort. Xavier Beulin, président de la toute puissante Fédération nationale des syndicats des exploitants agricoles (FNSEA) n’a-t-il pas annoncé sur RTL le 24 janvier dernier que le cas de Yannick Chenet, un agriculteur décédé quelques jours avant d’une leucémie due aux pesticides, était isolé ? Et que les dispositifs d’épidémio-surveillance étaient performants en France ?

Quand on dit qu’on est malade, on abonde en plus dans le sens de tous les citoyens qui assimilent les agriculteurs à de simples pollueurs. Et ce n’est pas facile à porter. Remettre en cause une vie entière de travail (souvent rude), n’est pas chose aisée non plus. La conséquence ? Pour le moment, sur le million d’agriculteurs et salariés agricoles français, dont la grande majorité utilisent des pesticides, ils ne sont qu’une trentaine à avoir obtenu la reconnaissance de maladie professionnelle.

L’omerta se brise

Mais le silence se fait moins pesant. Au sein de la Mutualité sociale agricole (MSA), ce problème majeur de santé publique est pris très au sérieux. Au moins par une partie du personnel. En témoigne le travail mené depuis 10 ans par Phyt’attitude, le réseau de surveillance toxicologique de la Mutuelle, qui note que de plus en plus d’agriculteurs et de salariés se plaignent d’affections chroniques et persistantes, certainement liées aux produits chimiques : des symptômes cutanés (démangeaisons et brûlures), digestifs (nausées, vomissements, douleurs abdominales), neuromusculaires (maux de tête, vertiges ou fourmillements) et ophtalmologiques.

Si les données épidémiologiques manquent en France, on sait aujourd’hui, grâce à des études réalisées ailleurs dans le monde (et notamment aux États-Unis) que les pesticides peuvent causer des maux plus graves encore. Notamment ces cancers, des troubles de la reproduction (infertilités, malformations, morts-nés, fausse-couches) ou des risques neurologiques (comme la maladie de Parkinson). C’est par les voies respiratoire ou cutanée que les molécules mortelles pénètrent le corps des agriculteurs, à divers moments du traitement : pendant la préparation du produit, la manipulation des semences traitées, l’application (mécanisée ou manuelle) et le nettoyage du matériel ou de l’Équipement de Protection Individuel (EPI), qui comprend masques, gants et combinaison.

Des protections inefficaces

Les informations sur la dangerosité des molécules et les précautions d’utilisation – que les fabricants se vantent de fournir – sont très difficiles d’accès. Parce que très denses et parfois écrites avec des caractères illisibles. « Le système actuel de notification de l’information toxicologique n’est pas toujours accessible aux non initiés car le langage utilisé est souvent par trop scientifique  », note Laure Ledouce, Ingénieur prévention risques phytosanitaires à la MSA [1].

Les vendeurs conseillent par ailleurs aux agriculteurs l’utilisation de « matériel performant  ». Entendez : des tracteurs avec cabines, par exemple. Ou des pulvérisateurs dernier cri que la plupart des paysans n’ont pas les moyens de se payer. Dans la région du Beaujolais, 60% des équipements ne sont pas récents. À peine 15% des tracteurs ont des cabines. Le port des gants évidemment recommandé n’est quasiment jamais appliqué parce qu’ils font perdre en dextérité.

Quant aux combinaisons, préconisées, elles sont simplement inefficaces ! Dans un rapport rendu en janvier 2010, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) précise que les résultats des deux campagnes d’essais portant sur l’efficacité des combinaisons de protection chimique « indiquent que seulement deux modèles sur les dix testés sont conformes en matière de perméation aux performances annoncées par les fabricants ».

Femmes et enfants victimes aussi

Les agriculteurs ne sont pas les seuls à être touchés. On estime que 40 à 60% des produits n’atteignent pas le sol. Et restent en suspension dans l’air. Les femmes sont particulièrement concernées par cette exposition « post-traitement ». Mais les données épidémiologiques manquent sur l’état sanitaire de cette population qui, pendant longtemps, n’a pas eu de statut au sein des exploitations. Et cette contamination féminine est d’autant plus problématique qu’elle implique, en cas de grossesse, une contamination fœtale. En plein développement cellulaire, le fœtus est plus fragile aux agressions de son environnement. C’est ce qu’ont montré différentes études.

Outre les risques de malformations (notamment génitales) à la naissance, cette exposition précoce multiplie les risques de cancers : les effets additionnels ou synergiques des cocktail de substances chimiques s’avèrent (quand ils sont évalués) catastrophiques. Les enfants d’agriculteurs sont en contact avec les pesticides in utero et après la naissance avec les particules en suspension dans l’air à proximité de l’habitation, ou sur les vêtements et la peau des parents. Cette proximité directe en fait des victimes directes, et pas toujours identifiées.

Les fondateurs de l’association Phyto-victimes entendent bien aider leurs pairs, et leurs familles, à sortir de l’ombre. « Suite aux articles parus dans un quotidien régional, informant de la fondation de l’association, nous avons eu une trentaine d’appels, de personnes malades, » rapporte Nadine Lauverjeat, porte-parole de Générations futures. « C’est un signe à la fois encourageant et inquiétant. Nous soupçonnons qu’il risque d’y avoir des milliers de victimes…  »

Vers une autre agriculture ?

Pour ce recensement, qui s’avèrera peut-être apocalyptique, Phyto-victimes entend mailler le territoire de comités régionaux. « L’objectif, c’est aussi d’apporter des réponses concrètes aux personnes concernées en leur prodiguant des conseils juridiques, médicaux et scientifiques », poursuit Nadine Lauverjeat. Parmi les conseils à retenir : l’importance de se faire épauler par un avocat compétent sur ces questions pour entamer les démarches de reconnaissance de maladie professionnelle. Un processus spécifique, notamment dans le milieu agricole. « Avoir l’appui d’un médecin, et des écrits de toxicologue(s) est un plus intéressant, précise Nadine Lauverjeat. De même que la liste précise des produits utilisés au cours de la vie professionnelle. »

Autre ligne d’attaque : l’évolution vers d’autres pratiques agricoles. Un apprentissage qui peut prendre du temps. La déconstruction d’un mode de travail pratiqué pendant de nombreuses années peut être longue et douloureuse. Mais elle est loin d’être impossible. Cela implique de revenir aux fondamentaux de l’agriculture, et de « faire plus d’agronomie et moins de chimie », comme le résume Paul François, agriculteur, victime de pesticide, et président de Phyto-victimes. Une démarche qui est « un vrai casse-tête mais très intéressante ».

Le gouvernement actuel semble malheureusement peu intéressé par ce possible renouveau agricole. En 2011, le crédit d’impôt dont bénéficiait l’agriculture biologique, qui n’utilise jamais de pesticides, a été divisé par deux. Et les agrocarburants, jamais bios, ont été gratifiés d’une aide de 196 millions d’euros (via des exonérations fiscales) ! L’Institut national de recherche agronomique (Inra) a pourtant expliqué que leur développement était incompatible avec une diminution des pesticides. Mais l’environnement, « ça commence à bien faire  », pour reprendre une célèbre saillie de notre Président de la république, au salon de l’agriculture 2010. La santé des agriculteurs aussi ?

Nolwenn Weiler

Notes

[1] intervention lors du colloque « Phytosanitaires : quelle place pour la santé des agriculteurs ? » organisé en mars 2010 par la Mutuelle

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source:bastamag

22 avril 2011 Posted by | Alimentation, DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE, SANTE, TRAVAIL | , , , , | 2 commentaires

Les Verts jettent le masque…


Le parti des urbains de classe moyenne plus proche du « peuple »?

Suite à Cohn-Bendit le libéral, et à d’autres verts patentés, Monsieur Hulot estime que l’écologie n’est pas une affaire de partis, que nous sommes tous écolos, mais oui même les passionnés d’Ushuaïa ! Dominique Voynet, déclarait bien que « McDonald’s est légitime pour parler environnement à ses clients » alors qu’elle était ministre .

 

Nouvelle opération de marketing politique : le produit « Monsieur Hulot »

La popularité d’Hulot est vue par un conseiller régional EELV comme « un facteur positif pour négocier un groupe parlementaire avec les socialistes. »

Fichtre ! En voilà un objectif politique !

Alors même que des taux records d’abstention laissent entendre que le système même de la « démocratie » représentative est rejeté, qu’on presse les tunisiens à aller élire des « représentants » tandis que les groupements politiques tunisiens réclamant une démocratie directe se multiplient, les verts, en grands stratèges de la politique, se disent qu’ avec Hulot, ils vont pouvoir s’adresser à un nouvel électorat, acquérir de nouvelles parts de marché.

La belle affaire! une communication à 360° visant la ménagère « responsable des achats » au moment où le Japon et la planète entière sont sous le feu nucléaire !

Les Verts Europe Écologie sont une machine électorale à la conquête des places douillettes que les oligarques leurs réservent.

La politique-marketing, nouvelle politique spectacle.

Nous ne sommes pas dupes de l’exploitation médiatique de l’écologie, des guerres de pouvoir interne, de la compromission et de la soumission de l’écologie politique à des accords avec le PS et les grands groupes du CAC 40.

La destruction et l’exploitation exponentielle des travailleurs et des ressources est au cœur du système marchand dont la démocratie représentative est l’instrument. La concentration des richesses vient de la même politique que celle qui concentre le pouvoir entre les mains de quelques uns.

Il n’y a pas d’adaptation écologique du capitalisme ou du socialisme de marché, pas plus que d’adaptation « socialiste » de ceux-ci.

La seule voie de survie possible est celle d’un changement radical du système politique : une prise en main des décisions politiques , économiques et énergétiques par nous-mêmes, le Peuple réuni en conseils régionaux en une forme réelle de démocratie, une démocratie directe.

