La démocratie énergétique

Posted on 21 mars 2011

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pour une démocratie réelle

La démocratie locale et réelle est la seule voie pour des changements “durables”.

« Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin de cohérence. Et par là, je n’entends pas des dogmes, mais plutôt une véritable structuration des idées qui mettrait

la philosophie, l’anthropologie, l’histoire, la morale, une rationalité renouvelée et des visions utopiques au service de la liberté – et une liberté,

ajouterai-je, qui servirait aussi bien l’évolution de la nature que celle de l’être humain. »

Murray Bookchin

Organisation territoriale et démocratie énergétique
L’ordre pyramidal actuel ne parvient plus à cacher les profonds désordres qui lui sont inhérents.

 

Les évolutions mondiales, sociales, climatiques et économiques le révèlent chaque jours de façon plus criante.

Contrairement aux énergies fossiles, exploitées en un petit nombre de sites importants, les énergies solaires et terrestres sont diffuses.

C’est en fonction de leur usage (électricité, chaleur, carburant) à un moment et un endroit donné qu’il faut les penser. Il convient de les mettre en place localement en fonction des besoins.
Une telle production se situant à l’endroit où les besoins existent par la captation d’énergie solaire, éolienne, bio-masse, hydraulique, géothermique aura pour effet, non seulement, de réduire considérablement les pertes dues à la production et au transport de l’énergie, mais également de remettre  en question le système de décision pyramidale et de donner au citoyen sa place dans le processus de décision de production énergétique.

Il s’agit ainsi de passer à une économie énergétique largement décentralisée, à une stabilité et à une sécurité des systèmes locaux.

Des réformes politiques sont vitales.
Pour ouvrir une autre voie que celle du “toujours plus”, des changements politiques sont nécessaires faisant appel à des notions de responsabilité, d’initiative, de solidarité planétaire, de développement local…

Les questions d’énergie, d’environnement, de construction, de développement économique, d’emploi, d’urbanisme, et, finalement, de démocratie, sont imbriquées au point qu’il n’est pas logiquement possible de traiter l’un de ces domaines sans aborder les autres, tout en tenant compte des caractéristiques propres à chaque territoire.

Or la centralisation du pouvoir en matière d’énergie bloque l’insertion de la politique énergétique au sein des politiques territoriales, l’État n’ayant ni la volonté, ni la capacité d’adapter sa politique énergétique et les actions qui en découlent à l’infinie diversité des contextes locaux.

En revanche, la voie ouverte par l’exploitation des énergies solaires et terrestres , permettrait de renouveler le fonctionnement de la démocratie locale puisqu’elle suppose un réel partage des responsabilités entre les citoyens et leurs institutions.
Décentraliser le système énergétique français va donc bien au-delà de simples dispositions techniques ou administratives.

On touche ici à un instrument de pouvoir et les pouvoirs en place se cachent derrière toutes sortes de prétextes pour ne rien abandonner.
Voilà donc un domaine vital où la République peut sans crainte donner du pouvoir aux citoyens, à leurs entreprises et à leurs collectivités.

Une démarche fondamentalement démocratique

La mise en place d’une démocratie énergétique fondée sur un partage des responsabilités entre les citoyens, les collectivités est aujourd’hui cruciale.
Nous constatons les progrès de plus en plus sensibles de cette démarche bien qu’elle aille à l’encontre d’un comportement traditionnel des Français.
En effet, les choix politiques de la France en faveur d’une centralisation excessive du système énergétique, qui se traduit en particulier par une hypertrophie de la production électrique nucléaire, découlent du caractère monarchique du système républicain de notre pays.
L’organisation du pouvoir y est traditionnellement pyramidale à chaque niveau des institutions, des entreprises et plus généralement de toutes les organisations, associations, églises, familles…
Dans tous les domaines, ce caractère favorise l’adoption et la réalisation de programmes pharaoniques sensés résoudre les problèmes d’un coup et à eux tout seuls.
Prendre le contre-pied de ce système en luttant contre lui au sommet ne peut que le durcir si la base ne nous suit pas.

L’exercice local de responsabilités concrètes, relié pédagogiquement à une vision nationale et planétaire, est une voie beaucoup plus prometteuse.
Il convient donc de travailler aux progrès de la démocratie locale, directe et réelle, seule voie pour des changements “durables”.

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bibliographie: 

  • Une société à refaire-Pour une écologie de la liberté. BOOKCHIN Murray
  • Énergie, changeons de cap ! Scénario pour une France durable.Didier Lenoir et le Comité de liaison des énergies renouvelables (CLER)

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