Laissons là la politique de EDF , l’Oréal et TF1, la politique du marketing avec ses produits vert, rose, rouge, bleu et bleu marine ou même blanc…

Décolonisons notre imaginaire de cette démocratie fast-food, entamons rapidement une transition vers un système dans lequel nous prendrons les décisions qui s’imposent avec une urgence toujours croissante pour l ‘avenir même du vivant.

Aquitaine décroissance

Wajeb

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21 avril 2011 Posted by | DECROISSANCE | , , , , , , , , | Laisser un commentaire

La démocratie énergétique


La démocratie locale et réelle est la seule voie pour des changements “durables”.

« Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin de cohérence. Et par là, je n’entends pas des dogmes, mais plutôt une véritable structuration des idées qui mettrait

la philosophie, l’anthropologie, l’histoire, la morale, une rationalité renouvelée et des visions utopiques au service de la liberté – et une liberté,

ajouterai-je, qui servirait aussi bien l’évolution de la nature que celle de l’être humain. »

Murray Bookchin

Organisation territoriale et démocratie énergétique
L’ordre pyramidal actuel ne parvient plus à cacher les profonds désordres qui lui sont inhérents.

 

Les évolutions mondiales, sociales, climatiques et économiques le révèlent chaque jours de façon plus criante.

Contrairement aux énergies fossiles, exploitées en un petit nombre de sites importants, les énergies solaires et terrestres sont diffuses.

C’est en fonction de leur usage (électricité, chaleur, carburant) à un moment et un endroit donné qu’il faut les penser. Il convient de les mettre en place localement en fonction des besoins.
Une telle production se situant à l’endroit où les besoins existent par la captation d’énergie solaire, éolienne, bio-masse, hydraulique, géothermique aura pour effet, non seulement, de réduire considérablement les pertes dues à la production et au transport de l’énergie, mais également de remettre  en question le système de décision pyramidale et de donner au citoyen sa place dans le processus de décision de production énergétique.

Il s’agit ainsi de passer à une économie énergétique largement décentralisée, à une stabilité et à une sécurité des systèmes locaux.

Des réformes politiques sont vitales.
Pour ouvrir une autre voie que celle du “toujours plus”, des changements politiques sont nécessaires faisant appel à des notions de responsabilité, d’initiative, de solidarité planétaire, de développement local…

Les questions d’énergie, d’environnement, de construction, de développement économique, d’emploi, d’urbanisme, et, finalement, de démocratie, sont imbriquées au point qu’il n’est pas logiquement possible de traiter l’un de ces domaines sans aborder les autres, tout en tenant compte des caractéristiques propres à chaque territoire.

Or la centralisation du pouvoir en matière d’énergie bloque l’insertion de la politique énergétique au sein des politiques territoriales, l’État n’ayant ni la volonté, ni la capacité d’adapter sa politique énergétique et les actions qui en découlent à l’infinie diversité des contextes locaux.

En revanche, la voie ouverte par l’exploitation des énergies solaires et terrestres , permettrait de renouveler le fonctionnement de la démocratie locale puisqu’elle suppose un réel partage des responsabilités entre les citoyens et leurs institutions.
Décentraliser le système énergétique français va donc bien au-delà de simples dispositions techniques ou administratives.

On touche ici à un instrument de pouvoir et les pouvoirs en place se cachent derrière toutes sortes de prétextes pour ne rien abandonner.
Voilà donc un domaine vital où la République peut sans crainte donner du pouvoir aux citoyens, à leurs entreprises et à leurs collectivités.

Une démarche fondamentalement démocratique

La mise en place d’une démocratie énergétique fondée sur un partage des responsabilités entre les citoyens, les collectivités est aujourd’hui cruciale.
Nous constatons les progrès de plus en plus sensibles de cette démarche bien qu’elle aille à l’encontre d’un comportement traditionnel des Français.
En effet, les choix politiques de la France en faveur d’une centralisation excessive du système énergétique, qui se traduit en particulier par une hypertrophie de la production électrique nucléaire, découlent du caractère monarchique du système républicain de notre pays.
L’organisation du pouvoir y est traditionnellement pyramidale à chaque niveau des institutions, des entreprises et plus généralement de toutes les organisations, associations, églises, familles…
Dans tous les domaines, ce caractère favorise l’adoption et la réalisation de programmes pharaoniques sensés résoudre les problèmes d’un coup et à eux tout seuls.
Prendre le contre-pied de ce système en luttant contre lui au sommet ne peut que le durcir si la base ne nous suit pas.

L’exercice local de responsabilités concrètes, relié pédagogiquement à une vision nationale et planétaire, est une voie beaucoup plus prometteuse.
Il convient donc de travailler aux progrès de la démocratie locale, directe et réelle, seule voie pour des changements “durables”.

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bibliographie: 

  • Une société à refaire-Pour une écologie de la liberté. BOOKCHIN Murray
  • Énergie, changeons de cap ! Scénario pour une France durable.Didier Lenoir et le Comité de liaison des énergies renouvelables (CLER)

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21 mars 2011 Posted by | DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE, ENERGIE, Notre démocratie | , , , , , , , , , | 6 commentaires

La démocratie directe en France


Les crises multi-factorielles que nous subissons, sociales, économiques et environnementales sont dues à la confiscation du pouvoir par une oligarchie.

La solution n’est donc pas dans des aménagements du système (tel que le développement durable), mais bien dans la mise en place d’une démocratie directe, horizontale qui redonnerait le pouvoir aux gens.

On le constate, le système de démocratie représentative ne profite qu’a une minorité au détriment de la majorité de la population. Alors que ces pratiques sont en marche dans certains pays comme la suisse, l’état de Californie, de l’Oregon, débattues en Allemagne, il est grand temps que ces idées se répandent en France.

En démocratie directe, le pouvoir provient également de tous et s’exerce également sur tous, on dit que le peuple est souverain, c’est à dire qu’il détient tout les pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire).
Il n’y a donc pas ou presque pas de représentants politiques (ministres, maires, parlementaires, etc).

On peut concevoir l’organisation des pouvoirs dans une hypothétique démocratie directe ainsi :

La nation est le pouvoir législatif :
En effet elle détient l’initiative législative par le droit de pétition et toutes les lois doivent être votées par un suffrage direct véritablement universel, c’est-à-dire qui nécessite l’existence d’un vote obligatoire.

La nation est le pouvoir judiciaire dans la limite de la raison et de l’instruction que possède chaque individu :
La justice doit être populaire dans le plus de domaines où cela est possible et obligatoirement dans les affaires de droit commun.
C’est-à-dire rendu par des gens choisis aléatoirement parmi les citoyens n’ayant jamais été reconnu coupable de crimes ou de délits. Ce système n’est garant de l’impartialité que si l’instruction du peuple, notamment en matière de droit, est la mission première de la communauté. Cependant cette mission de service public peut pour partie ou pour tout être délégué à d’autres organismes dès lors que ceux-ci sont soumis à un strict contrôle par des commissions populaires.

La nation a un contrôle absolu sur le pouvoir exécutif :
D’une part pour que le gouvernement représente toujours la volonté du peuple tout les mandats doivent être courts et conférés au suffrage universel directe, ainsi à tout moment une motion de censure contre le gouvernement doit pouvoir être engagée, il est impérative que si une large majorité du peuple considère qu’une faute grave (non respect des principes fondateurs de la république, alliances diplomatiques inacceptables) a été commise le gouvernement soit destitué dans les plus brefs délais.
D’autre part pour empêcher tout abus de pouvoir le cumul des mandats doit être impossible, et l’initiative législative dont dispose le pouvoir exécutif ne peut se traduire que par des référendums. Pour permettre le bon déroulement de la vie des citoyens le nombre de lois pouvant être instituées sur une certaine période de temps doit être limité (ex : maximum un référendum par semaine). Une telle mesure permet d’empêcher l’inflation législative, un des grands maux des « démocraties représentatives » par l’usage de décrets gouvernementaux (mesure de faible importance non soumis au vote populaire). Evidemment ces décrets peuvent être abrogés par pétition comme toutes les autres lois.
La démocratie directe est un processus collectif de décision qui se fonde sur une organisation horizontale, plutôt que hiérarchique, de la société humaine. Elle est, tout comme le régime représentatif, un concept. Théoriquement, elle peut-être appliquée au niveau du régime politique d’un pays comme au niveau des processus collectifs de décision de tous types d’associations locales ou virtuelles (via Internet).

Aspect historique et sémantique

La démocratie, au sens étymologique de pouvoir (kratos) du peuple (demos) ne peut être que directe. L’expression de « démocratie représentative » peut être considéré comme un leurre car c’est seulement dans une démocratie directe que le pouvoir est le reflet exact des aspirations du peuple. C’est à partir de la naissance de régimes représentatifs parlementaires à la fin du XVIIIe siècle que la classe politique, constituée presque exclusivement de personnes appartenant aux classes sociales aisées, a, pour justifier moralement sa fonction, détourné la définition sémantique du terme démocratie en l’assimilant au régime représentatif/parlementaire.

La démocratie directe, au sens d’un régime dans laquelle la nation est souveraine, n’a réellement existée que dans l’Athènes du VIème siècle avant JC avec les réformes successives de Solon (-594) et Clisthène (-508) :
La nation était effectivement souveraine avec un vote des lois par tous les citoyens réunis, et le tirage au sort des magistrats (pouvoir exécutif) ainsi que des juges qui recevaient des mandats d’un an. Des indemnités journalières de présence étaient même octroyé aux plus pauvres pour leur permettre d’assurer leurs fonctions civiques.
Cependant les femmes étant considérées comme d’éternelles mineures et les esclaves comme des biens ils étaient exclus de la communauté civique. Le système athénien comportait donc des défauts inhérents à l’époque qui vont à l’encontre de notre conception moderne de la démocratie : religion officielle, avilissement de la femme, économie fondée sur l’esclavage.
Bien que la démocratie directe ne se concrétisa jamais par un système plus égalitaire dans l’histoire, si ce n’est dans l’esprit de Jean-Jacques Rousseau qui justifia sa nécessité dans « Du Contrat Social » (1762) et entama même une ébauche d’une Constitution de démocratie directe pour la Corse en 1764, l’utopie de l’instauration d’une démocratie directe moderne existe toujours…

Démocratie directe et services publics

En démocratie directe il n’y a pas nécessité de leaders politiques, mais il peut y avoir évidemment des services publics, dont la nature (quoi, combien, comment, etc.) est déterminée directement/collectivement par les populations.

Allocation du budget Des sondages ont montré que si le budget alloué aux services publics était déterminé collectivement, l’allocation de ce budget serait très différente de ce qu’elle est en régime représentatif. Par exemple, le budget de l’armée et des services secrets serait réduit au profit des budgets alloués à des services tels que les pensions ou les transports en commun.

Contrôle des services publics Par exemple les attributions de contrats publics à des entreprises privées (source importante de détournements de fonds publics au profit d’intérêts privés, via des représentants politiques corrompus) pourraient être collectives, de la conception à l’octroi jusqu’au suivi de réalisation. La publication sur Internet de tous les documents relatifs à des contrats publics, permettrait à chacun(e) de procéder aux vérifications qui dans un régime représentatif sont opérées par des représentants politiques ou des agents de l’administration publique. Ce principe de contrôle de la corruption se retrouve dans la démocratie participative (voir démocratie).

Justice Sur base du principe d’atomisation des processus collectifs de décision (ici par exemple : coupable/innocent ?, peine judiciaire, etc.), la justice pourrait être exercée directement par la collectivité, c’est-à-dire sans recourir aux représentants (corruptibles) que sont également les juges et législateurs.

Limites

Le concept de démocratie a ses propres limites en matière morale puisqu’il revient aussi à l’oppression d’une partie de la population par une autre partie, la démocratie reconnaissant implicitement à une majorité de la population le droit d’imposer sa volonté à la minorité, par la force si nécessaire (majoritanisme). La démocratie directe est seulement moins injuste que le régime représentatif en ce sens que dans le premier cas c’est une majorité de la population qui décide directement, alors que dans le second ce ne sont que quelques centaines de « représentants » élus par une partie (généralement minoritaire) de la population.

D’autre part, la corruption des représentants disparaissant avec les représentants, le fonctionnement de la société humaine est aussi, toutes autres choses étant égales, plus efficace en démocratie directe qu’en régime représentatif.

C’est parce que tous deux reposent sur le principe implicite d’oppression d’une partie de la population par une autre partie (minoritaire dans le cas du régime représentatif, majoritaire dans le cas de la démocratie directe) que certains revendiquent moralement un droit d’ignorer l’État, dont une application pratique est la désobéissance civile. Cependant d’autres considèrent que une liberté de circulation absolue des personnes permet à la minorité non représenté par le gouvernement démocratique en place de ne pas subir la dictature de la majorité en lui laissant la possibilité de quitter son pays.

Débats sur le vote et le consensus chez les anarchistes

Une formule anarchiste du XIXe siècle [1] prophétisait ainsi : S’il y a vote, ce n’est pas une démocratie !. L’unanimité ou le consensus[2] sont préférés aux votes pour définir la démocratie directe.

Pour Brutus Mandal [3], la démocratie directe est la pratique du débat et de la décision collective au sein d’un groupe humain réuni en assemblée. Les choix qui engagent l’ensemble de la communauté y sont faits en toute transparence et sans médiation hiérarchique avec révocabilité des mandataires éventuels.

D’autres anarchistes, comme Errico Malatesta ou Murray Bookchin (Municipalisme libertaire ), considèrent le vote comme nécessaire.

Liens externes

Notes

  1. cité par J-P Durt L’utopie du monde sans élections, 1872, Bruxelles
  2. http://1libertaire.free.fr/ManuelDemocratieDirecte.html
  3. cité dans Octave Mirbeaula grève des électeurs et florilège incivique, ISBN : 978-2-915694-24-6

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source Wikipédia

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10 mars 2011 Posted by | DECROISSANCE, Notre démocratie | , , , | 4 commentaires

Le développement n’est pas le remède à la mondialisation, c’est le problème !


Par Serge Latouche, Professeur émérite à l’université de Paris-Sud.(janvier 2002)

Il existe une quasi-unanimité à gauche (et même au centre) pour dénoncer les méfaits d’une mondialisation libérale, voire ultra-libérale.

Cette critique consensuelle s’articule sur six points :

1) la dénonciation des inégalités croissantes tant entre le Nord et le Sud, qu’à l’intérieur de chaque pays,

2) Le piège de la dette pour les pays du Sud avec ses conséquences sur l’exploitation inconsidérée des richesses naturelles et la réinvention du servage et de l’esclavage (en particulier des enfants),

3) la destruction des écosystèmes et les menaces que les pollutions globales font peser sur la survie de la planète,

4) la fin du welfare, la destruction des services publics et le démantèlement des systèmes de protection sociale,

5) l’omnimarchandisation, avec les trafics d’organes, le développement des « industries culturelles » uniformisantes, la course à la brevetabilité du vivant,

6) l’affaiblissement des États-nations et la montée en puissance des firmes transnationales comme « les nouveaux maîtres du monde ».

Pour suppléer aux défaillances du marché, au Sud, on fait largement appel au « samu mondial » dont les ONG humanitaires, les urgenciers sont l’outil capital. Le tiers secteur ou l’économie sociale et solidaire ont vocation à remplir le même objectif au Nord. Le (re)développement peut-il être le remède à ces maux?

Au fond, beaucoup le pensent, et en particulier tous ceux qui prônent « une autre mondialisation ». Il faudrait revenir au développement en le corrigeant, s’il y a lieu de ses effets négatifs. Un développement « durable » ou « soutenable » apparaît ainsi comme une panacée tant pour le Sud que pour le Nord. C’est plus ou moins la conclusion de ce que nous avons entendu encore récemment à Porto Alegre. Cette aspiration naïve à un retour du développement témoigne à la fois d’une perte de mémoire et d’une absence d’analyse sur la signification historique de ce développement.

La nostalgie des « trente glorieuses », cette ère de la régulation keynéso-fordiste qui fut celle de l’apothéose du développement nous fait oublier qu’en mai 1968, c’est précisément cette société de « bien-être » -là qui était dénoncée comme société de consommation et société du spectacle n’engendrant que l’ennui d’une vie sans autre perspective que « métro-boulot-dodo », fondée sur un travail à la chaîne répétitif et aliénant. Si on exalte encore volontiers les cercles vertueux de cette croissance qui constituait un « jeu gagnant-gagnant-gagnant », on oublie volontiers les deux perdants : le tiers-monde et la nature. Certes, l’État gagnait, le patronat gagnait et les travailleurs, en maintenant la pression, amélioraient leur niveau de vie, mais la nature était pillée sans vergogne (et nous n’avons pas fini d’en payer l’addition…), tandis que le tiers-monde des indépendances s’enfonçait un peu plus dans le sous-développement et la déculturation. En tout état de cause, ce capitalisme régulé de l’ère du développement aura été une phase transitoire menant à la mondialisation.

Si le développement, en effet, n’a été que la poursuite de la colonisation par d’autres moyens, la nouvelle mondialisation, à son tour, n’est que la poursuite du développement avec d’autres moyens. L’État s’efface derrière le marché. Les États-nations qui s’étaient déjà fait plus discrets dans le passage du témoin de la colonisation au développement quittent le devant de la scène au profit de la dictature des marchés (qu’ils ont organisée…) avec leur instrument de gestion, le F.M.I., qui impose les plans d’ajustement structurels. Toutefois, si les « formes » changent considérablement (et pas que les formes), on est toujours en face de slogans et d’idéologies visant à légitimer l’entreprise hégémonique de l’Occident, et singulièrement des États-Unis, aujourd’hui. Rappelons la formule cynique d’Henry Kissinger, « La mondialisation n’est que le nouveau nom de la politique hégémonique américaine ». Il n’y a pas dans cette approche de remise en question de l’imaginaire économique. On retrouve toujours l’occidentalisation du monde avec la colonisation des esprits par le progrès, la science et la technique. L’économicisation et la technicisation du monde sont poussées à leur point ultime. Or, c’est cela même qui constitue la source de tous les méfaits dont on accuse la mondialisation.

C’est le développement réellement existant, celui qui domine la planète depuis deux siècles, qui engendre les problèmes sociaux et environnementaux actuels. Le développement n’est qu’une entreprise visant à transformer les rapports des hommes entre eux et avec la nature en marchandises. Il s’agit d’exploiter, de mettre en valeur, de tirer profit des ressources naturelles et humaines. Quel que soit l’adjectif qu’on lui accole, le contenu implicite ou explicite du développement c’est la croissance économique, l’accumulation du capital avec tous les effets positifs et négatifs que l’on connaît : compétition sans pitié, croissance sans limite des inégalités, pillage sans retenue de la nature. Le fait d’ajouter le qualificatif « durable » ou « soutenable » ne fait qu’embrouiller un peu plus les choses. En ce moment même circule un manifeste pour un développement soutenable signé par de nombreuses célébrités dont Jean-Claude Camdessus, l’ancien président du Fonds Monétaire International !

Notre surcroissance économique dépasse déjà largement la capacité de charge de la terre. Si tous les citoyens du monde consommaient comme les américains moyens les limites physiques de la planète seraient largement dépassées. Si l’on prend comme indice du « poids » environnemental de notre mode de vie « l’empreinte » écologique de celui-ci en superficie terrestre nécessaire on obtient des résultats insoutenables tant du point de vue de l’équité dans les droits de tirage sur la nature que du point de vue de la capacité de régénération de la biosphère. En prenant en compte, les besoins de matériaux et d’énergie, ceux nécessaires pour absorber déchets et rejets de la production et de la consommation et en y ajoutant l’impact de l’habitat et des infrastructures nécessaires, les chercheurs travaillant pour le World Wide Fund (WWF) ont calculé que l’espace bioproductif par tête de l’humanité était de 1,8 hectare. Un citoyen des États Unis consomme en moyenne 9,6 hectares, Un Canadien 7,2, un Européen moyen 4,5. On est donc très loin de l’égalité planétaire et plus encore d’un mode de civilisation durable qui nécessiterait de se limiter à 1,4 hectare, en admettant que la population actuelle reste stable . On peut discuter ces chiffres, mais ils sont malheureusement confirmés par un nombre considérable d’indices (qui ont d’ailleurs servi à les établir). Ainsi, pour que l’élevage intensif fonctionne en Europe, il faut qu’une surface pour ce qu’on appelle des « cultures en coulisses » équivalant à sept fois celle de ce continent soit employée dans d’autres pays à produire l’alimentation nécessaire aux animaux ainsi élevés sur un mode industriel … Pour survivre ou durer, il est donc urgent d’organiser la décroissance. Quand on est à Rome et que l’on doit se rendre par le train à Turin, si on s’est embarqué par erreur dans la direction de Naples, il ne suffit pas de ralentir la locomotive, de freiner ou même de stopper, il faut descendre et prendre un autre train dans la direction opposée. Pour sauver la planète et assurer un future acceptable à nos enfants, il ne faut pas seulement modérer les tendances actuelles, il faut carrément sortir du développement et de l’économicisme comme il faut sortir de l’agriculture productiviste qui en est partie intégrante pour en finir avec les vaches folles et les aberrations transgéniques.

Conclusion : Le développement comme la mondialisation sont des « machines » a affamer les peuples. Avant les années 70, en Afrique, les populations étaient « pauvres » au regard des critères occidentaux, en ce sens qu’elles disposaient de peu de biens manufacturés, mais personne, en temps normal, ne mourrait de faim. Après 50 années de développement, c’est chose faite. Mieux, en Argentine, pays traditionnel d’élevage bovin, avant l’offensive développementiste des années 80, on gaspillait inconsidérément la viande de boeuf, abandonnant les bas morceaux. Aujourd’hui, les gens pillent les supermarchés pour survivre et les fonds marins, exploités sans vergogne par les flottes étrangères entre 85 et 95 pour accroître des exportations sans grand profit pour la population, ne peuvent plus constituer un recours.

Comme le dit Vandana Shiva : « Sous le masque de la croissance se dissimule, en fait, la création de la pénurie ».

George W. Bush déclarait le 14 février 2002 à Silver Spring devant l’administration de la météorologie que « parce qu’elle est la clef du progrès environnemental, parce qu’elle fournit les ressources permettant d’investir dans les technologies propres, la croissance est la solution, non le problème » . Nous affirmons tout au contraire que, bien loin d’être le remède à la mondialisation, le développement économique constitue la source du mal. Il doit être analysé et dénoncé comme tel.

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source:http://citoyen.eu.org/doc/latouche.php

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23 février 2011 Posted by | DECROISSANCE | , , , , , , | 1 commentaire

Sur le livre de Paul Ariès, Libération animale ou nouveaux terroristes ? Les saboteurs de l’humanisme


La réponse des « Cahiers antispécistes »

Réflexion et action pour l’égalité animale

David Olivier

La couverture est un bon résumé du livre*. La Terre repose dans la main protectrice de l’Homme. En éclot un bébé. Mais – horreur ! – l’Antispéciste, la Barbarie Animale, sous les traits de l’Aigle – nazi ? américain ? – veut de ses doigts crochus s’emparer de l’Avenir de l’Humanité.

Et au dos :

Bombes incendiaires, attaques de fermes (…) une nouvelle vague de terrorisme va-t-elle balayer le monde ? Les services spéciaux des grands États se préparent dans le plus grand secret à résister face à un adversaire inhabituel. (…) L’auteur décrit ici le fonctionnement secret de ces réseaux. Il expose les méthodes de ces activistes zoolâtres pour couler des navires, fabriquer des explosifs, allumer des incendies, empoisonner nos aliments, frapper leurs ennemis. (…) La France est le repaire de « terroristes » de la pensée. Le principal danger [est] dans la propagation de ces idées ignobles et efficaces.

Simple « accroche » ? Non, le livre entier est écrit sur le même ton creux1 et outrancier de presse à scandale. On savait déjà l’antipathie d’Ariès pour l’antispécisme, en particulier depuis la parution, chez le même éditeur chrétien « de gauche », de son Retour du Diable où il explique qu’antispécisme = satanisme car les satanistes s’accouplent avec les animaux, donc sont antispécistes2 (très généralement, Ariès voit du sexe partout). Mais ici comme dans la presse à scandale, on ne sait ce qui domine, de la haine ou de l’attirance trouble pour un sujet que l’auteur retaille à la mesure de ses fantasmes. De fait, si Ariès n’a dans sa poche ni « révélation » sur l’ALF ni argument cohérent, il sait à peu près recopier3 et remplit son livre des textes de ses adversaires, et en particulier des Cahiers, sa principale source de documentation. Malgré des coupures à répétition, souvent peu innocentes4, les idées et les argumentations restent vivantes. Ariès antispéciste inavoué ?

Ses thèses : Les antispécistes veulent donner l’égalité aux animaux, donc la retirer aux humains (car, dit-il explicitement p. 89, l’égalité ne peut se bâtir que sur l’exclusion). Les antispécistes sont antihumanistes, donc veulent tuer les humains. Les antispécistes sont utilitaristes, or l’utilitarisme est la philosophie du chacun-pour-soi et de la barbarie libérale5.

La doctrine antispéciste se veut ouvertement antihumaniste d’un point de vue théorique. Elle invite à développer des pratiques elles-mêmes antihumanistes comme l’élimination des plus faibles (handicapés profonds, enfants orphelins, comateux sans espoir, etc). Elle propulse sans le vouloir le cadre idéologique permettant de transformer certains composants de l’humain ou parties de l’humanité en matériel biologique. Elle sert ainsi (involontairement ?) le mouvement actuel de marchandisation de l’humain. (p. 107)

Ici comme ailleurs, Ariès diffame, tout en évitant de le faire au sens légal du mot, par divers dispositifs de forme (ce n’est pas telle personne, mais « la doctrine antispéciste », qui « invite à (…) l’élimination des plus faibles ») et de style (dont l’abus des questions rhétoriques). Il n’en résulte pas moins des accusations délirantes mais bien plus faciles à porter qu’à réfuter. L’antispécisme fait partie, dit-il, d’un vaste complot qui réunit le néolibéralisme, McDo, les satanistes, les néo-nazis, les homos6, les « sectes », l’utilitarisme, la civilisation anglo-saxonne protestante, les pédophiles, les pornographes, le génie génétique et j’en passe, ligués contre les valeurs de l’Europe catholique7. Comment réfuter cela ?

Il me semble pourtant utile de faire ce travail, car Ariès n’est pas seul dans sa haine. De plus, à cause justement de sa médiocrité sans retenue, il vomit à l’état brut les peurs que suscite l’antispécisme, dans un contexte de perte de nos vieilles références. J’ai été frappé des accents quasi féodalistes de son discours, face à l’« ultralibéralisme » qui dissout en une valeur unique, l’argent, le complexe tissu de rapports d’allégeance, de classifications et de valeurs qui structurent notre monde chrétien depuis près de deux millénaires. Telles étaient les angoisses qui se cristallisèrent ces derniers siècles sur cet ennemi définitionnel8 du christianisme, le Juif. De fait, dirais-je, le christanisme s’est bâti comme la religion de la haine des animaux et des Juifs. Il n’est donc pas étonnant de retrouver dans le discours anti-antispéciste d’Ariès bien des éléments structurels de l’antisémitisme, dont en première place notre volonté supposée de tuer les bébés – c’est-à-dire, dit-il clair et net9, les « fils », par haine du « père » ! Aussi, nous refusons de comprendre la « divinité de l’homme » (p. 14) et son caractère « sacré », sommes incapables d’accéder « au symbolique » (p. 105), sommes zoolâtres et idolâtres (l’or est notre but suprême, p. 182), sommes alliées à la mondialisation (cosmopolite, donc) qui veut dominer la planète. Nous fricotons avec le diable, empoisonnons les aliments et encourageons la dégénérescence de l’espèce et l’affaiblissement de la fertilité masculine (p. 85).

Ariès, chrétien et militant d’un certain anticapitalisme, nous met ainsi face à la persistance à peine voilée de mythes parmi les plus réactionnaires, aveuglants et meurtriers au sein non seulement du christianisme, mais aussi de maints anticapitalismes, c’est-à-dire d’une certaine gauche continuatrice du christianisme. Quel est par exemple le rôle du tabou chrétien de l’argent (cf. les deniers de Judas) dans notre anticapitalisme ? De l’antibiologisme chrétien dans l’opposition dite de gauche entre « nature » et « culture » ? Peut nous faire réfléchir aussi l’aveu presque explicite qu’on trouve chez lui du caractère purement artificiel et arbitraire des catégories fondamentales de l’humanisme ; mais il s’agirait de mensonges nécessaires, pour conjurer la peur qu’il a de sa propre « bestialité » : « N’est-ce pas ce que dit la parabole d’Abraham : il faut sacrifier l’animal pour que vive l’humain : sacrifier l’animal à proprement parler (mouton), mais surtout la bestialité qui est en chacun. » (p. 90)

Ariès nous rappelle que l’antispécisme fait partie de ce monde : parce qu’il élargit l’audience de nos textes, mais surtout parce qu’il nous invite à réfléchir encore plus avant à l’articulation entre l’antispécisme et le monde – celui où nous sommes et celui que nous voulons.


Notes :

*. , Libération animale ou nouveaux terroristes ? Les saboteurs de l’humanisme, éd. Golias, juin 2000, 98F.

1. Il faut lire Ariès pour croire à quel point il n’a pas d’arguments, en contraste avec la violence de ses propos. On nous signale que le texte intégral de ce livre se trouve sur le Web (http://www.geocities.com/paulariez/).

2. Cf. « Obsessions chrétiennes », CA n°15-16, 4/98.

3. À peu près seulement. La ponctuation, la typographie et l’orthographe fantaisistes des citations résultent visiblement d’une dictée. Les sources sont généralement absentes, vagues ou fausses. Le livre abonde d’erreurs matérielles de toutes sortes.

4. Voir la manière dont il transforme, p. 85, un texte antispéciste anticapitaliste, « Réflexions sur quelques destructions de MacDo », en texte pro-libéral ; sans citer les références de l’original. On lira avec profit celui-ci, et une réponse de ses auteurs à Ariès, sur le site du Cercle social (http://www.crosswinds.net/~minerval/).

5. Ariès n’est pas le seul à propager cette énormité selon laquelle l’utilitarisme serait une théorie du calcul égoïste et de l’économie de marché. Voir sur ce sujet Francisco Vergara, « Une critique d’Élie Halévy : réfutation d’une importante déformation de la philosophie britannique », dans Philosophy, 1/1998 (http://members.aol.com/vergajofra/A…).

6. Ariès n’aime pas les homos. Dans son Retour du Diable il fait de leur massacre par les nazis dans les camps de la mort une affaire… « entre « gays » » (p. 92). Car, dit-il, les nazis eux-mêmes étaient homos. CQFD.

7. Il dit : « du sud ». Cf. p. 118 et suivantes.

8. Cf. par ex. W. Nicholls, Christian Antisemitism: A History of Hate, éd. Aronson, É.-U., 1993, p. 181-182.

9. P. 76. Notons aussi le surnom de « philosophe préféré d’Hérode » donné à Peter Singer par ses adversaires.

« Le Cercle social répond à M. Paul Ariès »

D’un groupe anticapitaliste antispéciste. « Ayant savamment effacé de son texte toute allusion à notre engagement anticapitaliste, qui aurait risqué d’infirmer sa thèse, Paul Ariès nous croque comme les champions de la mondialisation néolibérale, alors que nous nous sommes sans ambiguïté opposé-e-s au capitalisme, qu’il soit libéral, mixte ou d’état. »

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source: les cahiers antispécistes

20 février 2011 Posted by | ANTI SPECISME, DECROISSANCE | , , , | 3 commentaires

In Transition


‘In Transition’ est le premier film sur le mouvement des territoires en transition fait par ceux qui en sont à l’ origine.

Le mouvement des territoires en transition est l’organisation  des communautés qui , dans le monde entier, se préparent au « pic oil », la fin du pétrole bon marché, et aux changements climatiques avec créativité, imagination et humour. Ces mouvements entreprennent de ré-organiser leurs communes et leurs économies locales. Ce film présente l’histoire de ces hommes et femmes qui préfigurent les organisations futures, dans lesquelles, les citoyens auront repris en main l’économie et la politique locale…

20 février 2011 Posted by | DECROISSANCE, résilience, webTV | , , | Laisser un commentaire

Le Manuel de la Transition de Rob Hopkins


Le fondateur du Réseau de la Transition Rob Hopkins, nous parle de la première ville conçue pour s’adapter au pic pétrolier: Totnes en Angleterre. Son livre Le Manuel de la Transition nous montre comment s’organiser avec une vie communautaire, afin de s’adapter, de développer la résilience par rappport au prochain choc pétrolier: le pic pétrolier.

20 février 2011 Posted by | DECROISSANCE, ENERGIE, webTV | , , , , , , , | Laisser un commentaire

Indice de Souveraineté Alimentaire (ISA), par territoire et par produit


ISA, Europe, 2000, Légumes frais

ISA, Europe, 2000, Pommes de terre

ISA, France, 2000, Légumes frais

ISA, France, 2000, Pommes de terre

ISA, France, par région et par produits, 2002-2003, 1/2

ISA, France, par région et par produits, 2002-2003, 2/2

19 février 2011 Posted by | Agriculture vivrière, DECROISSANCE, ECONOMIE LOCALE | , , , , , | Laisser un commentaire

Communalisme et municipalisme libertaires, regard critique


Un regard critique sur le municipalisme de Murray Bookchin

Communalisme
et municipalisme
libertaires…

En pour, en contre, le municipalisme libertaire ne laisse pas indifférent…

Dangereuse déviation réformiste pour les uns, re-formulation pertinente et nécessaire de la praxis antiautoritaire pour les autres, la proposition formulée il y a maintenant plus de vingt ans par Murray Bookchin a provoqué et provoque encore des réactions extrêmement contrastées au sein du mouvement libertaire. Les prises de position radicale, assenées à grands coups d’arguments péremptoires, conçus moins pour convaincre ou débattre, que pour dénigrer ou exalter, pour glorifier ou flétrir, se sont succédé et agitent encore, de temps à autres, le landerneau anarchiste.

À regarder ainsi s’affronter tenants et adversaires du municipalisme, un candide pourrait croire qu’il s’agit d’un enjeu de toute première importance.

Face à tant de virulence, comment ne pas penser que nous avons là une rupture ou tout du moins une proposition de rupture fondamentale d’avec tout ce qui avait pu être pensé et mis en œuvre auparavant dans et par le mouvement libertaire ?

Comment ne pas supposer être en face d’une question centrale autour de laquelle se décide et se dessine l’avenir même de l’anarchisme ?

Pourtant si notre candide s’avisait à regarder l’histoire et la réalité du mouvement libertaire, sa surprise serait sans doute grande car, sous bien des aspects, l’idée municipaliste ne fait que prolonger des conceptions et des pratiques très anciennes, des idées et des conduites d’ailleurs toujours très fortement ancrées dans ce courant de pensée.

Les racines du municipalisme

Si l’on définit le municipalisme comme le fait de s’investir dans son quartier ou sa commune, on peut à juste titre se demander en quoi cela constitue une rupture d’avec ce qu’est ou a été le mouvement libertaire. Les anarchistes n’ont-ils jamais participé et même initié des mouvements contre les propriétaires ou les pouvoirs publics locaux ? N’ont-ils jamais impulsé des collectivités agricoles, des communes libres ou plus modestement et plus souvent encore des coopératives de distribution, des services publics autogérés et des comités de quartier ? Les Athénées en Espagne, les Bourses du Travail en France, les communautés agraires en Amérique du Sud, les grèves de loyer à Paris au début du XXème siècle ou pour citer des exemples plus actuels, les Centres Sociaux en Italie, les crèches parentales, les associations de parents d’élèves, l’éducation et la pédagogie, les squats ou encore les luttes pour la gratuité des transports en commun et contre la privatisation des services publics… les libertaires ne se sont-ils jamais investis ou ne s’investissent-ils plus sur ces terrains ? La réponse est évidente. Il n’y a pour s’en convaincre qu’à ouvrir n’importe quel journal de la presse libertaire.

Si l’on spécifie maintenant le municipalisme non plus comme une stratégie d’action mais comme un projet de société ou tout du moins comme un aspect important de ce projet, la perplexité pourrait à nouveau gagner notre candide. En effet, que propose Murray Bookchin sinon que la société libertaire soit gérée par les communes et par leur fédération sans délégation de pouvoir ? Il écrit précisément à ce propos que les lignes politiques et les décisions concernant l’agriculture et la production industrielle seraient du ressort d’assemblées (…) auxquelles on assisterait en tant que citoyen, pas seulement en tant qu’ouvrier, paysan ou spécialiste (1).

Cette conception peut sans doute heurter certains syndicalistes révolutionnaires français (2) pour qui la société future devrait être uniquement gouvernée par les syndicats et à travers eux par les producteurs en tant que producteurs. Mais pour une large part du mouvement libertaire, si ce n’est l’essentiel, en quoi la suggestion bookchinienne est-elle une hérésie ? Ne nous renvoie-t-elle pas au moins partiellement (3) au double fédéralisme préconisé depuis les origines du mouvement libertaire ? Ce double fédéralisme à la fois territorial (fédération de communes) et sectoriel (fédération de producteurs) n’est-il pas la pierre angulaire du communisme libertaire ? Et le communisme libertaire enfin, n’est-il pas le but partagé tant par les communistes libertaires proprement dit, que par les anarcho-syndicalistes (4) et même nombre d’individualistes ?

De fait, à l’aune des pratiques et des conceptions passées et actuelles du mouvement libertaire, notre candide serait sans doute amené à penser que nous avons là beaucoup de bruit et de fureur pour pas grand chose. Présenté ainsi, le municipalisme ne semble en effet aucunement être en rupture fondamentale d’avec le corpus idéologique libertaire préexistant. Il ne semble pas non plus induire des pratiques radicalement nouvelles dans ce mouvement.

Si d’aventure notre candide avait l’esprit curieux, et il l’a sans doute un peu, il douterait cependant que l’on puisse s’affronter avec tant de vigueur sans raison véritable.

Certes, cela peut être partiellement le fait de personnes qui ne vivent que pour et par la polémique. Certes, ces controverses peuvent également refléter et résulter de modes de pensée et de comportements quelque peu exclusifs ; certaines personnes, souvent les mêmes que les précédentes d’ailleurs, ayant parfois quelques difficultés à concevoir que l’on puisse penser différemment qu’elles. S’investir dans un comité de quartier ou dans un syndicat ne peut être, dans leur perspective un tantinet étroite, qu’une impasse, voire une trahison qu’il convient de combattre avec la dernière des énergies.

Mais à moins de croire de toute force que les libertaires sont des forcenés des querelles byzantines et/ou des sectaires congénitaux, notre candide ne pourrait certainement pas en rester là. Il chercherait, avant d’émettre un avis aussi péremptoire, à approfondir sa compréhension des choses… et découvrirait que le débat porte sur bien autre chose que de savoir s’il faut ou non s’investir dans son quartier ou bien sur le rôle des communes dans une société libertaire. En réalité, ce sont bien davantage certaines analyses (la fin de la société industrielle) que Murray Bookchin développe pour étayer la validité de sa thèse, ainsi que certaines méthodes d’action (la participation aux élections locales) qu’il préconise dans le cadre d’une stratégie municipaliste, qui posent question et qui sont soumises au débat.

L’électoralisme bookchinien

Dans le cadre du municipalisme, Murray Bookchin conçoit en effet que les libertaires puissent participer aux élections locales, être élus et tenir des postes de responsabilité politique tels que maire ou conseiller municipal.

Dans son acception des choses, cette participation n’est toutefois pas un préambule à l’action municipaliste, mais au contraire une conséquence possible, envisageable (et non pas inévitable) de cette action.

Ainsi n’écrit-il aucunement que les libertaires doivent se présenter aux élections, pour impulser, une fois élus, une gestion directe dans leur commune. Murray Bookchin ne sous-entend pas que la société puisse se réformer par décret ou que l’autogestion puisse être imposée par le haut en l’absence d’aspiration et de mouvement autogestionnaire fortement ancrés dans la société. Il écrit à l’inverse que les libertaires doivent encourager, favoriser et participer au développement d’un mouvement territorial autogestionnaire dans leurs villes, dans leurs quartiers et dans leurs villages. Il poursuit en considérant que cet essor passera nécessairement par la structuration de ce mouvement en comités de quartier et en fédération de comités locaux. Il termine enfin en soulignant que la question des rapports entre comités de quartier et municipalité légale se posera alors de façon croissante à mesure que les tensions se feront plus aiguës pour savoir qui de l’un ou de l’autre décide, oriente et gère la commune.

C’est dans cette perspective, que Murray Bookchin envisage la conquête du pouvoir municipal par les comités de quartier (et non les libertaires en tant que tels). Selon lui, cela pourrait permettre de débloquer la situation, voire de faire définitivement triompher l’autogestion, car les comités de quartier auraient ainsi tout loisir, une fois élus, de transférer légalement et totalement les pouvoirs de décision et d’action de la municipalité vers les associations territoriales.

L’électoralisme bookchinien se pose donc en ces termes. Il peut être débattu et le sera évidemment dans les lignes qui suivent. Mais cette précision nous permet d’ores et déjà de voir combien certaines personnes qui se réclament très bruyamment de Bookchin, peuvent en réalité en être éloignées.

Lorsque des personnes, officiellement bookchiniennes, envisagent de se présenter aux prochaines élections municipales (comme c’est le cas de Mimmo des éditions ACL à Lyon) en l’absence de mouvement autogestionnaire de quelque importance, sans être aucunement mandatées par les embryons de mouvement de ce type présents dans le quartier où elles se présentent, voire à l’encontre de ce que peuvent penser ou envisager ces structures (5), et enfin sans avoir cherché et réussi au préalable, non pas à brasser du vent dans les salons où on cause, mais à initier et à participer aux tentatives concrètes de création de comités dans ce même quartier, on peut se demander où est le rapport d’avec ce que préconise Murray Bookchin.

La référence à ce dernier n’est-elle ici autre chose qu’un vernis destiné à masquer la vacuité des ambitions personnelles, le puits sans fond de leur soif non pas de pouvoir, on en n’est même pas là, mais plus petitement de reconnaissance publique et médiatique ?

Certes, la question posée en ces termes peut s’apparenter à une attaque brutale… mais si la charge est rude, tout en étant pourtant euphémisée au possible, n’est-ce pas parce qu’elle touche juste quelque part ?

Une tactique utopique

Si se présenter à des élections dans de telles conditions peut laisser au minimum perplexe, si cette stratégie n’est effectivement pas celle préconisée par Bookchin, ce que ce dernier propose très précisément peut néanmoins être soumis à la critique.

On pourrait évidemment argumenter en faisant référence aux textes que nous ont légués nos augustes pères fondateurs. À grand coup de Kropotkine, de Malatesta, ou de Sébastien Faure, montrer que cette stratégie est exclue des tables de la loi et qu’elle n’a donc même pas à être discutée. Laissons toutefois à d’autres, très doués en la matière, ces questions d’orthodoxie quasi-théologique.

On pourrait aussi, ce qui n’est pas la même chose, discuter la proposition de Bookchin d’un point de vue idéologique et stratégique. On soulignerait alors qu’elle ouvre ipso facto un hiatus entre le dire et le fait, entre la position théorique pour l’action directe et l’attitude concrète qui participe et reproduit la délégation de pouvoir. Cela pourrait être effectivement dangereux car difficilement résorbable par la suite, comme semblent en attester les leçons que nous livre l’histoire. Mais faisons grâce à Murray Bookchin en concédant que la participation aux élections ne servirait ici qu’à dissoudre immédiatement et radicalement le pouvoir conquis.

C’est d’un point de vue beaucoup plus pragmatique, beaucoup plus terre à terre que je souhaiterais discuter ici de la proposition de Murray Bookchin, une discussion qui pourra d’ailleurs être parfaitement entendue par des personnes qui ne partagent pas les idéaux libertaires.

À l’heure où les partis politiques électoralistes de gauche comme de droite, où les élus locaux et nationaux et ce quelle que soit leur sensibilité politique s’accordent au moins sur un point, celui de dire que les élus locaux n’ont pas les moyens ni juridiques, ni politiques, ni financiers de résoudre les problèmes qui se posent à eux, on peut s’interroger en quoi et pourquoi les choses seraient différentes si ces élus étaient issus des comités de quartier ou si ces pouvoirs étaient détenus par les comités de quartier.

En déclarant sans doute nécessaire la participation aux élections pour conquérir le pouvoir municipal, quitte à le détruire ensuite, Murray Bookchin désigne en effet ces pouvoirs comme un enjeu central pour résoudre non pas tous les problèmes, mais certains d’entre eux qu’il considère comme particulièrement cruciaux aujourd’hui. À son sens, la maîtrise de ces pouvoirs représenterait aussi une avancée importante, sinon décisive, vers un système autogestionnaire. Or, appréhender les choses en ces termes, ne revient-il pas à exagérer considérablement la nature, la portée et l’autonomie des pouvoirs actuellement détenus par les conseils municipaux et donc les effets que l’on est en droit d’escompter si les comités de quartier les maîtrisaient ?

Les conseils municipaux ne sont indépendants ni en France, ni ailleurs.

Leurs actions et leurs capacités d’action sont strictement limitées à ce que leur concèdent la loi et les décrets, en l’occurrence les pouvoirs législatif et exécutif d’État (et même continentaux dans nos pays, vu le pouvoir croissant de l’Union Européenne).

De même, la liberté des municipalités est-elle étroitement dépendante des réalités économiques et en l’occurrence de celles induites par le capitalisme.

Ainsi la capacité financière des municipalités (qui leur donne la possibilité de mettre en œuvre leur politique) dépend des subsides versés par l’État (dotations globales de fonctionnement [DGF] et subventions accordées dans le cadre des politiques contractuelles) et secondairement de la fiscalité locale pour partie versée par les entreprises (la taxe professionnelle), pour autre partie par les habitants (les taxes foncières). Inévitablement, si une municipalité s’avise de développer une politique autre que celle souhaitée par l’État, c’est l’argent des subventions contractualisées qui s’évapore, ne lui laissant qu’une DGF tout juste suffisante pour financer le minimum minimurum. Immanquablement, si une municipalité s’aventure à développer une politique anticapitaliste ou tente simplement d’en refréner certains aspects (la protection de l’environnement naturel par exemple) et c’est les entreprises qui se délocalisent, les recettes de la taxe professionnelle qui s’effondrent… obligeant la municipalité à imposer d’autant plus les habitants si elle veut équilibrer son budget.

De même, la capacité politique des municipalités dépend des pouvoirs qui lui ont été concédés par l’État (notamment dans le cadre des lois de décentralisation en ce qui concerne la France). Ces pouvoirs l’autorisent à intervenir en certains domaines seulement (urbanisme, école…) et non dans tous les domaines. Ainsi, elle ne peut pas intervenir sur le contenu des programmes scolaires (prérogatives de l’État), ni remettre en cause l’économie de marché, ni même modifier la définition du champ des services publics. Il lui est par exemple interdit de monter une boulangerie municipale qui vendrait du pain sans bénéfice…

Non seulement une municipalité a un champ d’intervention très balisé, mais elle est en outre rarement seule à décider dans les domaines où elle est pourtant légalement compétente. Elle a en effet la maîtrise théorique de son aménagement, mais dans la pratique, l’État peut aussi intervenir dans ce domaine et même imposer sa volonté contre celle de la municipalité (via les directives territoriales d’aménagement notamment). D’autres collectivités locales de rang supérieur (département et région) ou de même rang (communes limitrophes par exemple) limitent aussi l’autonomie de décision d’une municipalité car, nécessairement, certains domaines comme l’aménagement urbain encore ou les transports collectifs autre exemple, ne peuvent pas être traités dans le cadre étroit et largement obsolète d’une commune. Cette nécessaire collaboration qui prend la forme de structures intercommunales ou de contractualisation entre collectivités de rangs différents, montre à l’évidence de chacun qu’une municipalité ne peut pas décider seule de sa politique, qu’elle doit négocier avec d’autres instances.

Cette réalité bien concrète nous renvoie alors à la question des alliances et des compromis que doit nécessairement passer et concéder une commune (qu’elle soit ou non bookchinienne) avec l’État, la Région, le département, avec d’autres communes aussi… que ces instances soient détenues par la droite ou par la gauche. Que l’on nous dise alors d’avance et clairement quelle devrait être la politique d’alliance et de compromis des élus municipalistes ou des comités de quartier bookchiniens !

Contrairement à ce que suppose Murray Bookchin, la maîtrise des pouvoirs actuellement détenus par les conseils municipaux ne signifie donc aucunement (et ce qui que ce soit qui les détienne, élus ou comités de quartier) que l’on puisse faire ce que l’on veut, ni qu’il s’agisse d’un saut sinon décisif, du moins important vers une société autogestionnaire. En guise de rupture, ce que laisse envisager une telle stratégie, c’est bien davantage de se trouver englué dans les arcanes du système politique tel qu’il est aujourd’hui, avec ses petites alliances politiciennes et ses grands compromis.

L’électoralisme bookchinien a ainsi bien du mal à convainque et pour cause, quant à sa capacité à faire évoluer l’organisation du système politique actuel vers plus de démocratie directe. De plus, il semble aussi difficilement à même de résoudre ou simplement d’apporter une amélioration aux problèmes que Murray Bookchin considère pourtant comme centraux aujourd’hui : la protection de l’environnement, l’égalité entre les sexes et les rapports nord-sud pour le citer ; tous problèmes qui dépassent plus que largement le champ d’action des municipalités tant dans leurs causes, que dans leurs effets.

On peut dès lors se demander l’intérêt de maîtriser ces pouvoirs ou de perdre du temps et de l’énergie à chercher à les maîtriser quand la seule perspective que cela ouvre, c’est de nous autoriser à cogérer, avec l’État et d’autres collectivités publiques, certains aspects fort réduits de notre quotidien, sans rien toucher à l’essentiel et en nous engluant qui plus est dans l’enivrante volupté des compromissions politiciennes.

Le sens des évolutions sociales

Le municipalisme que développe Murray Bookchin ne se limite pas toutefois (et fort heureusement) à préconiser une participation, sous certaines conditions, à des élections. Il développe également une analyse, souvent pénétrante et fort intelligente, des évolutions sociales de ces trente dernières années.

C’est cette analyse qui fonde et légitime sa proposition d’intervention et d’organisation au niveau territorial et qui nous permet de mieux comprendre comment il entend la chose.

Pour Bookchin, les mutations socio-économiques enregistrées depuis le début des années 1970 signeraient la fin de la société industrielle et de la structure en classes qui lui étaient attachée.

Pour faire simple, les mutations technologiques induiraient une baisse des besoins en matière d’intervention directe dans le processus de production. Le travail intellectuel tendrait à se substituer au travail manuel et cette transformation des processus de production, leur technologisation, leur automatisation, ne serait pas sans conséquence sur la structuration de la société. Elle conduirait d’un côté au déclin de la classe ouvrière et de l’autre au gonflement des employés et des techniciens.

On assisterait également à une tendance à la disparition de la bourgeoisie traditionnelle (rentiers et patrons) et à la salarisation croissante des directions d’entreprise. Et ces deux phénomènes touchant l’un la classe ouvrière, l’autre la bourgeoisie généreraient en définitive une croissance globale du secteur tertiaire, une relative homogénéisation des conditions de travail (tous salariés, tous travailleurs intellectuels), une disparition des classes sociales préexistantes et leur fusion dans une vaste classe moyenne.

Outre une transformation fondamentale de la structure socio-économique, les mutations technologiques induiraient aussi une baisse du temps travaillé avec un retard croissant de l’âge d’entrée dans la vie active (allongement des études), une baisse sensible de l’âge de la retraite, un allongement de la durée des vacances annuelles et une réduction des rythmes hebdomadaires de travail. Cette baisse globale du temps travaillé conduirait inévitablement à l’effacement relatif du travail et du rapport au travail dans la vie de chacun, d’où notamment la crise du syndicalisme et l’essor de nouveau thèmes sociaux comme la consommation, l’environnement, etc.

Nous assisterions enfin à un troisième phénomène affectant cette fois-ci les modes de vie. La croissance de l’urbanisation conduirait en effet, à une relative homogénéisation des conditions d’existence avec la propriété de sa maison individuelle en périphérie d’agglomération comme standard.

Somme toute, assisterions-nous aux plans économique et sociologique à un véritable processus d’homogénéisation sociale (ce qui ne signifie pas la fin de toutes les inégalités) conduisant à la résorption de la structuration préexistante de la société en classes et à leur fusion dans une immense classe moyenne : tous travailleurs intellectuels, tous urbains propriétaires de sa petite maison, tous consommateurs profitant du système.

Il faut bien dire, avant toute chose, que Murray Bookchin n’est pas seul à penser ainsi. Il rejoint là tout un courant des sciences sociales pour qui les évolutions en cours marqueraient l’avènement d’une société postindustrielle, postmoderne ou encore informationnelle, dans tous les cas et quel que soit le terme, d’une société relativement homogène, dominée par les services et les cols blancs, par des zones d’urbanisation diffuse et des maisons individuelles à perte de vue. Dans cette compréhension des choses, les rapports de production ne seraient plus le déterminant central autour duquel la société s’organise et se structure. Des inégalités subsisteraient évidemment mais ne renverraient plus à des questions de classes sociales antagonistes, dont l’existence serait consubstantielle à l’ancienne société industrielle.

Non seulement des scientifiques de renom semblent donc valider la thèse de Murray Bookchin mais les chiffres, les sacro-saintes statistiques semblent également abonder dans son sens.

Ainsi, rien qu’en France, la part du secteur industriel dans l’emploi total est-elle passée de 40 % durant les trente glorieuses à moins d’un quart en 1990 et celle du secteur tertiaire est-elle désormais de près de 75 %. Parallèlement à ce gonflement des services et donc des employés, nous avons aussi assisté à un essor sans précédent de l’urbanisation, qui affecte aujourd’hui 96 % de la population française, un développement très important de la motorisation des ménages, de la propriété de son logement, etc. Tous phénomènes qui pourraient effectivement attester d’une certaine tendance à l’homogénéisation des modes de vie.

Quiconque connaît un minimum le mouvement libertaire peut, dès à présent, saisir en quoi et jusqu’où l’analyse bookchinienne est dérangeante.

Elle remet en cause en effet les fondements mêmes de ce mouvement ou du moins d’une large partie de ce mouvement : l’industrie et les ouvriers, les classes sociales et leur confrontation autour des rapports de production. Elle annonce à un courant issu de la Première Internationale que tout ce qui lui a donné naissance et sens est tout à coup dépassé.

Elle l’avertit, du même coup, de sa mort imminente par perte de sens et de pertinence d’avec les réalités sociales actuelles… ou tout du moins lui signifie qu’en tant que mouvement d’émancipation de classes, l’anarchisme ne peut plus être qu’un archaïsme dénué de tout fondement, si ce n’est perpétuer le souvenir nostalgique de ce qui fut et qui n’est plus.

La seule possibilité de survie pour le mouvement libertaire en tant que mouvement social un tant soit peu en phase avec le monde actuel serait alors d’abandonner ses vieilles chimères et de prendre acte des évolutions constatées.

C’est bien le propos de Murray Bookchin qui, lorsqu’il termine sa démonstration, conclut sur la nécessité vitale du municipalisme, mais un municipalisme adapté à cette nouvelle donne sociale et non pas fondé sur un quelconque rapport de classes comme cela avait pu exister par le passé. Son ambition n’est pas de rassembler une classe donnée contre une autre, et pour cause, mais d’unir des individus résidant à proximité les uns des autres, les réunir donc sur des rapports de voisinage pour les amener à prendre leur vie quotidienne et leur environnement immédiat en main, ainsi que pour les inviter à remettre en cause les inégalités qui structurent selon lui le monde actuel, comme les rapports entre les sexes, entre le nord et le sud de la planète ou encore avec la nature pour reprendre encore une fois les exemples qu’il cite lui-même.

Sens commun et sens critique

La simple observation de ce qui nous entoure notamment lorsqu’on habite en ville, au cœur de cette machine à homogénéiser la société si l’on en croît Bookchin, peut, il est vrai, nous faire douter du bien-fondé de ses analyses.

Les banlieues lyonnaises, pour aller au plus près, tout comme les quartiers pauvres de New York ou de Los Angeles tendraient plutôt à nous suggérer que les inégalités sont toujours aussi criantes dans les métropoles modernes… à moins de réussir l’exploit de confondre les quartiers populaires avec les banlieues résidentielles.

De même, les exemples que chacun peut trouver dans son entourage sembleraient également indiquer que les inégalités se perpétuent de génération en génération et par là même que, si la classe ouvrière n’est plus ce qu’elle était, cela n’implique aucunement qu’elle ne soit plus et a fortiori que le prolétariat (ceux et celles qui n’ont que leur force de travail pour vivre) ait disparu. Certes le fils d’ouvrier ne deviendra pas obligatoirement, ni même principalement, ouvrier. Quelques-uns échapperont par le haut à leur condition héritée, comme d’habitude… mais la plupart deviendront chômeurs, intermittents ou travailleurs précaires, c’est selon, et dans le tertiaire certainement. Et à connaître un tant soit peu la réalité du travail dans les bureaux et les services, on peut se surprendre à douter que la tertiairisation soit obligatoirement un vecteur d’uniformisation de l’emploi. Les différences de statuts et de conditions de travail existent encore et se reproduisent toujours entre l’anonyme agent administratif ou la secrétaire lambda et le monde des cadres et des dirigeants, comme autrefois entre les ouvriers, les contremaîtres et les patrons.

Bref, notre sens commun (ce satané bon sens) semble nous indiquer que si des évolutions ont évidemment eu lieu ces dernières décennies, si elles ressemblent à certains égards à ce dont nous parle Bookchin, cela ne semble pas pour autant signifier que les inégalités sociales aient disparu ou qu’elles soient en voies de résorption ou encore qu’elles soient désormais totalement ou relativement étrangères aux questions économiques et à notre position dans le système de production. À l’aune de notre expérience personnelle et sensible du quotidien, on aurait plutôt l’impression qu’elles se perpétuent derrière les hauts murs des bureaux, comme autrefois à l’ombre des hauts-fourneaux. On aurait plutôt la sensation qu’elles continuent à structurer nos vies et nos villes, au sein desquelles du reste des groupes sociaux relativement différenciés se répartissent et composent aujourd’hui comme hier de véritables classes socio-spatiales.

Désindustrialisation
ou technologisation

Ces impressions que nous livrent notre sens commun sont-elles infondées ? Sans doute pas tant que ça, si l’on en juge par ce que nous donnent à voir les recherches menées en sciences sociales ces toutes dernières années.

Certes, il est juste de dire que les analyses de Murray Bookchin ne sont pas de pures spéculations intellectuelles dénuées de tout fondement. Mais il est juste aussi de rappeler que ses analyses et les recherches sur lesquelles il s’appuie ont maintenant plus de vingt ans d’âge… ce qui pour du whisky est sans doute appréciable, mais pour jauger de la situation et de l’évolution sociale actuelle est quelque peu insuffisant.

Dans les années 1970, période où Bookchin élaborait sa pensée et sa conception du municipalisme, le système fordiste-keynesiste-tayloriste qui avait structuré les décennies précédentes s’effondrait sans que l’on comprenne bien précisément ce qui ressortirait de ce grand chambardement. Mais depuis lors du temps a passé, les choses se sont quelque peu éclaircies, chacun a eu le loisir de constater que le monde qui émergeait était loin d’être paradisiaque… et de nouvelles recherches ont clairement mis en évidence qu’il ne s’agissait pas de simples impressions subjectives.

Concernant les statistiques tout d’abord qui semblent apparemment conforter l’analyse de Bookchin, nombre de chercheurs en sciences sociales ont désormais souligné qu’elles n’étaient en rien un gage de vérité, qu’elles n’étaient en rien de purs et parfaits reflets de la société ou même de son économie. Ce ne sont que des constructions sociales, résultant de choix par essence arbitraire (ce qui ne veut pas dire infondés), des choix fortement influencés par des raisons techniques… mais aussi politiques. De fait, doit-on éviter de prendre pour argent comptant les évidences mises en lumière par les grandes catégories des instituts de statistiques et en l’occurrence celles soulignées par leur grille de l’emploi en primaire (agriculture), secondaire (industrie) et tertiaire (services).

En premier lieu, ces statistiques ne concernent que les anciens pays industrialisés (Europe, Amérique du Nord, Japon). Pour le reste et notamment pour les nouveaux pays industrialisés, on est très loin d’assister à une désindustrialisation bien au contraire. Et globalement (du fait de la démographie mondiale), le nombre d’ouvriers stricto sensu (personnes employées à des tâches d’exécution manuelle dans une entreprise industrielle) est en réalité en augmentation constante sur la planète tant en terme absolu que relatif.

En second lieu et pour ce qui concerne les seuls pays industrialisés, l’évolution du poids relatif de chacune des grandes catégories d’emploi semble sans doute montrer un processus de désindustrialisation et inversément de tertiairisation. Mais est-ce véritablement le cas ? Ce sentiment ne découlerait-il pas tout simplement… des étiquettes données à ces catégories ?

De fait d’autres types de catégorisation de l’emploi (celle opérée par l’équipe Strates par exemple), d’autres types de statistiques nous parlent eux d’un processus de technologisation de l’emploi industriel et non pas de désindustrialisation. Ce changement d’étiquette n’est pas seulement formel. Il a une réelle valeur heuristique, car il nous invite à penser différemment les évolutions en cours. Car, évidemment, ce processus de technologisation de la production n’est pas nouveau en soi. Il a démarré avec l’invention de la bêche et du tournevis, de la faucille et du marteau (si on me permet ce clin d’œil) et se poursuit, aujourd’hui, avec l’essor d’outils de plus en plus perfectionnés, de plus en plus automatisés et informatisés. Ce premier constat pour trivial qu’il puisse paraître de prime abord, n’est en réalité pas sans conséquence sur la suite de l’analyse que l’on peut avoir des événements.

Nouvelle métamorphose du prolétariat

En effet cette mise en perspective nous invite inévitablement non pas à nier les mutations sociales en cours, mais à les relativiser en les replaçant dans une perspective historique plus ample.

Elle nous amène à nous rappeler que ce n’est pas la première fois qu’un important saut technologique a lieu, que cela a toujours provoqué de fortes évolutions sociales et que pour autant les questions socio-économiques n’ont pas disparu, que pour autant la structuration en classes de la société n’en a pas été fondamentalement affectée, même si le contenu et la position respective des différentes classes ont pu changer au cours du temps.

La première révolution industrielle n’a-t-elle pas engendré le déclin des ouvriers-artisans et l’essor des ouvriers d’industrie ? La seconde révolution industrielle n’a-t-elle pas substituée à l’ancien ouvrier de métier, l’ouvrier spécialisé, dont l’OS métallo, syndiqué, employé à vie ou presque dans une grande usine fordiste constitue l’archétype, que nous conservons tous en mémoire ? Somme toute, les mutations en cours ne s’inscrivent-elles pas dans cette histoire multi-séculaire ?

Quant certains, dont Bookchin, parlent de déclin, si ce n’est de disparition de la classe ouvrière, n’est-ce pas en fait une de ces formulations historiquement datées et géographiquement localisées qui tend en réalité à s’estomper pour donner naissance à une nouvelle forme de prolétariat dont on a encore quelque mal, il est vrai, à cerner l’organisation, la structuration et les contours ?

Entre l’hypothèse d’une fusion sociale en une immense et unique classe moyenne et celle d’une reformulation de la division en classes de la société, chacun peut évidemment choisir comme bon lui semble, mais il existe toutefois des faits qui tendent à montrer que la seconde hypothèse est sans doute largement plus fondée que la première.

Pour que l’hypothèse de l’homogénéisation sociale soit fondée, il faudrait d’une part que les inégalités sociales ne soient plus liées à la position sociale d’origine des individus ou à celle de leurs parents, mais à l’inverse qu’elles renvoient seulement à des questions de trajectoires individuelles plus ou moins bien réussies. Il faudrait, d’autre part, que ce qui différencie et à l’inverse unit les individus n’ait plus rien à voir avec des questions de positions collectives dans la hiérarchie sociale, mais à des choix individuels et à leur capacité tout aussi individuelle à assumer ces choix. Il faudrait enfin que les écarts socio-économiques tendent globalement sinon à disparaître, du moins à s’estomper.

En d’autres termes, trois types d’indicateurs peuvent nous permettre de mieux cerner laquelle de ces hypothèses est valide, laquelle ne l’est pas : la reproduction ou non des classes sociales, la différenciation entre classes sociales et l’homogénéité au sein des classes sociales, et enfin l’homogénéisation ou la polarisation de la société.

Sur la reproduction des inégalités sociales d’une génération à l’autre, reproduction qui fonde en partie la notion de classe sociale, nombre de recherches ont pu déjà nous éclairer précisément quant au devenir des enfants d’ouvriers. Ces derniers tendent effectivement à devenir à leur tour non pas tous ouvriers mais plutôt employés dans des services ou des commerces. Il y a donc bien modification sensible des conditions d’emploi et des systèmes d’emploi qui, de fait, se révèlent beaucoup plus précaires que par le passé. Mais si l’on regarde la position relative occupée par les parents ouvriers et par leurs enfants employés dans la hiérarchie sociale, on s’aperçoit alors qu’elle n’est pas sensiblement différente. Les uns comme les autres restent en position de dominés, sans aucune maîtrise des moyens de production et d’échange (autre que la grève évidemment), sans autre ressource pour vivre que de louer leur force de travail qu’elle soit manuelle ou intellectuelle. De ces premiers éléments, il apparaît alors clairement que la classe ouvrière d’antan est peut-être, dans nos pays, en voie de déclin numérique, mais que pour autant le prolétariat est très loin de disparaître. Ce prolétariat auquel participe les ouvriers stricto sensu se reproduit génération après génération, même si les transformations des processus de production (la technologisation) et des systèmes d’emploi (la précarité) en modifient la matérialité, les conditions de vie et l’organisation socio-spatiale.

Sur la différenciation entre groupes sociaux maintenant, il s’avère certes que l’on n’est plus au temps de la blouse pour les ouvriers et du jabot pour les notables. Pour autant, la distinction entre groupes sociaux et l’imitation au sein des groupes sociaux continuent à s’opérer, de façon certes plus subtile, mais tout aussi efficace qu’auparavant. Pour ne prendre qu’un exemple, les marques ostensiblement portées sur les vêtements des lascars de banlieues et ce quelle que soit leur origine culturelle ne peuvent et ne sont évidemment confondues par personne avec les habits des jeunes bourgeois dont la qualité de la coupe suffit à elle-seule à marquer la position sociale. Ces éléments de distinction s’expriment de fait tant sur les habits donc que su